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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre

Version finale

Le jeudi 3 juin 2021, 9 h 40

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Neuf heures quarante-trois minutes)

Le Modérateur : Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à cette mêlée de presse du premier ministre du Québec, M. François Legault. Le premier ministre est prêt à répondre à vos questions.

Mme Côté (Claudie) : M. Legault, quel sera le rôle de Pierre Fitzgibbon comme député dans la relance économique? Est-ce qu'il va faire en coulisses, là, la même chose mais comme simple député?

M. Legault : Non. Écoutez, comme je le disais hier, je vais sûrement le consulter. Mais c'est Eric Girard qui va être le ministre de l'Économie, donc qui va avoir à sa charge tout le personnel du ministère de l'Économie et de l'Innovation, qui va aussi avoir sous lui Investissement Québec. Donc, non, les rencontres vont se faire avec Eric Girard.

Mme Côté (Claudie) : Visiblement, les oppositions ne sont pas chaudes à l'idée de changer le code d'éthique, là, ça n'arrivera probablement pas dans un court terme. Alors, allez-vous devoir vous passer de Pierre Fitzgibbon à l'avenir?

M. Legault : Bien, écoutez, comme je l'ai dit hier, c'est malheureux parce que c'est un homme compétent. Puis on a vu la réaction d'à peu près toutes les associations patronales, là. Je pense qu'on a rarement vu, dans l'histoire du Québec, un ministre de l'Économie aussi compétent. Mais ce que j'ai compris des réactions du Parti libéral du Québec, de Québec solidaire puis du Parti québécois, c'est qu'ils n'en veulent pas, des entrepreneurs au gouvernement.

M. Gagnon (Marc-André) : Mais M. Legault, d'ici les prochaines élections, on a bien compris hier que vous ne vous faites pas d'illusion, il y a peu de chances que M. Fitzgibbon revienne. Vous avez près de 80 députés dans votre caucus. Il n'y en a pas un là-dedans qui était assez compétent, en tout respect, pour prendre un peu de galon, parce que… Est-ce que c'est vraiment logique que M. Girard cumule les deux fonctions jusqu'à la prochaine élection?

M. Legault : Bien, il y a une certaine logique de mettre ensemble… Je le disais hier, Bernard Landry souhaitait pendant à peu près toute sa carrière qu'on mette ensemble les finances puis l'économie, parce que, bon, prenez la Caisse de dépôt, ça se rapporte au ministre des Finances, mais la Caisse de dépôt a une double mission, faire des rendements, mais aussi développer l'économie du Québec.

Évidemment, aussi, c'est le ministre des Finances qui met en place les différents crédits d'impôt pour inciter les entreprises à investir. Donc, il y a quelque chose de normal. Puis, en plus, bien, Eric Girard était le président du comité de la relance économique. Donc, il est au courant des dossiers qu'avait Pierre Fitzgibbon. Donc, pour l'efficacité, là, c'était la meilleure solution.

Une voix :

M. Legault : Il y en a, des députés, effectivement, qui ont les compétences, mais actuellement les connaissances… et puis d'être efficace à court terme, je pense, la meilleure personne, c'est Eric Girard.

M. Chouinard (Tommy) : Avec l'absence de la parité, que vous avez déjà soulevée, et avec cette démission de M. Fitzgibbon, est-ce que ça milite, tout ça, pour un remaniement?

M. Legault : Bien, écoutez, on est à l'intérieur de la zone paritaire. Je pense qu'on a 14 hommes, 11 femmes. C'est à l'intérieur, non, c'est à l'intérieur de la zone paritaire que les groupes qui revendiquent une zone paritaire demandent. Maintenant, je ne prévois pas faire de remaniement.

M. Chouinard (Tommy) : Maintenant, une précision, peut-être, sur une chose, parce que vous avez dit hier : Notre parti va voter contre le rapport de la commissaire parce que la commissaire dit : Bien, soit il doit vendre ou les placer en fiducie, mais, s'il les place en fiducie, ses intérêts, il ne pourra pas les vendre. Donc, il ne pourra jamais réintégrer le Conseil des ministres. De son côté, M. Fitzgibbon a dit : J'ai l'intention de placer mes intérêts dans une fiducie. Selon vos explications, ça l'empêcherait de vendre ses intérêts, donc de réintégrer le Conseil des ministres. Pouvez-vous mettre en lumière ce point-là, parce qu'il semble, donc, techniquement impossible?

