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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle

Version finale

Le mercredi 5 mai 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trois minutes)

La Modératrice : Bonjour à tous. Bienvenue au point de presse de l'opposition officielle.

Mme Anglade : Alors, bonjour. Bonjour à tous, là, aux meilleurs qui sont là le matin. Bon matin à 8 heures ce matin.

Alors, je voudrais revenir sur les échanges d'hier que j'ai eus en Chambre avec le premier ministre et sur son obsession des salaires à plus de 56 000 $. Le premier ministre a dit en Chambre hier : «Il y a une différence importante de vision économique entre le Parti libéral et notre gouvernement. Actuellement, on a 32 000 postes vacants qui sont payés plus du salaire moyen au Québec puis 110 000 postes qui sont payés moins que le salaire moyen au Québec. M. le Président, contrairement à l'approche libérale, notre priorité, c'est de combler les postes, les 32 000 postes, qui sont payés au-dessus de la moyenne.»

Une fois n'est pas coutume, je suis totalement d'accord avec le premier ministre, il y a une différence importante de vision économique entre ma formation politique et sa formation politique, et ce n'est pas juste une différence qui est importante, c'est une différence qui est fondamentale. La valeur des gens ne se résume pas, pour nous, à simplement un T4. Il y a une valeur sociale à tout ce qui est accompli également.

À l'origine, j'aimerais rappeler que le premier ministre a nié l'existence même du problème de pénurie de main-d'oeuvre en campagne électorale. Selon lui, il n'y avait pas de pénurie de main-d'oeuvre. L'obsession qu'il devait avoir, c'était les jobs payantes. Son obsession, c'était les jobs à 56 000 $.

Je voudrais rappeler au premier ministre la définition du dictionnaire Larousse sur le mot obsession. C'est une «idée répétitive et menaçante, s'imposant de façon incoercible à la conscience du sujet, bien que celui-ci en reconnaisse le caractère irrationnel». Je crois qu'il faut être totalement déconnecté de ce qui se passe sur le terrain pour s'enfermer dans un discours qui est aussi binaire, aussi comptable et surtout aussi éloigné de ce que vivent les gens sur le terrain. Il faut vraiment que vous pensiez que, si vous faites 56 000 $ et plus, le premier ministre aura beaucoup d'attention pour vous, mais, si vous faites 56 000 $ et moins, bien, ce n'est pas intéressant pour le premier ministre.

Nous avons besoin de nous assurer qu'on ait des gens pour assurer les services essentiels dans toute la population. À la fin 2020, il y avait près de 32 000 postes vacants dans le secteur de la santé et de l'assistance sociale au Québec. C'est le plus grand nombre d'emplois vacants que nous ayons au Québec. Et, si je comprends bien, ces 32 000 postes vacants ne sont pas ce que valorise le premier ministre. On parle ici de travailleurs qui s'occupent de quoi? Qui s'occupent de notre monde, qui s'occupent de personnes qui sont vulnérables, qui s'occupent de personnes qui sont malades. Mais le salaire moyen de ces personnes-là, c'est 21,90 $, ça veut dire environ 40 000 $ par année. Est-ce que ces personnes-là ne sont pas importantes? Est-ce que ces personnes-là ne méritent pas toute l'attention qu'elles devraient recevoir de la part du premier ministre? Le premier ministre répète sans arrêt qu'il n'y a que les 30 000 postes vacants qui l'intéressent et qui sont au-dessus de 56 000 $ par année.

Dans son discours de vendredi, le premier ministre a dit qu'il voulait parler des vraies choses. Bien, les vraies choses, selon moi, c'est qu'on a besoin des gens en santé, on a besoin d'enseignants, on a besoin d'éducatrices en service de garde. Le premier ministre ne veut qu'on s'occupe que des personnes de 56 000 $ et plus? Moi, j'aimerais ça qu'on s'occupe de tout le monde. J'aimerais ça qu'on s'occupe de tout le monde. J'ai passé 20 ans dans le milieu économique, j'ai travaillé en usine, j'ai été ministre de l'Économie : jamais que je vais réduire la contribution de quelqu'un à son chèque de paie, jamais. La valeur de la contribution de chacun, ça va bien au-delà du chèque de paie, c'est aussi leur contribution sociale.

