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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et Mme Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation

Version finale

Le mercredi 12 mai 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-cinq minutes)

Mme Labrie : Donc, on apprend aujourd'hui que ce ne sont pas 51 000 familles qui n'ont pas accès aux services de garde dont elles ont besoin, mais bien 75 000, quand on tient maintenant compte des 24 000 familles que le ministre avait délibérément exclues, même si elles espèrent elles aussi une place dans le réseau.

C'est quand même ahurissant que ça ait pris une fuite de données, potentiellement criminelle, pour avoir enfin une idée de l'ampleur réelle de la demande de places. Le ministre a été aujourd'hui forcé de fournir un portrait plus complet de la demande, mais jusqu'ici il avait manifestement masqué l'ampleur du problème, il présentait des données partielles qui l'arrangeaient.  Les 24 000 familles de plus qui attendent, il faut les ajouter au portrait global de la pénurie parce qu'elles restent sur la liste pour de bonnes raisons, et on ne peut pas les ignorer comme le fait la CAQ jusqu'à maintenant.

On parle de familles qui paient leurs services beaucoup plus cher que leurs moyens et qui doivent faire une croix sur d'autres projets familiaux ou même s'endetter. On parle de familles qui vivent une conciliation très difficile parce qu'elles doivent parfois se déplacer sur une très longue distance pour avoir accès à une place. On parle de familles qui ont peut-être confié leur enfant à un service de garde dont elles ne sont pas certains de la qualité parce qu'elles n'avaient pas le choix de retourner au travail, de familles qui ne reçoivent peut-être pas des services pour leurs enfants à besoins particuliers dans le service de garde qu'elles utilisent.

Donc, pour moi, c'est clair que ces 24 000 familles là font partie des familles qui n'ont pas accès aux services dont elles ont besoin en ce moment et qu'on doit maintenant parler de 75 000 familles auxquelles le gouvernement ne réussit pas à répondre.

Le ministre nous demande d'être patients, c'est ce qu'il dit tout le temps. Chaque semaine qui passe, il nous demande d'être patients. Ça fait deux ans et demi qu'ils sont au pouvoir, ça fait un mois et demi que le budget a été déposé, puis on ignore encore totalement qu'est-ce qui va être fait, par exemple, pour soutenir les responsables en milieu familial. Il y avait des mesures prévues dans le budget pour ça, on n'a aucune idée de la teneur de ces mesures-là jusqu'à maintenant.

Et pendant ce temps-là, pendant qu'on attend, les éducatrices en milieu familial continuent de partir. Chaque semaine qui passe sans que les annonces soient faites, elles continuent de partir, on en perd. Donc, il faut que le ministre accélère le rythme de ses annonces, il faut qu'il accélère le rythme pour la conversion de places privées en CPE pour qu'on puisse offrir les services à un coût équitable.

Il y a littéralement des dizaines de milliers de parents au Québec en ce moment qui ne comprennent pas, et avec raison, pourquoi ils paient des impôts comme les autres, et pourquoi ils n'ont pas accès à une place dans le réseau public, comme les autres, et pourquoi ils paient des milliers de dollars de plus par année pour leur place au privé.

Il faut aussi prendre les moyens d'offrir des services de proximité, partout sur le territoire du Québec, par exemple en développant des micro-CPE, comme Québec solidaire l'a déjà proposé, pour faciliter la vie des parents.

Moi, je ne comprends pas pourquoi le ministre nous a annoncé, il y a quelques jours, qu'il veut se contenter de travailler avec les municipalités pour développer des places temporaires. S'il y en a, des locaux disponibles dans les municipalités, pourquoi on n'investirait pas les fonds nécessaires pour développer des places à long terme sur ces territoires-là qui ont des besoins très importants? On doit utiliser ces espaces-là pour développer plus de places que prévu, pas seulement des places temporaires, pas juste des places en attendant des travaux.

Puis d'ailleurs les travaux, il n'y en a pas suffisamment qui sont annoncés. L'ampleur de la pénurie est démesurée par rapport au peu d'ambition qu'il y avait dans le rappel de projet.

Donc, là, ça fait deux ans et demi que la CAQ est au pouvoir. Les familles, elles ont assez attendu, elles se sentent profondément insultées quand le ministre leur répond d'être patientes. Ce n'est pas normal, dans l'état actuel de la crise, que le plan de match de la CAQ ne soit pas encore clair pour compléter le réseau de service de garde public et pour contrer la pénurie d'éducatrices. Les 75 000 familles qui attendent une place, elles ont assez attendu, on a besoin que ça se mette en marche maintenant.

