Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de Mme Lorraine Richard, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour les aînés et les proches aidants, et en matière de maintien à domicile

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de Mme Lorraine Richard, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour les aînés et les proches aidants, et en matière de maintien à domicile

Version finale

Le mercredi 5 mai 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-quatre minutes)

La Modératrice : Bonjour, bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Ce matin, Mme Lorraine Richard, notre porte-parole pour les aînés et les proches aidants. Elle sera suivie du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon.

Mme Richard, la parole est à vous.

Mme Richard : Bonjour. Merci d'être là ce matin. Vous savez, au Parti québécois, j'ai la responsabilité des aînés. Parallèlement, j'étais commissaire sur la commission sur le droit des enfants, la protection de nos enfants, la commission Laurent. Et j'ai toujours dit qu'une société qui ne s'occupait pas de ses enfants et de ses aînés, elle ne pouvait pas aller nulle part.

Je vais commencer à vous parler des aînés. La pandémie a mis en lumière tous les ratés qu'il pouvait y avoir dans les CHSLD, dans des RPA au niveau de la maltraitance, au niveau d'un manque de soins. On a pu voir aussi l'inaction du gouvernement et l'inaction de la ministre des Aînés. Ça fait bientôt deux ans que celle-ci est en poste. On a eu droit à quoi? Est-ce qu'on a eu droit à une vision en profondeur, à une réforme en profondeur des soins qu'on doit prodiguer aux aînés? La réponse, c'est non.

Les maisons des aînés, c'est beau, ça va être super beau. Qu'est-ce que c'est en réalité? Des belles chambres. Vous savez qu'à un moment donné Mme Blais avait fait des visites, hein, puis elle voulait changer la couleur des chambres. Elles vont être bien peinturées. Le mobilier va être très, très beau. Mais on est rendus à 2,6 milliards. Elle veut augmenter le nombre de maisons des aînés pour peut-être un autre 2 milliards, qui, soit dit en passant, n'est pas décaissé, pas financé.

Quel aîné va avoir le droit? Comment on va privilégier tel aîné par rapport à un autre pour avoir droit, justement, à cette fameuse beauté que va être, à l'intérieur des murs, les maisons des aînés? Je me questionne aussi là-dessus.

Je me questionne également, c'est bien beau d'être dans un bel appartement, une belle chambre; ça prend des soins. On a vu durant la pandémie, ça a été mis en lumière, tout le manque de personnel, le manque de soins qui étaient prodigués à nos aînés. Je vous parle de les hydrater. Je vous parle de les laver. Je vous parle de s'en occuper, pas juste de les placer dans une chaise gériatrique le matin, faute de temps, puis de les recoucher le soir dans leur lit.

Où seront ces personnes qui vont s'occuper de nos aînés dans ces fameuses maisons? Qui va les payer? On a calculé que pour à peu près 30 maisons on aurait besoin d'un peu plus de 1 500 personnes pour donner des soins cliniques. Tout cet argent, plus de 4 milliards, on va peut-être dépasser 4,6 milliards, pourquoi ne pas avoir fait un véritable virage, augmenter les soins à domicile? Parce qu'on le sait, la plupart des gens veulent demeurer à la maison. Un véritable virage.

Ensuite, s'occuper vraiment de ce qui se passe dans les RPA, parce que la plupart des RPA, c'est des grosses résidences privées pour aînés, les propriétaires veulent faire de l'argent, c'est à but lucratif. On donne un crédit d'impôt à nos aînés. Pendant ce temps-là, que font les propriétaires? Bien, ils chargent pour changer une culotte, ils chargent un peu plus pour toutes sortes… placer des gouttes oculaires, etc. Donc, le crédit d'impôt qu'on donne à nos aînés s'en va directement dans la poche des propriétaires.

Il n'y a pas eu, depuis le temps que Mme la ministre est ministre des Aînés et l'a été sous un autre gouvernement, il n'y a pas eu de véritable changement, réellement, pour s'occuper des aînés. Ça, ça me désole énormément. Je l'ai questionnée durant les crédits. On ne le sait pas encore quand est-ce qu'il va y avoir des enquêteurs en nombre suffisant pour exercer suffisamment de visites pour constater quelle est la qualité de nos aînés au jour le jour.

Vous savez, ça ne fait plus beaucoup la une, hein, ça meurt moins dans les CHSLD de la COVID, mais il y a encore des gens, il y a encore des aînés qui sont hébergés, il y a encore du personnel qui sont à bout de souffle puis qui ne sont pas capables de leur donner les soins. Il y a encore du personnel qui s'en va à la maison après leur chiffre de travail puis qui se disent : Je n'ai pas réussi, je n'ai pas réussi à donner les soins que j'aurais voulus à cette madame que je considère comme ma mamie. Puis, comme société, on laisse ça faire. Puis, comme société, on ne dit rien. Bien, moi, je vais interpeller la ministre très, très, très souvent, parce que placer des milliards dans des beaux bâtiments puis ne pas s'occuper de ceux qui en ont besoin maintenant, c'est un scandale. C'est un scandale. On regarde ça, là, puis personne ne parle. Personne ne parle. Bien, voyons donc!

