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Point de presse de Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Le vendredi 11 juin 2021, 8 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trente-quatre minutes)

Mme Massé : Bonjour, tout le monde. On sent la fin de session. C'est beau à vous voir. Alors, aujourd'hui…

Des voix : ...

Mme Massé : C'est vrai, vous êtes vraiment beaux à voir, beaux et belles, vous comprenez. Donc, aujourd'hui, je suis vraiment fière de mon caucus solidaire et j'ai envie de vous en parler. Sincèrement, je pense qu'on a eu la meilleure session parlementaire depuis la dernière élection, depuis le début de la législature. Je pense qu'on a démontré que l'alternative à la Coalition avenir Québec, c'est Québec solidaire.

C'est Québec solidaire qui a imposé le débat sur la crise du logement et la réalité que vivent 3 millions de locataires au Québec. C'est Québec solidaire qui a défendu la politique propre et éthique face à l'arrogance du ministre Fitzgibbon. C'est Québec solidaire qui mène la charge contre le troisième lien à 10 milliards, sans aucune hésitation, parce que, nous, ça fait longtemps qu'on sait que ce projet-là, bien, il n'a pas de bon sens en 2021. En fait, il n'y a pas de lumière au bout de ce tunnel-là.

M. François Legault a le piton un peu collé sur ses petites obsessions : les maternelles quatre ans, les maisons des aînés, le troisième lien. Pour ça, il est prêt à dépenser sans compter. Mais, quand on lui parle des vrais problèmes que vivent les familles, sa réponse, c'est : Abracadabra! Ah! il n'y en a pas, de problème.

Je lui parle de crise du logement, il me parle de logements à 500 $ à Montréal. On les cherche encore. On pense… il pense, pardon, recruter toutes les éducatrices nécessaires, les éducatrices en garderie, avec des salaires de 16 $, 17 $ de l'heure. Bien, je vais lui souhaiter bonne chance.

Mais je pense que ce qui dérange le plus le monde à la maison, c'est le traitement de faveur pour les chouchous du premier ministre. Et là je pense à M. Roberge, qui a menti. Il le défend. Il le défend encore. M. Fitzgibbon brise les règles d'éthique. Il veut qu'on change les règles. Ça, ça choque le monde. Ça, ça indigne le monde. François Legault a pris des habitudes, puis c'est des mauvaises habitudes des vieux partis. Ce n'est pas ça qu'il avait promis aux Québécois et aux Québécoises.

Cet automne, quand on va se revoir, Gabriel aura pris la relève comme chef parlementaire. Quant à moi, bien, vous allez bien sûr me revoir au Parlement, comme d'habitude, mais le reste du temps, je vais être sur le terrain. J'ai hâte d'aller à la rencontre des gens, d'aller retrouver les gens, de partager avec eux notre vision du Québec, leur redonner espoir, leur parler d'environnement, de climat, parce que je sens vraiment une lourde responsabilité sur mes épaules. Les jeunes comptent sur nous, ils comptent sur Québec solidaire, puis je vous le garantis, on va être au rendez-vous.

M. Nadeau-Dubois : Merci, Manon. Bonjour, tout le monde. Ce serait facile pour moi aujourd'hui de vous dire que François Legault a, depuis quelques semaines, une drôle d'attitude, qu'il est arrogant, déconnecté, qu'il est dans sa bulle. Mais la vérité c'est que, ce qui m'inquiète pour vrai, ce n'est pas son attitude, c'est sa vision pour le Québec.

Le premier ministre ignore complètement ce que vivent les 3 millions de locataires du Québec. Il ne fait aucun effort pour les aider à traverser la pire crise du logement en 15 ans. Le premier ministre pense que les règles éthiques, ça passe après l'épaisseur du portefeuille de Pierre Fitzgibbon. Il ne comprend pas que les gens sont tannés de cette politique-là, ils sont tannés des politiciens qui se croient tout permis. Le premier ministre pense qu'il va convaincre les Québécois qu'une autoroute à 10 milliards, c'est bon pour l'environnement. Il ne réalise pas que les gens sont rendus ailleurs, que les Québécois veulent qu'on fasse le virage vers la transition écologique.

