Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Le jeudi 6 mai 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures deux minutes)

Mme Massé : Bonjour, tout le monde. Ça fait plusieurs semaines, plusieurs mois même, que vous nous entendez parler de crise de logement. Hier, dans un échange, la ministre a rajouté une couche à la non-reconnaissance de la crise du logement. Je nous rappelle, elle a dit : On n'est pas du tout dans une crise de logement. Quelle déconnexion! Il ne faut pas être un tant soit peu branché sur le monde pour dire des choses comme celles-là, malgré le fait, on va se le dire, qu'avec toutes les interventions qui ont été faites dans les dernières semaines, il me semble que c'est son dossier, là, elle aurait pu se retourner puis aller voir le monde.

Elle, elle nous parle de chiffres, elle nous parle de taux d'inoccupation. Nous, on lui parle des gens derrière ces chiffres-là. On lui parle des gens qui composent la population du Québec, une vaste étendue de la population du Québec. Quand les gens ne sont pas capables de payer le coût du loyer qui est demandé, ça rentre... ce loyer-là rentre dans le taux d'inoccupation. Quand les gens veulent... sont capables de payer un loyer, mais ils ne veulent pas prendre ce loyer-là parce que c'est un taudis, ce loyer-là rentre dans le taux d'inoccupation. La ministre nous dit : Il n'y a pas de crise, le taux d'inoccupation ne justifie pas qu'on appelle ça une crise. Non, mais attendez, là. Est-ce qu'elle est allée voir c'est quoi, les coûts de ces logements-là, ou l'état de ces logements-là?

Vous savez, il y a eu des bons coups dans les derniers jours. Enfin, la ministre s'est réveillée. Enfin, la CAQ s'est réveillée. 1 500 logements abordables à travers le Québec, c'est bon. C'est vraiment bon. Bien, c'est un bon début, en tout cas. 100 millions pour réparer les HLM que ça fait des années et des mois que, nous, on tape sur ce clou-là, qu'il y en a, des logements. C'est juste qu'ils ne sont pas rénovés. C'est bien, mais qu'est-ce qu'elle aurait fait si on n'avait pas été là? Qu'est-ce qu'elle aurait fait? Je sens qu'elle réagit… on sent qu'elle réagit parce qu'on a brassé la cage, parce qu'on a exposé ici la réalité vécue par des centaines de milliers de locataires à travers le Québec.

Alors, je pense qu'il y a des bons pas qui ont été faits, on est en bonne voie. Mais l'enjeu, ça ne règle pas du tout ce que vivent présentement les gens dans ma circonscription qui sont évincés au 1er juillet. Eux autres, là, ils ne seront pas capables de payer les taux… les logements, pardon, qui composent le taux d'inoccupation. Alors, la ministre doit prendre conscience de ça. Il lui reste un geste qu'elle peut poser — elle peut en poser plusieurs autres — mais un qui viendrait vraiment aider pas juste les 70 familles dans ma circonscription du Manoir Lafontaine. Il y a 18 immeubles, présentement, dans Rosemont, en rénovictions. Il y a des gens de Sherbrooke qui nous ont parlé d'avoir été… d'avoir reçu leur lettre d'éviction à cause des rénovations. Même chose au Saguenay, bon, partout à travers le Québec.

Alors, j'invite la ministre à continuer sa marche vers la prise de conscience de la crise du logement et de déposer un moratoire contre les évictions. On est en pandémie. Ils l'ont fait l'an dernier, ils sont tout à fait capables de le faire pour enlever le stress que vivent présentement les familles qui ont reçu leur lettre d'éviction, et certains, seulement en anglais, en passant.