On a chacun un rôle à jouer pour nos enfants, mais on a chacun un rôle à jouer pour nos aînés. Et ça va être des sommes d'argent extrêmement considérables qu'on va engloutir dans les maisons des aînés, puis, par la suite, qui va en prendre la charge si ça ne fonctionne pas? Un OSBL? On va prendre des employés ici et là, parce que le ministère de la Santé n'aura pas assez d'argent, parce qu'il a déjà de la difficulté à donner des primes, il a déjà de la difficulté à recruter des infirmières et des infirmiers auxiliaires et des préposés pour s'occuper de ce qu'on a maintenant dans nos installations. Donc, vous voyez que je suis assez fâchée ce matin.

Maintenant, je vais vous parler de quelque chose d'un peu plus réjouissant. Le sujet ne l'était pas, c'était la commission Laurent. Ce fut un travail colossal depuis deux ans, avec des commissaires experts, avec toute une équipe. Écoutez, moi, je me suis sentie privilégiée de faire partie de cette commission. Vous avez été à même de voir toutes les recommandations. Il y en a une sur laquelle je vais m'attarder un peu plus, c'est le commissaire au bien-être, à la protection de nos enfants et le commissaire adjoint.

Le commissaire adjoint sera dédié vraiment aux communautés autochtones. Celles-ci auront leur mot à dire quant à la nomination du commissaire adjoint. C'est l'autodétermination en termes de services sociaux pour les communautés autochtones des différentes nations de s'occuper de leurs enfants pour préserver leur culture, préserver leur langue. On le sait, hein, ils étaient surreprésentés au niveau de la DPJ, les enfants autochtones, souvent déracinés de leur milieu. C'était très déchirant, les histoires qu'on peut avoir entendues, puis que, moi, j'ai entendues aussi dans mon coin de pays. Vous le savez, j'ai quand même sept communautés autochtones.

Donc, je peux vous dire que, comme parti politique, nous allons demander au gouvernement de mettre en oeuvre les recommandations, de faire un plan d'action avec des cibles précises, et on va suivre ça. Et moi, je vais le suivre personnellement avec toute l'équipe du Parti québécois. On le doit aux familles du Québec. On le doit à nos enfants. Et j'espère que pour les aînés, on leur doit une meilleure fin de vie à eux aussi. Ils devraient avoir un chez-soi pour la vie.

Merci, puis je cède la parole à mon chef, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Lorraine. Bonjour à tous. Ce matin, je veux commencer par ce qu'on apprend sur la fête nationale, parce que c'est inquiétant. Donc, on comprend qu'on a un gouvernement qui veut retirer le gros spectacle télévisé à Montréal pour la fête nationale. Et il y a d'autres allégations, là, d'interventions du gouvernement dans la fête nationale.

Il y a un grave problème à retirer Montréal, notre métropole, d'une célébration comme celle de notre fête nationale. C'est comme si on était en train de dire aux Montréalais : Ça, ce n'est pas pour vous, la fête nationale, alors que c'est le plus gros bassin de population. Quel signal ça envoie à Montréal? Pensez-vous vraiment que la fête du Canada ne sera pas fêtée le 1er juillet à Montréal? Quel signal ça envoie aux nouveaux arrivants? Quel signal ça envoie, en termes de francisation, quand on dit essentiellement : La fête nationale, c'est pour partout au Québec, mais pas pour Montréal. Il n'y a pas de moment de rassemblement de tous les Québécois, peu importe leurs origines, là, on n'a pas ça, nous, à Montréal, on s'occupe des régions, et c'est tout. Montréal ne fait pas partie de la nation québécoise. Je trouve que la symbolique est épouvantable et j'exige que le premier ministre nous confirme que la fête nationale à Montréal va demeurer et elle va être télévisée suivant les mêmes paramètres.

Est-ce qu'on peut aussi obtenir la garantie de la part du premier ministre qu'il n'y aura pas d'ingérence politique dans la gestion de la fête nationale? Que ce n'est pas le politique qui va dicter combien de temps le premier ministre s'adresse à la nation, qui participe, qui dit quoi. Il y a une façon, il y a des conventions pour gérer notre fête nationale parce qu'elle appartient à tous les Québécois, et je suis très inquiet de lire ce que j'ai vu ce matin.

Un mot également sur la francisation. Je veux revenir sur les crédits en immigration hier. Bon, là, tout le monde en parle, là, au cours des derniers jours, là, pour le premier ministre, le critère, c'est est-ce qu'un immigrant fait 56 000 $ ou pas. Ce qui est complètement inexplicable comme critère. Mais je vous rappelle plusieurs déclarations du premier ministre, antérieurement, comme quoi on a accordé trop d'importance à la connaissance du français dans le processus de sélection des immigrants, et que, pour le premier ministre, le seul critère, le premier critère, ça devrait être uniquement les besoins du marché du travail.

