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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, M. Gregory Kelley, porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations avec les Québécois d’expression anglaise, et Mme Hélène David, porte-parole de l’opposition officielle pour la protection de la langue française

Version finale

Le jeudi 13 mai 2021, 13 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures trente-quatre minutes)

La Modératrice : Bonjour à tous. Bienvenue au point de presse de l'opposition officielle. Cet après-midi, Mme Anglade est accompagnée de Mme David et de M. Kelley.

Mme Anglade : Bon, alors, bonjour. Rebonjour à la majorité d'entre vous. Accompagnée d'Hélène et de Greg aujourd'hui. Rappeler d'abord, tout de suite, d'entrée de jeu, que le Parti libéral souscrit pleinement au consensus voulant que nous ayons une responsabilité historique par rapport à la préservation et la pérennité de la langue française en Amérique et que cette langue française là, qui est notre la langue commune, qui est le socle de notre vivre-ensemble, on doit s'assurer de pouvoir l'encadrer, la protéger, faire en sorte qu'elle puisse se déployer, rayonner dans un cadre qui s'adapte aux nouveaux défis auxquels nous faisons face. Et c'est la raison pour laquelle on est en faveur d'une modernisation.

On a fait une série de propositions par rapport aux modifications à la loi 101, et plusieurs d'entre elles se retrouvent dans le projet de loi actuel. On parle notamment des cours de français gratuits pour tous, qui avaient été pilotés par mon collègue Greg Kelley, l'application de la loi 101 aux entreprises de 25 à 49 entreprises, la nomination, la fameuse nomination d'un commissaire à la langue française, qui permet d'avoir une indépendance par rapport au gouvernement qui est en place, une reddition de compte pour les politiques linguistiques, le principe d'un guichet unique, également, pour la francisation des immigrants. Donc, il y a plusieurs éléments qui se retrouvent à l'intérieur du projet de loi.

Certaines mesures, par contre, dans les propositions que nous avons faites ne s'y retrouvent pas, notamment les cours de français dans les cégeps anglophones, qu'on pense qu'on devrait mettre de l'avant parce que ça permettrait une meilleure inclusion, des mesures également, on voit l'idée d'avoir des ministères de l'immigration au niveau des universités, on aurait souhaité que ce soit obligatoire, mais ça ne l'est pas nécessairement. Je ne veux pas rentrer dans l'analyse de chacune des propositions, mais je pense qu'il y a matière à amener des propositions additionnelles dans le projet de loi.

Le message que j'envoie au gouvernement : on va avoir une attitude, encore une fois, extrêmement constructive, positive, mais on souhaite que ça ne se fasse pas dans la division. On souhaite qu'il y ait des consultations vraiment générales, que tout le monde puisse participer et qu'on soit à l'écoute de la population quand ils vont venir nous voir puis nous dire : Bien, sur le terrain, ça ne marche pas comme ça, il y a des modifications, qu'on ait véritablement une écoute par rapport à tous les enjeux.

C'est un projet de loi qui est tentaculaire. C'est un projet de loi qui va nécessiter une grande écoute et une grande ouverture également. Et je pense que c'est dans la posture que le ministre va prendre face à ce projet de loi, la posture que le premier ministre va prendre qu'on va voir le degré d'ouverture qu'ils ont. Ce projet de loi, ce n'est pas un projet de loi qu'on a considéré comme étant électoral, mais véritablement un projet de société, et on souhaite qu'il soit rassembleur.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre des questions.

Mme Gamache (Valérie) : Excusez-moi. On pensait que tout le monde allait parler. Quand vous parlez d'un projet de loi rassembleur, on a l'impression que vous appuyez totalement la CAQ dans ce projet-là. Il n'y a...

Mme Anglade : Vous?

Mme Gamache (Valérie) : Bien, en fait, on a l'impression que ce projet de loi va faire consensus au sein des rangs libéraux ou comment ça...