M. Nadeau-Dubois : Merci, Christine. Bonjour. La pandémie prend énormément de place dans les débats parlementaires et dans l'espace public. C'est compréhensible, mais malheureusement il y a d'autres enjeux importants qui passent sous silence, et je veux vous parler d'un de ces enjeux-là ce matin.

En ce moment, le parlement du Québec étudie un projet de loi historique sur la protection des renseignements personnels des Québécois et des Québécoises. Avec la lutte climatique, là, la question des droits et libertés numériques, pour ma génération, c'est un enjeu majeur. Ça va définir les grands débats de société que le Québec, que la planète va avoir dans les prochaines décennies.

Il ne se passe pas un mois au Québec sans qu'il y ait un scandale de fuite de données. Il y a eu la fuite à Place 0-5, tout récemment, il y a eu la fuite chez Desjardins, il y a un moment déjà, il y a eu une fuite chez Capital One, une fuite chez Revenu Québec, et j'en passe.

Aujourd'hui, la commission parlementaire qui étudie le projet de loi, donc, sur la protection des renseignements personnels va entamer une nouvelle étape, une étape importante, celle qui concerne les entreprises privées. Dans ce cadre-là, dans le cadre de la commission parlementaire, Québec solidaire va faire une série de propositions fortes, des propositions ambitieuses pour sonner la fin de la récréation dans le secteur privé, au Québec, en matière de collecte et d'utilisation des renseignements personnels. Il faut mettre fin au far west, il faut mettre fin au buffet à volonté des entreprises privées dans les données personnelles des Québécois et des Québécoises. Il faut casser la logique du capitalisme de surveillance.

Je pourrais vous faire la liste de toutes nos propositions, mais ça serait trop long. Je vais vous en présenter trois qui sont très concrètes puis qui concernent la vie privée, voire la vie intime des citoyens et des citoyennes du Québec.

La première, Québec solidaire va proposer d'interdire la commercialisation des données qui sont collectées sur les enfants. Dans les dernières années, il y a toute une série de produits, les fameux jouets intelligents, qui ont fait leur apparition sur les tablettes, dans les maisons des Québécois et des Québécoises. Ces produits-là collectent des données sur les enfants et c'est documenté, comme phénomène, que ces données-là sont utilisées pour faire du profilage commercial, pour faire du ciblage publicitaire.     Au Québec, on a fait un choix de société, celui d'interdire la publicité sur les enfants, mais, en toute cohérence, on devrait également interdire l'utilisation commerciale des données personnelles récoltées sur des enfants. 

Deuxième proposition. Québec solidaire va proposer d'interdire le profilage commercial à partir de données biométriques. Qu'est-ce que ça veut dire, ça? Bien, concrètement, on le sait, et c'est l'exemple qu'on connaît tous le plus, la reconnaissance faciale. La reconnaissance faciale qui est en train de s'implanter dans plusieurs endroits au Québec, notamment dans des centres commerciaux qui, c'est documenté comme phénomène, l'utilisent de plus en plus pour faire de la publicité ciblée. Ce n'est pas acceptable. On ne devrait pas accepter qu'il y ait du ciblage publicitaire à partir de données biométriques. On va proposer aujourd'hui de l'interdire.   

Troisième proposition, peut-être la plus importante, elle peut avoir l'air abstraite, mais elle est déterminante, c'est d'affirmer le principe de la confidentialité par défaut. Ça, ça veut dire quoi? Ça veut dire que Québec solidaire va proposer qu'à partir de maintenant les entreprises qui souhaitent utiliser des fonctions de localisation, d'identification ou de profilage, bien, vont devoir demander aux gens, aux utilisateurs, par exemple d'une application, d'activer volontairement ces fonctions-là. Vous savez qu'Apple a tout récemment décidé d'aller dans cette voie-là, de demander aux gens, lorsqu'ils installent une application, s'ils souhaitent que l'application en question trace leurs activités en ligne. Si Apple le fait, le fait, toutes les entreprises peuvent le faire. C'est ce qu'on va proposer aujourd'hui, que les utilisateurs, par exemple, de services numériques, qu'on leur demande de «opt-in», comme on dit en anglais, d'activer volontairement les fonctions d'identification, de localisation ou de profilage, plutôt que d'être pris à utiliser un service qui est invasif dans leur vie privée sans le savoir.