Donc, lorsqu'on pose une question, comme l'a fait Méganne Perry Mélançon, hier, aux crédits immigration, elle pose la question toute simple à la ministre : Quel est le taux d'échec, aujourd'hui, en francisation? Quel est le taux d'échec en 2021? Parce que le gouvernement, à travers son hésitation d'améliorer ou de bonifier la Charte de la langue française, à travers son hésitation en matière d'immigration, on le voit bien, là, par rapport aux discussions qu'il y a eu, notamment, avec le Conseil du patronat, le gouvernement caquiste se vante de ses exploits en francisation. Donc, la question vient tout naturellement de la part du Parti québécois : Très bien, on a dépensé davantage en francisation, quel est le taux d'échec? Puis je vous rappelle la donnée de 2017 de la Vérificatrice générale dans son rapport qui disait que plus de 90 % de ceux qui complètent leurs cours de francisation sont, en fait, incapables de fonctionner au quotidien en français. Ça, c'est le rapport de la VG de 2017.

Là, on a un gouvernement qui hésite à bonifier l'encadrement de la langue française, tergiverse en matière d'immigration, puis fait des déclarations incompréhensibles. Ce gouvernement-là se vante de réussir la francisation, mais n'est pas capable de nous donner des données précises. Donc, je demande au gouvernement l'heure juste, de nous donner le chiffre. Quel est, en 2020‑2021, le taux d'échec en francisation au Québec? C'est une question qui a été posée hier, en crédits, elle me semble toute simple.

Et je terminerai sur la réforme du statut de l'artiste. Donc, après la réforme du mode de scrutin, on se retrouve… puis après toutes les demandes, les engagements, là, de gains auprès du fédéral, on se retrouve avec un autre engagement de la CAQ qui ne sera pas respecté, vraisemblablement, celui de revoir le statut de l'artiste de manière à ce que les relations financières avec l'État, avec les producteurs, bref, l'encadrement du statut de l'artiste soit revu. C'est une priorité de l'Union des artistes et ce sera une priorité pour le Parti québécois parce qu'il n'y a pas de raison de reporter ça aux calendes grecques. Ce n'est pas la pandémie qui est une excuse, là. On a le temps, d'ici à la fin de ce quatre ans-là de gouvernance, d'agir en la matière. Donc, c'est un dossier qu'on va suivre de près. Et, sur ce, je vais prendre vos questions.

La Modératrice : Une question, une sous-question, s'il vous plaît.

M. Lavallée (Hugo) : Donc, concernant l'admission des immigrants, là, on comprend aussi qu'il y a peut-être une volonté de revoir les critères linguistiques. Qu'est-ce que vous pensez de ça?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, ce n'est pas clair. Ce qu'on sait, c'est que François Legault a déclaré à plusieurs reprises que, pour lui, on mettait trop d'emphase sur le critère du français. Il y a une obsession chez François Legault du salaire moyen québécois, là, que le salaire moyen québécois dépasse celui de l'Ontario. Ce serait ça, le critère, et on ne se préoccuperait pas de l'impact de l'immigration sur l'état de la langue française.

Et nous, évidemment, on trouve ça inquiétant, surtout que lorsqu'on pose des questions toutes simples, à savoir : Bien, avez-vous mesuré l'effet de vos mesures en matière de francisation, avez-vous des données, ils ne sont même pas capables de nous répondre. Donc, il y a un problème de transparence. On voit aussi que c'est un gouvernement qui n'a pas de ligne directrice, là. S'adresser au Conseil du patronat puis, là, dire : Bien, nous, finalement, on pourrait aller par là, puis notre ligne, c'est 56 000 $, est-ce que l'immigrant fait plus de 56 000 $? C'est très, très incompréhensible, mais le rôle, je pense, du Parti québécois là-dedans, c'est notamment de rappeler que le français, la maîtrise du français doit être une considération dans la stratégie en immigration.

M. Lacroix (Louis) : M. St-Pierre Plamondon, je pense que vous n'êtes pas vacciné parce que vous êtes en bas de l'âge…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : J'ai obtenu mon rendez-vous hier soir. Ils l'ont ouvert un peu plus tôt, puis j'ai obtenu un rendez-vous prochainement.

M. Lacroix (Louis) : Et quel vaccin allez-vous recevoir?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'ai pas eu l'information. Apparemment qu'on ne choisit pas. Donc, moi, je n'ai pas l'info sur lequel on va me donner.

M. Lacroix (Louis) : O.K. Mais quand vous regardez les recommandations du comité national d'immunisation qui dit : Vous devriez peut-être privilégier un vaccin à ARN plutôt qu'un vaccin…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Que l'AstraZeneca.

M. Lacroix (Louis) : …comme l'AstraZeneca ou le Johnson & Johnson, qu'est-ce que ça suscite chez vous comme futur vacciné? Est-ce que vous avez tendance à dire : Bien, je devrais peut-être, si je vois, là… Parce que vous avez le choix de le recevoir ou non une fois rendu là-bas.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : J'aimerais mieux avoir le Pfizer, supposons.

