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Point de presse de M. Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Version finale

Le mercredi 12 mai 2021, 9 h 31

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures trente minutes)

M. Lacombe : Bonjour, tout le monde. Merci d'être là. Je vais être très bref ce matin. Je prendrai aussi évidemment le temps de répondre à vos questions.

Je tenais évidemment à prendre le temps de revenir sur les incidents qui se sont produits à la Coopérative Enfance Famille, qui gère La Place 0-5, le guichet unique pour l'inscription des enfants dans un service de garde éducatif à l'enfance au Québec. Donc, on sait tous qu'il y a eu une brèche, qu'il y a eu un piratage qui fait en sorte que les données personnelles de plusieurs milliers de parents ont été compromises.

D'abord, je veux dire que c'est inacceptable. Je pense que c'est une évidence de dire que c'est inacceptable. On ne peut pas tolérer ça. On s'attend à ce que les gens qui ont entre les mains des données personnelles qui appartiennent aux Québécois les protègent bien. Donc, c'est une situation qui est intolérable.

D'abord, rapidement, vous dire que le Centre gouvernemental de cyberdéfense est déjà dans le dossier. Donc, à très court terme, pour colmater la brèche, le travail, il est en train d'être effectué, et aussi pour comprendre comment une situation comme celle-là a pu se produire. Donc, ça, c'est la première action, qui est complémentaire aux enquêtes policières qui sont actuellement en cours pour comprendre aussi… et mettre la main sur la personne qui a commis ce délit-là.

Je vais vous dire que les premiers constats qui ressortent de ce travail-là, déjà, sont préoccupants. Je peux vous dire ça ce matin. Je suis préoccupé notamment par la question de savoir qui a accès aux données qui sont gérées par la Coopérative Enfance Famille. Je suis préoccupé de savoir quelles entreprises ont accès à ces données, parfois par le biais d'ententes de services qui sont passés avec les services de garde éducatifs à l'enfance pour le recrutement des enfants. Je suis préoccupé par le type de données auxquelles ces gens, ces entreprises ont accès. Est-ce que ce sont seulement les données de base, les données qui sont absolument nécessaires d'être consultées, ou ce sont des données plus larges? Et je vais vous dire que je suis extrêmement préoccupé par l'ensemble des protocoles de sécurité qui sont actuellement en place à la Coopérative Enfance Famille pour assurer, donc, la sécurité des données qui leur sont confiées.

Donc, aujourd'hui, j'annonce que j'ai demandé un audit externe, qui sera mené auprès de la Coopérative Enfance Famille, par une firme indépendante, une firme externe qui aura le mandat dès aujourd'hui de se pencher sur cette question-là, qui sera en mesure de faire un diagnostic, d'évaluer tout ce dont je viens de vous parler, qui, à mon sens, est préoccupant. Et, à la suite de son travail, évidemment, on sera en mesure d'indiquer à la coopérative, et on le fera en coopération avec elle, quelles pratiques elle devra changer, comment on pourra atteindre des pratiques qui sont exemplaires et auxquelles les Québécois s'attendent.

Donc, au terme de l'exercice, je pense que ça nous permettra de répondre aux préoccupations que je vous ai exprimées ce matin et aussi aux préoccupations, évidemment, des parents qui, encore aujourd'hui, se demandent toujours si leurs données sont compromises, s'ils font eux-mêmes partie des 5 000 dossiers qui ont fait l'objet de cette fuite de données.

M. Lacroix (Louis) : M. Legault a laissé entendre hier qu'il faudrait rapatrier cette base de données là au sein du contrôle gouvernemental. Est-ce que ça, ça va être fait à court terme? Parce que, là, c'est bien beau dire : On a colmaté, là… mais ça démontre que, comment dire, le mur de feu, le «firewall» n'est pas suffisant, là, entre… le mur de protection. Est-ce que vous allez ramener cette base de données là sous votre contrôle?