Mme Anglade : Je pense qu'à la lecture des article par article, et Hélène pourrait certainement commenter — je pourrais certainement te céder la parole, Hélène — à la lecture des article par article, je vous dirais qu'on voit quand même qu'il y a un gros travail à faire de compréhension, d'enjeux. Puis quand on rentre dans le détail… Le diable est dans les détails, hein? Donc, le degré d'ouverture, c'est là qu'on va véritablement le mesurer. On l'avait annoncé, nos couleurs, déjà il y a plusieurs semaines quant à des pans de la loi, donc il n'y a pas de surprise là. Par contre, lorsqu'on rentre dans le détail, on se rend compte qu'il y a beaucoup, beaucoup de questions qui vont être soulevées, et c'est à ce moment-là qu'on va pouvoir mesurer le degré d'ouverture de la part du gouvernement.

Hélène, je ne sais si tu veux faire...

Mme David : Oui. Bonjour. Je pense qu'on va être là ensemble plusieurs mois certainement dans l'étude détaillée. Je pense qu'on va se voir beaucoup, beaucoup entre collègues et avec les autres collègues. Il y aura beaucoup de questions d'attitude, comme dit Dominique Anglade, d'attitude, de posture du ministre Simon Jolin-Barrette. Nous serons ouverts à regarder et à retourner toutes les pierres de chaque article, et Dieu sait qu'il y en a, des articles.

Je vous donne deux exemples. Je vous donne l'exemple de la question des cégeps anglophones et du pourcentage. Je ne sais pas si vous avez lu les articles, mais ça nous prend plus de temps pour aller comprendre. On a parlé à la Fédération des cégeps déjà. Ils sont eux-mêmes en train d'essayer de comprendre ces articles-là. On est en termes de ratios, on n'est pas en termes de devis. C'est un peu technique, les devis, c'est le nombre d'étudiants auxquels ont droit chaque cégep depuis toujours. Et là on est en termes de ratios des anglophones par rapport aux francophones. On change complètement le paradigme de ça. Et donc, oui, si ça permet à tout le monde d'augmenter en même temps, il y a quelque chose qui peut être intéressant. Mais allons voir ce que veut dire le 17,5 % d'étudiants. Est-ce que c'est sur l'ensemble du Québec, etc.? Donc, il y a beaucoup de questions à poser. Elles seront importantes, elles seront intéressantes, et on s'attendra à des réponses assez précises, puis là on pourra vous dire ce qu'on en pense un peu plus.

L'autre question, c'est le 25-49 employés. Et la CAQ, à l'époque, en 2016, souvenez-vous, en 2013 avec le projet de loi du Parti québécois, avait dit : Non, non, non, on ne va pas là parce que c'est trop lourd, c'est trop compliqué, les jeunes entrepreneurs vont trouver que c'est exagéré. Là, on y va. Nous-mêmes avons proposé de faire une application beaucoup plus souple, beaucoup plus légère que les entreprises plus nombreuses de 50 employés et plus.

À la première lecture, il y a quand même beaucoup, beaucoup d'articles liés à ça, qui parlent de comités de francisation avec moult détails de ce que ça doit comporter. La question : Est-ce que c'est si allégé que ça ou ce n'est pas tellement plus allégé? Je suis certaine, en ce moment, que le CPQ, le Conseil du patronat du Québec, est en train de regarder ça très attentivement. Il avait dit : Oui, on pourrait être d'accord. Le sondage, 68 % d'entrepreneurs ou de présidents d'entreprise avaient dit : On est prêts à considérer ça, mais, mais, mais on ne veut pas trop de paperasse et de redditions de comptes. Alors, ils sont en train de regarder ça.

Quand Dominique dit : Écoutons-les, on va les accueillir, nous devons avoir absolument des consultations générales et non pas particulières. C'est un projet de loi qui se veut costaud, alors il faut que les consultations soient tout aussi costaudes que le projet de loi est costaud. Alors, générales, c'est, pour nous, une évidence et une absolue nécessité. Alors, le CPQ viendra nous dire : C'est bien trop gros, ou ce n'est pas trop gros, ou c'est correct. Alors, c'est tout ça, pour l'instant, qu'il nous manque comme renseignements.

Mme Côté (Claudie) : J'aimerais vous entendre sur les cégeps anglophones, là. Bon, de ce qu'on comprend, l'épreuve uniforme de français va être obligatoire pour les...

