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Point de presse de Mme Méganne Perry Mélançon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’économie et de relance, et M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le mercredi 2 juin 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-deux minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Ce matin, Mme Méganne Perry Mélançon, notre porte-parole en matière d'économie, M. Martin Ouellet, notre porte-parole en matière d'affaires autochtones… Ils seront suivis du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon. La parole est à vous.

Mme Perry Mélançon : Merci. Bon matin. Aujourd'hui est une journée marquante, que je considère marquante pour mon engagement politique et celui du Parti québécois, évidemment. On prend l'engagement de déposer un projet de loi qui mettra un terme définitif à la filière des hydrocarbures sur le territoire québécois.

Donc, on ne parle pas ici seulement des nouveaux projets ou des futurs projets, mais évidemment ceux qui sont en cours actuellement, comme c'est le cas chez moi, à Gaspé, le projet Galt, qui s'est engagé dans une poursuite contre le gouvernement. Ce sont également des intérêts autrichiens. Alors, on pense évidemment que c'est un projet qui ne cadre plus du tout dans la transition énergétique que le Québec doit faire, et qu'il est en mesure de le faire également, étant donné qu'on a un contexte énergétique qui est unique chez nous et qu'on peut utiliser les énergies renouvelables pour, effectivement, effectuer cette transition énergétique qu'on a besoin en contexte de crise climatique.

Alors, ce matin, le Centre québécois du droit de l'environnement du Québec, bien, en fait, le CQDE, a publié un rapport qui nous confirme que l'État québécois est pleinement en mesure de le faire, de légiférer en ce sens-là. Alors, on deviendrait un leader mondial en étant le tout premier à légiférer de la sorte sur la scène internationale. Alors, comme je le répète, pour moi, c'est un dossier que je consacre beaucoup d'énergie depuis mon arrivée en politique. Et c'est un peu, là, en quelque sorte, l'aboutissement, là, de notre position, qui est très claire, là, aujourd'hui. Pour nous, les hydrocarbures, c'est derrière nous, et on doit focuser sur l'avenir et sur les énergies vertes.

Alors, voilà. Et d'ailleurs je dépose une pétition ce matin à l'Assemblée nationale, avec quelque 2000 signataires, qui demande le retrait des investissements publics dans le projet Galt à Gaspé. Alors, c'est en ce sens-là que, ce matin, je m'adresse à vous. Et le projet de loi suivra prochainement. Merci.

M. Ouellet : Merci, Méganne. Bon matin à vous tous. Ce matin, deux sujets importants touchant les affaires autochtones.

Première chose, aujourd'hui commence la prise en considération du projet de loi n° 79. Et je veux juste qu'on se rappelle que, lors de cette procédure, il est possible de déposer de nouveaux amendements, même si l'étude détaillée est terminée, pour changer la nature du projet de loi. Donc, ce matin, j'annonce que le Parti québécois va déposer quatre amendements pour inclure les séjours dans les pensionnats afin de faire la lumière sur ce qui s'est passé. On a les exemples du côté de Kamloops, mais effectivement ça a pu arriver ou ça aurait pu arriver du côté du Québec.

Donc, on a trouvé la façon de le faire dans le projet de loi. J'ai entendu le ministre des Affaires autochtones hier nous dire : Bien, écoutez, ce n'est pas nécessaire, c'est de juridiction fédérale. Quand vient le temps de légiférer pour la langue française et d'obliger les entreprises à charte fédérale d'appliquer la langue française, on est capables, au Québec. Donc, en le mettant dans le projet de loi, on va tracer la loi et on va forcer une réponse du gouvernement fédéral à nos demandes. Donc, pour nous, c'est la chose à faire.

Deuxième chose, j'avais déposé une motion ce matin pour que les Premières Nations et la nation inuite puissent pleinement s'identifier ou identifier leur enfant, dans leur relation avec l'État québécois, par un nom ou un prénom comprenant un ou plusieurs graphèmes propres au langage autochtone. Dans le fond, on va demander au gouvernement du Québec de faire un geste de réconciliation en modifiant ses systèmes informatiques afin de le permettre, et ce, d'ici les prochains mois.