M. Lacombe : Je dirais que la vraie question derrière ça, c'est comment répondre aux attentes des parents qui veulent avoir une liste d'attente qui est respectée et qui veulent que leurs données personnelles soient protégées, puis, si ça veut dire prendre le contrôle du guichet unique, on le fera.

Mme Côté (Claudie) : …pour répondre aux attentes des parents, c'est quoi, le portrait qu'on a de la liste d'attente? Est-ce que c'est 51 000 enfants qui sont en attente, ou c'est 74 000, ou c'est 31 000? On dirait que personne n'a le même chiffre, là. C'est quoi, le portrait exact?

M. Lacombe : Bien, je pense que ce vol de données, qui a été lancé dans l'espace public comme ça, est venu semer de la confusion. Et je pense, bien honnêtement, que c'était peut-être l'intention derrière ça. Mais, à mon sens, il n'y a pas de surprise. J'ai souvent dit publiquement, d'ailleurs, que la liste comportait plus de 51 000 noms, mais qu'il y avait un élagage qui était fait par le ministère de la Famille pour arriver à la fin avec le nombre d'enfants qui ont véritablement besoin d'une place dans une échéance, là… disons, les six prochains mois, pour que nous, on soit capables, quand on lance des appels de projets, de bien planifier le développement du réseau. Donc, actuellement, le chiffre avec lequel on travaille…

Mme Gamache (Valérie) : …il y a quand même une marge importante.

M. Lacombe : Qui s'explique très bien.

Mme Gamache (Valérie) : Comment?

M. Lacombe : Bien, elle s'explique par le fait que, là-dedans, il y a des enfants… Notamment, par exemple, il y en a 24 000 qui ont déjà un autre type de service de garde. Donc, ces enfants-là ont une place. Par contre, le parent peut, par exemple, souhaiter, dans certains cas, avoir une place dans un CPE qui est l'autre côté de la rue ou qui est à côté du travail. Donc, est-ce qu'on compte ces enfants-là dans le total des enfants qui attendent une place? La réponse, c'est non.

M. Gagnon (Marc-André) : Sur la liste d'attente, il y en a combien en tout? C'est ça, la question de ma collègue.

M. Lacombe : Oui, bien, j'ai répondu, je pense. 51 000, ça, c'est le chiffre avec lequel on travaille. Et, ultimement, les données brutes, on a un peu plus de 88 000 noms, ce que j'ai donné à mon collègue hier à l'Assemblée nationale, notamment en débat de fin de séance. Donc, il n'y a pas de cachette, et c'est la façon de calculer qui est en vigueur depuis 2017, et ça n'a pas changé.

M. Bergeron (Patrice) : Avant cette fuite de données là, est-ce que le gouvernement avait déjà l'intention de rapatrier ce guichet unique là et cette liste-là dans son périmètre à lui?

M. Lacombe : Bien, on se posait des questions, et on s'en pose toujours, et ce n'est pas non plus une cachette. On a une consultation qui commence ces jours-ci, à l'intérieur de laquelle c'est écrit noir sur blanc, dans le guide de consultation, comment est-ce qu'on peut arriver avec un outil qui est plus performant puis qui répond aux besoins des parents. Je ne suis pas le seul à me poser des questions. La Vérificatrice générale du Québec s'en est posées aussi. Je vous dirais que c'étaient de sérieuses questions. Donc, je pense qu'on a aussi ouvert la porte bien grande hier à dire : Si c'est ce que ça prend pour répondre aux besoins des parents qui veulent que la liste d'attente soit respectée et que leurs données soient protégées, on le fera.

M. Bergeron (Patrice) :

M. Lacombe : Bien, ce n'est pas une question de prétexte. Vous savez, moi, l'important, c'est que ça fonctionne. Donc, si, pour que ça fonctionne, il faut prendre le contrôle du guichet unique, on le fera.

M. Lacroix (Louis) : Mais, vous personnellement, vos données ont été touchées, de ce je comprends, là, sur le plan personnel. Est-ce que vous avez eu des répercussions jusqu'à maintenant de ce vol-là? Et est-ce que vous croyez qu'il y avait un… Est-ce que vous étiez la personne visée, étant le ministre responsable? Alors, est-ce que vous étiez visé personnellement? Est-ce que c'est un projet politique qui est derrière cette attaque-là?

