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Point de presse de Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de finances

Version finale

Le mercredi 9 juin 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-huit minutes)

Mme Massé : Oui, bonjour, tout le monde. En fait, depuis le décès horrible de Joyce Echaquan, on sent au Québec un vent d'ouverture, de compassion face à la réalité de discrimination puis de racisme systémique vécue par les membres des Premières Nations et les Inuits.

Après, bien sûr, les enquêtes en rafale, on pense à la Commission vérité et réconciliation, l'Enquête sur les femmes et les filles disparues et assassinées, la commission Viens, les histoires d'horreur, hein, concernant les enfants disparus, ici, au Québec, concernant les découvertes, comme celle de Kamloops, le temps est venu de dépasser les mots et de poser des gestes de réconciliation, de réparation et de rectification.

Les Premières Nations et les Inuits sont dans une éclipse linguistique. On leur dit que leurs droits linguistiques sont reconnus, notamment dans le préambule de la Charte de la langue française, mais on ne fait rien pour leur assurer qu'elles soient bien protégées dans un cadre légal. Pendant des décennies, on leur a interdit de parler leurs langues à l'école, et après, bien, on se surprend publiquement que leurs langues sont en voie de disparition.

Déjà, en 1977, le Québec avait fait un premier pas important, la Charte de la langue française. Dans cette charte, au préambule, le gouvernement du Québec, l'Assemblée nationale du Québec a reconnu leurs droits linguistiques et culturels. 1977. Un peu plus loin, dans la charte, on l'a… n'empêche pas d'utiliser leurs langues maternelles dans l'enseignement, et aussi, on exclut les réserves de l'application de la charte. Mais que fait-on pour réparer le passé, pour reconnaître que les choix politiques qui ont été faits, par le passé, ont eu un impact majeur au niveau de la connaissance de leurs langues maternelles?

Nous savons, comme peuple québécois, l'importance de se doter d'un cadre légal pour protéger notre langue. Nous savons que notre langue française joue un rôle de liant social et culturel. Alors, ce qui est nécessaire pour nous est aussi nécessaire pour eux.

Le gouvernement doit s'asseoir avec l'ensemble des nations et voir comment rectifier le tir, comment reconnaître, protéger et promouvoir les langues autochtones et aussi s'assurer de leur accessibilité dans nos services publics. Rapport Viens.

Je vais déposer ce matin une motion pour rappeler au gouvernement du Québec qu'il s'est déjà engagé, par motion de l'Assemblée nationale, à faire tout ce que je viens de vous dire. Mais ce n'est pas fait, et là, entre vous et moi, ça commence à urger. Donc, je vais déposer cette motion, en espérant que le gouvernement va répondre présent. Je vais passer la parole à Vincent.

M. Marissal : Bonjour. Vous avez remarqué qu'il fait chaud. C'est agréable pour aller jouer dehors. Et, encore, il fait très chaud. Il fait chaud dans les écoles, on en a parlé, mais il y a un autre endroit où il fait très, très, très chaud, et c'est dangereux pour la santé, je parle des hôpitaux.

Et je parle en connaissance de cause, notamment l'hôpital qui est dans ma circonscription, un des hôpitaux, l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, où depuis lundi du personnel soignant, des professionnels de la santé, des patients ont pris des mesures. Et c'est monté à 39 °C et même, dans un cas, à 40 °C, dans certaines sections de l'hôpital. Inutile de dire que, dans des sections d'hôpital comme l'obstétrique, les soins coronariens ou la gériatrie, évidemment, 40 °C, vous comprendrez que c'est non seulement pas optimal, mais c'est dangereux pour la population qui va à l'hôpital pour se faire soigner et, en fait, qui souffre encore plus parce que cet hôpital, et n'est pas le seul hôpital, est très mal pourvu. Et à ce jour, la climatisation de fortune qu'on installe sur Maisonneuve-Rosemont, l'été, n'est même pas installée. Pourtant, on le  sait maintenant, il y a  des canicules au mois de juin, parfois il y en a même en mai.

