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Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Le lundi 30 août 2021, 10 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures quarante minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Ce matin, M. Joël Arseneau, notre porte-parole en matière de santé. Il sera suivi du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon. La parole est à vous.

M. Arseneau : Alors, bonjour, tout le monde. Bien heureux d'être ici avec vous aujourd'hui. C'est une grosse semaine. Comme vous le savez, dans deux jours sera implanté un passeport vaccinal. En même temps, viendra s'implanter une mesure qu'a adoptée le gouvernement pour imposer la vaccination obligatoire aux travailleurs de la santé.

Alors, aujourd'hui, on veut faire le point en rappelant que le Parti québécois, depuis le début de la crise, a toujours réclamé de la part du gouvernement la plus grande transparence. On a toujours voulu un débat démocratique sain et éclairé. On a toujours réclamé des avis de la Santé publique qui permettaient au gouvernement de prendre des décisions par décret. On a toujours voulu aussi une approche qui était basée sur l'épidémiologie… et sur une approche également régionalisée, là, dans certains cas.

Alors, pour ce qui est du passeport vaccinal, vous savez, le gouvernement, malgré nos demandes, n'a pas accepté de tenir des consultations appropriées pour l'implantation d'une mesure comme celle-là, qui est lourde de conséquences, qui va créer deux catégories de citoyens au Québec, les vaccinés et les non-vaccinés. Et on se retrouve avec des failles importantes et également plusieurs questions qui demeurent sans réponse à 72 heures de l'implantation de la mesure, comme par exemple la durée de l'imposition du passeport vaccinal. Nous n'avons pas le texte qui nous permettra de comprendre exactement la portée de cette mesure.

Pour ce qui est de l'obligation vaccinale, nous avons obtenu des consultations qui se sont tenues la semaine dernière, et je tiens à préciser que ces consultations-là étaient totalement atypiques dans la mesure où, là encore, aucune documentation officielle n'a été déposée ni par le gouvernement ni par les autorités de la Santé publique. Il a fallu discuter essentiellement d'une notion un peu dans le flou et dans l'abstrait, sans avoir une connaissance précise de ce que voulait implanter le gouvernement et comment il allait le faire.

Un avis de la Santé publique existe, et, parce que l'avis est préliminaire, on a été privés d'en voir la copie. Mais, pourtant, sur la base de ce même avis préliminaire, une décision a été prise par le gouvernement avant même la tenue des audiences publiques. Donc, les jeux étaient faits. Mais, au-delà de ça, le gouvernement a changé les règles du jeu des commissions parlementaires et n'a pas permis aux parlementaires d'émettre leurs observations, encore moins des recommandations, à la suite de ces consultations.

C'est la raison pour laquelle, au Parti québécois, on a choisi d'attendre la tenue des consultations avant de nous prononcer sur cet enjeu si important. À la base, il ne devait y avoir qu'une seule journée. Finalement, on en a obtenu deux, avec beaucoup plus de groupes que ce que le gouvernement voulait nous permettre d'entendre au départ. On a doublé, en fait, le nombre de groupes entendus.

Et, si, aujourd'hui, on est ici, c'est pour faire part au public de nos observations et de nos recommandations suite à ce qu'on a entendu lors de la tenue de ces consultations. Et ce que je voudrais réaffirmer de façon très claire et sans aucune ambiguïté, c'est qu'au Parti québécois on réaffirme aujourd'hui notre volonté de mettre en place les moyens les plus efficaces pour que le Québec atteigne les taux de vaccination les plus élevés possible, particulièrement dans le secteur de la santé.

Sur ce, je vais laisser mon chef expliquer de façon plus précise encore le positionnement du Parti québécois et nos observations.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci beaucoup, Joël. Bonjour, tout le monde. Bonne rentrée. Content de vous retrouver ce matin sur un sujet qui est quand même très sérieux, la vaccination obligatoire.

Dans un premier temps, je réitère moi-même, comme chef du Parti québécois, que l'objectif, c'est d'être au plus grand et au plus haut taux de vaccination possible. C'est un objectif qui est partagé par tous les intervenants lors de la commission.