Donc, trois propositions qu'on va faire aujourd'hui. Il y en aura d'autres. Mais c'est important pour moi de parler de ce sujet-là parce que c'est un des grands débats de société que nous devons faire dans les prochaines années au Québec. Il y a une logique de capitalisme de surveillance qui s'installe, et le rôle des législateurs, c'est de freiner ces excès-là, de baliser les pratiques des entreprises, parce qu'en ce moment c'est le bordel total.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre vos questions : une question, une sous-question.

M. Lacroix (Louis) : Le gouvernement va... en fait, Simon Jolin-Barrette va déposer demain son projet de loi sur la réforme de la Charte de la langue française. Est-ce qu'il faut encadrer ou, en fait, enlever le statut bilingue de certaines municipalités qui sont sous le seuil des 50 % de leur population qui est d'expression anglophone?

M. Nadeau-Dubois : Nous, on a décidé d'attendre de voir le projet de loi avant de le commenter. Est-ce qu'il y a des choses à faire au municipal? Sans doute...

M. Lacroix (Louis) : ...pose une question sur le statut bilingue des municipalités. Ce n'est pas... C'est ça que je vous pose comme question.

M. Nadeau-Dubois : L'important, dans ce projet de loi là, ça va être l'équilibre général des mesures. Qu'on agisse au niveau municipal, on n'a rien contre à Québec solidaire. Mais là où le bât blesse depuis des décennies, au Québec, c'est les pratiques des entreprises, particulièrement les grandes entreprises qui sont mises à exiger l'anglais pour n'importe quoi, pour n'importe quelle job puis pour n'importe quelle raison. Si Simon Jolin-Barrette ne s'attaque pas à ce problème-là, sa réforme va être de la poudre aux yeux.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'il faut imposer... est-ce qu'il faudrait imposer la Charte de la langue française, la loi 101, dans les CPE?

M. Nadeau-Dubois : Dans les CPE?

M. Lacroix (Louis) : Dans les CPE. En 2012, le gouvernement Marois avait amené ça en disant : Par exemple, pour les gens issus de l'immigration, il faudrait qu'obligatoirement ils envoient leurs enfants dans des garderies francophones, en fait, d'expression francophone. Ça avait été retiré par la suite. Actuellement, il n'y a aucune loi, aucune règle qui régit le statut des garderies. Il y en a pour les écoles, à partir de la maternelle, mais il n'y a rien dans les garderies. Est-ce qu'il faudrait l'imposer?

M. Nadeau-Dubois : Pour être très honnête avec vous, c'est une question à laquelle je n'ai pas la réponse ce matin. On pourra certainement y réfléchir à Québec solidaire, avec ma collègue Ruba Ghazal qui s'occupe de ce dossier-là. Je n'ai pas de réponse définitive à vous donner sur cette question-là. C'est un enjeu intéressant qu'il faut regarder.

M. Larin (Vincent) : ...bilingue, excusez-moi, êtes-vous contre le principe que... tu sais, êtes-vous pour ou contre le principe qu'une ville dont moins de 50 % de sa population est anglophone puisse avoir un statut bilingue?

M. Nadeau-Dubois : C'est correct et c'est normal qu'il y ait des villes à statut bilingue au Québec. Mais le projet de loi de Simon Jolin-Barrette, on ne l'a pas lu.

M. Larin (Vincent) : ...

M. Nadeau-Dubois : C'est parce que, ce dont vous me parlez, c'est le contenu d'un projet de loi qui n'a pas été déposé encore à l'Assemblée nationale. Si le gouvernement souhaite procéder à un vrai débat public intelligent, il va déposer son projet de loi demain, plutôt que faire des fuites médiatiques. L'important, ce n'est pas une mesure dans le projet de loi, c'est la cohérence du projet globalement. Quelles seront les nouvelles règles pour les villes bilingues? Je ne le sais pas, ce n'est pas dans les médias ce matin. Ça fait qu'on va lire le projet de loi demain. C'est la moindre des choses qu'on puisse le lire, comme parlementaires, avant d'avoir le débat sur un document qu'on n'a même pas vu. Sur le principe qu'il y ait des villes avec un statut bilingue, c'est tout à fait correct. En fonction de quels paramètres, de quels critères? Je ne le sais pas ce qui sera écrit dans le projet de loi.