M. Nadeau-Dubois : Merci, Manon. Bonjour, tout le monde. Ce matin, je vais déposer un projet de loi pour instaurer une pause-vaccin pour l'ensemble des travailleurs et des travailleuses du Québec. L'objectif de ce projet de loi est simple : s'assurer que tous les travailleurs, toutes les travailleuses au Québec vont pouvoir aller se faire vacciner, dans les prochaines semaines, sans perdre un seul dollar de salaire. La vaccination pour la population active commence, le ministre de la Santé nous dit que le mois de mai sera le mois de la vaccination. Bien, pour que ça marche, il faut lever toutes les barrières économiques à la vaccination. Il faut qu'il n'y ait aucune raison de ne pas aller se faire vacciner ou de reporter, même de quelques jours, son rendez-vous de vaccination.

Je vous rappelle qu'il y a près de 125 professionnels de la santé qui ont appuyé cette proposition de Québec solidaire. Je vous rappelle que, cette semaine, les deux grandes centrales syndicales du Québec, la CSN et la FTQ, ont appuyé la proposition de Québec solidaire. Je vous rappelle que de nombreuses compagnies privées le font déjà. Je vous rappelle que les CDC aux États-Unis en ont fait une recommandation officielle. Il y a un consensus au Québec, au Canada, à travers le monde, sur le fait que les barrières économiques à la vaccination doivent être levées. Je ne demande pas à François Legault de devenir socialiste, je lui demande d'être, au moins, aussi protravailleur que Jason Kenney qui a, en Alberta, promulgué une pause-vaccin, je pense qu'il est assez progressiste pour ça.

Journaliste :

M. Nadeau-Dubois : Je veux vous parler d'un deuxième sujet juste avant. Hier…

Journaliste :

M. Nadeau-Dubois : …oui, il y avait une bonne pause, bien, prendre mon souffle, j'ai dit : Jason Kenney et progressiste dans la même phrase, ça fait que ça prend un moment pour se remettre sur pied. Hier, on a reçu une super belle nouvelle, hier, on a reçu, je pense, honnêtement, là, la meilleure nouvelle dans notre lutte contre la COVID-19 depuis très longtemps, on a appris que Joe Biden appuyait la suspension des brevets sur les vaccins contre la COVID-19. Ça, c'est un point tournant dans notre lutte mondiale contre le virus. Québec et Ottawa doivent répondre présent à l'appel à la solidarité lancé par Joe Biden. Pfizer-BioNTechprojette des profits de 26 milliards de dollars seulement grâce à son vaccin contre la COVID‑19.

Ce matin, je vais déposer une motion à l'Assemblée nationale pour que, d'une seule voix, cette Assemblée affirme que les vies humaines doivent passer avant les profits des multinationales pharmaceutiques. Ce n'est pas une question de charité, c'est une question de solidarité, et c'est dans notre intérêt de s'assurer que toute la planète soit vaccinée le plus vite possible. Il n'y aura aucun Québécois, aucune Québécoise en sécurité tant et aussi longtemps que toute la planète ne sera pas vaccinée.

Cette motion-là va donc demander au gouvernement du Québec d'appuyer le geste de Joe Biden et la motion va également demander au gouvernement québécois de faire pression sur Ottawa pour qu'autour de la table de l'Organisation mondiale du commerce le Canada vote du bon bord, avec Joe Biden, pour la suspension de tous les brevets sur les vaccins contre la COVID-19.

M. Laforest (Alain) : Alors, je reviens ...votre proposition concernant le congé de quatre heures, ça a déjà été refusé. Pourquoi ça changerait aujourd'hui?

M. Nadeau-Dubois : Moi, j'ai posé, la semaine dernière, la question au Dr Arruda, qui est le responsable de la santé publique, et il m'a dit que la réflexion se poursuivait au sein de la santé publique québécoise. Alors, je n'ai pas perdu espoir. Je pense qu'il ne faut pas prendre de chance, il faut avoir une approche préventive. Il faut, avant que les problèmes arrivent en termes d'accès à la vaccination, mettre toutes les chances de notre bord. On ne peut pas se permettre que même 10 000, 15 000 ou 20 000 personnes reportent leur vaccination à cause de contraintes liées à leur horaire de travail.

