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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’environnement, et M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de services sociaux

Version finale

Le jeudi 13 mai 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures dix-neuf minutes)

M. Zanetti : Bonjour, tout le monde. Écoutez, on a su aujourd'hui qu'on aurait des détails au sujet du troisième lien et du projet de desserte des banlieues de la CAQ lundi prochain. Et je pense qu'il est important de dire déjà que ce projet-là est extrêmement problématique. Le gouvernement s'entête dans quelque chose, là, qu'il a promis pour des raisons complètement électoralistes et qui va devenir un gouffre à cash. On a hâte de voir c'est quoi, les détails, mais ça va coûter une beurrée.

En ce moment, là, tout le monde le dit, il y a de la surchauffe dans l'industrie de la construction. Il y a une pénurie de main-d'oeuvre. Et qu'est-ce que le gouvernement va faire? Il va utiliser ça pour construire un tunnel en dessous du fleuve Saint-Laurent, élargir presque toutes les autoroutes de la ville de Québec, à ce moment-ci, alors que ça ne répond absolument à aucun besoin de mobilité réelle.

Ce projet-là va augmenter les GES. Ce projet-là va augmenter le nombre de voitures au centre-ville de Québec. Ce projet-là va augmenter la congestion. Ce projet-là va augmenter l'étalement urbain. Ce projet-là va coûter des milliards de dollars et va aller exactement dans la direction opposée de laquelle il faut qu'on s'en aille, au XXIe siècle, si on est sérieux dans nos objectifs de lutter contre les changements climatiques. Alors, c'est vraiment une catastrophe.

J'ai hâte de voir les détails, évidemment. Mais moi, j'appelle la Coalition avenir Québec, là, à abandonner ce projet-là puis à arrêter de faire passer son orgueil avant l'intérêt des gens de Québec. Parce que c'est ça qui est en train de se passer. Ils s'acharnent. Et puis, moi, je trouve ça extrêmement problématique.

Et il va y avoir de la contestation, hein? Les gens de Québec, là, ne laisseront pas leur ville se faire scarifier encore une fois comme dans les années 70 avec les gros projets de béton. Ce n'est pas vrai, ça.

Les gens, ils savent, ils veulent plus de verdure, ils veulent des secteurs davantage piétons, où il fait bon vivre, ils veulent pouvoir vivre près de chez eux, aller dans les rues commerçantes. Ils ne veulent pas qu'on élargisse les autoroutes puis attendre 20 minutes à chaque feu rouge pour traverser à cause qu'il y a du trafic comme ça n'a pas d'allure.

Alors, voilà ce que je voulais dire ce matin essentiellement.

Mme Ghazal : Merci beaucoup, Sol. Alors, aujourd'hui, j'ai deux sujets dont je veux vous parler très, très rapidement.

Tout d'abord, une bonne nouvelle, je veux souligner, et féliciter, et remercier les trois nations innues qui s'opposent au projet GNL Québec. Ils ont eu des discussions avec la compagnie, il y a eu des rencontres, ils sont arrivés à la même conclusion que les groupes écologistes, les partis d'opposition, mais aussi les citoyens au Saguenay—Lac-Saint-Jean, que c'est un projet qui va apporter un préjudice aux générations futures, puis qui va exactement à l'encontre de la lutte aux changements climatiques, et qui n'est même pas sain aussi pour la question économique.

Moi, ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi est-ce que le gouvernement, lui, n'arrive toujours pas à la même conclusion. Il continue, il continue, il continue à poser des questions à GNL Québec. Il n'y aura pas d'autre réponse différente que c'est un mauvais projet sur le plan de la lutte aux changements climatiques, sur le plan économique, sur tous les plans. Donc, la seule conclusion raisonnable, c'est de le rejeter. Et donc j'étais très, très contente de souligner cette opposition-là.

L'autre point que je veux vous parler et qui me tient particulièrement à coeur, je présente aujourd'hui une motion à l'Assemblée nationale du Québec. Vous savez tout ce qui est en train de se passer en ce moment en Palestine. Et cette motion-là affirme notre soutien. En fait, j'espère que, si les autres partis d'opposition l'appuient, que l'Assemblée nationale puisse affirmer son soutien au peuple palestinien pour que les violences qu'actuellement des victimes innocentes sont victimes en ce moment... Il y a des gens qui décèdent, il y a des enfants qui décèdent, et j'espère de tout coeur que ça va cesser. Et ma motion demande qu'il y ait un message clair, que le gouvernement du Québec, que l'Assemblée nationale du Québec, que les Québécois envoient un message clair de solidarité envers les populations, le peuple palestinien qui souffre.

