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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre

Réaction au rapport d’enquête de la Commissaire à l’Éthique et à la déontologie

Version finale

Le mercredi 2 juin 2021, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures trois minutes)

M. Legault : Bonjour, tout le monde. Je suis vraiment déçu cet après-midi de vous annoncer que, d'un commun accord, on a décidé, Pierre Fitzgibbon et moi, que ce dernier va se retirer du Conseil des ministres, mais il va rester député.

Je veux rappeler les faits. Pierre Fitzgibbon possède des actions ou des parts dans deux entreprises, et, en vertu du code d'éthique, il devrait vendre ces actions-là. Il a essayé de les vendre, il veut les vendre, mais il n'a pas trouvé d'acheteur à un prix raisonnable. Il nous parle d'une perte potentielle de plus de 1 million de dollars. Donc, c'est quand même important, dans son patrimoine, là, de le forcer éventuellement à perdre plus de 1 million de dollars.

C'est important aussi de rappeler que mon gouvernement a mis en place des mesures, entre autres avec Sonia LeBel, la présidente du Conseil du trésor, pour que, si jamais ces deux entreprises faisaient des demandes au gouvernement, d'abord, que Pierre Fitzgibbon ne soit pas impliqué, s'assurer aussi qu'aucun avantage spécial ne soit donné à ces deux entreprises là. C'est important aussi de dire, là, puis c'est très clair pour moi, que Pierre Fitzgibbon puis ces deux entreprises là n'ont jamais profité d'avantages du gouvernement. Donc, Pierre Fitzgibbon n'est pas en conflit d'intérêts. Pierre Fitzgibbon n'a pas fait un sou avec ça.

Par contre, techniquement, c'est vrai qu'il ne respecte pas le code d'éthique dans sa forme actuelle. En fait, c'est une situation un peu inusitée, parce qu'il doit vendre ses actions, il veut vendre ses actions, mais c'est impossible pour lui de les vendre à un prix qui est raisonnable.

Donc, ce qui est arrivé dans les dernières semaines, c'est que le député de Rosemont, de Québec solidaire, Vincent Marissal, a redemandé à la Commissaire à l'éthique d'examiner à nouveau le dossier. On le voit dans le rapport de la Commissaire à l'éthique, il n'y a aucun fait nouveau, mais il reste que Pierre Fitzgibbon est en défaut du code d'éthique.

Depuis que j'ai été élu premier ministre du Québec il y a deux ans et demi, j'ai toujours fait attention, parce qu'on sait que c'est fragile, la confiance des Québécois envers le gouvernement, donc s'assurer qu'il n'y a aucune forme de copinage, de conflit d'intérêts. Mais, on le sait, en politique, ce n'est pas seulement est-ce qu'il y a un conflit d'intérêts, mais est-ce qu'il y a une apparence de conflit d'intérêts. Et moi, je veux être bien convaincu, là, que notre gouvernement… que les membres de mon gouvernement ne sont pas au-dessus des lois.

Donc, même si Pierre Fitzgibbon n'est pas en conflit d'intérêts, il reste que, dans sa forme actuelle, il ne respecte pas le code. Et donc, pour protéger la réputation, l'image, la confiance, malheureusement, la seule solution, c'est que Pierre Fitzgibbon quitte ses fonctions de ministre de l'Économie. Je veux vous dire que c'est malheureux d'en arriver à cette situation-là, parce que, si vous faites un sondage, demain matin, dans le monde des affaires, au Québec, ça va être à peu près unanime, tout le monde respecte Pierre Fitzgibbon, qui a eu une longue carrière dans le monde des affaires. Déjà, il a aidé à créer des milliers d'emplois bien payés au Québec depuis deux ans et demi.

Puis, on le sait, je ne le répéterai jamais assez, c'est une des raisons pourquoi je suis revenu en politique, pourquoi j'ai créé la CAQ, parce que je n'accepte pas que le Québec soit moins riche que l'Ontario, que nos voisins nord-américains. Puis, déjà, on a réussi, en deux ans et demi, à réduire l'écart de richesse de 15 % à 13 % avec l'Ontario.

