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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle

Version finale

Le mardi 8 juin 2021, 10 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures quarante-six minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour, bonjour tout le monde. Vous allez me permettre de commencer en adressant quelques mots à toutes les personnes qui ont été touchées par l'acte islamophobe qui s'est produit en Ontario. Écoutez, c'est épouvantable quand on lit ce qui s'est produit.

Et puis peut-être que, pour moi, la personne qui a mieux résumé cette situation, c'est ma fille de neuf ans, avec laquelle je parlais hier soir, puis qui m'a dit : Maman, ce qui est terrible pour le petit garçon, ce n'est pas les blessures physiques, mais c'est les blessures au coeur. Puis je pense que cette histoire-là vient nous toucher au coeur et, malheureusement, nous rappeler ce que, nous-mêmes, on a vécu ici, au Québec. Alors, vous comprendrez que toutes mes pensées sont avec les personnes qui sont directement touchées par ça, mais également indirectement touchées par cet acte tragique et qui nous rappelle l'importance de lutter contre toute forme d'intolérance et de racisme ici chez nous.

On est en train de… On va parler maintenant un petit peu de sujet d'actualité. On entame ici la dernière semaine de nos travaux à l'Assemblée nationale, et ça va être l'occasion, pour l'ensemble des partis politiques, de dresser le bilan de la dernière session.

Pour notre formation politique, nous avons fait une multitude de propositions qui ont été mises de l'avant. On n'a qu'à penser à ce que nous avons fait en matière de langue, on n'a qu'à penser à ce qu'on a fait en matière de santé mentale, plus récemment, toute la question de la vision économique, une vision économique humaine, on se préoccupe de notre environnement et de notre monde en même temps de s'occuper de l'économie de manière plus large.

Et on a également joué notre rôle d'opposition officielle, de poser des questions, de poser des questions qui ne sont pas faciles, auxquelles ce n'est pas nécessairement facile de répondre, mais il faut qu'on joue ce rôle d'opposition, justement, et de tenir… et d'être aux aguets par rapport à ce que fait le gouvernement.

Et souvent le gouvernement a voulu mettre sous le tapis des enjeux qu'il ne souhaitait pas discuter. On n'a qu'à penser à l'enjeu de pénurie de main-d'oeuvre; on n'a qu'à penser à tout ce qui se passe en matière de crise pour des places en garderie, qui sévit encore aujourd'hui; la crise du logement, hein, qui est loin d'être terminée puisqu'on approche la période du 1er juillet; les enjeux d'éthique du ministre Fitzgibbon... de l'ancien ministre de l'Économie, c'est-à-dire; les mensonges du ministre de l'Éducation, on a vu beaucoup de complaisance en ce sens-là; le tunnel caquiste de 10 milliards; la valse-hésitation autour du projet de tramway, avec encore une illustration, pas plus tard qu'hier, pour ne nommer que ces enjeux-là.

Comme je le disais la semaine dernière, le fait que la pandémie… on commence à se sortir de la pandémie, que les nuages se dissipent, on commence à voir un peu le vrai visage du gouvernement et une attitude qui est caractérisée souvent par l'arrogance, on l'a vu avec les enjeux d'éthique, on l'a vu avec l'enjeu du tunnel, le manque de transparence.

Si on revient un peu en arrière, on peut penser au fait qu'ils ont toujours, toujours refusé la question d'avoir une enquête publique indépendante, toujours refusé le débat autour de l'urgence sanitaire, également, et, plus récemment, la question du bureau de projet, l'incapacité pour nous de même poser des questions au directeur du bureau de projet, par rapport au tunnel de 10 milliards, la complaisance que l'on a vue de la part du premier ministre, notamment face au ministre de l'Éducation, et de nombreux mensonges que nous avons… auxquels on a eu droit, et la question de l'éthique plus qu'élastique avec l'ancien ministre de l'Économie.