M. Lacroix (Louis) : Oui.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense que la campagne de vaccination va bon train. Puis, quand on regarde globalement la situation, est-ce qu'il y a un vaccin qui n'est absolument pas recommandable, là? La réponse, c'est on a des vaccins qui sont différents mais qui ont un niveau de qualité satisfaisant.

Mais je dois avouer que je suis surpris de voir des avis subséquents sur AstraZeneca, et je reviens à la demande principale du Parti québécois depuis des mois maintenant : Si on avait eu l'avis de santé publique sur AstraZeneca en temps utile, bien, la population pourrait prendre une décision éclairée, à savoir est-ce que moi, je me sens à l'aise. Parce qu'il y a quand même une notion de consentement aux soins, là, on a le droit de consentir ou non à un traitement, puis on a le droit de savoir qu'est-ce qu'il retourne de chaque vaccin. On ne nous donne pas les avis de santé publique. Puis là, bien, je comprends la population de dire : Bien, écoutez, vous nous avez dit certaines choses puis là vous nous dites d'autres choses sur ce vaccin-là. D'où l'importance d'avoir une transparence sur les avis de santé publique.

Puis regardez ce qui s'est passé hier, là, on nous a égrené quelques avis de santé publique qui datent d'il y a un mois, d'il y a deux mois. Là-dedans, il y a des avis de santé publique, on apprend, qui n'ont pas été respectés par le gouvernement, comme les transports interrégionaux. C'est quoi, si ce n'est pas une tactique d'éviter le questionnement des journalistes que d'égrener certains avis de santé publique deux mois plus tard?

M. Lacroix (Louis) : ...mon questionnement à moi sur le vaccin, s'il vous plaît.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien non, mais ma réponse très claire, là, c'est : S'il y a un avis de santé publique sur chaque élément qui est clair et transparent, la population peut prendre une décision éclairée sur son niveau de confort.

Mme Côté (Claudie) : Dr Arruda a dit : Écoutez, dans les circonstances actuelles, il est indiqué, le vaccin AstraZeneca, mais vous avez une chance sur 100 000 d'avoir un cas de thrombose. Mais il est encore indiqué.

M. Lacroix (Louis) : Puis là il y a un avis contradictoire, qui dit le contraire, là, du fédéral.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est ça. Exact.

M. Lacroix (Louis) : Alors là, comprenez-vous les gens d'être un peu...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je les comprends.

M. Lacroix (Louis) : Surtout ceux qui ont reçu l'AstraZeneca, qui se disent : Bien, voyons, j'ai-tu fait la bonne affaire? J'aurais-tu dû attendre?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça ressemble étrangement au masque. Souvenez-vous, les masques, le Parti québécois demandait le port du masque, puis la Santé publique répondait : Ce n'est pas utile, les masques, on ne le recommande pas. Souvenez-vous aussi comment on invoquait la science aux aéroports, est-ce qu'on contrôle les aéroports ou pas.

Maintenant, on va revenir sur la chance sur 100 000, là. Il faut le mettre en perspective. Si c'est ça, les données, il y a plusieurs médicaments que les gens prennent régulièrement qui ont des risques plus élevés que ça, là. Donc, il faut aussi le mettre en perspective. Moi, je pense que l'objectif, c'est de maintenir la participation, l'adhésion à la vaccination. On demeure dans des paramètres qui sont acceptables au niveau du risque.

Mais j'avoue que de recevoir après coup des informations scientifiques qui ne concordent pas avec ce que les gens se sont fait dire au moment de se faire vacciner, ce n'est pas très encourageant. Est-ce que Dr Arruda pourrait avoir des discussions avec ses homologues fédéraux? Est-ce qu'on pourrait avoir des précisions de manière à comprendre pourquoi on obtient ce genre de nuance là, ce changement de cap là? Moi, je pense, c'est important pour la population. Mais globalement, là, disons-le, on demeure dans des paramètres de risque très acceptables par rapport à d'autres médicaments qui sont vendus régulièrement en pharmacie, là, donc il faut le rappeler.

M. Carabin (François) : Vous dites que ça ressemble au masque. Est-ce que vous dites que Dr Arruda est en retard sur la science?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, ce n'est pas ça que je dis, c'est qu'on ne le sait pas. Je ne peux pas présumer de ce qui se passe parce que les avis de santé publique ne sont pas dits au fur et à mesure, on n'a pas de détail. Tu sais, je comprends que c'est une chose de dire en point de presse : Moi, je suis confortable, il y a une chance sur 100 000. Mais un avis scientifique ou un avis de santé publique, là, normalement devrait être détaillé un minimum avec un raisonnement, avec des... ce qu'on voit ailleurs dans le monde. Puis on ne l'a pas, donc je ne peux pas présumer de ce qui est politique, je ne peux pas présumer de ce qui est scientifique.

