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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Ruba Ghazal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de langue française

Version finale

Le mardi 21 septembre 2021, 11 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures quinze minutes)

M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde.

D'abord, bien sûr, je veux revenir sur les résultats électoraux d'hier soir. Je pense que les résultats d'hier soir sont un retour à la réalité pour François Legault. François Legault avait fait le choix du Parti conservateur du Canada. Hier soir, en majorité, les Québécois ont fait d'autres choix. François Legault a perdu ses élections, et je pense qu'il doit en prendre note.

Maintenant, qu'est-ce qu'on fait? Bien, maintenant, on regarde vers l'avant et on défend le Québec. La principale menace à la nation québécoise, la principale menace au territoire québécois, en ce moment, c'est quoi? Bien, c'est l'intention de Jason Kenney de faire passer à nouveau des pipelines au Québec. On apprenait la semaine passée qu'il a même envoyé des lobbyistes en mission pour créer de toutes pièces un faux mouvement citoyen propétrole et propipeline. C'est très inquiétant.

Hier, j'ai écrit, avec ma collègue Manon, une lettre qui est une main tendue aux chefs des autres formations politiques pour leur demander de créer avec nous un front commun pour protéger le Québec contre les ambitions pétrolières de l'Alberta. C'est important de s'unir, de protéger le territoire québécois. C'est important de fermer la porte à tout nouveau projet de pipeline sur le territoire du Québec. L'invitation est lancée aux autres partis politiques. La main est tendue. Il y a un projet de loi, celui de ma collègue Manon Massé, qui peut servir de base de travail pour que, tous ensemble, on s'assure de ne plus vivre des épisodes comme ceux de GNL Québec et d'Énergie Est.

Juste avant de passer la parole à ma collègue Ruba, je veux, par contre, vous dire un mot sur ce qui va commencer comme travail aujourd'hui à l'Assemblée nationale, le travail très important de modernisation de la loi 101. La loi 101, c'est un des piliers de la nation québécoise. La loi 101, ça peut et ça doit être un outil pour créer des consensus, créer de l'unité au Québec. Dans l'histoire du Québec, à chaque fois que le peuple québécois, ici, à l'Assemblée nationale, a travaillé à la création d'institutions pour protéger le français, ça a été des moments importants, des moments où le Québec s'est défini puis s'est affirmé, et c'est à ça qu'on veut participer, à Québec solidaire.

D'ailleurs, je ne veux pas la faire rougir, mais je suis fier, et même ça me touche, que ce soit ma collègue Ruba qui porte le flambeau de Québec solidaire sur ce dossier-là. Je trouve qu'il y a un symbole touchant qu'une femme avec son parcours, elle-même une enfant de la loi 101… qu'elle soit autour de cette table avec Simon Jolin-Barrette pour discuter de l'avenir du français, de l'avenir du Québec. Il y a là un symbole qui est puissant, qui me touche profondément, puis, quand je vois ça, ça me rend fier d'être Québécois.

Ça fait que je lui passe la parole pour qu'elle vous parle de ce qu'elle va faire au nom de Québec solidaire dans ce grand chantier de modernisation de la loi 101.

Mme Ghazal : Wow! Je ne m'attendais pas à ça. Merci, Gabriel.

Donc, tout à fait, en fait, aujourd'hui, c'est la première journée pour les consultations particulières pour étudier le projet de loi n° 96. Et, moi, en tant qu'enfant de la loi 101, c'est un honneur et un privilège, comme députée, de travailler sur ce projet de loi. Comme le disait Gabriel, c'est un moment, c'est une opportunité de se mettre tous ensemble autour de notre langue commune, la langue française. Il y a eu beaucoup de divisions, dans les dernières années, sur beaucoup de choses, et c'est normal de ne pas, tout le monde, s'entendre ensemble, et la place pour en débattre, c'est partout dans la société, mais encore plus aussi à l'Assemblée nationale du Québec. Mais là on a une belle opportunité avec ce projet de loi de se mettre ensemble et de travailler ensemble.

Mon objectif et ma priorité, et celle évidemment de Québec solidaire, c'est que tous les Québécois et toutes les Québécoises, peu importent leurs origines, peu importe qui ils sont, puissent travailler en français au Québec partout, dans leur milieu de travail, dans les entreprises. D'ailleurs, il y a une citation de René Lévesque, qui disait que si, à l'entrée d'une usine ou d'un bureau, on ne peut plus utiliser le français, bien, ça ne fait pas une langue très vivante. Si on rentre dans une entreprise et, au fur et à mesure qu'on monte les étages, l'usage du français disparaît, ce n'est pas une bonne chose. Et donc c'est vraiment la priorité pour que cette langue survive, pour qu'elle vive, pour qu'elle soit parlée par nos enfants, nos petits-enfants, dans le futur, c'est la langue du travail.