Puis finalement il y a eu aussi une certaine déconnexion lorsque l'on a parlé, par exemple, des emplois à 56 000 dollars, comme si tout passait par des emplois qui devaient être supérieurs à ce montant-là, des loyers à 500 dollars, le million qu'on voulait protéger pour l'ancien ministre de l'Économie.

Alors, moi, j'aurais envie de vous dire que le premier ministre Legault de 2021 a intérêt à se rappeler du premier ministre Legault de 2018 et se rappeler l'importance de gouverner avec humilité et ouverture, comme lui-même le suggérait en 2018. Il faudrait que le premier ministre de 2021 parle au premier ministre de 2018.

Aujourd'hui, François Legault, sur Twitter, m'a interpelée sur la question de la pénurie de main-d'oeuvre en faisant référence à un article du chroniqueur Joseph Facal. Il disait, en fait, que, si on avait des pénuries de main-d'oeuvre, c'est parce que les patrons ne payaient pas assez leurs employés et qu'ils n'avaient qu'eux à blâmer. J'aimerais rappeler quand même qu'une bonne petite lecture serait celle de l'Institut du Québec, par rapport à cet enjeu de pénurie, parce qu'il détaille bien précisément les enjeux auxquels nous faisons face.

Dans le domaine de la santé, en matière de pénurie de main-d'oeuvre, nous avons 32 000 postes à pourvoir en santé et en assistance sociale. Plus spécifiquement, lorsque l'on parle des hôpitaux, on parle de 14 000 postes à pourvoir. On n'a qu'à penser à nos personnes qui sont affectées par le délestage pour savoir qu'il y a 14 000 postes qui sont vacants aujourd'hui, 14 000 postes pour lesquels on n'a pas de monde pour occuper ces fonctions. J'aimerais rappeler au premier ministre qu'en ce moment le patron de ces 14 000 personnes, c'est lui. Et, si je suis le raisonnement du chroniqueur, il est le premier responsable, à ce moment-là, de la situation, à moins qu'il nous dise que ce n'est pas de sa faute et que c'est la faute des autres. Alors, j'aimerais bien entendre la réponse du premier ministre quant à cet enjeu. Je suis prête.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre les questions.

Mme Crête (Mylène) : Concernant ce qui s'est produit à London, est-ce que vous considérez que c'est un acte terroriste?

Mme Anglade : Bien, c'est un acte clairement islamophobe. Maintenant, il y a une enquête qui va se faire pour déterminer plus de détails par rapport à ça, et je pense que l'enquête va pouvoir déterminer cet élément-là. Je pense qu'on peut clairement dire que c'est un acte islamophobe, cela dit.

M. Bergeron (Patrice) : Qu'est-ce que le Québec doit conclure, qu'est-ce que les Québécois doivent conclure, quand ils voient un acte aussi, donc, épouvantable, à London, Ontario? Est-ce que ça peut... ou est-ce que ça existe encore, ici? C'est rampant?

Mme Anglade : Bien, ça existe ici, on l'a vécu. Je veux dire, ça existe partout dans le monde. Il faut condamner ces actes de manière très ferme, sans aucune ambiguïté, parler de notre ouverture au monde, parler de notre tolérance par rapport aux autres. Je pense que c'est ça, le message qu'il faut d'abord et avant tout se rappeler. Vous savez, encore une fois, on a vécu une période assez difficile, dans la dernière année, puis, s'il y a une chose qu'il faut retenir de la dernière année, c'est l'importance de la bienveillance, d'être bienveillants envers les autres qui nous entourent, peu importent leurs origines, peu importent leurs croyances.

M. Larin (Vincent) : Sur la réforme de la loi sur la santé qui est proposée par M. Dubé, est-ce que vous êtes ouverts, au Parti libéral, à revoir cette loi-là?