Alors, tout ça pour vous ramener à une initiative que j'avais prise, le mois dernier, de demander à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, d'enquérir la coroner en chef de faire une enquête sur les morts évitables à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Il y a eu un nombre de morts énorme, dans cet hôpital, liées à la COVID<T, je veux dire des gens qui sont rentrés avec des problèmes souvent bénins, curables et qui ne sont malheureusement pas ressortis de l'hôpital parce qu'ils ont contracté la COVID et ils en sont morts. Regardez les statistiques selon les CIUSSS, la disproportion est marquée dans l'est de Montréal et dans l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

La réponse de la ministre et de son cabinet a été un non retentissant et, je dirais, assez cavalier. De la façon dont on m'a répondu, on ne semblait pas voir le problème. Pourtant, moi je le vois, et il n'y a pas une journée qui passe sans qu'on n'ait pas des rapports qui nous sont faits, à mon bureau de circonscription, de l'intérieur même de l'hôpital.

Alors, on m'a suggéré, ce que j'ai fait, d'ailleurs, hier, de demander moi-même une enquête à la coroner pour faire la lumière. Parce que, quant à moi, si la coroner fait enquête en ce moment dans les CHLSD pour des morts qu'on-dit évitables, c'est le même phénomène qui s'est produit : une chaîne de mauvaises décisions, des lieux inadéquats et une pénurie de personnel chronique, notamment à l'hôpital Maisonneuve-Rosemeont.

Alors, j'ai fait cette demande hier. J'attends évidemment des suites. Mais ça serait souhaitable aussi que le gouvernement, finalement, prenne la pleline mesure de la catastrophe qu'on vit tous les jours dans l'est de Montréal. Merci.

La Modératrice : On va prendre vos questions : une question, une sous-question.

Mme Lévesque (Fanny) : M. Marissal, vous parlez, donc, d'une enquête du coroner sur les morts liées à la COVID, donc celles qui seraient évitables, là, à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont précisément?

M. Marissal : Oui.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que vous demandez, donc, peut-être d'élargir le mandt actuel en CHSLD, pour s'intéresser aux hôpitaux?

M. Marissal : Je vais laisser la coroner en chef choisir son véhicule. Moi, ce qui m'intéresse, c'est plus la destination. Je pense qu'on doit aller faire la lumière de ce qui s'est passé.

Comment se fait-il, par exemple... et j'ai déjà posé la question ici, en Chambre, au ministre de la Santé, comment se fait-il que l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui n'est pas loin d'être une ruine, là, comment ça se fait que cet hôpital a été désigné centre COVID dans la première vague? Des gens se sont retrouvés, dans cet hôpital-là, dans des chambres multiples, il n'y a pas d'aération, il fait trop chaud l'été, il y a un manque criant de personnel, ce qui fait que, selon certains rapports de presse, il y aurait eu jusqu'à 150 morts.

Et je répète, ça, c'est des gens qui sont entrés, qui pour des problèmes de hanche, qui pour des problèmes cardiaques, qui n'avaient pas de raison de mourir et qui ont contracté la COVID. Alors, je pense que la coroner en chef, en qui j'ai grande confiance, et elle a toute l'autonomie et l'indépendance pour faire ses enquêtes... je souhaite qu'elle fasse la lumière là-dessus. Parce qu'on met nos gens en danger, et les réponses que l'on a ne sont absolument pas satisfaisantes à ce jour. C'est comme si c'est une fatalité : tu rentres à l'hôpital mais tu risques de mourir. Non. Normalement, tu rentres à l'hôpital dans l'espoir de te faire guérir. C'est plutôt ça, la logique. Merci.

Mme Massé : Si tu permets.

M. Marissal : Bien oui, bien oui.

Mme Massé : Ça, c'est le cas de Maisonneuve-Rosemont, mais je vous rappelle que ça fait longtemps qu'on dit qu'une enquête publique sur l'ensemble de la gestion de la COVID, c'est quelque chose qui serait souhaitable, pour être prêts pour les prochaines fois. Alors, il y a le cas de Maisonneuve-Rosemont, il y a actuellement ce qui se passe, mais je pense qu'une enquête publique serait aussi utile pour l'ensemble de l'oeuvre.

M. Larin (Vincent) : Mme Massé, peut-être sur Anticosti, je ne sais pas si vous avez vu ces photos, là, de coupes à blanc sur l'île Anticosti ce matin dans le journal. C'est pourtant un endroit qui va être désigné comme une aire protégée. Qu'est-ce que vous pensez de l'approche du gouvernement dans ce dossier-là? Est-ce que c'est de la fumée?

