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Point de presse de Mme Claire Samson, députée d’Iberville

Version finale

Le jeudi 12 août 2021, 14 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Quatorze heures une minute)

Mme Samson : Bonjour, tout le monde. Merci d'être là. Alors, on est venus, M. Duhaime et moi, aujourd'hui, à Québec…

M. Duhaime (Éric) : Enlève ton masque.

Mme Samson : Ah! enlève ton masque. Excusez. Tellement habituée. Alors, premièrement, pour vous dire que nous avons avec nous une pétition signée par 13 000…

M. Duhaime (Éric) : 133 000.

Mme Samson : ...pardon, 133 000 quelques centaines citoyens québécois, qui ont signé cette pétition contre le passeport. On a pris connaissance de la pétition, elle n'était pas conforme aux critères de l'Assemblée nationale. Nous avons donc revu le libellé parce qu'il ne fallait pas mentionner «gouvernement Legault» ni «Christian Dubé». Alors, on a refait ça. Et elle devrait être en ligne sur le site de l'Assemblée nationale aujourd'hui, alors, pour plusieurs semaines.

Alors, on va demander à ces centaines de milliers de personnes là de resigner leur pétition, sur le site de l'Assemblée nationale, et on va inviter les Québécois qui ne sont pas d'accord avec le passeport pour les vaccins de se manifester également. Il est faux de prétendre qu'il y a consensus au Québec sur la mise sur pied d'un tel passeport. Alors, c'est ça. Je vais laisser M. Duhaime vous dire aussi quelques mots. Merci.

M. Duhaime (Éric) : Merci beaucoup, Claire. Effectivement, au cours des dernières semaines, le Parti conservateur du Québec et moi-même, on a ramassé plusieurs milliers… dizaines de milliers de signatures contre le passeport vaccinal obligatoire. Vous en avez 133 000 signataires ici devant vous. Et grâce à Claire, maintenant, avec son privilège de parlementaire, on peut amener cette pétition-là sur le site de l'Assemblée nationale, ce qui est fait aujourd'hui. Donc, les Québécois, à partir de maintenant, peuvent signifier leur opposition au passeport vaccinal à l'Assemblée nationale directement.

C'est important que ces gens-là soient entendus, d'autant plus qu'hier vous avez entendu le premier ministre, ce qu'il avait à dire par rapport aux gens qui s'opposent à son passeport vaccinal. Je vais le reciter, parce que ces mots-là ne s'inventent pas, il a dit : «Il ne faut pas faire exprès pour donner à des opposants des tribunes qui pourraient influencer la population en utilisant des arguments non fondés.» Donc, on s'apprête à adopter la mesure possiblement la plus liberticide de notre vivant, depuis les mesures de guerre, et ça va se faire sans débat, sans vote, sans échange, sans dialogue entre Québécois, sans modification, sans amendement. C'est quand même assez particulier

 Et M. Legault prétend que, donc, ceux qui s'opposent à ses idées seraient des gens qui ont des arguments non fondés. Mais, si M. Legault a des arguments fondés, on aimerait ça les entendre, on aimerait ça les voir. Moi, j'aimerais ça que le premier ministre, par exemple, nous dépose les études qui démontrent qu'un passeport vaccinal va avoir une incidence sur la diminution des cas de la COVID-19. Sur quelles études scientifiques... Je ne demande pas des arguments non fondés à M. Legault, ni politiques. Je lui demande quelles sont les études scientifiques qui démontrent, noir sur blanc, que le passeport vaccinal va avoir un impact positif contre la COVID. Parce qu'on va être les premiers au Canada, on va être les deuxièmes en Amérique du Nord, sur 60 États et provinces, donc le Québec est très... est à l'extrême, là. J'utilise le mot à bon escient.

Hier, comme argument, M. Legault nous a servi que la population appuie son passeport vaccinal. Il a donné comme exemple le fait que 84 % des gens s'étaient fait vacciner. C'est un argument qui est faux, parce que ce n'est pas parce qu'on est vacciné qu'automatiquement il y a un lien avec le rapport vaccinal. On peut, comme moi et Claire, parfaitement être doublement vaccinés et s'opposer à cette mesure liberticide. C'est un amalgame, là. On ne peut pas dire qu'automatiquement quelqu'un qui est contre le passeport vaccinal... pour le passeport vaccinal parce qu'il est vacciné.

Ensuite de ça, hier, M. Legault a aussi dit qu'il y avait unanimité à l'Assemblée nationale, hein? Vous l'avez entendu dire que tous les partis étaient d'accord. Évidemment, j'imagine qu'il avait oublié la dernière semaine, la fin des travaux parlementaires, lorsque la députée d'Iberville s'est jointe à nous au Parti conservateur. On a été... moi, j'ai été une des voix les plus opposées à cette idée depuis le début. Je pense qu'on est de plus en plus nombreux. Et on veut avoir un débat. Puis ce n'est pas juste des conservateurs, en passant, qui s'opposent à cette mesure-là. Vous avez vu la ligue des droits, il y a un paquet de gens qui commencent à se soucier de l'impact que ça va avoir.

Ils utilisent souvent aussi, évidemment, l'exemple français. Je veux vous rappeler qu'en France il y a 40 % de la population qui est opposée au passeport vaccinal. Puis je veux vous rappeler que presque à tous les jours ou, à tout le moins, à toutes les semaines, il y a des manifestations monstres, partout en France depuis le début de cette annonce. C'est loin de faire l'unanimité. Mais la France a le mérite que le Québec n'a pas. En France, il y a eu des débats. En France, les parlementaires ont discuté. En France, la population a pu se faire une idée. Au Québec, le premier ministre voudrait qu'on soit empêchés de débattre de cet enjeu-là, puis c'est quelque chose qui, pour moi... Je ne pensais jamais vivre ça, là.

On n'est même pas ici pour débattre, aujourd'hui, pour savoir si on est pour ou contre le passeport vaccinal. On est ici pour demander un débat. On est ici pour demander un échange d'idées. On est ici pour entendre des experts. On est ici pour voir s'il y a des études scientifiques fondées, s'il y a une raison, là, pourquoi la Santé publique, dans d'autres provinces et d'autres États sur notre continent, arrivent à des conclusions inverses. Ils ne sont pas moins scientifiques. Ce n'est pas des gens qui ont des arguments non fondés puis ce n'est pas des gens qui pensent que le vaccin, c'est une puce de 5G qu'on est en train de se faire injecter dans le corps.