Une autre remarque préliminaire, c'est que, vraisemblablement, il va falloir apprendre à vivre avec la pandémie. Vous vous souvenez du défi 28 jours. Vous vous souvenez de toutes les fois où on a senti que la pandémie, c'était chose réglée. Je pense qu'on est en train de prendre conscience, comme société, que le virus, il n'est pas près d'être éradiqué. Il va donc falloir se poser des questions sur le climat social, sur le vivre-ensemble, sur les valeurs qui vont guider notre vivre-ensemble au cours des prochaines années, parce qu'il est peut-être question d'années.

Et les valeurs démocratiques du Parti québécois, comme le disait Joël, nous amènent à vouloir entendre tout le monde avant de prendre position. Nous sommes le seul parti à avoir fait ça, écouter avant de prendre position, mais également à s'inquiéter du complotisme, s'inquiéter de la radicalisation et de la perte de confiance envers nos institutions, qui sont, à notre avis, exacerbées par le manque de transparence, le manque d'information, le manque de consultation et peut-être éventuellement par la coercition.

Que retenir des deux jours de consultation en commission? Le témoignage le plus frappant pour nous, c'est celui de l'INSPQ. L'Institut national de santé publique est venu nous dire qu'il n'y a pas de relation directe et linéaire entre la vaccination obligatoire, d'une part, et le taux de vaccination. Non seulement ça, mais, historiquement, jamais le Québec n'a fait appel à la vaccination obligatoire. Qui plus est, l'une des expertes de l'INSPQ est venue dire, et c'est important, que la vaccination obligatoire, le fait de forcer la vaccination, pourrait, au sein des groupes réticents à se faire vacciner, créer l'effet opposé, à savoir braquer davantage les groupes réticents, parce que la coercition fait encore plus peur ou crée encore davantage de problèmes de confiance.

Ce témoignage-là, il est important, parce que la quasi-totalité des syndicats sont venus nous dire les mêmes choses. Il y a un risque réel de bris de service si on emploie la coercition comme le suggère la CAQ. Pourquoi? Parce que plusieurs employés vont être expédiés en congé sans solde, et, dans le contexte d'un réseau de santé fragile, ça aurait un effet important, voire catastrophique sur le réseau. Et j'insiste sur le point suivant, même Christian Dubé a lui-même admis que la politique de vaccination obligatoire telle que proposée par la CAQ pouvait entraîner un bris de service. Donc, ce n'est pas que les syndicats, c'est le gouvernement lui-même…

Deuxième élément qui est ressorti de manière très, très claire durant la consultation, les syndicats nous parlent tous de contestations judiciaires et de griefs en grand nombre. Ils nous ont rappelé qu'ils ont l'obligation de veiller aux droits de leurs membres. Mais le point le plus important qu'ils nous ont tous dit, les syndicats, et je ne les nommerai pas tous, là, mais chacun d'entre eux nous ont dit : Le taux de vaccination est toujours en progression. Nous croyons à l'éducation, la sensibilisation et la coopération pour continuer cette progression-là. Et ça, cette position des syndicats, c'est exactement l'avis du comité éthique de l'INSPQ. En janvier dernier, dans son avis écrit, ce qui était écrit, c'est que c'était… on obtiendrait de bien meilleurs résultats en utilisant la solidarité et l'éducation qu'en utilisant la peur.

Dans ce contexte-là, il faut rappeler également que la Commission des droits de la personne et des intervenants juridiques ont soulevé un doute quant à la robustesse de ce qui était proposé devant les tribunaux. Pourquoi? Parce que le gouvernement ne s'est pas acquitté de son fardeau de preuve, n'a pas donné d'information quant à la durée, les groupes ciblés, le taux de vaccination dans chaque corps de métier. Donc, il y a également de véritables questions juridiques qui se posent en l'espèce.

Donc, à la lumière des témoignages durant ces deux jours, le Parti québécois prend la position suivante. Nous sommes pour la vaccination du plus grand nombre. Mais notre constat, c'est que la vaccination obligatoire, telle qu'elle a été présentée par le gouvernement de la CAQ, risque d'être contre-productive et d'amener plus de problèmes, plus de bris de service, plus de contestation, et peut-être même un taux de vaccination moins élevé, que si on continue dans l'approche actuelle.

