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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, Mme Marwah Rizqy, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, et M. Carlos J. Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie

Version finale

Le jeudi 6 mai 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-six minutes)

La Modératrice : Bonjour à tous. Bienvenue au point de presse de l'opposition officielle. Ce matin, Mme Anglade est accompagnée de Mme Rizqy et M. Leitão.

Mme Anglade : Alors, bonjour. Bonjour, tout le monde. Merci à Carlos et Marwah de m'accompagner ce matin. Alors, plusieurs points que j'aimerais aborder avec vous ce matin. D'abord, on va parler pénurie de main-d'oeuvre, on va parler d'enjeux liés à ça.

Alors, le premier ministre nous a dit qu'il voulait parler des vraies choses. Alors, ce matin, effectivement, nous, on veut parler des vraies choses puis des enjeux qui existent en matière de pénurie de main-d'oeuvre. On a des enjeux dans plusieurs activités au Québec, que ce soit l'agriculture, que ce soit le service aux entreprises, les arts, les spectacles, l'administration publique, la culture, l'enseignement, les ensembles de services de transport et d'entreposage, les services administratifs, les services professionnels, l'hébergement, la restauration, la fabrication, le commerce de détail et de gros, j'en passe, il y a énormément de besoins sur le terrain, et que lorsque le premier ministre nous dit que ce qui va le préoccuper, ce sont les emplois qui sont au-dessus 56 000 $ par année, il laisse de côté tous les autres emplois qui ont un rôle essentiel à jouer au sein de notre économie. Et beaucoup de Québécois doivent se demander pourquoi le premier ministre est préoccupé par ces statistiques et ces moyennes au lieu de considérer les effets que ça a directement sur le terrain avec les obsessions qu'il déploie pour le 56 000 $ et plus.

Le premier ministre a raison de dire que nous avons deux approches différentes. Pour François Legault, le progrès du Québec se résume à deux colonnes Excel. En 2009, il disait d'ailleurs : Moi, je suis comptable. Froidement, je regarde ça, il y a deux solutions : on coupe dans les dépenses, on augmente les revenus. Je crois que cette déclaration résume l'essentiel de la façon de gouverner le Québec. Personnellement, je ne suis pas d'accord. Tout ne se limite pas à une dimension qui est comptable. Ce n'est pas ça. En fait, c'est beaucoup plus que ça. Et dire qu'un Québécois gagne moins de 56 000 $, que ça empire son problème, c'est extrêmement réducteur comme approche.

Mais il y a quelque chose qui devrait nous interpeller encore davantage par rapport à ce que le gouvernement dit. Le gouvernement, lorsque quelque chose ne rentre pas dans son équation, il a tendance à nier le problème. Quand on ne veut pas régler un problème, qu'on ne veut pas l'affronter, on dit qu'il n'existe pas. Et ça, on l'a vu avec le racisme systémique, on l'a vu avec la crise du logement, on le voit avec la pénurie de main-d'oeuvre, on le voit également avec la crise des places en garderie. Le premier ministre devrait sérieusement réaliser que la première étape pour régler un problème, c'est d'accepter qu'il existe, sinon c'est vraiment de la pensée magique. Mais, s'il l'acceptait, ce serait déjà un bon pas.

On va parler un peu d'éducation. Moi, je vous dirais la chose suivante : Si l'éducation était vraiment la priorité de François Legault, ça fait longtemps que Jean-François Roberge ne serait plus ministre de l'Éducation. On a parlé de transparence. Hier, on a vu l'exemple parfait de tout ce qui n'est pas de la transparence. On a eu un ministre de l'Éducation qui, aux crédits, a refusé de répondre à une panoplie de questions qui sont pourtant simples. On voulait avoir des chiffres sur les transferts de personnel entre les CPE et les maternelles quatre ans, pas de réponse; l'ampleur de la pénurie, pas de réponse; le nombre de départs à la retraite, pas de réponse. Mais pire que ça, dans des questions très spécifiques où il ne pouvait pas répondre et on a demandé à ce qu'on puisse parler avec le sous-ministre, il a refusé. Il a refusé de donner la parole à son sous-ministre.