Mme Anglade : La première chose qui m'a marquée, lorsque j'ai lu cet article-là, c'est qu'on disait qu'on voulait prendre les mesures d'urgence, hein, d'urgence sanitaire, puis de voir de quelle manière on pouvait les élargir ou les maintenir. Moi, la modernisation, je n'ai aucun problème. Ce n'est jamais moi qui vais vous dire que j'ai un problème avec la question de modernisation. Mais là, je me pose sérieusement la question sur exactement ce que le ministre souhaite dire, quand il dit qu'il veut… qu'il parle d'urgence sanitaire.

L'autre chose qui m'a préoccupée, qui m'a interpellée par rapport à ça, c'est le fait qu'il n'y a pas de commission d'enquête publique indépendante, ils l'ont refusée, mais on est prêts quand même à modifier les lois, on n'est pas encore sorti de l'urgence sanitaire, qu'on sait déjà ce qu'on veut modifier. Moi, j'aurais aimé qu'on fasse les constats avant de pouvoir aller de l'avant. Donc, je trouve que cette approche-là est préoccupante.

M. Larin (Vincent) : Vous pensez que la volonté exprimée par le ministre Dubé de consulter les partis, c'est de la fumée? Ce n'est pas vraiment…

Mme Anglade : Bien, il peut bien consulter les partis, moi, je suis toujours ouverte à la consultation. Ils savent que mon bureau est ouvert. Là n'est pas la question. La question, c'est que le ministre parle de modernisation. Si c'est une modernisation pour rendre les données transparentes, c'est une chose. Mais, si c'est une modernisation où on essaie d'intégrer des portions de l'état d'urgence, qu'on essaie d'élargir, d'avoir plus de gré à gré, d'essayer d'embrasser très large par rapport à ça, avant même qu'il y ait une enquête publique indépendante, avant même qu'il y ait eu un rapport qui soit déposé, je trouve qu'on saute beaucoup d'étapes. Et la transparence devrait être au rendez-vous, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.

M. Larin (Vincent) : Quel genre de garantie est-ce que ça vous prendrait pour que vous donniez votre accord à une réforme de ce genre-là?

Mme Anglade : Ah! non, mais attendez, là, il n'y a même pas de projet de loi qui soit déposé, il n'y a rien du tout. Alors, il n'y a pas d'histoire de donner des garanties quelconques. Mais, même par rapport au processus, encore une fois, par rapport au processus, on nous dit : On va peut-être utiliser l'état d'urgence, on va vouloir élargir. Si c'est pour améliorer la transmission de l'information, c'est une chose, mais je pense que le ministre a certainement d'autres idées en tête puis j'aimerais bien les connaître.

M. Lavallée (Hugo) : …on a eu le Parti québécois qui a fait une réforme du système de santé, le Parti libéral, on voit ce que ça a donné, il y a eu des bons et des moins bons résultats aussi. De se rembarquer encore, là, dans une réforme des lois qui gouvernent la santé, est-ce que c'est vraiment la chose à faire?

Mme Anglade : Bien, écoutez, encore une fois, c'est pour ça que je dis : Je pense qu'il faut faire les constats d'abord. Là, on est en train de dire... On n'est même pas encore sorti de l'urgence sanitaire, on n'est pas encore sorti de l'urgence sanitaire, que le ministre dit : Bien, moi, j'ai remarqué que, dans l'urgence sanitaire, ça nous donnait des moyens, donc je veux faire une loi. J'ai l'impression qu'on saute beaucoup, beaucoup d'étapes avant de faire les constats qui s'imposent.

Cela dit, surtout le volet informationnel, le partage d'information, ce principe-là, je pense que c'est une bonne chose. Pour tout le reste, il m'apparaît évident qu'on est en train de sauter plusieurs étapes, notamment le rapport d'une véritable enquête publique indépendante qui nous permettrait d'avoir plus d'informations sur ce qu'on aimerait changer.

M. Robitaille (Antoine) : Est-ce qu'on doit le succès de la campagne de vaccination, en autres, à la réforme Barrette, la création des CIUSSS?