Le premier ministre nous a dit : À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000 $, j'empire mon problème. À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne plus de 56 000 $, j'améliore ma situation. Entre vous et moi, j'aimerais vraiment comprendre comment quelqu'un qui vient s'installer au Québec pour travailler en français, pour y élever sa famille, pour soigner nos malades, éduquer nos enfants est un problème. Selon le premier ministre, la valeur d'un Québécois se résume, encore une fois, à son salaire, à son T4. Le premier ministre a raison de dire que nous avons deux approches différentes. C'est justement ce que nous croyons être essentiel pour l'avenir et le progrès du Québec. Et c'est tant mieux que nous ayons deux approches très différentes.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mme Anglade, vous citez des postes, finalement, pour lesquels on a de la difficulté à recruter. Vous dites que vous voulez qu'on s'occupe de tout le monde. Mais ces gens-là, peut-être qu'eux, quand ils regardent leur T4, ils se disent : Je ne suis pas assez bien payé.

Mme Anglade : Il n'y a personne, il n'y a personne au Québec qui va vous dire qu'on ne devrait pas avoir des jobs mieux payés. Tout le monde veut s'assurer qu'on augmente les salaires, tout le monde veut s'assurer de ça. Mais la pire affaire qu'on peut faire, c'est de dire qu'il y a juste des gens qui sont à 56 000 $ qui sont importants puis les autres sont moins importants. Parce que, même si vous gagnez 40 000 $ puis vous aspirez à gagner plus, votre valeur, ce n'est pas uniquement votre chèque de paie, c'est aussi votre contribution sociale. Ça aussi, ça a une valeur.

M. Pilon-Larose (Hugo) : …par exemple, des travailleurs de la santé aussi, qui habitent, disons, dans le Grand Montréal, marché dans lequel l'immobilier est en explosion, les loyers augmentent aussi, l'inflation de la vie augmente, mais eux, leurs salaires, ils n'augmentent pas. Vous, au Parti libéral, est-ce que vous demandez au gouvernement, par exemple, pour les infirmières, d'en faire un chantier, justement, et d'augmenter, de hausser drastiquement le salaire d'entrée?

Mme Anglade : Il est certain que ce que l'on veut voir, c'est pour tout le monde, qu'il y ait des augmentations. Je veux dire, la réalité, c'est que tout le monde aspire à avoir des moyens de vie supplémentaires. Mais là on parle de vision, là on parle de vision économique. Ce que le premier ministre dit, là, c'est que tout a une valeur strictement comptable, et, si on regarde ça de cette manière-là, on ne va jamais considérer les emplois qui sont à 40 000 $ et 50 000 $ comme étant importants. Puis je pense que c'est un message qui est très fort, que l'on doit passer : ces rôles-là sont aussi importants. Évidemment que l'on souhaiterait que tout le monde fasse plus d'argent, c'est évident, mais il n'y a pas que ça qui compte, et jamais que vous allez régler un problème de société en vous concentrant seulement sur ceux qui ont des salaires à plus que 56 000 $.

M. Lacroix (Louis) : Mme Anglade, ce discours-là de M. Legault, là, ça fait des années qu'on l'entend. M. Legault a dit ça pendant toute la dernière campagne électorale. Il tenait le même discours avant. Il disait exactement la même chose en campagne électorale. Pourquoi, trois ans plus tard, vous vous indignez? Pourquoi vous ne vous êtes pas indignée les trois autres années?

Mme Anglade : Je vous rappelle que j'ai quitté la CAQ. Je rappelle que... Non, mais...

M. Lacroix (Louis) : ...CAQ, je vous parle comme députée, comme... Là, ça ressort là parce que, bon, il a dit exactement ce qu'il disait en campagne électorale devant... mais là, là, on s'indigne. Mais, pendant trois ans où il a été premier ministre, ce n'était pas grave. Il avait dit ça, puis ce n'était pas...

Mme Anglade : Ah non! Ah non! Vous m'avez...