M. Lacombe : Bien, pour l'instant, je n'ai pas de conséquences, là, qui sont visibles de ça. C'est sûr que ce n'est jamais reposant de savoir, par exemple, que quelqu'un qui nous a visés personnellement connaît maintenant le nom du CPE que fréquente mon fils, par exemple. Donc, ce n'est clairement pas une situation qui est plaisante, ni pour moi ni pour la mère de mes enfants. Maintenant, est-ce que… La deuxième partie de votre question… J'ai perdu le fil avec ça.

M. Lacroix (Louis) : La deuxième partie de ma question, c'était très simple, c'était… Mes collègues vont m'aider, c'était… ah oui! Est-ce qu'il y avait un motif politique derrière ça?

M. Lacombe : Je ne suis pas le seul. Le sujet prêtait à être dérouté un peu.

Mon premier réflexe, c'est effectivement de voir que j'étais visiblement… que j'étais précisément ciblé, parce que les deux seuls dossiers qui ont été manipulés par la personne qui s'est introduite dans la base de données sont le mien et celui d'un homonyme. Donc, je pense que, lorsque je suis personnellement visé comme ça, nécessairement, il y a un objectif politique derrière ça. Maintenant, je ne suis pas en train de dire que c'est l'opposition. Je ne suis pas en train de dire que c'est un opposant politique. Mais je suis en train de dire que, lorsqu'on vise personnellement un ministre, en l'occurrence moi dans ce cas-ci, bien, visiblement, il y a quand même une idée politique derrière ça.

Mme Côté (Claudie) : C'était quoi, donc, l'intention du pirate? Parce qu'en même temps il y avait un pare-feu ou un mur de feu, comme dit mon collègue, qui fait en sorte qu'après 5 000 noms le système n'était plus accessible, là. Donc, c'était quoi, l'intention du pirate? Est-ce que c'était d'avoir un portrait de la liste, puis, malheureusement, vous avez été dans les 5 000 noms qu'il a extraits, les 5 000 dossiers?

M. Lacombe : Bien, c'est plus précis que ça, c'est que la personne qui est entrée pour télécharger des données a fait une recherche, selon ce qu'on m'a expliqué, seulement pour un dossier, le dossier au nom de Mathieu Lacombe, donc à mon nom. Donc là, c'est difficile de penser autrement que j'étais personnellement visé. Maintenant, moi, je passe par-dessus ça et je continue de faire mon travail en me disant que l'important, là, maintenant, c'est vraiment de protéger les données personnelles de ces familles-là qui sont, j'allais dire, travaillées, mais qui sont actuellement sous la responsabilité d'une coopérative.

M. Lacroix (Louis) : Mais le fait que ça soit sorti rapidement… Parce que ce qu'on comprend, c'est que le vol de données a eu lieu… l'intrusion, en fait, à 19 h 32, je pense, samedi soir.

M. Lacombe : Samedi soir, oui.

M. Lacroix (Louis) : Et, très rapidement, cette information-là a été relayée…

M. Lacombe : À un journaliste.

M. Lacroix (Louis) : …à un journaliste, et donc c'est sorti dans les médias. Est-ce que ça vous indique qu'il y avait une volonté de vous mettre dans l'embarras publiquement avec ça?

M. Lacombe : Bien, je pense qu'effectivement ça ajoute à ce que je vous dis, il y avait clairement, selon moi, une idée politique derrière ça. Mais je suis très prudent et je ne dis pas que ça viendrait de l'opposition ou d'un opposant politique. Mais je pense que ce geste-là, nécessairement, qui m'a visé personnellement, que la personne qui l'a posé avait quand même une idée politique derrière la tête. Et le résultat, je dirais, est peut-être atteint, en ce sens où ça a créé une confusion, alors que ce sont les chiffres qu'on utilise et la méthode de calcul qu'on utilise depuis 2017, qui n'a jamais été remise en question.

