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Point de presse de M. Marc Tanguay, porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille

Version finale

Le jeudi 10 juin 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante et une minutes)

La Modératrice : Alors, bon matin. Alors, point de presse de l'opposition officielle. Le porte-parole en matière de famille, M. Marc Tanguay, prendra la parole rapidement, ensuite cédera la place à Myriam Lapointe-Gagnon, instigatrice du mouvement Ma place au travail. On va prendre les questions. On va prioriser les questions sur le sujet de ce matin en premier. On verra ensuite pour les sujets du jour. Merci. M. Tanguay.

M. Tanguay : Merci beaucoup d'être là. Rassurez-vous, ce sera extrêmement court. J'accompagne ce matin Myriam Lapointe-Gagnon qui vient livrer les résultats et sa réflexion, la réflexion du mouvement Ma place au travail. J'aurai l'occasion de déposer la pétition ce matin. Nous sommes, Myriam et moi, accompagnés de Jules. Alors, sans plus tarder, je cède la parole à Myriam Lapointe-Gagnon.

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : C'est intimidant, Juju, hein? O.K., merci, Marc. Je vais juste enlever ma bague de suce. Je viens de me rendre contre que mon fils est plein de céréales… pour les caméras, c'est parfait.

Donc, bonjour à vous tous. Si je suis ici aujourd'hui, entre les murs de ce symbole de notre démocratie qu'est l'Assemblée nationale, c'est pour représenter les 18 573 personnes qui, en signant notre pétition, ont voulu passer un message au gouvernement caquiste, à M. Legault et à Mathieu Lacombe.

Je suis aussi ici pour nos tout-petits qui, du haut de leurs 0-5, n'ont pas encore la chance de s'exprimer et de manifester leur désarroi face à la crise des places en garderie qui sévit actuellement… des dizaines de milliers d'enfants. Pourtant, tous les enfants devraient avoir le droit de s'épanouir dans un service de garde éducatif à l'enfance… Tu veux-tu une petite suce?

Cette crise sans précédent, plusieurs en avaient anticipé la venue, et ce, même avant la pandémie. Cette crise est bien réelle. Elle nous envahit dans le quotidien. Nous la ressentons partout autour de nous. Cette crise, nous tâchons, avec la collaboration de tous les partis de l'opposition, de la garder dans l'actualité afin qu'un plan d'urgence nationale soit enfin mis en branle.

Et sur ce, bien, je veux juste rajouter, en fait, que tous les partis de l'opposition nous ont aidés avec cette pétition-là. On l'a coécrite ensemble. Et puis je veux les remercier pour leur aide, leur support dans tout ce gros combat que nous menons.

Depuis le 17 mars, hein, ça fait moins de trois mois, la maman que je suis donne toute l'énergie qu'il me reste, suite à des nuits souvent trop courtes, à ce combat. Le 17 mars dernier, j'étais loin de me douter que, dans les mois qui suivraient, je donnerais plus d'une centaine d'entrevues dans les médias en moins de trois mois.

En une soirée et en un mot-clic, de mon salon, mon cri du coeur avait trouvé 1 000 autres échos, 1 000 autres voix. Ma place au travail, c'est désormais une armée de près de 7 700 parents engagés et mobilisés de toutes les façons possibles, des mères et des pères qui donnent de leur temps dans l'ombre pour faire jaillir la lumière au bout du tunnel... peut-être pas «tunnel», c'est plutôt controversé ces temps-ci comme mot. Mais, bref, on travaille fort, dans plusieurs sphères, pour venir en aide aux parents et aux familles du Québec.