Mme Massé : Bien, je vous rappelle que la semaine dernière ma collègue Émilise Lessard-Therrien nous disait qu'il était urgent de défaire le ministère de la Forêt, Faune et Parcs, puisque le ministre de la Forêt est plus un ministre des forestières. Bien, voilà un exemple précis de ce qu'elle voulait signifier. Et je vous invite à l'écouter parce qu'en période de questions elle approfondira cette question-là.

Mme Gamache (Valérie) : …les déclarations de M. Trudeau sur la loi no° 21, disant que finalement, bien, les Québécois reçoivent des services à visage couvert depuis un an, bien, qu'est-ce que vous avez pensé de cette déclaration-là hier?

Mme Massé : Bien, écoutez, pour nous, vous le savez, cette loi-là, d'entrée de jeu, c'est une loi qui n'a pas sa place. Et je vous dirais qu'on n'avait pas besoin d'attendre le port du masque pour savoir qu'elle était discriminatoire. Ça fait que, pour moi, la façon d'y arriver, c'est que, si toutefois il y a des gens qui font comme : Ah! la laïcité pourrait passer par un autre chemin, bien, je pense qu'ils questionneront le ministre... le premier ministre du Québec. Mais, ceci étant dit, pour nous, la loi n° 21, elle était discriminatoire avant la COVID puis elle l'est encore.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Donc, vous appuyez les propos du premier ministre fédéral?

Mme Massé : Bien non, parce que ce que je dis, c'est que, pour nous, elle a toujours été discriminatoire, puis ça n'a rien à voir avec la COVID.

M. Bélair-Cirino (Marco) : M. Trudeau dit la même chose, elle a toujours été discriminatoire, selon lui, aussi, non? Puis il ajoute le fait que, selon lui, durant la pandémie, les gens, les Québécois… je ne veux pas le paraphraser parce que je n'ai pas la citation sous les yeux, mais auraient été désensibilisés à la vue des masques et des couvre-visages. Puis, selon lui, aujourd'hui, si on leur reposerait la question, ils seraient… ils n'appuieraient pas aussi massivement, disons, l'interdiction des couvre-visages, du masque... bien, en fait, des signes religieux qui couvrent le visage.

Mme Massé : Écoutez, la loi n° 21 au Québec... premièrement, c'est le Québec qui va s'occuper de ses affaires. Ça fait que, quand vous me dites : Vous êtes d'accord avec M. Trudeau?, moi, je dis : Regarde, on va se parler entre nous, ici, au Québec, c'est ici que ça se passe. Ceci étant dit, la loi n° 21, depuis son adoption ici, puis vous étiez présents, Québec solidaire a toujours clairement dit que ce n'est pas ça, la laïcité de l'État. Ça fait que, moi, ce n'est pas que j'appuie Trudeau ou je ne l'appuie pas, je dis : Mêle-toi de tes affaires. Mais nous, ici, là, on est des grandes personnes, et à Québec solidaire, avec une bonne partie des Québécois et Québécoises, on dit : Arrêtez de mélanger laïcité de l'État et les individus. C'est deux choses différentes.

Mme Côté (Claudie) : …alimente la haine?

Mme Massé : Pardon?

Mme Côté (Claudie) : La loi n° 21, est-ce qu'elle alimente la haine? C'est ça, la question qui a été posée.

Mme Massé : Écoutez, est-ce que la loi n° 21 alimente la haine? Elle alimente définitivement la peur de l'autre. Mais, pour moi, pour nous, à Québec solidaire, cette loi-là, elle est surtout discriminatoire pour une partie de Québécois et Québécoises qui sont de confessions diverses. Mais avouons que ça a un impact tout particulier pour les femmes. Alors, ça, c'est dérangeant. La discrimination, l'aspect discriminatoire de cette là… de cette loi-là, pardon, ça, c'est dérangeant.

M. Bergeron (Patrice) : Qu'en est-il de l'amalgame entre la loi n° 21 et puis l'acte immonde qui s'est passé, à London? Est-ce qu'il y a un lien à faire, entre les deux?

Mme Massé : Bien, écoutez, l'islamophobie, et on le sait ici, au Québec, là, on le sait ici, à Québec, là, ça tue, hein? Ça, c'est clair, puis on l'a vu encore, malheureusement, cette semaine. Est-ce qu'il y a un lien à faire entre la loi n° 21 et les actes qui ont été posés? Là, sincèrement, je trouve que c'est des raccourcis. Je le dis, je le redis, la loi n° 21 suscite la peur, génère... peut générer de la peur. Mais ne faites pas de raccourcis comme ça, là.