Et moi, j'avais déjà déposé, au nom de Québec solidaire, un livre orange avec 21 propositions. Je veux vous en nommer trois aujourd'hui — je vais les rappeler — par rapport au milieu de travail, et ça va être des choses que j'aimerais qui soient incluses dans le projet de loi lors de l'étude détaillée.

La première, c'est d'appliquer la loi 101 aux entreprises de 10 employés et plus, de bonifier la francisation en entreprise, parce que c'est la manière la plus efficace d'apprendre le français sur ses heures de travail. Qu'on pense, par exemple, à une mère monoparentale, de lui demander de travailler pour mettre du pain sur la table et, après ça, le soir, d'aller apprendre le français, ce n'est pas viable. Il faut que ça soit sur les heures de travail, et les entreprises ont une contribution à apporter là-dedans, et le projet de loi ne va pas assez loin. Et la troisième, c'est d'interdire l'exigence de l'anglais à l'embauche. Voilà.

La Modératrice : On va prendre vos questions.

M. Laforest (Alain) : Je voudrais revenir sur les élections au fédéral. Je vous laisse enlever votre masque. Est-ce que le Québec se retrouve affaibli aujourd'hui?

M. Nadeau-Dubois : François Legault s'est mis les pieds dans les plats en prenant position pour le Parti conservateur. J'aimerais bien être une petite mouche, là, dans la pièce, le premier moment où François Legault va reparler à Justin Trudeau. Je pense que ça va être une discussion assez particulière.

Plus sérieusement, là, moi, ce qui m'intéresse, c'est les consensus qu'on est capables de créer ici, à l'Assemblée nationale, puis c'est pour ça qu'on tend la main ce matin. Ce ne sera pas facile après ce qu'a décidé de faire François Legault, mais il faut créer des consensus forts au Québec, notamment sur la question de l'environnement. C'est pour ça que j'ai écrit aux chefs des différents partis politiques hier pour qu'on travaille ensemble puis qu'on envoie un message clair à Jason Kenney que le territoire du Québec n'est pas à vendre puis que ses pipelines ne nous intéressent pas.

Mme Prince (Véronique) : M. Nadeau-Dubois, vous êtes allé loin, quand même, en comparant François Legault à Maurice Duplessis. Est-ce que le résultat d'hier vous fait dire que les Québécois ne veulent pas un Maurice Duplessis?

M. Nadeau-Dubois : François Legault avait fait un choix. Il avait choisi le Parti conservateur, avec tout ce que ça représente comme valeurs. Hier soir, les Québécois ont fait des choix différents. Je constate qu'il n'y a pas eu d'effet Legault. Je constate que François Legault a perdu ses élections. Je pense que ça en dit beaucoup sur ce qu'est le Québec puis ce que sont réellement les valeurs québécoises.

M. Larin (Vincent) : Avec les jeunes caquistes, la fin de semaine dernière, François Legault a parlé… a positionné la CAQ comme étant le rempart pour les extrêmes. Vous êtes-vous senti visé par ça, Québec solidaire, compte tenu de l'échange que vous aviez eu précédemment?

M. Nadeau-Dubois : Non, je ne me suis pas senti visé.

M. Larin (Vincent) : …qui parle-t-il, selon vous, dans ce cas-là?

M. Nadeau-Dubois : C'est une bonne question… peut-être lui poser cette question-là à lui. C'est dommage qu'il n'ait pas pris les questions, d'ailleurs, en fin de semaine, parce que moi, je me demande de quels extrêmes parle-t-il, contre quoi veut-il être un rempart. Je pense que la démocratie québécoise est en santé. Il y a une pluralité de voix qui s'expriment à l'Assemblée nationale maintenant, notamment depuis que Québec solidaire est là. On est sortis du bipartisme. Il y a plusieurs conceptions de la nation québécoise qui s'affrontent dans le débat politique. Je pense que c'est sain. Je pense que c'est des questions importantes, ça. Les questions qui nous ont occupés, M. Legault et moi, la semaine dernière, c'est des questions fondamentales. Quelles sont les valeurs québécoises? Qui fait partie de la nation québécoise? Ce sont des débats importants, et l'Assemblée nationale, c'est un lieu privilégié pour avoir ces débats-là.