Donc, c'est important, pour nous, que la démocratie retrouve ses droits. Ça fait 18 mois que notre premier ministre a mis la démocratie sur pause au Québec. Et il promet, contrairement à ce qu'il nous avait dit, de continuer encore pendant longtemps. Puis il y a beaucoup de gens, aussi, qui se posent la question : Si M. Legault veut faire un passeport vaccinal — il y a des multiples questions qui se posent, présentement — combien de temps va-t-il laisser le passeport là? Ça va être quoi, les critères objectifs, les chiffres qui vont faire qu'un jour il va lever ce passeport-là?

Puis là vous allez me dire qu'on est sceptiques, puis il faut faire confiance au premier ministre. Mais c'est parce que, depuis un an et demi, on lui a fait beaucoup confiance. Ça a commencé il y a un an, le 18 juillet, l'année passée. Il nous a dit que le masque, c'est la liberté, qu'on retrouverait notre normalité puis la liberté si on se mettait un masque dans le visage. On n'a jamais passé une année aussi peu libre et avec aussi peu de liberté et aussi peu de normalité que depuis le 18 juillet de l'année dernière.

Ensuite de ça, il est arrivé au mois de septembre avec son idée de défi 28 jours, en disant que nous confiner 28 jours... après 28 jours, on serait libérés puis on retournerait à la normalité. Ça a duré 200 quelques jours, peut-être même plus dans certaines communautés, et on n'a toujours pas ni la liberté ni la normalité.

Est arrivé Noël, où il nous a dit que, là, on pourrait célébrer avec nos familles. On sait qu'est-ce que ça a donné : quatre jours, deux jours, puis ça a fini avec un gros zéro.

Est arrivé le couvre-feu, et là il nous a dit : Deux semaines de couvre-feu, et là on va être retour à la normalité et à la liberté. Vous connaissez la suite : 40 à 60 jours, dépendamment des régions, de couvre-feu, toujours pas de liberté, toujours pas de normalité.

Et là est arrivé, au printemps, le vaccin. Là, on nous a dit : 70 %, 75 % de vaccination, et il y aura l'immunité collective, donc on aura retrouvé notre liberté, notre normalité. Aujourd'hui, on parle de 85 %, parce qu'il y a déjà 84 % des Québécois, au moment où on se parle, qui sont vaccinés au moins une dose, 70 % deux doses, et là on est en train de changer encore une fois les paramètres.

On a l'impression qu'on a affaire avec un homme qui... c'est comme s'il était un peu l'arbitre au hockey, puis, à chaque fois où on arrive de scorer puis qu'on est à deux pouces de la ligne, il prend le but puis il le change place. Et il fait ça depuis 18 mois, puis il s'amuse avec la population, puis à un moment donné la population est de plus en plus sceptique puis elle croit de moins en moins, malheureusement, son premier ministre.

Le passeport vaccinal, c'est quelque chose qui divise la population. C'est une forme de ségrégation, c'est une forme de discrimination, c'est une atteinte claire à nos libertés. On n'a jamais fait ça, être obligé de montrer de l'information médicale pour entrer dans un commerce au Québec. Et là, à partir du 1er septembre, malheureusement, on va subir ça, sans même qu'on puisse en débattre, sans même qu'on puisse comprendre pourquoi. Ça nous apparaît absolument incroyable que le premier ministre aille dans cette voie-là, qu'il ne comprenne pas qu'on a besoin d'un débat sur cet enjeu-là, minimal.

Je sais que Claire a écrit au président de l'Assemblée nationale, il y a 48 heures, à ce sujet-là. On est toujours en attente de quelque chose qui va se passer. On espère et on tend la main à notre premier ministre pour qu'il soit rappelé à la raison, qu'il se rappelle qu'il y a une démocratie au Québec, hein? On est dans une des enceintes qui est un bastion de la démocratie en Amérique. Ça serait important de ne pas l'entacher, sa réputation. Et donc on en appelle à l'esprit démocratique du premier ministre pour qu'il fasse la chose qui est normale, dans une circonstance comme celle-ci, c'est-à-dire de permettre un débat ici au salon bleu.

Mme Richer (Jocelyne) : ...

M. Duhaime (Éric) : La différence entre François Legault puis les conservateurs, c'est celle-ci. François Legault pense qu'il faut avoir une approche stratégique du bâton et de la carotte en matière de vaccination. D'un côté, il nous dit : On va vous donner un hot dog ou on va vous donner un billet de loterie, si vous vous faites vacciner, puis, de l'autre : On va vous imposer un passeport vaccinal puis on va vous empêcher de rentrer dans certains endroits si vous ne vous faites pas vacciner. Nous, on croit que la meilleure façon de parler à la population, ce n'est pas de les infantiliser, ce n'est pas de les menacer, ce n'est pas de les diviser, c'est au contraire de les rassembler, c'est de leur parler comme à des adultes intelligents, leur expliquer ce qu'il en est, laisser les scientifiques expliquer pourquoi ils doivent se faire vacciner.

Moi, avant de me faire vacciner, là, j'en ai jasé longuement avec mon médecin. Puis moi, je pense encore qu'on est mieux d'aller voir un médecin qu'un politicien pour savoir si on doit ou non se faire vacciner. Et ça, pour moi, c'est fondamental. Moi, je pense qu'il faut parler, il faut faire appel à l'intelligence des gens. Il y a des gens, présentement, qui ne sont pas vaccinés, et ils voient ça, et ça les braque encore plus, là. Il y a des gens qui sont rebelles parce qu'on est en train… ils ont l'impression qu'on veut leur rentrer de force dans le corps quelque chose contre leur volonté. Et ça braque beaucoup de gens, présentement, puis ça divise énormément.

Le rôle d'un premier ministre, c'est d'être un rassembleur. Puis ce n'est pas la première fois, M. Legault, malheureusement, qu'il divise la population au Québec. Depuis le début de la crise, il l'a fait à répétition, à de multiples reprises. Il a commencé, rappelez-vous, avec les touristes, hein, c'était la faute des touristes tatas, à une certaine époque, ça a été la faute d'un karaoké, ça a été la faute d'une coiffeuse, à Thetford Mines, c'était la faute de Radio X ici, à Québec, c'était la faute des complotistes ou des covidiots, et là, aujourd'hui, c'est la faute des non-vaccinés. Mais la réalité, c'est qu'il y a 6 700 personnes au Québec qui sont mortes dans des établissements qui étaient sous la responsabilité de François Legault et du gouvernement du Québec. Et ça, il ne veut pas faire la lumière là-dessus.

Mme Richer (Jocelyne) :

M. Duhaime (Éric) : Il faut qu'on ait une démonstration, noir sur blanc, que ça va avoir un impact positif et que c'est absolument nécessaire. Il ne nous a pas fait aucune démonstration, il ne veut même pas en parler, il ne veut même pas en débattre. Comment voulez-vous qu'on embarque dans ce qu'il nous propose?

