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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le mardi 8 juin 2021, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures quatre minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à cette conférence de presse du premier ministre du Québec, François Legault, du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda. Le premier ministre va prononcer une allocution, après quoi il prendra les questions des journalistes en français puis en anglais. M. le premier ministre.

M. Legault : Quel beau mois de juin au Québec! Il fait beau, le Canadien gagne, et la situation continue de s'améliorer. Aujourd'hui, 150 cas, 150 nouveaux cas seulement, donc, et puis la vaccination va très bien. Et puis vous avez probablement vu, on est rendu un des meilleurs endroits au monde pour avoir donné une première dose. Donc, je pense qu'on peut être fiers puis, encore une fois, je remercie les Québécois. C'est à cause de vous autres qu'on peut être fiers, et donc vous montrez toute votre solidarité, puis il faut que ça continue.

Donc, évidemment, puisque la situation va bien, on continue notre plan de déconfinement. Donc, comme prévu, vendredi cette semaine, le 11 juin, les bars vont pouvoir ouvrir leurs terrasses. Et, comme prévu, lundi prochain, le 14 juin, tout le Québec va être soit en jaune, soit en vert. Donc, on avait déjà, en jaune, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, la Mauricie, le Centre-du-Québec et l'est du Bas-Saint-Laurent. On ajoute Montréal, Capitale-Nationale, Laval, Montérégie, Laurentides, Lanaudière, Estrie, Outaouais et tout le Bas-Saint-Laurent. Donc, toutes ces régions vont être en jaune.

Ça veut dire quoi? Ça veut dire qu'enfin, à partir de lundi prochain, on va pouvoir rencontrer, dans une maison, les personnes qui habitent dans une autre résidence. On va pouvoir aussi recommencer les sports en équipe à l'extérieur. Et les bars, à partir de lundi, donc, vont pouvoir rouvrir, incluant à l'intérieur.

La seule région où on a un peu d'inquiétude, c'est Chaudière-Appalaches. On a eu des longues discussions. Les cas ont commencé à baisser. On espère que ça va continuer de baisser. On va suivre la situation le reste de la semaine. Pour l'instant, on dit : Chaudière-Appalaches devrait être en jaune lundi prochain, mais, si la situation s'empirait, on va les laisser en orange. Donc, c'est important de continuer les efforts. C'est la région où il y a le plus de cas actifs par 100 000 habitants, donc ça continue d'être quand même un petit peu inquiétant.

Sinon, bien, comme je le disais, toutes les régions sont en jaune ou en vert. En vert, on a toujours la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, Abitibi-Témiscamingue, Côte-Nord, et Nord-du-Québec. En vert, ça veut dire quoi? Ça veut dire des rencontres dans les maisons avec des occupants de trois résidences, ça veut dire les sports en équipe à l'intérieur qui peuvent recommencer. Donc, c'est un peu l'espoir qu'on a aussi d'avoir ça partout au Québec, d'ici deux semaines, tel que prévu dans notre plan.

Autre chose qu'on a annoncée hier, rapidement, avec la canicule, la Santé publique a accepté que les enfants, dans les écoles, puissent ne pas porter de masque dans les classes. Par contre, c'est important de le préciser, dans les espaces communs puis dans les autobus scolaires, il faut continuer de porter le masque.

Bon, maintenant, gros sujet dont on a beaucoup parlé au cours des dernières semaines, les bals pour les étudiants.

D'abord, je veux vous dire qu'on vous a bien entendu, tout le monde. On a travaillé fort. On se rappelle tous... En tout cas, moi, je me rappelle de mon bal au secondaire. Ça avait eu lieu au Vaudreuil Inn, qui, malheureusement, n'existe plus aujourd'hui, mais qui était à Dorion, puis ça avait fini aux petites heures du matin, puis ça a été mémorable. Donc, je voudrais que les jeunes aient ça aussi dans leurs souvenirs. Donc, ce qu'on propose, c'est de dire : Bon, d'abord, la remise des diplômes, avec les parents, va pouvoir se faire en respectant les consignes de distanciation, dans les écoles, même en dehors des heures régulières.

Pour ce qui est du bal comme tel, là, le party, ce qu'on a convenu avec la Santé publique, c'est de dire : La majorité des jeunes devrait avoir reçu une dose d'ici le 24 juin. Bon, comme on l'a souvent dit, ça prend deux semaines pour avoir plein effet. Donc, à partir du 8 juillet, on pourrait avoir des bals à l'extérieur, mais avec des chapiteaux, puis des vrais bals, là, ça veut dire rapprochements de toutes sortes permis. Donc, bon bal à partir du 8 juin.

Je finis en vous parlant de la vaccination. Notre défi, pour les prochains mois, là, d'ici le mois d'août, c'est vraiment de convaincre tout le monde d'aller chercher sa deuxième dose. Et je pense que, bien, Christian le disait, là, ça ne fait pas plus mal qu'une bine. Donc, n'ayez pas peur de vous faire vacciner, première dose et ensuite deuxième dose. C'est ça qui va nous permettre d'aller encore plus loin, là, d'ici la fin août.

Good afternoon, everyone. The situation continues to improve in Québec. Vaccination is going very well. Our reopening plan is working, and we can continue. This means that, from next Friday, bar terraces will reopen, and, starting next Monday, Montréal, Capitale-Nationale, Laval, Montérégie, Laurentides, Lanaudière, Estrie, Outaouais and Bas-Saint-Laurent will turn yellow. The only region that still worries us is Chaudière-Appalaches. We hope the situation will continue to improve. Otherwise, we'll have to keep it in orange zone. But, for now, the region is expected to turn yellow on Monday. Yesterday, we announced that students in orange zones won't have to wear the mask in classroom because of the heat wave, but they'll have to wear it in common areas and buses. I also want to say a word on proms. I know how important it is for young people. I'm happy to announce that proms will be allowed outdoors from July 8th with a maximum of 250 people. Thank you.

Donc, j'ai oublié de le dire aussi en français, là, maximum 250 personnes dans les bals.

Le Modérateur : Merci beaucoup. Nous allons amorcer la période des questions avec Maxime Denis, Noovo.

M. Denis (Maxime) : Bonjour à vous trois, messieurs. M. Legault, j'aimerais vous entendre sur Justin Trudeau, qui dit que ça ne lui surprendrait pas que, dans les prochaines semaines, mois à venir, il y ait une réflexion, au Québec, sur le projet de loi n° 21, parce que ça fait un an qu'on a des services de l'État masqués. C'est quoi, votre réponse?