Donc, on est dans la bonne direction. Et je suis plus convaincu que jamais qu'au gouvernement on a besoin de gens d'affaires comme Pierre Fitzgibbon. C'est important, là, en politique d'avoir des gens d'expérience, qui connaissent les affaires, pour être capables de bien faire des affaires avec les gens d'affaires. Mais le problème qui se pose pas seulement à Pierre Fitzgibbon, puis je sais que c'est déjà arrivé que... Je pense, entre autres, à Pierre Arcand qui avait été obligé de faire un sacrifice puis de perdre de l'argent, se débarrasser de ses actions.

Je trouve ça malheureux, parce que, parfois, c'est difficile de se débarrasser de ses actions, de vendre ses actions, surtout quand c'est des actions qui ne sont pas cotées en bourse. Quand on achète des actions d'une entreprise cotée en bourse, on a juste à appeler son courtier puis vendre les actions. Quand on investit, comme Pierre, dans des entreprises privées, pas cotées en bourse ou dans des fonds pas cotés en bourse, bien, ça peut, à un moment donné, être difficile de trouver des acheteurs. Puis, en plus, bon, il y a la pandémie actuellement.

Donc, je continue à dire qu'on doit avoir plus de gens d'affaires comme Pierre Fitzgibbon au gouvernement. Mais, pour ça, il faudrait adapter le code d'éthique. Ça veut dire quoi, ça? Ça veut dire qu'il faudrait être capable, puis moi, je suis convaincu qu'on est capables, de s'assurer qu'il n'y a aucun conflit d'intérêts. Ça veut dire qu'une personne qui connaît des entreprises, on s'assure qu'avec ces entreprises-là… Comme ici, on parle de seulement deux entreprises. C'est relativement facile pour un gouvernement, puis même pour les journalistes, pour la population, d'avoir une complète transparence sur ce qui se passe entre ces entreprises-là puis le gouvernement puis s'assurer qu'il n'y a pas eu d'avantage indu parce qu'il y a quelqu'un au gouvernement qui est actionnaire.

Donc, je pense, ça serait possible d'amender le code. Mais en même temps je ne suis pas naïf, là. Je sais la position dans laquelle on se retrouve. Pour y arriver, j'aurais besoin de l'appui des oppositions pour qu'on soit capables d'accepter qu'il y ait des gens qui viennent en politique, qui ont des actions dans des entreprises, qu'ils puissent garder ces actions-là s'ils ne sont pas capables de les vendre, et qu'il y ait des mesures, des précautions de prises pour qu'il n'y ait pas aucun conflit d'intérêts. Donc, c'est faisable. Mais en même temps je suis réaliste, je suis naïf. On va essayer de le faire avec l'opposition, mais j'ai des doutes de ce côté-là.

Donc, je termine en vous disant que Pierre Fitzgibbon, c'est un homme honnête. Moi, j'étais très fier de mon coup, d'avoir réussi à convaincre un gars de ce calibre-là de venir en politique. On dit que, on le sait, il y a beaucoup de gens d'affaires qui ont eu des mauvaises expériences en politique, que ce n'est pas toujours facile, là. Je sais que vous êtes tous bien gentils, gentilles, mais ce n'est pas une habitude qui est créée, chez les gens d'affaires, de faire affaire régulièrement avec les médias.

Et donc je sais que Pierre a accepté de faire des sacrifices parce qu'il aurait pu gagner beaucoup plus d'argent en restant en affaires. Je veux le remercier pour ces sacrifices-là puis je veux le remercier aussi pour le coeur, la passion qu'il a mis depuis deux ans et demi à essayer de structurer des deals pour enrichir le Québec. Maintenant, ce que j'espère dans le cas de Pierre, c'est qu'il va réussir, je l'espère, dans les prochains mois, enfin à trouver un acheteur pour les actions de ces deux compagnies là, et ça me permettrait à ce moment-là de le réintégrer au Conseil des ministres.

