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Point de presse de M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de services sociaux, et Mme Catherine Dorion, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture et de communications

Version finale

Le mercredi 5 mai 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-sept minutes)

M. Zanetti : Bonjour, tout le monde. Écoutez, on est en train de traverser, au Québec, une crise de la santé mentale, et le gouvernement, actuellement, est en train de laisser souffrir son monde et d'attendre que ça passe.

Le dernier budget, là, quand on regarde les ressources attribuées à la santé mentale, il est ridicule. Je questionnais le ministre Carmant, la semaine dernière, pour savoir... essayer de lui faire reconnaître qu'il manque de ressources au Québec pour la santé mentale. Il n'a jamais voulu le reconnaître. Il dit : On va réorganiser les soins. C'est une question de réorganisation des ressources.

En ce moment, là, les listes pour la santé mentale, pour avoir des soins, une thérapie, sont tellement longues que si vous demandez, vous vous mettez dans la liste aujourd'hui, au public, vous risquez d'avoir seulement des soins de psychothérapie en 2023. On parle de six mois à deux ans d'attente pour des gens qui sont en détresse psychologique, pour des gens qui sont probablement en détresse psychologique depuis longtemps parce que ça prend du temps, souvent, avant d'aller se mettre sur une liste. Alors, c'est complètement inacceptable. On voit là qu'il y a un manque de sérieux total.

Et puis les listes de santé mentale, là, elles ne sont pas en train de s'améliorer. On a vu que depuis le mois de novembre, elles ont augmenté de 20 %. La situation s'aggrave, on prétend qu'on n'a pas besoin de mettre plus de ressources. C'est vraiment grave. Moi, je suis extrêmement soucieux et préoccupé de ça.

Et puis le problème, là, je ne sais pas si c'est au niveau du ministre Carmant ou au niveau du ministère des Finances, mais j'ai l'impression qu'on perçoit, à la CAQ, là, la santé mentale, comme une dépense inutile. Mais selon l'INESSS, là, bien, chaque dollar investi en santé mentale fait économiser deux dollars de frais de santé. Alors, ce n'est pas vrai qu'on n'a pas les moyens d'investir en santé mentale. En fait, on n'a pas les moyens de ne pas investir en santé mentale. La santé mentale, ça ne devrait pas être un luxe. Merci.

Mme Dorion : Bonjour, tout le monde. Je ne sais pas si vous savez, il va y avoir une manifestation à midi, ici, devant l'Assemblée nationale, du mouvement A.R.T., c'est pour Artistes reconnus pour une Rémunération équitable au Travail. En gros, ce qu'ils vont demander, c'est la révision rapide des lois sur le statut de l'artiste. Ça fait super longtemps que c'est demandé.

En campagne électorale, la CAQ avait promis : Nous allons réviser la loi sur le statut de l'artiste, c'est une promesse électorale. Au moment de lancer sa consultation sur la réforme du statut de l'artiste, la ministre Roy a dit, texto : «C'est une promesse électorale, et on va la remplir.»

Et là, hier, en crédits, j'ai fait le saut parce que j'ai entendu la députée libérale lui poser trois fois la question : Est-ce que ce… est-ce qu'on s'engage à déposer ce projet de loi là à tel moment, à tel moment? La ministre répondait invariablement : Je ne veux pas m'engager, je ne veux pas donner d'engagement. Alors, je l'ai relancée, je lui ai demandé très clairement : Donc, pas d'engagement? Donc, pas d'engagement? Trois fois avant d'avoir une réponse qui est : Je ne fais pas de promesse, je ne suis pas de celles qui font des promesses.

On avait une promesse, on n'a plus de promesse. Il y a un abandon de promesse, et c'est très, très clair pour moi. Je pense que ça l'est aussi pour la journaliste qui a écouté la période des crédits avec la ministre et qui a ressorti ça.