M. Legault : Bien, écoutez, je pense que les Québécois savent faire la différence entre un masque pour se protéger d'un virus puis d'un masque qui est porté pour des raisons religieuses. Donc, on le sait, il y a une majorité de Québécois qui sont d'accord avec la loi n° 21, qui sont d'accord pour interdire les signes religieux pour les personnes qui sont en autorité, puis M. Trudeau, bien, devrait prendre acte de ce que souhaite la majorité des Québécois.

M. Denis (Maxime) : M. Arruda, sur le port du masque en classe, j'aimerais vous entendre sur pourquoi on n'a pas prévu ça vendredi. Pourquoi il a fallu réajuster le tir hier?

M. Arruda (Horacio) : Ce qui était déjà prévu, c'était que le port du masque allait être enlevé dans le palier jaune et vert, là, comme tel. Il faut comprendre aussi que les plans de mesures de chaleur accablante qui sont existants, dans le réseau de la santé ou ailleurs, là… Le masque, c'est inconfortable, mais ce n'est pas l'élément qui entraîne les coups de chaleur. Mais, dans le contexte actuel, compte tenu que les classes se terminent bientôt, puis etc., il a été décidé de l'enlever, avec l'épidémio aussi qu'on observe.

Le Modérateur : Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Bonjour à vous trois. Concernant les bals, d'abord, peut-être une petite précision ou des précisions, là, parce que vous parlez de rapprochements qui seront permis, là, mais je veux être certain de bien comprendre. Est-ce que les jeunes devront porter un masque à ce moment-là? Parce qu'il y a quand même des règles sur les événements aussi à l'extérieur. Et est-ce que vous présumez qu'il y aura des changements de palier d'ici le 8 juillet, par exemple au vert, dans vos calculs, là?

M. Legault : Ce qu'on a convenu avec la Santé publique, c'est qu'on fait un spécial. Ça veut dire, soyons bien clair, là, les jeunes vont pouvoir danser ensemble puis être à moins d'un mètre, là. Donc, on fait un spécial sans masque.

M. Arruda (Horacio) : J'aimerais préciser un élément, aussi, si vous me permettez, M. le premier ministre, en lien avec les cérémonies de remise de diplômes avec les parents, là.

On avait dit au départ qu'elles ne pouvaient se tenir qu'à l'école pendant les heures ouvrables. Le premier ministre a dit : Ça peut se faire la fin de semaine, le soir, et ça pourrait se faire aussi dans une salle louée, à l'extérieur, où les gens pourraient à ce moment-là, en respectant les bulles, être assis, recevoir la cérémonie. Donc, juste vous dire que s'il y en a qui voulait louer des salles, ça va être possible.

M. Gagnon (Marc-André) : Parfait. Ma deuxième question, concernant les vaccins de Moderna, parce qu'on pose des questions, mais on n'a pas de réponses, donc, quand et combien prévoyez-vous recevoir de nouvelles doses du vaccin Moderna? Et est-ce que vous avez envisagé la possibilité de permettre aux gens qui ont reçu une dose de Moderna, souvent c'est des malades chroniques, hein, qui ont été vaccinés en pharmacie, en autres, donc, est-ce que vous avez envisagé de permettre à ces gens-là de devancer leur deuxième dose, mais avec un Pfizer, par exemple? Je connais un paquet de gens qui ont eu du Moderna qui seraient très content de devancer plus rapidement leur deuxième dose avec du Pfizer.

M. Dubé : Alors, la réponse est simple, c'est que la minute qu'on va avoir une confirmation qu'on a des volumes additionnels de Moderna, on va le dire. Ça pourrait être aussi vite que la semaine prochaine, mais on n'a pas encore de confirmation.

Alors, ce que Daniel Paré me disait encore ce matin, il est possible… Ce que le fédéral nous dit en ce moment, c'est que du Moderna, on pourrait en avoir en quantité additionnelle la semaine prochaine, ce qui nous permettrait de confirmer, un peu comme on l'a fait pour Pfizer la semaine dernière, qu'on peut devancer les rendez-vous de Moderna.

Mais je vous dis que, pour le moment… Puis je comprends les gens, là, d'avoir hâte de pouvoir, dans certains cas, devancer leur dose pour toutes sortes de raisons, mais attendons la semaine prochaine, parce qu'on ne veut pas commencer à avancer des rendez-vous sans avoir une confirmation que les quantités vont être là. Mais ça devrait être la semaine prochaine, puis on se voit assez souvent qu'on va pouvoir vous le dire.

Maintenant, sur l'interchangeabilité, ce qu'il faut s'assurer, c'est que... Une des raisons pour lesquelles on a pu accélérer les Pfizer, c'est qu'on a des montants additionnels, mais ça ne change pas le nombre de personnes qu'on doit vacciner. Ça fait que c'est sûr que notre priorité va être aux gens qui ont reçu des Pfizer, à qui on veut donner des Pfizer. Et c'est pour ça qu'avant de répondre sur l'interchangeabilité... oui, techniquement, c'est possible, mais, en ce moment, on aimerait mieux donner, aux gens qui ont eu du Moderna, leur deuxième dose en Moderna, ce qu'on pourra vous confirmer à partir de la semaine prochaine, je l'espère, aussitôt qu'on l'aura confirmé.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous trois. Sur la question des bals, précision, Dr Arruda. Qu'est-ce qui fait qu'on trouvait que c'était trop risqué pour en faire avant et puis, tout à coup, on dit : On fait une exception, même pas de masque, puis il n'y a pas de problème. Sur quels critères? Est-ce que c'est simplement l'opinion publique ou ce sont des critères de santé publique?

M. Arruda (Horacio) : Non. Il y a eu des... un, l'épidémiologie, là, par rapport au moment où on avait pris la décision, elle est différente, aujourd'hui, elle s'est accélérée de façon importante. Il y a, dans l'équation, la question de la vaccination des jeunes, avec une bonne réponse. Vous comprendrez que ce n'était pas le cas antérieurement. Et d'ailleurs, les bals n'auront pas lieu avant une certaine période pour justement laisser le vaccin faire son effet. Et c'est sûr qu'on a voulu écouter aussi l'opinion, entre guillemets, du patient, le patient-partenaire, les gens pour être en mesure de le faire.

On pense qu'à ce stade-ci, compte tenu de la vaccination, compte tenu de l'épidémiologie observée et de la baisse continue vers le bas... Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a aucun risque, hein? On a eu d'ailleurs, au Saguenay, des partys de jeunes à l'extérieur... parce qu'on parlait souvent que ça ne se transmet pas à l'extérieur, qui ont entraîné des cas, donc ça demeure un risque à gérer. Si quelqu'un n'est pas confortable à ne pas porter le masque, il n'y a rien qui l'empêche de le porter comme tel, de l'enlever pour la photo ou autre, là. Mais disons que, pour permettre une expérience la plus... compte tenu des sacrifices que des jeunes ont faits, pour permettre une expérience la plus naturelle possible, on a accepté d'aller dans cet élément-là. Je pense que c'est...