Mme Prince (Véronique) : En même temps, M. Nadeau-Dubois, au début, là, quand un nouveau groupe peut s'inscrire, au début, il y a comme un engouement, tout le monde se pitche sur les plages, comme on dit. Mais après, quelques jours après, il y a plein de plages vides, alors, même les fins de semaine, même les soirs. Alors, c'est pour ça que je pose la... je comprends le point de dire : Une pause vaccin est nécessaire, là. Mais est-ce qu'il y a quand même une pertinence sachant qu'il y a des plages vides qui finissent par se libérer la fin de semaine?

M. Nadeau-Dubois : À cette question-là, il y a récemment 125 professionnels de la santé qui ont répondu, oui, 125 professionnels de la santé, pas du monde de Québec solidaire, pas des militants syndicaux, des épidémiologistes, des gens crédibles comme Alex Carignan, des gens comme Roxane Borgès Da Silva à l'Université de Montréal qui ont dit : Il faut lever...

Mme Prince (Véronique) : ...il y a des gens qui ne sont pas capables de prendre...

M. Nadeau-Dubois : Mais, moi, ce que je vous dis, c'est qu'on ne peut pas prendre de chance, on ne peut pas prendre de chance, il faut lever préventivement toutes les barrières économiques à l'accès au vaccin. Puis vous avez bien raison que, dans les premiers jours, on constate une ruée vers les vaccins. C'est facile, ça, c'est les gens qui étaient très impatients de se faire vacciner. Moi, ma question, c'est qu'est-ce qu'on fait avec les autres qui ont peut-être des conditions de vie plus difficiles et pour qui c'est plus difficile d'avoir accès au vaccin?

Paradoxalement, ce sont aussi souvent ces gens-là qui sont les plus exposés au virus. Les gens qui travaillent dans les épiceries, les gens qui travaillent dans les restaurants, les gens qui travaillent dans les transports en commun. Ces gens-là ont des horaires de travail exigeants. Il faut les accommoder au maximum.

Mme Lévesque (Fanny) : Quel genre d'indication vous avez là-dessus? J'imagine, les gens vous appellent ou on parlait beaucoup des professeurs au début, là. Là, maintenant, quel genre d'appel vous avez ou quel genre de préoccupation vous entendez?

M. Nadeau-Dubois : Nous, on reçoit deux types de messages de la part des gens. On a des gens qui nous écrivent pour nous dire : Aïe! moi, mon employeur l'a fait et ça a été vraiment le fun parce que ça m'a facilité la vie. Je suis une mère monoparentale, j'ai deux enfants, aller prendre un rendez-vous à 7 heures le soir, c'est compliqué, donc le deux, trois heures que m'a données mon employeur durant la journée, ça m'a vraiment permis d'y aller à la première plage disponible.

Parce que c'est ça, l'objectif. Pas juste que tout le monde se fasse vacciner d'ici deux mois, que tout le monde soit en mesure de prendre la première plage disponible. Ça, c'est le premier type de témoignages qu'on reçoit, puis on reçoit aussi des témoignages de gens qui nous disent, et ça a beaucoup été des gens dans les services publics : On trouve ça inacceptable que notre employeur ne fasse pas partie de la solution. On trouve ça inacceptable qu'ils soient rigides comme ça alors qu'ils ont une responsabilité sociale d'être flexible. Et d'ailleurs, le premier ministre est d'accord, il a fait un appel en ce sens en point de presse.

Nous, on dit : C'est beau faire des appels en point de presse, il faut instaurer des règles uniformes pour tout le monde.

M. Larin (Vincent) : Qu'est-ce que vous pensez de l'idée de mettre en place un passeport vaccinal qui permette de rouvrir les restaurants plus rapidement?