Dans la mesure où est-ce que les taux de vaccination sont toujours en augmentation constante, le Parti québécois veut qu'on s'éloigne d'une approche qui mise sur la peur et la coercition. Et, en ce sens, nous nous opposons à tout congédiement, congé sans solde ou congédiement déguisé, dans le milieu de la santé et on dénonce fortement les propos du premier ministre à ce sujet. La solution proposée par la CAQ, celle de congédier ni plus ni moins les travailleurs ou, tu sais, de les placer en congé sans solde pour une période indéterminée, c'est vraiment s'exposer à des conséquences graves comme davantage de délestage, réduire les soins aux patients, augmenter les ratios, augmenter le nombre d'infirmières et de travailleurs qui quittent le réseau de santé soit en désaccord avec le gouvernement ou soit pour des raisons de burn-out. Il manque déjà des milliers de travailleurs. Est-ce qu'on a vraiment les moyens d'en perdre d'autres?

Donc, en général, le Parti québécois s'oppose à la vaccination obligatoire, à l'exception des travailleurs de la santé qui sont, 15 minutes et plus, exposés à des patients qui sont vulnérables, dans quel cas notre proposition, c'est que cette vaccination obligatoire là des travailleurs de la santé ne soit pas liée à une possibilité de congé sans solde ou de congédiement. Comme le disait la FIQ, l'INSPQ, la CSQ, la CSN, l'éducation et la coopération donneront de bien meilleurs résultats.

Et, comme on le voit dans certaines autres juridictions comme la Nouvelle-Écosse, l'Ontario et le Manitoba, bien, il y a d'autres solutions pour augmenter les ratios de personnes… les proportions de personnes vaccinées, notamment en augmentant le nombre de tests auprès des gens qui ne sont pas vaccinés, en évaluant les possibilités de télétravail, mais surtout en continuant la sensibilisation et l'éducation. Nous proposons également que cette approche-là soit élargie à un plus grand nombre de personnel de la santé, dont, par exemple, les CHSLD privés, les RPA, qui, à date, ne sont pas touchés, là, par le décret d'avril dernier.

Alors, sur ce, je vais prendre vos…

La Modératrice : Une question, une sous-question.

Journaliste : …parce que j'avais l'impression que c'était déjà ce que le gouvernement disait, que c'étaient des employés qui étaient en contact 15 minutes et plus, sinon il avait même ouvert la porte à ce que les gens soient réaffectés à des tâches administratives avant d'en arriver…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : À la différence que le gouvernement est prêt à aller jusqu'à la suspension sans solde, au congédiement déguisé. Il est là le problème. En général, tous les intervenants en commission sont venus nous dire que ce serait contre-productif d'appliquer une coercition. On aura de moins bons résultats. Mais, dans le cas spécifique des travailleurs de la santé, tout indique que, si on envoie en congé sans solde nos travailleurs qui sont en nombre limité, on va avoir un bris de service, de l'aveu même du ministre. Et tous les témoignages des groupes de travailleurs viennent nous dire ça. Donc, pourquoi ne pas continuer dans la coopération, l'éducation pour arriver à un taux de vaccination le plus élevé possible?

Journaliste : L'INSPQ a aussi dit que la vaccination, obligatoire ou non, était beaucoup plus efficace que le fait de tester trois fois par semaine, parce que le travailleur de la santé qui teste trois fois par semaine, il est déjà infecté, il a probablement déjà infecté des gens lorsqu'il est testé positif. Alors, la question, c'est : On fait quoi avec les personnes qui ne veulent pas se faire vacciner?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Donc, c'est un peu l'approche des médecins. Les médecins sont venus dire : Le plus grand nombre de personnes vaccinées, le mieux, mais, si une approche coercitive entraîne le retrait, dans les milieux de travail, de plein de travailleurs, on a des bris de service devant nous. On ne peut pas s'aveugler devant cette réalité-là. Et ce que les groupes de travailleurs nous disent, c'est que les taux de vaccination sont en augmentation, et ils continuent à travailler avec l'éducation et la sensibilisation, puis on a des résultats extraordinaires au Québec.

Mme Prince (Véronique) : …avec les travailleurs qui ne sont pas vaccinés et qui peuvent être contaminés?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Donc, on leur offre des options. Donc, dans le domaine de la santé, on impose une forme de vaccination obligatoire, mais où est-ce que les alternatives sont l'intensification des tests. Puis là, avec la Santé publique, on pourrait passer de trois tests à un test par jour, c'est-à-dire cinq fois semaine. On pourrait mettre d'autres mesures de prévention. Et ce qui est ressorti aussi clairement des consultations, c'est que le gouvernement, en même temps qu'il parle de vaccination obligatoire, retire, dans le milieu de la santé, certaines des mesures préventives pour empêcher la transmission.

