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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation

Version finale

Le jeudi 16 septembre 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour. Pendant que le premier ministre fait diversion en période des questions, en lançant des étiquettes qu'il n'est ensuite pas capable de définir, ça va mal au Québec, le système de santé québécois est en train de s'écrouler sous nos yeux.

Hier, le premier ministre nous a dit qu'il était en train de réfléchir, qu'il était en train d'étudier des scénarios pour régler le problème. François Legault est en retard et il n'est pas en retard juste un peu, ça fait des semaines, ça fait des mois que, sur le terrain, les femmes le disent, il manque de monde partout, ça craque de partout.

Je dis que ça fait des mois, mais, en fait, ça fait des années. Je vous rappelle encore une fois qu'en 2018 mon collègue Sol Zanetti, quelques semaines après l'élection générale, proposait un plan de match pour lutter contre la pénurie de main-d'oeuvre en santé, en soulageant la charge de travail des infirmières notamment, on sait que c'est ce qui les fait partir, ça, et le temps supplémentaire obligatoire.

Hier, François Legault nous a dit qu'il était en réflexion, bien, il faut que sa réflexion s'accélère. On avait besoin d'un plan de match hier, on en a besoin d'un demain, c'est une urgence nationale. Mais ce n'est pas tout, pendant que le système de santé craque, le système d'éducation, lui aussi, vacille. En fait, je pensais à ça, ce matin, puis je me suis dit : Ce à quoi on assiste, en ce moment, c'est à une crise des deux grands services publics au Québec. C'est les deux piliers du modèle québécois qui sont en train de s'écrouler sous nos yeux, qui menacent de s'écrouler. François Legault doit intervenir avant qu'il ne soit trop tard.

Mme Labrie : Merci, Gabriel. Je suis en colère ce matin, parce que j'ai été patiente longtemps avec Jean-François Roberge. Je l'ai vu échouer systématiquement depuis sa nomination. J'ai vu progressivement tous les partenaires du réseau de l'éducation perdre confiance en lui. J'ai vu l'état de nos écoles se dégrader depuis sa nomination. J'ai vu que les services ne sont pas au rendez-vous pour les élèves.

Si vous lisiez tous les témoignages que je reçois depuis que j'ai lancé mon site de dénonciation il y a trois semaines, vous auriez le coeur en lambeaux d'entendre les récits des parents qui se battent pour des services pour leurs enfants, le désespoir du personnel qui doit choisir parmi les élèves lesquels auront droit à des grenailles de soutien parmi l'ensemble du soutien dont ils ont besoin. C'est à fendre le coeur.

La gestion de la pandémie de Jean-François Roberge, elle a été lamentable. Il n'a pas été à la hauteur, il n'a jamais réussi à se rattraper puis il a même nui à la crédibilité de la Santé publique en l'associant à ses mauvaises décisions, à son manque de jugement.

Puis là on apprend ce matin que la pénurie d'enseignants, elle est tellement critique qu'à certains endroits, ce n'est pas juste des titulaires non qualifiés qu'on met devant les élèves, c'est carrément des surveillants qu'on plante dans des classes pendant que les enfants passent la période devant leur téléphone.

Je ne sais pas si vous avez des adolescents, mais pour beaucoup de parents au Québec, c'est un combat de tous les instants de convaincre leurs jeunes d'aller à l'école, de se lever le matin pour y aller puis y retourner tous les jours. La lutte au décrochage scolaire, c'est difficile en ce moment. Il y a le marché de l'emploi, il y a des employeurs qui courtisent les jeunes pour aller travailler un peu partout.

Et, pendant ce temps-là, on n'est même pas capable de s'assurer que, dans nos écoles, il y a des enseignants qui vont vraiment offrir un enseignement à toutes les périodes pendant la journée. Pour moi, là, ça, ce n'est pas admissible. On a atteint un point où l'école québécoise n'est même pas capable de s'assurer tous les jours de remplir sa mission d'instruire les enfants. Je ne peux pas tolérer ça.

Jean-François Roberge, depuis le début de son mandat, n'a exercé absolument aucun leadership. Il a été l'exécutant de François Legault pour mettre en oeuvre ses obsessions de longue date qui traînaient depuis des décennies, mettre en oeuvre la maternelle quatre ans, abolir les commissions scolaires. C'est de ça dont Jean-François Roberge s'est occupé comme un simple exécutant. Il n'a pas eu le leadership de dire à son premier ministre que la pénurie de personnel était plus urgente et que c'est de ça dont il fallait s'occuper. Et là on se retrouve avec la situation qu'on vit en ce moment.