Puis, vous savez, je l'ai dit, hein, en pandémie, trois, quatre jours, une semaine, deux semaines, c'est une éternité. Donc, on n'est vraiment pas au même stade qu'on était antérieurement. On est mieux que ce qu'on pensait être. D'ailleurs, notre plan de déconfinement va plus rapidement. À partir de lundi, la majorité des régions vont être au jaune. Donc, je pense que ça, c'est encourageant.

M. Bergeron (Patrice) : M. le premier ministre, vous avez probablement entendu parler de la position du grand chef de Kanesatake concernant votre projet de réforme de la Charte de la langue française et la réforme constitutionnelle que vous voulez entamer. Le grand chef a dit qu'il n'y aura pas de renforcement de la loi 101 ou de changement à la Constitution sans l'accord des autochtones et sans la protection des langues autochtones. C'est en quelque sorte une sorte de veto que veulent poser les autochtones. Comment vous réagissez à cette position-là des autochtones?

M. Legault : Bien, écoutez, je ne connais pas le détail, là, de l'application de la loi n° 96, mais ce que j'ai compris, c'est qu'ils sont exclus, les peuples autochtones. Donc, il ne devrait pas y avoir d'impact pour eux autres.

Le Modérateur : Mylène Crête, Le Devoir.

Mme Crête (Mylène) : Bonjour. M. Dubé, je voudrais savoir… La semaine dernière, vous aviez dit qu'il y avait à peu près 220 000 personnes de 18 à 40 ans, là, qui devaient encore recevoir leur première dose. Est-ce que ce chiffre-là a changé depuis? Avez-vous réussi, là, à en convaincre davantage?

M. Dubé : 25 000 de moins. On est rendus, ce matin... On est à un petit peu moins que 195 000. Je vous dirais qu'on réussit à en convaincre à peu près 5 000 par jour. Et, dans mon livre à moi, là, si on va à cette vitesse-là, on va avoir atteint le 75 % dans toutes les catégories, même si c'est un petit peu plus long qu'on pensait, fin juin, début juillet.

Alors, on ne serait pas très loin de l'objectif initial, là, qu'on avait, mais il faut se rappeler qu'on a presque 80 % de la population de 12 ans et plus avec les rendez-vous. Ça fait que c'est seulement dans ces catégories-là qu'on a un peu de retard, mais, dans l'ensemble, on est déjà à 5 % de plus que notre objectif, mais on le suit. On fait des choses... Vous l'avez vu, il y a des cliniques de vaccination qu'on fait maintenant sans rendez-vous. On a augmenté les heures. On a eu les cliniques, ce qui a été un très beau succès ici, à Québec, en fin de semaine, avec le Vaccin-O-Bus.

Alors, on continue de faire toutes sortes d'efforts. Je pense qu'on a vu que, dans Montréal-Nord, on fait des cliniques éphémères de plus en plus, mais c'est une population qu'on doit aller rejoindre par d'autres façons puis on va continuer de le faire. Mais moi, je suis encouragé de voir qu'on gagne à peu près ça, 5 000 personnes par jour, dans ces catégories-là.

Mme Crête (Mylène) : Vous aviez dit également, la semaine dernière, que vous alliez nous présenter, là, le projet de preuve vaccinale. Or, ma compréhension, c'est qu'il y a quand même un assez grand nombre de Québécois qui n'ont pas encore reçu leur code QR. Est-ce que c'est problématique pour ceux qui se sont particulièrement fait vacciner dans les pharmacies?

M. Dubé : Pas du tout. Je vais vous dire, on va donner des grands chiffres, là, parce que je vais vous donner plus de détails la semaine prochaine, parce qu'il y a deux étapes. On parle toujours de... On a vacciné, là… Regardons les chiffres, en gros, là, 5,6 millions de personnes qui ont reçu une première dose jusqu'à maintenant. On a de l'information... On a déjà renvoyé une offre de preuve vaccinale aux gens pour à peu près 4 millions de personnes. Donc, il y a 4 millions de personnes qui ont reçu soit un courriel ou un texto.

Puis la raison pour laquelle il y a une différence entre le 4 millions à qui on l'a envoyé puis les 5,6 millions qui ont été vaccinés, c'est une foule de raisons, mais on y va par prudence. Par prudence, c'est que, si, dans nos informations qui ont été collectées soit par nos centres de vaccination, ou par Clic Santé, ou… en tout cas, il y a plusieurs joueurs qui jouent à l'intérieur de ça, si on n'a pas une confirmation que les trois travaillent avec la même personne, on n'envoie pas la demande parce qu'on veut juste être certains qu'on n'envoie pas une demande de confirmation à quelqu'un qui n'a pas ces trois confirmations là.

Alors, ce qu'on va devoir faire à compter de la semaine prochaine, puis c'est pour ça qu'on prend une semaine de plus, on va mettre en place un portail où les gens vont pouvoir aller confirmer que l'information qu'on a sur eux est la bonne information et qu'ils veulent recevoir le code QR. Alors, si les gens ne l'ont pas reçu, ce n'est pas parce qu'on n'a pas l'information, mais on veut être certains que l'information qu'on a sur eux, elle est complète dans son intégralité. Alors, moi, je trouve que c'est une mesure de prudence. Mais c'est sûr qu'on va être capables de faire ça à partir d'un portail qui va être mis en ligne la semaine prochaine. C'est pour ça qu'on retarde d'une semaine, là.

Le Modérateur : Fanny Lévesque, La Presse.

Mme Lévesque (Fanny) : Bonjour, à vous trois. Pour continuer sur ce sujet-là, la preuve vaccinale. M. Arruda, vous en êtes où dans votre réflexion? Vous devez fournir un avis au gouvernement. Vous en êtes où? Est-ce que c'est envisagé, peut-être, qu'on laisse le soin aux établissements de décider si ça sera exigé ou pas?

M. Dubé : On va y aller par étapes, là. Je vais vous donner… Bon, premièrement, je viens de vous dire qu'il faut finaliser notre portail parce que je veux juste être certain que c'est les bonnes personnes qui reçoivent le bon courriel ou le bon texto. Ça, ça va se faire la semaine prochaine.

La deuxième chose. Comme vous savez, on fait la différence entre la preuve vaccinale puis le passeport vaccinal. Pour la preuve vaccinale, ce que j'ai demandé au Dr Arruda, puis j'ai eu un premier projet, là, que je trouvais satisfaisant mais qu'on doit raffiner un petit peu, c'est qu'on va dire dans quelles circonstances on pourrait utiliser la preuve vaccinale. Et la première chose qui saute aux yeux, c'est d'être capable de s'en servir pour les voyages, notamment à l'extérieur du Canada, bon, et c'est pour ça que… donc prendre une preuve vaccinale qui est très concrète puis de travailler pour en faire un passeport vaccinal pour le voyage.