Je fais référence à la situation vécue par un ancien collègue député ici, à l'Assemblée nationale, M. Wawanoloath, qui a dû insister auprès de l'état civil pour inscrire un «8», qui était à consonance abénaquise, pour le nom de sa fille. L'état civil a dit oui. Mais, quand la RAMQ s'est mis les deux mains là-dedans, on lui a retiré cette reconnaissance-là, ce qui fait qu'il est en train de se battre pour faire cette reconnaissance-là au nom de sa fille qui voulait avoir une identité abénaquise.

Donc, on pense que, dans un geste de réconciliation, et surtout de permettre aux Premières Nations et aux Inuits d'avoir leur propre identité… je pense que, pour des dédales administratifs et surtout informatiques, le Québec peut faire mieux. Le Québec peut offrir mieux. Et on leur doit assurément cette ouverture d'esprit.

Alors, sur ce, je laisse la parole à mon chef, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Martin. Bonjour.

Très rapidement, juste revenir sur la situation pour le bal des finissants. Je reviens sur ce sujet-là parce que la réponse du gouvernement est tellement insatisfaisante tant pour les élèves que pour les parents. Ce n'est pas cohérent, ce n'est pas équitable que d'empêcher toute forme de bal des finissants. Et là je vous le dis, là, si le gouvernement ne change pas son fusil d'épaule et ne donne pas un meilleur effort pour offrir quelque chose à des étudiants, à des élèves qui méritent ce moment-là dans leur vie, on le sait, ce qui va arriver, les familles, les élèves vont s'organiser dans des parcs ou dans des terrains privés, vont s'organiser leurs bals en parallèle.

Donc, il y a quelque chose d'inéquitable qui va entraîner des réactions ou des événements... des bals de finissants qui vont avoir lieu de manière peut-être occulte, mais qui vont être beaucoup plus risqués que si on s'entend sur un bal des finissants qui respecte certains paramètres de prévention sur le plan de la santé publique, donne la chance à ces élèves-là, à ces parents-là, de célébrer ce moment important là. Moi, je pense, ça serait beaucoup plus intelligent d'arriver avec une nouvelle proposition, c'est ce que je demande au gouvernement, plutôt que d'arriver avec une interdiction mur à mur, qui, à mon avis, va donner le genre de débordement comme on a vu dans certains parcs puis à certains endroits du Québec depuis le déconfinement. Je pense que ce n'est pas vers là qu'on veut aller.

Donc, là-dessus...

M. Bélair-Cirino (Marco) : J'ai juste une question sur… Vous demandez au gouvernement, dans le fond, de ne pas suivre la recommandation de la Santé publique…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je demande à la Santé publique et au gouvernement de revoir leur travail et de voir s'ils ne peuvent pas nous arriver avec une nouvelle proposition qui serait dans le respect de mesures de sécurité, là, en matière de santé publique. C'est-à-dire qu'on l'a vu plusieurs fois durant la crise, les mesures de santé publique ne sont pas une science exacte. C'est du jugement situationnel, du jugement circonstanciel, puis il y a une partie de médecine comportementale, des fois, qu'on tend à oublier.

Moi, ce que je constate, c'est qu'on déconfine les salles de spectacles, les cinémas. Les parcs sont remplis. Il y a plein d'activités qui ont lieu. Puis là je ressens... Ma boîte courriel est pleine. Je ressens un sentiment d'injustice, justifié, légitime, de la part des parents et des élèves, et je lève le drapeau, là, avant qu'il soit trop tard. Je dis au gouvernement puis à la Santé publique : Retournez donc à la table de travail voir ce qui pourrait être possible, parce que moi, j'ai beaucoup de difficulté à comprendre comment on peut être dans des parcs dehors, comme on l'a vu. J'ai beaucoup de difficulté à comprendre comment on peut être dans des salles de spectacles, mais qu'on ne serait pas capables de conceptualiser un bal de finissants où il y a de la distanciation puis des étapes. On serait mieux d'être dans cet environnement-là, qui est normalisé, qui est contrôlé, que de voir des débordements, parce que, de ce que j'entends, puis de ce qu'on voit, là, de nos boîtes courriel, il y a quelque chose qui n'est pas bien aligné à ce moment-là.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais vos boîtes courriel étaient pleines aussi, sauf erreur, cet hiver, où est-ce que le gouvernement, sous la recommandation de la Santé publique, a décidé de mettre fin aux activités, notamment dans les salles d'entraînement, les gyms. Je pense que votre collègue avait participé à des manifestations aussi. Par la suite, il y avait eu une réouverture des… puis il y avait eu des éclosions, puis on dû tout fermer. Ce n'est pas…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, des éclosions, attention…