Donc, en termes de transparence, c'est le niveau zéro que l'on a obtenu avec Jean-François Roberge. Honnêtement, c'est extrêmement préoccupant, la manière dont le ministre gère présentement l'éducation. Et, comme nous, les parents du Québec pensent certainement que le ministre de l'Éducation n'est plus l'homme de la situation.

Autre… Vous allez me permettre de parler quelques secondes de Régis Labeaume, qui a décidé qu'il ne briguera pas un autre mandat à la tête de la mairie de Québec. Alors, j'ai une petite anecdote par rapport… qui illustre bien le personnage, pour moi, qu'est Régis Lebeaume. Quand j'écrivais mon livre, à un moment donné, il y avait une photo de moi et ma soeur à Québec, puis je pensais que c'était le Parc de l'Esplanade, mais je n'étais pas sûre que c'était le Parc de l'Esplanade, et je me suis dit : Bien, je vais demander au maire, lui, il va le savoir en regardant la photo. Ça fait que je lui ai texté la photo puis j'ai dit : Régis, regarde ça pour moi. Est-ce que tu penses que c'est ça? Puis il me dit : Attends, il me semble que j'ai ça, mais je vais demander à un de mes historiens, etc. En dedans de 30 minutes, j'avais la réponse. Il dit : Oui, c'est ça, tu peux y aller avec ça. Pour moi, ça représente toute l'authenticité de ce qu'est Régis Labeaume.

Et il y a un autre élément, on n'a pas beaucoup parlé de ses legs, mais il y a une lettre qu'il a écrite qui m'a beaucoup marquée, c'est celle qu'il a écrite lors du décès de son père, et ceux qui ne l'ont pas lue, je vous invite vraiment à la lire parce que je pense que c'est une lettre qui est extrêmement touchante. Et j'aurais aimé juste vous lire un paragraphe de cette lettre qui illustre pour moi qui est Régis Lebeaume.

Alors : «Quand je me récite»… Dans ce texte, il dit : «Quand je me récite le début de son existence», par rapport à son père, «pauvre comme un chat à trois pattes, et seul, mauditement seul, j'en braille encore. Alors, y a jamais eu de grief. Seulement de la compréhension, silencieuse, entre nous. Un genre d'amour, à nous.»

Et, pour moi, ça résume, encore une fois, non seulement l'authenticité, mais également la profondeur, la profondeur de Régis Labeaume. Et je pense qu'avec l'arrivée de Régis Labeaume à la retraite, on va trouver dans le Larousse une nouvelle définition de ce mot après qu'il ait quitté de ses fonctions actuelles. Donc, voilà.

M. Gagnon (Marc-André) :Dans votre esprit, maintenant que le maire de Québec, le maire Labeaume quitte, est-ce qu'il y a encore un risque que le projet de tramway puisse ne pas se réaliser? Parce qu'on sait qu'il a des opposants qui aimeraient… qui veulent jeter à la poubelle le projet, là.

Mme Anglade : Moi, je vais être résolument optimiste par rapport au projet de tramway, résolument optimiste. Je pense qu'il y a toutes les raisons de croire qu'on va aller de l'avant avec ce projet-là. En tout cas, nous, on sera là pour défendre ce projet-là, je peux vous dire ça, bec et ongles, et je pense que tout a été mis en place pour sa réalisation.

M. Larin (Vincent) : Qu'est-ce que vous pensez de l'idée, Mme Anglade, d'instaurer un passeport vaccinal pour les restaurants, précisément, pour permettre aux gens qui sont vaccinés d'aller aux restaurants et permettre aux commerçants de rouvrir leurs salles…

Mme Anglade : Bien, il y a encore beaucoup de questions qui restent à poser par rapport au passeport vaccinal. Il y a plusieurs questions qui sont soulevées, notamment, en matière d'éthique. Puis, de toute façon, il faudrait que les gens soient vaccinés avec leurs deux doses pour pouvoir y aller.