On travaille de très proche avec le fédéral. Je pense que même M. Trudeau a fait une annonce aujourd'hui, puis on est en train de travailler là-dessus. Je pense que tout le monde reconnaît que le Québec est en avance en ce moment, va très bien avec le fédéral. Ça fait que je vous dirais que je ne serais pas surpris, là… Je ne veux pas mettre de date parce qu'il y a beaucoup de choses à régler de ce côté-là, puis je pense que le premier ministre en fait aussi un objet de discussion avec M. Trudeau, mais j'ai l'impression que, d'ici quelques semaines, là, on pourrait avoir une première application de notre preuve vaccinale dans un passeport vaccinal, mais pour fins de voyage. Ça, c'est la première chose.

Puis la deuxième chose qu'on a demandée au Dr Arruda, c'est de nous dire, puis ça je vous le présenterai la semaine prochaine, parce qu'il reste des choses à attacher... c'est quels sont les autres endroits, si endroits il y a, qui pourraient être utilisés ou à qui pourraient servir la deuxième dose.

Puis je vous donne un exemple qui, à mon sens, va encourager beaucoup les gens à avoir une deuxième dose, c'est que la preuve vaccinale va être vraiment valide quand elle aura deux doses, alors on se comprend, ou ce qu'on appelle adéquatement vaccinés, parce que quelqu'un qui a eu la COVID a besoin de juste d'une dose. Donc, disons, quelqu'un qui est adéquatement vacciné, ça peut avoir un très gros avantage, par exemple, pour la quarantaine. Quelqu'un qui revient de voyage, puis qu'au lieu de dire : Bon, on vous force à la quarantaine, bien, vous êtes capable de montrer que vous avez votre preuve vaccinale, bien, on est capables d'arriver, avec les gens de Santé publique, puis dire : Moi, je n'ai pas besoin de faire de quarantaine. C'est un très gros avantage.

Alors, c'est ça qu'on est en train de raffiner avec la Santé publique. Mais, étant donné qu'on avait l'enjeu que je vous parlais tout à l'heure, là, l'enjeu de s'assurer que tout le monde l'aura bien reçu, bien, on a décidé de prendre une semaine de plus. Mais effectivement il y a tellement de monde à qui on doit… On a juste 600 000 personnes qui ont une deuxième dose. Ça fait qu'on a le temps de travailler ça dans les prochaines semaines. Mais, je vous dirais, c'est là qu'on est rendus.

Mme Lévesque (Fanny) : Mais je comprends bien que, donc, on se dirige probablement vers une utilisation du passeport vaccinal au Québec?

M. Dubé : Pour le fédéral, pour la partie…

Mme Lévesque (Fanny) : Oui, dans le fédéral, mais plus que pour les voyages à l'étranger, là, vous vous en venez vers ça?

M. Dubé : Mais il y a des avantages. Comme je viens de vous le mentionner, quelqu'un qui… Puis là c'est toujours en accord avec la Santé publique, qui dit : Ce qu'on a, c'est des mesures sanitaires. Est-ce qu'il y a une mesure sanitaire qui peut être, je vais dire, mise de côté, ce n'est peut-être pas la bonne expression, mais qu'on peut compenser par le fait que quelqu'un qui a eu deux doses, effectivement, n'a pas besoin de faire la quarantaine? Alors, c'est le genre de discussions qu'on a avec eux, en ce moment, là-dessus.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que, M. Arruda, vous voulez continuer là-dessus?

M. Arruda (Horacio) : Le ministre a pas mal répondu à l'ensemble des questions, mais, juste un élément, vous dire que, dans le contexte d'une autre vague, le fait d'avoir le passeport vaccinal ou d'avoir la preuve de vaccination va changer probablement le type d'intervention qu'on va faire, moins d'isolement. Donc, tout ça, là, ça va être des éléments qui vont être faits. Nos principes demeurent les mêmes, c'est-à-dire s'assurer d'une bonne qualité de l'information, mais aussi ne pas brimer les individus à des droits personnels, individuels.

Mais, s'il y aurait les avantages, ce seraient des bénéfices qu'on n'appelleraient pas majeurs, disons, on ne veut pas utiliser le passeport vaccinal, par exemple, dans le milieu de travail, ou quoi que ce soit, pour donner accès au travail, ou à l'éducation, parce que ce sont des droits qui sont convenus dans les chartes, et je pense que ça serait exagéré, mais un usage adéquat, bien balancé, qui va permettre peut-être, de par le fait que quelqu'un est vacciné deux doses, soit moins à risque, donc moins de contraintes en cas, notamment, d'une autre vague qui pourrait réapparaître à l'automne.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Donc, précision. Est-ce que vous avez déjà transmis votre avis au gouvernement ou vous venez de le résumer à haute voix?

M. Arruda (Horacio) : Ah! un avis, c'est… bon, un avis, ce n'est pas une revue de littérature puis une thèse de doctorat, mais ce n'est pas non plus seulement ce que je viens dire ici comme ça.

M. Bélair-Cirino (Marco) : O.K., mais est-ce que vous l'avez transmis?

M. Arruda (Horacio) : Il y a encore des finalités, et je n'ajouterai rien de plus aujourd'hui.

Le Modérateur : Très bien. On poursuit avec Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Justement, sur le même thème, M. Legault, on a entendu le premier ministre du Canada, ce matin, donc, évoquer un scénario où, effectivement, on pourrait permettre à des gens qui ont reçu deux doses de vaccin de voyager. Bien, il ne l'a pas confirmé de cette manière-là, mais on sent bien que c'est ce vers quoi il se dirige. Vous, de votre part, vous aviez évoqué, la semaine dernière, le fait que vous auriez souhaité attendre la fin du mois d'août, là, avant la réouverture des frontières. Est-ce qu'à la lumière de tout ce qu'on entend depuis quelques minutes ça vous semble un compromis acceptable de permettre aux gens double vaccinés de voyager, quoi, dès les prochaines semaines?

M. Legault : Bien, écoutez, il y a des discussions qui ont lieu actuellement entre le gouvernement fédéral et les provinces. Bon, je vous avouerai aussi que je parle avec Doug Ford de l'Ontario. Évidemment, la situation est plus préoccupante dans certaines provinces. Le principe que souhaitait mettre en place la Santé publique, c'était d'avoir deux doses. Deux doses, nous, au Québec, on s'enligne pour que ça soit vers la fin août. C'est pour ça qu'on disait : Bien, on pourrait penser rouvrir les frontières à partir de la fin août, mais on peut penser que, pour les personnes qui auraient deux doses, ça pourrait peut-être être au mois de juillet. Mais ça fait partie des discussions. Il n'y a rien de conclu pour l'instant.