Vous savez, je le dis, je le répète tout le temps, je suis Québécoise jusqu'au bout des ongles, je suis fière de ça. Mais je ne peux pas oublier que je suis aussi née au Liban dans une famille palestinienne, de réfugiés palestiniens, et l'histoire de ma famille est liée à l'histoire... et mon histoire personnelle à l'histoire de ce peuple. Et, quand je vois ce qui se passe en ce moment, bien, ça vient m'affecter particulièrement, et je suis certaine qu'il y a beaucoup de Québécois et de Québécoises qui partagent cette souffrance qu'on ressent et cette empathie envers ce peuple.

Malheureusement, au Québec, nous ne sommes pas encore un pays indépendant, ce qui fait que nous n'avons pas de place dans le concert des nations pour exprimer par nous-mêmes, les Québécois, notre solidarité envers le peuple palestinien. Donc, à défaut d'être indépendant, je demande que le gouvernement de... que M. Legault, que Mme Nadine Girault fassent pression sur M. Trudeau pour qu'il soit plus ferme dans la dénonciation des attaques aux droits internationaux qui sont totalement bafoués en ce moment. Donc, j'espère qu'il pourra le faire. Et je souhaite ardemment et du fond de mon coeur qu'on amène ce message clair au peuple palestinien, aux communautés aussi qui sont ici, et que ma motion soit adoptée.

La Modératrice : Merci. On va prendre vos questions. Une question, une sous-question, s'il vous plaît.

M. Bergeron (Patrice) : Bien, parlons Palestine, tiens. Bien, est-ce qu'il n'y a pas matière, quand même, à prudence? Parce qu'il y a quand même plusieurs parties qui sont impliquées. Il y a le Hamas  qui bombarde aussi Israël. Et tout le monde sait qu'il est difficile de pouvoir tracer, de démarquer, de dire qui a raison, qui a tort dans un conflit comme ça.

Mme Ghazal : Écoutez, ça fait 73 ans que ça dure. Le 15 mai, ce samedi, on souligne les 73 ans de la Nakba, qui est la catastrophe où les Palestiniens, dont ma famille, ont été expulsés. Donc, c'est sûr que c'est toujours difficile de... Je veux dire, on ne réglera pas ce problème-là, ce conflit-là dure depuis très, très longtemps. Et, à Québec solidaire, et moi aussi, évidemment, on condamne toutes les violences, peu importe d'où elles viennent, qu'elles viennent du Hamas ou qu'elles viennent de l'État d'Israël. Évidemment, on ne peut pas ne pas souligner, c'est un fait, là, que tout le monde convient, quand l'État d'Israël frappe, ça fait des victimes immenses. Quand le Hamas frappe, c'est très, très... ça fait peur aux populations et c'est extrêmement condamnable, mais disons que les victimes ne sont pas du même ordre. Et, dans ce sens-là, les responsables palestiniens, ils ont une responsabilité parce qu'ils savent que, quand ils frappent, ça va être leur peuple à eux aussi qui vont être touchés. Donc, on condamne les violences, peu importe d'où elles viennent.

M. Bossé (Olivier) : ...est-ce que c'est dans votre motion? Est-ce que vous parlez aussi, par exemple, des décès israéliens ou non?

Mme Ghazal : Oui. Dans la motion, si vous la lisez, là, je... c'est très... En fait, c'est plus le côté humain, la solidarité. Il y a des victimes du côté de la Palestine, d'Israël. Donc, ça devrait être consensuel. Je souhaite vraiment ardemment que ça soit... C'est vraiment pour exprimer notre solidarité et le fait qu'on veut que ces violences cessent parce qu'il y a des victimes innocentes. C'est toujours les mêmes, hein, qui souffrent. Il y a des gens qui prennent des décisions, mais ceux qui meurent, ceux qui souffrent, bien, c'est des gens innocents qui ne font pas de politique, qui n'ont rien, rien à voir là-dedans, notamment des enfants, et ça, c'est des deux côtés.