Là, on a un problème. Aujourd'hui, les artistes étaient déjà mobilisés pour venir le demander, mais ça fait des années. Les artistes ne vivent pas de leur art, les artistes n'ont pas un revenu qui leur permet de vivre. C'est problématique, et là ça vient de tomber à l'eau. Ça fait que voilà. À moins que la ministre revienne sur ses propos… Je lui en donne l'occasion, alors…

Québec solidaire, on va déposer une motion ce matin qui va lui demander, qui va demander à la CAQ de s'engager d'ici la fin de la session… d'ici la fin — pardon — de la législature à déposer cette révision du — voyons — à déposer ce projet de loi. Et on lui donne l'occasion, en ce moment, de nous permettre d'en avoir le coeur net, là. C'est quoi qui se passe? Est-ce qu'il y a encore une promesse ou est-ce qu'il n'y a plus de promesse? On va en avoir le coeur net avec la motion qu'on dépose aujourd'hui.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre vos questions, une question, une sous-question.

M. Lavallée (Hugo) : La ministre Girault hier nous apprenait qu'il était envisagé de réduire les exigences en matière de français pour certaines catégories d'immigrants. Qu'est-ce que vous en pensez?

M. Zanetti : Bien, c'est… je vous référerais, là, pour plus de détail, à notre collègue, Andrés Fontecilla, là, qui est responsable en matière d'immigration. Mais, de façon globale, la CAQ a une vision, une étrange vision économique de l'immigration. Et puis nous, c'est ça qu'on critique. Pour nous, derrière les immigrantes et les immigrants, il y a des êtres humains, puis une société, c'est constitué d'êtres humains, ce n'est pas juste des salaires en haut ou en bas de 56 000 $, puis c'est comme ça qu'on devrait… c'est la vision qu'on devrait avoir de l'immigration au Québec, selon nous.

M. Lavallée (Hugo) : Mais donc, sur la question de la langue…

M. Zanetti : Bien, il faut qu'on trouve le moyen d'avoir une immigration puis aussi, disons, un français qui ne recule pas. Alors, la CAQ va déposer un projet de loi, on va regarder ce qu'il y a là-dedans. Puis, pour nous, c'est vraiment important que toutes les mesures soient mises en place pour faire en sorte qu'on ait un français qui ne recule pas au Québec.

M. Lacroix (Louis) : Il y a des Québécois, en ce moment, qui ont reçu le vaccin AstraZeneca et qui se sentent un peu trahis par le fait que maintenant on… le comité national d'immunisation dit : Bien, peut-être la meilleure idée, ce serait d'attendre d'avoir un vaccin ARN, plutôt que de prendre l'AstraZeneca.

Comment vous réagissez à ça, vous? Comment est-ce qu'on doit analyser ce changement de position là? Et est-ce que les Québécois qui se sentent comme ça, ont raison de se sentir comme ça?

M. Zanetti : Bien, je comprends vraiment leur sentiment, là. Depuis le début, je pense que les scientifiques eux-mêmes évoluent dans un monde où les données changent, leur analyse change, puis c'est vraiment tannant. Mais, en même temps, la meilleure chose qu'on peut faire c'est d'écouter ce que les scientifiques disent, la Santé publique dit. Nous autres, c'est ce qu'on va continuer de faire, puis moi, personnellement, s'ils me disent que je peux aller prendre ce vaccin-là, je vais le faire… sans hésiter. Puis, si ça change, bien, on va faire…

M. Lacroix (Louis) :

M. Zanetti : Bien, oui, mais là, en ce moment, je suis trop jeune, mais…

M. Lacroix (Louis) : Je comprends, mais là, devant, justement, ce que dit le comité national d'immunisation, votre réaction, c'est quoi? Est-ce que c'est de dire : Si j'ai le vaccin disponible AstraZeneca, je vais le prendre ou si vous allez attendre d'avoir un ARN comme Pfizer, Moderna?

M. Zanetti : Bien, moi, je pense qu'il faut écouter les consignes de la Santé publique qui sont toujours mises à jour avec les informations les plus récentes.

M. Lacroix (Louis) : …c'est un conseil qu'ils donnent parce que les gens sont libres de prendre l'AstraZeneca…

M. Zanetti : Alors, je suivrais le conseil aussi.

M. Carabin (François) : …il y a plusieurs avis de santé publique. Il n'y a pas de consensus vraiment. Mme Quach, d'un côté, nous dit : Je vous conseille de prendre les vaccins ARN. Hier, monsieur… Dr Arruda garde le cap, là. Il nous dit : C'est des vaccins qui sont sécuritaires. On écoute qui dans tout ce…?

