Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé, et Mme Émilise Lessard-Therrien, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé, et Mme Émilise Lessard-Therrien, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques

Version finale

Le mercredi 22 septembre 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-deux minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour, tout le monde. Justin Trudeau a été récemment réélu premier ministre du Canada, et, depuis que Justin Trudeau est premier ministre du Canada, les subventions aux entreprises pétrolières et gazières, en Alberta, non seulement ne se sont pas interrompues, elles ont augmenté.

En 2021, c'est un gaspillage épouvantable, c'est un anachronisme sans nom. Ça n'a pas d'allure que l'argent des Québécois et des Québécoises serve à financer une industrie passéiste comme celle du gaz et du pétrole, en Alberta. Et je pense que le nouveau mandat de Justin Trudeau nous donne l'occasion ici, à l'Assemblée nationale, de parler d'une seule et même voix sur cette question-là.

Donc, cet après-midi, ma collègue Émilise Lessard-Therrien va déposer une motion pour demander que toute l'Assemblée nationale, de manière unanime, demande au gouvernement canadien d'éliminer toute subvention aux entreprises gazières et pétrolières. Pourquoi? Bien, parce que c'est en grande partie l'argent des Québécois qui sert à financer cette industrie-là et c'est inacceptable. Donc, l'invitation est lancée. Il faut que tout le monde, à l'Assemblée nationale, parle d'une même voix sur cette question-là.

Je veux également vous dire un mot sur ce qui se passe dans le système de santé. Quand François Legault a nommé Christian Dubé ministre de la Santé, il nous a dit que les choses iraient mieux, que la situation allait s'améliorer. Ce n'est pas ce qui se passe. Le système de santé québécois est sur le bord du naufrage.

Demain, la CAQ passe un gros test, un très, très gros test. Ce n'est pas d'un plan de contingence dont le réseau de santé a besoin, au Québec, c'est un plan de sauvetage. Il faut sauver nos infirmières, il faut sauver nos soignantes, il faut sauver notre système de santé publique. Et Québec solidaire a des attentes très claires à cet égard. Je laisse mon collègue Vincent vous en parler.

M. Marissal : Merci, Gabriel. Merci. Bonjour, merci d'être là. Effectivement, on attend ce plan depuis un bon moment. Malheureusement, il a fallu attendre que ça craque de partout.

Vous avez vu encore ce matin, probablement, des reportages qui, malheureusement, moi, ne m'apprennent pas grand-chose parce que les échos du terrain, c'est ça que j'ai : ça craque de partout, manque de personnel partout, on ferme des services, c'est de mal en pis, on s'en va vers une nouvelle ronde de délestage, ça va faire encore plus mal.

Et j'attends le plan avec un mélange d'excitation, mais aussi beaucoup d'anxiété, parce qu'il me semble que ce gouvernement a beaucoup trop tardé et ne prend pas la pleine mesure de la catastrophe qui est en train de se jouer sous nos yeux.

Hier, j'ai entendu, comme vous, le ministre de la Santé dire que les infirmières sont un peu tannées. Non, non, je rectifie, là, les infirmières sont bien, bien écoeurées. Elles quittent le navire. Elles s'en vont. C'est l'exode. Il y a des services qui se retrouvent complètement à découvert. Alors, on n'a pas une demi-crise sur les bras ici, là, on a une pleine crise. Donc, on n'attend pas un demi-remède, on attend un remède complet.

Moi, je veux bien qu'on parle de bonheur du personnel soignant. C'est bien. D'accord. M. Dubé veut que nos infirmières soient heureuses au travail. Tout le monde... J'en suis, là. Mais on n'est pas là, là, on n'est pas dans le bonheur, là, on est dans la survie de ce système de santé. Le système de santé, en ce moment, n'a pas besoin d'une dose de Prozac, il a besoin d'une mégashot d'adrénaline pour se relancer. Alors, j'espère que demain on aura des vraies mesures.

Nous, on a fait des demandes, là. Ça passe évidemment par la fin du temps supplémentaire obligatoire, qui est le cancer dans le réseau en ce moment, et la fin du recours systématique aux agences de placement privées, qui participent aussi au problème. On a fait plein d'autres, aussi, suggestions, depuis quelques années maintenant, même prépandémie, alors j'espère que, cette fois-ci, le message passera et que le gouvernement arrivera avec de réelles mesures et non pas un cataplasme sur une jambe de bois. Merci.