M. Bossé (Olivier) : ...sur le troisième lien, je sais que ça fait des mois, sinon des années que vous dites que c'est un scandale, que ça ne devrait pas se faire. Ça va se faire, là. Est-ce que votre seule option, c'est de continuer à dire que ça n'a pas de bon sens ou vous avez peut-être des éléments à dire pour amoindrir ou pour améliorer ça pour que ça soit peut-être moins pire, je ne sais pas?

M. Zanetti : Bien, moi, je ne partage pas votre certitude sur le fait que le troisième lien va se faire. Il y a une mobilisation populaire qui est bien enclenchée, depuis longtemps, qui n'est pas terminée. Ce ne serait pas le premier gros projet néfaste pour l'environnement que les mobilisations populaires sont capables de faire reculer. Regardez Beauport 2020, qui a été reporté. Là, c'est Laurentia. Laurentia, on n'est pas sûr que ça va se faire non plus, et c'est une bonne chose. Il y a des projets qui sont bons pour l'environnement, il y a des projets qui sont mauvais pour l'environnement, qui détruisent les villes. Et puis, ces projets-là, ce n'est pas parce qu'ils sont l'objet d'une annonce avec un budget puis de détails sur où les choses aboutissent qu'ils finissent par aboutir pour vrai.

Moi, je pense que c'est irréaliste de penser qu'ils vont réussir à faire ça. Et je pense que les détails qu'ils vont nous donner lundi vont juste donner des munitions supplémentaires aux opposants. Parce que, jusqu'ici, sur le principe, c'est sûr qu'on le sait, là, élargir, augmenter les autoroutes, les amener au centre-ville, on sait, c'est quoi, les effets de ça, peu importe comment vous le faites, là, sur l'environnement. Mais là, on va savoir exactement comment ça coûte. Moi, je pense qu'il y a beaucoup de partisans du troisième lien qui vont dire : Oh! O.K., je ne pensais pas que ça coûterait autant, puis vous êtes en train de me dire qu'avec cet argent-là, on serait capable de faire tant d'autres choses plus utiles, plus importantes qui me serviraient mieux?

Moi, je pense que ça va faire chuter l'appui au projet et puis que la CAQ va réaliser qu'il faut qu'ils arrêtent de s'accrocher à cette espèce de lubie électoraliste là et puis qu'ils réalisent que, là, ils sont au gouvernement puis ils doivent agir pour l'intérêt des gens de Québec, l'intérêt de la planète, puis que le projet de troisième lien ne va pas du tout dans ce sens-là.

Alors, nous, pour être clair, là, on va continuer la mobilisation, continuer de soutenir la mobilisation citoyenne par rapport à ça. Puis moi, j'ai bon espoir que ce projet-là n'arrive jamais.

M. Bergeron (Patrice) : Quand vous parlez de contestation, vous avez dit : Il va sûrement y avoir de la contestation. Quel genre de contestation, au juste, là? À quoi vous pensez? Des immenses manifs? Des gens qui vont s'enchaîner à des infrastructures?

M. Zanetti : Bien, moi, je ne pense pas qu'il va y avoir des infrastructures auxquelles on va s'enchaîner, dans le sens où je pense que le projet va être abandonné avant ça. Mais je pense qu'avec les lettres ouvertes dans les journaux, la sensibilisation citoyenne par le biais des médias sociaux, la façon dont les médias, aussi, vont en traiter plus en profondeur parce qu'ils vont avoir des détails, enfin, à faire analyser, les experts qui vont dire : Ah! voyez, telle conséquence, on peut prévoir que ça va arriver, moi, je pense que ça va augmenter le nombre d'arguments contre le projet puis que ça va faire basculer l'opinion populaire. Et, quand l'opinion populaire va basculer, moi, j'ai l'impression que le gouvernement va être très tenté de reculer parce qu'il va réaliser qu'il n'y aura probablement pas autant de députés qu'il y en a eu, dans la région de Québec, s'il s'entête à faire passer son orgueil puis cette promesse électoraliste là par-dessus l'intérêt de la planète puis l'intérêt des gens de Québec.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant, donc, le projet de langue française qui va être déposé aujourd'hui, quels objectifs le gouvernement devrait se donner, clairement? Bon, parce qu'on sait, là, on voit plusieurs indicateurs en recul ces dernières années. Quelle devrait être la cible, précisément, du gouvernement? Qu'est-ce que vous allez surveiller?