Notre mouvement a été appuyé par plusieurs regroupements et syndicats, je pense notamment aux appuis reçus du côté des aînés et dans des centaines de municipalités partout au Québec, et de nombreux autres morceaux de casse-tête importants de notre société se joignent chaque semaine à notre cause. Ce n'est pas qu'un enjeu de parents. Je dis souvent : La crise des places en garderie va bien au-delà de ce que c'est au sens propre. Je pense ici à tout ce que ça implique aussi pour les familles et pour notre société. On se prive d'une main-d'oeuvre alors qu'on crie haut et fort que la pénurie est sans précédent. On revient des années en arrière en imposant aux femmes de rester à la maison et de renoncer à leurs études et à leur carrière. On met à risque des mères qui se retrouvent en situation de vulnérabilité, en précarité financière, qui dépendent de leur conjoint. On exacerbe la fragilité mentale des parents en leur imposant un stress et une angoisse invivables. Et surtout on discrimine des enfants, des poupons, d'une façon inacceptable et aberrante. Les C.V. de bébés, là, ce n'est pas un mythe, c'est une réalité, j'en vois passer dans mon Facebook à tous les jours, ce n'est pas une exception.

Nous croyons que tous les enfants devraient avoir une place correspondant au choix et aux besoins exprimés par leurs parents. Les tristes récits des familles, je les reçois, je les lis depuis des mois. Chaque jour, des dizaines d'histoires s'ajoutent au portrait. Cette détresse, elle m'épuise, elle m'attriste, je suis fatiguée, je pense que vous allez le comprendre que je suis fatiguée. Ces récits, ils ont aussi été le moteur de nos actions. De l'impuissance individuelle est née une force mobilisatrice collective sans précédent. Cette force, nous sentons qu'elle ébranle parfois dans les rangs caquistes…

Une voix :

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Hein, Juju? Oui, oui, oui. À nos débuts, on nous tendait l'oreille. Or, les choses ont évolué, le ton a parfois monté, et depuis, je vais vous le dire comme je le vis, mais j'ai la ferme impression que l'on nous boude, un peu comme j'ai boudé la salade de Mathieu Lacombe lors du premier budget. On a été déçus. Je l'ai dit alors et je le répète : Il n'y a rien dans ce budget, il n'y a toujours rien d'assez consistant, même dans les dernières annonces, pour répondre à la crise nationale qui se déploie sous nos yeux depuis trop longtemps.

En toute honnêteté, on a essayé de nous faire chanter, on a essayé de nous manipuler, on a essayé de nous faire taire, de nous décrédibiliser, à de nombreuses reprises on nous a censurés dans des points de presse, mais toutes ces tentatives ont été pour nous une source de motivation. Nos devoirs, on les a faits avec courage et intelligence. On a aussi posé des gestes concrets : mobilisation sur les médias sociaux, manifestations partout au Québec avec les éducatrices, on a débarqué les poussettes à trois reprises sur la colline Parlementaire, la pétition, bien entendu, nous avons mené un sondage auprès de 2 000 parents du mouvement, organisé une journée d'étude avec Pauline Marois et plusieurs experts de la petite enfance. On a aussi permis aux données de parents inscrits à La Place 0-5 ans de se retrouver en sécurité. Et je rappelle que cette Place 0-5 ans, qui est notre seul guichet d'accès, est toujours fermée à l'heure où on se parle. On a appliqué pour Forces Avenir, et nous sommes parmi les finalistes pour obtention d'une bourse en voie de devenir un organisme à but non lucratif d'éducation à la vie citoyenne et politique des jeunes familles.

Bref, pour un mouvement citoyen sans aucun moyen financier et des bébés dans les bras, on peut dire, sans gêne, qu'on a fait des belles et des grandes choses. Mais les mois passent, nos bébés grandissent, apprennent à se tenir, à manger des bananes, à parler. Jules avait quatre mois, quand tout ça a commencé, il en a sept aujourd'hui, il dit : Attends, attends, attends. C'est son dernier mot, cette semaine, «attends». D'après moi, il a trop entendu souvent Mathieu Lacombe parler.

Trois mois plus tard, donc, toujours aucune aide d'urgence aux familles du Québec, toujours aucune reconnaissance de cette crise. Et, malgré les annonces, les parents ne sont pas rassurés quant au présent et à l'avenir de ce magnifique réseau qui est un joyau à la base.