Mme Prince (Véronique) :

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

Mme Prince (Véronique) : Patrick Huard vous a demandé, aux Gémeaux, de vous excuser. Est-ce que vous allez le faire? Est-ce que vous allez faire le premier pas de dire : Je m'excuse à M. Legault et j'attends des excuses en retour?

M. Nadeau-Dubois : Je vais commencer par parler pour moi, là. Moi personnellement, je ne demande pas d'excuses à François Legault. Pourquoi? Parce que je ne me suis pas senti insulté. Moi, je n'ai pas perçu d'attaque personnelle dans notre échange. Donc, je ne lui demande pas d'excuses. Si lui en souhaite, bien, mon téléphone est ouvert, il peut me contacter, on pourra en jaser.

M. Laforest (Alain) : …voté pour qui?

M. Nadeau-Dubois : Vous avez travaillé très fort, il y a quelques jours, pour que ma collègue Manon Massé réponde à cette question-là. Je l'ai trouvée bonne. Elle a fait preuve d'une belle neutralité, puis je vais avoir la même neutralité ce matin. On est neutres au niveau fédéral.

M. Laforest (Alain) : Ça fait que vous n'avez pas voté?

M. Nadeau-Dubois : Bien, quand… J'ai voté. J'ai fait mon devoir de citoyen. Mais, pour ce qui est de la nature de mon vote, je vais respecter la neutralité qui a été la nôtre. Puis, quand je vois comment François Legault s'est mis les pieds dans les plats, lui, en s'engageant aussi fortement dans la campagne fédérale, je me dis : On a bien fait de rester neutres.

M. Laforest (Alain) : …que vous êtes allez voter, est-ce que le ciel était bleu ou c'était un peu plus orange?

M. Nadeau-Dubois : Il y avait une pas pire file d'attente. Ça, d'ailleurs, je me suis dit : Il va falloir qu'Élections Québec se prépare, parce qu'on risque d'être encore un peu en pandémie l'an prochain. Il va falloir que la démocratie québécoise soit prête l'an prochain pour que ça se passe mieux. Il y avait une bonne file. Ça m'a donné le temps de réfléchir à mon vote.

Mme Johnson (Maya) : Après votre échange avec M. Legault, il a donné sa définition de ce que c'est, un «woke». Est-ce que, selon vous, il décrivait Justin Trudeau?

M. Nadeau-Dubois : Bon, vous me demandez un peu d'entrer dans ses intentions. Moi, j'ai étudié en sociologie, je n'ai jamais entendu ou lu de définition sérieuse et objective de ce que c'est que cette étiquette-là. Donc, c'est à François Legault à définir les étiquettes qu'il lance. Moi, je n'utilise pas ces étiquettes-là parce que je trouve que c'est très flou puis je trouve que ça ne nous aide pas à avancer dans le débat. Puis, je le répète, là, le débat sur qu'est-ce que c'est, la nation québécoise, qui en fait partie, c'est des débats fondamentaux. Il faut être capable de les avoir. C'est un débat important, puis, l'Assemblée nationale, ça sert à ça.

M. Bossé (Olivier) : Les deux partis de gauche, NPD, Parti vert…

M. Nadeau-Dubois : Bien, d'ailleurs, en fait, je veux juste rajouter quelque chose, moi, j'invite les… Parce qu'on a beaucoup parlé, là, de cet échange-là entre le premier ministre et moi. Beaucoup de choses ont été écrites sur cet échange-là. Moi, j'invite les gens à aller écouter notre échange. Je l'ai mis sur ma page Facebook. Il est disponible sur le site de l'Assemblée nationale. Il y a, dans cet échange-là, quelque chose de profond qui dépasse, là, la simple question des étiquettes, c'est des questions fondamentales sur ce qu'est la nation québécoise. Puis moi, j'invite les gens à aller écouter l'échange. Je pense que, sur le fond, là, au-delà des étiquettes, il est profondément pertinent.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : …c'est une question de compétences. Vous avez parlé de M. Kenney. On parle de… J'ai été étonnée, dans votre vidéo, que vous ne nommiez pas la souveraineté comme une solution à…

M. Nadeau-Dubois : Quelle vidéo exactement?

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Dans la vidéo que vous avez envoyée à M. Kenney, vous n'en avez pas parlé, ce matin non plus. Est-ce que ce sont des oublis de votre part?

