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M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’économie et d’innovation

Version finale

Le mercredi 2 juin 2021, 11 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures vingt minutes)

M. Marissal : Bien, alors, rebonjour, tout le monde. Merci encore une fois d'être là. Vous avez lu, je présume, ou en tout cas vu le rapport de la Commissaire à l'éthique et à la déontologie, qui vient de tomber. Moi, je l'ai reçu à 10 h 5, là, on venait tout juste d'entrer au salon bleu, et j'ai pris le temps de le lire, mais évidemment je n'ai pas eu le temps de l'analyser dans son ensemble. Sauf que les conclusions sont assez simples, elles sont accablantes.

La commissaire à l'éthique est arrivée là où on croyait qu'elle allait arriver, ce pourquoi j'avais demandé, hein, c'est QS qui avait demandé de se repencher là-dessus parce que le ministre Fitzgibbon avait répondu très cavalièrement aux premiers rapports — «premiers rapports» au pluriel, là — de la vérificatrice, en disant; Non, non, non, c'est le code qui n'est pas correct, moi, je suis correct puis je ne me conformerai pas. Puis il avait même dit à la Commissaire à l'éthique : Je ne vous parlerai plus, je vous trouve désagréable.

Moi, ce que je trouve désagréable, et c'est même un faible mot, là, c'est de voir un ministre hyperimportant du gouvernement qui continue de défier ouvertement le code de déontologie, de ne pas se conformer. Et ce qui est encore plus troublant, et je vous dirais encore là que le mot est faible, ce qui est encore plus troublant et fâchant, c'est de voir que le premier ministre, à ce jour, l'a toujours défendu.

Alors là, je passe un message au gouvernement et au premier ministre. Il n'y a plus de défense possible, là. Il y a deux choix ici qui se posent à M. Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation : il se conforme ou il démissionne. Il n'y a pas de troisième voie ici, là. C'est la conclusion à laquelle en arrive la Commissaire à l'éthique.

Ça allait de soi, M. Fitzgibbon a continué de nier la réalité, comme si, dans le fond, ce n'est pas lui, le problème, c'est ce code qui est un peu embêtant, là, tu sais, qui est un peu comme une gomme en dessous du soulier, puis ça va finir par se décoller. Bien, non.

Puis, savez-vous quoi, moi, je dis à la CAQ : Tout ce qui traîne se salit. Puis ils ont laissé traîner ce dossier-là comme si ça n'existait pas, comme si, de toute façon, c'étaient des broutilles, puis on allait passer par-dessus. Alors, moi, je dis au premier ministre, là : C'est le temps de prendre vos responsabilités, là : conformité ou démission. C'est les deux seuls choix.

M. Laforest (Alain) : Quel message ça envoie là, que la... Parce que, de mémoire, c'est la première fois que la Commissaire à l'éthique demande de suspendre un député. Si le gouvernement décide de le protéger à nouveau puis de mettre le rapport sous le tapis, qu'est-ce que ça envoie comme message?

M. Marissal : Un chum, c'est un chum. L'Éthique, c'est pour les autres. L'éthique, c'est quand on est dans l'opposition puis, quand on arrive au pouvoir, on fait comme les libéraux ont fait avant, on fait comme les gouvernements ont fait avant, on ne se préoccupe pas d'éthique. Et, parce que M. Fitzgibbon a un carnet d'adresses bien rempli, on va lui permettre toutes sortes d'accrocs au code de déontologie. C'est ça, le message que ça enverrait, et ça enverrait un message terrible à la population qu'il y a des privilégiés qui peuvent se mettre au-dessus des lois et de codes d'éthique.

M. Laforest (Alain) : C'est un peu ça qu'elle écrit dans son rapport, la commissaire, lorsqu'elle s'adresse à l'Assemblée nationale. Elle l'écrit noir sur blanc, là : Vous montrez que vous le supportez. C'est ça que vous avez senti?

M. Marissal : Oui. Et j'espère que ce sera le cas, parce qu'un code d'éthique, ça vient dans son ensemble. On ne peut pas juste prendre des petits morceaux qui nous conviennent, et laisser les autres, et puis sortir des gens du code d'éthique. Il couvre 125 élus, et, à cet égard, nous sommes égaux. Je n'ai pas le titre de ministre, mais je suis couvert par ce code, les ministres, même le premier ministre est couvert par le même code. Et, si nous, parlementaires, commençons à édenter nos chiens de garde parlementaires, on va se causer des sacrés problèmes puis on ne sera pas crédibles.