Si Québec solidaire n'avait pas été là, ces choses-là n'auraient pas été dévoilées au grand jour. Le parti qui dévoile la petitesse de la vision de François Legault, c'est Québec solidaire. Si Québec solidaire n'avait pas été là, sa déconnexion au sujet de la crise du logement n'aurait jamais éclaté au grand jour. Si Québec solidaire n'était pas intervenu, Pierre Fitzgibbon serait encore ministre aujourd'hui, et le premier ministre, lui, bien, il serait encore en train de s'essuyer les pieds sur le code d'éthique des députés de l'Assemblée nationale, parce que, semble-t-il que pour lui, les règles, c'est bon pour tout le monde sauf pour ses amis. Si Québec solidaire n'était pas là, les gens de Québec qui s'opposent au troisième lien, ils ne seraient pas représentés à l'Assemblée nationale.

Je ne me lancerai pas dans des prédictions électorales, je suis meilleur pour les prédictions de hockey, mais je sens quelque chose, par contre, c'est que le premier ministre nous sous-estime. Parce que nous, on sait où on s'en va. On a tiré des leçons de la pandémie. On a une équipe, Manon l'a dit, qui a gagné en leadership et en maturité, depuis notre élection en 2018, notamment grâce à l'excellent travail de Manon comme cheffe parlementaire. On a un projet de société, surtout, un projet de société qui est résolument plus pragmatique que les obsessions électorales de François Legault. Pourquoi? Bien, parce qu'on a une vision, une vraie vision pour le Québec, qui répond aux vrais problèmes des gens.

Les Québécoises et les Québécois, ils ne veulent pas des gros trous, ils veulent des grands projets. On rêve de construire, à Québec solidaire, un Québec libre, fier, un Québec juste, un Québec qui s'engage dans la transition écologique. On ne rêve pas de construire le plus gros tunnelier du monde. On veut relancer le Québec vers l'avenir, pas vers l'arrière.

On est capable, au Québec, on est capable d'avoir des services publics qui livrent la marchandise, on est capable d'avoir des écoles où nos enfants réussissent, on est capable d'avoir des places en CPE pour tout le monde. On est capable de mobiliser le peuple québécois derrière le plus grand chantier de son histoire, celui de la transition écologique.

Vous allez beaucoup m'entendre parler comme ça dans les prochains mois. On est capable de mieux au Québec. Il existe une autre vision que la petite vision de François Legault. C'est une grande vision, puis c'est celle de Québec solidaire. Merci beaucoup.

La Modératrice : On va prendre vos questions. Une question et une sous-question, s'il vous plaît.

M. Larin (Vincent) : Vous vous attendez à un retour à la normale des activités parlementaires à l'automne prochain?

M. Nadeau-Dubois : Sur le plan du fonctionnement du Parlement?

M. Larin (Vincent) : Oui, exactement, puis sur les thèmes, aussi, disons, là, en général.

M. Nadeau-Dubois : Bien, sur le plan… Commençons par le plate ou le plus… le pratico-pratique. Sur le plan du fonctionnement du Parlement, moi, je m'attends à ce que l'Assemblée nationale fonctionne de manière cohérente avec comment va fonctionner le reste de la société. Donc, si, par exemple sur les campus, il n'y a plus de distanciation physique, bien, je pense que ça va ouvrir la porte au retour de 125 députés au salon bleu. Moi, je m'attends à de la cohérence. Puis, bien sûr, on va suivre à la lettre, comme toujours, les recommandations de la Santé publique.

Sur la joute politique, sinon, sur le débat politique, je pense que la pandémie a pris, bien sûr, beaucoup de place dans la dernière année et demie. Je pense qu'à l'automne va s'ouvrir un espace politique pour parler de l'avenir du Québec, pas seulement de la gestion quotidienne de la pandémie. Et je pense qu'on va le voir, là, cet affrontement entre deux visions, entre deux projets de société tellement différents, tellement différents : la petite vision de François Legault, qui se résume en quelques engagements électoraux dont les gens n'ont pas vraiment envie, les maternelles 4 ans, le troisième lien, les maisons des aînés, et des grands projets pour transformer le Québec, pour se lancer dans la transition écologique, puis ça, c'est la grande vision de Québec solidaire.

M. Larin (Vincent) : …dans certains pays où la vaccination est bien avancée, il y a des quatrièmes vagues. On nous dit qu'on n'est pas à l'abri d'un variant. Advenant une quatrième vague qui ferait qu'on reviendrait, là, à un système parlementaire, là, restreint, quelles conséquences ça pourrait avoir en vue de l'élection d'après, selon vous?

M. Nadeau-Dubois : Il n'est pas exclu qu'il y ait une quatrième vague, il n'est pas exclu qu'il y ait des variants qui déjouent le vaccin, et c'est pour ça qu'il faut mettre en place une loi transitoire pour éviter qu'on retombe en état d'urgence sanitaire, si jamais ça se produit. Ce serait inadmissible qu'on continue à vivre dans un régime d'exception, dans une gouvernance par décret, l'automne prochain.