Mais donc ça peut être une avenue, mais il y a aussi l'avenue, puis je vais revenir sur la question des tests rapides, il y a aussi l'avenue des tests rapides, par exemple, qui pourraient être utilisés. On a encore plusieurs millions de tests rapides rendus à notre disposition. Je pense que le message que l'on veut envoyer aux restaurateurs, c'est qu'on ne veut pas jouer au yoyo, donc, trouvons une approche qui va fonctionner puis qui est viable dès le jour un.

Mme Prince (Véronique) : Est-ce que vous pensez qu'il faudrait l'avoir, le plan de déconfinement? La Saskatchewan a commencé à faire part aux citoyens de ce qui allait arriver, là. Est-ce qu'au Québec on est rendus là?

Mme Anglade : J'ai vu le plan de déconfinement de la Saskatchewan qui a été présenté et je vous dirais que ce serait extrêmement pertinent pour le Québec d'en avoir un similaire, avec toutes les dates, les critères qui sont utilisés pour le déconfinement, le pourcentage de la vaccination. Donc, le résumé que j'en ai vu, en tout cas, me paraît intéressant, puis je pense que le Québec devrait se doter d'un plan de déconfinement, à tout le moins qui ressemble à celui-là, avec des critères bien précis.

M. Laforest (Alain) : Est-ce qu'il n'y a pas un danger de créer de faux espoirs?

Mme Anglade : Je pense qu'on n'a jamais… on n'est jamais mieux servis que par plus d'informations qu'on donne à la population. Et, si les critères sont bien identifiés, au moins, les gens vont avoir au contraire une idée, ils vont être capables de se projeter. Je pense qu'il faut faire confiance, aussi, à l'intelligence des Québécois.

Journaliste : Je voulais vous poser une question aussi…

M. Robitaille (Antoine) : Mais on n'a pas appris avec les dates de s'en méfier, justement? Les 28 jours qui sont devenus des 90, puis…

Mme Anglade : Le problème des 28 jours, c'est que c'était juste 28 jours. On nous disait, bien, 28 jours. Il n'y avait pas de critères qui étaient associés à ça. Si vous regardez le plan de la Saskatchewan, vous voyez qu'il y a un pourcentage pour la vaccination, il y a plus de critères qui te permettent de dire : O.K., on va être prêts à ce moment-là.

Donc, ce n'est pas juste de dire : C'est 28 jours, c'est 16 jours, c'est 15 jours, comme on l'a fait, comme le gouvernement l'a fait la dernière fois, c'est d'avoir des critères qui permettent aux gens de comprendre pourquoi on arrive à une situation, pourquoi on n'arrive pas à cette situation-là.

M. Laforest (Alain) : C'est quoi, le critère du 24 juin?

Mme Anglade : Ah, bien, je ne pourrais pas vous le dire.

M. Larin (Vincent) : Pensez-vous que ça pourrait convaincre plus de jeunes d'aller se faire vacciner si, par exemple, on disait clairement : À telle date, si on a atteint tel pourcentage, nous pourrons rouvrir…

Mme Anglade : Vous avez raison, je pense que ça pourrait être un incitatif. Plus les gens savent où on s'en va, mieux ils sont capables d'adhérer, de comprendre, puis d'adhérer aux règles. C'est ce qu'on demande depuis longtemps. Donc, si on veut qu'ils adhèrent, donnez cette information-là. Moi, je trouve ça extrêmement pertinent. Quand j'ai vu le plan de la Saskatchewan, je me suis dit : Ah! bien, ils savent que… voici comment ça va se passer. Ce n'est peut-être pas parfait, mais on a besoin de s'inspirer de ce qu'ils font.

Mme Lévesque (Fanny) : ...la pause-vaccin, Québec solidaire demande ça depuis longtemps, ils vont déposer un projet de loi aujourd'hui, est-ce que c'est le genre de préoccupation que vous en entendez, vous, en circonscription? Est-ce que les gens ne sont pas capables d'aller se faire vacciner parce qu'ils ne sont pas libérés du travail?