M. Bergeron (Patrice) : Non, non, mais c'est que c'est un amalgame qui a été fait par M. Trudeau hier, là, ce n'est pas moi qui…

Mme Massé : L'islamophobie existe. Et moi, ce qui me frappe, là, c'est comment ça été difficile, dans ce Parlement-ci, de faire reconnaître ça. Hier, pour la première fois, le mot «islamophobe», clairement... il me semble que c'est la première fois — là, tout d'un coup, j'ai un doute en vous le disant — on a été capables de discuter de ça durant le débat à l'Assemblée nationale hier. Ça fait que, moi, c'est ça qui m'inquiète, à même titre que le racisme systémique aussi tue. Et je vous parlais de Joyce Echaquan, bien, c'est ça aussi. Alors, c'est tout ce ménage-là qu'il faut faire.

M. Bélair-Cirino (Marco) : ...hier, il y a eu une avancée, selon vous, là, le mot «islamophobie» a été prononcé en Chambre, le ministre Lafrenière a nommé une conseillère spéciale, Anne Panasuk, qui reconnaît le racisme systémique. Donc, il y a quand même des avancées qui ont été faites dans les dernières heures sur ce front-là, non?

Mme Massé : Bien, vous poserez en question au premier ministre si le racisme systémique existe ici, au Québec, vous verrez s'il y a eu des avancées. Oui, je peux bien dire, vous... Par exemple, le gouvernement du Québec reconnaît l'Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador. Ça ne fait pas une avancée, même si l'APNQL reconnaît le racisme systémique.

Mais, ceci étant dit, je ne veux pas mettre de l'ombre. L'annonce d'hier, de Mme Panasuk, j'en parlais avec des autochtones, hier, et avec des familles endeuillées, et c'est plutôt une bonne nouvelle. Je pense que Mme Panasuk a développé ce lien de confiance avec les gens des Premières Nations qui fait qu'on peut être des bons alliés et des alliés qui reconnaissons que le racisme systémique existe. Et donc pour ces gens-là, c'est important puisque c'est leur quotidien.

Mme Lévesque (Fanny) : Justement, sur la langue, sauf erreur, le gouvernement fédéral a quand même renforcé sa langue... bien, pas sa langue, mais sa loi pour protéger les langues autochtones à travers le pays. Donc, est-ce que vous trouvez que ce qui est fait du côté fédéral est insuffisant? Parce que c'est quand même plus du côté fédéral, de cet angle-là. Donc, vous le voyez où exactement?

Mme Massé : C'est-à-dire qu'effectivement, avec le C-91, le gouvernement fédéral a enfin pris un certain nombre de ses responsabilités. Mais vous savez bien que, comme parti indépendantiste, nous, ce qu'on dit, c'est que le gouvernement du Québec doit jouer son rôle.

Et le meilleur exemple que je peux donner, c'est celui du rapport de la commission Viens, dans lequel il y a des recommandations spécifiques pour les relations entre les Premières Nations, les Inuits et les services publics ou, en tout cas, les institutions québécoises. Alors, ça, ça ne regarde pas le fédéral. Ça, c'est notre responsabilité ici. Et le gouvernement du Québec a déjà dit qu'il voulait mettre en oeuvre la déclaration des Nations unies pour les droits des peuples autochtones. Et ça, ça impose que lui-même, comme gouvernement, s'assoie avec les Premières Nations, les Inuits, pour définir comment on va mettre ça en action, et ça inclut les langues autochtones. Mais pas seulement, beaucoup plus largement, comme chef Simon en faisait état : territoire, culture, économie. C'est très large, la déclaration. Mais là prenons-le par le bout qui aurait peut-être sauvé la vie de Joyce Echaquan, et ça s'appelle la langue.

Mme Lévesque (Fanny) : D'avoir accès à des services dans sa langue, par exemple, à l'hôpital de Joliette?