Ceci étant dit, le gouvernement a raison sur un point, c'est vrai qu'il a besoin de certains pouvoirs pour lutter contre la pandémie. Comment qu'on sort de ce cul-de-sac-là? Avec une loi transitoire qui donne certains pouvoirs spéciaux au gouvernement tout en permettant à la démocratie d'être déconfinée.

Mme Prince (Véronique) : Bonjour, vous parlez de vos bons coups, que ça a été la meilleure session depuis le début de la législature, que vous avez pris de la maturité, et tout ça, mais il ne faut pas oublier que c'est plombé par vos chicanes internes. Comment allez-vous régler ça avant la prochaine campagne électorale?

Mme Massé : Bien, écoutez, je pense que Québec solidaire a effectivement, dans les derniers mois, fait des débats. C'est ça, d'avoir un parti démocratique, c'est de débattre avec les gens. On a débattu, mais on a réglé ça, là. Je ne sais pas pourquoi vous reportez ça vers l'avenir.

Mme Prince (Véronique) : C'est réglé pour la prochaine élection?

Mme Massé : Bien, les membres ont clairement affirmé que la lutte antiraciste, Québec solidaire va poursuivre son travail, c'est essentiel. Mais, il y a des façons que nos membres nous ont dit que : Ça, on ne veut plus que ça se passe de même. Ça fait que pour moi, on est en selle, on continue notre travail.

Mme Prince (Véronique) : Et un des problèmes que vous avez, mais qu'en fait toutes les oppositions ont en ce moment, là, c'est la popularité de la CAQ et de François Legault dans les sondages à un an des élections. Vous allez me dire que ça a le temps de changer, là. Mais, dans la prochaine année, comment allez-vous faire pour consolider les acquis que vous avez faits en région? Parce que c'est là où c'est le plus risqué, pour n'importe quel parti, de perdre.

Mme Massé : Oui, bien, deux choses. Sur la question des sondages, vous avez raison, là. On va juste se rappeler qu'avant la dernière élection on était à 8 % puis on est sorti à 16 %. Ça fait que, pour moi, un sondage, c'est un sondage. Ceci étant dit, Québec solidaire continue son travail. Quand on parle de logement, on ne parle pas juste aux gens de Québec puis de Montréal, on parle aux gens de Gatineau, on parle aux gens de Hull, aux gens de... pardon, de Rouyn-Noranda, on parle à tous les Québécois et Québécoises. On parle aux 3 millions de Québécois et Québécoises à travers le Québec.

Alors, dans ce sens-là, moi, j'ai juste envie de vous dire : On va poursuivre notre travail. La dernière session nous a démontré que, quand Québec solidaire n'est pas là, il y a des sujets qui n'apparaissent pas dans le radar. Et c'est ça qu'on va continuer de faire pour les gens à travers l'ensemble du Québec.

M. Nadeau-Dubois : Juste sur la popularité de François Legault. François Legault a une certaine popularité, mais il est plus populaire que son projet de société. Son projet de société, lui, je pense que les Québécois n'embarquent pas. Le troisième lien à 10 milliards, les maternelles quatre ans mur à mur alors qu'il y a une crise dans les CPE, les Québécois ne veulent pas de ça. Donc, il a des chiffres d'appréciation de sa personne, c'est vrai, on voit les mêmes chiffres que tous les journalistes. Mais son projet, lui, les Québécois n'embarquent pas là-dedans.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Une question pour vous, M. Nadeau-Dubois, peut-être pour commencer. Vous allez entamer la prochaine session parlementaire pratiquement 10 ans, jour pour jour, après le printemps érable. Qu'est-ce que vous avez appris, depuis 10 ans, qui vous donne, selon vous, des bases solides pour devenir chef?

M. Nadeau-Dubois : Oui, j'ai réalisé ça aussi dernièrement. C'est une longue route malgré tout. Qu'est-ce que j'ai appris? Bien, depuis quatre ans, je côtoie Manon, et il y a quelque chose que j'ai appris d'elle, en tout cas, depuis le début de mon engagement en politique, c'est que le leadership, c'est indissociable de l'écoute. Manon est une femme qui écoute énormément les gens autour d'elle. Et je ne suis pas sûr que j'ai toujours eu cette qualité-là. À côtoyer Manon, je l'ai, je pense, développée davantage. Et c'est aussi pour ça que je vais entamer la prochaine session avec beaucoup de confiance, c'est parce que je sais qu'elle va rester à mes côtés. Elle ne quitte pas, bien sûr, Québec solidaire, mais elle ne quitte pas non plus le Parlement, elle ne quitte pas notre caucus. Elle va être à mes côtés pour continuer d'être co-porte-parole avec moi. Et sa présence me donne beaucoup de confiance.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mme Massé, ma deuxième question est pour vous. Vous allez participer aujourd'hui à votre dernière période de questions comme cheffe parlementaire de Québec solidaire, dernière fois que vous interpellerez le premier ministre. Est-ce que vous accueillez cette journée-là aujourd'hui un peu comme du soulagement, que c'est terminé pour vous de faire ça?