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vos boîtes courriel…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, attention. Premièrement, quand on est sortis sur la question des gyms, on avait des études, notamment celle de la Santé publique de Montréal. Et on a appris, par la suite, lorsqu'ils nous ont divulgué, plusieurs mois plus tard, quels étaient les avis de Santé publique, qu'en effet il y avait une recommandation de la Santé publique comme quoi l'activité physique devait continuer dans la mesure du possible. Il y a eu un endroit extrêmement négligent, qui a été condamné par tout le monde, mais, en général, les gyms n'avaient pas donné lieu à des éclosions plus que les milieux de travail. On l'a vu, là, dans les répartitions des origines des éclosions.

Donc, moi, ce que je dis par rapport aux bals, c'est : Regardons la situation objectivement. Il y a des jeunes adultes qui veulent avoir un souper ou une activité ensemble pour célébrer leur graduation, et c'est un moment important. J'ai beaucoup de difficulté à croire qu'on ne peut pas concevoir une telle activité dans le respect des normes de distanciation, alors qu'en ce moment on a l'impression que le gouvernement, la Santé publique, fait juste s'en laver les mains puis se dit : Il n'y en aura pas, c'est plus simple comme ça. Nous, on répond : Attention, parce qu'il y a un aspect de médecine comportementale. On a des indices comme quoi…

Puis je trouve ça légitime. Honnêtement, je suis avec eux là-dessus. C'est un moment important. S'il y a une manière d'organiser le bal et que ce soit responsable, que ce ne soit pas source d'éclosion… Par exemple, les tests rapides, pourquoi on n'utiliserait pas les tests rapides? On n'a jamais eu, d'ailleurs, la réponse, au cours des derniers mois, de la part du gouvernement, à savoir pourquoi il n'utilise pas les tests rapides, alors que, partout dans le monde, on l'utilise.

Bref, est-ce que chaque pierre a été retournée pour tenter d'organiser quelque chose qui, à mon avis, serait beaucoup plus responsable sur le plan de la santé publique que si on a déjà des signaux de groupes qui vont juste s'organiser leurs propres fêtes? Moi, je pense qu'il faut réfléchir pendant qu'il est encore temps, là.

M. Bergeron (Patrice) : Dites-nous pourquoi c'est si important, alors que ça peut avoir l'air complètement anecdotique, après tout ce qu'on a vécu, de faire un bal des finissants. On n'est pas en train de faire une montagne avec quelque chose qui, finalement, est bien secondaire, non?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est important parce que c'est une question d'équité. Tu sais, les jeunes ont souffert du confinement tout autant que le reste de la population. Qu'est-ce qu'ils voient en ce moment? Bien, ils voient des terrasses, des restaurants, des gens dans le parc, toutes sortes de comportements qui… Même, des fois, là, tu sais, on peut se demander, là… Heureusement que les chiffres sont très, très bons en ce moment, mais on voit toutes sortes de débordements. Les jeunes voient ça, là, puis, eux, c'est leur moment, la consécration de la persévérance qu'ils ont eue au cours de la dernière année.

Si, vraiment, c'est impossible, là, si on était à 1 500 cas par jour, là, je pense qu'ils comprendraient. Mais, comme vous tous, ils voient le nombre de cas, le nombre d'hospitalisations, le taux de vaccination, puis ils regardent le gouvernement en disant : Mais comment ça se fait qu'à tel, tel, tel endroit vous déconfinez, puis, pour ce moment-là qui nous tient à coeur puis qui est important dans notre vie, vous ne faites vraisemblablement aucun effort, vous nous présentez seulement une solution mur à mur? Moi, je pense qu'il y a tous ces éléments-là qui pourraient être reconsidérés par la Santé publique, en collaboration avec le gouvernement.

