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Point de presse de M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Version finale

Le jeudi 16 septembre 2021, 9 h 10

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures dix minutes)

La Modératrice : Bonjour et bienvenue à cette mêlée de presse du ministre de la Santé, Christian Dubé. Alors, le ministre est disposé à répondre à vos questions, d'abord, en français. On a quelques minutes devant nous. À vous la parole.

M. Laforest (Alain) : M. Dubé, il y a vraiment, là, une crise dans le réseau de la santé. Vous allez être confronté à un grave problème, là, bientôt, avec les 20 000 employés qui ne sont pas vaccinés, que vous allez dire d'aller se retrouver chez eux. Qu'est-ce que vous allez faire, concrètement, quand le réseau claque de partout, que vous êtes en bris de service? On a l'impression que la maison est en train de s'effondrer.

M. Dubé : Bien, premièrement, on va aller du côté des bonnes nouvelles. Depuis la commission parlementaire, rappelez-vous qu'on était très conscients que… après avoir discuté avec les élus, on était très conscients qu'il pouvait y avoir un manque de personnel, justement, en raison que c'était le bon choix, et c'est toujours le bon choix, de recommander la vaccination obligatoire.

La bonne nouvelle, c'est qu'en date de la commission il y avait 30 000 personnes qui étaient non vaccinées. Je peux vous dire qu'en date de ce matin c'est 20 000. Donc, on a gagné 10 000 personnes des 30 000 personnes qui étaient non vaccinées au cours des deux dernières semaines.

Maintenant, sur les 20 000 personnes qui sont non vaccinées, il y en a environ la moitié qui sont en soins directs avec les patients.

Alors, moi, depuis hier, fort de ces chiffres-là, ce que j'ai demandé, c'est, aux différents P.D.G., de nous dire quel est le plan de réorganisation qu'on devrait faire si ces gens-là ne sont pas vaccinés adéquatement en date du 15 octobre.

Maintenant, ce que j'aimerais vous dire, puis c'est important : que les gens qui se reconnaissent en ce moment dans le réseau, bien, de continuer à aller vous faire vacciner. Parce que les 10 000 qui se sont vaccinés, dans les deux dernières semaines, ont pris la bonne décision. Puis il reste encore un mois pour aller chercher une première dose.

Mme Prince (Véronique) : Mais, M. Dubé, qu'est-ce qu'ils vous ont répondu, justement, les P.D.G.? Est-ce qu'ils en ont, de la marge de manoeuvre? Parce que, lorsqu'on fait des entrevues avec eux, on a l'impression qu'ils n'en ont pas du tout, de marge de manoeuvre.

M. Dubé : Bien, écoutez, il y a plusieurs choses. Je viens de vous dire, là, que, sur les 20 000, il y en a 10 000 qui sont en soins directs aux patients. Pas les 20 000. Alors, il y a des gens qui sont, par exemple, dans des tâches administratives, qui pourront continuer à travailler à la maison, si c'est ça qu'on peut faire. Moi, je suis focusé en ce moment, pour des raisons de sécurité, autant pour les employés que pour les patients, que les gens qui sont traités se font traiter par des gens vaccinés. Moi, je ne peux pas comprendre aujourd'hui qu'un préposé aux bénéficiaires...

Une voix : Vous ne répondez pas à la question...

M. Dubé : Non, non, laissez-moi terminer, s'il vous plaît. Je ne peux pas concevoir qu'un préposé aux bénéficiaires ne soit pas vacciné pour travailler dans un CHSLD, avec tout ce qu'on a vécu. Alors, moi, ce que j'ai demandé, j'ai demandé aux P.D.G. de me dire qu'est-ce qu'ils vont faire pour remplacer un préposé aux bénéficiaires non vacciné à compter du 15 octobre. J'attends la réponse.

Mme Lévesque (Fanny) : ...vous parlez des gens qui sont à la maison ou en télétravail, pourraient continuer à faire du télétravail. Ce n'est pas ça, là, c'est : 100 % des travailleurs de la santé doivent être vaccinés doublement au 15...

M. Dubé : Tout à fait, tout à fait...

Mme Lévesque (Fanny) : Donc là, quelqu'un peut-il rester à la maison...

M. Dubé : Excusez-moi. Excusez-moi.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que quelqu'un peut rester à la maison?

M. Dubé : Ce qu'on a dit, là, c'est que tout le monde doit être vacciné. Et ceux qu'on ne pourra pas replacer dans des postes qui ne requièrent pas, on va le faire. Mais en ce moment, je suis très ferme, je vous le dis, là, je suis très ferme : pour le 15 octobre, pour les 20 000 qui sont non vaccinés, allez vous faire vacciner parce que je vais avoir besoin d'un plan de...

Mme Lévesque (Fanny) : ...sur le reclassement. Parce qu'en abandonnant le critère de 15 minutes, là, automatiquement, ça veut dire que c'est tout le monde dans le réseau, même ceux-là qui sont dans les bureaux. Donc, est-ce que ce serait quand même possible, selon le décret, qu'on n'a pas encore vu, là, mais que des gens demandent un reclassement parce qu'ils ne veulent pas être vaccinés, et qu'ils soient reclassés, et qu'ils puissent rester en poste? Ça, ça va se pouvoir?

