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Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de transports

Version finale

Le mardi 1 juin 2021, 10 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Ce matin, M. Joël Arseneau, notre porte-parole en matière de transports. Il sera suivi du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon. La parole est à vous.

M. Arseneau : Alors, bonjour tout le monde. En ce mardi, nous voulons revenir sur le dossier du tunnel de Québec. On a déjà fait valoir, au cours des deux dernières semaines, l'aspect insensé de ce projet-là pharaonique et ruineux, appuyé par aucune étude sérieuse, dont la faisabilité est toujours aussi douteuse, le coût, évidemment, outrancier et extrêmement aléatoire. Évidemment, les besoins ne sont pas non plus appuyés, donc l'utilité peut être mise en doute.

Mais, aujourd'hui, on veut surtout revenir sur l'aspect politique et partisan qui suinte de ce projet-là digne des années 1950. C'est une forme de patronage gouvernemental, un favoritisme politique d'une autre époque, une espèce de copinage avec les électeurs de la région de la Capitale-Nationale, et nous, on pense qu'on ne doit pas normaliser une approche comme celle-là, on ne doit pas la banaliser.

Et c'est pourquoi nous voulons revenir à un projet de loi que nous avions déposé en 2013, un projet de loi sur l'Agence des infrastructures de transport du Québec. Un projet de loi déposé par mon collègue Sylvain Gaudreault, qui était alors ministre des Transports, et qui avait pour objectif de dépolitiser, oui, la gestion des chantiers gouvernementaux en transports, également, l'entretien du réseau, également protéger le ministère de la corruption, de la collusion, de la perte d'expertise, donc, redonner une indépendance aux serviteurs de l'État en ce qui a trait aux infrastructures routières. On voulait en finir, disait mon collègue Sylvain, avec des annonces de bouts de route pour gagner les élections. Là, évidemment, là, on est dans une tout autre dimension. On ne parle pas de bouts de route, là, on parle d'un gouvernement qui passe avec la caisse… qui part avec la caisse au complet pour tenter de sécuriser des comtés électoraux, et il ne s'en cache même pas.

Alors, aujourd'hui, nous allons donc déposer une nouvelle mouture du projet de loi pour s'assurer qu'une agence indépendante puisse planifier, développer, entretenir les actifs en matière de réseau routier, que le ministère des Transports puisse continuer d'assurer les grandes orientations, une certaine supervision, mais que l'agence puisse opérer de façon indépendante. Il en va de l'intérêt public pour tous les Québécois.

Là-dessus, pour continuer sur ce projet de loi, mon chef Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Joël. On veut insister là-dessus ce matin : 10 milliards de dollars, c'est beaucoup d'argent, et ça fait plusieurs décennies qu'au Québec ministère des Transports, projets de transport riment avec corruption, collusion et patronage. Collusion au sens électoral, où l'intérêt public est complètement évacué pour laisser place uniquement à des calculs électoraux. Et je pense qu'il est temps pour du changement.

Et c'est ça, le paradoxe entourant la CAQ, c'est que c'est déjà un gouvernement usé avec des pratiques usées. Il est temps que, dans l'élaboration, la planification et l'entretien, l'entretien de nos infrastructures, on ait l'intérêt public des Québécois d'abord et avant tout et non pas les intérêts partisans du gouvernement au pouvoir, en fonction d'obtenir le pouvoir ou le conserver.

Et c'est donc dans ce contexte-là que l'idée d'avoir une agence qui s'occupe, avec l'expertise québécoise, avec objectivité, avec indépendance, s'occupe de déterminer les projets qui sont prioritaires et ceux qui ne le sont pas. C'est essentiel si on ne veut pas gaspiller les fonds publics. Et c'est bel et bien de ça dont il est question : du gaspillage de fonds publics qui devraient plutôt aller à un réseau de transport qui bénéficie à la ville de Québec, des infrastructures qui, pour la grande région de la Capitale-Nationale, permettent un essor économique et qui permettent également une transition énergétique vers une économie verte.

Il y a quelque chose de choquant à voir 10 milliards de dollars s'évaporer dans un projet pour lequel on n'a pas une seule étude qui justifie le projet. Et, si on avait cette agence indépendante de détermination de nos projets de transport, bien, on se retrouverait avec des décisions dans l'intérêt public, des fonds publics mieux dépensés et donc plus d'argent pour d'autres besoins dans notre société. Ça me semble très important comme virage. C'est une question de changer nos moeurs, de ne plus accepter que la corruption, la collusion puis l'électoralisme gouvernent nos décisions en matière d'infrastructures de transport. Il faut en sortir, et pourtant ça fait plusieurs décennies qu'on parle de ça.