Mme Crête (Mylène) :Pendant l'étude des crédits, M. Fitzgibbon prétendait qu'il se conformait au code d'éthique puis qu'il était toujours dans l'impossibilité de vendre les actifs qu'il lui restait, là, parce qu'il n'y avait pas d'acheteur. Est-ce que ça tient toujours, cette défense-là ou cet argumentaire-là?

   M. Marissal : Non, mais ça ne tenait pas plus à ce moment-là, parce que le fait qu'il ne soit pas capable de vendre et qu'il les ait toujours, ses actions, démontre qu'il est en infraction du code de déontologie. Il faut choisir : les affaires...

Mme Crête (Mylène) : ...tu sais, il pourrait vendre à perte, là.

M. Marissal : Écoutez, il faut choisir : les affaires ou la politique, les intérêts personnels ou le service public. C'est ça que ça dit, et il n'y a pas de demi-teinte, là-dedans, il n'y a pas de zone de gris, là. Parfois, pour l'éthique, il faut que ce soit tranché, et c'est tranché. En plus, le Commissaire à l'éthique nous rappelle, ce matin, que les entreprises, dont M. Fitzgibbon est toujours actionnaire, font des affaires avec le gouvernement. Je pense que la cause est entendue, là, et le verdict est tombé. Reste maintenant au premier ministre à mettre ses culottes puis à prendre les décisions qui s'imposent pour le respect de cette institution.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous pensez que le gouvernement bénéficie un peu du contexte pandémique, que l'attention de la population soit tournée vers autre chose dans ce dossier-là?

M. Marissal : Je pense que la population est capable de comprendre que les blâmes s'empilent sur le bureau du ministre de l'Économie et, par extension, sur le bureau du premier ministre. Je pense que la population, même si elle est bien préoccupée par la COVID, et je la comprends, la population est capable de comprendre qu'on a ici affaire à un multirécidiviste de l'infraction au code de déontologie puis que ce n'est pas vrai que, parce que tu es riche puis que tu as des chums dans le milieu des affaires, tu peux faire tout ce que tu veux en parfaite infraction du code. Ce n'est pas vrai. Je pense que la population est capable de comprendre ça.

Mme Senay (Cathy) : Do you remember, like, a few months ago, like, I think it's 2019, there was a vote at the National Assembly on Mr. Fitzgibbon. And, also, Mr. Legault said : It's not Fitzgibbon, the problem, but the code, and he wanted to make changes. It's the third report on the same investigation, the same blame, basically. Don't you think that what's at stake, right now, is with not only the Ethics Commissioner's institution but also the National Assembly, the trust of the population? What should change today on…

M. Marissal : The only thing that should change today is for Mr. Fitzgibbon to comply with the code. There is nothing wrong with the code. There is nothing wrong with the Ethics Commissioner. There is nothing wrong with what we have voted, here, at the National Assembly. There is nothing wrong with that. The only thing that doesn't fit in this picture is Mr. Fitzgibbon saying that : Hey! it's not me, it's the code, I'm fine, I'm perfectly fine, and, you know what, I am not going to talk anymore to the Ethics Commissioner. It's not the way it works. Mr. Fitzgibbon is just like any other MNA in this room, so he just has to comply with the code. That's the only thing that he should do. Or, if he still refuses to do that, bye-bye, good-bye, go back to business, that's fine.

Mme Senay (Cathy) : But so far, Premier Legault has protected Mr. Fitzgibbon.

M. Marissal : And that's a big problem for me and that's why I did ask the Ethics Commissioner to go back to this file and to file another report just to make sure that, in fact, Mr.Fitzgibbon is not complying with the Code and, surprise, surprise, is not complying with the Code. So now it's a test for Mr. Legault to say if he will agree to protect a minister in his Government that doesn't respect the code.

Mme Senay (Cathy) : So you're asking a suspension of Mr. Fitzgibbon?

M. Marissal : It should have been done already.

Mme Senay (Cathy) : OK. Merci.

La Modératrice : Merci.

M. Marissal : Thank you.

(Fin à 11 h 28)

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