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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de langue française

Version finale

Le jeudi 13 mai 2021, 14 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Quatorze heures)

Mme Ghazal : Donc, vous comprendrez que je suis encore en train d'analyser le projet de loi de 200 pages, qui modifie plusieurs lois au Québec. Donc, ça va être juste des remarques préliminaires, là, des commentaires généraux que je vais faire, parce que le diable est dans les détails.

À première vue, il y a des éléments, quand même, qui sont intéressants, notamment une demande historique des groupes en francisation et de Québec solidaire sur le guichet unique, où les gens n'auront pas à se garrocher un peu partout. Il y a un seul endroit pour qu'ils puissent avoir de la francisation, donc ça, c'est quelque chose d'intéressant. Création d'un ministère pour la langue française, donc d'un ministre, et aussi le commissaire. Donc, ça, ce sont des mesures intéressantes.

Il y a par contre d'autres mesures, qui nous paraissent essentielles pour la protection de la langue française, qui ne se trouvent pas, à première lecture, dans le projet de loi et qui étaient dans le livre orange de Québec solidaire, notamment d'appliquer le processus de francisation de la loi 101 pour les entreprises de 10 employés et plus. Là, il descend un peu jusqu'à 25, mais il ne va pas jusqu'au bout à 10 employés et plus. Donc, il y a beaucoup d'entreprises qui seront dans l'angle mort de la loi 101. Le fait d'interdire la connaissance de l'anglais, que ça soit justifié par l'employeur, que ça soit écrit dans les offres d'emploi, ça, ça n'est pas renforcé. Toute la question de la francisation en entreprise est importante. Puis il y avait aussi une mesure, qu'on avait dans notre livre orange, qui ne s'y trouve pas, c'est de bonifier la loi du 1 % sur la formation de la main-d'oeuvre pour ajouter un élément de francisation, pour que les entreprises, aussi, fassent leur effort dans la francisation.

Je veux dire un mot sur la disposition de dérogation, communément appelée la clause dérogatoire. Écoutez, j'ai cherché, j'ai cherché dans des articles qui justifient l'utilisation de la clause dérogatoire et je n'en trouve pas jusqu'à maintenant. Il y en a peut-être, mais on ne les voit pas. Moi, ce que j'ai l'impression, c'est que le gouvernement a décidé d'utiliser la clause dérogatoire pour… comme une stratégie de communication pour dire : Bien, moi, je bombe le torse puis j'y vais fort pour protéger la langue française. Est-ce que c'est vraiment justifié? Sur quel article, sur quelle disposition qui le justifie? Ça, ce n'est pas clair. Moi, je vois derrière ça une stratégie de communication pour dire que nous, on est plus catholiques que le pape, puis il n'y a personne comme nous qui défend mieux la langue française.

J'ai écouté le premier ministre et Simon Jolin-Barrette en point de presse, et ils ont utilisé le mot d'ouverture ou d'inclure, d'inclure les gens, de rassembler autour de la langue française. Ça a été répété à quelques reprises. C'est bien de le dire, mais il faut aussi le faire. Moi, ces commentaires sur Émile Bilodeau étaient tout à fait déplacés, de dire qu'il y a une personne… d'exclure une personne parce qu'elle est contre un projet de loi du gouvernement, un projet de loi divise, ce qui n'est pas le cas, pour le moment en tout cas, pour le projet de loi de langue française, qui est le projet de loi n° 21, je trouve ça déplacé. Et il devrait même offrir ses excuses pour M. Émile Bilodeau, un artiste très, très reconnu au Québec. S'il veut rassembler, il devrait peut-être commencer par changer d'attitude, et M. Jolin-Barrette et M. Legault.

Alors, dans les prochaines semaines, moi, je suis prête à de la collaboration, à travailler en collaboration avec le gouvernement. On a fait des propositions, on va avoir des débats, des discussions. Puis aussi, ça va me donner le temps... en fait, je vais prendre le temps, avec mon équipe, de bien, bien analyser le projet de loi pour voir s'il y a d'autres éléments qui nous auraient échappé pour le moment. Merci. Si vous avez des questions...

La Modératrice : Merci. On va prendre vos questions.