Aussi, comme vous le savez probablement, le ministère de la Famille tient actuellement une consultation sur les services de garde éducatifs à l'enfance. On a travaillé fort pour s'y préparer, on a délégué des parents dans chacune des régions du Québec pour faire entendre nos revendications au volet régional. On a aussi rédigé un mémoire, bénévolement, avec des parents de tous les horizons. On attendait patiemment notre invitation du MFA au volet national des consultations et on a appris, la semaine dernière, que nous n'étions pas invités, car l'horaire était complet, que Ma place au travail n'avait pas sa place. Bien ironique, Ma place au travail n'a pas sa place, tout comme nos enfants n'ont pas leur place.

En toute franchise, la maman ourse que je suis…

(Interruption)

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Hein, mon bébé? La maman ourse que je suis a bien l'impression que c'est parce qu'on dérange qu'on ne nous invite pas.

(Interruption)

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Je pense qu'il a faim. Après, mon amour, ça ne sera pas long. Par contre, lorsqu'on réfléchit aux motivations qui ont poussé à la création du réseau des services de garde…

(Interruption)

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Ça, ça aide, des fois, hein? O.K. Quand on pense aux motivations qui ont poussé à la création du réseau des services de garde, les parents ont toujours été considérés comme étant au coeur de celui-ci. Nous sommes les utilisateurs de ce réseau, nous en profitons à chaque jour, nous sommes touchés par la crise actuelle plus que jamais. Alors que le ministère a dit avoir envie de répondre aux besoins des familles québécoises d'aujourd'hui et de demain et qu'il lance une réflexion sur la façon de rendre le réseau des services de garde éducatifs plus efficace et accessible, il tasse les parents du revers de la main? On nous a fait comprendre que notre statut de groupe Facebook était un enjeu, mais notre équivalent chez les éducatrices, Valorisons ma profession, a reçu une invitation, et c'est un groupe Facebook tout comme le nôtre.

On s'entend aussi qu'en 2021 ce n'est pas moi qui vous apprendrai qu'un simple mot-clic peut lui aussi changer les choses. Je profite donc de ma présence ici pour dénoncer le fait que le mouvement Ma place au travail n'a pas été invité par le ministère de la Familleau volet national de la consultation qu'il tient actuellement sur les services de garde éducatifs à l'enfance.

Si on tente de nous décourager ou de nous faire taire, sachez que ce n'est qu'un début. Je fais une thèse sur la résilience, que je compte bien finir, et c'est donc bien mal nous connaître de penser qu'une épreuve va nous arrêter. Non, nous en sortirons grandis.

Je suis disponible les 16, 17 juin, M. Lacombe, et on attend votre invitation. Nous avons envie de collaborer avec vous.

Aujourd'hui, ce sont des dizaines de milliers de Québécois et de Québécoises qui ont parlé, qui ont demandé à ce que les services de garde éducatifs soient accessibles à tous les enfants du Québec, peu importe leur sexe, leur couleur de peau, leur état de santé, leur comportement, pour que chacun ait la chance de partir sur la même ligne de départ.

Ce sont des parents qui se sont levés, qui ont demandé à pouvoir retourner travailler. Je passe mon congé de maternité à me battre pour pouvoir retourner travailler. Ce sont des gens qui ont une connaissance de la langue suffisante pour toutes ces familles qui en auraient le plus besoin et qui, en ce moment, sont les premières à payer le prix de cette crise. M. Legault, tous ces gens ont parlé, les entendrez-vous?

Je suis partie de Cacouna à 5 h 30 ce matin, M. Legault, pour vous parler, m'entendrez-vous? Merci.

La Modératrice : On est prêt à prendre les questions. Comme je vous le disais, on va prioriser le sujet du jour, s'il vous plaît.