M. Legault : O.K., bon, d'abord, Pierre Fitzgibbon démissionne du Conseil des ministres, ce n'est quand même pas rien, là, suite au rapport de la Commissaire à l'éthique. Maintenant, le moindre qu'on puisse faire pour M. Fitzgibbon, c'est de le laisser négocier la possible vente de ses actions. Puis je comprends que, techniquement, il pourrait donner l'ordre à son fiduciaire de vendre. Mais imaginez-vous concrètement, là, des actions qui n'ont pas de marché, ça va demander une négociation, ça va demander des conditions. Est-ce qu'elles sont payables tout de suite, plus tard, comment? Donc, je pense que c'est plus que raisonnable qu'on dise à M. Fitzgibbon : On vous laisse la chance de négocier les conditions vous-même.

Mme Prince (Véronique) : …de ne pas vous êtes attaqué… Regrettez-vous de ne pas avoir réformé le code d'éthique avant? Parce que, là, ça fait, quoi, deux ans et demi, trois ans, que vous êtes au pouvoir…

M. Legault : Bien, écoutez, comme je le disais, là, je ne suis pas naïf, là, ça fait assez longtemps que je suis en politique, je connais assez bien Dominique Anglade, Manon Massé et puis Paul St-Pierre Plamondon pour savoir qu'ils n'ont aucune volonté, là, puis on l'a vu dans les dernières 24 heures…

Mme Prince (Véronique) : …les démarches plus tôt, là?

M. Legault : Écoutez, je pense, ces partis-là, là, n'en veulent pas, d'entrepreneurs qui ont des actions dans des entreprises privées. Le seul exemple qu'on a eu, c'est Pierre Arcand, puis ce que je comprends, c'est que Pierre Arcand, le Parti libéral lui a imposé de vendre à perte ses actions dans une compagnie de média avant de venir en politique. Bien, écoutez, moi, je ne suis pas certain, là, qu'il y a beaucoup d'entrepreneurs au Québec qui sont prêts à perdre des millions pour avoir le privilège de venir en politique, là. Il faut être réaliste. La CAQ est le seul parti où on a des entrepreneurs qui sont au gouvernement.

Des voix :

Le Modérateur : Un instant, un instant, un instant! Dans l'ordre, Véronique Prince, ensuite Patrice Bergeron.

Mme Prince (Véronique) : Donc, si vous lui donnez le temps d'essayer de vendre ses actifs, là, il va toujours être en contravention du code d'éthique, là, il va s'exposer à une nouvelle sanction de la commissaire.

M. Legault : Bien, je l'entendais, ce matin, dire, à l'émission de Paul Arcand, que depuis 24 heures, il a reçu beaucoup d'offres d'acheteurs. Donc, je pense que ça l'aide, peut-être, à… Le fait que le dossier soit rendu public, bien, il va peut-être avoir des acheteurs qu'il n'avait pas trouvés depuis deux ans et demi.

Mme Prince (Véronique) : Non, mais, pour vrai, là, il pourrait s'exposer à un autre rapport de la Commissaire à l'éthique, M. Legault.

M. Legault : Bien, pour vrai, c'est ce qu'il a dit, puis c'est vrai, là. Pardon?

Mme Prince (Véronique) : Il s'expose à un autre rapport de la Commissaire à l'éthique s'il ne respecte pas l'article qui concerne les députés qui ne sont pas ministres.

M. Legault : Bien, je pense qu'il y a une certaine échéance, là, entre les rapports de la Commissaire à l'éthique, il y a une analyse de faite...

Mme Prince (Véronique) : Donc, vous pensez qu'il va être capable de vendre à l'échéance?

