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Point de presse de M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Le jeudi 26 août 2021, 9 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures deux minutes)

La Modératrice : Alors, bonjour. Bienvenue à ce point de presse du responsable de Québec solidaire en matière de santé, Vincent Marissal. On va commencer par une déclaration et ensuite on va prendre vos questions. M. Marissal, la parole est à vous.

M. Marissal : Merci, Sandrine. Alors, bonjour. Rebonjour, tout le monde. J'espère que vous avez eu un bel été, que vous êtes reposés parce que l'automne risque d'être assez chargé. En tout cas, nous, on recommence sur les chapeaux de roue, c'est sûr, avec cette commission parlementaire.

D'abord, dire que nous sommes heureux de pouvoir participer à cette commission parlementaire parce qu'on a beaucoup de questions puis on arrive ici avec un esprit constructif. C'est juste malheureux que le gouvernement ne nous ait pas fait la grâce d'avoir une commission parlementaire aussi sur le passeport vaccinal. Et là je fais un lien direct entre passeport vaccinal et vaccination obligatoire, la raison pour laquelle on veut une commission parlementaire ici.

Et moi, mon objectif, dans les deux prochains jours et les suivants, évidemment, ça sera de nous assurer que nous ne retombons pas dans le bal des contradictions du gouvernement. On l'a vu, là, depuis 72 heures, avec le passeport vaccinal, le ministre Dubé dit une chose, le premier ministre en dit une autre, les employeurs semblent avoir compris quelque chose, on leur dit que ce n'est peut-être pas ça, alors, encore une fois, on envoie des messages contradictoires. Et, quand on entre dans des zones juridiques, éthiques, politiques aussi inédites que celle d'une vaccination obligatoire ou d'un passeport vaccinal, on a un souci… un devoir de cohérence et on a un devoir aussi de donner à la population les informations les plus crédibles et cohérentes possible. Parce que le gouvernement demande l'adhésion de la population, demande la collaboration des partis de l'opposition, mais lui-même ne semble pas être capable d'accorder ses violons. Alors, les notes sont discordantes.

On va en profiter, au cours des deux prochains jours — c'est peu, deux jours, ça va être en accéléré — à poser des questions sur le passeport vaccinal, peut-être, si on nous laisse faire, mais surtout sur la vaccination obligatoire. Quels sont les cadres juridiques, par exemple? A-t-on d'autres visées, du côté du gouvernement, d'élargir? Si oui, comment on fait ça? Et surtout, puisqu'on vise surtout le domaine de la santé, il faudrait s'assurer que le remède ne soit pas pire que la maladie. Parce que, si d'aventure on ouvre les portes et que les gens non vaccinés quittent massivement le réseau de la santé, on ne sera certainement pas plus avancés. Et certains secteurs dans le domaine de la santé où le taux de non-vaccination conforme est quand même assez élevé, est-ce qu'on peut s'assurer que ces gens-là ne soient pas simplement renvoyés à la maison pas de salaire, avec le risque que ces gens-là ne reviennent pas au travail après?

Alors, on a besoin de toutes les spécifications possibles et on a surtout besoin de cohérence. Alors, c'est dans cet esprit-là que je suis ici, pour éviter, justement, la valse des contradictions, qui malheureusement teignent trop souvent les décisions du gouvernement. Merci.

La Modératrice : Merci. On va passer aux questions.

Mme Richer (Jocelyne) : Est-ce que c'est normal qu'il n'y ait pas de recommandation…

M. Marissal : Bien, j'espère que ça ne veut pas dire que le gouvernement a déjà complètement fait son lit là-dessus puis qu'il nous entend pour nous entendre, sachant, comme je l'ai dit, qu'ils ne nous ont pas accordé de commission sur le passeport vaccinal.

Et je reviens là-dessus parce que, vous savez, quand on retourne un peu dans le temps, la première fois que Christian Dubé, ministre de la Santé, a parlé d'un passeport vaccinal pour certaines activités, c'était le 26 février. Ça fait précisément six mois aujourd'hui. Alors, deux choses là-dessus. Comment ça se fait qu'après six mois il arrive avec une affaire aussi mal ficelée, qu'il y a autant de questions sur le passeport vaccinal? Et est-ce que, dans le fond, encore une fois, il va lancer un ballon — parce qu'il fonctionne beaucoup par ballons, le gouvernement, ballons d'essai — et que, là, il lance le prochain ballon de la vaccination obligatoire, et que, dans le fond, les décisions sont déjà prises, et qu'on s'en va nécessairement vers la vaccination obligatoire élargie?