Mme Lessard-Therrien : Merci, Vincent. Bonjour. En août dernier, le rapport du GIEC lançait un code rouge pour l'humanité. Si on ne prend pas, maintenant, les grands moyens pour renverser la crise climatique, c'est la catastrophe qui nous attend.

En 2020, le Canada a soutenu l'industrie pétrolière et gazière à hauteur de 18 milliards de dollars. Imaginez ce qu'on pourrait faire avec 18 milliards de dollars.

Le Canada, là, ce n'est pas un petit joueur, sur l'échiquier mondial, c'est un des plus gros producteurs de pétrole et de gaz au monde. Ça suffit. Le Québec ne doit pas être complice, avec son argent ou avec son territoire, pour développer cette industrie passéiste là.

Aujourd'hui, on propose un front commun avec le gouvernement, avec les oppositions pour exiger du nouveau gouvernement canadien d'interrompre toute subvention ou forme de soutien aux entreprises pétrolières et gazières avec l'argent des Québécois.

Cet automne, on a vu les différents partis d'opposition nous dire que l'environnement serait une de leurs grandes priorités. Mais, s'ils sont sérieux, aujourd'hui, ils vont être avec nous. Et moi, je m'attends à ce que tous les partis portent cette revendication-là avec nous. Merci.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre vos questions. Une question, une sous-question, s'il vous plaît.

M. Laforest (Alain) : C'est quoi, votre position par rapport au projet de loi, M. Gabriel Nadeau-Dubois, comme nouveau chef parlementaire de Québec solidaire? à qui je vais donner le temps d'enlever son masque. C'est quoi, votre position par rapport à la loi spéciale qu'on veut déposer ou si on y va par décret pour interdire les manifestations devant les écoles et les hôpitaux?

M. Nadeau-Dubois : Voir des antivaccin, voir des complotistes s'attaquer aux enfants, là, c'est intolérable, c'est insupportable. Il faut que ça cesse. Et le gouvernement du Québec... puis, même pas, tous les partis politiques, on a une responsabilité, ensemble, de trouver une solution.

Il y a quelques années, au Québec, quand les provie se sont attaqués aux cliniques d'avortement, tous les élus de l'Assemblée nationale se sont unis pour dire à ces gens-là : Un instant, si vous voulez manifester, vous pouvez, mais vous n'allez pas entraver le droit des femmes à avoir accès à des soins de santé. Je pense qu'on est dans une situation similaire. Il s'agit de protéger l'accès à des soins de santé, il s'agit de protéger la santé, la sécurité des enfants. Il faut faire quelque chose. Il faut le faire intelligemment, mais il faut faire quelque chose.

M. Laforest (Alain) : Mais est-ce que ça passe par une loi spéciale? Parce que tout le monde dit que vous avez des réticences. Donc, ce que j'entends, c'est que vous n'avez pas de réticence sur la loi spéciale.

M. Nadeau-Dubois : Si la solution, c'est une loi spéciale, nous, on est prêts à collaborer à son adoption. Il faut que ce soient des mesures spécifiques. Je pense qu'on ne veut pas empêcher, par exemple, des parents de faire des chaînes humaines autour d'une école pour manifester leur soutien à l'école publique. Ça, je pense que ce n'est pas le genre de manifestation qu'il faut interdire. Mais des manifestations antivaccin qui cherchent, donc, à dissuader des enfants de se protéger contre le virus, on est dans une autre ligue, là. Et ça, oui, il devrait y avoir un encadrement très strict pour protéger les écoles. Je pense que la question se pose également pour les établissements de santé.

M. Gagnon (Marc-André) : ...si, la solution, c'est une loi spéciale, qu'il faut le faire intelligemment. On sent quand même qu'il y a une hésitation, chez Québec solidaire, ou du moins un empressement qui n'est pas comparable à celui qu'on voit chez les autres partis.

M. Nadeau-Dubois : Non, il n'y a aucune hésitation.

M. Gagnon (Marc-André) : Pourquoi vous avez semblé hésitant depuis hier?

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est que moi, je ne suis pas... Moi, personnellement, je ne suis pas juriste, là. Donc, est-ce que c'est des injonctions systématiques, est-ce que c'est une loi spéciale? Moi, je ne suis pas juriste, mais il faut des moyens législatifs, ou réglementaires, ou juridiques pour que ça cesse. Et si, juridiquement, le meilleur chemin, c'est une loi spéciale, on va contribuer à son adoption puis on va collaborer. Il faut que ça cesse.