M. Legault : Je pense, là, que les Québécois, là, sont d'accord pour dire : Écoutez, Pierre Fitzgibbon a fait un sacrifice, là, il se retire du Conseil des ministres, le moins qu'on puisse faire, c'est lui donner la chance de négocier les conditions de la vente de ses actions. 

M. Bergeron (Patrice) : M. Legault, l'opposition disait ce matin que vous avez toléré cette situation-là pendant deux ans et demi et que l'enjeu là-dedans, c'est votre fibre morale à vous. Qu'est-ce que vous dites?

M. Legault : Bien, écoutez, il n'y a aucun conflit d'intérêts, O.K.? On a essayé de le régler en disant : À l'avenir, c'est Sonia LeBel qui va s'occuper de toute possible discussion entre ces deux entreprises et le gouvernement du Québec. Ça n'a pas été suffisant pour la Commissaire à l'éthique. Puis je comprends, là, elle, elle applique le code, la loi comme elle est là. Elle ne peut pas...

D'ailleurs, c'est important de rappeler qu'en décembre 2019, là, je n'ai pas avec moi, la citation, mais la Commissaire à l'éthique a suggéré d'amender le code pour lui donner plus de flexibilité quand un ministre a des participations dans des entreprises qu'il n'est pas capable de vendre. Donc, déjà, elle l'avait proposé, mais, malheureusement, Dominique Anglade, Paul St-Pierre Plamondon puis Manon Massé ne veulent rien savoir de discuter, là, d'arrangements pour qu'au gouvernement du Québec on ait plus d'entrepreneurs.

Moi, je pense qu'on a intérêt à avoir plus d'entrepreneurs si on veut créer de la richesse au Québec, là. Le Québec est en retard. On a un écart, là, de plus de 13 % avec l'Ontario, 20 % avec le reste du Canada, 40 % avec les États-Unis. Pourtant, il n'y a aucune raison que le Québec ne soit pas aussi riche que ses voisins. Puis, pour ça, moi, je suis convaincu que ça prend une équipe d'entrepreneurs à l'Économie. Mais les trois autres partis ne sont pas d'accord avec ça.

Le Modérateur : Olivier Bossé.

M. Bossé (Olivier) : ...deux ans et demi, il n'y avait pas eu d'offre intéressante, puis là, en 24 heures, ça pleut de partout, les offres? Ça n'a comme pas de sens.

M. Legault : Bien, premièrement, il n'était pas à temps plein à essayer de vendre ses actions, là. Donc, ce n'était pas connu de tous les acheteurs potentiels. Deuxièmement, il y a eu un an et demi de pandémie où, franchement, ce n'était pas le bon temps de vendre une entreprise. Puis n'oubliez pas, là, il en avait 13, compagnies, il avait des placements dans 13 compagnies, il en a vendu 11. Donc, quand même, 11 sur 13, là, il y a eu un progrès. Mais, bon, pour les oppositions… Entre autres, j'entendais Dominique Anglade… pour Dominique Anglade, elle, c'est zéro compromis, je n'en veux pas, d'entrepreneurs, au gouvernement du Québec. C'est son choix, là, à Dominique Anglade.

Mme Prince (Véronique) : Sur un autre sujet, est-ce que vous souhaitez que la Santé publique révise effectivement, sa décision sur les bals de finissants? Est-ce que vous aimeriez qu'on trouve une solution de compromis pour les jeunes qui ont écopé pendant la pandémie? Vous avez dit plusieurs fois que c'était une priorité, là.

M. Legault : Oui, absolument. Bien, écoutez, d'abord, moi, je repense à ma propre expérience, là, j'ai eu un bal après le secondaire, j'ai eu un bal après le cégep, puis j'ai eu un bal après l'université, puis je me souviens très bien des trois événements. Puis on a eu du fun, et puis ça a marqué ma vie. Donc, je trouve ça triste, surtout après l'année qu'ils ont vécue, qu'il n'y ait pas de bal. Bon, maintenant, est-ce qu'il y a quelqu'un qui souhaite qu'il y ait une éclosion dans un bal et que ça cause des dégâts graves?