Donc, il faut entendre tous ces groupes-là qui nous disent : Augmentons toutes les mesures, pas que la vaccination, pour limiter les éclosions. Et, pour ce qui est des travailleurs qui ont encore des réticences, premièrement, ils ne sont pas nombreux, deuxièmement, les taux augmentent, puis, troisièmement, laissez-nous continuer notre travail d'éducation, de sensibilisation et de coopération. On s'en va dans la bonne direction. Donc, congédier des gens...

Journaliste : ...M. Dubé parlait de 30 000 à 50 000 personnes, des gens qui sont en contact avec les malades.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : En proportion...

Journaliste : Et comment on peut nous dire que la sensibilisation fonctionne, alors que le gouvernement a dépensé des millions et des millions en publicité de toutes sortes pour sensibiliser les gens à... et ça ne fonctionne pas auprès d'une certaine... Et là vous, vous dites : C'est obligatoire, mais en même temps il n'y a pas de sanction, il n'y a pas de punition. C'est quoi, la cohérence…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : L'approche actuelle fonctionne. Et, en ce moment, les taux de vaccination, première dose comme deuxième dose, sont en augmentation substantielle à tous les jours. On n'a pas plafonné, au Québec, en ce moment, dans le groupe de 12 ans et plus.

Deuxièmement, les groupes de travailleurs qu'on a entendus nous affirment que la proportion est toujours en augmentation et que leur approche de dialogue et de coopération a des résultats, nous mettent en garde que, si on prend une approche coercitive de congédiement ou de congé sans solde, on va perdre un nombre trop grand de travailleurs et on va accentuer les tendances vers les théories complotistes, parce qu'il y a à la fois un manque de transparence du gouvernement, mais également, désormais, une approche de coercition, ce qui peut conforter, braquer un certain nombre de personnes contre le vaccin. Donc, il y a une raison, dans l'histoire du Québec, pour laquelle on n'a jamais pris cette approche-là.

Journaliste : M. St-Pierre Plamondon, vous dites, en fait, que vous êtes d'accord avec la vaccination obligatoire pour les gens qui sont proches des malades, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Exact.

Journaliste : Mais en même temps vous dites qu'il n'y a pas de coercition. Alors, autrement dit, vous n'êtes pas pour, vous êtes contre.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, en fait, c'est exactement ce que fait le Manitoba, l'Ontario, puis la Nouvelle-Écosse présentement.

Journaliste : ...vous dites que vous êtes pour, mais, dans le fond, vous êtes contre.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non. Je suis pour la vaccination obligatoire dans le milieu de la santé parce qu'il y a des risques réels, là, pour les patients. Maintenant, dans l'arsenal des mesures, un test par jour, là, je... Vous en avez fait un, un test, là, un test par jour, c'est quand même un contexte de travail particulier. S'il y a des gens qui veulent cette option-là, il faut la considérer. Donc, ce n'est pas... C'est bel et bien une vaccination obligatoire, mais il ne faut pas se rendre dans la gradation de ce qu'on peut mettre en place comme mesures pour ceux qui ne sont pas vaccinés. Il ne faut pas se rendre au congédiement, parce que, si on se rend au congédiement, on perd des gens et on se dirige, de l'aveu même du ministre, à un bris de service.

Journaliste : ...limite de vitesse sur l'autoroute 20, moi, là, je suis pour descendre la limite de vitesse, mettons, à 90 kilomètres à l'heure, mais il n'y a pas de police, puis il n'y aura pas de contravention, puis il n'y aura rien. C'est ça que vous dites, dans le fond. Ça fait que dans... dire : Je suis pour, mais en même temps je suis contre, ou je suis contre, mais en même temps je suis pour.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je réitère ma position. La vaccination obligatoire dans le milieu de la santé est justifiée pour la protection des patients. Maintenant, dans les mesures qui peuvent servir...