M. Larin (Vincent) : Vous avez demandé une rencontre avec François Legault?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Oui, ça fait plusieurs mois que je demande une rencontre avec M. François Legault. Je pense que c'est un enjeu qui ne touche pas que le ministère de la Famille. Je pense qu'on touche à la pénurie de main-d'oeuvre. Je pense qu'on touche aux ministères de la Santé et l'Éducation, parce que le quart des femmes dans notre mouvement sont des enseignantes ou des membres des services sociaux, donc des psychologues, futures psychologues, comme moi, des travailleurs sociaux, toutes sortes de personnes qui travaillent aussi, donc qui ont été en première ligne pour la pandémie. Donc, je pense que... c'est ça, ça touche l'éducation aussi.

M. Larin (Vincent) : Vous avez eu une réponse?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Pardon?

M. Larin (Vincent) : Vous avez eu une réponse, à date, du cabinet de François Legault?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Jamais. Totalement ignorée.

M. Larin (Vincent) : Un accusé de réception?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Rien. On a écrit une lettre à tous les députés. Dans le fond, on s'est assuré que chaque circonscription recevait des lettres papier et courriel, et ce n'est vraiment pas tout le monde qui nous a répondu. Et François Legault, là, ça fait... je pense que ça doit faire 50 fois que je l'interpelle en entrevue puis je n'ai jamais eu de retour de sa personne.

M. Bergeron (Patrice) : …mais j'ai une question concernant ce que vous avez dit, vous avez été manipulés, censurés. À quoi faites-vous allusion, au juste, là?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Bien, censurés, il y a eu un article du Journal de Montréal sur cette question-là. En fait, on était des mères à poser des questions sur les points de presse. D'ailleurs, il y a une question dont je me souviens, j'ai demandé... en fait, il y a une mère qui a été refusée à la vaccination parce qu'elle avait son bébé, qui n'avait pas de place en garderie, qui était avec elle. Puis on lui a fait sentir, bien, très coupable d'être là avec son bébé. Elle s'est obstinée, finalement, elle s'est fait vacciner. Donc, moi, ça me posait question. C'était un point de presse de Christian Dubé, j'ai posé une question, j'ai dit : Les parents qui n'ont pas de place en garderie, est-ce qu'ils ont le droit de se faire vacciner au Québec? Puis, on a censuré, on a supprimé ma question.

M. Laforest (Alain) : ...le gouvernement qui est là, ça vous aiderait? Parce que des places en garderie, du plus longtemps que je me souvienne, les parents réclament… il en a toujours manqué.

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Écoutez, ce n'est pas parce qu'on a toujours eu un problème qu'on ne peut pas le régler. Moi, je pense que notre réseau, il a permis aux femmes d'intégrer le marché du travail, on s'en vante. Actuellement, le réseau, il est en crise, on a perdu à peu près 7000 places en milieu familial avec la pandémie. Le mur dans lequel on se retrouve, il avait été annoncé par les partis de l'opposition. Il n'y a pas eu de prime COVID pour les éducatrices. Moi, je pense qu'il n'est jamais trop tard pour réparer une erreur puis qu'admettre ses erreurs, c'est une preuve d'intelligence aussi.

Donc, moi, je pense que là, actuellement, on a un gouvernement majoritaire qui pourrait faire des choses concrètes. Il l'a fait pour les personnes âgées au début de la pandémie. Présentement, ce sont des enfants qui ne sont pas en sécurité aussi. Il y a des annonces sur Kijiji de milieux de garde qui profitent, qui ne sont pas réglementés, qui profitent de la détresse des familles. Il y a des réseaux de pédophilie qui s'organisent autour de cette crise-là. Je pense qu'on a une responsabilité collective. Je pense qu'on ne devrait pas laisser nos enfants derrière. Je pense qu'ils ont souffert de cette pandémie-là, tout comme nous. Mon bébé n'aura pas vu personne dans sa première année de vie. Je pense qu'il a le droit de socialiser dans un milieu de garde.