Mme Anglade : Je n'ai pas… Ce n'est pas une préoccupation qui m'a été amenée par les citoyens de ma circonscription. Je pense qu'on doit mettre tout en oeuvre pour faire en sorte que les gens aillent se faire vacciner. Mais ce n'est pas un problème majeur, mais...

M. Laforest (Alain) : ...favorable?

Mme Anglade : Bien, je veux dire, on va regarder ce qui va être déposé par Québec solidaire dans le...

M. Laforest (Alain) : C'est une pause de trois à quatre heures, et M. Nadeau-Dubois a été très clair ce matin : Il n'y a pas personne qui va faire faillite à cause de ça. Je ne sais pas si M. Leitão est d'accord avec ça, lui. Il parle beaucoup avec les entreprises. Mais on dit…

Mme Anglade : ...

M. Laforest (Alain) : Les entrepreneurs ne sont pas favorables à ça, une pause de trois à quatre heures.

Mme Anglade : Bien, écoutez, comme je vous dis, moi, je n'ai pas entendu... À quel problème est-ce qu'on répond? Est-ce que les gens ne sont pas capables d'aller se faire vacciner à cause de ça?

M. Laforest (Alain) : Mais la question, ce n'est pas ça, Mme Anglade. C'est : Êtes-vous favorable ou non à une pause-vaccin de trois à quatre heures?

Mme Anglade : Je ne sais pas à quel problème est-ce que ça répond spécifiquement, et ça va être à Québec solidaire de l'expliquer.

M. Larin (Vincent) : Selon vous, il n'y a pas de problème avec la...

Mme Anglade : De ce que j'ai entendu sur le terrain, les gens vont se faire vacciner. Je veux dire, moi, dans ma circonscription, il n'y a personne qui a appelé pour dire : On n'est pas allé se faire vacciner parce qu'on n'a pas de pause associée à ça.

M. Bergeron (Patrice) : Mme Anglade, vous avez souvent parlé de... vous avez souvent utilisé le terme que M. Legault est déconnecté. Vous êtes revenue souvent avec ce terme-là, que ce soit, bon, sur différents dossiers, l'immigration, le logement, et d'autres partis aussi ont utilisé ce terme-là, les partis de l'opposition. Est-ce que ce terme-là n'est pas en train de coller à la peau comme étant un hashtag ou une étiquette au gouvernement Legault ou au premier ministre qu'il est totalement déconnecté, quoi?

Mme Anglade : Bien, c'est parce qu'il y a des problèmes sur le terrain qui sont réels, que les gens vivent au quotidien. On n'a qu'à penser à l'enjeu des garderies, par exemple, où… Il n'y a pas une tournée que j'ai faite, puis j'en ai fait plusieurs, il n'y a pas une tournée que j'ai faite, en Abitibi, en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent, en Outaouais, où les gens n'ont pas soulevé cet enjeu-là qui est de plus en plus criant.

Et, lorsqu'on entend ça puis qu'on entend le premier ministre nous dire : Bien, tu sais, ça n'a pas l'air d'être un problème, il n'y a pas l'air d'avoir de crise, pour moi, ça m'inquiète énormément. Et c'est ça qui fait...  C'est ça la déconnexion, quelque part. Elle vient de là. Lorsque l'on regarde la crise du logement et que les gens voient... peu importe que ce soient des logements sociaux, que ce soient des logements abordables, que ce soient des logements... des maisons qui soient achetées, et que le gouvernement dit : Non, il n'y en a pas de crise, c'est comme un déni de la situation et c'est quelque chose qui revient souvent avec le gouvernement. On nie la crise du logement. On nie la crise des services de garde. On nie le problème au niveau de la main-d'oeuvre. On nie le racisme... on a tendance à nier les problèmes pour ne pas les affronter. Puis, quand tu ne nommes pas les choses, bien, quelque part, tu es déconnecté aussi de ce que vivent les gens sur le terrain.