Il ne faut pas le faire n'importe comment. Je vous ai donné un exemple du type de manifestation qui devrait rester permise. De la même manière, il y a des infirmières qui souvent vont faire un sit-in devant leur hôpital, et il ne faut pas empêcher ces femmes-là de défendre leurs conditions de travail. Mais les antivaccin, les conspirationnistes, les gens qui veulent entraver l'accès à des soins de santé, les gens qui veulent dissuader des jeunes de se protéger du virus, dissuader des enfants de respecter les mesures sanitaires, ce n'est pas la même chose que des parents qui se mobilisent pour leur école, et ça devrait être strictement encadré. Et il y a des précédents juridiques au Québec. On l'a fait avec les cliniques d'avortement. On devrait le faire dans le contexte de la pandémie.

Mme Plante (Caroline) : Mais il n'y rien qui empêcherait les manifestants d'aller interpeller les enfants, disons, à l'arrêt d'autobus... métro, ailleurs...

M. Nadeau-Dubois : Bien, on ne pourra pas empêcher les gens de manifester dans la société, en général, puis je pense qu'il ne faut pas aller là. Le droit de manifester, c'est un droit démocratique fondamental. Mais il y a des précédents au Québec, où, quand il est question d'accès à des soins de santé, quand il est question de faire respecter le droit à la santé des gens, on a strictement balisé ce droit de manifester. On l'a fait dans le cas des cliniques d'avortement. Je pense qu'on est dans une situation similaire.

À l'époque, Québec solidaire, là, a non seulement collaboré, on a fait partie des gens qui ont réclamé une intervention du gouvernement, en 2016, pour protéger les cliniques d'avortement. On a la même position aujourd'hui parce que les situations sont très semblables.

Mme Plante (Caroline) : ...régler le problème, dans la mesure où...

M. Nadeau-Dubois : Je vous entends mal.

Mme Plante (Caroline) : Pardon. Est-ce que ça pourrait vraiment régler le problème, ça, la loi spéciale... dans la mesure où les manifestants peuvent aller interpeller les enfants?

M. Nadeau-Dubois : Bien, le mouvement complotiste, le mouvement anti-mesures sanitaires, malheureusement, je pense qu'il est là pour rester. Il existe partout à travers le monde, on ne le fera pas disparaître du jour au lendemain avec une loi. Ça, c'est bien malheureux, mais je pense qu'il faut le reconnaître. Mais il y a des abus qui sont intolérables. Puis des enfants, des mineurs... puis d'ailleurs c'est arrivé à des gens tout près de nous, là, des enfants qui se font intimider, qui se font... on tente de dissuader des enfants de respecter des mesures sanitaires, c'est inadmissible. Et, comme on l'a fait dans les cliniques d'avortement, c'est possible d'intervenir spécifiquement sur ces situations-là pour que ça arrête.

M. Lacroix (Louis) : Mais, M. Nadeau-Dubois, ceci dit, là, je suis d'accord avec... moi aussi, ça me choque, quand je vois ces manifestations-là, autant que n'importe qui, là, mais j'essaie de... Est-ce qu'il n'y a pas un danger à ce qu'un gouvernement encadre les... comment dire, les thèmes sur lesquels on a le droit de manifester dans notre société? Parce que, quand on regarde la constitution, puis le droit de manifester est dedans, ce n'est pas spécifié : Vous allez le droit de manifester pour ci, mais pas pour ça, de cette façon-ci ou de cette façon-là. Alors là, c'est comme si le gouvernement arrivait puis il disait : Ça, c'est correct, mettons, les chaînes humaines, là, dont on parlait, là, parce qu'on veut plus de services, ça, c'est correct. Mais dire qu'on est antivax, alors que la manifestation n'est pas violente, le gars qui arrive avec sa pancarte en avant de l'école puis qui dit : Moi, je suis contre les vaccins, puis qu'il ne menace pas les enfants, qu'il ne s'adresse pas aux enfants, ça, ça ne serait pas correct.