Mme Gamache (Valérie) : Vos attentes sont grandes, quand même, par rapport à ce projet de loi là. Ça fait deux ans et demi qu'on l'attend. J'imagine que vous avez quand même des attentes.

M. Nadeau-Dubois : Oui. Les attentes sont énormes. Après un an, un an et demi de fuites médiatiques et d'effets de toge, on va enfin voir de quel bois se chauffe la CAQ en matière de protection du français. Et on va surtout voir, entre l'affairisme de François Legault et le nationalisme de Simon Jolin-Barrette, qu'est-ce qui est le plus fort.

Moi, j'ai bien hâte de voir les dispositions sur les entreprises. Parce que, les acteurs, au Québec, qui ont contribué à l'anglicisation progressive du marché du travail, là, ce n'est pas les immigrants puis les immigrantes, c'est les grandes entreprises qui maintenant demandent l'anglais pour n'importe quelle job à n'importe quelle raison. Ça va être ça, le vrai test pour Simon Jolin-Barrette demain.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que François Paradis, dans sa façon de gérer la période des questions, favorise le gouvernement?

M. Nadeau-Dubois : Non, je ne pense pas. Moi, je pense qu'on a un bon président qui est neutre, qui a appris, quand même, son métier dans les premiers mois, c'est normal, hein, ce n'est pas une job facile. Mais, moi, j'ai tout à fait confiance en François Paradis. Je pense qu'il fait un bon travail et je sens qu'il est neutre dans ses interventions. Est-ce qu'il y a des gens qui le remettent en question? Je ne sais pas, moi.

Mme Côté (Claudie) : Bien, à cause d'hier, avec Marwah Rizqy, elle n'a pas pu poser sa question…

M. Nadeau-Dubois : Oui. Le travail du président, à l'Assemblée nationale, il n'est pas facile, hein? Il doit prendre des décisions sur le moment, sur-le-champ, se lever en Chambre. Ça chahute, les députés, au salon bleu, ça interpelle le président, directement. Moi, je ne m'attends pas à ce qu'il soit parfait à chaque coup. Mais, de manière générale, on a un président qui est neutre, puis nous, on est satisfaits de son travail.

Mme Côté (Claudie) : Hier, son intervention, est-ce qu'elle était justifiée, d'empêcher Mme…

M. Nadeau-Dubois : Bien oui, je me suis moi-même levé pour plaider certaines choses. C'est mon rôle, comme leader parlementaire, hein, de faire des représentations auprès du leader… auprès du président de l'Assemblée nationale pour qu'il y ait un équilibre général dans ses interventions. Le président a été très strict, hier, avec Mme Rizqy. Moi, je me suis levé pour lui demander d'être au moins aussi strict avec le ministre des Transports, qui était en train d'enfreindre exactement le même règlement que le président alléguait que Mme Rizqy enfreignait. Ça fait que, moi, ce à quoi je m'attends, c'est à de la constance. Si on est plus sévère, il faut être plus sévère pour tout le monde, puis, si on est moins sévère, il faut être moins sévère pour tout le monde.

M. Larin (Vincent) : Sur la contamination à l'extérieur, hier, il y a une question qui a été posée à M. Arruda pour lui demander sur quoi est-ce qu'il se basait, tu sais, pour maintenir les mesures, par exemple la fermeture des terrasses. Est-ce que les réponses qui vous ont été fournies, qui nous ont été fournies à tous, vous ont satisfaits, à savoir qu'il y a quelques cas de contamination, on ne sait pas où, on ne sait pas quand, qui sont survenus à l'extérieur?

M. Nadeau-Dubois : C'est correct d'être prudent, c'est même une bonne idée. Mais la contamination à l'extérieur, la science nous indique qu'elle est très faible. Donc dans une perspective, là, de réduction des méfaits, hein, c'est-à-dire de donner des soupapes aux gens, là où c'est le moins dangereux, je pense qu'il faut aller de l'avant, éventuellement, avec des assouplissements à l'extérieur.

Et ça, c'est un discours que vous entendez Québec solidaire tenir depuis des mois. Parce qu'encore une fois, s'il faut relâcher, et là je pense que ça va devenir incontournable, il faut le faire d'abord dans les endroits où c'est le moins dangereux, et l'extérieur, c'est un des endroits où c'est le moins dangereux. C'est pour ça que les directives sur le masque à l'extérieur étaient aussi difficiles à comprendre et qu'il y a eu aussi peu d'acceptabilité sociale. C'est pour ça que le gouvernement a dû reculer là-dessus. C'est une bonne chose.