M. Lacroix (Louis) : Tout d'un coup, woup! ça sort. Pourquoi au juste?

Mme Anglade : Non, non. Bien, à l'époque, quand on est rentrés en... vous m'avez certainement entendue dire, à combien de reprises, qu'il fallait s'occuper de nos postes vacants, combien de reprises quand j'étais critique à l'économie. Je l'ai même mentionné en période de questions. Je suis revenue là-dessus. Toute la question sur l'immigration, puis comment on considérait la question de l'immigration, on est revenus là-dessus à combien de reprises? Combien de fois on a parlé des 18 000 dossiers qui ont été balancés aux poubelles par le gouvernement, M. Lacroix? Vous vous rappelez?

Tout ça, c'est lié. Tout ça, c'est lié. C'est une vision où on considère que la seule chose qui compte, c'est le chèque de paie d'une personne puis combien d'argent il fait. C'est dans cette même logique là. Rappelez-vous le PEQ, le Programme de l'expérience québécoise, qu'ils ont balancé aussi. Pourquoi ils l'ont éliminé, le Programme de l'expérience québécoise?

M. Lacroix (Louis) : Mais, malgré le discours qu'il tenait à cette époque-là, il a été élu avec une majorité quand même importante, là, à l'Assemblée nationale, 76 députés, là. Alors, malgré ce discours-là, il a été élu. Vous ne trouvez pas que c'est un peu... que ça correspond un peu à ce que les Québécois peuvent penser s'ils l'ont élu?

Mme Anglade : Non.

M. Lacroix (Louis) : Non?

Mme Anglade : Non, je ne pense pas ça. Parce que vous savez ce qui s'est passé entre-temps? On a eu une crise majeure. On a eu une crise majeure qui a illustré quelque chose. La crise, elle a illustré à quel point on a besoin de tout le monde dans notre société. La crise a illustré à quel point on avait aussi des failles dans notre société puis qu'il fallait s'occuper de personnes qui étaient plus vulnérables. Puis que les personnes qui sont plus vulnérables, là, ceux qui s'en sont occupés, c'est des gens qui sont dans le communautaire, ce sont des gens qui étaient au front, c'étaient des PAB, c'étaient des infirmières, c'étaient des gens, des enseignants. Ce n'est peut-être pas des gens qui faisaient 56 000 $ et plus.

Et, comme société, on doit se poser la question : Quel genre de Québec on veut avoir pour demain? Puis, si on résume tout à simplement le prix ou le salaire de quelqu'un, on n'a rien compris de la crise qui vient de se produire. On doit se projeter puis se dire : Qu'est-ce qu'on va valoriser, comme société, au lendemain? Alors, il y a un grand événement qui s'est produit depuis la dernière élection de 2018.

M. Bergeron (Patrice) : Mme Anglade, le précédent gouvernement a souvent été blâmé pour avoir pris des décisions qui étaient très dures. Est-ce qu'en quelque sorte vous voulez vous positionner pour être un PLQ plus humain ou un Parti libéral qui a l'air plus humain que le gouvernement caquiste...

Mme Anglade : Bien, ce n'est pas une affaire de l'air plus humain, c'est des valeurs qu'on porte, que je porte comme cheffe de ma formation politique. Et j'ai toujours dit que la contribution sociale, la contribution environnementale, la contribution économique vont devoir se faire de pair. Et ça, c'est quelque chose que je crois fondamentalement, là, intrinsèquement. Et, quand le premier ministre nous dit qu'il y a une différence importante entre le Parti libéral puis la CAQ, sa vision et notre vision, il a raison de le souligner puis il peut le souligner à gros traits.

M. Lavallée (Hugo) : Vous critiquez beaucoup la vision de la CAQ, mais est-ce qu'il n'y a pas quelque chose à critiquer aussi de la vision de certaines entreprises qui veulent augmenter l'immigration pour combler des emplois à bas salaire en espérant qu'il n'y ait pas trop de pression à la hausse sur les salaires? Est-ce que, là aussi, c'est une vision limitative de l'immigration?