Mme David : Pour les étudiants qui n'ont pas fait le primaire, secondaire avec permission de fréquenter.

Mme Côté (Claudie) : Et pour le cours de français qui est ajouté, est-ce que c'est réaliste de penser qu'un élève du cégep peut réussir cette épreuve?

Mme David : En principe, ce sont des élèves qui ont fait le primaire et le secondaire, soit allophones, soit francophones, en français. Donc, l'épreuve uniforme de français ne devrait pas être si difficile que ça. Là où ça pose problème, et on va de voir se poser la question — merci de poser cette question, c'est un autre exemple — étudiants internationaux. L'étudiant international qui vient faire le cégep anglophone et qui après dit : Je vais peut-être rester pour faire l'université anglophone, il devrait, ce que je comprends, passer l'épreuve uniforme de français. Question, question avec un q majuscule, là, parce que c'est bien important de savoir s'il devra donc être très, très, très performant en français pour passer l'épreuve uniforme de français. Je vous rappelle, ce n'est pas une épreuve qui est si facile que ça. Il y a même des échecs pour des francophones dans cette épreuve-là.

Alors, c'est une question qu'on aura certainement à poser. Peut-être que tout ça n'a pas été prévu par le ministre, je ne sais pas, mais on posera cette question-là.

Mme Côté (Claudie) : Le chef du Parti québécois avait des mots très durs à l'égard de ce projet de loi. Il a dit : Écoutez, on a une obligation de résultat, mais ça va se solder par un échec. Les mesures ne sont pas assez fortes, puis on ne va pas freiner le recul du français. Est-ce que c'est une impression que vous partagez?

Mme Anglade : Bien, écoutez, plusieurs de nos propositions font partie du projet de loi, premièrement, et puis, encore une fois, ça va être dans les mesures qui vont être mises en place dans les articles par articles. Le projet de loi a 200 articles, là, pour... Allez-vous dire : Ça va être trop dur, pas assez dur? Ça va dépendre exactement de ce qui va être vu lorsqu'on va arriver dans le détail.

M. Lecavalier (Charles) : Qu'est-ce que vous pensez de l'idée qu'on puisse se plaindre si on n'obtient pas un service en français dans un commerce? Qu'est-ce qui arrive avec cette plainte-là?

Mme Anglade : Bien, je pense que ça se justifie. Si tu n'es pas capable d'obtenir un service, que ça se justifie, que tu puisses aller le formuler quelque part. Maintenant, comment ça va se faire? Qui va contrôler ça? Quel genre de processus on va avoir, qui va être mis en place? Toutes ces questions-là restent encore en suspens.

Mais, sur le principe, si tu n'es pas capable de recevoir un service, que tu sois capable de le dire, je pense que peu importe… pour les communautés anglophones comme pour les communautés francophones, là.

M. Lecavalier (Charles) : M. Legault, quand il s'est fait poser la question, là, à savoir : Est-ce qu'un artiste comme Émile Bilodeau pourrait faire propager la bonne nouvelle chez les jeunes, c'est important le français, bien, il a répondu : On ne sait pas trop. À la blague, là : Bien, lui, il n'était pas pour la loi n° 21. Est-ce que vous le prenez comme étant une blague ou vous dites : Hum, ce n'était pas le bon ton à adopter?

Mme Anglade : Je pense que... Ce qu'on dit ici, on veut travailler pas dans la division. On ne veut pas de la division. Alors, je pense que tous les artistes, on peut... La langue, là, c'est ce qui nous unit, c'est notre langue commune. Je ne cesse de répéter que c'est ce qui nous permet d'avoir un socle, d'être dans notre vivre-ensemble. Je ne pense pas que je ferais de… Je ne ferais pas de blague là-dessus, là. Je pense qu'on a besoin d'amener tout le monde à se rassembler. On veut éviter de se diviser sur cette question-là. On vient de vivre... On est en train de vivre une pandémie importante. Les gens vont devoir penser à la suite des choses. Je pense qu'on a besoin de se serrer les coudes plus qu'autre chose.

Mme Gamache (Valérie) : ...avait dit plusieurs fois : Ça va dépendre de l'ouverture. Est-ce que Simon Jolin-Barrette est capable de faire suffisamment d'ouverture pour faire atterrir ce projet de loi?