Moi, je m'attends à ce que, quand on va nous présenter le plan de déconfinement, qu'on attend avec impatience, bien, que la question des activités extérieures soit abordée dans les premières étapes de ce plan-là. Parce que, s'il faut lâcher du lousse, c'est là qu'il faut le faire.

M. Larin (Vincent) : Mais sur la réponse de M. Arruda, est-ce que le gouvernement devrait être plus transparent sur ce qu'il y a comme information concernant les cas de contamination à l'extérieur?

M. Nadeau-Dubois : Est-ce qu'il devrait être… Parce qu'honnêtement je n'ai pas la réponse, tu sais, je ne me rappelle pas par coeur, exactement, là, ce que le Dr Arruda a dit, là. Moi, ce que je sais, c'est que, depuis un moment déjà, les réponses du gouvernement sur les activités extérieures, elles sont ambiguës. Et l'imbroglio total sur le masque à l'extérieur, c'est le plus bel exemple de ça. Il ne s'agit pas de dire que les rassemblements extérieurs sont banals et ne représentent aucun risque, mais il faut donner des indications claires.

Il y a une province canadienne, je pense, dans l'Ouest, qui a lancé un slogan qui s'appelle : Fewer Faces, Outdoor Spaces. Donc, c'est de la communication, mais c'est de la communication qui vise à envoyer des messages clairs aux gens sur le fait que, si vous voulez vous voir, voyez moins de monde puis privilégiez l'extérieur. Alors, ça, je pense que c'est un type de communication dont le Québec pourrait s'inspirer pour envoyer le message que, si vous voulez de la socialisation, il y a des moyens sécuritaires de le faire, et les voici. Ça m'agace de ne pas me rappeler de laquelle province a lancé ce slogan-là, on vous reviendra, mais…

Une voix :

M. Nadeau-Dubois : C'est la Colombie-Britannique? Donc, ça, je pense que c'est un bel exemple duquel on pourrait s'inspirer pour envoyer des messages clairs. Il commence à faire beau, envoyez les messages au monde de : Voici ce que, si vous voulez voir des gens, vous devriez privilégier comme type de rassemblement.

M. Bergeron (Patrice) : …vous appuyez Mme Plante quand elle demande l'ouverture des terrasses pour le 1er juin à Montréal, pour qu'elle puisse faire notamment sa campagne électorale, là, mais…

M. Nadeau-Dubois : Nous, on n'a pas mis de date, là, on ne dit pas le 1er juin ou le 31 mai. Ce qu'on dit, c'est : Dans le plan de déconfinement qui va nous être présenté, je m'attends à ce que les activités extérieures soient bien présentes dans les premières phases du plan. Et ça pourrait, oui, inclure les terrasses, mais on n'a pas de date fixée, là.

La Modératrice : Une dernière question en français.

M. Larin (Vincent) : ...toujours justifié d'avoir un couvre-feu au Québec? À la vue, là…

M. Nadeau-Dubois : C'est l'autre grande attente que l'on a à l'égard de ce plan de déconfinement. Ce plan de déconfinement, c'est incontournable, doit contenir des indicateurs objectifs clairs sur quand est-ce que le couvre-feu va être retiré. Ce n'est pas une mesure banale, le couvre-feu, c'est une mesure particulièrement musclée qui a des impacts sur certaines catégories de la population plus que d'autres. C'est essentiel, donc, que, dans le plan de déconfinement, on indique clairement en fonction de quels critères scientifiques objectifs on va retirer le couvre-feu au Québec.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'on doit aussi inclure là-dedans, dans le plan de déconfinement, la fin des mesures d'urgence sanitaire, c'est-à-dire, de dire : Bien, à partir de telle date, là, la loi sur les mesures sanitaires, sur les mesures d'urgence sanitaire s'arrête...