M. Robitaille (Antoine) : Les partis de l'opposition sont pas mal d'accord, là, sur la pénurie. Pourquoi vous vous associez aujourd'hui au Parti libéral?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : En fait, il fallait faire un choix par rapport au dépôt de la pétition. Pour nous, ça n'a pas été facile parce que, en fait, ils collaborent avec nous, tous les trois, depuis le début, là. Donc, nous, on est allés avec le parti de l'opposition officielle. Marc Tanguay a été le premier à m'appeler... Je pense que le bébé, il a peut-être faim. Oui, donc, il a été le premier à m'appeler au début de tout ça. Vous savez, quand il y a un bébé qui pleure, puis c'est le nôtre, là, ce n'est pas facile de se concentrer. Donc, vraiment, ça a été un choix déchirant. On sait que Mme Hivon travaille sur ce dossier-là depuis des années. Pour nous, c'est une alliée très forte aussi. Christine Labrie, même chose, donc, vraiment… C'est parce qu'il fallait faire un choix. Vous savez comment ça fonctionne, un dépôt de pétition, il faut choisir quelqu'un pour la parrainer, puis donc, Marc a proposé…

M. Robitaille (Antoine) : Les deux autres partis diraient que le Parti libéral a une part de responsabilité dans la situation actuelle. Qu'est-ce que vous répondez à ça?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Ce que je réponds, c'est que présentement il y a tellement de choses à faire dans le présent puis dans l'avenir que, là, on se tourne vers là. Ensuite de ça, je ne peux pas nier qu'il n'y a pas eu assez d'investissements dans le passé, à mon avis à moi. Mais présentement, je vais travailler avec ceux qui nous aident, puis Marc Tanguay nous aide depuis le départ, de façon constructive, à régler, à faire bouger les choses. Donc, je ne vais pas frapper sur quelqu'un qui m'aide, puis je pense que, justement, reconnaître ses erreurs, c'est aussi une preuve d'intelligence. Puis s'ils sont réélus dans un prochain mandat puis qu'ils investissent massivement dans les services de garde ou qu'ils s'engagent à le faire, pour moi, c'est une preuve, justement, d'avancer en tant que société puis de réaliser que c'est nécessaire d'investir dans ce dossier-là.

M. Robitaille (Antoine) : …déjà milité dans un parti politique? Avez-vous déjà milité dans un parti politique? Non.

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Je ne suis pas affiliée à aucun parti, je ne suis pas membre d'aucun parti.

M. Laforest (Alain) : Pour donner une chance à Jules, M. Tanguay, est-ce que vous prenez l'engagement ici que, si vous revenez au pouvoir, vous allez investir dans les garderies?

M. Tanguay : Ah! bien, c'est clair que ça prend un plan de… Tout à fait, c'est clair que ça prend un plan…

Une voix : …enlever votre masque.

M. Tanguay : Ah! pardon. Alors, c'est clair que ça prend un plan. Ce que l'on voit, c'est une crise sans précédent…

M. Laforest (Alain) : …je vous parle d'un engagement de la part du Parti libéral.

M. Tanguay : Ah! bien, c'est… oui, tout à fait, tout à fait.

M. Laforest (Alain) : Donc, on va réparer les erreurs du passé.

M. Tanguay : Bien, écoutez, le présent, comme l'a bien dit Myriam Lapointe-Gagnon, le présent et l'avenir, c'est ce qui nous préoccupe. Aujourd'hui, c'est une crise sans précédent, ça prend un plan, là. Le ministre, s'il était ici, il vous dirait : Bien, j'ai annoncé ça, j'ai annoncé ça, j'ai annoncé ça…

M. Laforest (Alain) : …je ne vous parle pas du ministre, là, moi, je vous parle de vous, là, votre engagement en tant que parti. Est-ce que vous reconnaissez les erreurs du passé?