On vient d'apprendre, c'est assez grave, là, qu'il y a un accommodement religieux qui a été fait au niveau de la santé publique où est-ce qu'on a permis des rassemblements religieux, on a accommodé des rassemblements de 250 personnes, alors que la Santé publique savait que les variants rentraient au Québec et que ce n'était absolument pas le moment de le faire. Donc, on apprend après coup ce mélange de politique et de scientifique. Et donc je ne peux pas commenter exactement quel a été, cette fois-là, le raisonnement de Dr Arruda. Moi, je prône, je plaide pour la transparence depuis le début, la transparence pas seulement de quelques phrases échappées dans le cadre d'un point de presse, mais la transparence d'avis complets.

M. Lacroix (Louis) : Compte tenu des informations qui sont contradictoires, là, d'une Santé publique à l'autre, si on vous place devant deux fioles le jour de votre vaccination, une avec Moderna puis l'autre avec AstraZeneca, laquelle vous allez prendre?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est dans Total Recall ou dans La matrice qu'il y a deux pilules? C'est La matrice. Mais il y a Total Recall aussi où est-ce qu'il y a une pilule.

M. Lacroix (Louis) : ...parce que là, vous êtes un citoyen, vous allez vous faire vacciner. Si on vous offre le choix entre AstraZeneca, Moderna, Pfizer, vous prenez quoi?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : En date d'aujourd'hui, écoutez... Non, je ne peux pas embarquer là-dedans, ce n'est pas un vrai choix, on ne me laisse pas le choix. Ce que je vous dis... ce que je vous réponds, parce que la question est pertinente, que la Santé publique clarifie les choses parce que je ne voudrais pas que des gens, vis-à-vis AstraZeneca à tout le moins, là, soient pris dans l'ambivalence actuelle. Donc, on a deux avis contraires. Qu'on clarifie puis qu'on nous donne une opinion scientifique pour ne pas avoir ce choix-là entre deux pilules. Mais c'est un choix hypothétique, là, je...

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : J'ai toujours rêvé de jouer dans La matrice, mais ce n'est pas ça, la réalité.

La Modératrice : On va passer à la prochaine question.

M. Larin (Vincent) : Êtes-vous satisfait de la réponse que M. Legault a donnée au cas de Marie-Eve Proulx? Est-ce que, selon vous, elle devrait être exclue du caucus de la CAQ?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Moi, je réitère que ce qui me préoccupe le plus, c'est la sécurité psychologique de notre milieu de travail, ici, à l'Assemblée nationale. Donc, ce qui m'intéresse, puis j'ai cru comprendre qu'il y a des mesures mises en place, même si ce n'était pas clair, je veux que des mesures d'accompagnement et de suivi soient mises en place pour protéger les employés parce que, clairement, on a lésiné, on a fermé les yeux pendant trop longtemps avec des conséquences, des lésions professionnelles pour certains employés qui ont fait des plaintes, qui ont dû démissionner. Donc, c'est ça qui m'intéresse le plus, parce que, qu'on exclue du caucus quelqu'un ou pas, la vérité, c'est qu'il y a des employés, toujours, qui sont dans un environnement de travail qui a posé problème par le passé. Donc, je veux surtout des garanties au niveau de l'accompagnement et de l'encadrement du milieu de travail parce que le signal qu'on veut envoyer, dans le cadre de la Semaine sur la santé mentale, c'est qu'à l'Assemblée nationale on prend le harcèlement psychologique au sérieux. Et quand on en voit, bien, on agit pour prévenir, protéger la santé de tout le monde.

Mme Côté (Claudie) : Est-ce que ça a été pris au sérieux? Est-ce que… Cette situation-là n'a donc pas été prise au sérieux.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Cette situation-là a été soit sous-estimée ou soit camouflée lorsqu'on considère qu'en février 2020 on savait déjà que 12 employés avaient quitté en 14 mois, donc, il y a quelque chose qui n'a pas été fait en temps utile. Je réitère ma question parce qu'elle est fondamentale : Qui a payé pour le règlement hors cour pour harcèlement psychologique d'un des employés? Parce que, si c'est les fonds de l'État et si on a caché tout ça, on est clairement dans un scénario d'étouffer l'affaire pour des fins politiques. Je veux avoir une réponse à cette question-là.

M. Lavallée (Hugo) : Mais le fait que le gouvernement, là, maintienne au sein de son caucus quelqu'un qui fait l'objet d'allégations comme ça, quel signal ça envoie?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ce n'est pas tant ça, moi, qui me dérange, que les derniers deux, trois ans. Si des mesures appropriées sont prises, je pense que la question qu'on doit se poser en date d'aujourd'hui pour l'avenir, c'est : Est-ce que le milieu de travail est sain, sécuritaire? Si des mesures sont prises en ce sens-là, ce n'est pas ça, moi, qui me frappe le plus, ce qui me frappe, c'est que, pendant des mois et des mois, la situation était sue, et on n'a vraisemblablement pas agi pour s'assurer qu'il s'agissait d'un milieu de travail sécuritaire. On avait plein d'informations, plein d'allégations, des plaintes, des règlements hors cour. C'est seulement lorsque ça a éclaté dans les médias qu'on a vu une réaction du gouvernement.