Peut-être un dernier point concernant le rapport de la Commissaire à l'éthique, là. Juste pour que tout le monde comprenne bien, un député qui n'est pas ministre peut posséder des actions dans des entreprises comme Pierre Fitzgibbon, mais il doit les mettre dans une fiducie sans droit de regard. Alors, il y a quelque chose d'un peu spécial, parce que là, la commissaire, dans ses recommandations, nous dit que, si Pierre Fitzgibbon devient député, il faudrait qu'il mette ses actions de ces deux entreprises-là dans une fiducie sans droit de regard, ce qui veut dire qu'il ne serait pas capable de les vendre.

Donc, il y a quelque chose d'un peu spécial, puis c'est pour ça qu'on va voter contre le rapport de la commissaire. Mais, je veux dire, j'ai pleinement confiance à la Commissaire à l'éthique, elle applique la loi telle qu'elle est. Puis je rappelle d'ailleurs qu'il n'y a pas si longtemps la Commissaire à l'éthique disait : Ce serait peut-être bon, après un certain nombre d'années, de moderniser, de mettre à jour le code d'éthique. Mais pour ça, puis pour agir rapidement, on a besoin de la collaboration des oppositions.

Sinon, je vais être prudent parce que, dans les prochaines heures, je vais nommer puis je vais faire assermenter la personne qui va remplacer Pierre Fitzgibbon. Bon, je vous dis mon intention, j'ai l'intention de demander à Eric Girard de cumuler les deux fonctions, donc d'être ministre des Finances puis ministre de l'Économie. C'est lui qui gérait le plan de relance économique, donc il est très au courant de toutes les actions qu'on prend pour créer de la richesse au Québec. Il a aussi une expérience de deux ans et demi au Conseil des ministres. Donc, je pense qu'il a toutes les compétences, mais, encore là, je ne veux pas présumer de ce qui se passera dans les prochaines heures, là, mais on va vous informer dans les prochaines heures, là, de qui va remplacer Pierre Fitzgibbon. Merci.

M. Laforest (Alain) : ...est-ce que vous avez trop attendu?

M. Legault : Bien, écoutez, c'est une situation qui est un peu malheureuse. Comme je le dis, il n'y a pas de conflit d'intérêts, mais il y a une apparence de conflit d'intérêts, puis moi, je veux que mon gouvernement soit au-dessus de tout soupçon. Écoutez, j'espérais que Pierre réussisse à vendre ses actions, on l'espère depuis deux ans et demi. La pandémie, depuis un an et quelques, n'a pas aidé à créer un marché pour certaines actions. Donc, non, je ne pense pas, là, je pense que j'agis... le rapport a été déposé ce matin, puis j'agis aujourd'hui.

M. Laforest (Alain) : ...clairement aujourd'hui que vous allez modifier le code d'éthique, là.

M. Legault : Non, ce que je dis, c'est que je vais essayer de le faire avec les oppositions. Je pense, c'est malheureux de voir qu'on ne peut pas avoir des gens d'affaires qui ont des placements privés dans des entreprises qui viennent aider un gouvernement. Je trouve ça malheureux. Je trouve que ce n'est pas une bonne idée, là, parce que le Québec a un rattrapage économique à faire, donc... Puis je ne suis pas naïf. C'est pour ça que j'ai convenu avec Pierre qu'il se retire, parce que je ne suis pas naïf, là, je ne pense pas que, dans les prochaines semaines, on va s'entendre avec les oppositions.

Le Modérateur : Valérie Gamache.