Mme Massé : D'avoir accès à des services dans sa langue. Il y a cinq recommandations, dans le rapport Viens, qui vient, spécifiquement dans toutes les institutions du Québec, pas seulement en santé... qui vient demander d'avoir accès à des services de traduction, hein? Parce qu'on le sait, nous, comme Québécois, Québécoises, notre langue, quand on souffre, là, quand on a mal, quand on est à l'hôpital, c'est essentiel de pouvoir bien comprendre. Et, même quand c'est dans notre langue maternelle, je ne sais pas pour vous autres, des fois, c'est un peu difficile à comprendre. Alors, oui, l'accès, ça fait partie de ma motion de ce matin, l'accès à une banque de services de traduction pour assurer, en santé, en justice, peu importe, l'accès à de la traduction pour les langues autochtones.

La Modératrice : Dernière question.

M. Larin (Vincent) : Sur le sondage COVID, Mme Massé, est-ce que vous pensez qu'il est nécessaire de sonder la confiance de la population envers les ministres du gouvernement pour lutter contre la COVID-19?

Mme Massé : Écoutez, je suis certaine que mon collègue Vincent trépigne de vous répondre, mais je vais faire une petite… Je vous dirais, quand je… Ce gouvernement-là semble, peut-être comme bien d'autres avant lui, décider en fonction du bruit qui se passe. Alors, dans ce sens-là, pour moi, d'apprendre les sommes astronomiques concernant les sondages qui devaient avoir comme impact de générer de la connaissance concernant nos concitoyens face à la COVID, je trouve ça un peu déplorable. Mais je vais laisser Vincent y aller avec celle-là.

M. Marissal : On est passé d'une situation où M. Legault nous disait consulter son fil Facebook pour savoir ce que la population pensait, c'est un peu particulier, et là on est tombé dans l'autre extrême où il semble avoir une ligne crédit ouverte chez SOM, puis on sonde tout ce qui bouge. Les sondages sont utiles, oui, c'est vrai. Mais on s'est rendu compte, dans les réponses du premier ministre, qu'il ne l'utilise pas toujours à des fins de santé publique, là. Il y a des questions qui n'ont strictement rien à voir, là. Ils ont sondé notamment pour savoir comment négocier avec la fonction publique, préparer une offensive contre la fonction publique. On n'est plus du tout dans la santé publique, ici, là, on n'est plus du tout dans les mesures sanitaires.

Alors, entre le Facebook de M. Legault puis l'orgie de sondages, là, je leur suggère d'aller consulter le monde. Ils sont élus, là, ils sont élus par du monde, par du vrai monde, là, qu'il parle à son caucus, M. Legault, puis qu'il laisse ses députés… Là, on va déconfiner, là, bien, qu'il aille parle au monde, puis ça va peut-être lui donner une bouffée d'air frais, plutôt que de se gaver de sondages puis faire des lubies là-dessus. Merci.

M. Bossé (Olivier) : Mme Massé, juste pour terminer, sur les bals de finissants, rapidement, est-ce que vous trouvez que c'est un bon deal, le 8 juillet, ou que, de toute façon, ils ne pourront pas les faire?

Mme Massé : Bien, écoutez, oui, dans le sens ou je pense que tout le monde est conscient que nos jeunes avaient besoin qu'on reconnaisse qu'ils avaient fait des efforts particuliers. Je pense que la Santé publique a essayé de trouver une voie de passage. Ceci étant dit, je comprends tout à fait les écoles qui disent : Bien là, attention, là, on finit dans deux semaines, là. C'est quoi, qu'est-ce que… Vous nous mettez en plus comme charge... On n'aurait pas pu le savoir avant. Est-ce que le premier ministre n'était pas en mesure d'identifier et de nommer quelles auraient été ses perspectives ou c'est encore une fois parce que ça a résonné fort dans l'espace public, qu'il est arrivé quelque chose? Moi, je comprends que, pour avoir organisé plusieurs événements dans ma vie, à trois semaines d'avis, c'est difficile, là, enfin, ça risque d'être impossible. Surtout que, puis disons-le, là, nos professeurs, nos… tout le monde est à bout, tout le monde est à bout. Mais, en même temps, nos jeunes, ils ont aussi besoin qu'on prenne soin d'eux autres dans tout ça.

La Modératrice : Merci. On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Ms. Massé, with the motion you will table today, you basically supporting what grand chief Simon has said for a few days. He wants Bill 96 to consider First Nations and indigenous languages. He doesn't want to put aside… French is not the only battle for language in Québec.