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : J'aimerais juste terminer ma réponse, s'il vous plaît. Mais, dans la mesure où certains employés ne sont toujours pas vaccinés, dans les mesures qu'on peut prendre, le congédiement et la suspension sans solde ne sont pas une bonne idée. Et on peut accentuer les tests, permettre le télétravail, prendre des mesures pour les faire travailler autrement ou ailleurs sans pour autant se priver des bras dont on a besoin pour se sortir de cette crise-là. Et il est là, le danger qui est complètement occulté par le gouvernement, alors que tous les groupes ont parlé de ça, bris de service, multiplication des recours judiciaires qui vont créer une forme de paralysie, et danger de braquage auprès des groupes qui sont toujours réticents à se faire vacciner, alors que l'éducation et la sensibilisation nous donneront de meilleurs résultats.

Journaliste : Si je comprends bien, là, une infirmière, par exemple, qui serait en contact avec les patients puis qui ne veut pas se faire vacciner, elle irait voir son chef de service puis elle dirait : Moi, je ne veux pas me faire vacciner, alors vous allez m'enlever d'auprès des patients pour faire des tâches administratives. Il va y en avoir, du monde qui va faire des tâches administratives, parce que… puis les bras… le besoin en termes de bras, c'est auprès des patients.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, ou on peut augmenter également le nombre de tests et arriver à un test par jour pour réduire le risque au maximum, une approche qui a toujours été utilisée depuis le début de la crise. Et, comme le mentionnaient certains groupes, le gouvernement, non plus, n'a pas fait de preuve que l'approche de tests rapides… Souvenez-vous qu'on a toujours des millions de tests rapides qui dorment en ce moment, là… n'a pas démontré de preuve non plus que les tests rapides ne fonctionnent pas et ne sont pas une mesure efficace de prévention d'éclosion dans le milieu de la santé.

Donc, il y a plusieurs options, mais l'option qui a été mise de l'avant par le premier ministre, à savoir qu'on est prêts à congédier des gens parce qu'ils refusent de se faire vacciner, alors que, de l'avis de la Commission des droits de la personne et du Pr Lampron, ce sont des droits fondamentaux et une atteinte grave… L'approche de congédiement est contre-productive et le gouvernement doit reculer là-dessus. Oui pour une vaccination obligatoire dans le milieu de la santé, mais pas quitte à se rendre à un congédiement. Et je vous rappelle que c'est l'approche en Ontario, en Nouvelle-Écosse et au Manitoba.

Journaliste : Vous ne trouvez pas que c'est cher payé, tu sais, je veux dire, comme accommodement raisonnable, de les tester à tous les jours, alors que pourtant la vaccination, ça fonctionne, là. Il n'y a toujours aucune raison valable de ne pas se faire vacciner, outre que pour des raisons de santé. Ce n'est pas cher payé de les accommoder, de tester ces gens-là à tous les jours?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, ce qui est cher payé, c'est de perdre des employés qui quittent le réseau, puis c'est les témoignages constants qu'on a eus pendant deux jours, d'employés qui décident de faire autre chose, de tout simplement quitter leurs tâches. Donc, si les infirmières nous disent ça, si le personnel soignant puis d'autres domaines, comme dans le milieu de l'éducation, nous disent : Faites attention, parce que le nombre de retraits, le nombre de travailleurs qui vont se retirer va être important et ça va occasionner des bris de service, bien, un test par jour, ce n'est pas cher payé pour s'assurer que notre système continue à fonctionner.

Journaliste : …ces gens-là qui refusent d'être vaccinés? C'est justifié qu'ils refusent d'être vaccinés?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est ça, c'est que moi, je n'ai pas à me prononcer sur les raisons de chacun. La CSN, par exemple, faisait état de l'exemple d'une mère de famille qui ne veut pas se faire... une femme enceinte qui ne veut pas se faire vacciner, puis là posait la question en commission : Qu'allons-nous faire de ce cas-là d'une personne qui va se retrouver sans revenu alors qu'elle est enceinte?

Moi, je ne suis pas là pour me substituer au jugement des gens. Je sais qu'il y a un droit dans le Code civil, qui s'appelle le droit à l'intégrité corporelle et le consentement aux soins. Il y a des experts qui sont venus nous dire que ce sont des droits importants et qu'il y aurait un certain nombre de griefs et de poursuites découlant d'une mesure coercitive. Et les syndicats sont venus nous dire qu'indépendamment de la discussion sur les droits fondamentaux, qui est un débat juridique, ce serait contre-productif en termes de taux de vaccination et en termes d'absentéisme au travail, et donc ça pourrait occasionner des bris de service. C'est quand même important.