Mme Gamache (Valérie) : Vous dites : On n'a pas attendu. Je veux dire, c'est quand même le deuxième rapport. Est-ce que ça ne mine pas la confiance des gens envers les élus, déjà que ce n'est pas toujours évident, là…

M. Legault : Bien, c'est pour ça que j'agis aujourd'hui, mais, bon, comme... Oui, mais comme je le disais, un, il n'y a pas de conflit d'intérêts. Un, on pensait… Bien honnêtement, quand on a transféré les pouvoirs à Sonia LeBel, on pensait que ça pourrait peut-être satisfaire la Commissaire à l'éthique de dire : Écoutez, là, Pierre Fitzgibbon n'a plus le droit de transiger avec ces deux entreprises-là, c'est Sonia LeBel, qui était à la commission Charbonneau, qui va être maintenant en charge. Nous, on pensait, là, qu'en enlevant le conflit d'intérêts, peut-être qu'il y aurait des chances que la Commissaire à l'éthique dise : Bien, il n'y en a pas, de conflit d'intérêts. Mais elle arrive à la même conclusion que la dernière fois.

Mme Gamache (Valérie) : Et est-ce que ça a miné la crédibilité de la commissaire, tout ça, cette espèce de bras de fer entre M. Fitzgibbon puis Mme Mignolet?

M. Legault : Je ne pense pas, parce que Mme Mignolet a déjà dit qu'elle aussi souhaiterait qu'on révise le code d'éthique. Donc, je pense que ça serait normal, aujourd'hui, là, après toutes ces années, là, de mettre à jour, de moderniser le code d'éthique. Puis elle est d'accord avec ça, mais elle, elle n'a pas le choix que d'appliquer le code tel qu'il est actuellement.

Mme Crête (Mylène) : …prix raisonnable pour les actions de M. Fitzgibbon?

M. Legault : Bien, c'est un prix où il ne perd pas 1 million et plus, là.

Mme Crête (Mylène) : C'est ça, la perte financière…

M. Legault : Oui, oui.

Mme Crête (Mylène) : Puis est-ce que... Il y a quand même des députés, dans votre parti, là, qui étaient là à l'époque de l'adoption du code d'éthique. C'était l'ADQ, si je ne me trompe pas, à l'époque. Donc, ces gens-là avaient appuyé le code d'éthique dans sa forme actuelle. Là, vous trouvez qu'il est trop sévère, mais...

M. Legault : Bien, rappelons-nous, là, à l'époque, il y avait eu toutes sortes de dossiers, là, que je me rappelle très bien, puis je pense qu'on avait besoin d'un...

Mme Crête (Mylène) : ...

M. Legault : Entre autres, là, dans le ciment, puis, bon, le gouvernement achète pas mal de ciment puis d'asphalte. Mais, bon, est-ce qu'on pouvait penser que quelqu'un vient en politique et puis ne trouve pas d'acheteur pour ses compagnies, serait obligé de perdre 1 million? Donc, il ne peut pas venir en politique, bien, en tout cas, être ministre. Moi, je pense, c'est normal, là, qu'il y ait une révision. Il y a quelques semaines, on révisait la loi 101. Je pense que toutes les lois, après 10 ans, 20 ans, ont besoin d'être révisées.

M. Bellerose (Patrick) : M. Girard cumule deux fonctions aussi importantes, là, l'Économie et les Finances. Est-ce que vous vous attendez, dans le fond, à ce que M. Fitzgibbon régularise sa situation dans les prochains mois et que vous avez vraiment bon espoir qu'il puisse réintégrer ses fonctions?

M. Legault : Bien, écoutez, on va voir justement pendant combien de temps ça prend avant qu'il puisse vendre ses actions dans les deux entreprises. Je veux en profiter, bien, je fais attention, là, pour remercier à l'avance, si jamais je lui propose d'être ministre de l'Économie, à Eric Girard d'accepter de cumuler les deux fonctions. Il faut comprendre aussi qu'il y a une ministre déléguée, Lucie Lecours, même si elle vient d'arriver. Bon, il y a les sous-ministres. Il y a toute l'équipe d'Investissement Québec qui reste là. Donc, on n'est pas dans une situation qui est idéale, mais je pense que c'est la situation la plus efficace pour les prochains mois.