Mme Massé : I mean, I don't know if it's in the Bill 96. I don't know the best way. But what I know, it's with the «Déclaration des nations unies pour les droits des peuples autochtones», it's clear that Government, the Government of Québec, have to sit down with the First Nations and decide together how this declaration will be applied in our society. So, is that in the Bill 96? Maybe. Or is that a law beside that? Maybe. But I can tell you, for Québec solidaire, it's the independence, it's a new constitution billed with the First Nations.

Mme Senay (Cathy) : Regarding Anne Panasuk, she said that… that she believes there's systemic racism. How do you see this, that the Legault Government chose Anne Panasuk as a special advisor? Now she recommends this systemic racism.

Mme Massé : You know, I hope that... I think it's very good news for… I talked with some people of First Nations, yesterday, and they find it a good news to have Mme Panasuk as a «conseillère spéciale». But I think Mr. Lafrenière knows what Mme Panasuk thinks about the systemic racism, and he choose her. So, I hope that he will be opened when she will ask to understand why these children are dead. Not only they are dead, but why? Because the «why», the question, it's regarding the side of the systemic racism. I hope that, at that point, Mr. Lafrenière and the CAQ Government will be opened to listen to the advice that Mme Panasuk will... I probably... I don't want to tell her what to say or not, but when you recognize systemic racism, you have to ask the question : Why that happened?

Mme Senay (Cathy) : And Mr. Marissal, I just would like to hear you about your request for an inquiry, a coroner's inquiry for the hospital Maisonneuve-Rosemont. Why are you asking this today? Why do you have to come to that point?

M. Marissal : Well, because it's a well-known fact that Maisonneuve-Rosemont Hospital is in really bad shape, and, at this point, this hospital is dangerous for the population. And when you look at the numbers of death in this hospital, people who came to the hospital with a minor problem or a curable problem and they die because they catch COVID-19 in this hospital, and this hospital was unfit to cure these people, I mean, when you look at the number, more than 150 persons came to this hospital with some kind of problem and they died because of COVID, so I think there is a clear link, here, between what we have seen in CHSLD and what's the situation going on at HMR. And we should address this issue. We should do this properly and, for me, properly is with the «coroner en chef».

M. Grillo (Matthew) : Can we just hear you on Justin Trudeau and what he said… masks with regards to Bill 21? I mean, do you agree with what he said? What are your thoughts on that?

Mme Massé : I mean, as you know, for Québec solidaire, the Bill 21, it's… «c'est discriminatoire».

Des voix : Discriminatory.

Mme Massé : The Bill 21, it's discriminatory. So, for us, it has nothing with the pandemic situation. It was discriminatory before the pandemic situation and it's still. So, for us, it's always the same thing, we have to bring back… call back this law. Call back?

Une voix : Repeal.

Mme Massé : Repeal.

La Modératrice : Dernière question.

Mme Fletcher (Raquel) : He seemed to indicate, though, that, because we've been wearing masks for a year now, that people might be more used to seeing Muslim women wearing masks. Do you feel like that might be the case?

Mme Massé : I mean, you know, the «laïcité», secularism... — is that it? — the secularism of the State has nothing to do with the people's right to be who they are and have the religion that they want. It's nothing… it's not linked. So for me, for Québec solidaire, this law is discriminatory because it's… And that's why we have to call it back, it's because it's discriminatory and it's because secularism has nothing to do with people, but about the institution.

M. Grillo (Matthew) : What are your thoughts on the proms, specifically? And…

Mme Massé : On what?

M. Grillo (Matthew) : On the proms, «bals des finissants», July 8th. Is it good for you or…

Mme Massé : I mean, it's a good news for youth, but we think that it arrived very late, very late. And maybe Mr. Legault and the Public Health should have... «prévoir» that. Because, you know, the proms arrive at every end of the school year, and it was easy to understand that, with this very difficult year that the youth had, that the question of prom will be on the top of the questions at the end of the year. So it's coming very late, and I understand why teachers, directors find it very short to organize something.

Mme Fletcher (Raquel) : Do you feel like it was a political decision that Public Health initially said : No, we can't take the risk of having proms, but, because of the backlash, they decided to change their minds? Do you feel it's a political decision more than anything?

Mme Massé : I think you can ask this question to Mr. Arruda and the Prime Minister. But I repeat, it's a good… I think it's a good decision for youth, for the mental health, the mental health of youth. I think it's a good decision.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 9 heures)

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