Je ne suis pas capable de ne pas parler de la victoire du Canadien d'hier, donc donnez-moi mon moment de 20 secondes, là, faut que j'en parle. Lorsqu'ils perdaient 3 à 1 ils ont fait preuve d'une persévérance, d'une détermination qui ont donné lieu à une remontée à coups de prolongations. Et je le souligne parce que, des fois, ces remontées-là, elles ont lieu parce qu'il y a une mentalité de gagnant, une mentalité de persévérance, de force de caractère, et je le souligne parce que je trouve ça inspirant, c'est inspirant pour les Québécois, c'est inspirant en politique, ça a toutes sortes de déclinaisons possibles. Et c'est un beau moment qu'on a vécu ensemble hier. Je le souligne parce qu'on peut définitivement s'en inspirer, la capacité d'une organisation à faire une remontée parce que, mentalement, ils ont cette détermination-là, cette force de vaincre.

Sur une note, par contre, plus difficile, je vais quand même d'entrée de jeu, là, avoir un mot pour les enfants autochtones disparus. C'est une macabre découverte qui soulève des questions quant à ce qui s'est passé au Québec. Donc, d'entrée de jeu, là, je veux annoncer qu'on demande une enquête publique pour qu'on puisse effectuer des fouilles et qu'on comprenne ce qui s'est passé sur le territoire québécois, qu'on en ait le coeur net. Mais, je veux que ce soit très clair d'entrée de jeu, on ne gagne jamais comme société à ne pas chercher la vérité. Il y a vraisemblablement des technologies, des méthodes d'enquête qui nous permettraient de mieux comprendre certains éléments qui, pour l'instant, me semblent nébuleux et qui, pourtant, sont très importants. Donc, on veut une enquête puis on veut aller au fond des choses là-dessus. C'est la position de notre parti.

Alors, voilà, c'est les points que j'avais, d'entrée de jeu, ce matin.

  Mme Prince (Véronique) : Mais M. Lafrenière, par exemple, exclut déjà l'enquête publique, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ce n'est pas acceptable. Ce n'est pas acceptable. Si on parle de vies d'enfants, si on parle de problèmes sociaux actuels, dans la société québécoise, l'idée qu'un gouvernement écarte une enquête pour comprendre, ce n'est pas acceptable.

Mme Lévesque (Fanny) : Juste pour être clair, là, vous demandez, donc, une enquête publique sur le sort des enfants autochtones disparus. Est-ce que vous voudriez des fouilles plus rapidement, là ou est-ce que, pour vous, ça va ensemble, là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui. Il n'y a absolument rien qui empêche, de ce que je comprends des technologies disponibles, là. Il y a des pensionnats sur le territoire du Québec. Allons tout de suite au fond des choses. Il n'y a aucune façon, moralement, de justifier qu'on ne pose pas ces questions-là et qu'on n'aille pas au fond des choses. Ce serait un aveuglement volontaire tellement irresponsable et tellement inhumain. Le ministre ne peut pas, d'entrée de jeu, fermer la porte. C'est immoral.

Mme Lévesque (Fanny) : Vous venez de terminer l'étude détaillée du projet de loi n° 79. Le ministre n'a pas voulu aller vers une enquête publique malgré les demandes. Là, le projet de loi doit être adopté d'ici quelques jours. Si on n'amende pas ce projet de loi là ou si on ne va pas dans le sens d'une enquête publique, est-ce que vous êtes encore à l'aise avec la mouture du projet de loi n° 79?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, il y a plusieurs endroits où est-ce qu'on réclame des changements, là, donc on est mal à l'aise à plusieurs égards. Premièrement, la sécurisation culturelle, on répète, on répète sans arrêt, je pense que c'est la dixième fois que vous m'entendez parler du fait que, tant que le principe n'est pas dans la loi puis qu'il n'y a pas de mécanisme très clair pour justement s'assurer que le résultat est atteint, on parle beaucoup, mais on n'agit pas. Puis, à court terme, comme vous le dites vous-mêmes, il n'y absolument rien qui empêche le gouvernement, avec des ressources très raisonnables, d'aller tout de suite enquêter. Donc, il n'y a pas de justification à fermer la porte à une recherche de vérité qui soit faite de manière diligente. Avec la gravité, là, de ce qui vient d'être révélé, sur le plan humain comme sur le plan de l'avenir de notre société, il faut le faire.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que vous allez l'appuyer, le projet de loi, là? Parce que c'est...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On ne parle pas d'engagement d'appuyer le projet de loi à ce stade-ci. On continue de mettre de la pression, il y a plusieurs demandes d'amendements, de discussions qui ont eu lieu. On continue à le faire, comme dans plusieurs autres projets de loi. On est toujours dans l'espoir d'obtenir des changements substantiels, qui amélioreraient.