Mme Côté (Claudie) : Vous aviez mentionné qu'une des priorités, pour Québec solidaire, c'était entre autres de s'attaquer au problème du français au travail. Est-ce que, selon vous, là, à la lecture préliminaire que vous avez faite du projet de loi, on s'y attaque assez, assez pour freiner le recul ou renverser la tendance?

Mme Ghazal : Pas assez. C'était ça que je mentionnais aussi. Il y a beaucoup de mesures. On n'a pas l'impression qu'ils demandent suffisamment aux entreprises de faire leur effort. Notamment, l'interdiction de la connaissance de l'anglais, qui est systématique maintenant, alors que ce n'est pas nécessaire. Je n'en ai pas trouvé encore en ce moment. Qu'est-ce que les entreprises doivent faire en matière de francisation, c'est encore des mesures volontaires. Je veux dire, on facilite ça, avec le guichet unique, ça devient plus facile. Il y a des programmes... moi, j'ai parlé avec des entrepreneurs qui disent qu'il y a des programmes, des fois, qui existent, puis on n'est même pas au courant. Des fois aussi, il faut valoriser aussi, il faut expliquer aux entreprises pourquoi c'est important qu'ils offrent ça, la francisation.

Mais il y a une mesure que moi, je vous amenais, qui est la loi du 1 % de la formation de la main-d'oeuvre. C'est presque obligatoire de faire de la formation de la main-d'oeuvre, sinon l'argent va aller dans un pot du gouvernement. Donc, c'est obligatoire, c'est beaucoup plus bénéfique pour l'entreprise, de faire de la formation. Bien, il faudrait que ça soit la même chose aussi pour la francisation, il faudrait que ça soit obligatoire ou presque. Parce qu'il y a beaucoup d'entreprises, et il peut y avoir des programmes, mais elles ne vont pas les utiliser, elles ne voient pas l'avantage pour leur entreprise.

M. Lecavalier (Charles) : Est-ce que vous croyez que le projet de loi qui a été déposé aujourd'hui va permettre d'arriver, là, au barème de 90 % de transferts linguistiques vers le français, là, tel qu'énoncé par Simon Jolin-Barrette?

Mme Ghazal : Ça, c'est trop tôt, là, pour moi d'analyser ça, puis de l'utiliser, puis après ça de dire si cet objectif-là va être atteint, dans combien de temps. C'est gros, là, il y a beaucoup, beaucoup d'éléments qu'on ne voit pas encore, qu'on va découvrir. Je vais me donner le temps des débats et des discussions. Ça sert quand même à ça aussi, les études détaillées. C'est long parfois, mais ça sert à quelque chose de pouvoir débattre puis faire avancer le gouvernement et nous-mêmes dans notre réflexion.

Mme Gamache (Valérie) : Mais, quand vous regardez ça, est-ce que vous avez l'impression, du moins, que ça peut freiner, en quelque sorte, le déclin? Il y a certains de vos collègues de l'opposition qui ne le pensent pas. Est-ce que ça vient quand même…

Mme Ghazal : Traîner? Je n'ai pas entendu.

Mme Gamache (Valérie) : ...freiner le déclin du français, notamment à Montréal?

Mme Ghazal : Par exemple, l'OQLF. Moi, j'ai proposé qu'il y ait un bureau de l'OQLF uniquement pour Montréal, qui ne voit que la situation à Montréal. Le ministre en a ouvert un peu partout, à Drummondville, et tout ça. Ça fait que, ça, c'est une proposition que je n'ai pas vue, jusqu'à maintenant, donc je ne peux pas dire est-ce que ça va freiner, qu'est-ce que ça va faire, prédire l'avenir, alors que je n'ai pas tout le détail puis qu'il vient d'être fraîchement déposé.

M. Lecavalier (Charles) : Qu'est-ce que vous pensez du principe que l'on puisse déposer une plainte si on n'est pas servi en français dans un commerce?

Mme Ghazal : Bien, à Québec solidaire, c'est très important, à Montréal et partout au Québec, que les gens, les citoyens puissent se faire servir dans la langue officielle du Québec qui est le français. Donc, le fait qu'il y ait une possibilité pour les gens de porter plainte, et tout ça, c'est une bonne chose, je veux dire… C'est-à-dire que le résultat, à la fin, c'est que, quand on rentre dans un commerce, il ne faut plus que des gens se fassent servir uniquement en anglais. Puis, quand on demande de faire servir en français, de dire : Bien, allez voir ailleurs ou quelque chose comme ça, ça, ça, ne devrait plus exister. Donc, il faut donner des moyens pour les citoyens.