M. Bellerose (Patrick) : Vous voyez ça comme une situation temporaire, justement, pour les prochains mois?

M. Legault : Bien, j'aimerais ça que ça soit temporaire, mais en même temps il faut quand même être réaliste, là. Il n'a pas réussi à vendre ses actions depuis deux ans et demi. Bon, puis je suis réaliste aussi sur la possibilité de m'entendre avec les oppositions pour amender le code d'éthique.

M. Bergeron (Patrice) : M. Fitzgibbon était comme votre atout pour l'économie, pour relancer l'économie du Québec. Maintenant que vous perdez cet atout-là, vous l'offrez à M. Girard. Je me rappelle, vous aviez déjà dit que les banquiers, ce n'était pas eux qui étaient les mieux placés nécessairement pour faire des affaires avec… ou pour stimuler l'économie. Je me rappelle de critiques que vous aviez contre M. Daoust. Là, vous placez un banquier à la tête de l'Économie. Vous trouvez que c'est le bon choix?

M. Legault : Bien, je pourrais vous dire plein de choses, là, mais que Dieu ait son âme, sur Jacques Daoust. D'abord, je vous ferais remarquer que Pierre Fitzgibbon a déjà travaillé aussi à la Banque Nationale, donc. Je parlais plus d'avoir un esprit banquier qu'un esprit entrepreneur, développeur. Je pense que, dans le monde des affaires, là, peu importe si on est banquier ou qu'on travaille dans une entreprise, il y a deux types de personnes. Il y a des gens qui sont moins agressifs, moins entrepreneurs, moins développeurs, puis il y en a d'autres qui sont plus banquiers, ceinture, bretelles. On cherche des garanties plutôt que de voir la qualité des projets. Puis, Pierre, bien, c'est un développeur, dans ce sens-là, ce n'est pas un banquier.

M. Bergeron (Patrice) : M. Girard, lui…

M. Legault : Je pense qu'Eric c'est un développeur aussi. Je pense que, même s'il a fait une bonne partie de sa vie à la Banque Nationale, on le voit, là, puis je l'ai vécu depuis deux ans et demi, c'est quelqu'un qui veut qu'on augmente la richesse au Québec, qu'on crée de la richesse, qu'on crée des emplois payants. Donc, il est en ligne avec les priorités du gouvernement de la CAQ.

M. Bergeron (Patrice) : …leçon politique vous tirez de ça? Quelle leçon politique vous tirez de toute cette saga-là?

M. Legault : Bien, écoutez, comme je le disais, moi, je continue d'être convaincu que, pour s'occuper d'économie, c'est mieux d'avoir des gens qui connaissent l'économie, qui ont été dans le monde des affaires, plutôt que d'avoir des gens qui ont une approche qui est un peu théorique. Maintenant, ça pose des défis. C'est que ces personnes-là, moi, les gens d'affaires que je connais, bien, ils ont des placements, la plupart, dans des entreprises. Bon, moi, j'ai mis tous mes placements dans des obligations du Québec, là. Je peux dire qu'il y en a qui se sont moqués de moi, là, mais je suis peut-être l'exception. La plupart, ils ont des placements. Puis, bien, écoutez, si on veut avoir des gens compétents pour négocier avec des gens d'affaires, c'est mieux d'avoir des gens qui ont de l'expérience dans le monde des affaires. Puis les gens dans le monde des affaires, la plupart ont des placements dans les entreprises. Ça fait qu'il va falloir, à un moment donné, se dire ça, là, quelle sorte de monde on veut dans nos gouvernements pour s'occuper d'économie.

M. Chouinard (Tommy) : Pour bien comprendre les échanges, M. le premier ministre, que vous avez eus avec M. Fitzgibbon, est-ce que le ministre a proposé lui-même de se retirer du Conseil des ministres?

M. Legault : On a convenu d'un commun accord.

M. Chouinard (Tommy) : Ça veut dire quoi, ça? Pour les gens, en général, là, ça...

M. Legault : Bien, les deux étaient d'accord, là. On a eu le rapport, puis on en a jasé ce matin, puis on s'est dit que c'est la chose à faire. On était tous les deux d'accord pour dire : C'est la chose à faire.