M. Bossé (Olivier) : ...M. Labeaume, est-ce que vous iriez à dire que c'est une inspiration? Parce que vous n'avez pas exactement un style similaire. Bien, disons qu'on...

Mme Anglade : Bien, non. Mais, par contre, le style... je ne sais pas ce que vous voulez dire. Et vous pouvez élaborer. Bien, je pense qu'en fait c'était quelqu'un d'extrêmement authentique, d'extrêmement direct, de franc et de sensible... et de sensible, et on le voit, et on l'a vu dans des moments qui ont été très difficiles pour l'ensemble des Québécois, on le voit dans ses moments à lui qui sont personnels. Et moi, je pense que des gens authentiques comme ça sont des inspirations en politique, oui.

Mme Prince (Véronique) : Mme Anglade, j'aimerais vous entendre sur le désengagement policier qui est étudié, là, à l'École nationale de police, là. Il y a des policiers qui ont tellement peur, en fait, de se faire filmer et de se faire juger sur le tribunal des réseaux sociaux qu'ils vont même hésiter et, parfois, ils ne vont pas intervenir sur certaines situations, là. Ce n'est pas un problème de sécurité publique qu'on est en train d'avoir, là, au Québec, qui s'installe graduellement?

Mme Anglade : Est-ce que ce n'est pas un problème de la sécurité publique qui est en train de s'installer graduellement? C'est ça, votre question? Bien, je pense qu'il y a toute la question de culture qui est en train de... qui doit être opérée, puis je peux comprendre qu'il y ait ces réactions-là. Mais, d'un autre côté, il faut aussi qu'on soit capables d'avancer, qu'on soit capables d'avancer avec les caméras, les caméras corporelles, qu'on soit capables de faire un bout de chemin ensemble pour assurer... encore une fois, on revient à la question de la transparence, mais pour assurer une plus grande transparence aussi dans ce qui est fait avec nos corps policiers.

M. Bergeron (Patrice) : ...il y a de plus en plus de parlementaires qui prennent la parole pour exprimer leur malaise de siéger à côté d'une élue qui traîne autant de casseroles, d'allégations quand même assez graves de harcèlement. Est-ce que vous ressentez le même malaise à ce que cette députée-là siège en Chambre avec vos collègues? Et vous, est-ce que vous avez des malaises, Mme Rizqy, M. Leitão?

Mme Anglade : Moi, je peux vous dire, c'est sûr qu'il y a un malaise. C'est sûr qu'il y a un malaise. Je vous dirais d'entrée de jeu que, tu sais, quand on a vu, par exemple, le premier ministre remercier le travail de Marie-Eve Proulx mais n'avoir aucun mot à l'endroit des victimes, à l'endroit des personnes qui ont été harcelées de manière psychologique, ça, c'est un problème. D'abord et avant tout, mes premières pensées, moi, vont aux personnes qui ont vécu le harcèlement de Mme Proulx. Et on ne devrait avoir aucune tolérance. Quand on dit tolérance zéro, on ne devrait avoir aucune tolérance.

Et je l'ai dit ici, moi, si Mme Proulx était dans mon caucus, elle ne ferait plus partie de mon caucus. Elle ne ferait plus partie de mon caucus parce que, quand on dit tolérance zéro, avec autant d'exemples qui ont été donnés, il n'y a aucune raison pour que Mme Proulx fasse encore partie du caucus de la CAQ. Mais ça, c'est le leadership de François Legault qui doit s'exercer.

M. Robitaille (Antoine) : Quel est votre critère? Une plainte qui ne déboucherait pas, est-ce que ce serait tolérance zéro quand même?

Mme Anglade : Bien là, on ne parle pas d'une plainte qui n'a pas débouché. On parle d'une personne qui... Il y a eu plus de 15 départs dans son bureau.

M. Robitaille (Antoine) : ...Mme Anglade, vous dites tolérance zéro. Qu'est-ce que vous voulez dire? Tu sais, un de vos députés qui est accusé, qui... c'est-à-dire, il y a une plainte contre lui pour harcèlement, est-ce que ce serait suffisant pour soit le suspendre du caucus, le temps qu'on fasse la lumière...