M. Zanetti : Bien, je vais vous référer, là, pour des questions plus pointues sur le sujet, à mon collègue, député de Gouin, qui, dont c'est le mandat principal.

M. Lacroix (Louis) : …je comprends, là, mais vous êtes un citoyen, vous êtes aussi un représentant du peuple. Vous recevez ces messages-là, puis je pense que vos commettants ont le droit de savoir ce que vous en pensez de ce double message qui est envoyé. D'un côté, on dit : Bien, on le recommande encore. Puis, de l'autre côté, Mme Quach dit : Bien, là, attendez donc de prendre un ARN.

Alors, vous, ce message-là vous le recevez comment? Et, ça veut dire quoi pour vous?

M. Zanetti : Bien, moi, je pense qu'il faut suivre les conseils de la Santé publique, puis c'est ce que je vais faire.

Mme Côté (Claudie) : Est-ce que Marie-Eve Proulx a encore sa place au sein du caucus de la CAQ?

M. Zanetti : Écoutez, je ne sais pas vraiment quoi vous répondre à ça, là. Je pense que, en ce moment, moi, personnellement, je manque d'information pour porter un jugement sur qui devrait être dans le caucus de la CAQ ou pas, à ce moment-ci, là, mais…

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que vous êtes mal à l'aise de siéger dans la même chambre qu'elle? Compte tenu des prétentions, là, qu'il y a de faites, qu'elle aurait fait du harcèlement psychologique. Tout ce qu'on entend en ce moment sur, justement, la… Est-ce qu'il y a un malaise de siéger dans la même Chambre?

M. Zanetti : Bien, c'est très préoccupant les questions de harcèlement psychologique de nos jours. Je pense que le milieu de travail, aussi, de l'Assemblée nationale, c'est un milieu qui est difficile. Et que… Moi, je suis très fier que Québec solidaire, par exemple, on est la première aile parlementaire qui se soit syndiquée. Je pense que ça montre qu'on prend au sérieux cette question des conditions de travail, puis, c'est quelque chose dans la culture politique, peut-être, des autres partis qui est amenée à évoluer. Et j'espère que ça va se faire pour tout le monde qui vit ça.

M. Lacroix (Louis) : Je comprends, mais vous ne répondez pas à la question M. Zanetti. Je vous demande si vous avez un malaise à siéger dans la même Chambre qu'une ex-ministre, une députée qui a un passé assez important, là, c'est-à-dire, un passif, si on veut, de harcèlement psychologique, d'une quinzaine de plaintes de gens qui ont quitté son caucus. Est-ce que vous avez personnellement un malaise à siéger avec…

M. Zanetti : Je pense que c'est au caucus caquiste que vous devriez poser cette question-là. C'est eux qui connaissent celle…

M. Lacroix (Louis) : Non, c'est à vous… Vous êtes dans la même Chambre qu'elle, là.

La Modératrice : Oui, si la réponse ne te convient pas, ça te regarde, là.

M. Lacroix (Louis) : Eh! On est en conférence de presse, j'ai le droit de poser mes questions.

La Modératrice : Oui, et il a répondu trois fois à votre question.

M. Lacroix (Louis) : Attends un peu, ce n'est pas toi qui vas gérer les réponses, là.

M. Zanetti : J'ai répondu ce que j'avais à répondre.

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce que M. Legault est plus dur envers les femmes?

M. Zanetti : Monsieur qui?

M. Lavallée (Hugo) : M. Legault, le premier ministre.

M. Zanetti : Écoutez, vous m'envoyez sur des drôles de sujets ce matin. Y a-tu des éléments nouveaux qu'on ne sait pas depuis hier, là?

M. Lavallée (Hugo) : C'est parce que, là, il met de côté une femme ministre, ce n'est pas la première fois. C'est arrivé plusieurs fois précédemment, alors qu'il maintient en place M. Fitzgibbon, c'est des éléments d'actualité, là.