Des voix : ...

La Modératrice : On va y aller avec une question, s'il vous plaît.

Des voix :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je peux répondre à toutes les questions, là.

La Modératrice : Juste une à la fois, s'il vous plaît

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, mais je ne suis pas pressé.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que les gens dans les bureaux de comté sont assez protégés?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, je pense que c'est ça, la question. C'est que, si on maintient quelqu'un comme député, il faut s'assurer que les employés qui relèvent du député, sachant ce qu'on sait, il y a un encadrement pour s'assurer que tout est en ordre.

M. Bergeron (Patrice) : Parce qu'il y a un code ici, à l'Assemblée nationale, mais est-ce que ça tient dans les bureaux de comté aussi?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est-à-dire... je ne pense pas qu'on ait besoin d'un code partout en tout temps, mais là on a un cas clairement problématique dans le sens qu'il y a des récidives multiples. Donc, quand on sait ça, comme gouvernement, on va protéger tous les employés, peu importe ils se situent où, puis c'est ça que le Parti québécois réclame d'abord et avant tout. Ce n'est pas des gestes symboliques d'éclat qu'on veut. Ce qu'on veut, c'est s'assurer que les employés sont protégés, et ça aurait dû être fait depuis au moins février 2020. Ça n'a pas été fait.

La Modératrice : Dernière question en français, s'il vous plaît.

M. Bossé (Olivier) : ...ou camouflé?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On ne le sait pas.

M. Bossé (Olivier) : Je suis sûr que vous avez votre opinion là-dessus.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je ne l'ai pas, puis je veux savoir qui a payé pour le règlement hors cour, parce que ça, ça va nous donner une bonne indication de si on est devant un problème sous-estimé ou camouflé. Parce qu'un règlement hors cour, ça a dû venir aux oreilles du cabinet du premier ministre, là. Dans quel cas, qui l'a payé, comment ça a été géré, moi, je veux savoir ça. On va avoir notre réponse à notre question lorsqu'on le saura. Puis ce n'est pas une question... ce n'est pas juste une joute politique ici, là, c'est comme pour le harcèlement sexuel, là. Il faut que notre environnement de travail soit prompt puis ne cherche pas à camoufler des choses, mais plutôt à prévenir puis régler les problèmes lorsqu'ils surviennent. La question est, il me semble, très importante : Qu'est-ce qui est arrivé dans le cadre de ce règlement hors cour? Parce que c'est sérieux, là. Quand tu es rendu en cour puis il y a des dommages-intérêts payés à quelqu'un pour harcèlement psychologique, là, tu n'es plus dans l'hypothèse, là, ce n'est plus une anecdote, là.

M. Carabin (François) : ...qu'on a un Conseil des ministres paritaire, puis, si oui, est-ce que c'est l'occasion de tasser certains ministres?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'ai pas compris...

M. Carabin (François) : Est-ce que des mesures doivent être prises pour qu'on ait un Conseil des ministres paritaire, dans la zone paritaire, puis, si oui, est-ce qu'il y a des ministres qui devraient...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je ne m'ingérerai pas dans la composition du cabinet de ministres du gouvernement Legault. Nous, on est toujours en faveur puis on s'engage toujours, là, pour la parité. Mais je dirais qu'il y a vraiment un enjeu ici d'avoir des gens compétents au poste de certains ministères, là. Puis ça semble être un enjeu pour le gouvernement de la CAQ.

La Modératrice : On va passer en anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Mr. St-Pierre Plamondon, the Premier said yesterday that they gave a coach to Marie-Eve Proulx, they'll keep her as an MNA, they'll check if things are better at her riding office. But... spoke to the ex-mayor of Montmagny, yesterday, replaced people on sick leave at her riding office and he said he was not surprised at all to see...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : There are many testimonies. Many witnesses are saying that right now. It was known and many people knew. And that hints the question : What did CAQ do throughout those two, three years where they knew it was happening and they did nothing?

Des voix :

La Modératrice : Juste un peu moins fort, s'il vous plaît, dans le fond.

Mme Senay (Cathy) : Does that create or provoke a wake-up call in your own team to make sure that MNAs… have the proper management skills?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It's a good question. If the management is not aware that resources could be used in the case of an employee or a manager that doesn't behave well, and it has consequences, if we're not proactive, we're going to see cases like that again and again. So, it's the Mental Health Week. We should be thinking about how the National Assembly makes sure that resources are available to prevent all forms of harassment, and that's the issue at stake here.

Mme Senay (Cathy) : Two cases at the Administrative Tribunal. Is it what you…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, I was more targeting the settlement, because when you have a settlement, you have money involved, which triggers the question : Who paid for it? Who paid for that… I don't know what… the amount at stake, but there was a psychological harm, and it was compensated. I'm very curious to know who paid for that and what was done within the Government, knowing that it was serious enough to trigger damages. So, we're not talking about one anecdote or one mistake. Mistakes happen. We're dealing with very serious stuff, things that were repeated as well.