M. Nadeau-Dubois : Moi, j'ai tendance, sur ce sujet-là, à être d'accord avec les plus récentes déclarations d'Horacio Arruda, qui disait : Attention à ne pas surestimer les avantages et sous-estimer les risques. C'est une question délicate qui doit faire l'objet d'un débat public et qui doit faire ici, à l'Assemblée nationale, l'objet d'une commission parlementaire pour qu'on entende les experts sur cette question-là, comme on l'a fait dans le cas, par exemple, de l'application pour lutter contre la COVID-19.

M. Larin (Vincent) : Selon vous, on sous-estime les inconvénients de gérer un tel système?

M. Nadeau-Dubois : Bien, je pense que les avantages sont faciles à voir, mais que ça vaut la peine de prendre un peu de temps pour se pencher sur les risques potentiels.

M. Larin (Vincent) : Qu'est-ce que vous voyez comme risques potentiels?

M. Nadeau-Dubois : Bien, on est en pleine crise du logement. Est-ce que, par exemple, des propriétaires ne pourraient pas décider d'exiger un passeport vaccinal pour louer un appartement? La question se pose. Ça, c'est un risque potentiel d'utilisation problématique. Est-ce que, pour obtenir un emploi, un employeur pourrait l'exiger? Ça également, c'est une question qui mérite qu'on y réfléchisse. Est-ce que ça pourrait être une exigence pour entrer dans un cégep ou une université alors que l'éducation est un droit? Ce n'est pas des questions faciles à trancher. C'est des questions éthiques lourdes de conséquences sur la vie des gens et je pense que d'ici à ce que la campagne de vaccination se termine, ce n'est quand même pas demain matin, on a le temps, à l'Assemblée nationale, d'entendre les experts sur ces enjeux-là.

M. Lacroix (Louis) : Quand vous avez entendu, mardi, le premier ministre, M. Dubé, Horacio Arruda, insister mais durant toute la conférence de presse sur l'invitation à aller se faire vacciner, M. Legault a même dit : Si vous êtes vaccinés, vous avez des amis qui sont réticents, essayez de les convaincre, puis on a insisté, insisté, insisté. Avez-vous l'impression qu'ils craignent de ne pas atteindre les objectifs qu'on s'est fixés, le fameux 75 % au 24 juin? Parce que, comme disait Véronique tout à l'heure, il y a un engouement quand on ouvre des plages, puis ensuite ça réduit. Avez-vous l'impression qu'on pourrait manquer la cible?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je préfère être optimiste, et c'est pour ça que je propose de mettre toutes les chances de notre bord puis qu'on ne prenne pas de chance. Je veux dire, trois heures de congé ou quatre, ça ne mettra aucune business, au Québec, en faillite, là. On peut-u se donner toutes les chances? On peut-u lever préventivement toutes les barrières économiques, et qu'on travaille dans un Loblaws ou qu'on travaille dans une école, bien, qu'on puisse aller se faire vacciner sur notre temps de travail sans perdre un seul dollar de salaire? Moi, je pense que ça, c'est le genre de geste à poser, qui a un impact bien plus concret dans la vie des gens que des incantations en point de presse pour dire : Convainquez vos amis puis votre famille. Par ailleurs, il faut le faire, là, convaincre nos amis puis notre famille, c'est superimportant, et je ne rate jamais une occasion, personnellement, de le faire en personne sur les médias sociaux, mais la bonne volonté, c'est bien, les gestes politiques concrets, c'est mieux.

M. Lacroix (Louis) : Mais vous pensez qu'on va l'atteindre, le fameux 75 %, vous êtes confiant, vous?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je préfère être optimiste, je préfère être optimiste, mais ce n'est pas gagné, ce n'est pas gagné, il faut mettre toutes les chances de notre bord, puis le gouvernement ne doit pas renier une solution simplement parce qu'elle vient d'un parti d'opposition.