Et je vous signale que la Vérificatrice générale du Québec, elle vient d'examiner notre dossier. Elle s'est penchée notamment sur la liste d'attente, nous a fait des recommandations… et qu'elle n'a soulevé aucune irrégularité ou n'a soumis aucune suggestion de comment on pourrait mieux calculer ça. Donc, à mon sens, c'est la bonne façon de faire, jusqu'à preuve du contraire.

Mme Gamache (Valérie) : Je manque peut-être d'imagination, là, mais quelle idée politique on pourrait avoir à fouiller, à faire une recherche avec «Mathieu Lacombe» dans cette banque de données là?

M. Lacombe : Bien, c'est une bonne question que les enquêteurs pourront poser à la personne lorsqu'ils l'attraperont. Je n'ai pas la réponse à ça.

M. Lacroix (Louis) : À votre connaissance, est-ce que les policiers savent… en fait, avancent dans l'enquête? À votre connaissance, est-ce qu'on a une idée de qui peut avoir commis ça?

M. Lacombe : Ce n'est pas une information que j'ai pour l'instant. Aujourd'hui, je rencontre la Sûreté du Québec. On a une séance de travail… J'ai une séance de travail avec eux pour aller un peu plus au fond des choses. Donc, à leur demande, je vais répondre à leurs questions, mais je n'ai pas plus de détails que ça sur l'enquête policière. Pardon?

M. Lacroix (Louis) : À titre de victime ou de ministre?

M. Lacombe : C'est une bonne question. Je n'ai pas demandé la précision. Ils ont demandé à me rencontrer. Évidemment, j'ai accepté. Mais, vous savez, moi, je vais me tenir quand même très loin de l'enquête, là. Ce n'est pas à moi de m'interférer là. Ils voulaient me rencontrer, je vais les rencontrer.

M. Gagnon (Marc-André) : Est-ce que vous vous êtes senti menacé? Est-ce que vous avez demandé à ce qu'il y ait des éléments de sécurité autour de vous ou de votre famille qui soient rehaussés?

M. Lacombe : Je ne me suis pas senti menacé. Mais je me sens certainement inconfortable de savoir que la personne qui m'a visé personnellement a maintenant le nom, par exemple, du CPE que fréquente mon fils. Les adresses qui étaient là, les numéros de téléphone qui y étaient n'étaient heureusement plus à jour. Donc, ça, ça me rassure. Donc, pour répondre clairement, je ne suis pas inquiet. Je n'ai pas de la difficulté à dormir la nuit, là, si je peux vous donner une image, mais ce n'est clairement pas intéressant.

M. Gagnon (Marc-André) : …que la sécurité soit rehaussée autour de vous puis de vos proches?

M. Lacombe : Ce n'est pas une demande que j'ai faite, mais je pense qu'on a de très bons gardes du corps, à qui on n'a pas toujours besoin de demander ça.

M. Lacroix (Louis) : Vos enfants, là, que... Je pense, c'est un enfant que vous avez à la garderie, je pense. Est-ce que vous avez demandé à ce que la sécurité ou la surveillance soit accrue à cette garderie-là pour éviter qu'il arrive quelque chose à votre enfant?

M. Lacombe : Bien, je ne veux pas entrer dans les détails de ça, mais les personnes concernées ont été contactées. Et moi, je vais vous dire, là, avec le type d'information que la personne a pu avoir, je vous dirais, je ne suis pas confortable, mais je ne suis pas trop inquiet.

M. Gagnon (Marc-André) : Je comprends votre inconfort, mais c'est parce que c'est une chose d'avoir un garde du corps… Vous, vous en avez un. Quand on arrive au point où on doit demander à ce qu'il y ait de la sécurité autour de ses proches...