Bon, là, ce que j'ai demandé au Dr Arruda, via, là, mes conseillers, c'est de peut-être regarder les différentes activités. Je vous donne quelques exemples : avoir une remise de diplômes, chacun à sa place, à l'école, même en dehors des heures de classe, il me semble que ça, c'est possible; deuxièmement, avoir une activité en plein air, je pense qu'il y a moyen d'avoir des accommodements.

Maintenant, l'autre possibilité qu'il faut regarder, c'est… Bon, je sais qu'il y a une partie du déconfinement qui rentre en place, je pense, le 25 juin, qui permet, comme, les festivals. On peut avoir un festival-bal, là, je ne le sais pas, en plein air, O.K.? Bon, il ne faut pas qu'il pleuve, par exemple. Mais ce que leur ai demandé, c'est d'essayer de trouver effectivement un compromis pour nos jeunes, qui méritent d'avoir quelque chose.

M. Gagnon (Marc-André) : Les partys dans les parcs, M. Legault, est-ce que la ville de Montréal devrait s'inspirer de Régis Labeaume, là, puis limiter ça, je ne sais pas, moi, à 20 heures, 21 heures?

M. Legault : Bien, je vais laisser, là, M. Coderre ou Mme Plante, là… Chaque ville doit prendre sa décision…

M. Gagnon (Marc-André) : Oui, mais c'est des enjeux de santé publique.

M. Legault : …l'autonomie, la décentralisation.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Legault, the PQ is asking you to think twice before voting against the commissioner's report, but you're saying this morning that Pierre Fitzgibbon has made enough sacrifices.

M. Legault : What I say is that Pierre Fitzgibbon is not on the board… on the Conseil des ministres…

Mme Senay (Cathy) : Not on cabinet.

M. Legault : Pierre Fitzgibbon retired from the cabinet, right? So I think the less we can offer him is the chance to sell his shares at his conditions, so it means negociating. Going to a trust wouldn't give him the flexibility to negociate the price and the conditions of selling those shares. So I think we have… And its reasonable, and I don't understand Dominique Anglade and the people from the Opposition not letting the chance to Pierre Fitzgibbon to sell his shares.

Mme Fletcher (Raquel) : …the Opposition parties don't want entrepreneurs in government?

M. Legault : I think it's clear that… We saw what happened with Pierre Arcand. The Liberal Party told him that, if he wanted to be in politics, he's got to sell his shares in the media industry. What I heard is that he lost a lot of money doing so. So I think it's possible to make sure we have no conflict of interests and making sure that the companies you own are not doing business with the Governement through the person who's the shareholder. So I think we can find solutions, but, clearly, Dominique Anglade doesn't want to see entrepreneurs in cabinet.

Le Modérateur : Philip Authier.

M. Authier (Philip) : …graduates having some sort of ball, graduation balls. You seem to be saying there's a compromise formula that might allow such events to take place.

M. Legault : First, I want to say : I understand how important it is. I was there and I had this kind of evening. I think there are different things we can do. First example, to receive your diploma in front of your parents, making sure that everybody stays at their place inside, even on a Saturday night, I think it's doable. Second, starting on June 25th, we can have festivals outside. So can we have something like that for the students? So I've asked Public Health to try to find a compromise because I understand how important it is for young people.

Le Modérateur : Kelly, dernière question.

Mme Greig (Kelly) : In terms of the vaccination calendar that we're expecting later today, if we look at different areas of Montréal, there are some neighborhoods with fewer than 50% of the population vaccinated for a variety of reasons, but one of the reasons is people just are hesitant. At this point, do you expect just… How many people do you expect that maybe just won't get the vaccine because they don't want it? Is that something that you're prepared to accept?

M. Legault : I hope we get to the 75% target. I understand that we have to do some education in some areas. Some people are scared with no reason about the vaccine. So we have to explain them why they need to be vaccinated, and we'll do so. So we'll give, first, more information in many languages, and, second, we're looking also to put some incentives.

Le Modérateur : C'est ce qui met fin à cette mêlée de presse. Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 9 h 59)

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