M. Dubé : Bien, écoutez, on est en train de faire les dernières lignes du décret. J'espère qu'on va être capables de le finaliser pour le prochain Conseil des ministres, qui est mercredi prochain. Tu sais, c'est un peu ça, l'objectif. Parce qu'il y a beaucoup de détails. Il y a toute la question des organismes communautaires qui s'est ajoutée. En enlevant la règle du 15 minutes, il s'est rajouté beaucoup de détails qu'on va finaliser dans les prochains jours. Mais on sera capables, je vous dirais, la semaine prochaine, de donner le détail. Mais il y a une chose que je dis, soyons très, très clairs, là : Ces gens-là qui ne seront pas vaccinés vont être suspendus sans solde à compter du 15 octobre.

Mme Porter (Isabelle) : M. Dubé, j'aimerais vous entendre sur le rapport sur les états généraux de la profession infirmière. On suggère d'écarter, dans le fond, la formation infirmière, au D.E.C., et que les infirmières soient seulement formées au bac. Est-ce que c'est quelque chose qu'on peut envisager dans le contexte actuel? Et de combien d'infirmières on se priverait si on faisait ça?

M. Dubé : Bien, écoutez, j'ai eu la chance de parler avec les deux commissaires, là, qui ont déposé le rapport la semaine dernière. Il y a 31 recommandations. Ça, c'en est une de ces recommandations. Moi, je ne suis pas encore prêt à dire qu'on va enlever le titre d'infirmière à ceux qui sont uniquement au cégep, là. Je pense qu'on n'est pas là, surtout pas dans la crise qu'on vit en ce moment. Par contre, à l'intérieur des recommandations qu'ils ont faites pour ajouter beaucoup plus de valeur au travail des infirmières, je pense qu'il y a beaucoup de choses qu'on va prendre et justement, dans les prochains jours, là, dans les considérations qu'on fait en ce moment.

Une voix :

M. Dubé : Attendez, je vais vous revenir.

M. Lacroix (Louis) : Parce que, là, vous dites : Ces gens vont être suspendus à compter du 15 octobre. Je comprends que vous demandez un plan de contingence des différents P.D.G. pour savoir ce qu'on fait à partir de ce moment-là. Est-ce que vous vous attendez à ce que ça, là, ça amène des bris de service dont vous avez parlé cette semaine? Est-ce que ça, à compter du 15 octobre, pourrait amener des bris de service?

M. Dubé : Bon. Moi, je parle depuis le début, puis je le répète : on en était conscients, quand on a pris la décision, quand on est allés en commission parlementaire, ce n'est pas une surprise, là. Premièrement. Deuxièmement, ce que je vous dis, c'est qu'il y a d'autres méthodes. Je vous en donne une, je ne l'aime pas, mais j'aime mieux avoir un préposé aux bénéficiaires qui vient d'une agence, qui est doublement vacciné, plutôt qu'un employé non vacciné du réseau. C'en est une, alternative. Je ne l'aime pas. Mais jamais je ne vais accepter qu'un patient vulnérable soit traité par une personne non vaccinée. Soyons clairs.

M. Lecavalier (Charles) : …il est déjà en bris de service, alors comment pouvez-vous nous dire aujourd'hui…

M. Dubé : Non, écoutez, ce que je vous dis…

M. Lecavalier (Charles) : …qu'avec des milliers d'employés qui ne pourront plus travailler qu'on ne sera pas plus en bris de service, là. Les agences sont déjà sollicitées aujourd'hui, là.

M. Dubé : Bien, écoutez, ce que je vous dis, là... La situation, globalement, on est passé de 30 000 non vaccinés à 20 000. Je vous dis qu'il y en a 10 000 qui viennent des gens qui sont en direct. Si on le regarde pour la région de Montréal, on diminue ça déjà de moitié. Après ça, quand je regarde les infirmières, quand je regarde les préposés aux bénéficiaires... Je suis capable d'être très, très granulaire. Je ne ferai pas ça avec vous ce matin. Et c'est ça que j'ai demandé aux P.D.G. : Dites-moi, vous avez un mois pour vous préparer, je n'en veux pas, de bris de service. Moi, le mot…

Une voix :

M. Dubé : Laissez-moi terminer, s'il vous plaît. Ce que j'ai dit, ce que j'ai dit : Parlez-moi pas de bris de service; moi, je vous parle de réorganisation de services. C'est très différent. Je m'engage que les gens n'auront pas de bris de service, mais on va se réorganiser. Parce que la vaccination obligatoire, pour la santé, je ne bougerai pas là-dessus. Là, je vais répondre à vos questions.

M. Laforest (Alain) : Bon, parlons de réorganisation. Vous avez besoin de combien pour faire ça? Vous avez des statistiques, vous devez avoir les chiffres?

M. Dubé : Oui.

M. Laforest (Alain) : Le 15 octobre, vous avez besoin de combien d'infirmières et de membres de personnel de santé pour que le réseau ne s'effondre pas?