Mme Anglade : Bien, c'est sûr. Oui, oui. Je veux dire, c'est évident qu'on veut encourager la responsabilité aussi des entreprises. Il n'y a pas que le gouvernement qui a une responsabilité dans tout ça. Lorsque vous regardez, il y a aussi la responsabilité d'une entreprise qui, elle, lorsqu'elle embauche, elle doit le faire de manière équitable, elle doit offrir une qualité de travail à son personnel, elle doit offrir des conditions de travail qui sont adéquates, évidemment. La responsabilité n'incombe pas seulement au gouvernement, mais bien à l'ensemble de la société, incluant les entreprises. Vous avez raison.

M. Lavallée (Hugo) : Hier, Mme Girault a laissé entendre qu'on pourrait revoir, là, l'importance du critère de la langue française. Est-ce que vous êtes d'accord pour qu'on accorde moins d'importance à ce critère-là dans la sélection des immigrants?

Mme Anglade : Je vais dire deux choses. La raison pour laquelle François Legault dit qu'il est prêt à faire ça, c'est parce qu'il se dit : Il y a des gens qui gagnent plus que 56 000 $ par année, qui ne parlent pas français, qui pourraient venir au Québec, puis moi, je ne veux pas les échapper. C'est ça, sa logique. Puis c'est la raison pour laquelle il dit : Bien, moi, les critères, je vais peut-être les revoir.

Dans les documents que nous avons présentés sur la langue française, ce qu'on a dit, nous, c'est qu'il faut être flexible. L'important, c'est de franciser les immigrants, mais il faut être flexible sur les moyens. Si les immigrants s'en vont en région, c'est évident que, si tu es installé dans une région du Québec majoritairement francophone, l'apprentissage du français va se faire par la force des choses dans le travail, et on pourrait, à ce moment-là, réduire les critères pour l'obtention d'un CSQ parce qu'ils sont dans des régions où on parle exclusivement français. C'est moins le cas dans la métropole, donc il faut qu'on soit capable de s'adapter. Mais c'est ça qui devrait nous gouverner comme logique.

M. Lacroix (Louis) : Le comité national de l'immunisation privilégie maintenant... a changé de...

Mme Anglade : Je n'ai pas entendu le début de votre question.

M. Lacroix (Louis) : Ah! excusez-moi. Le comité national d'immunisation change maintenant d'approche et privilégie davantage les vaccins ARN, Moderna, Pfizer. Il y a des gens qui se sentent aujourd'hui… j'allais dire «trahis», c'est peut-être un peu gros, là, mais qui ne sont pas contents parce qu'ils se disent : Bien là, on nous a incités à aller prendre l'AstraZeneca rapidement, puis là on se rend compte que le comité national d'immunisation dit : Si vous avez à choisir entre les deux, prenez ARN.

Alors, il y a des gens qui sont mécontents de ça. Comment vous réagissez à ça? Est-ce que les gens... Est-ce qu'on a induit les gens en erreur?

Mme Anglade : Bien, je comprends les personnes, mais on ne peut pas... Je comprends les personnes. Moi, j'ai eu l'AstraZeneca, O.K., et je comprends...

M. Lacroix (Louis) :

Mme Anglade : Vous aussi. Moi, je comprends très bien les personnes qui regardent ça puis qui sont inquiètes. Mais on avance, on évolue en même temps que la science aussi, et tout est une question de risque. Au moment où, moi, je prends mon vaccin, je me dis : C'est préférable pour moi de prendre l'AstraZeneca que de ne pas le prendre parce que j'ai peut-être plus de chances d'attraper la COVID à terme, donc il vaut mieux régler ça rapidement. Je comprends le sentiment des personnes. Mais, d'un autre côté, je ne me sens pas lésée. Je crois qu'avec les informations scientifiques qu'on avait au moment on a posé les bons gestes.

M. Lacroix (Louis) : Mais maintenant que vous savez ce que pense le comité national d'immunisation, si on vous avait mis devant le choix de prendre le vaccin AstraZeneca immédiatement ou d'attendre un peu pour avoir un ARN, vous auriez fait quoi?

Mme Anglade : Je ne le sais pas. C'est sûr que, si le comité avait dit qu'il ne recommandait pas AstraZeneca, il n'y a personne qui aurait été prendre l'AstraZeneca, on s'entend là-dessus. Mais on a suivi les recommandations. Mais ça, c'est refaire l'histoire, là. On ne peut pas refaire l'histoire. Mais aujourd'hui, moi, je suis bien contente, je suis vaccinée avec l'AstraZeneca, puis on va suivre les choses de près pour la deuxième dose.