M. Laforest (Alain) : Bien là, l'automne, on est en train de présenter actuellement le plan de rentrée scolaire, où on insiste énormément pour que les jeunes aient 75 % de vaccination pour réduire les espaces, enlever le masque. Est-ce qu'on met de la pression sur les jeunes actuellement?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il y aura toujours une pression légitime pour avoir le plus haut taux de vaccination possible. Ce n'est pas un hasard si, en ce moment, le nombre de cas est en chute libre. Il y a un lien de cause à effet. C'est pour ça qu'on se fait vacciner. Donc, est-ce qu'on a intérêt à ce qu'il y ait le plus grand nombre de jeunes vaccinés? La réponse, c'est oui. Est-ce que ça va donner lieu à une règle ou à une autre lors de la rentrée scolaire? C'est beaucoup trop tôt pour le dire. Mais, de la manière dont on se comporte au Québec, on est très bien alignés pour avoir un automne normal.

Et, de ce point de vue là, j'encourage tous les jeunes à se faire vacciner, tous les adultes qui ne l'ont pas été, parce que c'est d'investir, avec les deux doses, là, dans notre automne puis dans la suite des choses. On est déjà envieux, là. Quand on voit les événements sportifs aux États-Unis, puis d'autres pays être en avance un peu sur le déconfinement, on est envieux. Bien, justement, assurons-nous d'aller exactement là, c'est-à-dire un retour à une vie normale, et ça passe par la vaccination, et il n'y a pas 56 chemins.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Il y a des États américains qui multiplient les initiatives pour inciter les gens à aller se faire vacciner.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Des millions de dollars.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oui, des millions de dollars ou ils offrent des armes à feu. Est-ce que, justement, vous dites qu'il faudrait peut-être couper la poire en deux ou revoir la décision d'annuler le bal? Est-ce qu'on pourrait dire, dans le fond, aux jeunes : Allez vous faire vacciner puis, dans trois semaines, vous allez pouvoir participer à un bal, juste ceux qui sont vaccinés?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il y a plein de possibilités, mais, honnêtement, avec les chiffres…

M. Bélair-Cirino (Marco) : …selon vous, ça devrait être considéré?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est parce que, dans le temps qui nous reste, les bals…

M. Bélair-Cirino (Marco) : Bien, trois semaines, je pense qu'ils vont les prendre dans trois semaines s'il peut y en avoir avant.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Moi, je pense que, dans le temps qui nous reste, les tests rapides me semblent beaucoup plus versatiles. Puis, deuxième élément, c'est que le taux de vaccination au Québec va bien, là, toutes choses étant égales, là, quand on compare. Moi, je pense qu'avant de parler de… Tu sais, il y avait eu tout le débat de passeport vaccinal, le débat… Avant de parler de mesures, là, on va juste continuer à encourager notre population à se faire vacciner. On s'en va dans des proportions parfaitement viables pour endiguer complètement l'épidémie. Donc, à ce moment-là, moi, je vais juste continuer à encourager la vaccination. J'ai l'impression qu'on va se rendre sans promettre d'armes à feu ou de millions de dollars, là.

Mme Gamache (Valérie) : Un petit mot, peut-être, sur le tunnel. Je ne sais pas si c'est M. le leader qui va en parler ou pas, mais, ce matin, on comprend que la CAQ vous refuse cette demande pour entendre le directeur de projet. Vous réagissez comment à ça?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On s'apprête à dépenser jusqu'à 10 milliards, peut-être plus, sur un tunnel pour lequel on n'a aucune étude. Et à la question toute simple : Est-ce qu'on peut au moins poser des questions à la personne en charge de ce projet-là?, le gouvernement nous dit non. Ça ne peut pas sentir plus mauvais que ça. Ce n'est pas possible de prendre autant de fonds publics et d'envoyer autant de signaux comme quoi on cherche à cacher le fait qu'on gaspille l'argent des gens, parce que c'est ça dont il est question.