Mme Ghazal : Oui, bien cette semaine, vous le savez sûrement, j'ai déposé le livre orange pour la protection de la langue française de Québec solidaire, et le plus gros du plan, c'est vraiment la langue au travail. La langue française est aussi une question, oui, de protection de notre identité, de notre culture, mais c'est aussi une question de justice sociale. Il y a des gens qui arrivent au Québec parce qu'ils parlent français, c'est pour ça qu'on les choisit, et après ça, on leur dit : Bien, vous ne pouvez pas avoir d'emploi, vous devez parler anglais. Et ça, c'est extrêmement problématique et ça envoie un mauvais message.

Donc, j'espère de tout coeur que le gouvernement va donner plus des mesures qui vont faire en sorte que les entreprises aussi — nous à Québec solidaire on dit que c'est à partir de 10 employés et plus — vont aussi être soumis à la Charte de la langue française, qu'il va y avoir de la francisation en milieu de travail parce que c'est la façon la plus efficace pour protéger la langue française.

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce que ça prend un objectif ciblé, précis, chiffré, par exemple, comme le recommande le Mouvement Québec français?

Mme Ghazal : D'avoir une cible par rapport à…

M. Lavallée (Hugo) : Au travail, par exemple.

Mme Ghazal : Au français au travail? Bien, écoutez, si, par… Parce qu'en ce moment les indicateurs nous montrent qu'on… quoi, par exemple, dans la région de Montréal, 63 %, là, demandent la connaissance de l'anglais. Nous on dit que, ça, il faut l'interdire, puis, si c'est absolument nécessaire, il faut que l'employeur le justifie dans l'offre d'emploi directement. Et, si on veut arriver, puis que cette situation cesse, puis qu'elle s'améliore au Québec, c'est 40 %… d'avoir des cibles. Puis ça serait une bonne chose, des cibles, là, puis de mesurer ça. Et c'est pour ça que le rôle de l'OQLF aussi est important. Et on demande qu'il soit réformé et que le politique soit moins impliqué là-dedans, que ce soit l'Assemblée nationale qui nomme les gens à la tête de l'OQLF, comme on le fait avec d'autres commissions. Et donc d'avoir des mesures réelles, puis de voir l'évolution, et d'ajuster en cours de route, ça, c'est quelque chose qui serait souhaitable, oui.

Mme Côté (Claudie) : Mme Anglade, il y a quelques instants, a émis des craintes que ce projet de loi, que cette réforme suscite la division. Elle a dit : J'espère qu'on n'ira pas dans cette voie-là, sans donner plus de détail sur ce qui pourrait susciter la division. Est-ce que c'est une opinion que vous partagez? Qu'est-ce qui pourrait susciter la division?

Mme Ghazal : Bien, hier ou avant-hier, Manon Massé aussi en a parlé beaucoup de la question qu'on est dans une atmosphère de polarisation, au Québec, sur beaucoup d'enjeux. Mais il faudrait utiliser la langue pour nous unir, la langue française. Il y a un consensus en ce moment à l'Assemblée nationale, dans la société, tout le monde, je veux dire, la loi 101 est une grande loi, et les Québécois y tiennent, puis ils veulent protéger la langue française, et ils veulent qu'il y ait une modernisation pour face au défi aujourd'hui.

Donc, il faudrait en profiter, de ce consensus-là social, pour unir autour de la langue française et de ne pas pointer des gens en disant que c'est à cause d'eux, par exemple les immigrants, je vais le nommer, je veux dire, on l'entend ce discours-là, les immigrants qui viennent au Québec, qui ne parlent pas français, c'est à cause d'eux que le français recule. Bien, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai parce qu'il y a des immigrants francophones unilingues et aussi des gens qui sont ici depuis toujours, unilingues francophones qui n'arrive pas avoir des postes à la hauteur de leurs compétences, comme ça se passait dans les années 50 et 60, et parce qu'ils doivent connaître l'anglais. Donc, ça, il faut que ça arrête.

Et donc profitons-en, et le ministre Jolin-Barrette et le gouvernement de la CAQ ont un rôle et une responsabilité pour unir et qu'on ne soit pas dans cette atmosphère-là de polarisation, tout en prenant des choix difficiles, tout en faisant des choix qui peuvent être difficiles et contestables.