M. Carabin (François) : On a eu les nouveaux avis de santé publique, Mme Anglade, hier. Est-ce que c'est toujours exact de dire que le gouvernement de la CAQ a suivi la Santé publique ou est allé plus loin que la Santé publique dans tous les cas?

Mme Anglade : Bien, la réponse à ça, c'est non, ce n'est pas exact de dire qu'ils ont toujours suivi la Santé publique parce qu'on a vu des exemples, notamment dans les avis publics qui avaient été rendus disponibles au début de l'année. Donc, non, ce n'est pas exact de dire ça. Hier, dans les avis publics, c'est six avis qui ont été rendus publics, il n'y a pas énormément de choses qui sont ressorties de ces avis publics là.

La vraie question que j'ai, c'est : Est-ce qu'on a tous les avis publics de la Santé publique ou bien est-ce qu'on a ceux qu'on choisit de nous rendre publics? C'est toujours la question que j'ai en arrière de la tête.

M. Larin (Vincent) : J'aimerais vous entendre, Mme Anglade, sur...

Des voix :

M. Larin (Vincent) : J'aimerais vous entendre sur le consensus au sein du Parti libéral à l'effet que plusieurs députés, M. Arcand, Mme Weil, Mme Ménard, Mme St-Pierre, ne se représenteraient pas aux prochaines élections. Est-ce que vous confirmez ça? Est-ce que...

Mme Anglade : Je ne vais pas confirmer quoi que ce soit parce que ce sont des discussions que j'ai avec mes députés. Puis, quand ils auront quelque chose à annoncer, ils l'annonceront. Les 28 députés auront à… les 28 députés, c'est-à-dire les 27 députés excluant moi, quand ils seront prêts à dire quelque chose, ils l'annonceront. Donc...

M. Larin (Vincent) : ...qu'on va les revoir ici avant la prochaine élection?

Mme Anglade : Pardon?

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous pensez qu'on va les revoir ici avant...

Mme Anglade : Bien, je pense que vous allez revoir tout ce beau monde là avant la prochaine élection, absolument.

M. Bergeron (Patrice) : ...les garder dans votre caucus?

Mme Anglade : Moi, je souhaite garder tous ceux qui ont envie d'aller faire la campagne de 2022 puis de contribuer au Québec après 2022.

M. Bossé (Olivier) : Moi, je voulais savoir, Mme Anglade, sur la microgestion des paliers de couleurs, on est rendus aux MRC, bientôt, si ça se trouve, on va être… chaque quartier va avoir sa couleur, est-ce que c'est un problème ou est-ce que tout le monde, dans sa maison, sait : O.K., je suis rendu où, je suis dans quelle couleur?

Mme Anglade : C'est sûr que ça complexifie les choses. C'est sûr que ça complexifie les affaires. Puis vous savez comme moi que ce n'est pas tout le monde qui regarde, en sortant de chez lui, dans quelle couleur il va être, si c'est une MRC ou si c'est le territoire au complet, d'où l'importance d'avoir une cohérence dans les communications puis d'être hyperrigoureux dans les communications.

Mme Côté (Claudie) : Est-ce que Marie-Eve Proulx doit rester au sein du caucus? Est-ce que vous êtes satisfaite de ce que François Legault a dit hier à son sujet?

Mme Anglade : Moi, je vous dirais la chose suivante : Si, au sein de mon caucus, j'avais une personne dans le bureau de laquelle on aurait eu 15 départs, deux plaintes dans un tribunal administratif avec des ententes à l'amiable, d'anciens employés qui viennent porter plainte, je ne voudrais pas avoir cette personne-là au sein de mon caucus, je vous le dis comme ça.

Mme Côté (Claudie) : Donc, c'est deux poids, deux mesures?

Mme Anglade : Pour moi. Moi, je vous dis comment, moi, je me gouvernerais. Une personne, donc, qui a eu 15 démissions autour d'elle, une personne qui a reçu des plaintes à un tribunal administratif, une personne qui a des plaintes… on voit qu'elle récidive puisqu'il y a des employés qui étaient avec elle avant qui portent plainte, je ne pense pas que c'est l'image que j'aimerais avoir au sein de mon caucus. Voilà.