Il y a toutes sortes de sujets qui circulent à ce sujet. J'espère, j'espère sincèrement qu'ils ne nous ont pas convoqués ici pour la galerie. En tout cas, moi, je ne suis pas ici pour la galerie. Et je vais poser toutes les questions possibles dans le très, très peu de temps qui m'est accordé dans une commission.

Mme Richer (Jocelyne) : ...

M. Marissal : Bien, la campagne fédérale est relativement jeune. Je présume qu'il y aurait eu d'autres plages horaires pour faire ça. Je ne crois pas au hasard dans ce genre de chose. Est-ce que c'est un manque de coordination entre les différents groupes du gouvernement? Ce serait assez douteux. Chose certaine, ça ne nous empêchera pas de faire notre travail. Puis le ministre, qui est le premier témoin, a quand même beaucoup de questions à répondre.

Après ça, moi, je n'avais pas l'agenda du gouvernement, mais c'est sûr que cette commission-là, elle est attendue. Il y a énormément de questions dans la population, énormément de questions chez les milliers, les dizaines de milliers de gens qui travaillent dans le réseau de la santé par rapport à la vaccination obligatoire. C'est un sujet hautement important.

Mme Lévesque (Fanny) : ...votre formation a dit que c'était, dans le contexte, justifié, là, la vaccination obligatoire pour les travailleurs de la santé. Vous avez parlé beaucoup de cette crainte-là, de, bon, quel sera le remède, là. À votre avis, ça devrait être quoi, la conséquence pour les gens qui ne seront pas vaccinés ou qui vont refuser d'être vaccinés dans le milieu de la santé?

M. Marissal : Oui. Là où il ne faut pas aller, c'est une espèce de chasse aux sorcières, là, pour essayer d'ostraciser ces gens-là. Dans la mesure du possible, c'est une demande des syndicats aussi, si on peut les reclasser ailleurs, parce qu'il manque de monde partout, de toute façon. Est-ce qu'on peut d'abord les reclasser ailleurs? Est-ce qu'on peut leur faire faire autre chose, que ces gens ne soient pas en contact direct avec les patients?

L'autre chose qui, moi, m'interpelle, puis là c'est peut-être le député de Rosemont qui parle, avec l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont dans ma circonscription, c'est d'accord, la vaccination obligatoire, si on le juge nécessaire, mais à quoi bon si on fait travailler les gens et qu'on envoie des patients dans des lieux totalement inadéquats, qui sont mal ventilés, où il y a de la contamination croisée, et pas simplement de COVID, mais d'autres types de maladies? Est-ce qu'on a étudié ça aussi? Parce qu'à la limite je veux bien, la vaccination obligatoire, mais, quand on envoie des patients dans des chambres à quatre où il fait 38 degrés puis qu'il n'y a pas de ventilation adéquate, vous pourrez être quadruplement vacciné, il va y avoir d'autres problèmes. Puis ça, on n'en a pas entendu parler pour le moment.

M. Carabin (François) : La question de la vaccination obligatoire des... réseau de la santé, évidemment,  va être abordée, mais avez-vous un avis sur d'autres secteurs de la société, que ce soit en éducation, que ce soit chez les employés de l'État, même dans le secteur du privé?

M. Marissal : Dans le secteur de?

M. Carabin (François) : Dans le secteur privé.

M. Marissal : C'est pour ça qu'on est ici. Très rapidement, on va déborder du réseau de la santé parce qu'on parle déjà du réseau de l'éducation. Est-ce que c'est nécessaire? Est-ce que c'est utile? Est-ce que c'est adéquat? Il y a plein d'autres questions avant. Et c'est pour ça qu'on veut entendre des groupes qui vont venir donner leur opinion là-dessus. Qu'est-ce qu'en pense, par exemple, Dr Arruda, de la Santé publique?

Puis, vous savez, ce matin, par exemple, on apprend qu'à Montréal seulement les 12-17 ans ont un taux de vaccination adéquat de 54 %. La rentrée, c'est là, là, c'est aujourd'hui, c'est demain, c'est lundi, c'est mardi prochain. Ça veut dire qu'il y a un ado sur quatre qui va rentrer… sur deux, pardon, un ado sur deux, qui va rentrer au secondaire qui n'est pas adéquatement vacciné. Est-ce que ce n'est pas ça, la priorité? Est-ce qu'on a raté notre cible? Quel est le plan pour accélérer la vaccination de ces jeunes-là, qui peuvent être des propagateurs aussi?