Mme Anglade : Il faudrait qu'il y ait... Il y a le processus qui serait suivi à l'Assemblée nationale, et là on regarderait, à l'Assemblée nationale, quelles sont les mesures qui... Il y a des règles à suivre, hein? Il y a un processus qui est à suivre pour savoir ce qui s'est passé, pour que ce soit documenté, pour accompagner la personne, pour que la personne prenne conscience de ce qu'elle fait, pour s'assurer que ça ne se reproduise plus. Mais là ce n'est pas le cas. Là, ce dont on parle, c'est quelqu'un qui est...

M. Robitaille (Antoine) : ...je veux dire, dans votre caucus, si ça survenait.

Mme Anglade : Ce que je peux vous dire, dans mon caucus, si quelque chose comme ça était porté à mon attention, la première chose que je ferais, j'irais avec l'Assemblée nationale, je dirais : Qu'est-ce que l'on fait dans ce cas-là? Il faut documenter les choses, savoir ce qui s'est passé, puis vous savez que c'est confidentiel, donc savoir ce qui s'est passé, le documenter.

Mais, au bout du compte, je reviens en arrière, au bout du compte, ici, là, de quoi on parle? On parle de quelqu'un qui a eu 15 départs dans son bureau. On parle de quelqu'un qui est allé avec des plaintes. Il y a eu des ententes à l'amiable, on a été jusqu'au tribunal avec ces plaintes-là. Ce n'est pas quelque chose de banal.

M. Robitaille (Antoine) : ...l'Assemblée nationale rembourse les frais, par exemple.

Mme Anglade : Qui a payé les frais?

M. Robitaille (Antoine) : Oui, voilà.

Mme Anglade : Qui a payé les frais? Vous le savez?

M. Laforest (Alain) : L'avez-vous demandé au premier ministre? Vous l'avez demandé tantôt.

Mme Anglade : Cette question-là sera posée.

M. Laforest (Alain) : Non, mais vous la posez ici. Allez-vous lui demander en Chambre?

Mme Anglade : Cette question-là sera posée.

M. Gagnon (Marc-André) : Mais même la facture du coaching, là, parce que...

Mme Anglade : Bien, la facture du coaching... la facture du coaching.

M. Gagnon (Marc-André) : O.K. Juste pour revenir sur la question du passeport vaccinal, là, advenant le cas où que le gouvernement décide de ne pas se mouiller, là, de ne pas l'imposer, est-ce qu'un restaurateur, sur la base de son initiative personnelle, pourrait exiger que sa clientèle présente une preuve de vaccination ne serait-ce que pour rassurer, justement, sa clientèle ou ça pourrait être mal vu, selon vous?

Mme Anglade : Est-ce que... Répétez la dernière partie de votre question. Est-ce qu'un restaurateur pourrait quoi, advenant le cas...

M. Gagnon (Marc-André) : Exiger, donc, une preuve de vaccination aux clients qui viennent à son restaurant, hein, pour, autrement dit, rassurer sa clientèle?

Mme Anglade : Bien, ça soulève un certain nombre de questions à ce moment-là, parce que le gouvernement va devoir dire quelque chose aussi par rapport à ça. Je pense qu'on pourrait envisager... Je reviens au test rapide. Moi, je pense que, par exemple, le test rapide, ça devrait être des avenues qui devraient être considérées parce que, si on laisse le libre cours à chacun des restaurateurs, je ne sais pas si c'est l'approche que j'adopterais. Moi, je pense qu'on doit avoir un message clair aussi de la part du gouvernement.