Mme Lévesque (Fanny) : ...rôle de la province là-dedans parce qu'il y a quand même le fédéral qui a un rôle à jouer. Les sites sont sur des communautés autochtones.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Exact.

Mme Lévesque (Fanny) : Donc, comment le provincial peut s'insérer ou prendre la pôle là-dedans, là, pour faire avancer les choses?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est toujours la même chose, hein, c'est que, si on était un Québec indépendant, toutes les décisions seraient beaucoup plus simples. Mais, de la part du gouvernement du Québec, pour un sujet comme celui-là, le fédéral a sa responsabilité, notamment, par rapport aux coûts que tout ça va engendrer. Mais je ne m'empêcherai pas, comme gouvernement du Québec, d'agir, puis, si jamais le fédéral a des récriminations, un véto, ils se plaindront du fait qu'on cherche la vérité, pendant qu'eux ne font rien, là, tu sais, ce sera à eux de porter ce fardeau-là. Mais moi, comme gouvernement du Québec, je ne m'empêcherai de rien dans les circonstances. On agit, on agit sur notre territoire parce qu'on est le gouvernement du Québec, puis, si le fédéral ne veut pas agir, c'est son problème, là, tu sais?

Mme Côté (Claudie) : Je voudrais peut-être vous entendre sur la décision de la Santé publique de ne pas autoriser la tenue de bals de finissants, ce qui peut paraître anecdotique, mais qui ne l'est pas...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, ça ne l'est pas du tout, en fait.

M. Côté (Claudie) :  ...alors qu'à la fin juin, normalement, on serait tous en zone verte, il y aurait des vaccins qui auraient été administrés, au moins une dose. Est-ce que vous comprenez la question puis est-ce que vous auriez, vous, préféré qu'on...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je demande à la Santé publique de reconsidérer cette décision-là en raison... Puis évidemment, là, il faut... ultimement, la décision, c'est une décision de santé publique. Donc, je ne pourrais pas moi-même réclamer cela. Mais, ce que je constate, c'est qu'il y a des enjeux de cohérence et d'équité.

Comment dire à des jeunes pour qui... Moi, je me souviens encore très, très bien, de mon bal de finissants, c'est un moment très marquant dans la vie d'un jeune adulte. Et comment expliquer qu'on permette la fête dans des parcs, on permette ce qu'on voit comme au Vieux-Montréal, on permette plusieurs activités qui désormais sont déconfinées, mais qu'on n'arrive pas à concevoir une version du bal qui serait respectueuse, sécuritaire? Et c'est là que j'ai beaucoup de difficulté à croire qu'on puisse déconfiner autant d'activités sociales et que cette activité sociale là ne fasse l'objet d'aucune tentative d'accommodement, vu la signification importante qu'elle a pour ces jeunes-là.

Donc, non, je ne trouve pas ça si anecdotique que ça. Moi, je pense que la Santé publique doit retravailler cette question-là et nous arriver avec des explications ou, ce que j'espère, c'est une voie de passage qui soit sécuritaire, dans le sens qu'on ne peut pas courir le risque, sur le plan de la santé publique, mais qui soit également la plus accommodante ou la plus ingénieuse possible pour donner lieu à cette activité-là qui est un rite de passage, un moment marquant dans la vie d'un jeune adulte.

M. Bossé (Olivier) : Pour l'agence, pour votre agence de transports que vous proposez... Vous parlez d'électoralisme. Ça, je peux comprendre. Mais déjà, vous dites : Collusion, corruption. Est-ce que vous pensez que la CAQ a déjà les pieds là-dedans? Est-ce que c'est ce qu'on comprend de votre discours?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Sous le règne des libéraux, et ça dure depuis... Tu sais, je n'étais pas né, là, mais la construction du Stade olympique, tu sais? Reculons, là, reculons à Duplessis. Ça fait des décennies et des décennies qu'au Québec construction rime avec collusion et corruption. Là, ce qu'on a comme information, c'est qu'en février dernier des ingénieurs se plaignent d'ingérence politique au ministère des Transports. Ça, c'est une information dans l'espace public. Puis là j'ai un gouvernement qui dépense 10 milliards et qui ne se gène pas pour répondre : Non, je n'ai pas d'études, mais ça va me faire gagner des comtés à Québec; toi, tu n'en gagneras pas.