M. Larin (Vincent) : Vous ne pouvez pas être satisfaite de voir qu'est-ce que M. Legault a fait hier?

Mme Anglade : M. Legault se gouverne, moi, je me gouverne. Ce n'est pas la manière dont je me gouvernerais, mais ça, c'est le choix qu'il fait.

M. Larin (Vincent) : On ne vous demande pas la façon dont vous, vous gouvernez, on vous demande qu'est-ce que vous pensez de la façon dont M. Legault gouverne son parti. 

Mme Anglade : Je vous ai répondu. S'il y avait quelqu'un qui se comportait comme ça, cette personne-là ne ferait plus partie de mon caucus.

M. Bergeron (Patrice) : Mais souvent les élus ont… il y a des élus qui décident de choisir de se retirer du caucus, je pense que vous connaissez cette situation-là aussi. Est-ce que Mme Proulx ne devrait pas prendre de son propre chef la décision de se retirer de son caucus, là, moralement, en son for intérieur?

Mme Anglade : Bien, écoutez, moi, je vais vous dire quelque chose, là, aujourd'hui, là, je pense aux victimes, des gens qui sont allés au tribunal, des gens qui sont obligés d'envoyer de l'information confidentielle pour essayer de faire avancer les choses, je pense aux personnes qui ont quitté puis je me dis qu'elle devrait certainement faire une réflexion. Ça, c'est sans parler du coach que Mme Proulx a eu, là, pour l'aider dans tout ça en plus. Mais je pense que c'est une sérieuse réflexion. Moi, comme individu, je me ferais une sérieuse réflexion, en effet.

M. Lacroix (Louis) : Il y a la question de la parité aussi, là. Maintenant, on est en bas de la zone paritaire, on est à moins de 40 % de représentation féminine. C'est 11 ministres, je pense, si mon calcul est bon. M. Legault a entrouvert la porte à un remaniement hier en disant qu'il allait essayer de régler cette question-là plus tard. Qu'est-ce que vous lui recommandez de faire?

Mme Anglade : Vous voulez dire qu'est-ce que je lui recommanderais de manière générale? Je pense que la parité est une excellente…

M. Lacroix (Louis) : Bien, par rapport à…

Mme Anglade : …la zone paritaire est une excellente chose, est un objectif à atteindre.

M. Lacroix (Louis) : …le Conseil des ministres, est-ce que c'est une bonne occasion, à votre avis, de dire : Bien, on rebrasse les cartes?

Mme Anglade : Bien, je pense que c'était une bonne occasion même avant le départ de Mme Proulx, ça l'est encore plus aujourd'hui. Je veux dire, la réalité, c'est qu'avoir un Conseil des ministres qui atteint la zone paritaire est une chose que l'on devrait avoir constamment comme souci, en termes de représentativité. Ça devrait être un principe qui guide le premier ministre.

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce que vous estimez que M. Legault est plus dur envers les femmes qu'envers les hommes?

Mme Anglade : Est-ce que vous faites référence à Mme Proulx? Parce que je pense que c'est un cas bien…

M. Lacroix (Louis) : Il y a eu Mme D'Amours, il y a madame…

M. Lavallée (Hugo) : Il y a une accumulation.

Mme Anglade : Bien, écoutez, moi, ce que je dis, ce que je constate quand même, c'est que M. Fitzgibbon est encore autour du Conseil des ministres… autour de la table du Conseil des ministres, alors qu'on sait très bien qu'il y a eu quatre enquêtes et deux blâmes contre M. Fitzgibbon. Alors, moi, j'ai de la difficulté à comprendre que certaines personnes soient encore autour de la table du Conseil des ministres.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que c'est un «boys' club», le Conseil des ministres de M. Legault?

Mme Anglade : Est-ce que c'est un «boys' club»? Je veux dire, très clairement, quand M. Legault parle des gens avec qui il prend ses décisions, bien il fait référence à M. Dubé, il fait référence à M. Fitzgibbon, puis moi, je pense qu'il gagnerait à avoir un Conseil des ministres plus paritaire.  