M. Laforest (Alain) : Qu'est-ce que vous lui répondez? Ce matin, il a été très clair, il a dit : On ne veut pas — il vous visait presque, là — avoir des gens qui viennent à l'Assemblée nationale pour dire qu'on se fait injecter une puce dans le bras.

M. Duhaime (Éric) : On est loin, loin… Je pense que la ligue des droits, ce n'est pas ça. Je ne pense pas que les raisons pour lesquelles l'écrasante majorité des provinces canadiennes et des États nord-américains vont contre le passeport vaccinal, c'est pour cette raison-là non plus. C'est un peu, encore une fois… C'est toujours la même stratégie du premier ministre : tenter d'insulter, tenter de stigmatiser, tenter d'accoler des qualificatifs, toujours les plus péjoratifs, sur ses adversaires idéologiques et politiques. Bien, moi, je n'embarquerai pas dans cette game-là.

M. Robitaille (Antoine) : Quels sont vos liens, vous, avec ces gens-là que vous considérez que M. Legault caricature? Est-ce que vous avez des liens avec eux? Je pense aux gens qui sont de la mouvance américaine QAnon.

M. Duhaime (Éric) : Écoutez, là, je sais qu'il y a des gens qui m'ont parlé de ça. Je ne le sais même pas s'il y en a au Québec. Honnêtement, là, je n'ai jamais parlé, je n'ai jamais rencontré, je n'ai jamais eu connaissance qu'il y avait une mouvance QAnon. Je pensais que c'était relié aux élections américaines.

M. Robitaille (Antoine) : …disent que vous demandez 17 $, ce serait un message crypté à ces…

M. Duhaime (Éric) : Il y a un journaliste qui m'a parlé de ça, de votre média, il y a quelques jours. Je veux dire des choses. Quand j'ai été élu chef, d'abord, j'ai demandé une contribution de 20,22 $ parce que je me disais : Il faut gagner l'élection en 2022, donc donnez 20,22 $. J'ai été élu le 17 avril, cette année, à 17 mois de l'élection, et, la journée de mon élection, j'ai dit à mes partisans... parce qu'on cherche toujours un petit montant, là, tu sais, 15 $, 20 $, j'ai dit à mes partisans : Le 17 avril, il reste 17 mois avant l'élection, donnez-moi 17 $. Là, il y a des gens qui ont essayé de faire des liens, là. Je ne veux pas les traiter de complotistes, je ne commencerai pas à jouer à ce jeu-là moi non plus, là, mais vous comprenez qu'on est loin de la réalité.

M. Robitaille (Antoine) : Dénoncez-vous ceux qui propagent les croyances du mouvement QAnon?

M. Duhaime (Éric) : Absolument. Je ne sais pas de qui vous parlez puis quelles croyances qu'ils propagent au Québec, là. Moi, personnellement, je n'ai pas été témoin de ça.

M. Robitaille (Antoine) : Vous savez bien…

M. Duhaime (Éric) : Les quoi?

M. Robitaille (Antoine) :

M. Duhaime (Éric) : La lettre q? Bien oui, avec des drapeaux de Donald Trump aussi, là. Je le sais qu'il y a des gens qui sont… Mais ça, il y a des gens de… partisans de toutes sortes de choses.

M. Robitaille (Antoine) : …la lettre q, souhaitez-vous avoir leur vote?

M. Duhaime (Éric) : Moi, je ne veux pas avoir… Moi, là, mon objectif, là, c'est de parler aux Québécois raisonnables, là. Moi, je m'adresse à des gens qui, comme nous, ont des questions par rapport au passeport vaccinal. C'est une mesure d'urgence qui est extrême, sans précédent, liberticide, discriminatoire. Et je comprends qu'ils veulent, encore une fois, nous associer à toutes sortes de choses, là. Mais je pense qu'on a joué dans ce film-là, depuis un an et demi, assez, là, il faut arrêter, un moment donné, d'essayer de vouloir diaboliser nos adversaires idéologiques. Ce qu'on demande... Nous autres, on ne veut pas diaboliser M. Legault, là. Moi, je ne l'accuse pas, là, d'être un mondialiste à la solde de je ne sais pas qui, là...

M. Robitaille (Antoine) : …que vous dénoncez ceux qui propagent les croyances de QAnon, ça, je vous…

M. Duhaime (Éric) : Oui, oui. Mais ce que je vous dis, c'est qu'on ne commencera pas à… On ne veut pas stigmatiser les gens, on veut rassembler les gens. On veut que les Québécois, là, puissent discuter, qu'on puisse s'entendre puis qu'on puisse savoir où est-ce qu'on s'en va.

Par exemple... Je vous donne un exemple très concret, là. J'arrive de l'Abitibi, j'étais là hier, à Rouyn, à l'heure où il est, puis j'étais, la semaine passée, en Outaouais, je rencontrais des gens, hier, dans des… des gens qui travaillent dans l'industrie de la pêche, cet été, dans l'industrie touristique, en Abitibi, je rencontrais des restaurateurs à Campbell's Bay, hein, dans le Pontiac. C'est des gens où ils ont un fort pourcentage de leur clientèle qui vient de l'étranger, particulièrement de l'Ontario. Et là ces gens-là se demandent : Qu'est-ce qu'on va faire, là? Moi, j'ai des employés qui ne parlent pas puis qui ne lisent pas l'anglais, là; ils vont arriver avec quoi, les gens de l'Ontario? Est-ce qu'ils vont pouvoir continuer à venir? Il y a des commerces, ça représente 30 %, 40 % de leur chiffre d'affaires. Déjà qu'ils risquent de perdre les gens, en plus… les Québécois qui ne sont pas vaccinés. Tout ça, ils n'ont aucune réponse, au moment où on se parle, là. Puis on parle... dans deux semaines, là, ils vont être obligés de contrôler, puis c'est à eux, le fardeau, là, de prouver que la personne a le droit de rentrer dans leur commerce.

Il y a des gens qui sont extraordinairement inquiets. Puis on veut avoir des débats. Il y a des députés, dans ces régions-là, qui sont sensibilisés à ces questions-là, puis, si on avait, par exemple, une commission parlementaire ou un débat à l'Assemblée nationale, bien, ces gens-là pourraient s'exprimer. Puis il y a peut-être des députés, même dans la Coalition avenir Québec de François Legault, qui pourraient émettre des opinions puis dire : Attendez, là, on est en train de faire quelque chose qui pourrait être dommageable pour les régions frontalières au Québec. Et ça je pense que c'est le genre de débat qu'on a besoin d'avoir. Ça arrive que des fonctionnaires dans une tour, des fois, ils ne voient pas la réalité de ce qui se passe dans les régions du Québec.