Mais là c'est une mesure individuelle, quand même. Faire porter le poids de la protection du français dans les commerces sur les épaules du citoyen, c'est trop, c'est beaucoup. Ça peut exister pour ceux qui le veulent. Et c'est là que, l'OQLF, les modifications qui sont faites, ce n'est pas clair en ce moment. C'est qu'est-ce qu'on leur donne comme pouvoir — il y a des ressources qui ont été mises — comme ressources. Puis aussi de leur donner le rôle d'accompagnement, de changer la perception qu'on a, au Québec, de l'OQLF, d'accompagner les entreprises, de rendre ça plus facile aussi pour elles et qu'elles ne le voient pas comme un fardeau.

M. Lecavalier (Charles) : …du commentaire de M. Legault sur Émile Bilodeau. Quel message ça envoie aux artistes du Québec, vous croyez?

Mme Ghazal : C'est un message de division que ça envoie.

M. Lecavalier (Charles) : Est-ce que ça envoie aux artistes l'idée qu'il faut éviter de critiquer ouvertement le gouvernement?

Mme Ghazal : Ça envoie un mauvais message dans tous les sens du terme, et moi, je crois sincèrement que M. Legault devrait s'excuser parce que ça ne commence pas bien ce qu'on est en train de faire en ce moment. Il y a un consensus social dans la société, à l'Assemblée nationale pour réformer cette loi. Ça serait bien qu'on le fasse dans un bel esprit pour... Je veux dire, c'est une opportunité, ce projet de loi et la langue française, qu'elle nous unisse. C'est plate que M. Legault gâche cette opportunité-là dès le premier jour.

Mme Gamache (Valérie) : Est-ce que M. Jolin-Barrette est la bonne personne pour mener, justement, ce projet de loi là jusqu'au bout avec toute l'ouverture que ça requiert?

Mme Ghazal : Je vais donner la chance au coureur. Je ne vais pas regarder ce qui s'est passé dans le passé. Moi, je suis là dans un esprit de collaboration et je souhaite qu'il soit dans le même esprit que moi.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Greig (Kelly) : You've said something interesting in French about using de notwithstanding clause to show that it's a strong bill without… I wonder if you could said that in English about…

Mme Ghazal : Yes. Just remind me, the…

Mme Greig (Kelly) : Notwithstanding.

Mme Ghazal : Notwithstanding, yes. The notwithstanding clause. I know it but… Yes. So, well, I don't know why the Government decided to choose the notwithstanding clause in this bill. I tried to see which article or disposal it will be applied to, and I didn't see it. So, what I understand, that the Government decided to use the notwithstanding clause as a strategy of communication, to say that we are strong to protect the French, so that's why we're going to use this tool to protect the French language. So, it's a strategy of communication.

Mme Greig (Kelly) : And what do you think… Do you think the bill is strong enough? We've been hearing all week : It's going to be strong, watch out, it's coming, it's going to be very… Did it live up to that expectation?

Mme Ghazal : Well, it's a lot. There is a lot of articles, a lot of bills that will be changed. Now, for the result, it's too early for me to make this analysis. There is a lot of things that we should… in the future weeks, I will study it very carefully. We will have debates and, after that, we will see what impact this law… this bill will have.

Mme Greig (Kelly) : Was there a measure, when you were reading it, saying : Oh! That's going to make a big difference, that's going to…

Mme Ghazal : Well, there is some interesting measures in this bill. For example, for the francization, like, to give French courses for new immigrants, there's a «guichet unique», so one place, if anybody, a company, a person, a new immigrant wants to learn French, it will be easy, there is only one place where to go. Because, now, it's, like… it's very hard for people to find out where to go, and now this is simple. It's an historical demand of Québec solidaire and some organisms specialized into give French courses. And also, to have a Ministry of French Language specifically, it's an interesting proposal.

Mme Greig (Kelly) : Thank you.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 14 h 12)

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