Alors, j'ai beaucoup, beaucoup de questions, mais j'arrive ici avec l'intention de poser des questions, d'avoir des réponses. Je ne suis pas l'expert des experts en santé publique, en vaccination. Ce que je sais, par exemple, dans la vaccination obligatoire, c'est qu'il y a à peine un mois le ministre Dubé n'était pas favorable. Qu'est-ce qui a changé? Qu'est-ce qui a fait changer son opinion? Est-ce que la Santé publique est d'accord avec ça? Est-ce qu'on va perdre plein de monde parce qu'on va forcer les gens à se faire vacciner?

J'ai malheureusement peu de temps pour toutes les questions que j'ai dans mon petit calepin.

Mme Gamache (Valérie) : Vous, où est-ce que vous vous logez sur toute cette question de vaccination obligatoire? J'ai de la misère à… On dirait que… Est-ce que vous avez une position? C'est-à-dire… il faut l'étendre. Québec solidaire se situe où à ce moment-ci?

M. Marissal : La vaccination obligatoire dans le domaine de la santé, nous sommes favorables et nous sommes favorables avec les nuances que je viens de vous expliquer, c'est-à-dire que, si on provoque un exode de personnel, on ne sera pas mieux servi. Mais je pense que, dans le domaine de la santé, généralement, on s'entend pour dire qu'on a un devoir moral et professionnel de protéger les gens qu'on soigne. C'est dans notre contrat moral et professionnel que de soigner les gens.

Est-ce que ça s'applique de la même façon dans le domaine de l'éducation? Moi, j'ai la grande modestie, aujourd'hui, de vous dire que ma tête n'est pas complètement faite là-dessus, puis c'est pour ça que je veux entendre les gens qu'on convoque en commission parlementaire. C'est malheureux qu'on fasse juste deux jours, là, on aurait pu faire plus, c'est quand même un sujet important. Mais, dans le domaine de la santé, donc, je résume, oui, mais pas n'importe quand puis pas n'importe comment. Et dans le réseau… ailleurs, je suis tout à fait ouvert au débat. Je veux entendre davantage d'explications.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Marissal, you basically… you're in favour for the vaccination mandatory for health care workers. So, basically, what is your objective in this two-day special consultations if you are behind what the Government is proposing?

M. Marissal : Well, to be behind a principle doesn't mean that I'm ready to sign a blank check to the Government. The idea, here, is to protect the people who doesn't want to be vaccinated. Are we going just to fire them? I don't think so, I don't think it's a good option. And you know that there is a lack of personnel, of staff in hospitals and in the health network, in general, in Québec. So, at the end of the day, we have to make sure that the remedy is not worst than the disease. So, we have to make sure that we don't end up with people leaving their jobs and not coming back. We have to make sure that maybe they can be replaced somewhere else and we have to make sure that it's done in a respectful way of these people as well.

Mme Senay (Cathy) : And the fact that you don't have a mandate of making recommendations, and then Premier Legault is having his 11 :00 a.m. press conference on his list of priorities to the federal political leaders and that, you know, will make it to the headlines of every media, how do you feel about this?

M. Marissal : Well, it's a matter of priority for Mr. Legault. Obviously, he made a decision to have this press conference today, which is a very important press conference, I agree with you. I hope that they haven't host today here just for the show, you know, just for the matter of keeping us satisfied, because I'm not satisfied with just an appearance here if it doesn't have any real impact on the decision of the Government. So, it's a matter of choice, but I think that the choice of Mr. Legault says a lot about what he thinks about this commission.

Mme Senay (Cathy) : Thank you.

Mme Fletcher (Raquel) : Can I hear you again on… your main goal… What does that mean for you…

M. Marissal : Yes. The Government is asking the population to follow the rules, to comply with the rules, and now he is coming up with some sanctions. But, at the end of the day, what is the main goal here? It's to make sure that people are safe, that people in the health network keep the patients safe. So, at the end of the day, it's not a question of sanctioning or punishing the people, it's just to make sure that everybody in the health network is vaccinated as much as possible, including the agencies of nursing and all the people in the so-called private sector of the health sector in Québec. So, it's a matter of harmonizing the message, I would say.

Mme Fletcher (Raquel) : So, are you against the sanctions?

M. Marissal : I think we have to look at some other options before going there.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 9 h 16)

 

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