Moi, investir dans les infrastructures de la grande région de la Capitale-Nationale, j'en suis. Puis on est le premier parti, on est le seul parti, à ma connaissance, à dire : Nous, on est très ouverts à réinvestir l'argent dans des infrastructures porteuses sur le plan du transport puis de l'économie dans la Capitale-Nationale. Mais, quand tu es obligé de cacher les études ou l'information qui rend le projet justifiable, quand tu es obligé de cacher la personne en charge du projet, c'est parce que tu as quelque chose à cacher, c'est parce tu n'es pas honnête avec la population. Puis je pense qu'on va découvrir assez rapidement… Plus les gens vont en apprendre, plus les gens vont reculer puis vont se dire : Ce projet-là n'a pas de sens, ne tient pas la route.

Je vois difficilement comment le gouvernement, à travers les mois prochains, va pouvoir continuer de s'entêter dans une approche aussi peu transparente, aussi peu génératrice de confiance. Comment voulez-vous qu'on ait confiance si toute l'information est cachée, puis qu'on dépense 10 milliards, on claque — c'est ça, le mot, là, on claque — 10 milliards de dollars, pendant que nos écoles, nos hôpitaux ont besoin de rénovations, pendant qu'il y a plein de besoins d'infrastructures? Comment expliquer ça?

M. Laforest (Alain) : En déposant votre projet de loi, est-ce que vous ne venez pas de dire que le gouvernement Marois a erré en autorisant Pétrolia sur Anticosti?

Mme Perry Mélançon : Moi, ce que je peux vous dire, c'est que, présentement, on a trois poursuites judiciaires de compagnies, dont plusieurs sont installées chez nous, qui veulent contester des règlements environnementaux qui sont pleinement légitimes au Québec. Alors, moi, je regarde l'état actuel des choses et je vois qu'il n'y a pas d'acceptabilité sociale sur le territoire pour ce type de projet. Alors, c'est vraiment pour une…

M. Laforest (Alain) : …de contourner ma question. Ce n'est pas ça, ma question, là. Le passé, et le fait que le gouvernement a autorisé le fait qu'on puisse faire du forage sur l'île d'Anticosti, puis aujourd'hui vous dites : C'est terminé, les hydrocarbures, c'est un gros virage, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est le même virage que je vous ai annoncé dans les premières semaines quand je suis devenu chef. C'est clair, il n'y a pas d'ambiguïté. Méganne milite sans relâche pour un virage vert, un virage vers une économie verte et juste. C'est ça que le Parti québécois incarne. C'est sur cette base-là que j'ai été élu chef, et c'est ça qu'on va faire, puis ensuite…

M. Laforest (Alain) : …une erreur à l'époque?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Mais, c'est ça, mais je n'étais pas là à cette époque-là. C'étaient d'autres circonstances et…

M. Laforest (Alain) : …de critiquer la loi 101, puis vous allez le faire, il y a 30 ans. Moi, je vous demande est-ce que ça a été une erreur.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Mais justement est-ce que la loi 101, dans la mouture du gouvernement Marois, telle qu'elle a été proposée, puis ensuite elle a été battue par la CAQ… Est-ce que c'était une erreur d'inclure ça, de ne pas inclure ça? Moi, je ne commenterais pas tout l'historique de mon parti et celui des autres. Je vous dis : J'ai été élu chef avec des orientations limpides sur le plan environnemental. Le passé n'existe plus. Ce qui est clair, c'est : Nous sommes dans une démarche décidée vers une économie qui est propre, qui est verte et qui est juste, et ça veut dire prendre les hydrocarbures et mettre toute cette filière-là aux poubelles. C'est ça qu'on fait. Il n'y a pas d'ambiguïté. Il n'y en a pas eu depuis que je suis chef. Il n'y en aura pas. Puis tout ce qui est le passé, il y a eu plein de gouvernements, de chefs, je ne commencerai pas à commenter chacune des époques du Parti québécois. Je pense que nos orientations ne pourraient pas être plus claires que ça, puis c'est là qu'on s'en va, puis c'est ça qu'on va faire.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Je n'ai pas compris, là. Vous dites que les règles actuelles… Il n'y a pas d'acceptabilité sociale. Pourquoi il faut une loi, dans le fond?