Mme Anglade : Bien, je vous dirais que la campagne de vaccination... la vaccination au Québec, c'est quelque chose… on est réputé pour ça depuis avant la pandémie, c'est quelque chose…

M. Robitaille (Antoine) : Mais, la réforme.

Mme Anglade : Bien, écoutez, de faire le lien… Bien, sans doute qu'il y a un élément de ça qui explique le succès de la vaccination. Sans doute qu'il y a un élément de la réforme qui explique…

M. Robitaille (Antoine) : Lequel, vous pensez?

Mme Anglade : Bien, toute la manière de coordonner les efforts de manière…     

Mme Anglade : …depuis avant la pandémie, c'est quelque chose…

M. Robitaille (Antoine) : Mais la réforme…

Mme Anglade : Bien, écoutez, de faire le lien… bien, sans doute qu'il y a un élément de ça qui explique le succès de la vaccination, sans doute qu'il y a un élément de la réforme qui explique ça.

M. Robitaille (Antoine) : Lequel, vous pensez?

Mme Anglade : Bien, toute la manière de coordonner les efforts de manière beaucoup plus soutenue à travers l'ensemble des établissements, je pense que ça a porté fruit sur la vaccination. Mais c'est une bonne question à poser à notre porte-parole en matière de santé.

M. Bergeron (Patrice) : Sur les déclarations du grand chef de Kanesatake qui dit : Attention, le projet de loi n° 96, vous n'irez pas de l'avant s'il n'y a pas aussi des changements qui doivent être apportés aussi en matière de protection des langues autochtones, ça rappelle quasiment un film qu'on a joué dans le lac Meech, là. Où est-ce que vous vous situez par rapport… Est-ce que vous dites : Il faut tout de suite embarquer les autochtones dans le processus de changement de la Constitution, le projet de loi n° 96?

Mme Anglade : Bien, premièrement, je vous dirais que c'est toujours important d'aller à l'écoute de nos premières nations, je pense que c'est une règle de base. Maintenant, la notion de la nation québécoise, c'est déjà une notion qui est établie, qui a été reconnue par la Chambre des communes. La langue française comme langue commune, ça a été établi. Mais je pense qu'il faut qu'il y ait des échanges puis des dialogues, et d'ailleurs ça va faire partie des consultations qu'il va y avoir certainement cet été.

Mme Côté (Claudie) : J'aimerais vous entendre sur la décision de ne plus obliger le port du masque en zones jaune et verte. Est-ce que vous trouvez qu'il y a confusion dans les messages? Parce qu'on nous disait, la semaine dernière, c'était deux doses pour pouvoir enlever le masque.

Mme Anglade : Un peu de confusion, en effet, un peu de confusion, en effet, sur la question des masques. Et on ne cesse de répéter : Assurons-nous de clarifier les choses, surtout en période de déconfinement, où on voit qu'il y a des gens qui interprètent peut-être de manière plus large ce qui devrait se passer. Donc, l'importance de clarifier les communications.

Mme Côté (Claudie) : Pensez-vous que ça peut être interprété comme la pandémie est finie puis…

Mme Anglade : Bien, je ne le souhaite pas, je ne le souhaite pas parce qu'on a quand même besoin d'avoir un certain degré de prudence, notamment dans nos zones orange. Donc, encore une fois, la prudence est de mise pour nos assurer de passer à travers l'été et de pouvoir se sortir de cette situation pandémique.

Mme Crête (Mylène) : J'aimerais vous entendre sur le projet de loi n° 59. Est-ce qu'il y a encore des choses qui vous dérangent, dans ce projet de loi là, au point que vous pensez qu'il ne sera pas adopté d'ici vendredi?

Mme Anglade : Je sais que mes collègues travaillent fort pour faire avancer ce dossier-là. Il y a eu des changements qui ont été apportés, c'est une bonne chose, reconnaissance de certaines maladies, qui sont une bonne chose. Mais, au-delà de ça, écoutez, on va voir, mais on a montré toute la collaboration qu'on pouvait démontrer dans ce projet de loi là. Honnêtement, je pense qu'on a vraiment fait un travail de fond sur ce projet de loi, on a soulevé tous les enjeux qui devaient être soulevés. Maintenant, bien, la balle va être dans le camp du gouvernement.