M. Nadeau-Dubois : L'état d'urgence.

M. Lacroix (Louis) : ...l'état d'urgence, excusez-moi, sanitaire s'arrête?

M. Nadeau-Dubois : L'état d'urgence comme telle? C'est une bonne question. Honnêtement, là, je ne sais pas si c'est dans le plan de déconfinement qu'il faut l'inscrire. Ce que je sais, c'est que le gouvernement, là, doit ouvrir son jeu et doit dire quel est son plan de match avec l'état d'urgence sanitaire. Ça fait une soixantaine de fois maintenant qu'on le remet en place simplement par une décision du Conseil des ministres, ça fait de plus en plus jaser, ça crée une impression de manque de transparence, d'opacité. Le gouvernement doit préciser c'est quoi, sa feuille de route pour retirer l'état d'urgence sanitaire. Que ça soit dans le plan de déconfinement ou pas, honnêtement, rendu là, ça m'indiffère un peu. Mais, il faut un plan de match sur quand est-ce que l'état d'urgence sanitaire va être retiré au Québec.

La Modératrice : On va devoir…

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que ça serait acceptable qu'à l'automne prochain, lors de la reprise des travaux parlementaires, qu'on soit encore en état d'urgence sanitaire?

M. Nadeau-Dubois : Ça va vraiment dépendre de la situation épidémiologique, je ne suis pas en mesure de répondre à ça.

M. Gagnon (Marc-André) : …cette semaine? Ils annoncent beau, là, en fin de semaine.

M. Nadeau-Dubois : Le plus tôt sera le mieux, le plus tôt sera le mieux. Il faut une feuille de route, et c'est ce qu'on demande depuis le début de la pandémie, hein, une feuille de route avec des indicateurs scientifiques, objectifs et prévisibles.

M. Gagnon (Marc-André) : ...cette semaine. Le plus tôt possible.

M. Nadeau-Dubois : Le plus tôt sera le mieux.

M. Gagnon (Marc-André) : Parce qu'à trop attendre est-ce qu'il n'y a pas un risque de pousser les gens à désobéir aux consignes?

M. Nadeau-Dubois : Le manque de clarté, le manque de transparence, ce n'est pas bon pour l'adhésion. Là, on sent un enthousiasme avec le progrès de la vaccination, ça fait que le meilleur moyen de canaliser cet enthousiasme, c'est d'avoir un plan de déconfinement rapidement sur la table. Si c'est cette semaine, tant mieux. En début de semaine prochaine, c'est bien aussi. On ne jouera pas sur deux, trois jours, là, mais il le faut rapidement, ce plan-là. Ça va canaliser l'enthousiasme, puis ça va éviter que l'enthousiasme devienne un problème.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, au plus tard, au début de la semaine prochaine…

M. Nadeau-Dubois : Le plus tôt sera le mieux.

La Modératrice : Merci. On va passer en anglais.

M. Grillo (Matthew) : Yes. Good morning. So, what is your opinion on this removing bilingual status of municipalities? I mean, what does Québec solidaire, you know, think of this issue?

M. Nadeau-Dubois : I think it's normal that some municipalities have a bilingual status. The question is : By which criteria? And we will wait to see the proposal of Simon Jolin-Barrette. We don't know yet what he will put forward in terms of criteria for a city to have that bilingual status. If it's OK for some, maybe some do not deserve it. But to do that exercise, we need to see the bill, and I hope it will be tabled tomorrow.

M. Grillo (Matthew) : But for a community who has maybe less than 20%, maybe less than 10% of its population that consider themselves Anglophones, do you think they should have bilingual status?

M. Nadeau-Dubois : I do not have the bill in front of my eyes. Is it 25%, is it 20%, is it 30%, is it 50%? We will need to see the bill to react on the bill. It's a very frustrating habit from the Government to leak into the media elements of a bill, trying to force the Opposition party to react to it. Because what we need to see is the general economy of that bill, the general equilibrium of the measures on one side and on the other side. And it's very difficult to have a radical opinion on one measure that is extracted from a bill that we don't know.

  M. Grillo (Matthew) : Would you say expectations are high for tomorrow?

M. Nadeau-Dubois : Expectations are really high. We will see what are the real priorities of that Government in terms of protecting French. Will this Government have the courage to rein in big corporations that are now asking the knowledge of English for any number of reasons, including totally illegitimate reasons? That's the litmus test for Simon Jolin-Barrette tomorrow.

Mme Senay (Cathy) : Regarding the fact that we have bites of… pieces of this proposed legislation in the media for a number of months, it does foster some fears among English-speaking Quebeckers. How do you see this? Because, just today, they might be thinking : OK, what's going to happen to me?