S'il s'en était occupé dès le jour un de sa nomination, de la pénurie de personnel, on n'aurait pas atteint le point critique qu'on vit en ce moment. Donc, moi, ce que je constate, c'est que Jean-François Roberge, il n'a pas la capacité d'être et de rester ministre de l'Éducation. En ce moment, il serait plus utile en allant enseigner qu'en restant ministre de l'Éducation. Je demande formellement son départ, puis si lui-même, comme personne, il n'est pas capable de se rendre compte qu'il n'est pas l'homme de la situation, il faut que le premier ministre s'en rende compte puis lui demande de partir.

La Modératrice : On va prendre vos questions. Une question, une sous-question.

M. Laforest (Alain) : Ce n'est pas la première fois qu'on demande la tête du ministre Jean-François Roberge. Sauver le soldat Roberge, c'est quelque chose qu'on entend depuis quelques sessions déjà. Le premier ministre ne bronche pas.

Mme Labrie : Moi, c'est la première fois que je le demande. Je ne suis pas venue en politique pour couper la tête de ministres. J'aurais voulu qu'il soit bon, sincèrement, là. Moi, j'en ai trois, enfants, dans les écoles publiques en ce moment. Tout mon réseau a des enfants qui fréquentent les écoles publiques. J'aurais voulu qu'on ait un bon ministre de l'Éducation. Je ne demandais que ça, que Jean-François Roberge ait du leadership et soit un excellent ministre. Il n'a pas réussi à être un bon ministre de l'Éducation. Il n'a même pas réussi à être un ministre potable. Il a échoué sur toute la ligne.

Et là ça fait trois ans qu'il est là. On en paie le prix, de son inaction des trois dernières années, de son manque de leadership. À un moment donné, là, ça a atteint sa limite. Si François Legault était sérieux en nous disant qu'il est venu en politique pour l'éducation, il ne peut pas laisser en place Jean-François Roberge.

M. Laforest (Alain) : ...de demander la tête, c'est quoi, la solution? Il n'y en a pas, de profs, ils ne sont pas formés, ils sont dans les écoles, puis il n'y en a pas, d'admissions, dans les écoles. C'est quoi, la solution?

Mme Labrie : Bien, vous avez raison, mais s'il s'en était occupé au jour un...

M. Laforest (Alain) : Qu'il retourne enseigner?

Mme Labrie : S'il s'en était occupé au jour un, trois ans plus tard, on commencerait déjà à voir des résultats de ça, assurément. Mais ce n'est pas ça qu'il a fait au jour un. Vous vous souviendrez que les premières choses dont ils se sont occupés, c'est de mettre en place la maternelle quatre ans, c'est d'abolir la taxe scolaire, qui nous prive de plus de 1 milliard par année en éducation. Ça, ça aurait pu nous permettre, peut-être, d'embaucher des aides-enseignants, ça aurait pu nous permettre de bonifier les services aux élèves, puis ça, quand on bonifie les services aux élèves, ça n'aide pas juste les élèves, ça aide aussi les enseignants.

M. Carabin (François) : Quel est le risque que le réseau scolaire court, si on veut, si le ministre Roberge reste en poste jusqu'aux prochaines élections?

Mme Labrie : J'ai mal entendu votre question.

M. Carabin (François) : Quel est le risque que le réseau scolaire court si le ministre Roberge reste en poste jusqu'aux prochaines élections, selon vous?

Mme Labrie : Le risque que ça continue de se dégrader. Les partenaires ont perdu confiance en lui depuis assez longtemps, vous avez raison de le nommer, là, sauver le soldat Roberge, ça fait quand même assez longtemps que les gens disent qu'ils ont perdu confiance en lui. Le risque qu'on court en laissant en place quelqu'un qui n'a pas l'étoffe de cette responsabilité-là plus longtemps, c'est que ça continue de dégénérer. Puis là on a besoin de quelqu'un qui va venir redresser la situation rapidement.

Mme Lajoie (Geneviève) : M. Nadeau-Dubois, est-ce que vous êtes un «woke»? Est-ce que vous trouvez que ça vous colle bien cette étiquette-là?