Journaliste : …parce que vous avez dit quelque chose en début de présentation : Il va falloir apprendre à vivre avec la pandémie… Qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire quoi? De quelle façon on apprend à vivre ou on module notre mode de vie avec la pandémie? Est-ce que ça veut dire qu'on continue à porter le masque tout le temps ou si, à un moment donné, il va falloir dire : Bien là, la pandémie est là pour rester, et on ne portera pas un masque ad vitam aeternam, là, on va l'enlever éventuellement? Qu'est-ce que ça veut dire?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça veut dire qu'il va falloir continuer à vivre avec des mesures de protection. D'ailleurs, c'était ça, le cri du coeur de plusieurs associations, groupes de travailleurs : Enlevez-nous pas nos mesures de protection en milieu hospitalier en même temps que vous êtes en train de nous dire qu'on va forcer des gens à se faire vacciner, donnez-nous toutes les mesures. Il va falloir apprendre à vivre avec ça pour une certaine période de temps. C'est fini, l'époque où on se disait : C'est un défi 28 jours puis c'est fini, où on va vacciner de force tout le monde, puis, vous allez voir, il n'y aura plus de pandémie. La pandémie, elle est mondiale, puis, tant que le virus ne sera pas éradiqué, il y a des possibilités de variants.

Donc, il faut se trouver un vivre-ensemble qui est respectueux du fait qu'on est une société de droit, qu'il y a des divergences d'opinions. Puis nous, on s'inquiète d'une politisation d'enjeux sensibles comme ceux-là qui vont mener à de l'incompréhension, aucune coopération entre les gens. Depuis le début, on est tous ensemble dans cette pandémie-là, puis là il faudrait abandonner l'idée de travailler ensemble vers le plus haut, alors qu'on a d'excellents résultats à date. En Occident, on est un des meilleurs endroits en termes de taux de vaccination, et ça continue. Donc, il faut se faire confiance.

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, nous, c'est très clair depuis le départ, hein? On ne participe pas à la campagne fédérale. On a nos propres positions, qui sont on ne peut plus limpides, sur le troisième lien. On pense que c'est un mauvais projet tant sur le plan environnemental que sur le plan coût-bénéfice. Mais on ne participera pas d'aucune manière à la campagne fédérale. On ne la commentera pas. Voilà.

Journaliste :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je pense que la campagne fédérale est une campagne complètement à part. Chacun des partis présente son point de vue sur chacun des enjeux. Mais nous, on ne s'immiscera pas dans la campagne fédérale.

Journaliste : Non, mais je comprends que vous ne voulez pas vous immiscer, mais en même temps les positions de M. Blanchet ressemblent beaucoup plus à celles de la CAQ qu'à celles du Parti québécois.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est ça, mais, moi, mon rôle, ce n'est pas dans le commentariat de la campagne fédérale. Mon rôle, c'est que les positions du Parti québécois sont très claires. Nous, on est un parti qui est vraiment à cheval sur le principe de la protection de l'environnement puis qui veut également que les deniers publics soient dépensés intelligemment. Ensuite, il y a des débats à l'échelle fédérale. Je ne commencerai pas, au jour le jour, à commenter les prises de position de chaque parti, là. Ce n'est vraiment pas mon rôle.

Journaliste : …peut défendre les intérêts des Québécois à la Chambre des communes? Est-ce que vous pensez que c'est le meilleur parti pour défendre les intérêts des Québécois à la Chambre des communes?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Comme je vous dis, je me refuse à jouer le rôle de commentateur de la campagne fédérale.

Journaliste : Indépendamment de la campagne, est-ce que le Bloc est encore celui qui peut représenter mieux les intérêts du Québec à la Chambre des communes?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : J'aurai toujours de la sympathie et de la solidarité envers les députés qui défendent l'indépendance du Québec, peu importe ils sont où, dans quel pallier de gouvernement au Québec.

Journaliste : …est-ce que vous trouvez qu'ils défendent l'indépendance?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ce n'est pas à moi de faire du commentariat sur la campagne électorale. Je n'en ferai pas. Je ne m'immiscerai pas dans la campagne électorale fédérale.

Journaliste : …la dernière fois?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, je n'ai pas la date, là, mais on a échangé à quelques reprises depuis que je suis chef, assez régulièrement, en fait, mais…

Journaliste : Depuis le début de la campagne, par exemple, lui avez-vous parlé?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : À nouveau, je ne m'immisce pas et je ne participe pas à cette campagne-là.