M. Lavallée (Hugo) : Sur un autre sujet, j'aimerais vous entendre, M. Dubé, parce qu'on a lu ce matin un peu, là, vos intentions par rapport à la gestion du ministère puis du réseau pour la suite. Or, encore la semaine dernière, la Vérificatrice générale décelait des lacunes importantes au ministère, entre autres dans les enveloppes de rémunération médicale. On ne sait même pas ce qui est une économie de ce qui est une somme due. Puis ça, c'est sans compter l'Institut de la pertinence, là, qui avait certaines problématiques. Avant d'entreprendre une réforme législative, est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de faire un ménage au ministère de la Santé lui-même? Est-ce que ce ne serait pas ça, la priorité?

M. Dubé : Je pense qu'il faut faire les deux, pour être franc avec vous. Le premier ministre l'a réalisé dans la première vague, il y a des choses à faire qui n'ont rien à voir avec le législatif, qui sont juste de la bonne gouvernance puis d'avoir de l'information. Je l'ai dit un peu à la blague, on est en train de passer du fax au Excel, aux feuilles Excel, puis là, il faut lâcher les feuilles Excel puis avoir des systèmes d'information qui se tiennent. Puis ça, pour ça, on n'a pas besoin du législatif. On a besoin d'avoir un bon plan de match.

Mais, en même temps, la loi sur la santé, quand je dis qu'elle est vieillotte, là, ce n'est pas péjoratif, ce que je dis. C'est une loi sur la santé, le premier ministre l'a connue quand il était ministre de la Santé, puis elle n'a malheureusement pas changé depuis ce temps-là, c'est une loi qui est basée sur des documents de papier pour protéger les gens lorsque les documents de papier passaient d'un établissement ou d'un hôpital à l'autre. On n'est plus dans ce monde-là, on est dans le monde digital.

Alors, moi, ce que la pandémie nous a fait réaliser, puis c'est ça que j'ai donné comme entrevue cette semaine, c'est… Je pense qu'une combinaison d'une meilleure gouvernance, d'avoir accès à des meilleurs outils, on a vu les bons résultats que ça a donné dans la pandémie, d'être capable d'avoir l'information pour bien gérer. Autant pour les gens voulaient aller se faire dépister, qui veulent se faire vacciner, on a vu comment ils sont bien servis dans nos sites. Donc, c'est bon pour le patient. Mais, en même temps, c'est bon pour nos gestionnaires, d'être capables d'avoir une information qu'on peut échanger lorsqu'on fait ces rencontres-là.

Puis, au besoin, puis c'est pour ça qu'avant de faire un projet de loi je pense que, par respect pour mes collègues à l'Assemblée nationale, on a dit : On va faire un peu ce qu'Éric Caire a fait l'an dernier, quand il a fait une consultation populaire durant l'été avant de déposer son projet de loi sur les ressources informationnelles, ce qui, à mon sens, est le contenant de l'information. Moi, je fais la même chose durant l'été, parce qu'on a appris beaucoup de la pandémie, beaucoup, et on a vu quel genre d'information qu'on avait puis on a vu les blocages d'information qu'on avait. Ça fait que, durant l'été, on va faire cette consultation-là. Et, quand on va arriver à l'automne, au besoin, après avoir discuté avec… l'agenda législatif, on verra quels sont nos besoins de changement de lois qu'on fera. Mais en même temps on peut continuer à travailler parce qu'on a la possibilité de le faire.

M. Lavallée (Hugo) : …de la Vérificatrice générale.

M. Dubé : Bien, c'est exactement ce qu'elle dit aussi. Il y a beaucoup d'information, que ça soit pour l'institut, de la pertinence… On pose une question, ça prend trois semaines avant d'avoir la réponse, puis, par le temps qu'on a la réponse, l'urgence est déjà passée. Et ce qu'on veut, c'est de l'information en temps réel. C'est ça qu'on a besoin pour... On gère entre 45 et 50 milliards par année, c'est 1 milliard par semaine. On n'a pas les moyens d'attendre trois semaines pour une réponse quand on veut prendre des décisions de gestion. C'est aussi simple que ça.

Le Président : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : M. le premier ministre, M. le ministre de la Santé, M. le directeur de la santé publique, ma question s'adresse à M. Legault et à M. Arruda. Vous avez parlé de passeport vaccinal. Vous avez parlé de preuve vaccinale. Vous avez parlé d'ouvrir les frontières, peut-être un confinement moins difficile pour les gens qui ont une deuxième dose. Mais est-ce que vous tenez en compte le variant Delta qui est en train d'émerger un peu partout dans le monde? Donc, les gens vont commencer à voyager, peut-être qu'il y a un risque d'augmenter… On parle qu'au mois de juillet ça pourrait être 40 % de la population aux États-Unis qui est atteinte, beaucoup plus contagieux, peut-être pas couvert par les vaccins actuellement. Est-ce qu'on ne va pas trop vite?

M. Arruda (Horacio) : On prend ça en considération, parce que, de toute façon, les gens qui viennent de l'extérieur vont passer des tests avant de partir là-bas et à l'arrivée ici, et, même, je vous dirais, au jour trois et jour sept, et selon le statut vaccinal. Donc, c'est très clair que le variant qui pourrait venir, l'indien, ou le vietnamien, ou le D4, ou un nouveau variant au Québec, est toujours une menace, mais on a ces mécanismes-là de surveillance qui vont être faits. Et je pense que votre question est très pertinente. On va le faire, on va l'intégrer.

M. Laforest (Alain) : Sauf votre respect, là, le test rapide puis le test PCR, actuellement, le Delta, il ne le couvre pas. Ça prend un test plus poussé.

M. Arruda (Horacio) : Mais ça va se développer comme tel. En termes de caractéristiques, on va les développer, ces tests-là.

M. Legault : Juste pour compléter, là, ce qu'on parle, pour l'instant, c'est de personnes qui ont eu leurs deux doses. Puis, à ce que je sache, les vaccins, là, fonctionnent avec le virus Delta, là. Donc, si la personne a eu deux doses, bien, il y a quand même une certaine sécurité, là.

M. Dubé : Ça rappelle le point commun qu'il est important d'aller chercher la deuxième dose. Voilà.

M. Laforest (Alain) : Concernant les masques, revenons sur l'annonce qui a été faite hier. Dans les milieux de travail, où on est autour de 46 % des cas actuellement au Québec, là, on comprend que ça baisse beaucoup. Est-ce que ça ne devient pas difficile à gérer : Porte le masque dans le centre d'achats, ne porte pas le masque au travail, porte le masque à l'épicerie, ne porte pas le masque au travail? À un moment donné, il y a des médecins, entre autres, qui disent que ça commence à être compliqué, là.