M. Tanguay : Je pense que tout est perfectible, je pense que, si c'était à refaire, il y a certaines choses qu'on pourrait suivre davantage. Chose certaine, aujourd'hui…

M. Robitaille (Antoine) :

M. Tanguay : Bien, vous savez, Mathieu Lacombe, puis vous allez me permettre de nous comparer, 3 000… créer 3 000 places, en moyenne, sur le mandat de 2014-2018, est-ce que c'était suffisant? Est-ce qu'on aurait pu en faire plus? Probablement, oui, que 3 000. Présentement, sous la CAQ, ce n'est pas 3 000, c'est 1 000. Alors, quand Mathieu Lacombe dit : Les Libéraux, c'est les 15 ans libéraux… À un moment donné, on est tannés, là. C'est le troisième budget qu'ils déposent, Mme Lapointe-Gagnon vient de vous en parler, troisième budget, il en reste un, puis il passe à côté de la cible. Alors, les années libérales, on peut en parler jusqu'à ce soir, mais il est déjà un tiers seulement de ces années-là.

Et la crise s'empire, plus de 51 000 parents. Puis vous avez vu la liste, là, la vraie liste, c'était 88 000, mais il y a des calculs savants qui font en sorte qu'on la réduit à 51 000. Alors, honnêtement, puis je ne veux pas accaparer tout le temps, là, mais je pense que c'est important de reconnaître la crise et que le premier ministre s'y intéresse. Le premier ministre ne s'intéresse pas à ce dossier-là, suffisamment, en tout cas. Quand il en parle, ce n'est pas pour dire : On va avoir un plan d'urgence national. La pétition, près de 19 000 parents, notamment, qui ont signé, demande un plan d'urgence national puis une mobilisation de tous les ministères et organismes, pas juste de Mathieu Lacombe mais du premier ministre aussi au premier titre, là.

La Modératrice : Avez-vous d'autres questions pour Mme Lapointe-Gagnon en français?

M. Laforest (Alain) : J'en aurais peut-être une, M. Tanguay, sur un autre sujet.

La Modératrice : ...questions sur un autre sujet en français, après je vais passer en anglais.

M. Laforest (Alain) : Concernant la réouverture des frontières, M. Tanguay, est-ce que vous avez eu l'occasion d'en parler en caucus? Puis vous vous positionnez comment sur la… 

M. Tanguay : Ah, ça, je laisserais mes collègues porte-parole officiels. Je pense qu'il y aura des discussions, effectivement, à parfaire, mais je laisserais mes collègues responsables du dossier, là, vous préciser le tout.

M. Laforest (Alain) : Allez-vous allez en vacances aux États-Unis cet été?

M. Tanguay : Non, non, c'est des vacances au Québec qui sont prévues, des vacances au Québec.

Mme Gamache (Valérie) : Sur le plan de chirurgie qui sera présenté cet après-midi, est-ce que, ça, vous avez de grands espoirs que les Québécois qui sont en attente puissent finalement recevoir leur chirurgie rapidement?

M. Tanguay : Bien, écoutez, sur la question, encore une fois, il y a un porte-parole, il y a une porte-parole, Marie Montpetit, en matière de santé, mais chose certaine, effectivement, je pense que vous faites référence au rattrapage qui devra être fait au niveau des chirurgies. Je pense que c'est le contrecoup de la pandémie. On le sait depuis plusieurs mois, ça va prendre un plan complet et tangible qui va permettre, effectivement, de donner les soins requis, et ça, c'est excessivement préoccupant, effectivement.

Mme Senay (Cathy) : Avez-vous des appels, vous, d'électeurs qui sont très, très, très inquiets par rapport à ça?

M. Tanguay : Par rapport au rattrapage à effectuer…

Mme Senay (Cathy) : Qui sont toujours en attente d'une chirurgie?

M. Tanguay : …on en entend parler, très clairement. Oui, oui, tout à fait, tout à fait, le rattrapage est important.

Mme Senay (Cathy) : Bien, qu'est-ce que vous leur répondez?