Mme Prince (Véronique) : Avez-vous l'impression que le gouvernement a voulu écouler un peu à rabais les doses d'AstraZeneca, alors que les gens, finalement, on s'est aperçu qu'ils pouvaient attendre trois semaines, un mois de plus et avoir des Pfizer, Moderna? Il y a des inquiétudes quand même par rapport à ça, là.

M. Nadeau-Dubois : Oui. Les problèmes de communication des derniers jours, ce n'est pas l'idéal, c'est sûr, c'est dommage. Ceci étant dit, les scientifiques sont des scientifiques, ils donnent leur opinion scientifique, puis je pense qu'il ne faut pas leur en vouloir de le faire avec honnêteté, puis je pense que c'est ce qui a été fait dans cette histoire-là.

Ceci étant dit, maintenant, c'est au gouvernement de clarifier le message. Moi, je m'attends à ce que, dans les prochaines heures, le gouvernement du Québec reclarifie la situation et envoie un message clair parce qu'on ne peut pas ne pas tout faire pour renforcer la confiance dans la vaccination puis la campagne de vaccination.

La Modératrice : Dernière question en français.

M. Bergeron (Patrice) : Mme Massé, vous avez parlé tout à l'heure de déconnexion, c'est un terme qui est revenu dans les dernières semaines, et que la cheffe de l'opposition officielle a aussi utilisé, est-ce que vous avez l'impression que cette étiquette-là, pour le gouvernement Legault, pour M. Legault, est en train de coller, vous revenez avec ce terme-là un peu comme avec Mario Dumont, on parlait d'une girouette, là. Est-ce que c'est en train de devenir un «hashtag», être déconnecté, pour le gouvernement Legault ou...?

Mme Massé : Bien, pour nous autres, ça commence à être pas mal un «hashtag», dans le sens où, déjà l'année dernière, lorsqu'il gérait la crise dans sa première vague, deuxième vague, on n'a pas hésité à démontrer comment sa déconnexion du terrain faisait en sorte que nos travailleuses étaient mal protégées au niveau de l'équipement, que nos écoles n'étaient pas à la hauteur des besoins de prévention et de précaution par rapport à la transmission aérosol, alors que, sur le terrain, on proposait, à l'époque, une cellule terrain, qu'il ait sa cellule de crise, mais qui se lie avec une cellule terrain puisqu'il ne semble pas écouter beaucoup les partis d'opposition. Alors là, ça, c'était l'an dernier.

Et là, on arrive encore avec cette déconnexion notamment au niveau du logement où là, c'est plutôt évident. En tout cas, moi, ça m'apparaît d'une évidence crasse que, s'il n'y avait pas eu Québec solidaire pour lever le flag, pour lever le drapeau puis de dire : Les gens qui sont locataires ne peuvent plus se payer de logement, il y a une crise du logement, bien, je ne pense pas qu'on serait arrivés avec les annonces dernièrement. Et à preuve... Et à preuve, c'est que ce n'était pas dans le budget.

M. Laforest (Alain) : Une dernière au leader, parce qu'hier on a eu une réponse coquille d'oeuf concernant Marie-Eve Proulx, on avait l'impression que vos deux députés marchaient sur des oeufs cassés. Qu'est-ce que vous en pensez de toute cette... Non, non, c'était vraiment une réponse coquille d'oeuf.

M. Nadeau-Dubois : Mais je ne connaissais pas le vocabulaire «réponse coquille d'oeuf». On dirait un nom de couleur.

M. Laforest (Alain) : Bien, c'est parce que... Tu marches sur des oeufs, c'est dangereux, tu marches sur les coquilles, ils sont déjà cassés.

Une voix : Il vient de l'inventer.

M. Nadeau-Dubois : O.K. C'est ça.

M. Laforest (Alain) : Vous pouvez le reprendre, c'est une réponse coquille d'oeuf. Non, mais qu'est-ce que vous en pensez de tout ça, Marie-Eve Proulx, là, la façon dont ça a été géré dans les derniers jours? Exclue du Conseil des ministres, ça fait un an qu'on le sait.