M. Nadeau-Dubois : Bien, l'indépendance, ça va se décider ou pas au Québec. Donc, le message que j'avais pour Jason Kenney, c'est : Laissez le territoire québécois tranquille. Le débat sur l'indépendance, on va le faire ici, au Québec.

M. Bossé (Olivier) : …se rapprochent le plus de Québec solidaire, le NPD est plus à gauche, le Parti vert est plus écologiste, n'ont pas fait de pas en avant au Québec. Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle pour…

M. Nadeau-Dubois : Puisqu'on était neutres au niveau des élections fédérales, moi, je ne tire pas de leçon particulière des élections d'hier, pour ce qui est de Québec solidaire.

M. Bossé (Olivier) :

M. Nadeau-Dubois : Bien, je constate qu'il y a des comtés solidaires qui sont allés au Bloc… ou à peu près, là, ce n'est pas exactement les mêmes comtés, là, mais je constate qu'il y a des comtés solidaires qui sont allés au Bloc, il y a des comtés solidaires qui sont allés au NPD, il y a des comtés solidaires qui sont allés aux libéraux. Donc, moi, je ne tire pas de leçon particulière des résultats d'hier pour ce qui est de notre propre dynamique politique.

M. Chouinard (Tommy) : Pourquoi est-ce que la campagne que veut créer un organisme financé par le gouvernement albertain, là, propétrole, est une menace, selon vous, aux compétences du Québec, plus grande que le plan de match du gouvernement libéral qui a été réélu minoritaire?

M. Nadeau-Dubois : Je ne pense pas avoir dit ça.

M. Chouinard (Tommy) : …qui guette le Québec, c'est ça.

M. Nadeau-Dubois : Bien, en ce moment, là, moi, je regarde qui a des plans clairs de venir saccager le territoire québécois avec des pipelines, c'est Jason Kenney. Et, si ça passe un seul instant à l'esprit de M. Trudeau d'appuyer ces projets-là, il va y avoir une réaction vive de Québec solidaire et de tous les Québécois, toutes les Québécoises qui ne veulent plus de ces projets polluants là. Donc, moi, j'avertis M. Trudeau. J'espère qu'il n'envisage pas appuyer Jason Kenney dans ses projets de pipelines, parce que la mobilisation, au Québec, elle va être importante, puis on va en faire partie.

M. Chouinard (Tommy) : …les propositions libérales en santé de fixer…

M. Nadeau-Dubois : Moi, toutes les menaces à l'autonomie du Québec m'inquiètent. Ça m'inquiète de voir que Justin Trudeau a été prêt à acheter un pipeline. Je me dis : J'espère qu'il n'envisage pas en faire passer sur le territoire du Québec. La santé, ça doit rester une prérogative totale du gouvernement du Québec, même chose pour l'ensemble des compétences qui sont, en ce moment, des compétences québécoises. Moi, à terme, j'ai encore plus d'ambition que protéger les compétences actuelles, mais, bien sûr, il faut le faire, puis c'est important.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Donc, les normes nationales dans les CHSLD, c'est non.

M. Nadeau-Dubois : Le fédéral ne gère pas les hôpitaux au Québec. Ils n'ont ni la légitimité ni même l'expertise terrain pour décider comment on va s'occuper des aînés au Québec. On a des grosses questions, comme société, à se poser. Moi, je regarde ce qui se passe au CHSLD Herron, je me dis : Le Québec est dû pour des débats profonds sur son système de santé puis son système de soins aux aînés, mais c'est des débats qui appartiennent aux Québec puis aux Québécoises, pas au gouvernement fédéral.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good day, Mr. Nadeau-Dubois. The fact that Premier Legault put himself into trouble, he didn't need anybody else but him to choose Mr. O'Toole, you really think that this will have some consequences, because Quebeckers will forget this.

M. Nadeau-Dubois : Will forget what exactly?

Mme Senay (Cathy) : They will forget that Mr. Legault gave a tacit endorsement to Mr. O'Toole and he criticized Mr. Trudeau to basically play… control provincial jurisdictions, something that you're against too.