M. Nadeau-Dubois : Vous posez une bonne question.

M. Lacroix (Louis) : Alors, il n'y a pas un danger de décider?

M. Nadeau-Dubois : Bien, vous pouvez une question qui est importante. Moi, ce qui me rassure... Puis elle est fondamentale, cette question-là, puis c'est la raison pour laquelle il faut aborder ces enjeux-là de manière modérée puis de manière prudente. Moi, ce qui me rassure, c'est qu'il y a un précédent.

Dans le cas des cliniques d'avortement, là, la loi qui a été adoptée n'interdit pas tout type de manifestation devant une clinique d'avortement. Nous, on est allés regarder ces dispositions-là, dans les dernières heures, pour voir à quel précédent juridique on pouvait se raccrocher. Et c'est très clair, dans ce qui a été adopté par le Parlement du Québec, ce qui est interdit, c'est quoi? Dans le cas des cliniques d'avortement, c'est des gestes qui visent à dissuader des personnes d'avoir accès à un soin. Et je pense que, sur la base de ce précédent-là, c'est possible de s'entendre sur une mesure qui viendrait spécifiquement s'occuper de la question des manifestations anti-mesures sanitaires autour des établissements de santé et d'éducation. Donc, il y a un précédent pour contourner la difficulté que vous nommez, qui est une réelle difficulté.

La Modératrice : Dernière question…

M. Lacroix (Louis) : Je sais que la clause dérogatoire a des limites, là, dans son utilisation, mais est-ce qu'on pourrait y avoir recours pour dire : Dans ce cas-ci, allons-y avec la clause dérogatoire?

M. Nadeau-Dubois : Bien honnêtement, là, je n'ai pas les compétences juridiques pour répondre à cette question-là comme ça, là, à pied levé, mais le précédent, il existe. Si, comme société, on a été capables de dire : Insulter une femme qui veut aller se faire avorter, ça ne se fait pas, je pense qu'on est capables, comme société et comme Parlement, de dire : Insulter des enfants qui veulent porter leurs masques puis se faire vacciner, ça ne se fait pas. Ce sont des situations similaires, puis on est capable d'agir ensemble.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Vous donnez le droit à la santé pour justifier...

Des voix :

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Si je peux me permettre de poser une question. Vous donnez le droit à la santé comme espèce de pilier, là, pour justifier votre appui à une éventuelle mesure. C'est inévitable, là, on va vous dire que vous n'avez pas tenu le même discours quand il était question du droit à l'éducation. Comment vous allez répondre aux personnes qui vont vous reprocher ça?

M. Nadeau-Dubois : Je pense qu'il y a une différence fondamentale entre manifester pour le bien commun ou pour notre conception du bien commun, pour des principes de justice sociale et intimider des enfants pour essayer de les convaincre de ne pas porter un masque puis de ne pas se faire vacciner. Ce n'est pas la même chose, tout comme ce n'est pas la même chose de faire un sit-in devant un hôpital, quand on est une infirmière, ou empêcher… ou essayer d'entraver l'accès d'une femme à une clinique d'avortement. Il faut être capable de faire ces nuances et ces distinctions-là si on veut avancer.

M. Lacroix (Louis) : Mais les antivax sont sûrs qu'ils manifestent pour le bien commun, eux autres, là. Ils sont persuadés de ça.

M. Nadeau-Dubois : De toute évidence, je pense qu'il y a un consensus social qui justifie de dire : On protège des gens vulnérables, dans ce cas-ci, les enfants, puis on dit à ces gens-là : Vous pouvez manifester, mais vous vous éloignez des enfants, tout comme, dans le cas des cliniques d'avortement, on a dit : Si vous voulez être provie, là, vous avez le droit, si vous voulez manifester contre l'avortement, vous avez le droit, mais vous n'entravez pas le droit d'une femme d'avoir accès à une clinique d'avortement en sécurité. Le précédent, il existe, puis je pense que, sur cette base-là, on peut travailler, tous les partis ensemble, puis aller de l'avant.

Mme Plante (Caroline) :

La Modératrice : Il va falloir passer en anglais…

Mme Plante (Caroline) : Oui, oui. Juste une dernière question là-dessus. Si le problème, c'est que les adultes tentent de dissuader les enfants de… j'imagine que ça se fait sur les réseaux sociaux et sur Internet, des adultes qui essaient de dissuader les enfants... les ados, là. C'est, comme, un large problème. Alors d'empêcher des manifestants d'interpeler les enfants devant les écoles, je comprends tout à fait, mais est-ce que c'est de s'attaquer vraiment au problème? Je veux dire, le problème est probablement plus large que ça.