M. Nadeau-Dubois : Bien honnêtement, personnellement, je ne sais pas trop ce que ça veut dire. De toute évidence, François Legault non plus. Je comprends que les journalistes ont eu de la difficulté à obtenir, même de sa part, une définition. Moi, ce que je sais, c'est ce que ça révèle, cette attaque-là du premier ministre Legault. Ce que ça révèle, c'est que François Legault est très conscient que son appui aux conservateurs canadiens ne passe pas et il tente de faire diversion.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...qu'est-ce que ça veut dire «woke»?

M. Nadeau-Dubois : Bien, justement, parce que j'ai une maîtrise en sociologie et que j'essaie d'utiliser des mots dont je connais le sens, je n'ai aucune idée de ce que François Legault veut dire. D'ailleurs, j'ai trouvé ça révélateur que, quand vous, les journalistes, avez demandé à son équipe et aux ministres qui entourent François Legault : Mais que c'est que ça veut dire, ce mot-là, personne n'a été capable de vous répondre. C'est une étiquette qui circule dans les médias, mais, moi, je ne comprends pas ce que François Legault veut dire quand il dit ça.

Mme Lajoie (Geneviève) : Mais, vous... ce que vous pensez que c'est «woke». On ne parle pas de ce que M. Legault pense, ce que vous, vous pensez.

M. Nadeau-Dubois : Moi, je pense que la nation québécoise est assez grande pour tout le monde. Je pense que le Québec, c'est une nation plurielle. Je veux construire un Québec qui ne laisse personne derrière. Moi, je laisse François Legault accoler l'étiquette qu'il veut à cette définition-là de la nation québécoise.

M. Lacroix (Louis) : Oui, mais je pense qu'elle vous demande à vous ce que vous pensez, ce que ça veut dire, je pense, c'est ça qu'elle demande.

M. Nadeau-Dubois : Moi, je vous le dis, ce mot-là, il circule comme une étiquette, comme une caricature dans les médias. Et moi, je n'ai pas… je ne connais pas de définition claire et simple de cette étiquette qui circule dans les médias.

Mme Lajoie (Geneviève) : Vous êtes inconfortable, donc, avec cette étiquette.

M. Nadeau-Dubois : Pour être inconfortable, il faudrait que je comprenne exactement ce que François Legault veut dire.

M. Larin (Vincent) : M. Nadeau-Dubois, vous avez dit que ça ne vous intéressait pas les chicanes de compétence. Vous ne pensez pas que le premier ministre du Québec se doit de défendre, avant que le Québec soit un pays, là, bien sûr, se doit de défendre le peu de compétences qu'on a, le peu, c'est relatif, mais les quelques compétences qu'on a?

M. Nadeau-Dubois : Oui, c'est très ironique qu'un premier ministre qui a abandonné le projet d'indépendance reproche à quelqu'un qui persiste dans ce projet-là de ne pas défendre le Québec. Moi, je veux toutes les compétences au Québec. Puis, oui, protéger celles qu'on a par le moment, c'est le début, mais ce n'est pas suffisant, il faut avoir plus d'ambition. Moi, je veux toutes les compétences au Québec.

M. Laforest (Alain) : Ce n'est pas ça que vous avez dit…

M. Nadeau-Dubois : Avant que le président m'interrompe et que je complète ma phrase, c'est précisément ce que j'ai dit.

M. Laforest (Alain) : Non, ce n'est pas ça que vous avez dit, vous avez dit : Ça ne m'intéresse pas, moi, de faire des chicanes de compétence.

M. Nadeau-Dubois : J'ai dit : Ça ne m'intéresse pas tant que ça, parce que je veux faire un pays. C'est ce que je vous dis ce matin. Moi, je veux toutes les compétences au Québec, ça commence par protéger celles qu'on a, bien sûr, pour moi, c'est une évidence, mais il faut plus que ça, il faut plus d'ambition que ça. Je veux tous les pouvoirs au Québec pour qu'on fasse, honnêtement, un des plus beaux pays au monde puis qu'on fasse la transition écologique.

M. Larin (Vincent) : ...élection de Québec solidaire, je pense que vous fonctionnez avec une constituante. Est-ce que vous craignez qu'il y ait peut-être quelques compétences qui échappent au Québec advenant la conclusion de la constituante?