M. Chouinard (Tommy) : Est-ce qu'il a suggéré de démissionner, de complètement quitter la politique?

M. Legault : Non. Il veut rester comme député.

Mme Crête (Mylène) : Est-ce qu'il veut rester après 2022?

M. Legault : Bien, écoutez, là, on va commencer par voir ce qui arrive avec ses actions, ce qui arrive avec le code d'éthique. Donc, pour la suite, là...

M. Laforest (Alain) : Mais, s'il n'a pas vendu depuis deux ans et demi, ce serait un peu surprenant qu'il vende d'ici l'élection. Donc, vous venez de faire peut-être un X sur le retour de Pierre Fitzgibbon au poste de ministre de l'Économie, là?

M. Legault : Peut-être...

M. Laforest (Alain) : Est-ce que c'est dans cette optique-là que vous vous dirigez, là?

M. Legault : Bien, écoutez, depuis deux ans et demi, il y a eu la moitié, là, presque un an et demi, que c'était une pandémie, pas le meilleur temps pour vendre des actions d'une compagnie. Je pense que Pierre, il avait des placements dans 11 entreprises, si je me souviens bien. Il en a vendu neuf. Donc, sa moyenne au bâton est pas pire, il en a vendu neuf sur 11, il lui en reste deux. Est-ce qu'il va être capable de vendre les deux qui restent? Je l'espère.

M. Laforest (Alain) : Mais est-ce que vous faites un X sur son retour, là? Pour vous, là...

M. Legault : Bien, je ne fais pas de X. Je ne fais pas de X, là, mais disons que je fais un X pour un certain nombre de mois, là.

M. Bellerose (Patrick) : Mais pour la relance économique, là, pour l'après-pandémie, est-ce qu'on n'a pas besoin d'un ministre à temps plein pour s'occuper de l'économie?

M. Legault : Bien, écoutez, le rôle d'un ministre des Finances, c'est aussi un rôle qui est économique. Je me rappelle très bien de Bernard Landry, pas mal toute sa carrière, il proposait que le ministre des Finances soit aussi le ministre de l'Économie. Donc, il y a comme quelque chose de complémentaire, là, à mettre les deux ensemble. Puis en plus il y a un premier ministre qui est un peu ministre de l'Économie aussi, là. Ça, je l'ai dit à Eric : Prépare-toi à ce qu'on se parle souvent.

M. Bellerose (Patrick) : Et ça fait déjà...

Mme Gamache (Valérie) : ...façon ou d'une autre, dans votre entourage, M. Fitzgibbon, s'il n'arrivait pas à vendre puis qu'il faisait un X sur sa carrière politique, est-ce qu'il restera dans votre entourage?

M. Legault : Ah! bien oui, je vais continuer à consulter Pierre. Pierre, c'est un gars brillant qui connaît tout le monde, en plus, dans le monde des affaires. Donc, écoutez, quand on discute un projet avec une entreprise puis qu'on a la chance d'avoir quelqu'un qui connaît cette entreprise-là, qui a siégé sur des conseils d'administration, incluant le conseil d'administration de la Caisse de dépôt, où il en a vu beaucoup passer, des projets d'entreprises, je ne vois pas pourquoi je me priverais de ses conseils.

Mme Crête (Mylène) : Il me semble que c'est le pire moment où ça pouvait arriver parce qu'on dirait qu'on sort de la pandémie, vous voulez mettre votre plan de relance économique en branle. Est-ce que ça va nuire à tout ça?

M. Legault : Bien, je trouve ça malheureux. Je trouve ça malheureux, effectivement, là, que... Ce n'est pas un moment idéal. On semble vouloir enfin tourner la page sur la pandémie pour pouvoir se concentrer, entre autres, sur l'économie. Donc, ça n'arrive pas à un bon moment.

Le Modérateur : Dernière question en français.