M. Nadeau-Dubois : Bien, je pense, j'en ai parlé un peu tantôt, là, la naissance de ce type de mouvements là, des mouvements complotistes, des mouvements anti-mesures sanitaires, ça existe partout dans le monde, puis on a vu, chez nos voisins du Sud, ça a atteint des sommets absolument effroyables. On ne réglera pas ça avec une seule loi. Ça va prendre des débats de société. Il y a la question de l'encadrement des médias sociaux. Ça, c'est un autre phénomène où il va falloir que toutes les démocraties s'attellent à la tâche de comment on gère ces outils-là dans une société démocratique.

Ça ne réglera pas tout, là. Mais des gens agressifs qui se présentent devant une école primaire, qui souvent, d'ailleurs, hein, filment les enfants à 6 pouces de leurs faces, en leur disant : Tu ne devrais pas porter un masque puis tu ne devrais pas te faire vacciner, là, ce n'est pas juste quelqu'un qui twitte dans son sous-sol, là. Ça met en danger directement la sécurité des enfants, tout comme, devant un hôpital, faire ça auprès d'une infirmière ou d'un patient, ça entrave le droit à la santé. Puis, sur cette base-là, on peut intervenir de manière spécifique, de manière exceptionnelle pour dire : Ça, on ne l'accepte pas. Il y a des précédents au Québec.

La Modératrice : Merci. On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. How important it was for you to, basically, get the support of your caucus on the special law for antivaccine protestors to go back to what exists already, a law to protect people, like, women that need an abortion around clinics?

M. Nadeau-Dubois : You know, in a democratic society, it is always a challenge to find those equilibriums between a basic democratic right, the right to protest, the freedom of expression and other rights that are also very important, such as the right to access to health care and the right to be in safety when you go to school. Finding those middle grounds is not something you can do like that. You need to think carefully those things. That's why we took a few hours, inside Québec solidaire, to see how could we achieve that goal.

And, for me, the legal precedent is clear. When pro-life activists decided to assault abortion clinics, in the last years, collectively, as a society, we said : OK, you can be pro-life, if you want, but you will not block or try to persuade... you will not block the access to an abortion clinic and you will not try to persuade a woman not to get an abortion by assaulting her in front of the clinic, you will go across the street, please. If we did that to protect women looking for an abortion, we can do something similar for minors, kids that just want to go to school and protect themselves.

Mme Senay (Cathy) : Marwah Rizqy says that there is an emergency to act. You have tensions between protestors and parents, more and more, so in a click it can go, you know, in a wrong direction. So, do you agree that we need a bill ASAP, a special law, actually, a law?

M. Nadeau-Dubois : Well, we need to do something as soon as possible. If the best legal way to do it is a law, we will collaborate with the Government to adopt it quickly because, yes, the situation is deteriorating, and it is worrisome. We need to do something. It's frightening and it's unacceptable to see kids being threatened and assaulted just because they want to protect themselves from the virus while wanting to go to school.

Mme Greig (Kelly) : What are we seeing in these protests that has gone too far, where you say : We need a special law? What did you see specifically?

M. Nadeau-Dubois : When it comes to the safety of kids, when it comes to the right to access healthcare, I think it's legitimate in those situations to say : Yes, the right to protest exists, but we will put boundaries to that right, to make sure everyone's rights are protected. It is legitimate to do so. We did it for abortion clinics, we can do it in a specific and exceptional way, during the pandemic, for schools and hospitals.

La Modératrice : Dernière question.

Mme Senay (Cathy) : What if Claire Samson blocks this bill?

M. Nadeau-Dubois : Well, if Mme Samson or his party blocks that bill, it will, I think, reveal their true nature and it will have, I think, a real political cost for them.

Mme Senay (Cathy) : It's a possibility, when you go fast like this with a bill.

M. Nadeau-Dubois : We will see. We will see. But we will be, in Québec solidaire, on the good side of history on that issue.

La Modératrice : Merci.

M. Nadeau-Dubois : Merci.

(Fin de la séance à 9 h 3)