Je n'ai pas besoin de plus que ça pour rappeler aux Québécois qu'on veut du changement, où nos fonds publics ne sont pas dépensés sur la base soit de la corruption, soit de la collusion ou soit du patronage électoraliste. Puis la solution pour sortir de ça une fois pour toutes, pour vraiment être dans le changement, la solution pour ne pas dilapider des fonds publics, c'est d'avoir une agence qui, de manière indépendante et sur la base d'études, d'expertises, arrive avec des recommandations sur c'est quoi, les projets les plus prioritaires mais aussi les projets les plus utiles pour la population.

Et, bien, vraisemblablement, ce n'est pas ça qui est en train de se passer par rapport au troisième lien. Mais je rappellerais également que, pour le tramway, on avait plus d'un an d'études d'un bureau de projet, puis le gouvernement a juste mis la main sur ça puis s'est mis à redessiner, on n'a jamais trop su comment, à redessiner le tracé. Est-ce que les sondages, le million de dollars de sondages, est-ce que les considérations électorales ont joué dans les manières de refaire les tracés? Ce sont des questions qu'on doit se poser.

Et on n'aurait pas à se les poser si on avait l'agence de transports qu'on propose, parce qu'on saurait que les gens qui font des recommandations le font uniquement en fonction d'une utilisation judicieuse des fonds publics puis en fonction de l'utilité pour notre réseau de transport. Il me semble que c'est la base. Puis il faut que la population reprenne ce goût du changement. On n'a pas à accepter l'électoralisme et le patronage quand ça nous coûte des dizaines… des milliards et des milliards, ce n'est pas normal.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous avez demandé à entendre le directeur du bureau de projet du troisième lien en commission parlementaire, par exemple?

M. Arseneau : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Prends-le, prends-le.

M. Arseneau : Bien, en fait, oui, on souhaite l'entente... on souhaite l'entendre, plutôt. C'est une demande qui a été formalisée par le Parti libéral, Enrico Ciccone, notre collègue, et on va l'appuyer. On en discute, justement, cette semaine en commission parlementaire, là, une rencontre qui est prévue jeudi, si ma mémoire est bonne, pour forcer le gouvernement à nous permettre d'entendre le directeur du projet, oui.

M. Larin (Vincent) : Êtes-vous confiants que ça va se faire ou…

M. Arseneau : On est confiants du fait que la demande est judicieuse, elle est légitime. On n'est pas assurés que le gouvernement va accepter cette proposition-là. Mais ce serait très décevant, ce serait un autre signe de manque de transparence qui est très grave dans un projet de plus de 10 milliards de dollars, là. La moindre des choses, ce serait de pouvoir permettre aux experts et aux directeurs du bureau de projet de s'exprimer publiquement sur le projet dans son ensemble.

M. Larin (Vincent) : Qu'est-ce que vous avez pensé en apprenant, là, qu'il y avait une hypothèse, là, d'un pont qui débarquerait à d'Estimauville qui était dans les… qui a été étudiée, entre autres, qu'il y aurait différentes hypothèses qui avaient été regardées, là?

M. Arseneau : Bien, il y a quelque chose de rassurant dans le fait qu'on n'a pas été de façon aveugle pour un seul et même projet qui avait été visiblement élaboré sur un coin de table en prévision de la dernière campagne électorale. Mais, ce qui est troublant, c'est que ces projets alternatifs ont été écartés, on n'en a jamais entendu parler dans l'espace public. Visiblement, il y a des alternatives, même au sein du gouvernement qui voit une problématique importante, là, en matière de transport, qui dit que c'est extrêmement difficile d'aller d'un côté à l'autre du Saint-Laurent dans la région de Québec. Mais, qu'on ne fasse pas la preuve, justement, qu'on a regardé toutes les options, pour peu qu'on reconnaisse qu'il y a effectivement une problématique importante, c'est un autre signe de manque, je dirais, de transparence et de rigueur du gouvernement et qui milite encore une fois en faveur d'une agence indépendante qui pourrait mettre les choses au clair.