M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas ce que je souhaite, ce n'est pas le programme de Québec solidaire, ce n'est pas mon plan. Moi, je veux toutes les compétences au Québec. Les petites chicanes avec Ottawa pour aller négocier chaque cent, ça, c'est le projet de François Legault. Moi, mon projet, ce n'est pas de négocier des petites affaires, c'est de réaliser des grandes choses, puis ça, ça passe par l'indépendance du Québec.

M. Laforest (Alain) : ...un référendum dans un premier mandat. Parce que, si vous n'avez pas de référendum dans un premier mandat, les fédéraux vont venir dans les champs de compétence des provinces.

M. Nadeau-Dubois : C'est le programme de Québec solidaire depuis trois ans maintenant.

Des voix : ...

M. Nadeau-Dubois : C'est le programme de Québec solidaire depuis trois ans maintenant. J'invite tout le monde, à commencer par le premier ministre, à le lire attentivement.

M. Lacroix (Louis) : Hier, le premier ministre a fait un pont d'or pour les infirmières. Il propose de mettre des incitatifs comme des primes pour les infirmières qui reviennent dans le réseau. Il propose aux infirmières retraitées de continuer à percevoir leur pension de retraite et en plus d'être payées, ce qu'on appelle du «double-dipping». Il propose de prendre les infirmières dans les agences privées, de les ramener dans le système public avec les conditions qu'elles ont dans le privé et en plus de prendre les conditions dans le privé puis les donner à l'ensemble des infirmières pour éviter de créer deux classes d'infirmières. Est-ce que le Québec a les moyens de faire ça?

M. Nadeau-Dubois : Le Québec n'a pas les moyens de voir son système de santé s'écrouler en pleine pandémie. Puis, oui, ça va coûter de l'argent de redresser la situation, mais ce n'est pas juste une question d'argent. Il faut décréter des conditions de travail uniformes et améliorées pour l'ensemble des infirmières et il faut que ces conditions-là soient les mêmes, qu'on travaille dans une agence privée ou qu'on travaille au public.

Mme Prince (Véronique) : Mais ça ne sera jamais les mêmes conditions si le temps supplémentaire demeure obligatoire dans le public.

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est ce que je veux dire quand je dis qu'il faut décréter des conditions de travail uniformes. À défaut, là, de pouvoir demain matin se passer des agences privées... Parce que nous, on a proposé un plan sur trois ans pour s'en débarrasser, parce qu'on est très conscients que, demain matin, si on sort les agences, on empire la pénurie de main-d'oeuvre. Donc, à défaut de faire ça, ce qu'il faut faire, c'est niveler vers le haut et décréter des conditions de travail uniformes pour l'ensemble du personnel qui travaille en agence ou qui travaille directement dans le public.

Et cette proposition-là, je vous rappelle que Québec solidaire l'a fait à son caucus présessionnel du mois de janvier dernier. Au mois de janvier, Québec solidaire proposait, vous étiez là, un décret pour uniformiser les conditions de travail, pour juguler l'hémorragie de personnel vers les agences privées. La situation ne serait pas la même aujourd'hui si, à ce moment-là, François Legault nous avait écoutés.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mais d'ici là, il y a au moins 20 000 travailleurs de la santé qui, en date du 15 octobre prochain, pourraient... seraient vraisemblablement exclus du réseau parce qu'ils ne seraient pas pleinement vaccinés. Est-ce que la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé, c'est encore une bonne idée?

M. Nadeau-Dubois : Il faut suivre la situation de près, et je pense que c'est la démonstration qu'on ne peut pas foncer tête baissée, les yeux fermés dans la vaccination obligatoire mur à mur en pleine pénurie de main-d'oeuvre dans les services publics. C'est la raison pour laquelle l'approche du Parti libéral du Québec est complètement irresponsable. Et là-dessus je suis d'accord avec François Legault. J'écoutais son échange avec Dominique Anglade. Là-dessus, on est d'accord, il faut procéder avec prudence, avec modération. Il faut suivre les recommandations de la Santé publique, parce que si on fonce dans le tas, et c'est ce que propose Dominique Anglade, hein, mur-à-mur, vaccination obligatoire demain matin... On peut-u prendre le temps de prendre des bonnes décisions pour éviter de créer plus de problèmes?