M. Zanetti : Bien, je ne peux pas mettre en lien, moi, les deux événements nécessairement, mais effectivement, c'est sûr que… dans l'histoire il a plus souvent retiré des postes de ministres à des femmes qu'à des hommes, ça, c'est indéniable, c'est un fait. Et puis, ce n'est pas parce qu'il n'y avait pas eu de raisons de mettre de côté des ministres hommes. Maintenant, pour le cas de Mme Proulx, moi, je ne veux pas affirmer quoi que ce soit par rapport à la raison qui est derrière, là. On va attendre d'avoir plus d'information par rapport à ça, mais la question du harcèlement est effectivement très préoccupante, puis c'est une bonne raison de dire que quelqu'un ne devrait pas être ministre s'il n'est pas capable d'avoir des relations de travail saines.

Mme Côté (Claudie) : …toléré trop longtemps le cas de harcèlement? Vous dites, nous, on est préoccupés chez Québec solidaire, on est fiers, on est syndiqués. Vous parlez souvent de problèmes de santé mentale. Est-ce que François Legault a toléré trop longtemps cette ministre-là? Et est-ce qu'elle a encore sa place comme élue caquiste, à la lumière de ce qu'on sait?

M. Zanetti : Bien là, moi, je manque d'information pour faire une analyse fine de tous les événements, mais sur les principes, ce que je dis, c'est la même chose, c'est que le harcèlement psychologique, c'est grave. Dans la culture de travail à l'Assemblée nationale, il faut qu'on travaille là-dessus fortement. Je pense que le fait qu'il y a des employés qui commencent à se syndiquer, entre autres, à Québec solidaire, c'est une bonne nouvelle, peut-être que ça va inspirer d'autres gens. Et puis, moi, je pense qu'il faut qu'on apprenne de ces choses-là, quand on va avoir plus d'information, pour vraiment dire : Comment est-ce qu'on veut que devienne la culture politique à l'Assemblée? Parce que les cultures de relations de travail ont une influence sur la façon dont on fait de la politique. Alors, pour moi, ça, c'est vraiment quelque chose qui est important, plus que le cas spécifique sur lequel, honnêtement, ce matin, je n'ai pas assez d'information pour vous répondre.

M. Pilon-Larose (Hugo) : …question très spécifique… ma question est en deux temps. Ma question très spécifique, justement, de la convention collective que vous avez à Québec solidaire : Est-ce que vous pouvez nous expliquer s'il y a des mécanismes qui sont prévus dans votre convention collective pour des cas présumés de harcèlement de la part d'un député? Dans un deuxième temps, ma question s'adresse aussi au philosophe en vous, parce que ces cas-là, qu'on a vus dans l'actualité ces jours-ci, on peut aussi parler de Mariepier Morinqui fait énormément parler, ça évoque la question plus générale du droit à la deuxième chance. À partir de quel moment est-ce qu'on permet à une personne de se réhabiliter? Comment est-ce qu'on procède dans ce cas-ci? Donc si un cas comme Marie-Eve Proulx se passait chez vous, comment est-ce que vous réagiriez? Puis, c'est quoi, les procédures qui sont prévues pour le faire?

M. Zanetti : Bien, écoutez, là j'avoue que je ne connais pas par cœur notre convention collective encore, là, j'en connais des grands pans, mais elle a plusieurs dizaines de pages. Et si vous voulez une longue réponse plus précise sur ces mécanismes-là, je suis certain que quelqu'un, là… faites la demande puis on va vous donner une entrevue plus précise là-dessus. Ce que je présume, c'est qu'il y aurait des griefs, puis, que ce serait réglé comme ça se règle habituellement dans les milieux de travail, ces choses-là, puis c'est ça. C'est quelque chose qu'on prend très au sérieux, puis…

Mme Dorion : Vas-y, Vincent.

M. Larin (Vincent) : J'aurais peut-être une question plus locale, peut-être pour Mme Dorion, concernant Lauberivière. En fin de semaine, ça a beaucoup fait parler, Mme Dorion. Dans un premier temps, je voudrais vous entendre sur le commentaire du directeur de Lauberivière à l'effet qu'il y aurait un problème de plus en plus grandissant d'itinérance, notamment en provenance de Montréal, et qui se déverserait à Québec. Qu'est-ce que vous pensez de ça?