M. Bergeron (Patrice) : Alors qu'il y a deux règlements sur les hydrocarbures qui ont été adoptés assez récemment…

M. Bélair-Cirino (Marco) : …devant les tribunaux, oui.

Mme Perry Mélançon : Bien, parce que, présentement, tant qu'il y a des activités liées aux hydrocarbures, et qu'ils sont en mesure de le faire parce qu'ils ont des permis d'exploration… Nous, ce qu'on veut, c'est… Bon, il y aura des balises à ça. Mais ce que le CQDE nous confirme, c'est qu'il y a une manière de légiférer de façon tout à fait légitime et de manière rétroactive. Donc, même les permis d'exploration qui ont déjà été mis en circulation, et les prochains… et les projets, là, déjà, d'exploitation, on veut mettre un terme à ces projets-là, en tant que tel, et à tous les nouveaux projets. Alors, c'est ça, la nouveauté, c'est ce que le CQDE nous dit.

M. Bélair-Cirino (Marco) : …à l'État en compensation?

Mme Perry Mélançon : Bien, nous, on considère qu'il n'y aura pas d'indemnisation, sauf si les lois en vigueur et les accords internationaux le requièrent. Alors, ça coûtera seulement à l'État ce qu'une entreprise aura dépensé, des dépenses réelles, et non pas, là, qu'on ait des profits anticipés, que, là, dans les poursuites, on puisse, encore une fois, là, faire état de profits qui n'ont pas encore été réellement engagés.

M. Bélair-Cirino (Marco) :  …va être déposé avant celui que vous nous promettez pour renforcer la langue française?

Mme Perry Mélançon : Il sera déposé à l'automne, ce projet de loi là, à la prochaine session. On vient d'avoir les résultats du rapport de recherche, et le temps qu'on mette tout ça en branle… mais ça sera fait bientôt.

M. Bergeron (Patrice) : …les activités de forage et d'exploration sont relativement marginales au Québec, quand même, mais que, quand même, beaucoup de terminaux qui peuvent être construits pour emmagasiner, par exemple, du gaz naturel ou… Il y a des canalisations aussi qui peuvent être encore construites en vertu de la loi fédérale. Est-ce que votre projet de loi va aussi limiter ce genre d'activité?

Mme Perry Mélançon : Le projet de loi, vraiment, est sur l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures. Donc, vraiment, on parle ici des projets pétroliers et gaziers.

M. Larin (Vincent) : Moi, j'aurais une question, peut-être, pour M. Ouellet, sur Desjardins. On apprend ce matin, bon, que, visiblement, Desjardins ne collabore pas avec les autorités dans l'enquête, cherche plutôt, peut-être, à se sauver la face. Est-ce que le gouvernement a des leviers pour forcer la caisse populaire à…

M. Ouellet : Je ne sais pas si le gouvernement a des leviers, mais je pense que Desjardins doit montrer patte blanche et collaborer avec les instances qui demandent de la collaboration. Je veux dire, plusieurs Québécois se sont sentis floués avec le dossier géré par Desjardins. Les gens attendent des réponses. Et c'est quand même assez troublant ce matin d'entendre que, malgré les recommandations des corps policiers, Desjardins en a fait outre et a décidé quand même d'obtempérer, selon une ligne probablement administrative ou organisationnelle. Mais je ne comprends pas pourquoi Desjardins a tenté de jouer cette carte-là pour obtenir, je vous dirais, l'information qu'elle voulait obtenir pour la gérer à l'interne, alors que la situation était à l'externe de Desjardins, c'est-à-dire que ça touchait plusieurs Québécois et Québécoises. Donc, je suis extrêmement troublé et je ne comprends pas pourquoi, aujourd'hui, Desjardins est tout à fait à l'aise avec les comportements qui sont…

M. Larin (Vincent) : Vous, vous dites : Il faut que Desjardins montre patte blanche. Mme Anglade a dit la même chose. Il faut qu'ils soient exemplaires, mais, visiblement, ils ne le sont pas. Moi, je suis un épargnant dont l'identité a été volée, qu'est-ce que je dois penser de ça?