Mme Massé : Bien, c'est mon choix, hein, j'ai choisi de quitter ces fonctions-là, comme je vous l'expliquais, parce que je trouvais que c'était lourd. Mais je vous dirais que j'aborde cette journée-là surtout avec beaucoup de fierté. Tu sais, la maison est en ordre, notre équipe est unie, on a des députés qui ont maturé depuis deux ans et demi. Mon co-porte-parole, en toute humilité, parle de lui, mais toute l'équipe a maturé. Ça fait que, pour moi, j'aborde cette dernière journée-là surtout, M. Larose, avec fierté.

Mme Côté (Claudie) : Mme Massé…

Des voix :

Mme Côté (Claudie) : Désolée, on est dissipés ce matin.

Mme Massé : Bien, je l'avais senti, mais je le sais qu'il ne va pas neiger.

Mme Côté (Claudie) : Normalement, non. Mme Massé, ma question est pour vous, c'est un peu par rapport à ce que mon collègue vous a demandé comme question. On parle beaucoup de la popularité de François Legault. Est-ce que vous pensez que Gabriel Nadeau-Dubois est la personne la mieux placée pour égratigner cette popularité?

Mme Massé : Bien, je pense que Québec solidaire sont les mieux placés pour égratigner parce qu'on met au jour… Prenons M. Fitzgibbon, hein? Gabriel l'a bien dit, je suis d'accord avec lui, si Québec solidaire n'avait pas été là, si Vincent Marissal n'avait pas été là, bien, M. Fitzgibbon serait encore ministre de l'Économie. Alors, je pense que c'est un travail d'équipe, mais, oui, je pense que Gabriel va faire un excellent vis-à-vis par rapport… face à M. Legault. Mais, ceci étant dit, quand je me rappelle ce que j'ai relevé sur la déconnexion du premier ministre face à la crise du logement, je pense que je faisais une pas pire job aussi.

Mme Côté (Claudie) : Vous passez le flambeau avec un sentiment de devoir accompli.

Mme Massé : De devoir accompli et de fierté, oui.

Mme Côté (Claudie) : Ma seconde question, je vais revenir sur le Collectif antiraciste décolonial, il se passe quoi, avec le collectif? Est-ce qu'il est rentré dans les rangs? Est-ce qu'il va continuer d'exister? On en est où?

Mme Massé : Bien, écoutez, nous, à partir du moment où nos membres… C'est ça, un parti démocratique. Il y avait un débat, le débat s'est fait, les membres ont tranché, ils ont tracé une ligne. Puis, à partir de ce moment-là, les membres, pas seulement les gens du collectif, dont vous parlez, mais tous les membres savent qu'à Québec solidaire il y a une façon qu'on fait de la politique et il y a une façon où nos membres nous ont dit qu'ils ne voulaient plus voir ça. Ça fait que moi, je pense que c'est là qu'on en est aujourd'hui puis qu'on va en rester puisque les membres ont tranché.

M. Bergeron (Patrice) : Vous avez parlé tout à l'heure de l'affrontement entre deux visions, avec votre collègue… M. Nadeau-Dubois a parlé d'un affrontement entre deux visions. Puis, hier encore ou avant-hier, vous avez parlé donc, évidemment, de l'affrontement sur le troisième lien, du langage… que votre collègue Mme Dorion avait utilisé, ce qui n'a pas nécessairement une résonance en région, là. Comment vous allez faire pour sortir de cette espèce d'ornière du clivage, d'être un parti clivant?

Mme Massé : Bien, écoutez, nous, on parle des vraies affaires, là. Quand vous dites : Ce n'est pas un projet qui parle, je m'excuse, là, le 10 milliards, c'est tous les Québécois, toutes les Québécoises qui vont le payer. Alors ça, on est conscient de ça à travers le Québec. Et c'est tous les Québécois et toutes les Québécoises qui vivent avec les impacts du changement climatique. Alors, ce tunnel-là n'est ni bon pour nos finances publiques, à tous les Québécois et toutes les Québécoises, ni bon pour lutter contre les changements climatiques, ni bon pour, même, décongestionner, là, si on parle plus proche de Québec, la région de Québec.