Mme Dorion : La première fois que j'ai entendu ça, c'est de la bouche de M. Boulay, ça fait que, je vais dire comme Sol, il faut que je vérifie plus, il faut qu'on aille voir, puis qu'on fasse des études. Mais, en tout cas, ce qui est clair, c'est que la ville de Québec grossit, puis quand une ville grossit, tu as du monde de l'extérieur qui arrive. En itinérance, c'est ça, c'est classique, une grosse ville, tu as des gens de l'extérieur qui arrivent en itinérance, qui s'ajoutent à ceux qui sont déjà là. Mais, c'est la même chose qu'il y avait, 300, 400 mètres plus loin, à l'autre Lauberivière. Les gens disent : Lauberivière vient d'arriver dans Saint-Roch. Il était de l'autre côté des bretelles de l'autoroute, il n'était pas bien, bien plus loin. Mais c'est sûr que pour le voisinage immédiat, ça fait une maudite différence. Puis là, on a beaucoup de choses à faire pour faire en sorte que ça se passe bien.

M. Larin (Vincent) : …on ne réécrira pas l'histoire, le bâtiment de 32,5 millions a été construit, mais est-ce que, après coup, vous trouvez que c'était une bonne idée de construire un si gros bâtiment pour concentrer comme toute l'itinérance de la ville au même endroit?

Mme Dorion : À cause de l'historique de la ville, de comment Lauberivière s'était développé comme un centre un peu de dernier recours, parce qu'il y en a plein d'autres, hein? Il y en a d'autres, ressources communautaires qui ont tout autant besoin d'argent, de ressources, que toutes les ressources communautaires en ce moment. Mais à Québec, Lauberivière, ils ne sont pas tous seuls, sauf que c'est un peu la place de dernier recours où, là, câline, il y en a beaucoup, il y en a de plus en plus, puis il y en a qui n'ont pas de place à Lauberivière, même, des fois. Tu sais, ça fait qu'on avait besoin de, rapidement, trouver une nouvelle place pour Lauberivière, ils ne pouvaient plus rester où est-ce qu'ils étaient, puis si on avait tout démantibulé ça en de multiples projets, on aurait eu une situation tellement difficile à gérer que ça aurait peut-être, dans l'idéal, été une idée de faire ça plus petit. Mais dans le concret, dans la réalité des choses, c'était la meilleure des avenues possibles. C'était…

M. Larin (Vincent) : …vous, pour régler cet enjeu-là avec le voisinage?

Mme Dorion : Bien, je vais avoir des réponses bien, bien plates, mais c'est ça qui arrive quand il n'y a pas assez de financement dans les groupes communautaires, quand il n'y a pas assez de financement pour les ressources en hébergement, quand il n'y a pas assez de travailleurs de rue, quand les travailleurs de rue ne sont pas assez payés, quand son…

M. Larin (Vincent) : Il y a 32 millions qui ont été donnés pour la construction de Lauberivière, là…

Mme Dorion : Oui, oui. Ça, c'est du béton.

M. Larin (Vincent) : …si ça, ce n'est pas assez d'argent, je veux dire, c'est beaucoup, pour un…

Mme Dorion : Vous pensez que ça va coûter juste 32 millions de régler le problème du communautaire au Québec?

M. Larin (Vincent) : Non, non, non.

Mme Dorion : Ça va coûter pas mal plus cher que ça. Ça va prendre un gouvernement et des gouvernements qui sont vraiment décidés à dire : O.K., que des gens vivent dans la rue, que du monde tombe dans la toxicomanie, que du monde passe 15 ans dans la rue, au point où ils ne sont plus capables de rentrer dans une bâtisse, il ne faut plus que ça se passe, au Québec. C'est des êtres humains, c'est des Québécois puis c'est du monde. Ça fait que soit on dit : Ce n'est pas grave, c'est normal, puis on laisse ça là, comme on le fait en ce moment, comme la CAQ semble le faire en ce moment, ou on dit : Non, c'est un enjeu important puis on va financer le communautaire, puis on va faire du logement social pour qu'il n'y ait plus de monde qui se retrouve dans la rue pour des raisons anecdotiques puis qui, finalement, y restent. Les raisons sont tellement complexes et multiples, mais les solutions sont toutes là.