M. Nadeau-Dubois : I think the results of yesterday are a big reality check for Mr. Legault. He chose the Conservative Party of Canada. A good proportion of Quebeckers, yesterday, chose something else. Mr. Legault lost his elections yesterday. And now what we have to do is look forward and protect Québec against all the threats to Québec, and one of the urgent threats now is the intention of Jason Kenney to once again force pipelines on the territory of Québec. And that's why we have reached out to the other political parties and to the other political leaders to build a strong consensus against those plans. And I hope that Mr. Trudeau does not even think of supporting those plans for Mr. Kenney, because he will be met with a strong mobilization here, in Québec.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Legault, in basically supporting Mr. O'Toole, do you think he missed the opportunity of reading Quebeckers' minds, because, finally, they didn't follow him as much as he wanted?

M. Nadeau-Dubois : That's why I say it's a reality check. Mr. Legault said : This is what Quebeckers should do because this is what Québec values are and what… The only thing I can see this morning is that Quebeckers chose… a majority chose something else. I think Mr. Legault has to take notes.

Mme Fletcher (Raquel) : On the Herron CHSLD, we're hearing more and more what happened during those final days before it became public. Whose responsibility is it? What should the Health Minister now do in light of all…

M. Nadeau-Dubois : It's deeply sad and disturbing to see such things in a society that's so rich. Québec is rich. Like, there is money in Québec to take care of elderly people. It's heartbreaking and it's unacceptable to hear those things. I think Québec, as a nation, is at a point where we need a deep debate about how we care or don't care for elderly people. This has to be a turning point. And, for us, one of the lessons that we learned is that profits have no place in our health care system. Private nursing homes should not exist. That's why we've been proposing for months now to nationalize all CHSLDs in Québec. It would not solve all the problems, we know this, but it's still one of the first steps we should do.

Mme Fletcher (Raquel) : Can I ask Mme Ghazal about Bill 96? You are actually a product of Bill 101 and proud of it. Do you think you come with a different perspective than the doom and gloom that we've been hearing about the imminent decline of the French language?

Mme Ghazal : I have a different perspective, of course, because what I lived is not the same thing that, for example, Simon Jolin-Barrette has lived. Like, when I came here, to Québec, I didn't speak French and I learned it in a public school in Montréal. And it's not only speaking a language, it's also a culture. Like, I feel I'm part of a culture, and this is also something that is missing in Bill 96, and it's important also to put both together, the language and the culture, and I hope… Like, now, we are listening to different groups about their perspectives on this bill, and I hope that Simon Jolin-Barrette will be open-minded to hear all our proposals and will include them in the bill. I'm not sure I answered your question.

Mme Fletcher (Raquel) : What are you hoping to include or to bring to the table?

Mme Ghazal : Yes, what's important is the language, the speaking language in the workplace. This is very important. This is the way to make this language survive and… to be spoken in the workplace. And also it's a question of social justice, because there are some Francophones, even immigrants, who want to work in French in Québec, and they can't find jobs because they don't speak English, and this is an important issue, and the bill is not going very far in it.

And I have proposals, for example, to apply Bill 101 to companies of 10 employees and more. Now, it's only 25. And there's a lot of immigrants who come and work in very small businesses with not so much employees. So they work by speaking another language than French. And also there's another proposal to… when hiring, it's to forbid the obligation, in the hiring, to know the English language, this should be forbidden, and, if not, it should be justified, and also to make more French courses in the companies, in the enterprises, during the work hours.

So these are three of our proposals that we have, and I hope that they will be included in Bill 96.

La Modératrice :Merci beaucoup…

M. Gagnon (Marc-André) : …M. Nadeau-Dubois, si c'est possible, ça va être très court.

M. Nadeau-Dubois : Puisque c'est vous…

M. Gagnon (Marc-André) : Bien, ça fait longtemps que je ne suis pas venu. Ça me fait plaisir de vous revoir, maintenant que les élections fédérales sont terminées, mais on en parle encore aujourd'hui. Sur le troisième lien, pour vous, le résultat de ce qu'on a vu, par rapport à l'appui que François Legault avait donné, ça veut dire quoi?

M. Nadeau-Dubois : François Legault avait appuyé le Parti conservateur dans l'espoir d'obtenir de l'argent pour le troisième lien. Puis il était même prêt à déchirer le chèque de 6 milliards pour les garderies. C'est dire à quel point, pour lui, le troisième lien, c'est important, plus important même que les CPE. Moi, ce que je constate, c'est qu'hier les Québécois ont fait des choix différents. Ils ont fait plusieurs choix, hein? Le Québec n'est pas monolithique. Ils ont fait plusieurs choix, mais, en grande majorité, ils n'ont pas choisi le parti de François Legault. Ils n'ont pas choisi le Parti conservateur.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 38)

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