M. Nadeau-Dubois : Je pense que François Legault a manqué de transparence dans cette histoire-là. Nous, on entend dans les médias, des journalistes, des commentateurs, qui disent que son cabinet et lui sont au courant depuis des mois, voire des années, qu'il y a un climat toxique autour de Marie-Eve Proulx. Qu'est-ce qui s'est passé pendant tout ce temps-là? Là, elle est trop radioactive pour être au Conseil des ministres, mais en même temps c'est correct qu'elle reste députée. Moi, je ne comprends pas, je ne comprends pas. Puis je n'ai pas connaissance des faits, je n'ai pas connaissance des faits. Mais de l'extérieur, avec la distance qui est la mienne, je ne comprends pas et je trouve que le premier ministre a manqué de transparence dans sa gestion de cette situation-là.

M. Larin (Vincent) : Qu'est-ce que ça implique si des fonds publics ont servi à payer pour les règlements hors cour dans le dossier de Mme Proulx?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je n'ai aucune information là-dessus. Ça dépend de quels fonds publics vous parlez. Il y a un régime d'indemnisation, au niveau des frais juridiques, pour les députés, qui est administré de manière indépendante par le jurisconsulte de l'Assemblée nationale. Moi, je ne veux pas politiser ça. Je n'ai pas d'information sur quels fonds publics ont été utilisés ou pas dans le cas de Mme Proulx.

M. Bergeron (Patrice) : Il y a déjà des parlementaires qui se sont exprimés... Il y a déjà des parlementaires qui ont exprimé leur malaise par rapport à siéger aux côtés d'une députée qui a fait l'objet de nombreuses allégations de harcèlement et qui a le droit encore de siéger dans la même Chambre puis qui ne contrevient pas, théoriquement, là, au code d'éthique et de déontologie des députés. Vous, vous ressentez ce même malaise-là?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je partage ce malaise parce qu'on ne sait pas ce qui s'est passé, on ne sait pas ce qui s'est passé. Il y a des bribes qui sortent à travers les médias, il y a une décision politique du premier ministre de mettre le couvercle sur la marmite en la sortant du Conseil des ministres, mais l'affaire reste entière. Moi, je partage ce malaise.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'elle devrait réfléchir à son avenir, Mme Proulx?

M. Nadeau-Dubois : Bien, elle devrait réfléchir au fait...

M. Lacroix (Louis) : Parce qu'il y a encore des employés à son bureau de comté.

M. Nadeau-Dubois : Oui, oui. Elle devrait réfléchir sur le fait... comment dire? Les députés, on devrait être exemplaires sur le plan des relations de travail, le harcèlement, l'intimidation, le climat toxique dans un milieu de travail ça ne devrait pas exister nulle part au Québec, puis les gens qui votent les lois devraient être exemplaires, et je n'ai pas l'impression que c'est le cas avec Mme Proulx, c'est le moins qu'on puisse dire.

Mme Prince (Véronique) : Moi, j'aimerais vous parler du désengagement policier, là. Je ne sais pas si vous avez vu le dossier qu'on a fait là, c'est-à-dire des policiers qui ont tellement peur finalement de se faire filmer dans une intervention ou qu'ils se retrouvent devant le comité de déontologie. Justement, ils ont tellement peur qu'eux-mêmes marchent sur des oeufs et hésitent à faire certaines interventions à cause de ce climat-là.

M. Nadeau-Dubois : À cause spécifiquement de la question des caméras, le fait d'être filmés?

Mme Prince (Véronique) : À cause des caméras, mais aussi parce qu'ils ont peur d'être dénoncés. Tu sais, il y a un climat sur les réseaux sociaux qui fait en sorte que les policiers, finalement, sont vraiment encore plus scrutés à la loupe que jamais, là, tu sais.