M. Ouellet : Bien, évidemment, si j'étais un épargnant de Desjardins et je vois de la façon dont ça a été traité… C'est un marché de l'offre et de la demande. Si je ne suis pas satisfait du service d'une entreprise, je peux aller ailleurs. Ça fait que, s'il y a des épargnants qui pensent que les pratiques organisationnelles de Desjardins ne sont pas à la hauteur de ses attentes, il peut aller ailleurs. Cela étant dit, moi, je pense que Desjardins doit rapidement démontrer toute la collaboration dans cette enquête-là. Et, surtout, le gouvernement, et je pense aux corps policiers et aux différents corps juridiques, on a des leviers pour exiger ou demander… mais, si ça nuit à des enquêtes, je pense qu'il faut faire la lumière là-dessus.

La Modératrice : Une dernière question en français, s'il vous plaît.

Des voix :

La Modératrice : Ça fait qu'il y a-t-il d'autres questions en français?

Mme Lévesque (Fanny) : M. Ouellet, sur Air Canada, est-ce qu'Ottawa s'en est fait passer une petite vite?

M. Ouellet : Oui, je pense qu'Air Canada en a passé plus qu'une petite vite, là, plusieurs petites vites. Je vous dirais, souvenez-vous, là, on est en début de crise, les gens avaient des voyages. On a tergiversé sur les remboursements. Les gens avaient placé leurs économies. Ça a été long. Il y a eu des négociations. Il y a eu des protocoles d'entente justement pour le remboursement. Et là on voit des bonis à la motivation. Encore une fois, Air Canada se fout des règlements, mais surtout se fout de la population canadienne, en décidant d'opérer, dans un monopole, de la même façon qu'ils ont toujours faite, «business as usual, it's my pocket first».

Une voix :

M. Ouellet : Oui, bien l'Assemblée nationale ne peut rien faire puisque ce sont des compagnies canadiennes. Donc, ce sont des juridictions canadiennes, mais on peut décrier haut et fort ce genre de comportement là. Et j'espère que le gouvernement du Québec sera à… pas à l'écoute, mais sera avisé que, lorsqu'il viendra le temps de donner des subventions, on sera plus serrés sur les conditions, et que les petits caractères ne soient pas juste en bas de la page, mais qu'ils soient à l'entête, en disant : Lorsqu'il y a contribution, on s'attend à x, y engagements, dont les salaires, et voici de quelle façon c'est paramétré. Donc, des fois, tout est dans les détails, dans les ententes, mais évidemment Air Canada a utilisé une faille, et malheureusement c'est encore les Québécois… c'est surtout, je vous dirais, les utilisateurs qui en font les frais.

Une voix :

M. Ouellet : Les travailleurs aussi, oui.

La Modératrice : Peut-être une dernière intervention, en anglais ensuite.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je veux juste ajouter un point, c'est qu'en fait, en 2021, là, que des gouvernements octroient de l'aide financière sans condition, c'est complètement insensé. C'est vrai pour les paradis fiscaux, c'est vrai pour la protection des emplois puis c'est vrai pour toute la question des profits qui peuvent être versés aux actionnaires à même les fonds publics, là. C'est ça qui se produit. Donc, c'est impensable. Et il est là, le problème. Après, on peut taper sur les compagnies, mais en fait la source du problème, c'est le gouvernement fédéral qui prend de l'argent des fonds publics et qui les octroie sans poser de conditions. Qu'est-ce que vous pensez…

Une voix :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, les conditions n'empêchent clairement pas l'essentiel, que j'ai réclamé à pareille date l'an dernier, là, durant la course, mais c'est de dire : Interdiction de faire affaire dans les paradis fiscaux si on veut de l'aide puis interdiction de prendre des fonds publics puis les transformer en dividendes ou en bonis pour les hauts dirigeants. C'est facile, mettre ces conditions-là, si on le veut. Si on ne les met pas, bien, c'est la négligence du gouvernement dont il est question.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Gamache (Valérie) : …about the prom night, is there any risk at this point that the youth and teenagers just hold their own parties?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes, there is a risk. The risk is that, because there's no flexibility, because, obviously, we haven't considered all the options that will allow a prom to be held, to take place in the… while respecting the sanitary measures, because we're not doing this… There is a very important risk that students and parents just decide to do their own parties, and that's something we've seen in the past weeks, in the past days. And, if we do not come up with something more intelligent, more flexible, I'm afraid that there will be parties, and those parties will be much more dangerous for public health than a prom that would be under certain norms.

La Modératrice :Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 18)

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