Alors, moi, je pense que Québec solidaire, lorsqu'on parle — et là vous me parlez du troisième lien, je pourrais vous parler de bien d'autres choses — on s'adresse à l'ensemble des Québécois et Québécoises. Et, dans le cas du tunnel à 10 milliards, bien, c'est à tout le monde que ça va retomber sur les épaules.

Mme Crête (Mylène) : Vous avez souligné le bon coup de M. Marissal, là, concernant Pierre Fitzgibbon. Qu'est-ce que vous pensez du fait que les autres partis d'opposition semblent profiter du moment aussi pour surfer sur l'espèce de vague de votre succès, là, par rapport à ça?

Mme Massé : Écoutez, c'est sûr que moi, quand j'entends les libéraux, on va se le dire, là, parler d'éthique… Je me garderais une petite gêne, mais je me garderais vraiment une petite gêne, être eux autres. Quand je vois les tergiversations sur la question du troisième lien… Tu sais, Québec solidaire, là, c'est : cohérence, cohérence, cohérence. Et donc je vous dirais que la pandémie, notamment, ce qu'elle a démontré, c'est que Québec solidaire, la vision qu'on met de l'avant, les propositions qu'on met de l'avant, notre façon d'agir, Gabriel et moi mais l'ensemble de la députation, c'est une façon qui… En fait, la pandémie nous démontre que c'est ça, le projet de société que le Québec a besoin.

Quand on regarde les services publics, services de santé, dans la dernière année, c'était tellement pétant comment les gouvernements antérieurs ont tellement appauvri nos services publics qu'on a failli… Bien, on a failli à plusieurs fois. Il y a des bris de services partout, à travers le Québec, ça ne va pas bien au niveau de la santé. Mais je ne vous parle pas de l'éducation. Ça leur a pris je ne sais plus combien de mois avant que le ministre reconnaisse ce que Québec solidaire avait mis de l'avant, c'est-à-dire la nécessité de mesurer le CO2 dans les classes, bon, etc. Ça fait que... Les services de garde, eh! il y a des femmes qui sont obligées… Un parti... La CAQ se dit un parti pour l'égalité des femmes, et ce parti-là ne règle pas un des problèmes qui, actuellement, est majeur, c'est-à-dire les places en garderie. Il pense qu'il va réussir, avec des salaires de 16 $, 17 $ de l'heure, à revaloriser cette profession-là.

Ça fait que Québec solidaire, ce n'est pas pour rien que les autres s'y collent de ce temps-là, là, c'est parce que le projet de société qu'on porte, c'est celui qui répond aux besoins de la population du Québec.

Mme Crête (Mylène) : Mais, en même temps, est-ce qu'il n'y a pas un danger pour vous que des partis qui sont établis depuis des décennies, justement, s'approprient ce succès-là? Vous parlez des services de garde, hier ce qu'on a vu, c'est la dame, Mme Lapointe, qui représente Ma place au travail...

Mme Massé : Myriam, oui.

Mme Crête (Mylène) : ...qui s'est présentée avec Marc Tanguay du Parti libéral. Elle ne s'est pas présenté avec un député de Québec solidaire en point de presse.

Mme Massé : Écoutez, comment vous dire, M. Tanguay... Que Myriam ait choisi de se présenter avec M. Tanguay... On a jasé avec... j'ai jasé avec elle longuement, ma collègue Christine Labrie a fait lever ce débat-là avec des actions que vous connaissez sur les réseaux sociaux. Regardez, quand il s'agit de prendre soin du monde, là, il faut être en mesure de dépasser la transpartisanerie. Mais il y a une chose qui est évidente, c'est que les libéraux... Oui, cette dame-là souhaite, et ces parents-là souhaitent qu'il y ait des changements qui se produisent pour ouvrir plus de places en garderie, mais ils ne sont pas aveugles sur le passé de ce que les partis ont pu faire, notamment les partis comme celui du gouvernement libéral.

Alors, continuons surtout de nous assurer que les femmes puissent avoir des places en garderie pour pouvoir reprendre leur vie. Myriam me racontait, là, il y a des foyers, des familles, des ménages qui sont sur le bord de devoir vendre leur maison, des femmes qui sont sur le bord de... bien, ou qui sont rendues à l'aide sociale parce qu'elles ne peuvent pas retourner sur le marché du travail. Bien, ça, c'est le résultat aussi d'une inaction de 15 ans des libéraux.