M. Lacroix (Louis) : Ce qu'on appelle des policiers coquille d'oeuf.

M. Nadeau-Dubois : Si des citoyens, citoyennes n'avaient pas pris leurs téléphones intelligents pour documenter certains abus policiers, il y a des injustices qui seraient restées impunies. Je pense qu'on ne peut pas reprocher aux citoyens puis aux citoyennes de documenter certaines interventions policières quand ces citoyens et citoyennes là ont l'impression qu'il y a quelque chose de pas correct qui se passe. Ça ne veut pas dire qu'il faut prendre pour argent comptant ces vidéos-là. Il y a des processus de déontologie qui doivent être améliorés. Il y a des processus d'enquêtes indépendantes qui doivent être améliorés. Mais moi, je ne ferai pas le procès des citoyens et citoyennes qui, constatant une situation qui pourrait être une injustice, ne prennent pas de chance et la documentent.

La Modératrice : On va passer en...

Une voix : ...

La Modératrice : Dernière, dernière, dernière.

Mme Lévesque (Fanny) : Rapide, rapide. On apprenait ce matin qu'il y a des patients en fin de vie qui ont été transférés dans un hôtel de Laval. La tapisserie tombe des murs, il y a du tapis par terre. C'est inacceptable, selon les familles. Qu'est-ce qu'on devrait faire, donc, rapidement pour régler cette problématique-là?

M. Nadeau-Dubois : Je pense qu'il faut faire preuve de compassion. Il y a... Je pense qu'il n'y a personne qui souhaite finir ses jours dans des circonstances comme celles-là. Tu sais, il y a des gens qui ont les moyens de se payer des gens qui vont être à la maison pour prendre soin d'eux. Il y a du monde qui n'ont pas ces moyens-là. Je pense que notre système de santé doit faire preuve de plus de compassion puis trouver une manière de mieux accompagner ces gens-là dans leurs derniers moments.

Mme Lévesque (Fanny) : ...déplace...

M. Nadeau-Dubois : Je pense qu'il faut trouver un endroit plus digne, plus confortable, plus paisible pour finir leurs jours.

La Modératrice : Merci...

Mme Massé : Puis il n'en manque pas à Laval.

M. Nadeau-Dubois : Oui, puis par ailleurs je pense qu'il y a plein de beaux endroits à Laval.

La Modératrice : On va passer en anglais.

M. Nadeau-Dubois : Oui, parce que, là, c'est nos amis des autres formations politiques qui vont être fâchés.

Mme Senay (Cathy) : I'll be quick. It's Mother's Daycoming soon. Yes. And did you see the latest ad campaign from the Government reminding people that they are not fully immune with one shot? What are your fears regarding Mother's Day coming in a few days and, like a small portion of the population have received a second dose?

M. Nadeau-Dubois : We have to stay focused. We have to stay focused on our objective. And our objective is : Let's get through that third wave. Let's get everyone a shot of the vaccine, everyone that wants it, as soon as possible. Let's not take any chances. We've heard stories of people taking a chance one time for one party and infecting dozens of people around them. Let's not take a chance. Let's do a Zoom call or a walk outside with our mother this weekend. And next year we'll have a real party.

Mme Senay (Cathy) : But you know what the feeling of being, when you receive the first shot... I tend to feel it myself. The people are feeling : Oh! that's it, liberty is coming. Right? And the fact that the Government have to put together an ad campaign tells you... it tells us that the message does not get across. ...it's funny that you're saying a Zoom call, but you know that people are sick of this and...

M. Nadeau-Dubois : I am sick of this, I understand. You know, it's OK to be optimistic, but we have to stay careful. The cost of too much optimism at this point in our fight against the pandemic, is heavier, heavier than the emotional cost of maybe having a Mother's Day a little bit less nice this year.

Des voix : Merci.

(Fin à 8 h 27)

Participants


Document(s) associé(s)