Mme Porter (Isabelle) : Juste... l'argument principal du gouvernement pour imposer cette mesure-là, c'est de dire que, grâce à ça, on n'aura pas besoin de se reconfiner. Si je suis votre raisonnement, là, est-ce que vous préféreriez un reconfinement à un passeport vaccinal?

M. Duhaime (Éric) : Écoutez, l'idée, là, qu'on va… ça va nous empêcher nous reconfiner, d'abord, on a plusieurs questions par rapport à ça. La première chose, c'est qu'on l'a déjà entendu, ce discours-là, on l'a entendu quand il a été question du masque, on l'a entendu quand il a été question du premier confinement puis du défi 28 jours, on l'a entendu quand il a été question du couvre-feu, on l'a entendu quand il a été question du 75 % de vaccination. Donc, je pense que, malheureusement, le gouvernement Legault n'a pas beaucoup de crédibilité quand il arrive avec un argument comme celui-là.

L'autre question qu'on a, puis c'est de plus en plus… même LaPresse en parlait la semaine dernière, là, les gens qui sont déjà double vaccinés peuvent, effectivement, quand même attraper et propager le virus. Donc, on se protège de quoi, au juste? Il y a des questions à se poser. Là, moi, j'aimerais ça entendre les scientifiques, au Québec, répondre à ça. Puis c'est pour ça qu'on veut savoir, scientifiquement, qui ça protège vraiment d'empêcher les gens non vaccinés de rentrer dans un restaurant, puis en quoi le fait que le serveur ou la personne qui va contrôler nos codes QR à l'entrée n'ont pas besoin d'être vaccinés, en quoi eux sont mieux dangereux que les clients qui vont entrer.

C'est toutes des questions extraordinairement légitimes qui se posent et auxquelles, malheureusement, on ne veut même pas nous répondre et avec lesquelles on ne veut pas débattre. Et c'est ça, le problème actuellement au…

Mme Porter (Isabelle) : …dérange le plus entre le reconfinement puis un passeport vaccinal?

M. Duhaime (Éric) : …c'est que, nous autres, on conteste le lien. On veut savoir s'il y a un lien. Parce que c'est loin d'être évident qu'il y a un lien à l'heure actuelle.

Mme Lévesque (Fanny) : Vous voulez en débattre, M. Duhaime. Est-ce que vous êtes ouvert à revoir votre position s'il y a une démonstration qui est faite? Pour vous, vous voulez en débattre...

M. Duhaime (Éric) : S'il y a un consensus. Mais c'est parce que, présentement, il n'y en a pas, de consensus, puis on n'a pas de raison de croire ça. Donc, tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas l'évidence puis qu'on n'aura pas convaincu les Québécois, on ne peut pas leur entrer dans la gorge de force.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que vous êtes en faveur du passeport vaccinal pour voyager à l'étranger? Ça, est-ce que c'est...

M. Duhaime (Éric) : Moi, ce que j'ai dit, je le dis depuis toujours, d'abord, c'est une compétence fédérale, là, les passeports, on s'entend, là. Mais écoutez, là, moi, un passeport, pour moi, c'est pour les étrangers qui viennent dans notre pays, pas faire de nous des étrangers dans notre pays. Et ça, pour moi, c'est fondamental.

Moi, la dernière fois que je me suis fait contrôler avec mes papiers puis avec des informations comme ça, parce que je voulais rentrer dans des commerces, là, c'était à Bagdad, en période de guerre. Vous comprenez que ça ne rappelle pas des bons souvenirs. Puis il y a beaucoup de gens qui ont vu ça, dans d'autres pays, puis ça ne rappelle pas des bons souvenirs.

Vous verrez, l'appui des communautés culturelles est particulièrement faible pour le passeport vaccinal. Et je pense qu'on ne réalise pas tous, là, que c'est une dérive qui pourrait être extraordinairement dommageable et à quoi ça... Puis on n'a pas, non plus, d'échéancier. Si, au moins, on avait un échéancier, si on avait... C'est pour ça. On veut savoir. Là, on nous demande un chèque en blanc, et c'est ça...

Mme Lévesque (Fanny) : ...échéance, est-ce qu'il y a certaines conditions qui vous convaincraient...

M. Duhaime (Éric) : Bien, ça serait déjà... je pense que ça convaincrait plus de gens. Mais on n'a rien, présentement, sur la table. C'est ça, le problème.

Mme Lévesque (Fanny) : Bon. Donc, vous dites que vous êtes en faveur, donc, d'un passeport vaccinal pour voyager?

M. Duhaime (Éric) : Pour voyager, oui, mais ça... Attendez, là, le passeport vaccinal pour voyager, je veux revenir là-dessus aussi parce que ça, évidemment, il faudrait avoir une discussion avec le fédéral, là, parce que ce serait le contrôle aux frontières. Puis le Québec, évidemment, on est souverains dans notre compétence qui est la santé. Donc, c'est sûr que ça prendrait un dialogue puis une entente, d'abord et avant tout...

M. Laforest (Alain) : ...c'est ce que vous dites, parce que c'est demandé ailleurs?

M. Duhaime (Éric) : Oui, c'est ça. Mais c'est...

M. Laforest (Alain) : ...

M. Duhaime (Éric) : Non, mais attendez, là. Non, moi, je parle des gens, des étrangers qui entrent au...

M. Laforest (Alain) : Comme vous, là, vous, allez-vous l'avoir, le passeport si vous décidez d'aller à l'étranger dans des pays qui le demandent?

M. Duhaime (Éric) : Bien, je suis déjà double vacciné, M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : Oui, mais je parle du passeport, je ne parle pas de... Je parle du passeport vaccinal réclamé dans des pays : double dose, même dose. Est-ce que vous, vous êtes prêt à le présenter dans un autre pays...

M. Duhaime (Éric) : Je pense que, quand on va dans un autre pays, on est un étranger qui entre dans un pays puis on présente, de toute façon, déjà, un passeport. Moi, je trouve que, ça, on a l'habitude faire ça, puis c'est déjà quelque chose qu'on fait, et...

M. Laforest (Alain) : ...là, vous jouez sur les mots.

M. Duhaime (Éric) : Non, non, je ne joue pas sur les mots. Parce que le passeport vaccinal... J'en ai un, passeport vaccinal. J'en ai toujours eu un, quand je voyage à l'étranger, puis il a toujours été, justement, dans mon passeport du Canada, là. Et je pense que les gens qui sont allés dans des pays un peu plus exotiques, là, c'est arrivé souvent qu'on a ça, là, qu'on va dans des cliniques de vaccination puis on a un passeport qui accompagne notre passeport canadien.

Mme Gamache (Valérie) : M. Duhaime, il y a des élections fédérales qui se pointent à l'horizon. Allez-vous appuyer Erin O'Toole ou Maxime Bernier?