Alors, moi, ça m'a pris... Et Myriam le sait très bien, ça ne va pas m'empêcher de critiquer ardemment ce qu'a fait le Parti libéral. Mais moi, je comprends que ces gens-là réunissent toutes les forces possibles pour faire la pression sur le gouvernement puis dire : Il y a une urgence, il faut s'assurer aux femmes de pouvoir retourner sur le marché du travail parce que malheureusement, c'est les femmes qui restent à la maison.

M. Bergeron (Patrice) : Vous avez déjà dit que vous étiez la véritable opposition officielle de l'Assemblée nationale. Est-ce que vous maintenez cette prétention?

Mme Massé : Bien, moi, honnêtement, quand je regarde ma dernière session, là, je vous répète, si Québec solidaire n'avait pas été là... Les millions qui tombent pour la question du logement, là, ça ne vient pas de nulle part, ça. La réparation des HLM, ça fait plus d'un an qu'on le demande. La vision de Québec... Le troisième lien, la mobilisation qu'il y a ici, là, ce n'est pas par hasard, c'est parce qu'il y a un parti politique, dans cette enceinte, qui rassemble les gens autour de la lutte contre ce projet de loi là. Ça fait que moi, dans ce sens-là, je pense que notre présence, notre pertinence, notre persévérance, notre cohérence fait en sorte que, oui, Québec solidaire, c'est la seule alternative crédible à la Coalition avenir Québec.

M. Carabin (François) : M. Nadeau-Dubois, est-ce que vous préparez déjà votre première question au premier ministre? Bien, plus sérieusement, j'aimerais savoir qu'est-ce que vous vous attendez à voir émerger comme sujet de l'heure, si ce n'est pas la pandémie, à l'automne.

M. Nadeau-Dubois : Je pense que le troisième lien sera un incontournable de la prochaine année, d'une part, parce que 10 milliards pour une autoroute, en 2021, c'est un choix de société épouvantable, puis ensuite parce que, selon moi, ce projet-là, il est le symbole parfait de tout ce qui cloche dans le projet de société que présente François Legault. C'est un projet rétrograde, c'est un projet qui est antiscientifique, c'est un projet qui nous éloigne du grand défi de ma génération, qui est celui de lutter contre les changements climatiques. Le troisième lien, c'est le symbole de la CAQ, c'est l'étendard de François Legault, et vous allez m'en entendre parler toute la session, vous allez entendre Catherine Dorion en parler toute la session, vous allez entendre parler Sol Zanetti en parler toute la session... et Manon Massé aussi.

Mme Massé : Oui, c'est ça.

M. Larin (Vincent) : Vous avez parlé des changements climatiques. À quel point pensez-vous que les 15 derniers mois, maintenant, ont affecté les efforts de lutte aux changements climatiques au Québec?

M. Nadeau-Dubois : Bien, il ne fait aucun doute que la pandémie a freiné un certain élan qu'on voyait naître sur le terrain en termes de mobilisation sur la question des changements climatiques. Et ça, ce n'est pas seulement au Québec, c'est partout à travers le monde. Il faudrait être particulièrement inattentif à ce qui s'est passé dans la dernière année pour ne pas constater ça.

Ceci étant dit, il y a une accalmie, et la question des changements climatiques va redevenir au coeur de l'actualité ici, au Parlement, mais partout à travers le monde, j'en suis convaincu. Pourquoi? Parce qu'il y a une génération au complet pour laquelle c'est une menace existentielle. Ces jeunes-là ne laisseront pas ce sujet-là hors des projecteurs très longtemps, j'en suis convaincu. Puis Québec solidaire, c'est le véhicule politique de cette génération-là au Québec.

M. Bossé (Olivier) : Vous dites que François Legault est plus populaire que son projet de société. Est-ce à dire que les Québécois ont soif de projets de société, mais ils ne le savent juste pas encore?

M. Nadeau-Dubois : C'est-à-dire que…

M. Bossé (Olivier) : Non, mais vous voyez ce que je veux dire. Toutes les indications, tous les sondages disent qu'ils sont encore populaires puis qu'ils feraient élire encore plus de députés si les élections étaient demain.