Mme Anglade : Nous avons fait un certain nombre de projets de loi avec le ministre Simon Jolin-Barrette. Moi, quand j'étais à l'immigration à l'époque, à l'opposition, j'ai travaillé avec lui. C'est pour ça que je souligne à deux traits que ça va dépendre de l'ouverture du ministre quant à l'écoute qu'il va avoir par rapport aux groupes qui vont venir nous rencontrer, dans un premier temps, mais aussi par rapport aux propositions qui vont être faites de la part des oppositions. Je souhaite qu'il y ait un grand degré d'ouverture. Ce n'est pas toujours ce qu'on a vu par le passé, c'est ce qu'on souhaite.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre les questions en anglais maintenant.

Mme Senay (Cathy) : Good day.

Mme Anglade : Good day.

Mme Senay (Cathy) : When you look at the bill, and you wanted this debate to… a unified debate, not a debate without… is there a certain type of relief when you look at this bill? Because it seems, as we read, that English-speaking Quebeckers are…

Mme Anglade : Again, the devil is in the details. So, if we look at it, generally speaking, number of proposals that we've made, one of them being that of the MNA of Jacques Cartier, we are satisfied with the fact that it's integrated and that they showed openness toward the proposals that we had.

On the other hand, we know very well that, when we are going to go look at every single article, there will be debates, there will be conversations and discussions, and some of them are going to be difficult. And we just want to make sure that there is a level of openness from the Government. Simon Jolin-Barrette can be very divisive, and we want to make sure that, on this project, we all work together because, at the end of the day, Anglophones, Francophones, Allophones, we're all Quebeckers.

Mme Senay (Cathy) : And the fact that we go back to Constitution…  to that French is the common language in Québec, is it like a… thing to do or it's real, and Québec should be taken seriously by the rest of Canada?

Mme Anglade : But I think Québec is taken seriously on this question, I think it is the case. You can highlight it; you can underline it. Again, we will have to look at more details, but, at the end of the day, I don't think it changes what we are living today.

Mme Senay (Cathy) :

Mme Anglade : Those comments, when you say, like, French is a common language in Québec, it is the common language, it is the official language since the ‘70s, I mean, that's the reality. So, reinforcing it, talking about Québec nation, it's fine, but, at the end of the day, just sending a message, I don't think it changes the reality of things concretely.

Mme Greig (Kelly) : Considering that comment, though, why do you think that the notwithstanding clause is already… into this bill…

Mme Anglade : That's a good question. You know, the notwithstanding clause is not something that should be taken for any bill. Right now, we're seeing like… we're just going to, preemptively, use the notwithstanding clause. Why? It's a good question to raise. Why would we need to use the notwithstanding clause in this case? We'll have to ask a number of questions regarding that.

But it raises questions because it's not something that you can apply, every single bill that you pass, you say : Ah! let's do a notwithstanding clause, and that's it. This is something that is an important tool that we have in Québec, in very specific context, that we haven't used that often in Québec. So, we just need to be careful the way we use the notwithstanding clause.

Mme Greig (Kelly) : And, Mme Anglade, you're in an interesting position, I suppose. Traditionally, Anglophones have gravitated towards the Liberal Party. Of course, you need to also court those from Francophone Quebeckers too, so you have to bridge this divide… Considering this language debate that we're in right now, how do you do that? Because you say : We want stronger measures for French, which might alienate some English…

Mme Anglade : Well, we have to be careful cause I think it's… There is a way to do this in an inclusive way. Traditionally, what we've seen, it's French versus English. We don't want it to be that way. We don't want it to be that way, and that's why, in the proposals that we've made, when we talk about services, making sure that services are given to the Anglophone communities and are maintained, that's really important. That's a principle, that's a principle that we should have. And we've said this all along, we've said this from the get-go, services for the Anglophone community should be protected.

And we've added… I don't know if you remember, there was, at the National Assembly, a number of motions where the Liberal Party added the element of making sure that it was protected, that the services were protected. There is a way to do this in an inclusive way. And I think the Anglophone community is… First and foremost, they are Quebeckers, they are Quebeckers. They're not against the French language, they just are Anglophones that have rights. But they want to contribute as well, and I think there is a way to do this.