Mme Crête (Mylène) : Est-ce que vous trouvez qu'il y a un problème, dans le projet de loi, avec la prévention des accidents de travail, la santé et sécurité?

Mme Anglade : Donc, vous voulez dire, est-ce qu'il y a des problèmes qui demeurent?

Mme Crête (Mylène) : Oui, qui demeurent.

Mme Anglade : Bien, il y a une amélioration, il y a une amélioration, quand même, dans les projets de loi, dans les modifications qui ont été apportées. Maintenant, encore une fois, je sais qu'il y a des débats encore sur certains de ces enjeux-là, donc on va laisser la commission faire son travail.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce qu'il est vrai, Mme Anglade, que vous avez demandé à vos députés de vous informer, cet été, s'il y aura des… aux prochaines élections?

Mme Anglade : Ah! c'est exact. J'ai effectivement demandé à mes députés qui avaient finalisé leur réflexion de me dire qu'est-ce qu'ils entendaient faire pour 2022.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre…

M. Robitaille (Antoine) : …la porte-parole de la Charte des régions. Comment cette charte vous aiderait, peut-être, à reconquérir, mettons, Bonaventure? Est-ce qu'il y aurait précisément… Parce qu'on ne sait pas trop ce que c'est, cette charte-là, jusqu'à maintenant, là.

Mme Anglade : Alors, Charte des régions.Québec, vous êtes allé voir sur le site, la Charte des régions?

M. Robitaille (Antoine) :  …

Mme Anglade : Vous ne l'avez pas compris? Ça me fera plaisir de passer du temps avec vous là-dessus.

M. Robitaille (Antoine) : J'essaie de comprendre. Dans Bonaventure, mettons, là. Il y a un député, là, qui devient indépendant, entre autres parce qu'il trouve qu'on est trop urbain dans le discours, ici, au Parlement.

Mme Anglade : Oui. La Charte des régions, je vais juste revenir rapidement sur les principes où... évidemment, c'est la consultation des milieux, mais c'est surtout d'enlever le mur-à-mur, et de faire du sur-mesure région par région, et donc, pour chacune des régions, d'identifier les enjeux qui sont spécifiques à eux et pour lesquels on aurait besoin d'appliquer quelque chose qu'on ne peut pas appliquer aux autres régions parce que la réalité est différente. Alors, en Gaspésie, est-ce qu'il pourrait y avoir des mesures bien spécifiques à la Gaspésie? Absolument. Pas nécessairement au comté de Bonaventure, mais pour l'ensemble de la Gaspésie, oui. Puis c'est exactement les tournées que nous avons faites dans les derniers mois, région par région. Et on continue à travailler sur la Charte des régions pour proposer, région par région, les mesures d'ici les prochains mois. Donc, ça va être rentré et détaillé…

M. Robitaille (Antoine) : …pour Bonaventure, là?

Mme Anglade : Pardon?

M. Robitaille (Antoine) : Vous n'avez rien de précis pour Bonaventure encore?

Mme Anglade : On a des choses précises pour la région de la Gaspésie, qui vont être élaborées, puis évidemment ça va toucher le comté de Bonaventure.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. We can see on social media the photo of the family, four members were killed in London, Ontario, in the weekend. So, we have faces now. The... organisation… they are asking for a public inquiry, to the federal Government, on islamophobia. Do you have the impression that in Québec, we are ready for another tragedy such as what happened at the Great Mosque in Québec City in 2017? Are we ready…

Mme Anglade : When you say : Are we ready, what do you mean?

Mme Senay (Cathy) : Do we have enough information, understanding of what islamophobia or Islamophobic actions are?