M. Duhaime (Éric) : Écoutez, c'est une bonne question. Il y a des élections fédérales, effectivement. J'ai entendu dire que peut-être que dimanche le premier ministre irait visiter la nouvelle gouverneure générale. Moi, personnellement, j'ai choisi la politique québécoise. Je veux m'investir ici à l'Assemblée nationale. Je vais laisser les Québécois choisir sur la scène fédérale. Personnellement, vous savez que, depuis 15, 20 ans, j'ai voté conservateur sur la scène fédérale. Je n'ai pas nécessairement l'intention de changer mon opinion. Je vais laisser la campagne aller, mais je ne vais pas personnellement m'ingérer dans la campagne. Mais tous les membres du parti…

M. Laforest (Alain) : Mais idéologiquement est-ce que vous êtes plus près d'Erin O'Toole ou de Maxime Bernier?

M. Duhaime (Éric) : Tous les partis… tous les militants, tous les membres du Parti conservateur du Québec sont libres de voter pour qui ils veulent. Moi personnellement j'ai toujours appuyé, comme je vous dis, le Parti conservateur du Québec… du Canada — du Québec, j'en suis chef — et j'ai l'intention de continuer à être fidèle à mes traditions.

M. Robitaille (Antoine) : Même le Bloc? Est-ce qu'il peut y avoir des gens, au sein du parti, qui appuient et qui travaillent pour le Bloc?

M. Duhaime (Éric) : Là, je vais vous surprendre, là, je vous dis : Même le NPD, à la limite, là. Moi, je pense qu'on vit un nouveau clivage politique au Québec. L'atteinte des libertés civiques, ça dépasse la souveraineté fédéraliste ou gauche-droite. C'est un nouvel axe. Et je pense qu'on est en train de redéfinir un peu l'axe politique, le clivage qui existe en politique québécoise et canadienne.

Il y a des gens pour qui c'est la sécurité sanitaire et il y a un autre camp pour qui c'est les libertés civiques, les libertés démocratiques. Et je pense qu'il y a beaucoup de gens, puis vous l'avez vu, là, je vous en ai parlé déjà, même une candidate de Québec solidaire, deux fois, qui est notre présidente, maintenant, dans une région, il y a des gens de tous les partis, beaucoup de gens qui n'ont aussi jamais fait de politique. Je pense qu'on assiste à des nouveaux rassemblements politiques.

Puis vous avez vu aussi, cette semaine, j'ai mis en ligne une vidéo que j'ai faite avec Stéphane Hamel, qui était le président de la circonscription de Laval-des-Rapides pour la Coalition avenir Québec de François Legault. Puis, parlant de son côté antidémocratique, ça, c'en est un autre, bel exemple. Stéphane Hamel a écrit sur sa page Facebook personnelle qu'il était opposé à l'idée d'un passeport vaccinal. M. Hamel a reçu une lettre de l'avocate de la Coalition avenir Québec pour lui signifier qu'il avait été destitué de ses fonctions, lui qui est un membre fondateur de la Coalition avenir Québec, parce qu'il s'oppose au passeport vaccinal.

Je veux juste vous rappeler, encore une fois, que, dans le parti de M. Legault, il n'y a jamais eu de débat, il n'y a jamais eu de vote sur le passeport vaccinal, ça a été une décision unilatérale prise par un seul homme, et que, s'il y en a un, dans ses rangs, qui a le malheur d'aller contre lui, bien, il est destitué de ses fonctions puis il est complètement discrédité.

M. Robitaille (Antoine) : Mme Samson, au sein du caucus, est-ce que vous avez vu, donc, des atteintes aux libertés lorsque vous étiez au caucus?

Mme Samson : Bien, j'ai fait valoir… Oui, j'avais l'habitude de dire ce que je pense, et ça ne faisait pas l'affaire très souvent. Et moi, ce qui me choque le plus des récentes décisions, là, c'est que de ne pas accepter de débattre du passeport, c'est de l'entêtement, et moi, je dis que c'est du mépris à l'endroit des députés et des gens que les députés représentent. C'est notre travail d'écouter l'ensemble des opinions qui sont propagées dans nos comtés et de les ramener à l'Assemblée nationale. Mais là on assiste tout simplement à un gouvernement… un homme entouré de quelques personnes qui se servent des sondages pour valider leur stratégie de marketing.

M. Robitaille (Antoine) : Contre quelles mesures vous êtes-vous élevée plus particulièrement?

Mme Samson : Bien, quand on a fermé les restaurants, vous vous rappellerez de la crise que ça a créée dans les érablières de mon comté. Et on m'a fait savoir que je ne devais plus aborder la question des érablières au caucus parce que ça n'intéressait pas le monde. Bien, c'est bien de valeur, si ça les intéresse ou que ça ne les intéresse pas, moi, c'est mon travail de représenter mes concitoyens, et je vais continuer à le faire, advienne que pourra.

M. Carabin (François) : J'aimerais revenir sur le passeport vaccinal. Vous venez de dire que vous voulez entendre les scientifiques sur le sujet du passeport vaccinal. Mais, depuis le début de la pandémie... encore tout récemment, le premier ministre et le ministre de la Santé sont entourés de représentants de la Santé publique. Est-ce que ce n'est pas une figure scientifique, ça?

M. Duhaime (Éric) : Vous savez comme moi que M. Legault est entouré d'une cellule de crise et que c'est là que les décisions se prennent. Vous savez peut-être comme moi que l'écrasante majorité des personnes, 85 % des gens autour de la table, sont des politiciens, des attachés politiques, des anciens chefs de cabinet, des experts en marketing et en sondages, et il y a un seul scientifique autour de la table, c'est le Dr Arruda. Donc, je veux juste vous rappeler qu'en matière de décisions scientifiques versus politiques c'est arrivé à plus d'une reprise où on a vu que le politique a pris le dessus.

Et moi, je me pose toujours la question : Les attachés politiques, les politiciens, les députés de la CAQ et les ministres de la CAQ, ou les anciens chefs de cabinet de la CAQ, ou les spécialistes des sondages de la CAQ, qui sont autour de la table, quelle est leur préoccupation première? Est-ce que c'est la santé des Québécois ou c'est la réélection de François Legault? Je n'ai pas la réponse, mais on se pose la question.