M. Nadeau-Dubois : Oui. Mais je pense que la pandémie explique, en grande partie, cette situation-là. Le premier ministre a bénéficié d'un niveau d'exposition médiatique sans précédent dans l'histoire politique récente au Québec. Ceci explique cela. Mais ses obsessions vont le rattraper. L'autoroute à 10 milliards, les maternelles quatre ans mur à mur, les maisons des aînés, ces petites obsessions là vont rattraper François Legault parce que les Québécois ne sont pas intéressés par ça. Ils sont intéressés par des grands projets qui vont propulser le Québec vers l'avant, comme la transition écologique, comme des investissements massifs en logement social, partout, pour que le rêve d'accéder à la propriété ne soit plus un rêve, mais redevienne une réalité pour les gens de ma génération. Les Québécois veulent qu'on fasse de notre système d'éducation un des meilleurs systèmes d'éducation au monde, veulent qu'on valorise puis qu'on renforce le joyau que sont nos CPE. Puis, sur tous ces enjeux-là, François Legault n'a rien à répondre. Il leur répond en parlant d'un troisième lien inutile, de maternelles quatre ans que personne ne veut puis de maisons des aînés qui vont répondre à une fraction des besoins à un coût énorme. Ces obsessions-là, je le répète, vont le rattraper.

M. Bossé (Olivier) : Mme Massé, vous dites que c'est votre meilleure session. C'est difficile à réconcilier avec le fait que, depuis un an, on dit que... bien, les oppositions n'ont pas d'échos. Je comprends, vous voulez dire, vous avez quand même eu la tête d'un ministre, puis il y a le 500 $ du logement, mais ça, c'est peut-être plus dans la bulle. L'écho extérieur, depuis un an, pour les oppositions, est minimal, disons. Comment vous faites pour réconcilier le fait qu'on a bien joué, mais personne, peut-être, ne vous a vu jouer? Je ne sais pas.

Mme Massé : Bien, écoutez, allez voir les gens qui, actuellement, luttent contre les rénovictions, ils vont vous dire qu'eux autres ils ont compris que Québec solidaire a joué un rôle fondamental là-dedans. Regardez les gens de Québec qui, à l'appel de ma collègue Catherine Dorion, se mobilisent largement derrière… avec elle, ils vont vous dire que Québec solidaire a joué un rôle là-dedans. Ça fait que, oui, moi, ce que je vous souligne, c'est, bien sûr, des coups ici ou les… Et là je pense puis je pourrais y aller en rafale : les femmes qui voient le régime québécois d'assurance parentale avoir un impact dans leurs portefeuilles savent bien que c'est mon collègue Alexandre Leduc qui a mis ça au jour.

Ça fait que c'est sûr que ce que Gabriel vient de dire, c'est vrai. Moi, si j'étais venue devant vous à tous les jours, devant tous les Québécois, à tous les jours pendant un certain temps, de façon, à tous les… c'est sûr que ça a une rayonnance, un rayonnement qui est dur à contrebalancer. Mais je pense que, sincèrement, Québec solidaire, c'est pour ça que j'en suis si fière, a réussi plus qu'à sortir son épingle du jeu. Si Québec solidaire n'avait pas été au Parlement du Québec dans la dernière session, je vous répète, Fitzgibbon serait encore ministre de l'Économie, etc.

La Modératrice : Une dernière question en français. On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Many sweet victories. Is this how you feel today, Ms. Massé?

Mme Massé : You know what, I think that what the last session showed, it's how Québec solidaire is «nécessaire» here in the Parliament, but, at the same time, the only and real alternative in front of Coalition avenir Québec. And, yes, I can say I am proud of that.

Mme Senay (Cathy) : And, Mr. Nadeau-Dubois, since you take over Ms. Massé's role as a leader…

M. Nadeau-Dubois : I would not say «take over».

Mme Senay (Cathy) : Well, well, you…

M. Nadeau-Dubois : I understand what you mean.

Mme Senay (Cathy) : OK. You said in French that Premier Legault underestimates Québec solidaire?

M. Nadeau-Dubois : I think so.

Mme Senay (Cathy) : How useful it is to be considered the underdog?

M. Nadeau-Dubois : How what?

Mme Senay (Cathy) : How useful it is to be considered the underdog?

M. Nadeau-Dubois : How…

Mme Senay (Cathy) : Useful, «utile».

M. Nadeau-Dubois : Useful, useful. Sorry. Sorry.

Mme Senay (Cathy) : Sorry about the mask. So how useful it is to be considered the underdog?

M. Nadeau-Dubois : Oh! I love being the underdog. I love being the underdog. I mean, François Legault thinks that Québec solidaire will lose its seats in the region of Québec, for example, he said it very honestly and arrogantly here. We will surprise him on that, of course, we will surprise him on that. Sol and Catherine will become the leaders of the national mobilisation against the $10 billion tunnel of the Coalition avenir Québec. I think Mr.Legault overestimates his own popularity and underestimates the fact that his little obsessions are not the priorities of Quebeckers.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon... Good morning, sorry. If Québec solidaire wasn't there this session, you had a list in French…

M. Nadeau-Dubois : A good list.

Mme Fletcher (Raquel) : Yes. Can you tell us in English what that would be if Québec solidaire wasn't there?