M. Gagnon (Marc-André) : Donc... un danger si le gouvernement ne tranche pas?

Mme Anglade : Oui, de laisser le libre cours, effectivement, ça pourrait être un danger. Mais, comme je vous dis, je reviendrais à des méthodes que nous avons et qui sont disponibles. Toute la population n'a pas reçu deux doses de vaccin, loin de là. Entre-temps, les restaurateurs ont besoin d'avoir une réponse, puis on ne veut pas jouer au yoyo avec les restaurateurs, donc il nous faut trouver des alternatives. Celle-là pourrait être une alternative envisageable, lorsque je parle des tests rapides, par exemple.

Mme Lévesque (Fanny) : On apprenait, ce matin, là, qu'il y a des gens en fin de vie qui sont installés dans un hôtel de... pardon, de Laval...

Mme Anglade : De Laval.

Mme Lévesque (Fanny) : ...la tapisserie tombe des murs. Est-ce que c'est acceptable, à votre avis, cette situation-là? Parce qu'on comprend qu'ils ont été déplacés en vitesse dans le contexte de la pandémie. Et qu'est-ce qu'on devrait faire pour régler ce problème-là rapidement?

Mme Anglade : C'est vraiment... C'est sûr que, lorsqu'on voit ça, on est... c'est vraiment troublant ce qui se passe. Mais je pense que personne ne veut que ces choses-là se produisent, à commencer par le ministre de la Santé, et je suis sûre qu'il ne veut pas non plus que ça se produise. Donc, je pense qu'il faut travailler avec le CIUSSS et trouver des solutions ou des alternatives qui pourraient être plus humaines, plus respectueuses de nos personnes qui sont en train de nous quitter. Je pense que c'est ça que je dirais. Mais, encore une fois, il faut quand même... Il n'y a personne qui peut trouver que c'est une bonne situation dans laquelle se trouver.

La Modératrice : Merci beaucoup. On prend les questions en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

Mme Anglade : Good morning.

Mme Senay (Cathy) : Earlier this week, the Government of Saskatchewan released its reopening road maps. Do you think Québec should follow this example to have this road map that, after a certain percentage of people having the first shot, that this, this, this can reopen?

Mme Anglade : Yes, I believe Québec should follow a similar strategy because what it allows you to do is really to see, to have a plan of what's coming up, and for people to know what are the criteria. If you look back at what happened in October, November, December, the Premier came up with 28 days, but without any criteria. The value of the Saskatchewan plan is that they actually have criteria that people can follow.

So, it could definitely be a way to approach this, and I would strongly recommend to the Government to use this approach.

Mme Senay (Cathy) : Mother's Day is coming this Sunday, and you have many people that have had… who had their first shot. You did. Some of them feel fully immune. What's the… here? Is the Government having this responsibility and you, as an MNA and the leader of the Official Opposition, to send this strong message to Quebeckers?

Mme Anglade : Yes, I think we all do because we're not fully immune. Even myself, I got my shot two weeks ago, so I still have, like, for this to be even at the best, the ultimate percentage, I still have to wait an additional week. So, we need people to be cautious. We need people to realize that we are approaching a phase where, hopefully, a majority of Quebeckers are going to be vaccinated. So, we need to be cautious about Mother's Day.

Mme Senay (Cathy) : But the fact is… just one shot, do you think it's clear to everybody, the risk that's… on the people just with one shot?

Mme Anglade : I hope it is. We try to reinforce it as much as we can. You're right that we all have a role, as MNAs, to sensitize people and to make sure that they realize that, until we are not fully vaccinated, it's not even an option, especially that a lot of people in the population is still not vaccinated. So, we just need to be very, very cautious, and you're right, we need to send a message to the whole population.

Mme Senay (Cathy) : And just one last… to clarify. Mr. Dubé, in the last two weeks, has been speaking a lot about this… vaccinated. He wants us to have a digital proof. How… be for the Government to basically have a very strict framework… this?

Mme Anglade : Well, I think it's important that we have clear guidelines from the Government from that standpoint. And because it's not something that's trivial, it raises a number of questions, ethical questions, and I think we need to have those answers. We need to have experts that really tell us, like, what are the pros and the cons in order to make decisions. But we need clear guidelines from the Government.

Des voix : Merci.

(Fin à 9 h 18)