Mme Senay (Cathy) : You were talking about airports. Do you remember, a few months ago, Premier Legault saying : You have to have police officers checking on airports, Ottawa is dragging its feet. But then, we learned in the past few days that there were fines issued to travelers in Toronto, Vancouver…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : In Vancouver, but not in Montréal...

Mme Senay (Cathy) : Nothing in Montréal.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : The problem is we are within the crisis, and the space to have an objective analysis of how the management of that crisis was put in place, was performed, the space is not very wide right now. But there will be a time for that question. What happened? How is it that we knew for weeks about the airports, we've done nothing, and there were no fines even after they've done something? They actually did nothing, and we knew the variant was coming. I remember being here and saying : I really hope that this incompetence with the airports will not trigger a variant problem within Québec. I remember saying that.

But the issue, unfortunately, is : until we're out of that crisis, there's a very limited space for objective analysis. But I believe that we should go through all those questions with an objective and independent process, an inquiry that will lead us to answers to very legitimate questions.

M. Giroux (Stéphane) : Deux petites questions en anglais, une pour vous et une pour Mme Richard.

Mr. St-Pierre Plamondon, you said something very interesting at the beginning regarding the «fête nationale». You are concerned about how the CAQ would change how it is... in charge of organizing. Can you repeat us why?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) :Montréal is part of Québec. Not only it's part of Québec, it's the biggest city in Québec, and Montrealers are Quebeckers. We are all Quebeckers. No matter what... our date of birth, our mother tongue, we are all Quebeckers. So, to say that we put away the «fête nationale» in Montréal is a signal. What does it say? It says : Montréal is not part of Québec, or at least Montréal is not interested with the «fête nationale», and it tells newcomers in our society, because most of them are in the Montréal region, it says : Well, there's no interest in celebrating with you guys. It's not acceptable. The «fête nationale» is about celebrating Québec, all of us together, and Montréal, obviously, is the place where we should have a great «fête nationale» on TV with a budget, and so on. So, I don't understand what's going on right now.

M. Authier (Philip) : From what I just looked on Twitter, the show is going to be broadcast from Charlevoix. Right?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes.

M. Authier (Philip) : So, is it not a good thing that we're doing something for the regions? Isn't that a good thing? Why is it so bad? I mean, they...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Because of Montréal.

M. Authier (Philip) : ...they seem to alternate between the regions and... O.K.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Because you can't leave Montréal apart, it's Montréal, that's why. I have nothing against having a great «Saint-Jean-Baptiste» in Charlevoix and the next year having it in Abitibi-Témiscamingue, but you can't, because you have that project to go around regions, you can't take away the «fête nationale» in Montréal, it doesn't make any sense. And it's the wrong signal. The signal should be that all Quebeckers are Quebeckers and very welcome to celebrate Québec on the 24th. That should be the signal, and that's not the signal that they're giving by retracting, by canceling the «fête nationale» of Montréal.

La Modératrice : On va prendre la dernière question pour Mme Richard, s'il vous plaît.

M. Giroux (Stéphane) : Mme Richard, alors, je vais faire travailler votre anglais, mais, si vous trébuchez, je suis là pour vous ramasser.

Mme Richard : Je vais vous le dire en français.

M. Giroux (Stéphane) : …je suis là pour vous donner un coup de main.

Mme Richard : Parfait. Merci. C'est gentil.

M. Giroux (Stéphane) : Mme Richard, you made a statement regarding seniors at the beginning. I would just be happy… repeat it, what you said at the beginning. Ce que vous avez dit tout à l'heure en français.

Mme Richard : Oui, vous voulez que je le répète? Tout d'abord, j'ai dit que je me sens indignée.

M. Giroux (Stéphane) : Can you say it in English?

Mme Richard : Non, non. I don't speak English.

Journaliste : Pouvez-vous vous fâcher en anglais aussi?

Mme Richard : Oui, je peux me fâcher dans… même en cayen. Même en cayen, je peux me fâcher.

Des voix :

Mme Richard : Merci, c'est gentil de bien m'accommoder. Ce que j'ai dit, c'est que la situation me fâche du sort qui est réservé aux aînés. On a une ministre des Aînés qui était là, à l'époque, sous le gouvernement libéral, qui est maintenant sous le gouvernement de la Coalition avenir Québec depuis deux ans, et tout ce qu'on entend parler, c'est des maisons des aînés qui vont coûter 2,6 milliards jusqu'à présent, et je suis sûre, ça va être plus que ça à la fin de… si elle se rend jusqu'aux 40 et quelques maisons. Et, pendant ce temps-là, on a des gens qui sont en résidence privée, où souvent c'est des propriétaires, vraiment, ce n'est pas à but non lucratif, c'est à but lucratif. On a vu, la pandémie a mis tout en lumière les conditions de vie de nos aînés. C'est catastrophique, ce qui se passe.