M. Carabin (François) : Je veux revenir rapidement sur les images qui ont circulé, vous l'avez abordé sur votre Twitter, notamment... mais les images qui ont circulé, qui associaient le gouvernement de François Legault, le passeport sanitaire au mouvement nazi. Est-ce que c'est possible de peut-être vous dissocier? Puis c'est quoi…

M. Duhaime (Éric) : C'est clair, je me suis dissocié. Mais je l'ai fait avant même que… Parce qu'il y avait 50 personnes qui l'avaient vu, quand j'ai eu la chance de le voir passer sur mon fil Facebook, et je suis intervenu immédiatement. J'ai condamné publiquement l'acte, avant même que qui que ce soit m'interpelle, et j'ai répété, et je le dis encore, que c'est une banalisation d'une des pires horreurs de l'histoire de l'humanité, et c'est une attaque complètement injuste à l'endroit de nos adversaires, et je le répète ici aujourd'hui.

Mme Richer (Jocelyne) : Est-ces que ces gens-là sont toujours membres de votre parti aujourd'hui?

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, là, on ne peut pas destituer quelqu'un... de membres. Je ne peux pas, je n'ai pas l'autorité pour faire ça comme chef. Mais ces gens-là n'ont plus de… n'ont pas de fonctions officielles dans le parti. Je vous dirais ça, par exemple.

Mme Richer (Jocelyne) : C'est plusieurs personnes ou une seule?

M. Duhaime (Éric) : C'est une personne. C'était une section locale, mais c'était une page Facebook locale d'une circonscription dans l'Outaouais.

M. Carabin (François) : …M. Duhaime, est-ce que vous voulez leur vote à ces personnes-là?

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, moi, je ne suis pas là pour exclure le monde, là, puis je ne suis pas là pour… Il y a des gens, là, ce n'est pas leur job à tous les jours, là, puis ils peuvent faire des conneries, là, ce n'est pas… Moi, je ne suis pas en train de dire que ces gens-là n'ont pas le droit d'exister, là. Mais je vous dis juste que moi, je ne tolère pas ça, comme chef d'un parti politique, à l'intérieur de mes rangs.

Et nous, on veut rassembler les Québécois puis on veut justement que cette polarisation-là cesse. On est dans une période qui est excessivement sensible, on joue avec quelque chose qui est très, très cher au coeur de plusieurs, quand il est question de notre démocratie, de nos libertés individuelles, puis il faut y aller avec beaucoup, beaucoup de doigté. Puis je n'aime pas quand on voit qu'il y a de la polarisation ni de ces gens-là qui publicisent des photos inacceptables ni même quand notre premier ministre commence à stigmatiser contre un groupe dans la société. Je pense qu'on est sur une pente glissante, et ça prend un rappel à l'ordre.

Puis, pour ça, la seule façon de faire pour passer au travers des périodes de division comme celle qu'on traverse, présentement, c'est de discuter et de débattre. C'est comme ça qu'on fonctionne en démocratie, dans le respect des règles, dans le respect de notre Parlement puis de nos institutions.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que vous allez utiliser, vous, le passeport vaccinal dans deux semaines? Est-ce que vous allez continuer à aller au restaurant, dans les bars?

M. Duhaime (Éric) : Écoutez, honnêtement, je n'ai pas encore téléchargé… Je pense qu'il faut aller télécharger son code QR. Je sais que mon chum l'a fait. Moi, je ne l'ai pas encore fait. Mais j'imagine que je n'aurai pas le choix parce que je rencontre des militants. Je ne sais pas comment je vais faire pour pouvoir aller voir notre monde dans différents endroits publics.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que vous pensez que ça va nuire, justement, à vos activités militantes?

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, il faut se dire quelque chose, là. Quand on dit que la démocratie est sur pause au Québec, là, ça nous nuit déjà. Vous savez qu'il y a toutes sortes de règles en place qui font que des rassemblements, on ne peut pas en faire très gros.

Ce soir, par exemple, on se réunit au Blaxton, à Lebourgneuf. Là, on est en train de tout mettre des mesures pour la distanciation, pour le nombre… Il a fallu qu'on invite beaucoup moins de monde que ce qu'on était supposés faire. Politiquement, là, c'est un gros, gros problème. Moi, pendant toute ma course au leadership, je n'ai pas pu rencontrer mes militants. Il a fallu que je fasse ça par Zoom. C'est des gros handicaps.

C'est un gros avantage pour le gouvernement, alors que François Legault, lui, il est live à la télé à tous les jours, comme il veut, quand il veut, puis les partis d'opposition ne peuvent même pas se réunir avec leurs militants dans une salle. Quand on vous dit que la démocratie... il y a un problème démocratique, ce n'en est qu'un exemple. Mais moi, je le vis à tous les jours, ce problème-là.

M. Robitaille (Antoine) : Donc, tenir des élections dans de telles circonstances, est-ce que c'est une bonne idée?

M. Duhaime (Éric) : Ça, il faudrait demander à M. Trudeau, là, je ne vais pas m'ingérer dans l'élection fédérale.

M. Robitaille (Antoine) : …en réalité, ce n'est pas une bonne idée.

M. Duhaime (Éric) : Mais, moi, je vous dis juste que c'est un gros problème puis je ne sais pas comment on va faire. Moi, je pense qu'il faudrait que les activités politiques… Écoutez, c'est quand même assez fondamental, comme droit, dans une société, la démocratie. Il faudrait permettre, justement, qu'on ait des rassemblements partisans, puis qu'on n'ait pas de limite, puis qu'on n'ait pas distance. Parce qu'on ne peut pas pratiquer la démocratie à armes égales, présentement, au Québec.

Mme Lévesque (Fanny) : …le masque à l'école primaire, là, dans les classes, est-ce que vous êtes en faveur de ça?

M. Duhaime (Éric) : Le retour du masque à l'école? Comme vous savez, moi, le 23 août dernier, j'ai commencé mon implication contre les mesures sanitaires abusives du gouvernement Legault, devant l'Assemblée nationale. J'avais coorganisé une manifestation, on a rassemblé 3 000 personnes, et c'était justement contre le masque obligatoire pour les enfants dans les écoles.

Moi, je pense que les enfants sont ceux qui ont payé le plus chèrement, depuis le début de la crise, à peu près à tous les niveaux. C'est eux, d'abord, sur qui on a pelleté une montagne de dettes publiques. C'est eux qui sont privés de socialisation à un âge où c'est peut-être beaucoup plus important qu'au nôtre. C'est eux qu'on prive de sport, pour qui c'est important dans leur développement, dans leur épanouissement. C'est eux qu'on a condamnés dans leur chambre, avec un ordinateur, souvent pendant des semaines. Moi, je m'inquiète beaucoup pour les enfants du Québec. Je peux vous dire que, dans mes tournées des régions, je rencontre beaucoup de mères de famille puis de pères de famille qui me racontent comment leurs enfants ont souffert.