M. Nadeau-Dubois : So, if Québec solidaire wasn't there, in the last months, Pierre Fitzgibbon would still be Minister. If Québec solidaire wasn't there, the ignorance of Mr. Legault regarding the housing crisis would not have be exposed in plain sight. And if Québec solidaire was not there, the people of the Québec region that are against his $10 billion highway project wouldn't be represented in the National Assembly.

Mme Fletcher (Raquel) : Last summer, when the National Assembly broke for the summer vacation, you remember that everyone went back home, and then we came back in the fall to a second wave, and the Government seemed to be pretty ill-prepared for that second wave. And then we had a third wave. Now we're breaking again, and I think, as of today, there are about maybe 8 % or 9 % of Quebeckers who are fully vaccinated. So the National Assembly is breaking, but we're not yet out of the pandemic. Is there any concern about that, that you guys won't be sitting when there is this mass vaccination campaign that... You know, it still seems… Clic santé. There is a lot to be done, this summer, and you guys aren't going to be there to hold the Government to account.

M. Nadeau-Dubois : Yes. Well, first, it is true to say that the pandemic is not over yet, and we have to prepare for a possible fourth or even fifth wave. We have to prepare our democracy, first. That's why we need a transitory law to make sure that, if there is a resurgence of cases of COVID-19, our democracy will work. It's unthinkable that the Government will again declare the total state of emergency if there is a resurgence of cases. We need a legal alternative to that, we need a transitory law, and that's the concrete and pragmatic proposal of Québec solidaire. So we have to prepare our democracy.

Regarding the health care system, we need to be prepared for the fact that, in the last year, thousands of workers, of health care workers have left our public system because of the inhumane working conditions. This has to be solved this summer because we won't be able to get back to an ordinary level of care for patients, especially for surgeries, if we do not bring back the thousands of women that have left the system in the last months. Those are the two things that should happen this summer while the Parliament is closed.

M. Grillo (Matthew) : Essentially, you're saying : Certain issues will catch up to François Legault. Why do you think they haven't yet, though? Quebeckers are still very much…. a lot of Quebeckers seem to like him, and he's got a clear advance in the polls.

M. Nadeau-Dubois : I think the pandemic has created an environment in which a lot of the attention is on the Government and especially on the Premier. I think it's undisputable. That being said, things are changing, new issues are rising in the minds and hearts of Quebeckers. So, I'm convinced that the little obsessions around which Mr. Legault is focusing, his $10 billion tunnel, his four-year... How do you say «maternelle quatre ans» in English?

Une voix : Kindegarten.

M. Nadeau-Dubois : So, his $10 billion tunnel, his project of, you know, all the way going into kindergarten for four-year-old, his obsession for giving a free pass to Pierre Fitzgibbonin terms of ethical rules, those obsessions will catch up to him, I think, when people will, maybe, be less monopolized by the issues around the pandemic.

M. Grillo (Matthew) : So, I guess, when the focus becomes less about the pandemic, in the National Assembly, a more in-depth sort of analysis of these issues could bring down his popularity?

M. Nadeau-Dubois : First of all, there will be more attention, there will be more attention from the public on those obsessions, on those issues. There will be more attention inside the medias also. And, yes, the failures and the… yes, the failures of those obsessions will begin to show in the next year.

M. Authier (Philip) : Good morning. What would you say is Mr. Legault's attitude to the Opposition, whenever he's questioned, whenever there are contrary opinions, whenever there are contrary facts to the ones he's putting out there? What do you think of his attitude towards you and the other parties?

M. Nadeau-Dubois : I think the debate around the $10 billion tunnel is a very… is a good symbol, a good illustration of the attitude of François Legault. He is defending something that is contradicted by science itself. He is saying something... he is saying that more highway is going to… will provoke less traffic. That statement is contradicted by science itself. And, when those arguments are presented to him, his only argument is a partisan one, he says : You will lose your election. Well, I don't think so. I think the people of Québec city know better, they know that their city will be more… there will be more traffic in their city with that huge project, and they will oppose it.

M. Authier (Philip) : Do you think his leadership has evolved in any way in the last year?

M. Nadeau-Dubois : I think he has shifted far away from his promise of being a humble Prime Minister.

M. Authier (Philip) :Thank you.

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 12)

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