Et j'ai fait un peu un parallèle avec la commission Laurent, où j'ai dit : Bon, on a mis sur pied une commission pour s'occuper de nos enfants, mais qu'est-ce qu'on fait, au Québec, pour s'occuper de nos aînés? Qu'est-ce qu'on fait pour s'occuper de nos aînés qui, le matin, souvent, ne mangent pas à leur faim parce que les préposés n'ont pas le temps de leur donner à manger? Ils ne sont pas lavés à tous les jours. On les place, souvent, dans des chaises gériatriques le matin, puis on les envoie, après, se coucher. On les enlève dedans leur chaise gériatrique pour les coucher le soir. Ça existe vraiment dans certains CHSLD. Ça existe vraiment dans certaines RPA. Qu'est-ce qu'on fait pour ces gens-là? Qu'est-ce qu'on fait pour la maltraitance?

Et, oui, ça me fâche de regarder que, depuis deux ans, la ministre des Aînés ne semble pas regarder cet aspect-là. En tout cas, elle n'a pas agi, il n'y a pas d'action à court et à moyen terme. On entend parler, les maisons des aînés, ça va être super beau, mais parallèlement à ça, quand on lui pose la question, les maisons des aînés, ça prend du monde pour s'occuper de ces gens-là : Est-ce que vous avez discuté avec votre collègue, le ministre de la Santé? Ça va prendre 1 500 personnes, infirmières, infirmiers auxiliaires, préposés. On n'a aucune réponse. Là aussi, ça va prendre des sous. Donc, pourquoi ne pas avoir fait aussi un virage, avoir exploré ça, faire un virage? On l'avait… nous, on avait regardé cette possibilité, parce que c'est ça que les gens veulent, faire un virage vers les soins à domicile. Ça a été complètement évacué. Donc, il y a de l'inaction par rapport à nos aînés avec le gouvernement de la Coalition avenir Québec, et ça, ça me fâche royalement parce qu'il faut que les aînés aient une voix. Un protecteur des aînés, ce serait bien. Il faut que les aînés aient une voix, au Québec, et soient entendus.

M. Giroux (Stéphane) : Durant la pandémie, évidemment, ça a tout fait dérailler, peu importe le plan qu'on avait... Mais vous, craignez-vous qu'une fois la pandémie passée ça retombe dans les oubliettes?

Mme Richard : Oui, bien, déjà, c'est comme rendu aux oubliettes, hein, parce que, là, on parle beaucoup de la vaccination, on parle moins des aînés, parce que, bon, ils décèdent moins en nombre, comme on a vu, c'était catastrophique, au tout début de la pandémie. Donc, oui, j'ai une crainte et j'ai une crainte que l'objectif ne soit que mis sur la maison des aînés, sur les belles bâtisses, les beaux murs. Mais pendant ce temps-là, on a des gens, des aînés qui souffrent. Et la ministre des Aînés devrait être leur voix au Conseil des ministres, et je ne sens pas qu'elle est leur voix. Elle a réussi à se faire débloquer des fonds pour des maisons des aînés, on parle de 2 milliards, là, on parle de 2 milliards, mais quand on lui demande d'agir sur la maltraitance, on n'a rien. Quand on lui demande d'agir pour avoir plus d'inspecteurs, pour aller voir ce qui se passe au quotidien, on n'en a pas plus. Donc, ça me désole, ça me désole et ça me fâche.

Et moi, bien, écoutez, j'ai décidé, avec les moyens que nous avons au Parti québécois, cette petite équipe, mais qui fait des merveilles, d'essayer d'être la voix de ces aînés qui sont sans voix. Parce que qu'est-ce qui arrive? Quand est-ce qu'on s'occupe des aînés dans notre société? Quand un cas est médiatisé. Malheureusement, il y a bien des gens qui n'ont pas des familles, puis vous ne les trouverez pas au bulletin de nouvelles ce soir, mais ils n'auront probablement pas mangé de la journée.

Puis ce n'est pas toujours à cause du personnel, souvent. Oui, il y a de la maltraitance, mais ce n'est pas toujours à cause du personnel. Le personnel est en nombre insuffisant, puis quand vous avez une dizaine de personnes à votre charge, puis qu'elles ont besoin d'aller à la toilette, puis que vous n'êtes pas capable de les emmener parce que vous n'avez pas le temps, c'est scandaleux de dire... puis j'en ai entendu, des témoignages : Je m'excuse, mais faites vos besoins dans votre culotte, parce qu'on n'a pas le temps de vous emmener aux toilettes. C'est ça, la réalité. Puis malheureusement on va vous passer une débarbouillette à la vitesse, parce qu'on n'a pas le temps.

C'est ce qu'on veut pour nos aînés? Bien, les prochains aînés, là, moi, je vais en faire partie, puis ce n'est pas ce que je veux comme société au Québec. Puis c'est pour ça que j'interpelle la ministre, qu'elle pose des actions concrètes, pas juste des belles maisons. Merci à vous.

La Modératrice : Je vais mettre fin au point de presse. Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 9 h 33)

Participants


Document(s) associé(s)