Mme Lévesque (Fanny) : …précisions, M. Plamondon, sur les enfants autochtones. M. Picarddemande qu'on amende le p.l. n° 79 en ajoutant la réalité des pensionnats. Est-ce que c'est une demande que vous appuyez? Est-ce que ça ne pourrait pas, justement, être un compromis avant, par exemple, une enquête publique?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'ai pas vu l'amendement. Donc, avant de me prononcer, il faudrait que je puisse voir l'amendement en question.

Mme Lévesque (Fanny) : Il l'a fait verbalement, là. Lui, il propose qu'on amende le projet de loi et qu'on ajoute la réalité des pensionnats.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je ne suis pas fermé, mais on se prononcera lorsque l'amendement sera rédigé, voir exactement comment ça s'imbrique.

Je veux juste souligner un point qui va avoir lieu aujourd'hui. Je vais me rendre, après ce point de presse, là, rencontrer les travailleurs. Puis c'est un autre dossier qui, des fois, est mis de côté, le p.l. n° 59, là, mais, moi, je pense qu'ils ont raison de dénoncer le fait que la prévention en matière d'accidents du travail est toujours laissée de côté dans le cadre du projet de loi n° 59. Ce n'est jamais le sujet le plus chaud, depuis que le projet de loi est en liste, mais je vais les rencontrer et je vais insister, au cours des prochaines semaines, dans le temps qui nous reste, sur le fait qu'on ne peut pas remettre la prévention des accidents de travail entre les mains des employeurs, à leur seule discrétion. Si on fait ça, il va y avoir plus d'accidents de travail, donc il y a un coût humain important, mais ce n'est même pas intelligent sur le plan de la planification de notre économie parce que ça coûte, des travailleurs qui sont blessés.

Donc, ne faisons pas de compromis là-dessus. Je vais aller à leur rencontre, tout de suite après le point de presse, mais j'affiche déjà mes couleurs, on sera solidaires, on sera à leurs côtés dans une lutte légitime pour que cette réforme-là ne soit pas désavantageuse pour la santé et la sécurité de nos travailleurs. Ça me semble évident, mais je pense qu'on ne l'a pas assez dit depuis que ce projet-là est à l'étude. Donc, je veux juste le mentionner.

La Modératrice : Dernière question en français, s'il vous plaît.

Mme Côté (Claudie) : …votre prévision pour le prochain match pour la suite pour le Canadien?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça va être Canadien en six. Et moi, je pense que battre Toronto, là, c'était un exploit qui va donner des ailes à cette formation-là. Parce que je me souviens de matchs où Winnipeg a été déclassé par le Canadien. On a clairement le potentiel de gagner cette série-là, et il y aura un momentum. Donc, moi, c'est Canadien en six. Peut-être je me trompe, puis c'est en cinq.

M. Larin (Vincent) : ...le joueur qui s'est plus démarqué…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Le joueur qui s'est plus démarqué dans la série, c'est évidemment Carey Price, mais…

Des voix :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je veux juste commenter sur un sujet aussi fondamental. Moi, ce qui m'a touché le plus hier, quand ils sont rentrés, c'est le visage de Cole Caufield, tu sais? Il a un visage très jeune, tu vois qu'il commence. Mais c'est quand tu les vois tous passer devant la caméra, ils s'en vont au vestiaire puis ils ont gagné, regardez comme il faut le visage de Cole Caufield. C'est très beau à voir. Puis ce momentum-là me fait dire que Winnipeg vont en baver, parce qu'il y a cette énergie-là dans ce vestiaire-là.

La Modératrice : On va passer en anglais, s'il vous plaît.

M. Bossé (Olivier) : …et que vous jouez pour une formation qu'on pourrait dire négligée, mettons, comme le Canadien. Est-ce que vous vous sentez comme le Carey Price du PQ?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'irais pas jusque-là, parce que Carey Price, c'est Carey Price. Mais je dois dire que la politique est un sport exigeant et que c'est formidable comment, dans plusieurs sports, quand on s'accroche, quand on est déterminé, il y a des belles remontées, des fois, qui ont lieu. Et je pense que c'est une leçon pour bien du monde, dans la vie, de voir un club qui, au lieu de paniquer, au lieu de pointer du doigt, garde l'objectif puis gagne, partie après partie, dans des circonstances ou c'était prolongation deux fois si je me souviens bien. Donc, il y a quelque chose pour tout le monde dans cette métaphore-là. Et disons que moi aussi, je trouve ça inspirant.

La Modératrice : En anglais, s'il vous plaît, maintenant.