M. Arruda (Horacio) : Votre question est très pertinente. Je remercie de nous la mentionner. On est en train de faire des travaux actuellement pour revoir ces éléments-là, de paliers jaunes, verts, et de ces questions de masque, qu'est-ce qui sera obligatoire, pas obligatoire, pour apporter la cohérence, parce vous savez qu'on travaille notamment avec la CNESST, mais la CNESST s'occupe des travailleurs. Après ça, il y a les clients, hein, les clients, etc., et, au cours des prochains jours, là, on va revenir avec une chose simplifiée pour la question du port du masque.

M. Laforest (Alain) : …avec la CNESST actuellement?

M. Arruda (Horacio) : Hein?

M. Laforest (Alain) : Vous n'êtes pas tout à fait en accord avec la CNESST?

M. Arruda (Horacio) : Non, non, à ce stade-ci, on est confortables. Mais, plus on va aller vers une deuxième dose, plus on va avoir une couverture vaccinale importante, plus ce genre de mesures là peuvent être délestées, particulièrement quand l'épidémio est à la baisse. Si on se remet à ravoir des cas, on réintroduira. Mais actuellement ce qu'on a discuté avec la CNESST, notamment par rapport à enlever le masque, notamment pour les professeurs, puis etc., là, on est confortables avec ça. Mais je veux juste vous dire que, compte tenu que ça a adressé la question des travailleurs, nous, en santé publique, on veut s'assurer d'un arrimage transversal, si vous me permettez, dans tous les secteurs d'activité, cohérent avec l'épidémio, la couverture vaccinale et le palier de couleur.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour, messieurs. Pour la frontière, tantôt, M. Legault, vous disiez : Peut-être fin juillet. On parle que des Québécois puissent aller ailleurs, mais accueillir aussi, donc, des voyageurs, parce que l'industrie touristique dit que c'est urgent d'ouvrir la frontière. Donc, ce serait accueillir aussi des gens deux fois vaccinés. C'est ça?

M. Legault : Bon, écoutez, d'abord, là, le premier objectif, c'est qu'on agisse de façon sécuritaire. Donc, pour l'instant, ce que je vous ai dit, c'est… Nous, on pense que la grande majorité des gens vont avoir eu leurs deux doses au Québec à partir de la fin août. Donc, de penser qu'il y a des Québécois qui pourront voyager à l'étranger puis revenir avec leurs deux doses, je pense que ça, c'est pensable. Bon, il va y en avoir des personnes qui vont avoir eu leurs deux doses au mois de juillet. Donc là, est-ce qu'il y a moyen de faire un certain tri? Puis, qu'est-ce qui arrive, aussi, avec les personnes qui arrivent de l'étranger?

Donc, c'est toutes ces questions-là qu'on regarde. C'est pour ça que, malheureusement, je ne peux pas vous donner une réponse précise. Parce qu'en plus on discute de ça avec le gouvernement fédéral, en plus, idéalement, le gouvernement fédéral voudrait s'entendre avec chacune des provinces. Puis pour l'instant, bien, il y a des premiers ministres de province qui ont des opinions différentes les unes des autres. Donc, c'est tout ça qui est débattu actuellement.

M. Bossé (Olivier) : Mon autre question serait plus pour vous entendre sur Chaudière-Appalaches. Est-ce que je comprends que maintenant ça redevient un tout? Il n'est plus question de MRC? Et quel est le ou les critères cette semaine que vous surveillez pour dire : Ça va passer en jaune ou pas?

M. Arruda (Horacio) : Ça va dépendre du nombre de cas, incidents par jour, là. Ils sont rentrés, dans certaines parties du territoire, dans ce qu'on appelle l'incidence jaune, mais beaucoup plus récemment que d'autres territoires, même que Montréal et Laval. Donc, ça va dépendre de l'épidémio, de comment est-ce que les chiffres baissent, est-ce qu'il y a des éclosions non contrôlées, puis etc. Mais on a bon espoir qu'avec ce qu'on voit, la tendance qui est à la baisse, il y a eu, je dirais, un certain retard par rapport à d'autres régions, qu'ils vont pouvoir être au jaune.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce que, là, on parle de Chaudière-Appalaches? On a toujours les quatre MRC…

M. Arruda (Horacio) : Oui, on parle de l'ensemble du territoire. On essaie, autant que faire se peut, de ne pas diviser les territoires pour éviter ce qu'on appelle aussi les mouvements intrarégionaux, là. C'est ce qu'on essaie, véritablement, de maintenir. Il peut toujours y avoir des exceptions. Il pourrait toujours y avoir des choses comme telles, mais la tendance, c'est de garder un territoire au complet.

Le Modérateur : Alexis Samson, Cogeco.

M. Samson (Alexis) : Bonjour, messieurs. Petite précision, peut-être, avant ma première question, parce que ça fait quelques messages que je reçois là-dessus, sur la limite de 250 élèves pour les bals des finissants. Je comprends donc que, s'il y a plus que 250 élèves en secondaire V, ce sera deux bals de finissants qui devront être organisés?

M. Arruda (Horacio) : Bien, techniquement, oui, compte tenu du fait que… ou ils pourront s'organiser de le faire dans des zones séparées, avec deux chapiteaux, là, tout dépendamment, mais on ne voudrait pas qu'il y ait de mélange de plus de 250 personnes. Donc, je pense qu'il y aurait moyen, probablement, de le faire par type de classes ou par certains groupes, effectivement.

M. Samson (Alexis) : Excellent. Vous nous avez parlé aujourd'hui de la situation qui est encourageante, des mesures sanitaires qui continuent de se relâcher, le plan qui va plus rapidement que prévu. On semble être sur une tendance de 150 cas par jour. Est-ce qu'on pourrait faire des spéciaux, comme vous en faites pour le bal des finissants, un peu plus régulièrement? Parce que je suis convaincu qu'il y a des gens, à la maison, qui se disent : Bien, nous aussi, on aimerait ça, avoir un spécial. Est-ce qu'il pourrait y avoir relâchement des mesures dans certains cas ou encore plus rapidement que prévu à certains endroits, certaines occasions?

M. Arruda (Horacio) : Il faut comprendre que, déjà, le plan, là, quand on passe du jaune au vert, il y a des augmentations comme telles. Ça va… Moi, je veux vous dire, ça va dépendre de l'épidémiologie. Ce n'est pas parce qu'on a prévu un plan qu'on veut absolument le maintenir si on peut faire d'autre chose, parce qu'on comprend les besoins des individus.