Puis c'est sûr qu'on n'a pas le compteur, le chiffrier à tous les soirs, aux nouvelles, comme le nombre de cas. Mais quel va être l'impact, à moyen et à long terme, sur les enfants du Québec? Combien vont décrocher de l'école? Puis là j'entendais le ministre de l'Éducation nous dire que ça n'avait pas eu d'impact. Je comprends, il y a un paquet de matières qui n'ont même pas eu d'examen, c'est bien sûr qu'on ne voit pas encore les impacts. Puis ces impacts-là, ça n'arrive pas nécessairement juste en une semaine ou deux semaines, là, ça peut prendre un an, deux ans. Quel va être… Est-ce qu'on est en train de sacrifier une génération à plusieurs égards? Moi, je m'inquiète de ça.

Mme Porter (Isabelle) : Est-ce à dire que vous n'êtes pas préoccupé par la progression du Delta puis l'arrivée…

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, les enfants… D'abord, il faut rappeler quelque chose, là, les enfants ont quatre à sept fois moins de chance de mourir de la COVID que de la grippe. On n'a jamais obligé les enfants à se faire vacciner pendant l'hiver. Je vous rappelle qu'il n'y a aucun enfant, au Québec, qui est mort depuis le début de la crise. Je vous rappelle que leurs charges virales sont beaucoup plus faibles que celles des adultes, particulièrement sur des gens de 60 ans et plus. Donc, les enfants sont les moins à risque, et c'est possiblement eux qui ont payé le plus gros de la facture, à peu près à tous les niveaux, depuis le début de cette crise-là. Et je trouve qu'il y a une iniquité des sacrifices qu'on demande aux enfants du Québec.

Une voix :

M. Duhaime (Éric) : Yes.

M. Authier (Philip) : I have a technical question.

M. Duhaime (Éric) : Go ahead.

M. Authier (Philip) : These names on these pieces of paper... How did you gather the names for this petition? Because I understand it's not the same… it's not on the National Assembly…

M. Duhaime (Éric) : No, you're right.

M. Authier (Philip) : So where did… how did you gather these names?

M. Duhaime (Éric) : On my Web site.

M. Authier (Philip) : Have you verified them?

M. Duhaime (Éric) : Yes. There has been a screening, there have been 12,000 names, on top of that, that were subtracted. Of course, there might be some… few mistakes, here and there, that's for sure. But generally speaking, there has already been a first screening. Secondly, it was posted on my Web page, ericduhaime.quebec, that's where… and I was promoting it on my social media. So that's how we got those signatures.

M. Authier (Philip) : So, if I understand what Mme Samson said, for the names to appear on the National Assembly petition... Have you put it up on the National Assembly now?

M. Duhaime (Éric) : Yes, we did put it up. Mme Samson did…

M. Authier (Philip) : So now the people have to resign? Is that what you're suggesting to do?

M. Duhaime (Éric) : That's correct, because... O.K., it's very technical. There was two things, in the petition, that were not parliamentarian. Because we called the Government «the Government Legault», so we had to put «Government of Quebec», because you can't name the… give the name of the politician in the House… in the National Assembly. The second thing is there was the name also of Christian Dubé, it was written «Christian Dubé». So we wrote «Minister of Health», instead, so that you can say… So now the petition that you'll see on the National Assembly is the same petition, but those two things have been modified to respect the criteria of the National Assembly of Québec.

M. Authier (Philip) : …so do you think people will now… all those people are going to resign?

M. Duhaime (Éric) : We're going to invite them to resign, but we're also inviting all Quebeckers who didn't want to be associated directly to the Conservative Party to also come, and join, and sign the petition as well. It's open to everyone.

M. Authier (Philip) : So your 133,000 number, you feel, on top of this, is going to grow bigger?

M. Duhaime (Éric) : Hopefully. That's what we're hoping. And the 133,000, for a party that got 1 %, it's much more votes than what we got in the last election, just to give you an idea. And so, it's not… you know, it's the biggest petition, in the last few years or months here, in the National Assembly. So it's a significant amount of people, and we think it's going to keep growing.

M. Authier (Philip) : You spoke… you used the words… some pretty strong language, you spoke of segregation and discrimination. Is that what you feel is going on with the passport?

M. Duhaime (Éric) : Yes. Well, you know, it's not something that we're used to, in Québec, to say : You can go in, and you can't. It's not something that we've been… it's not the division that we've done. You know that if it was based on other criteria, it would go against our charter big time. If they were telling me that I can't go in a restaurant because I'm gay, you know what could happen. If it was because of the color of my skin, or because of my sex, or because… my gender, sorry. There's all sorts of criteria, in Québec, that are forbidden to discriminate against. And for me it's… When you cannot prove scientifically that even people who are vaccinated, then, cannot transmit, so why do you do… why do you discriminate against those people?

And I also heard the Premier Legault say, a few days ago, that, you know… he didn't say it in that word, but he was saying that it was a lesson, a message that he wanted to send to those who do not want to get vaccinated. You know, it sounded like a revenge. You cannot use something like that, a tool like that, you know, to upset the people who do not obey.

Mme Senay (Cathy) : …the vaccine passport, Mr. Duhaime, is not about criteria… You're going really far, naming those criteria about your sexuality, your gender or if you're from this or this cultural community, like... You're really going far. Like, what will you bring to the debate, exactly, at the National Assembly, if there is…

M. Duhaime (Éric) : Well, we're creating a precedent, and it scares me, because I don't think we need to create that kind of precedent. And if there is a need, then prove us that there's such an extreme need to do that. It's not proven yet. And why do they don't do it elsewhere, in Canada or in the strong majority of the States and the US? Why the strong majority of countries, even around the world, are not choosing that way?

Mme Senay (Cathy) : ...France is doing it, Manitoba has immunization cards. So, they are...

M. Duhaime (Éric) : You're talking about four or five. I'm talking about, you know, like, seven provinces where you don't even need to wear a mask, today, I'm talking about 59 out of 60 States in the U.S., I mean, a strong, strong majority. I agree with you, there's a few exceptions, but the strong majority of countries and their legislations are going the other way around. We're going at the opposite, we're at the extreme on that issue.

Mme Senay (Cathy) : …many, many times, in the last few months, that the Public Health restrictions were abusive, which are supported by Public Health here in Québec. The Oppositions parties are for the vaccine passport, they want to have a debate and discuss about it. The Ligue des droits et libertés is in favor of not having...

M. Duhaime (Éric) : They want a debate.

Mme Senay (Cathy) : ...employees having the vaccination being mandatory. So, there are lots of nuances. You are basically negative for all the Public Health restrictions…

M. Duhaime (Éric) : Well, let's have a debate. That's why we're here.

Mme Senay (Cathy) : …the debate, what will you bring to the debate? How come... that you're promising a healthy and moderate debate?

M. Duhaime (Éric) : Well, we want to have those discussions. You cannot... You know, violating the charter of rights is something that is not happening very often in our democracy...