M. Lacroix (Louis) : Le fait que le ministre Jolin-Barrette soit le ministre responsable de ce dossier-là, est-ce que ça suscite chez vous des craintes de confrontation en commission parlementaire, comme ça avait été le cas, entre autres, avec la loi n° 21, où M. Jolin-Barrette était resté très, très sur ses positions, entre autres, sur l'étude article par article. Finalement, ça s'est retrouvé en bâillon. Est-ce que c'est une crainte que vous avez?

Mme Ghazal : Moi, il y a eu les crédits budgétaires, la semaine passée, et j'ai posé exactement cette question-là à M. Simon Jolin-Barrette. On est dans une atmosphère de polarisation, il y a des jeunes Québécois qui ne se sentent pas Québécois, qui ne se sentent pas liés avec les institutions du Québec, etc. Et je lui ai demandé : C'est quoi, votre rôle? Il m'a dit clairement, là, noir sur blanc : La langue française, moi, ce que je veux... c'est notre socle commun, il faut que ça appartienne à tout le monde, et peu importe nos origines, et je veux unir les Québécois autour de ce projet-là. Donc, je le prends sur parole.

M. Lacroix (Louis) : Ça vous a rassuré?

Mme Ghazal : Bien, moi, oui. Bien, je veux dire, ça m'a rassurée, c'est à voir, là, c'est à voir qu'est-ce qui va arriver. Moi, je suis en collaboration, ouverture. Je lui ai proposé les 21 propositions. J'espère qu'on va les retrouver dans le projet de loi. J'ai aussi hâte que vous de le voir et... Oui.

La Modératrice : Dernière question. 

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que ces gens-là vous ont dit pourquoi ils ne se sentaient pas Québécois? Qu'est-ce qui faisait qu'ils...

Mme Ghazal : Bien, ça, c'est très intéressant, je vous invite à lire, c'est une lettre qui est parue à la fin du mois d'avril par M. Gérard Bouchard, donc, professeur à l'université de Chicoutimi, et qui a dit qu'il faut que la loi 101 soit réformée. Mais on est dans une atmosphère... Il a parlé d'une étude qui a été faite récemment, de jeunes de la deuxième génération, jeunes qui viennent de familles africaines et qui sont immigrés au Québec, deuxième génération, certains sont nés... et ils disent qu'ils ne se sentent pas Québécois.

Maintenant, les raisons, il faudrait... Je n'ai pas tout lu l'étude, mais, je veux dire, ce qui est important, c'est qu'ici, à l'Assemblée nationale, on donne l'exemple à ces jeunes-là puis qu'on leur dise : Le Québec aussi vous appartient. Moi, je sens cette responsabilité-là, c'est pour ça que je ne refuse jamais aucune invitation pour des jeunes dans des écoles, partout, pour qu'ils voient qu'ils ont le droit de se sentir Québécois, que le Québec leur appartient, que ces institutions-là, cette maison du peuple leur appartient, ce n'est pas étranger à eux.

Et, quand ils voient des exemples, je parle de moi, mais j'ai d'autres collègues aussi issus de l'immigration, et qui se sentent Québécois, puis qui sont députés, puis qui représentent la population québécoise, vous n'avez pas idée, on sous-estime l'impact de ces exemples positifs sur ces jeunes-là. On le sous-estime. Et je suis sûre que M. Jolin-Barrette va être sensible à ça. S'il ne l'est pas, je vais le rendre sensible.

M. Lavallée (Hugo) : …le congrès de Québec solidaire, cette fin de semaine, là, on a vu ces derniers temps le débat avec la place du Collectif antiraciste. Êtes-vous inquiète que le parti se déchire autour de cette question-là?

Mme Ghazal : Bien, ça, c'est une question interne qu'on va régler à l'interne, en conseil national, avec tous les membres de Québec solidaire, les délégués qui vont être présents. Et moi, je suis confiante qu'à Québec solidaire le message qui va sortir de là, c'est que la lutte contre le racisme, le racisme systémique, que le gouvernement ne reconnaît pas, est extrêmement importante. Et il faut faire ce débat-là de la façon la plus respectueuse, la plus inclusive possible. Et il y a des règles, aussi, dans le débat. Nous ne sommes pas contre le débat, au contraire. Et moi, je suis confiante que la majorité des membres sont d'accord avec moi, avec ce qui a été dit aussi sur le fait qu'on ne peut pas faire la lutte contre le racisme en divisant, mais plutôt en unissant.