M. Tanguay : Bien, écoutez, nous, on fait notre travail d'opposition. Le gouvernement, qu'est-ce qu'il va leur répondre, le gouvernement? Quel sera le plan complet? Comment ça va se faire? Selon quel calendrier? Parce qu'il ne faut pas abandonner personne. Il ne faut pas abandonner personne.

Nous, on reçoit les doléances dans nos comtés. On reçoit les préoccupations. On essaie de les accompagner, mais le leadership, c'est le gouvernement qui l'a et l'initiative, c'est à eux de faire preuve de cette diligence-là.

La Modératrice : Cathy.

Mme Senay (Cathy) : I would ask you in English.

La Modératrice : Attends, Cathy. Elle voudrait te répondre là-dessus, Myriam, puis après on va passer en anglais.

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Je veux juste vous dire que dans notre mouvement, là, juste dans les 7 700 parents, il y a 1 000 infirmières qui veulent retourner travailler ou qui vont être en sans solde prochainement. Je pense que là, là, présentement, là, en tant que journalistes, vous avez aussi le devoir de réaliser que cet enjeu-là, il touche toutes les sphères de notre société, surtout après une pandémie comme ça.

J'ai reçu cette semaine l'histoire d'une famille. Il y a un médecin, là-dedans, sa blonde est résidente en médecine. Le papa a laissé tomber ses patients pour être à la maison avec les enfants parce que la femme doit finir sa résidence, puis elle, elle ne peut pas prendre de pause dans sa résidence en médecine. Donc là, il y a des patients qui viennent de perdre un médecin qualifié qui avait des patients à sa charge depuis plusieurs années, parce qu'ils n'ont pas de place en garderie.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous pensez qu'il devrait y avoir un passe-droit pour les infirmières?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Je pense que tout le monde est essentiel. Je pense que là, pendant la crise, oui, je pense qu'il aurait dû y avoir… pas des passe-droits, mais des mesures appliquées. Puis, tu sais, nous, on demande aussi à ce qu'il y ait des CPE rapidement dans les hôpitaux, là. Je ne comprends toujours pas pourquoi. À Rivière-du-Loup, je sais que ça fait des années qu'on se bat pour ça, puis ça n'avance pas. C'est super difficile pour des parents avec des horaires atypiques de trouver un milieu de garde. Dès que tu ne rentres pas dans les horaires 8 à 4, tu as encore moins de chance, là, si ton enfant a une allergie, c'est quasiment impossible. Donc, oui, il y a des choses à penser, là, collectivement, pour que tout le monde puisse bénéficier aussi d'un investissement majeur. On sait qu'il y a 6 milliards qui arrivent du fédéral, là. On nous dit qu'on va l'utiliser pour rembourser la dette, mais c'est qui, qui va la rembourser, la dette, sur le long terme? C'est mon fils.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : So, you're basically asking the Legault Government to come out with an emergency plan for subsidized day cares and other day cares, private day cares, well, because the situation is… cannot last this way?

Mme Fletcher (Raquel) : Sorry, can you introduce yourself in English?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Yes. My name is Myriam Lapointe-Gagnon. I'm the speaker, ≪porte-parole≫…

Une voix : Spokesperson.

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Spokesperson of Ma place au travail, that is a citizens' movement all across Québec. I'm also a Ph. D. in psychology — soon to be — and I'm the mother of Jules, seven months.

Mme Senay (Cathy) : So, the situation cannot last?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Oh! It cannot last for many families, they are already losing their home, they are already losing their jobs, because not all employers are open to manage… to arrange a woman that cannot go back to work, so they are losing their ≪permanence≫ and they are starting all over again. So, no, it cannot last. And for our society, it cannot last because we need workers everywhere, especially in the… me, in Bas-Saint-Laurent, as an example, like, they came to me in Montréal and said: We need psychologists now in Bas-Saint-Laurent, there are none for children. So, they approached me to come there and work there, and maybe I will lose my Ph. D. and not finish my studies, and not become a psychologist because I don't have a day-care for my son. So, right now, I have a waiting list of more than a hundred names, and if I don't have a day-care, those hundred people will pay for that. So, that's what I want, all of us, to realize that it's a question of equality of gender, it's a question of equality for children, but it's a question of public services for everyone, and it doesn't… I don't speak only for the families, I speak for everybody today.