M. Carabin (François) : Rapidement, sur le profilage racial dans la police de Repentigny, est-ce que Repentigny et Montréal, si on veut, sont des exceptions à la règle ou est-ce que c'est un phénomène panquébécois?

M. Nadeau-Dubois : Le profilage racial, ça existe dans les corps de police au Québec, ça existe dans les corps de police partout au Canada, ça existe pas mal partout. Ce n'est pas un problème typiquement québécois, mais le Québec ne fait pas exception. Il faut voir la réalité en face, réaliser que ça fait partie de nos défis, comme société, puis on a des solutions. Mon collègue Andrés Fontecilla travaille très fort sur le dossier et il va faire des propositions, dans la prochaine session parlementaire, pour régler enfin ce problème-là au Québec.

La Modératrice : En anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. Yesterday, that was your second question period as the parliamentary leader of Québec solidaire and you got this qualification of woke by Premier Legault. And you said right away : «Si le premier ministre veut faire descendre le niveau du débat dans les égouts, il peut le faire, je ne le suivrai pas.» You know that that was a pejorative qualification. So what it is for you to have received this qualification of being woke?

M. Nadeau-Dubois : Honestly, I don't really know what Mr. Legault means by that. I think his own team doesn't really know what it means. What I think is that it's revealing, it's revealing that Mr. Legault knows that his alliance with Erin O'Toole does not go well in the population of Québec. I think he's trying to divert the attention.

Mme Senay (Cathy) : Don't you think that now you're stuck with a label, you'll have to fight against a label, and that Mr. Legault will go further as we go along and we're getting closer to the election campaign?

M. Nadeau-Dubois : A label that no one knows what it means is not a very efficient label.

Mme Fletcher (Raquel) : On Mr. Roberge.

M. Nadeau-Dubois : Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : Why are you asking today for his resignation?

Mme Labrie : Because he failed all the way since the first day of his nomination as Minister of Education.

Mme Fletcher (Raquel) : ...why specifically today?

Mme Labrie : Today, I read an article about high schools here in Québec where there were students in class passing the class on their phone because there was nobody to teach them anything. It's unacceptable. We can't tolerate this level of failure with our system of education.

Mme Senay (Cathy) : I would like to go back, Mr. Nadeau-Dubois, on Repentigny. What we have as information is that a study on police checks in Repentigny concludes that police stops are three times more frequent for black drivers there, three times more frequent. How is this possible that those police checks are higher? And that was the same case for Montréal. There is a trend there that we can see?

M. Nadeau-Dubois : Racial profiling is an issue in Québec just like it's an issue honestly in police organizations pretty much around the world. Québec is no exception. Montréal and Repentigny are no exception. We need to face that issue. My colleague Andrés Fontecilla will put forward solutions in the next weeks on that. We need to be able to name those things if we want to solve them. There is a problem of racial profiling. It has too long been ignored. We need to face this.

Mme Senay (Cathy) : ...the broadcast group yesterday, even though Mr. O'Toole  and Mr. Trudeau asked for an apology from the broadcast group with the English debate and the question of Mrs. Kurl, they said no. The exchange that you had with Mr. Legault was about Bill 21. You know that Bill 21, for you, is discriminatory. But how do you react that the English debate and the broadcast group, the consortium is not giving an apology? It won't do it.

M. Nadeau-Dubois : Yes. You know, you don't need to be in favor of Bill 21 to find that question problematic and deeply problematic for Québec as a nation. Québec is able to have its own debates. We don't need the patronizing lessons of English-Canadian columnists to have our debate of society. There are people in Québec that are in favor of Bill 21. There are people in Québec who are against. All those people are Quebeckers. We will have that debate here, in Québec, and we're able to do this without the insults of columnists from English Canada that have always looked Québec in a bad way.

Mme Senay (Cathy) : As opposed to what Mr. Legault says, are you fighting for the competencies of Québec against Ottawa?

M. Nadeau-Dubois : It's pretty ironic that a Premier that has abandoned the project of independence criticizes someone who hasn't abandoned not to defend Québec. I am fighting for a Québec with all its powers, and of course that includes and that starts by defending what we have now. But it's not enough for me. I want all powers in Québec in order to do the independence we need. And we need that independence to do, partly, the ecological transition.

(Fin de la séance à 8 h 22)

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