Mais je veux quand même vous dire que le virus est encore présent. Il y a encore des cas. Il y a encore eu des décès, parce les plus vulnérables et non protégés peuvent faire la maladie. Donc, il faut y aller quand même avec prudence. Mais tout ça est analysé, je vous dirais, là, régulièrement, au jour le jour, avec nos directeurs. Puis, comme je le disais tantôt aussi, il y a un nouveau jaune, un nouveau vert, des allègements par rapport aux mesures sanitaires, aux différentes contraintes, qu'on va vouloir mettre en place.

M. Legault : Vous dites : On est autour de 150, là. Il ne faut pas oublier que, là, on parle beaucoup des chiffres de la fin de semaine. En fin de semaine, il y a toujours un peu moins de tests. Ça fait qu'on est peut-être à 200, 250, 300. On est plus autour de ça. On est dans une moyenne, là, si je ne m'abuse, pour les sept derniers jours, de 243.

M. Samson (Alexis) : Concernant la deuxième dose, on nous a souvent parlé de la deuxième dose comme le passeport vers la liberté, retrouver une certaine liberté. Quand on regarde le plan de déconfinement, il reste encore certaines mesures après la deuxième dose. Là, on parle du passeport vaccinal. Pourquoi est-ce qu'il y a encore toujours une hésitation à rouvrir, à vraiment déconfiner comme… et mettre la pandémie derrière nous à partir du moment où tout le monde, ou, en tout cas, l'objectif de 75 %, aura reçu sa deuxième dose? Pourquoi il y a toujours hésitation ou on reste prudents de ce côté-là?

M. Arruda (Horacio) : À cause, un, des variants, deux, à cause qu'on a vu, là, on le voit même en Angleterre actuellement, avec une bonne proportion de gens vaccinés deux doses, ils ont une augmentation du nombre de cas. Bon, heureusement, les gens sont moins hospitalisés, puis il y a moins de mortalité, quand même, mais il y a toujours possibilité d'une autre vague. On ne sait pas comment ce virus-là va se traduire.

Écoutez, dès que nos signaux… ou qu'on aura l'information comme quoi que les variants sont sous contrôle, que l'épidémie mondiale… Parce que ça peut aussi se réintroduire de l'extérieur du monde. Ça fait qu'il y a toujours ces risques-là. C'est pour ça qu'on y va de façon progressive. Mais on sera les premiers à être heureux à vous dire qu'on est revenus à une ère pré-COVID, si la COVID disparaît de cette planète-là, en attendant la prochaine menace, parce que vous savez que ce ne sera pas le dernier virus qui va muter puis qui va nous donner des surprises.

Par contre, ce que je tiens à vous dire, j'espère que les mesures qu'on a mises en place, d'hygiène, vont être aidantes pour mieux contrôler aussi la grippe, qui tue aussi beaucoup de monde à chaque année.

Le Modérateur : Merci. M. Arruda, M. Dubé et M. Legaut vont maintenant répondre aux questions des journalistes en anglais. Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon. I'm wondering… You have been saying for some time that, even with the first dose, after the two weeks, there's still a risk. So, now, when it comes to proms, they are going to be outside, but they are not going to be respecting the two meters social distancing. Do you have a mechanism of estimating what the risk is and anticipating what kind of outbreaks there could be?

M. Arruda (Horacio) : First of all, it's important to understand that youth have a better response in immunology than older people. So, probably, after a first dose, if they wait 14 days or three weeks, they're going to be most fully protected, probably over 90%.

Mme Fletcher (Raquel) : …someone else.

M. Arruda (Horacio) : Yes, depending of which type of vaccine, we think that, with the Pfizer, that we give to them, or Moderna, the transmission is lower too. But that's not perfect, but that's the case. Second, they are not a high-risk population as others, comparing if there was elderly «bals», with people more fragile that could have… die from this. Third, there is a low level of epidemiology actually. And also the issue is that it will be difficult to say what exactly will be related to the «bals de finissants» or the — what's the name, exactly, I'm sorry, in English?

Des voix :

M. Arruda (Horacio) : …proms — and to other activities as are going to be happening before and after, you know. So, based on that, based on the values, on the importance for those people to have this special moment that happens only once in a life, the risk management we do, it's an outdoor, also, type of event, so I think the risks are well balanced with, I would say, the pleasure it will give and the memories for those kids.

Mme Fletcher (Raquel) : On the subject of the second dose, we saw yesterday a lot of confusion around Clic Santé. There were some technical issues. We also saw these long lineups of people waiting at walk-ins, very hot out, and they were spending hours outside in these lineups. And some of them were even turned away, because they got there, and they said : No, you have to come back, whatever. People were confused, but they were also… It seems like staff were confused. What exactly happened and have all those kinks been worked out?

M. Dubé : Well, I'll divide your question in three components, OK?

The first one is that, next week, I could have been clearer with regards to the second dose going to Pfizer and the limitation. I thought I was clear, but I guess I was not, so I apologize for that, because, on the Moderna, we need to have confirmation that Moderna is available and, right now, we cannot do that. So that, I think, has caused the confusion. And that will be clear, hopefully, next week, when we receive additional Moderna. And there is no confusion for Astra, because we said clearly that we still have Astra. Astra, we're probably now into almost 100,000 that have been used, so, but we still have Astra for people that want their second dose.

So the confusion was with Moderna, and, again, we have clear that. And this is the reason that, when we heard about the confusion, we issued a communiqué, and Daniel Paré has been very clear on that. And I think the confusion is clear.

Now, to your point into appointments without appointments, the issue is that we want to go and get this group of people that are between 18 and 30, and we know they prefer to go on without appointment. So, we said : OK, let's go and add without appointment to all the region that we have, but in a day like yesterday, when it's really hot, but you have the negative of no appointment, being that you have to be in line.

So, this morning, what we did, we talked to the P.D.G. of each sections and we said : Continue to open the no-appointment, but make sure that, when you can, that people can come inside with their coupon. Because, I mean, especially when we are vaccinating elderly people, we don't want the negative of people waiting outside when it's hot.

So, I think, if you ask me, we've been vaccinating now 6 million doses. We learn every day. So my best answer to you : this was probably… We said yesterday was the beginning of the second campaign, I think we still have adjustment and will adjust as we did. But I gave you to three components of it.

Le Modérateur : Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon. For Monday, people will be able, in yellow zones, to gather inside. So, you're accelerating a bit more your reopening plan, but not your second dose. So what are you telling people? Because they have still to manage the risks. They don't have their second dose. What are you telling them to do inside?