Mme Fletcher (Raquel) : I was wondering, you know, the Minister spoke last week, and he said: We're putting some…

Une voix :

Mme Fletcher (Raquel) :…the Minister said: We're putting some measures in place, but it's not going to be solved, you know, in the next couple of weeks, and it's definitely not going to be solved in the summer. He said: The summer is going to be a crisis. Is there a balance, in your mind, between what the Government should be doing, what you're calling for today, and what workplaces can do to accommodate women? Because…

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : Workplaces?

Mme Fletcher (Raquel) : Yes. They have been accommodating people for a pandemic. Should they continue to do that?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) :Yes. Our next puzzle piece is the employers, so all the companies, and we want… but the main employers for the parents in our movement is the Government. So, this Government should be held responsible if women are losing their job because…

Une voix :

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) :Tu es tanné, mon amour… Ça, c'est le truc, tiens, on va te donner la tribune, tiens. Donc... Yes, the employer should be alert on the subject and should be sensibilized to this. But, for me, what I say to Mr. Lacombe and his team since day one is that if they want time to complete this project, they have to take measures to help the families in the meantime because, right now, we don't have any kind of help. We don't have a PCU for the women who don't have a day-care. And many, many women now, they sell everything, their car, their house, everything. And the only help they have is the «bien-être social»…

Une voix : Social security.

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : …the social security. So, a woman that had a salary of, maybe, $60,000 per year, is now losing everything. And the only help she can get for her child is this measure, and… this is a good measure, but this is not appropriate for the kind of problem we are in now. And, I've heard horror stories. Like, everyday, I hear horror stories and I don't… I cry everyday about this. Women that started OnlyFans to pay for their child needs, and this is not the choice.

M. Grillo (Matthew) : …the Premier…

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : No.

M. Grillo (Matthew) : …I guess you've made a lot of requests, trying to get a meeting with the Premier. Can you just explain what that's been like?

Mme Lapointe-Gagnon (Myriam) : It feels like I am being ignored and, in our minds, because of history, all the women in this movement… we have in the back of our mind that we are ignored because we're women and because it is not important. Because, if we see just in the budget, increase in the road construction by 20 % because of the high of prices in construction, in infrastructures for the CPE, the infrastructure for the day care, 0.03 augmentation. The plywood doesn't go up 0.03. My husband is in construction and he knows. So why, why invest in construction mainly? Why let women lose their jobs? Why? What is the point? It doesn't help anybody, so what's the point? Is it an ideology? I don't know, but what I know is that many women, hundreds, thousands of women, they don't want to make anymore children because of that. I'm questioning myself about having another one. I want another one, but if I don't find for him, for two years…

Mme Senay (Cathy) : And, Mr. Tanguay, can I ask you about another stressful moment for your own constituents with the surgeries, people waiting for a surgery? Did you receive phone calls at your riding office? What can you tell them? Because it's very stressful when you just don't know…

M. Tanguay : Absolutely. So, of course, in LaFontaine, we are receiving those types of calls, trying to find answers, trying to help citizens who are very, very upset and very sad about this situation. We are talking about... of people's health, people's security, and so we are trying to help as much as we can. But at the end of the day, we need to have a very thorough, complete plan from the Government in order to achieve this, which is the «rattrapage» of all the surgeries, for instance.

Mme Senay (Cathy) : British Columbia was able, last summer, to tackle the list of surgeries. How come in Québec we couldn't?

M. Tanguay : I think that it's a good thing for the Government to have a copy of that plan and to read it and to try… if there's good solutions, to apply these, here, in Québec. So at the end of the day, of course, that's going to be the side effect, the impacts of the COVID. We have to act, the Government has to act quickly, very quickly.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 9 h 21)

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