M. Lacroix (Louis) : Et c'est ce que fait le collectif, à votre avis?

Mme Ghazal : Oui, absolument. La façon que le collectif s'exprime dans l'espace public est inacceptable, est inacceptable. Et de penser…

M. Lacroix (Louis) : Donc, vous allez appuyer la motion de blâme?

Mme Ghazal : Oui, absolument, absolument, et je suis confiante que la majorité, aussi, des membres vont l'appuyer, absolument. Puis moi, comme personne issue de l'immigration, je ne me reconnais pas dans les façons de faire de ce collectif.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va passer en anglais...

M. Lavallée (Hugo) : Juste une… Le collectif dit : Il y a du racisme systémique même à l'intérieur de Québec solidaire. Est-ce que vous souscrivez à cette vision-là?

Mme Ghazal : Non, je ne la vis pas. Écoutez, Québec solidaire n'est pas un parti parfait, mais la démocratie… Il n'y a pas de décision... Ce n'est pas moi qui prends de décisions, ce n'est pas Manon Massé, ce n'est pas Gabriel Nadeau-Dubois, c'est vraiment les membres qui décident. Et moi, je suis sûre que le signal qui va être donné en fin de semaine, c'est que, oui, on a des choses à faire pour nous améliorer, pour avoir plus de représentativité, notamment dans notre staff, dans les… On fait beaucoup, beaucoup cet effort-là depuis toujours, depuis le début de l'existence de Québec solidaire. Mais est-ce qu'il y a des choses à s'améliorer? Absolument, toujours, tout le temps. Et cet effort-là est fait, et on continue à le faire, mais il faut le faire sur des bonnes bases et avec un dialogue et du respect.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va passer en anglais.

M. Grillo (Matthew) : Bonjour.

Mme Ghazal : Good morning.

M. Grillo (Matthew) : Good morning. In your mind, what issue… what needs to be dealt with first by the Government when it comes to promoting and protecting French?

Mme Ghazal : Yes. Québec solidaire, we submitted a plan of 21 proposals to protect the French language in Québec, and the main proposals are about the workplace language. It's important in Québec that the workplace... When people work, they spend the most time of their lives in their workplace, so it's important that language of communication to be the French language. So, I hope that the Government of la CAQ and Simon Jolin-Barrette will give responsibilities to the compagnies, to businesses. And at Québec solidaire we want to apply the Bill 101 to businesses of 10 employees and more, to give them... the responsibility to make sure that the French will be the language of communication every day in the workplaces.

M. Grillo (Matthew) : Down the road, in the years to come, obviously, if this bill is passed, do you worry it won't have the impact that everybody hopes it will have?

(Interruption)

Mme Ghazal : I'm not sure to understand… Yes. Oh my god! OK.

M. Grillo (Matthew) : Do you worry, once the bill is passed, in the years to come, that it won't necessarily have the impact that everybody hopes it will?

Mme Ghazal : To improve the French language?

M. Grillo (Matthew) : …promote and protect French.

Mme Ghazal : Well, it depends. I can't wait to see the bill, and we will see, after, what are the measures. And maybe, also, to measure the evolution of the situation of French will be a good thing. OQLF can do that. And so, no, I don't have this… I'm not scared of that. We will see the bill, we will see the measures and we will work in collaboration with the Government to make sure that the situation will improve.

La Modératrice : Dernière question.

M. Grillo (Matthew) : Is it something, you guys, will be keeping sort of a close eye on, to follow up on, to be sure the bill is having the impact that you want it to have, right?

Mme Ghazal : Yes. The French language is important in Québec for the future generations, so it's an important issue for Québec solidaire. And it's important, but it's important also to protect the minority's right, to promote even their culture, other languages. These principles of inclusion are very important for Québec solidaire, while we are doing the bill on the French language debate, but… And we will continue to follow the situation over the years, for sure, because it's important for us.

M. Grillo (Matthew) : Thank you. Merci.

Mme Ghazal : Thank you.

(Fin à 8 h 41)

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