Puis là, ça me prendrait une heure tout dire ce qu'on a comme solutions sur le... ce qui pourrait arriver. Mais oui, ça va demander de l'argent. Oui, ça va demander un investissement des pouvoirs publics. Qui d'autre? Il n'y a pas d'argent à faire avec la misère, là.

La Modératrice : Dernière question.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Oui. Question sur la fête nationale, si c'est possible, parce que... question hier après-midi.

Mme Dorion : Eh! C'était quelque chose.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Votre réaction, et, dans un deuxième temps, avez-vous peur que ce gouvernement-là tente justement d'empêcher les artistes ou les animateurs, les organisateurs de porter des macarons contre la loi n° 21, de se prononcer contre les politiques gouvernementales? Quand le gouvernement a dit : Il faut dépolitiser, par exemple, cette fête-là...

Mme Dorion : Bien là...

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...qu'est-ce que vous comprenez de tout ça? Et une précision sur la loi du statut de l'artiste. Vous voulez que le gouvernement l'adopte, la loi...

Mme Dorion : Oui. Je veux que le projet de loi soit déposé... bien oui, qu'il soit adopté, là, qu'on passe la loi, oui, oui. Il faut que la loi soit passée, c'est une promesse électorale.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Et la fête nationale.

Mme Dorion : Donc, la Saint-Jean, bien là, ils ont dit : On veut dépolitiser la Saint-Jean... Excusez. Tu vois, je suis en train de... ramener la religion là-dedans. On veut dépolitiser la fête nationale. Ça fait que, O.K., hier, elle a été pressée de questions, la ministre : Qu'est-ce que ça veut dire? Qu'est-ce que ça veut dire? Elle est incapable de le dire. On sait ce que ça veut dire, c'est que ça ne leur tente plus de mettre ça dans les mains d'organismes qui sont réputés pour être plus de tendance péquiste ou certains d'entre eux solidaires, souverainistes, indépendantistes, c'est clairement ça.

Mais les gens qui sont dans ces organismes-là, le parti qu'ils aiment, là, c'est-u vraiment important? On va-tu se mettre à dire : Wo, wo, wo! l'État ne te donnera pas de contrat si tu ne votes pas pour nous? C'est-u ça qu'ils sont en train de faire? Puis, quand on l'a pressée de questions : Attention, là, pourquoi vous voulez retirez l'organisation de la fête à des organismes qui le font depuis si longtemps?, elle répondait : Ah! bien non, moi, je ne sais pas de quoi on parle. En tout cas, ce que je me souviens, c'est qu'une fois, dans le défilé de la fête nationale, il y avait des gens avec un drapeau du PQ, puis ils ont écoeuré le chef de la CAQ avec leur drapeau du PQ. C'est une anecdote, c'est un fait divers, c'est bien dommage pour François Legault si ça lui est arrivé, je n'aurais pas aimé ça. Mais ça n'a pas rapport, ce n'est pas à partir de ça qu'on fait des politiques publiques sur une des fêtes les plus importantes au Québec, là.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. Mrs. Dorion, I would like to ask you, the theaters will reopen in Québec City on Monday after so many weeks being shut down. And we met different actors, for example, Réjean Vallée who's been an actor for 30 years, he became an orderly a few months ago, he doesn't know yet...

Mme Dorion :C'est quoi, «orderly»?

Mme Senay (Cathy) : Un préposé aux bénéficiaires.

Mme Dorion :O.K.

Mme Senay (Cathy) : Yes. So, he doesn't know yet if he will go back on stage, he has this dilemma. There are many artists who have this dilemma in Québec City, for example, because theaters are so important. So, how do you see this, losing artists? It's not sure yet what Réjean Vallée will do, but people like him or Simon Lepage, there are some many who have those questions.

Mme Dorion : Yes, almost half of the artists are thinking about changing and doing something else as a profession. And... C'est quoi, donc, le mot «hécatombe» en anglais?