La Modératrice : Merci. On va prendre les questions en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

Mme Anglade : Merci, Louis Lacroix. Oui, Cathy.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. I just would like to clarify something about Mme Marie-Eve Proulx. Yesterday, the ex-mayor of Montmagny who worked for her in her riding office, he replaced some people who… He said that it was not… he was not surprised. And then Mr. Legault is making a difference between her ministry and her riding office…

Mme Anglade : Behavior is behavior. I mean, I don't think you are… Like, when I get up in the morning, I'm not the leader of the official opposition one way and MNA of my riding a different way. I am Dominique and I am the way I am with people in general. So, I have a hard time believing that you're behaving a certain way with certain employees and differently with other employees.

My whole point around Marie-Eve Proulx is, if I had somebody like her in my caucus with significant issues, with people leaving, left, right and center, with people complaining, filing complaints, with having to hire a coach to help her and not seeing the results, this person would not be part of my caucus.

Mme Senay (Cathy) :OK. Yesterday, CBC had this story about 500 air passengers that… lending in Vancouver and in Toronto. Do you remember how Premier Legault was like… police officers chasing travellers, making sure they respect their quarantines? Do you know what the results of fines issued in Québec by the…

Mme Anglade : It's very limited.

Mme Senay (Cathy) : There's nothing. Nothing.

Mme Anglade : Yes. So, I definitely think there's an issue there and that… Premier Legault said he was going to do something about it, that he was adamant that we need to control this. This is an example, what has been done, and those questions need to be raised.

Mme Senay (Cathy) : But is it surprising that in Québec there is no…

Mme Anglade : Unless you tell me that everybody follows the rules and there's absolutely no need for that. I mean, that could be one of the answers. But what I think is nobody is focusing on this the way they should be right now.

Mme Senay (Cathy) : Are there enough resources to focus on this?

Mme Anglade : There should be enough resources because it should be a priority.

M. Giroux (Stéphane) : Bonjour, Mme Anglade… go back on a question my colleague asked about the immigration issue… words of M. Legault… said, I am curious what happened between 3 years ago?

Mme Anglade : I am…

M. Giroux (Stéphane) : Excusez-moi.

Mme Anglade : Oui, oui. C'est parce que je n'entends pas tous les mots. Je m'excuse.

M. Giroux (Stéphane) : What happened between 3 years ago, when the CAQ said : We want to increase the general revenue of Quebeckers so they match the rest of Canada, and now, when Legault says : $56,000 a year for immigrants is what we're looking for?

Mme Anglade : Well, I don't think, fundamentally, the Premier has changed his position. I think he's been proposing this idea all along.

M. Giroux (Stéphane) :

Mme Anglade : But a pandemic happened, a pandemic happened, and I never shared the vision of we need to have this obsession of just recognizing people solely through their salary. I've never been thinking that way. But a pandemic happened, and what did we learn from the pandemic is that we have a lot of people that are not making $56,000, that are helping residents, that are helping people through health, and we should consider the social impact that they have on Québec in general. And, Premier M. Legault has just one idea, there is a dollar sign, a sign to every single person, and that's what matters. And, in fact, that's the only thing that matters. And I believe that you cannot think of a society that way. You have to think of all the… you have to care about all the people that you have and all the issue or social issues that you have.

M. Giroux (Stéphane) : On the issue of vaccine, AstraZeneca…

Mme Anglade : I'm sorry, I can't hear you.

M. Giroux (Stéphane) : I got…

Mme Anglade : Vaccine, yes. You got AstraZeneca as well.

M. Giroux (Stéphane) : There's of course… people were thrown into a… after Doctor Quach said, well, I wouldn't give it to my sister. Do you think that we were misinformed?

Mme Anglade : I think we had the information we had back then. I got AstraZeneca myself. And you make decision with the information that is available. That's the information we had at that time. So, I think we have to realize that not every decision is perfect. And I am not asking the Government to make a perfect decision on this. And now, we have to wait for the second dose to see what is the best approach for the people that got AstraZeneca.

La Modératrice :Merci beaucoup.

Mme Anglade :Thank you.

(Fin à 8 h 27)

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