Mme Senay (Cathy) : ...the remains of 215 children on the site of a former Indian residential school in Kamloops. What are you asking for? Because Mr. Lafrenière said this is a federal site, so we are limited about what we can do, we cannot do anything like other than supporting families.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Québec should never be limited about anything on its own territory. If we want to send the bill to Ottawa afterward, that's something we can do. But to hide behind the fact that it's a federal competency is not moral.

I think that the Government of Québec should launch an inquiry right now. And we have technologies, we have simple measures that can be taken so at least we find out, on our territory, whether we have such cases, such patterns, horrible stories. And we cannot go around this. You need the truth if you want to improve. You cannot hide from the truth.

And to say that because the federal Government is not doing anything, we're not doing anything is not moral, it is immoral. So, as a government, I would never hinder myself, I would never stop myself from doing anything. Québec's Government is there to rule on Québec's territory. Lets do it, just do the inquiry.

Mme Senay (Cathy) : Well, one clarification on this. You're asking for Québec to take the means to find any remains of children who went to residential schools.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes. Those «pensionnats».

Mme Senay (Cathy) : But, at the same time Bill 79. So you're asking a public inquiry for all children and including the ones who disappeared in the health care system and residential schools too?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes.

Mme Senay (Cathy) : Because Bill 79 doesn't include residential schools.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : You need to do both. You don't need the full inquiry tomorrow, to launch something to just understand what happened on our own territory. And then you can launch a broader inquiry. And it ought to be done. Like, there's no way we're not going to do this because we need to understand what happened. And I don't see an excuse possible on that topic. Just do it.

Mme Senay (Cathy) : Just because even your party, the Liberals and QS, you're all asking for a public inquiry, instead of Bill 79... doesn't go far enough.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, we've been working a lot on Bill 79. So we've been coming with amendments, suggestions. We've been talking about «sécurisation culturelle» over and over. So we will keep on making… pushing on Bill 79. We'll continue putting pressure. But that doesn't prevent us from saying : Listen, this is very serious, we need to know if it happened on our own territory. There is no excuse for not doing that inquiry, it has to be done. And we'll keep on pushing on things like «sécurisation culturelle» in the context of the Bill 79.

Mme Senay (Cathy) : There are three things. Bill 79, you'll keep pushing until it's adopted by the end of the session?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Because Bill 79 is a framework. How do we improve things? So we need to keep on working on this. Then, we have a problem with facts. We don't know what happened, whether... things like we've learned in Kamloops, we don't know if it happened in Québec.

Mme Senay (Cathy) : So we need search?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : We need search, and then we need an inquiry. Because…

Mme Senay (Cathy) :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : …about children.

Mme Senay (Cathy) : Why?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Exactly. What, why, how, when. We need an inquiry on that. So there are three pieces, you're right, there are three huge pieces, and all of them are essential.

Mme Greig (Kelly) : I've got a couple of questions about COVID, starting with yesterday's news, I guess, about proms being cancelled… for high school students. Do you think that's the right move? Because this is a province-wide move, but we have some regions in yellow, orange, red, it's all over the place…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : So we know that, right now, many social activities have been deconfined, have been authorized. So the issue is not : Should we allow proms in its original functioning, like a full party until 5 :00 a.m., with a dance floor, loads of alcohol? That's not the issue, here. The issue, here, is : prom is an important moment in the lifetime of a young adult, have we really considered all forms of prom that could allow those young adults to live that moment while ensuring safety? And, when we look at what's happening in public parks, in the Old Port of Montréal, there needs to be equity and coherence here.

So all I'm saying is it is obviously up to the Public Health, but I'm asking the Public Health : Have you really considered all of the different options to try to organize an event that would be worth remembering, for those adults... finishing students... graduating students? I think we need an answer from Public Health because it is an important moment. And many other activities are being allowed right now. We need to see if we can allow some version of a prom.

Mme Greig (Kelly) : And I want to ask you about AstraZeneca. It's gone from eight weeks, now, to four weeks. People have a bit of confusion. Can they get their second dose? Can they not? Are there walk-in clinics? Well, that kind of things. Do you fell like the messaging on AstraZeneca specifically has been a little confusing in the recent days with the second doses…

M. Arseneau : Yes, totally. It's been confusing for the population. And I hope, this afternoon, Premier Legault will clarify the situation. It needs to be clarified. I don't think it's ill intent, but, you know, the message needs to be much clearer so people understand what's going on. You can't change, you know, delays like that without explaining and reassuring people. You know our goal, and we share the goal with Public Health and the Government, to reach our objectives in terms of vaccination. So message needs to be just clarified, yes. Thank you. Merci beaucoup.

(Fin à 10 h 28)

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