M. Nadeau-Dubois : Well, you know, I think that fear is fuelled by the communication strategy of the Coalition avenir Québec. Because you need to present your whole plan for people in all communities, including the anglophone community, to understand what the approach is, what the general approach is. When you extract one measure, it creates apprehensions, fears, reactions, and it's a bad way to have that debate.

The debate around French is not necessarily a divisive debate, it can be a unifying debate for Québec society. And for example, I know that a lot of young Anglophones in my generation totally agree with the spirits of the Bill 101, which says that French is the official and common language in Québec. They want to make sure that the anglophone community has its historical rights protected, and there is a strong political consensus on that in Québec, and Québec solidaire will be the guardian of that consensus. But, when they extract like that a few measures, trying to fuel the debate, I think it's a very bad way to start that debate.

Mme Senay (Cathy) : And just last week, when the debate was brought on the status of bilingual municipalities and the Government's budget... Jolin-Barrette kept responding that we'll look into this. But then he was saying again that the Bill that the Government will present will preserve and protect the rights of the English-speaking community in Québec, but it's as if the message doesn't come across.

M. Nadeau-Dubois : Yes. I understand that a lot of Anglophones in Québec see that debate coming and are stressed or are fearful. And it's OK. But I want to tell them that Québec solidaire will be there to make sure we progress in that debate in a unifying way for Québec society. I think we should not make a caricature of the anglophone community as people who are against Bill 101 and don't want to hear about anything close to protecting French. I don't think it's the case. It's not my experience of the anglophone community in Québec, especially in Montréal. So, I think there is a way to have that debate in a good way, in a healthy way, in a democratic way. The anglophone community will have its voice heard in that debate, and I am confident that there is a strong proportion of the Anglophones in Québec who totally understand that the right to work in French is fundamental and that it's normal for Francophones to hold on to that right, just like it's legitimate for them to hold on on their linguistic historical rights in Québec.

La Modératrice : Une dernière question.

M. Verville (Jean-Vincent) : What does the breach of Place 0-5 says about the Government...

M. Nadeau-Dubois : Honestly, the data breach regarding Place 0-5 is just a symptom. It's just the last example of the huge mess we're in in terms of protecting the personal data of Quebeckers. It's not the fault of that coop. I don't know, even, if it's the fault of the Government. We're all in this together. We have a very big mess to solve. We're in a position where our laws protecting personal data are completely out of date with the new technologies that are now in place.

You know, two weeks ago, it was the Tribunal administratif du logement who was placed in a very similar position because the laws that protect personal data do not take in consideration the fact that you can now program an artificial intelligence robot to gather public data, put them inside a box and create a black list of bad renters for apartments. So those are all examples that we need, we really need to modernize our laws, and that's what we will do today.

M. Verville (Jean-Vincent) : There is two bills that are now currently studied. Are they enough or will they be enough to prevent other breaches?

M. Nadeau-Dubois : The first bill is about personal data. We are working on it right now. The basis of that bill is a good basis, but we need to make it better. I've told you about three proposals we will do today to make it better. I can be, this bill can be a huge step forward if the Coalition avenir Québec accepts our proposals.

The second bill, Bill 95, is still not yet being studied. We're still looking into it. There is also a potential in that bill, but we will need to work on it more to really see if it's the good solution to our problem.

M. Verville (Jean-Vincent) : Can you repeat the three most important proposals?

M. Nadeau-Dubois : Yes. So we have to end the, you know, free for all in terms of grabbing personal data of Quebeckers in the private sector. The first proposal is to ban the commercial use of data recolted from children. We have made a collective choice, in Québec, to ban targeted ads for children, well, we should do the same for collecting the data of children and using it for commercial purposes.

Second, we are proposing to ban the… «profilage». How would you say that?

Une voix :

M. Nadeau-Dubois : Let's say tracking. It's close. We will put a proposal, an amendment to the bill to ban tracking of individuals based on biometrics data. For example, facial recognition is having a boom in Québec in the private sector. Frankly, it's around the world. Those technologies should not be used for commercial purposes to do targeted ads. This should not be legal in Québec.

And third proposal is to affirm that fundamental principle of privacy by default, which means that our apps on our cell phones should be programmed as such as tracking or localization features should be deactivated by default, and users should opt in on those features. It's not the case right now. Apple did a step in the right direction a few days ago. All corporations should do the same, and we will propose that today.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 16)

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