Mme Anglade : We never have, like… I think we never have all the information in those contexts. We can only… We can always learn more. I think there is always this continuous learning about those issues. And we're never prepared. And we don't want to be prepared for this because it is terrible. We don't want to have to live through another event like this one, like the one they had in London. We're never prepared for it, but I think we're more sensitised. I think we've learned some things. And, if anything, we've learned to be more... I'm not sure how you say «bienveillant», but caring for each other. I think that's what we've learned over this period of time. And I certainly hope that this is going be… this helps and this is going to help us coming out of this COVID… this pandemic.

Mme Senay (Cathy) : How did you receive the comment of your own child?

Mme Anglade : Honestly, I had tears in my eyes.

Mme Senay (Cathy) : ...

Mme Anglade : Well, she told me… I was explaining to her that this kid lost his parents, lost his big sister, lost her grandparent… his grandparent. And she's the same age, and she's like : Well, where is he? Is he in the hospital? Because he's hurt. He's going to live, but he's hurt. And she goes : But, you know, mom, this is… the physical impact is not what is at stake, here, it's really... the pain is going to be in his heart. Like, that's all there is to say, I mean, this kid, when you think about him, the pain is going to be in is heart, and it's true. Yes, I had tears in my eyes thinking about this child and how he's going to be raised. And you don't want to have this child filled with hatred at the end. But it's hard to fathom how this is going to work out for him without this hatred.

Mme Senay (Cathy) : The issue of masks. Children, as of this morning, don't have to wear masks in orange zones. Now, we've learned that teachers won't have to wear masks in green and yellow zones. It becomes…

Mme Anglade : Confusing. It becomes confusing. It was confusing last week, it is confusing this week. And that's why the Government has to do an enormous effort to communicate so we can stay on track with getting out of this pandemic.

Mme Senay (Cathy) : Because it was always two doses, and then you can get rid…

Mme Anglade : Now, we're changing the rules. I mean, Dr. Arruda will have to explain it today. But I understand the confusion, and that's why we keep asking the Government to make sure that the communications are very clear.

M. Authier (Philip) : There are a lot of complaints about the way that second dose roll-out is happening.

Mme Anglade : Yes. Because, I thought I was going to get mine sooner.

M. Authier (Philip) : Yes. And they didn't specify, last week, that it was Pfizer. What's your assessment of that…

Mme Anglade : That was a big confusion on the part the Government, a real, clear confusion. When we talk about simplifying things and explaining to people... Everybody thought… I was under the assumption that, regardless of what vaccine you had, you could move up the date of your second dose. It was not the case, so... it is not the case till today. So, again, we need to clarify things because, for people that got Moderna, AstraZeneca,, any other… well, those two vaccines, this process is problematic.

M. Authier (Philip) : This happens on nearly all of their announcements. There is always something left out. On many, many, many occasions this happens. Is there…

Mme Anglade : Again, communication has not been a strength in terms... on this pandemic, honestly, and this is another example. The mask is another example. So, reinforcement from, again, Santé publique, we need them to clarify and to make sure that they communicate this information properly.

Mme Fletcher (Raquel) : There was some people who… We saw these long lineups, for instance at the Bill Durnan Arena, 200 people lined up in the heat, yesterday afternoon, waiting for their dose, and then some of them didn't even receive it after all. What should have been done, in your mind, to avoid, you know, seniors standing up in the heat waiting for their second dose?

Mme Anglade : I think actually, in terms of vaccination, there are different ways you can approach this, knowing that there is the heath, for example, coming up, and that people will have to wait outside. I mean, could we have planned something at a different date? Could we have planned something where people would receive a piece of paper and coming… have to come back at a specific time? I mean, there are ways, from a logistic perspective, where you control this better, honestly. So, I think that the Government has means in order to improve the situation. We didn't have to go through what happened yesterday.

La Modératrice : Merci beaucoup.

Mme Anglade : Merci, tout le monde.

(Fin à 11 h 8)

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