M. Arruda (Horacio) : In fact, the reason why we are going that way, it's because the epidemiology is good, you know? I'm not telling that the virus is not there. I'm telling that the virus is there, but it's not as frequent as it was before. So we can manage more relationships, more contacts. But, if you're afraid, if you're a high-risk person, if you are an elderly person who had only received one dose, you can keep your distancing. You're not obliged to be with no distancing, with no mask or everything. I think it's a way of managing, I would say, the risk related to the epidemiology.

But it's why I want to say that you should respect yourself. If somebody is afraid of getting it because he has not received it's second dose, he can… he's not obliged to do it. But, if others want to do it, I think, with the level of epidemiology that we have right now, we think we can go more to a normal life. We are not telling people to be 45 persons in a house or in a big party, but three bubbles that people that we know, we can manage the risk, which is, I think, something which is normal.

Mme Senay (Cathy) : Without masks?

M. Arruda (Horacio) : Depending of the level where you're going to be. It's going to be well indicated in the website of the Ministry.

Mme Senay (Cathy) : And, Premier Legault, what are your discussions with Ontario, Premier of Ontario, for the reopening of the Ontario border? What are the possibilities at this point, because the situation is getting better in Ontario? So what are your expectations with reopening the border of Ontario-Québec?

M. Legault : First, the discussions are confidential.

Mme Senay (Cathy) : Yes, but what you can tell us? Because it's been a while that the…

M. Legault : What I can tell you is what we are asking Québec… is about making sure people they have their two doses. That's what we're asking.

Le Modérateur : Matt Grillo, CTV.

M. Grillo (Matthew) : Good afternoon to the three of you. With regards to prom specifically, do you worry at all that this could set a certain precedent where people are saying : Well, no mask, no distancing, 250 people? Is that a concern at all, when you make this kind of decision, that perhaps maybe other events would want to implement these rules as well?

M. Arruda (Horacio) : It's clear, anytime we take a decision with one group, there is another group who is asking : Why them and not me? I'm sure that actually people, about their marriage, are perhaps telling : Why should I not… there is a «bal de finissants» of 250, why could I not have the same thing? That's the risk we take. We take into account, I would say, the fact that you just can prom once, actually. I'm not…

M. Legault : What about marriages?

M. Arruda (Horacio) : It seems that it can be more than once and it seems that you can report it too.  But we are always having those discussions and those tensions, it's clear. It's clear. And there is always, when we take a decision, for some, an impression of inequity. So, that's it, in my case, I only married once. I hope that's going to be the case because my accountant told me I don't have the… I could not divorce, it's going to be too expensive for me, but, it's OK. But, so, that's real, and the problem is the comparisons and the impression that it's not fair.

Le Modérateur :

M. Grillo (Matthew) : Ah! merci. Actually, the Premier took the question away from me. I was going to ask you about marriages specifically, but what is the difference between proms and weddings? Is it just that weddings are just to risky at this point because you're dealing with a wider age clientele? I mean, can you just explain that?

M. Arruda (Horacio) : It's the case, and that's, I would say... I'm not telling that youths are not friends, but, when you are in a marriage, there is more relationship inbetween persons and probabilities of more contacts. And that's one of the issues, there are older groups, not only youth, that are there, there is grandma, grandpa, grandaunt, granduncle. And this is the situation. And it's always have been the case that funerals and weddings are activities of high level because there is a lot of emotion, also, I would say, and between everybody at the same moment.

Le Modérateur : René Bruemmer, The Gazette.

M. Bruemmer (René) : …if I could start with just a precision, we said : No more masks in classrooms because of the heat wave. But the heat wave is ending, pretty much, tomorrow. The next day, yet, we're staying with no more masks in classrooms for the rest of the semester. Correct?

M. Arruda (Horacio) : ...be the case for, I would say, the yellow and the green places. The only thing is that, for grades 5 and 6, they must wear the mask when they are going to go in corridors or taking the bus, but not for the younger ones, they will not have to keep the masks.

M. Bruemmer (René) : OK. We're announcing a lot of new liberties today, graduations with no masks, no masks in school classrooms, «zones jaunes», and we're also seeing things like mass celebrations every time the Habs win, which is good, but also worrisome. Are we not a little concerned, with all these new liberties that we're allowing, that it could lead to an upsurge in cases?

M. Arruda (Horacio) : There is always a concern. That's a question of risk management. But we ask people to do what we prescribe. If they do what we prescribe, and there is always exceptions, there is always emotions, there is always gatherings, at least, when it's outside, it's less risky than inside. And I would say that, probably, the solution would be to respect the most activities on the outside, than inside, in this period. And we will follow up the data as we're seeing that going down. If it begins to get up, we will readjust.

M. Bruemmer (René) :And, just on AstraZeneca, if I may, why is it that people who've had their first dose of AstraZeneca cannot now ask for a sooner dose of Pfizer if we have a lot of Pfizer?

M. Dubé : Well, it's easy, because the number of Pfizer that we have right now are reserved for people that are due for their second dose and the kids that are between 12 and 17. So we have enough vaccines for them. So our preference, for now, is to give people their Astra or their Moderna when we have them. And, as we said, as I said earlier, for sake of Moderna, we should have confirmation next week. And Daniel Paré had said that we should receive also confirmation, for AstraZeneca, of additional doses.

So the preference is… We're just asking… And I know I said that earlier, that people are waiting, they are anxious to move their second dose as well, but I think it's a matter of a week or two before we get the confirmation that we have those vaccines for them.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Merci. M. le premier ministre, la Commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, demande quatre mois supplémentaires pour achever son rapport final sur les soins offerts dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées pendant la pandémie. Qu'allez-vous lui répondre?

M. Legault : On va accepter, parce que, je pense, c'est important que le travail soit bien fait, qu'on ait des bonnes recommandations, qu'on puisse les mettre en place rapidement. Donc, on va accepter.

Le Modérateur : Très bien. C'est ce qui met…

Une voix :

M. Legault : Écoutez, il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, mais ça regarde bien. Mais ça ne sera pas facile contre Vegas ou Colorado. Donc, on va prendre ça une série à la fois, mais on est de bonne humeur. Ça va bien. Les jeunes et les vieux font leur part.

Une voix :

M. Legault :OK, so we're still… We won eight games. We need to win another eight for the Stanley Cup. We'll discuss about the parade with Mr. Arruda if it happens. But I think we were, many of us, surprised to win against Winnipeg in four games, and I'm still expecting to see the tweet of Brian Pallister, today, because we have a bet. So I hope he'll do like Doug Ford and get the jersey of the Habs.

Mme Senay (Cathy) : It's 2:00 o'clock already!

Le Modérateur : Oui, puis, d'ailleurs, la période des questions commence. Donc, merci beaucoup à vous trois.

M. Legault : Merci.

(Fin à 13 h 58)

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