M. Chouinard (Tommy) : Bien, est-ce que... je reviens parce que, quand même, le ministre a... M. Fitzgibbon a en mains depuis quand même plusieurs jours le rapport de la commissaire, là. Donc, j'imagine qu'il y a eu des échanges préalables à ce matin, là, autour de tout ça, là, bon...

M. Legault : Il y a eu des échanges hier soir aussi. Donc, oui, on a eu des échanges puis on s'était fait déjà pas mal une bonne idée hier soir, là.

M. Chouinard (Tommy) : O.K. Quand vous dites : On s'était fait déjà pas mal... C'est parce que j'essaie de comprendre, là. M. Fitzgibbon avait dit : Écoutez, là, si ça devient compliqué, là, puis tout ça, moi, je vais quitter la politique, là, c'est... Bon, là, c'est comme un pas de côté, là, je comprends, il n'est plus ministre, il reste député, là. Ça, c'était la voie que vous, vous aviez privilégiée?

M. Legault : Bien, c'est la voie que lui aussi privilégiait.

Le Modérateur : En anglais.

Mme Fletcher (Raquel) : Do you think that there is nothing new in this particular report and, in fact, that it was Mr. Marissal who just asked the Commissioner to reopen the investigation that she already did? If that is the case, and there is nothing new, why change your mind? Why not just dig in and keep your original decision if you really believe that there is no conflict of interest?

M. Legault : I don't want to see a report every three months. I don't want Vincent Marissal to ask for a new report every three months, and that we have this kind of report saying the same conclusion. Pierre doesn't respect the code. But he's not in a conflict of interest, but... It's the same conclusion. But if we don't do something, I suspect that Mr. Marissal will ask, in a couple of months, for another report.

M. Authier (Philip) : Do you have the insurance today… I know he will continue, Mr. Fitzgibbon will continue to sit as an MNA. Has he made a commitment to put these shares in a blind trust to you as per the orders of the Ethics Commissioner?

M. Legault : No, because he wants to sell those shares, and that's why I will vote against the report. Because there is something that doesn't make sense. The Commissary is saying : He's got to put the shares in the blind trust, but, if he doesn't sell the shares, he cannot be Minister anymore. So, that's why I will vote against the report.

M. Authier (Philip) : He could continue as an MNA if he put them in a blind trust without selling them. Why doesn't he do that?

M. Legault : Right, right. Maybe that's what we'll decide to so, in six months from now, if he's not able to sell, if he wants to remain MNA.

Mme Senay (Cathy) : Why, if those tow companies were not making business with the Government? Why, if Mr. Fitzgibbon said to the people, like, having those companies : Let's stop doing business with the Government? Something's got to give.

M. Legault : But they had a tax credit that was there before my Government. So, you cannot remove the tax credit.

Mme Senay (Cathy) : And how do you feel personally? Because you recruited Mr. Fitzgibbon as a star businessman, you saw him in your Cabinet, right away, you failed protecting him. He has to leave today the Cabinet. How do you feel personally?

M. Legault : It's tough for me. It's tough for me because, yes, I've convinced him. And I can say it's the same for about everybody at the CAQ, I convinced them to come in the adventure, without nothing guaranteed. And so, it's too bad that right now Pierre cannot remain Minister of Economy, for me. So, I spoke to him this morning and I'm sad about that.

Mme Greig (Kelly) : Can you explain this nuance to people between : There's no conflict of interest, yet he has breached the ethics code? Can you just explain that a bit more fully in English about where he lands on this moral scale?

M. Legault :OK. So, we have to start at the beginning. When Pierre was named Minister of Economy, he owned shares in 11 companies. He was successful in selling shares in nine of these companies. He still has two companies, one that is in the process of a IPO and one is in a process of distribution. It's a fund, all right? So, it's really not the right timing to sell those shares. If he had… if we forced him to sell these shares, he would lose at least 1 million dollars, all right? So, of course, it's a lot of money for everybody. Even if you're rich, nobody wants to lose a million.