M. Lacombe : Oui, mais j'aimerais que vous respectiez le fait, là, que je n'entrerai pas là-dedans. Je pense que... Je ne sais pas si vous avez des enfants, là, mais c'est le type de sujet sur lequel je ne voudrais pas trop…

M. Gagnon (Marc-André) : ...puis quelles sont les solutions que vous pouvez mettre de l'avant pour accélérer...

M. Lacombe : Bien, ça, il y en a plein, là. On en parle à tous les jours à l'Assemblée nationale. Si vous voulez une entrevue là-dessus, je peux vous en donner une, là, mais on en a beaucoup. On a relancé...

M. Gagnon (Marc-André) : …qui est le manque de places?

M. Lacombe : Bien, tout à fait, pendant qu'on est en train de gérer ça, là, pensez-vous que ça me fait plaisir de mettre autant d'heures cette semaine à gérer une fuite de données qui provient d'une coopérative qui, visiblement, n'a pas pris ses responsabilités de gérer correctement cette base de données là? Moi, je ne suis pas de bonne humeur, là, parce que, pendant ce temps-là, effectivement, on n'est pas en train de travailler à créer des places pour les tout-petits puis leurs parents qui en attendent une désespérément depuis bien trop longtemps.

Le Modérateur : En anglais, s'il vous plaît.

M. Grillo (Matthew) : Good morning.

M. Lacombe : Good morning.

M. Grillo (Matthew) : So the Premier mentioned yesterday… perhaps Québec should be taking control of these databases in the future. What are your thoughts on that?

M. Lacombe : I think the main goal is to insure that we respond to the wish of parents. This wish is to have an efficient waiting list, and a waiting list that will protect their private information. So, if the solution to achieve this goal is to take over the waiting list, the structure with the waiting list, we will do it. The important thing is to fix the problem, and we will take action, whatever it is.

M. Grillo (Matthew) : With regards to the wait list, there's a big difference in the numbers that we've received from your Ministry and what this organization is saying. They're saying it's about 86,000. We've heard it's 51,000.

M. Lacombe : 88,000, yes.

M. Grillo (Matthew) : Sorry, 88,000. Why is there such a big difference in the numbers?

M. Lacombe : I'll try in English. If I'm not able, maybe I'll switch in French and you could translate. But I would say that 88,000 persons waiting on the list are not… Essentially, it's not every time someone on… I'll do it again. When we receive all the data from the Coopérative Enfance Famille, we have to clean it. In other words, we have to make sure that every kid on the list does not already have a place, for instance, in another kind of day care centre. Sometimes, the kid is on the list because he already has a place, but his parent would like to have a place maybe close from home or close from their workplace. So this is not really someone waiting for a place after all. So we have to clean that kind of data to make sure that we have the right number at the end to make sure that we have the right amount of projects in construction. So the right number right now is 51,000 persons waiting on the list.

M. Grillo (Matthew) : Why do you think this was politically motivated? What has led you to say that?

M. Lacombe : I say this because I was personally… What's the correct word in English? J'ai été personnellement visé.

Une voix :

M. Lacombe : Targeted, yes. I'm saying this because I was personally targeted. So the only folder that has been manipulated is mine, and the other one is the folder of someone named Mathieu Lacombe. So you understand that, essentially, there was a political motivation or, at least, a political interest, I would say, behind all of this.

M. Grillo (Matthew) : Why do you think someone would do that? I mean…

M. Lacombe : I don't know. That's a good question for the police officers, the investigators. I don't have the answer. Merci.

M. Verville (Jean-Vincent) : No, just one last question, please?

M. Lacombe : Oui?

M. Verville (Jean-Vincent) : So we know that data were stolen, but were they used so far? I mean, I'm sure you have to know that by now.

M. Lacombe : This is not an information we have. Now, the priority is to fix the breach. So the government cyberdefence centre is working on this. That's why the website is not in service, that's why it's off-line. And I announced today that we will have «un audit externe», I don't know the name in English, to make sure that we go further than this to make sure that they have the best practices.

M. Verville (Jean-Vincent) : So we don't know if these data were used, we don't know at all?

M. Lacombe : We don't know for the moment.

Le Modérateur Merci.

M. Lacombe : Merci. Thank you.

(Fin à 9 h 48)

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