M. Dubé : Bon, alors ça, c'est une très bonne question, puis je vais y répondre. Ce qu'il me reste, c'est deux choses. Il me reste un mois pour régler les personnes qui sont non vaccinées. Puis ça, on va s'en occuper. Pour les personnes, par exemple, pour… Moi, je pense qu'on a 4 000 infirmières qu'il faut aller chercher dans le réseau. Il faut…

Puis je vais prendre un peu de recul, M. Laforest, là. Mme Lebel, au Conseil du trésor, ce qu'elle a signé, qui est extraordinaire, c'est une belle convention dont on n'a pas vu les bénéfices encore. Mais l'encre n'est même pas séchée encore sur les documents, les documents sont à signer dans les prochaines semaines. La baisse du TSO, qui est tenue compte dans la convention, utiliser moins d'agences, etc., tout ça est dans la convention, mais on n'en a pas vu les bénéfices.

Ce qu'on a besoin, c'est rapidement, puis moi, je veux l'avoir même avant le 15 octobre... c'est de ramener 4 000 à 5 000 infirmières de la retraite, du privé, avec toutes sortes de moyens, pour être capable de mieux gérer le personnel lorsqu'on aura eu les pleins bénéfices des nouvelles conventions. Alors, vous me demandez la question : 4 000 à 5 000 personnes, c'est ça qu'on vise.

Des voix :

M. Dubé : Vous êtes actifs ce matin.

La Modératrice : Bien, c'est un gros sujet, M. Dubé.

M. Dubé : Bien, oui. C'est pour ça que je suis là.

Mme Porter (Isabelle) : Est-ce que vous venez de dire que vous pensez pouvoir ramener 4 000 à 5 000 personnes d'ici au 15 octobre? Est-ce que j'ai bien compris?

M. Dubé : Pour être capable… Cet automne, moi, ce que je veux, là, c'est avoir mis en place ce plan-là dans la prochaine semaine. Dans la prochaine semaine, on va vous revenir puis on va vous dire : Voici comment, dans les prochaines semaines, on va être capables d'aller chercher un certain nombre d'infirmières qui vont venir nous aider pour l'automne.

La Modératrice : En anglais. En anglais. Cathy…

Des voix :

La Modératrice : En anglais...

Des voix :

La Modératrice : Non. Excusez-moi. En anglais, s'il vous plaît.

M. Dubé : On va aller en anglais parce que… Mais on reviendra demain matin, si vous voulez.

Mme Fletcher (Raquel) : Can you explain to our viewers, in English, why you would prefer to suspend 20,000 people as opposed to…

M. Dubé : Yes. But first, what I said is we were in a lack of vaccinated employees, two weeks ago, at 30,000. As of this morning, we're down to 20,000. This is a good improvement. Second, out of those 20,000, 10,000 are in direct services with the patients — «préposés aux bénéficiaires», nurses — so, to me, this is not acceptable. OK?

So, what I've asked, as of this morning, I've asked the P.D.G. of each CIUSSS what is their contingency plan to be able to replace those persons because they will be suspended without pay as of October 15th. I'm going to be very clear with that. I was clear during the commission, I'm very clear this morning. So, this is up to the P.D.G., in the next few weeks, to give me a contingency plan.

M. Authier (Philip) : Is it logistically possible… logistically, is it possible to vaccinate the 20,000 before October 15th?

M. Dubé : Yes, it is possible. They can do it. We can vaccinate 100,000 persons per day. There's still 20,000 left. They should go right now.

M. Authier (Philip) : And are you ruling out… still ruling out vaccinating... having the education sector vaccinated, teachers…

M. Dubé : Well, I'll leave Dr. Arruda to deal with that because this is… We're dealing here with employees of the health care system. I'll leave the education on the side for now.

Mme Senay (Cathy) : Just for the nurses, as of now. The clock is ticking. You need 4,000 to 5,000 nurses from private agencies or retired… Mr. Dubé?

M. Dubé : What we need, this week, the Premier has been very clear, we need over 4,000 nurses to come back in the system. They can come back from the private, they can come back from their retirement, they can come back from agencies. So that's what we need right now.

Mme Senay (Cathy) : Well, that was your deadline to get those nurses?

M. Dubé : Well, first, we need to put the plan together, because it will be a combination of premium, it could be a combination of many things that the nurses have been asking. This is what we will deliver next week.

La Modératrice : Dernière question.

Mme Fletcher (Raquel) : We spoke with the Order of Nurses, which is actually having a press conference, later this morning, and they say that there are places where they don't have forced overtime, they don't have a turnover that… that it's as much a question of salaries as it is about good management.

M. Dubé : I agree, I agree.

Mme Fletcher (Raquel) : And there's bad management going on. Is there a way that you can fix that?

M. Dubé : Well, that's exactly the point. We said that's it's not always premiums, it's the way we manage those people. We've seen… I've seen in certain… For example, take at the Jewish, take at the CUSM, take in most of the anglophone system, they don't have «temps supplémentaire», they don't have… because they are managed properly. And this is what we need to put over all in the system. That's the solution.

La Modératrice : Merci.

M. Dubé : Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 24)

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