Mme Senay (Cathy) : Are we doing it now?

M. Duhaime (Éric) : Well, that's exactly what I want to know. Because there's many lawyers, currently, who say it does. And we don't have the proof, yet, if it does or it doesn't. There's things we need to figure out before you adopt that. You cannot just : François Legault decided, and all Quebeckers need to obey, you know? He's not a perfect man, he doesn't have the absolute truth. And we need to have discussions. This is why democracy exists. Otherwise, why do we need a Parliament, if one of the most important measures is adopted without a debate? Why do we have this institution, you think? It's exactly for that, it's to make sure there is a balance. And currently, there is no balance, there is no democracy in this debate. And that's why we're concerned, and that's why we're asking Premier Legault to permit a debate here in the National Assembly.

Mme Senay (Cathy) : And when you organized those protests against Public Health measures, for example, masks, you have conspiracy theorists or the ones that do like those theories, they were in your protests. And now, you're saying today that you have distance from them, like, you have nothing to do with that?

M. Duhaime (Éric) : You know what? Mr. Legault promotes his bill on the identity, or language, or all sorts of things, he attracts all sorts of extremists, and it doesn't deprive him from the right and the legitimacy to do it. I think that, you know, you need to listen at what people who are proposing things are saying. And you don't choose who's supporting it and who's not supporting it. I'm not going to start, like Mr. Legault, to discriminate and then put people out of some protests because of their background, I think it's... You know, we have to... That's part of democracy, I mean, there's all sorts of opinions. And we measure the sense of democracy of people when they defend people's right to defend ideas that are the opposite of theirs. And currently that's not what we're seeing from Mr. Legault.

Mme Senay (Cathy) :And one question, Ms. Samson. I remember, like, you telling media… explaining to the media that you followed the Public Health restrictions. You had your two doses, you were fully vaccinated. How come the vaccine passport it's something that you don't want? You refuse. Why?

Mme Samson : Well, first, I disagree that we should discriminate against… we should aloud certain citizens to go wherever they want and others not to. It's not logical to me. I got my vaccination and I did it for, certainly, a very selfish reason. I had brain surgery, last march, I fought very hard not to die from it, I was not going to die because of COVID. So, I played it safe, I went to have my vaccine. The doctors thought it was a good idea, but… So, I have my vaccines, but I don't agree that my neighbor, who, for some health reasons, different health reasons than mine, cannot get the vaccine, that she cannot enter the same restaurant I can. I don't' agree with that.

I think that it divides people. We meet and we hear about families who are fighting among members of the same family because the mother wants the kid to have his vaccine, the father doesn't, or vice versa, and it's not healthy. And I don't think that the Government has a right to impose our way of life. We have already plenty of laws that say we cannot drink and drive, which I don't do either. Soon, they're going to tell me I cannot drive and smoke, but I'll do… I'm sorry?

Mme Senay (Cathy) : …smoke?

Mme Samson : Yes, I do smoke.

M. Robitaille (Antoine) : Juste une petite dernière. Les milieux d'affaires sont pas mal d'accord avec le passeport vaccinal. La Chambre de Commerce du Canada, par exemple, a dit que ça éviterait de prendre les gens en otage. Qu'est-ce que vous dites à la Chambre de Commerce du Canada?

M. Duhaime (Éric) : Bien, écoutez, je comprends la souffrance des commerçants puis des entrepreneurs au Canada. Ça fait 18 mois que ces gens-là souffrent. Plusieurs ont été fermés à trois reprises pendant de très nombreux mois. Ces gens-là sont prêts à accepter puis à faire beaucoup de pirouettes pour pouvoir rouvrir leurs commerces. Moi, je n'attaquerai surtout pas les commerçants. Au contraire, je les comprends de vouloir rouvrir leurs commerces puis d'être prêts à faire plein d'assouplissements avec le gouvernement.

Cela étant dit, puis je veux lancer un appel aussi à tout le monde, y compris les gens qui, comme moi, sont contre le passeport vaccinal, c'est important, ne vous en prenez pas aux commerçants. Parce que, ça, c'est une chose que j'ai peur qui va se produire dans deux semaines, là. Il y a beaucoup de gens qui vont être frustrés, qui vont vouloir aller au restaurant, qui ont oublié leur passeport vaccinal, qui ne pourront pas rentrer ou que leur passeport... que ça va faire comme le ministre Dubé, hier, quand il est arrivé à la Cage aux sports, puis ils vont le scanner, puis ça va dire qu'il n'est pas bon, son passeport. Il va y avoir toutes sortes de difficultés, et ça va créer beaucoup de tensions.

Et je dis aux gens d'être calmes, que ce n'est pas la faute de celles et ceux qui nous reçoivent dans un gym, dans un restaurant ou dans une salle de spectacle... qui sont responsables de ça. Le responsable ultime, c'est François Legault, et il faut que ça soit lui contre qui vous vous plaignez. N'attaquez pas les petits commerçants. Les petits commerçants, ils font leur possible pour survivre, et Dieu sait que le gouvernement fait tout pour que ça soit difficile pour eux depuis un an et demi.

Des voix : Ils font-u exprès?

M. Duhaime (Éric) : ...leur demander. Merci beaucoup, tout le monde... Oh! In English, or français?

Mme Senay (Cathy) : I was wondering, did you pick up the ridding where you would like to run?

M. Duhaime (Éric) : Not yet. It's going to be in Québec City, in the Québec City region, but I will decide in a few months. We're not going to announce any candidates before January. So we're building up the party now. We have a convention that is planned in November and so we're going to have our program that is going to be determined at that point. And, staring in January, we're going to start to talk about constituency by constituency, who is going to run where.

Journaliste : Vous l'avez lancée quand, votre pétition en ligne, à peu près?

M. Duhaime (Éric) : Oh boy!

Journaliste : 7 juillet?

Journaliste : C'était-u en juillet ou plus tôt que ça?

M. Duhaime (Éric) : C'était plus tôt que ça, c'était peut-être, là, au… fin du printemps, genre, quand l'Institut national de la santé publique est sortie pour dire que… puis que le ministre Dubé avait sorti pour dire qu'il y aurait peut-être un passeport vaccinal au Québec. Mai, juin, quelque chose comme ça, je pense, ou peut-être… Honnêtement... Je peux vérifier puis je vais vous rappeler. Je ne veux pas vous donner de la fausse information.

Journaliste :

M. Duhaime (Éric) : Non, non, non, ce n'est pas maintenant, là, ça fait déjà un petit bout. Mais elle a connu, évidemment, une forte expansion, ces derniers jours, vous comprenez pourquoi. Merci.

Mme Samson : Merci à vous.

(Fin à 14 h 44)

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