In the meantime, what we did is we asked Sonia LeBel to be in charge of any relation that can happen between the Government and these two companies, to make sure that there's no conflict of interest in the future. All right? And there were no… in the first two years and a half. But, even if there's no conflict of interest, the code is clear : you cannot own shares in those two companies. So, it's something special, because the guy, Pierre, he wants to sell the shares, but there's no buyer at a reasonable price. So, he cannot respect the code, even if he wanted to.

So, I think we need business people like Pierre in governments, and to do that we will need to adjust the code. But I'm not naïve, I'm not naïve, I know very well that I'm in a special situation and I don't expect much help from the Opposition to change the code.

Mme Greig (Kelly) : You're defending him up and down, saying it's the timing, the pandemic, that he can't sell. Do you admit, though, he has done something wrong? Because you haven't said that, really, flat out.

M. Legault : What I said is that he has, as per the code, to sell the shares. He wants to sell the shares, but it's impossible, there's no buyer at a reasonable price. So, he's doing his best, so what can I ask? We cannot ask people for something impossible.

Mme Fletcher (Raquel) : But when you say a million dollars, to the average Quebecker, that seems like a lot of money, and I understand that that's a lot of money. But it is also a privilege to be in the Conseil des ministres, it's also a privilege to be a Cabinet minister and to be the Minister for the Economy in this economic crisis, in this time of the pandemic. And you said he sold nine out of 11. Can he not just cut his losses and say : You know what, a million dollars is worth to me to be at the head of this Government and to do what I believe in? Isn't there a bit of an appeal to be…

M. Legault : But I think also that he's coming to the Government, a bit like me, to help Québec, Quebeckers, help put Québec in a better position. I don't think we can say to somebody : There's a price to pay of $1 million to become minister in the Government of Québec.

Mme Fletcher (Raquel) : But of course we can, right? I mean, he's given up, he's made a decision, he's given up his chance to do... to help… he's not… too much help in the back benches.

M. Legault : Yes, but… Yes, I don't know the details, but most probably, for the other nine companies, he must have got something more reasonable. But losing a million is a lot of money.

Mme Greig (Kelly) : ...we're trying to get the economy back on track, here, this is horrible timing.

M. Legault : Yes. But I expect to ask Eric Girard to replace him — Eric was involved since the beginning of the pandemic — about how do we get out of this pandemic. He's well aware because he's the one giving the money to Pierre to invest in companies. So, I think he's the best guy to replace him efficiently in the next months.

Le Modérateur : Précision, rapidement, en français.

M. Bellerose (Patrick) : …de 1 million de dollars qu'il pourrait perdre, est-ce qu'on parle de 1 million de dollars en profits anticipés? Parce qu'il me semble que ça ne peut pas être le coût d'achat.

M. Legault : Bien, c'est ça, c'est la valeur marchande versus ce qu'on lui offre, là. C'est plus que 1 million.

M. Bellerose (Patrick) : ...1 million de dollars en profits anticipés.

M. Legault : Là, il faudrait lui poser les questions à lui, je pense qu'il va donner des entrevues tantôt, là.

Mme Senay (Cathy) : ...with all your experience, is it a first to see an Ethics Commissioner asking… recommending the suspension of a minister?

M. Legault : I don't know. Honestly, I don't remember.

Mme Senay (Cathy) : Because you fought so much for the ethics when you were in the Opposition.

M. Legault : That's right.

Mme Senay (Cathy) : And now, you're the one who will fight to change the code.

M. Legault : No, no, wait a minute. The reason why I take this decision today is because it's important for me, ethics, all right? And we're not talking about a conflict of interest, we're talking about the appearance, the image. All right? But, even the image, it's too much for me. So that's why I'm taking this very tough decision today. But, for me, there will never be any compromise regarding helping friends or being in a conflict of interest. Zero. Never.

Le Modérateur : Merci. C'est ce qui met fin à cette mêlée de presse.

M. Legault : Merci, tout le monde.

(Fin à 13 h 34)

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