Journaliste : …parlé à M. Blanchet? C'est oui ou c'est non, là, puis c'est quand?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'ai pas mon agenda. Je n'ai pas de date avec moi, là, mais la question…

Journaliste : …la campagne, est-ce que vous lui avez parlé?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : La question, c'est que nous, on ne s'implique pas, on ne s'immisce pas dans la campagne. Et donc je ne ferai pas de…

Journaliste : M. Blanchet, lui avez-vous parlé depuis le début de la campagne?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je vais vérifier, là. On a eu quelques échanges. Oui, en fait, on a eu des échanges pas plus tard qu'il y a quelques jours, là. Donc, nos organisations se parlent, mais je me refuse à jouer un rôle continu dans une campagne qui n'est pas la nôtre. Nos positions sont claires, puis ensuite chaque parti prend des positions.

La Modératrice : Dernière en français, s'il vous plaît.

Journaliste :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je n'ai pas de commentaire à faire sur la campagne fédérale puis je vais m'en tenir à ça tout le long de la campagne.

Journaliste :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Pas à ma connaissance.

La Modératrice : On va passer en anglais, s'il vous plaît.

Journaliste : Are you for or against a mandatory vaccine…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Simply, in general, mandatory vaccination is counterproductive, based on the two days of studies we had, except for those who work in the health system, working with people who are vulnerable, in which case we think mandatory vaccination is OK, but it should not entail people getting fired. We cannot afford losing people within our health system. So there are other ways to deal with people who are still not willing to get vaccinated.

Journaliste :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : More constant testing, better measures of prevention in the workplace, «télétravail», so work from another workplace, and other measures that we can develop with the unions and the Public Health. But firing people based on a mandatory vaccination policy will be a great mistake because, based on what «ministre» Dubé says himself. And all the unions say the same thing. We are heading towards services that will be stopped because we will miss a certain amount… an important amount of workers if we go ahead with that approach.

Journaliste :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, we get the data first, because all groups said it's very special that the Government doesn't show the amount of workers per sector that actually go on sick leave. There was no data for the groups to evaluate… And, from a legal standpoint, it's also very problematic. Is the measure proportional? We cannot say because we don't have that data as to how many workers are actually on sick leave per environment. What we know is that the rates of vaccinations are going up, it's still going well, and that the groups, the unions are saying : Let us continue education and cooperation and we will get to even better results.

Mme Senay (Cathy) : I would like to hear… It's going to be on the vaccine passport. It's going to be in place in less than two days, September 1st, and you know that the application for Android is not there yet. What do you think about the fact that there are a lot of people using Android smartphones, and the application is not even available?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, when we say that we insist on having commissions and consultations before you go ahead with a project, that's a great example, because, if we would have had a commission, two, three days on the «passeport vaccinal», we would have raised the issue of technology and protection of private information, private data, and that was not done, and so we are dealing with failures that could have been avoided.

Mme Senay (Cathy) : But, for the public, the fact that they cannot use it… And I don't know if you saw that, in Côte-Saint-Luc, they are putting in place a service for seniors to have access to their QR codes. I mean does that creates lots of anxiety when people don't have the tools?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Of course, you're better off preparing every aspect of a project before you launch it than to launch it… And it's a very important aspect of our lives from now on and… having failures and uncertainties around that project. So that was said on so many occasions from the start of the pandemic.

Mme Senay (Cathy) : …now we are less than 48 hours… These services are not accessible as of now.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It's very problematic, but it's really connected to the fact that the Government does not consult. They do things… They're accustomed right now to governing by decree, and that has an impact on the level of preparation and on the level of thinking ahead problems that might occur.

Mme Senay (Cathy) : And my last question. What do you make of the fact that there is no federal vaccine passport, and we are in an election? So we cannot think about having a vaccine passport before the end of September, and this is probably, like, the sooner that we can get this. So what do you make of the fact that the federal Government, right now, for vaccinate passports, even though you have B.C., you have Manitoba, you have different provinces, Québec, that do have one, and then you have no signal from the…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I'm not a very big fan of the federal system. So they will deal with their own issues. We have issues already in Québec with a system that is not in place, and it's 48 hours ahead, and that's my focus right now.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 11 h 11)

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