Mme Senay (Cathy) : ...a catastrophe or...

Mme Dorion : Yes. It may be a catastrophe for not only in Québec City, but in all of Québec. We are so proud of our artists, of our culture, and how creative we are, and how good our artists are. But now what we are seeing is that... it's not... I mean, it's not realistic to think that maybe half of them will be, like, away after the pandemic.

So, how is it going to change our relationship to our culture? How is it going to change our lives? It will change our lives a lot, and especially if, even in front of that situation, Nathalie Roy is not able to do something for them. I mean, she will say: Oh! yes, we gave millions, we gave millions. No, we want to change how things work, because, now, artists, in the situation where they don't have any job like now, but there are many other situations where they're like, «Oh! I don't have anything for a year, and I've been working for 15 years, but, now for a year. I don't have anything.» And they don't any sort of way to have money during this time, so this has to change. Social security for artists has to change now. We have the solution; you have to change the law. Artists have been waiting for that for like 10 years and more. So, you can change the law, you can change how it works profoundly and create something that will make artists stay even in difficult times.

La Modératrice : Une dernière question.

Mme Senay (Cathy) : One clarification and then one question. So, this is why you want to change the law of the status of artists?

Mme Dorion : Yes.

Mme Senay (Cathy) : That's one of the reasons.

Mme Dorion : That's the main reason.

Mme Senay (Cathy) :OK.

Mme Dorion : Yes.

Mme Senay (Cathy) : Excellent. Mr. Zanetti, I would like to go back to Marie-Eve Proulx. I know that you've been questioned about by my colleagues in French. But let's go back to October 1st 2018, you became an MNA. So, you had an office, and all of a sudden you became a manager responsible of many people, making sure you were a right... When you hear cases, complaints of harassment that Marie-Eve Proulx has, and she has multiple of complaints, how do you feel as an MNA? Is there a thinking process starting in your mind hoping you're doing things, right?

M. Zanetti : Well, I had already this preoccupation before. When I became an MNA, it was really important for me. I had been, as a teacher, in the union of my college institution, and I was really aware of how toxic some behaviors, work behaviors, can be. And I was aware that I had a responsibility, and that I was... we are all public figures and we have to be very careful about what we are doing, we have to treat everybody with respect.

And it's not because sometimes, you know, MNAs are under a lot of pressure, because it's a public position, and everything, and that we are responsible for a lot of things, that we are allowed to take that pressure on the people we are working with because they are not MNAs and they don't have the same responsibility, the same work conditions as we do. So, I think it's really important, and I've been thinking about this for a long time.

And I'm really happy to be in a party where the employees are in a union, we're the only ones here, in the National Assembly, and that means that we're taking work relations very seriously. And I think that it could be an example maybe for the Government and the other parties. And I hope that their… also their employees will maybe have this reflexion that it's possible to be an employee here, at the National Assembly, and also be in a union and have a certain protection, and that you're not vulnerable, you know, to any kind of behavior from the MNAs.

La Modératrice : Dernière question.

M. Giroux (Stéphane) : ...ce serait pour Mme Dorion, je m'excuse... pas souvent, alors c'est la première fois que je lui pose une question. I'll ask it in English, of course. Yesterday, as you know, there was this intervention in Montréal to remove the campers in Hochelaga-Maisonneuve. It was done rather drastically. In your opinion, is… given the circumstances, Montréal… to look after its most vulnerable people right now?

Mme Dorion : There's many things that you can do for them, but you have to have the political will to do so, because it is going to cost something. I mean, as I said earlier, misery doesn't make anyone make money with it, so it's us who collectively take care of it, or nobody takes care of it.

So, we, at Québec solidaire, have several propositions that we… suggestions that you can go and see, and these are suggestions to help the situation. Just doing that is not the right thing. You cannot say, like: Oh! You have nowhere to live, that has no sense, go away! I mean, how does it do something good? So… But the things you can do for them are, like, precise things that have been demanded by groups, by the communities, by many people over the years. So, we selected them and put them together, so you can go and check, but… Yes.

La Modératrice :Merci beaucoup.

(Fin à 8 h 53)

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