Mme Greig (Kelly) : So, it's protecting the English rights, but also…

Mme Anglade : But also promoting the French language. I don't think we should oppose the two. It's like the environment and the economy, I think.

M. Verville (Jean-Vincent) : What do you think about this attempt to unilaterally amend the Canadian Constitution?

Mme Anglade : This is a question that we need to… We need to dig furthermore in the question around the constitutional amendment. It's been done in the past, so it's not something that hasn't been done in the past. But we need to better understand what it truly changes.

M. Verville (Jean-Vincent) : Mr. Kelley, I have a question for you, if you don't mind.

M. Kelley : Hi.

M. Verville (Jean-Vincent) : Hi. Bill 96 gives all Quebeckers the fundamental right of French language training. What do you think about it?

M. Kelley : I'm…

M. Verville (Jean-Vincent) : ...

M. Kelley : Yes, of course. So, I'm… You know, after being very persistent, persistent pays off as we say in English, it's a good thing. I'm looking forward to having the opportunity to speak with the minister to see how this plan will be rolled out, because that's also very important. We have at least the concept of the right in this bill, so that's a good thing. But again, the devil is always in the details, so I'm really curious to know how this will be rolled out. But more importantly, this is, you know, a bill… presented for the community. The community wanted it, they're asking for it, so I think it's going to be important to also speak with them about how they feel this could be best rolled out with our school boards, with community organisations. So, that's, you know, a discussion I'm going to have to have with them and also just on this bill in its entirety.

M. Verville (Jean-Vincent) : Anything else you would like to add?

M. Kelley : Not for the moment. Phil, are you…

Des voix : ...

M. Authier (Philip) : I don't want to step into the big shoes of Global. I just want to ask the leader : How do you see the coming process for adopting the bill? Obviously, they'll be hearings.

Mme Anglade : Long.

M. Authier (Philip) : That's what I want to hear. Long?

Mme Anglade : Long. Well, it's a bill that has 200 articles, so it's going to be long. But I hope… first of all, I hope that there is going to be general consultations. It's really important that we hear everybody. This is something for all Quebeckers. We need to hear the voice of everybody, so they can really contribute. And I'm really hoping for a great deal of openness from the minister.

That being said, it's 200 articles, so, it's going to take some time, and I assume that he's going to prioritise it. But it's going to take a long time.

M. Authier (Philip) : The fact that they have allowed continued existence of freedom of choice in the CEGEP's system, the fact that they let the municipalities decide if they want to continue with their bilingual status by voting on a motion, do you think they've avoided a confrontation or a bad atmosphere in the debate by doing… Because those where the two hot ones.

Mme Anglade : Yes. So, at first sight, we could say yes, but again, the devil is in the details. So, I want to see… I want to be cautious because I read the bill, but obviously, there are so many questions that are left opened. So, I want to see how this is going to play out in the details of things for the municipalities, for the CEGEPs, like Hélène was saying. We still have a number of questions. But you're right to say that, when you look at it, there seems to be ways that are supporting the rights of the English community. We just want to make sure that it's going to be the case.

M. Authier (Philip) : Do you think the mood will be good in the debate or acrimonious?

Mme Anglade : I really hope it's good because this is not a subject that should divide us. This is a subject where we should all come together and say : This is how we're going to contribute, and respecting the rights of the anglophone community, respecting the services, making sure that the services are maintained for the English community. We've been repeating this all along. I certainly hope that the message has gone through with the CAQ, but we'll see that when we go through the detailed analysis of the bill.

Mme Greig (Kelly) : Is it as strong as you expected? Because… strong method to internally…

Mme Anglade : This morning, when I came, I said : We're going to have a very open and constructive approach if it's not a division process that we're getting ourselves into. That's what I said. I still maintain that. They've seen that we're very… They've seen, like, the level of proposals that we've made, the openness that we had, and I was hoping for something that would be open because the last thing we need right now, the last thing we need in 2021, is to have Québec that is divided on the language question. It's the last thing that we need. After a traumatic year for Québec, we need to unite with a project that's going to be supported by all.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 13 h 56)