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Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Le jeudi 29 avril 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Ce matin, notre porte-parole en matière de santé, M. Joël Arseneau, qui sera suivi du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon. La parole est à vous.

M. Arseneau : Alors, bonjour, tout le monde. J'aimerais faire un bref retour sur les études de crédits, particulièrement l'étude de crédits en santé, certains éléments qui ont peut-être passé sous le radar que j'aimerais souligner aujourd'hui.

On a parlé, bien entendu, hier, de vaccination. La proposition du Parti québécois était à l'effet de pouvoir déployer des cliniques de vaccination mobiles particulièrement auprès des écoles. Le ministre s'est dit ouvert à cette possibilité-là. Puisque le gouvernement dit ne pas pouvoir libérer les enseignants pour aller se faire vacciner, est-ce que la vaccination peut être déployée dans les écoles? Reste à voir si le gouvernement mettra en vigueur cette proposition-là, mettra en oeuvre cette proposition-là. On va attendre, d'ailleurs, avec beaucoup d'attention les annonces aujourd'hui concernant la vaccination pour les moins de 60 ans et le déploiement jusqu'au 24 juin. Les attentes sont élevées.

Mais, pour ce qui est des crédits aussi, on a abordé la question des agences privées, et le réseau de la santé dépend de façon éhontée envers les agences privées. Vous savez que le chiffre qu'on a pu obtenir sur les dépenses auprès des agences est de 456 millions de dollars pour l'année 2019‑2020, et ça, c'est une augmentation de 40 % par rapport à l'année précédente. Évidemment, vous nous demanderez : Quel est le chiffre pour l'année de pandémie? On ne le sait pas, mais on peut imaginer que c'est beaucoup plus élevé. Donc, plus d'un demi-milliard de dollars, c'est important.

Et, fait surprenant, donc, on n'a pas pu obtenir les chiffres et ce qu'on demande, en fait, au ministre, c'est de développer un plan de retrait par rapport aux agences menant à leur abolition. On crée deux catégories de travailleurs, ça nuit évidemment au recrutement et à la valorisation du travail des infirmières et des autres corps de métier en santé.

On a aussi parlé du temps supplémentaire obligatoire. Vous vous souviendrez que c'était une promesse de la CAQ. On sait qu'on dépense actuellement 770 millions de dollars en temps supplémentaire. On ne connaît pas le chiffre lié au temps supplémentaire obligatoire. Et ça, les chiffres que je vous donne, encore une fois, c'est des chiffres qui datent de plus d'un an. On nous dit qu'en juin on aura les chiffres de la dernière année. On n'a même pas d'estimation pour l'année qui vient de se terminer. C'est décevant. Quand on étudie les crédits puis qu'on nous dit que les chiffres viendront en juin, je pense qu'il y a un manque de rigueur à ce point de vue du côté du ministère de la Santé.

On n'a pas non plus obtenu de la part du ministre Dubé un engagement formel d'abolir l'arrêté ministériel 007 qui suspend les conventions collectives, là, en regard particulièrement des congés, des vacances. L'été s'en vient. Le personnel... les professionnels de la santé sont à bout de souffle. Il faut leur donner, en fait, un peu d'espoir et leur permettre, donc, de prendre les congés bien mérités qu'ils doivent obtenir.

En terminant, l'accès à un médecin pour 100 % des Québécois, c'était aussi une promesse-phare de la CAQ. On voit qu'à très court terme l'objectif du ministre est maintenant de 83 %. On stagne à 81 %, et les négociations se poursuivent avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. On voit également que, le mode de rémunération des médecins, ces discussions-là semblent piétiner. On n'a pas pu en savoir davantage. On sait qu'à l'automne 2019 le premier ministre lui-même brandissait la menace d'une loi spéciale. Deux ans plus tard, le dossier n'a pas évolué. C'est ce qu'on a appris hier dans les crédits, notamment.

Sur ce, je vais laisser la parole à mon chef Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Joël. C'est rare qu'on a l'occasion de questionner le gouvernement aussi directement. Puis je veux parler de la période dans laquelle on est, là, l'étude de crédits, qui nous permet de découvrir des choses intéressantes. Puis je veux mettre en valeur le travail rigoureux des députés du Parti québécois.

Hier, grâce à Pascal Bérubé, on a réussi à obtenir l'information de la part de la ministre LeBel qu'en fait il n'y aura pas de référendum sur le mode de scrutin, contrairement à l'engagement qui avait été pris par la CAQ.

Même chose, Martin Ouellet qui a réussi à faire dire au ministre de la Solidarité sociale que le droit à la cohabitation pour les personnes assistées sociales ne sera pas financé avant 2023, ce qui est évidemment problématique.

Un autre gain de la part M. Ouellet, le ministre des Finances qui refuse de condamner les bonis injustifiables à la SAQ. Mais ça vient du travail parlementaire.

Même chose pour Sylvain Roy, qui a questionné la ministre de l'Enseignement supérieur qui est incapable de nous donner un chiffre, qui ne veut pas nous donner un chiffre sur le financement de Dawson et de McGill. Puis ça sert à ça, l'exercice, là. Mais il y a une volonté de ne pas être transparent qui est évidente. On ne sait toujours pas combien d'argent va être injecté dans le cadre de ce projet prioritaire dans le p.l. n° 66.

Méghanne Perry Mélançon qui a questionné le ministre responsable de la Lutte au racisme qui refuse mur à mur de prendre nos propositions pour lutter contre le racisme.

Il y a plusieurs exemples, mais, dans un premier temps, je veux vous dire à quel point la période dans laquelle on est en ce moment permet de découvrir des choses et dégage une constance dans ce gouvernement-là, c'est celui du manque de transparence, un gouvernement qui préfère cacher les choses que de donner l'heure juste et de s'attaquer à une problématique.

Et parlant d'être dans le déni, il y a toute la question de l'habitation où est-ce que, clairement, à nouveau, on a un gouvernement qui préfère nier une problématique plutôt que de s'y attaquer de manière honnête et transparente. Donc, on a un gouvernement qui refuse de reconnaître l'existence d'une crise du logement.

Donc, comment voulez-vous qu'on parle de solutions si, en fait, notre gouvernement est dans le déni, de la même manière qu'il est dans le déni pour la maltraitance dans les CHSLD, de la même manière qu'il est dans le déni pour les 3,8 milliards de dollars en contrats sans appel d'offres qui ont été octroyés dans la crise, pour lesquels on n'a aucune réponse, dans le déni de l'interférence politique dans les décisions du ministère des Transports?

On a un gouvernement qui gère ses communications d'abord et avant tout, mais qui n'attaque pas de front le problème. Et c'était au coeur du plan de relance économique du Parti québécois il y a un mois. Si vous allez dans notre plan, on disait depuis le départ : on veut 5 000 logements sociaux par année parce qu'on a un retard accumulé. Et, si on veut se rapprocher d'un logement à 500 $, 600 $, comme l'a déclaré le premier ministre, la seule solution, c'est les logements sociaux. Puis, encore là, les logements sociaux sont plus chers que 500 $, 600 $, mais, au moins, on aurait un gouvernement qui tend l'oreille, reconnaît le problème et se dit : Bien, on va agir en rattrapant tout le retard accumulé sous les libéraux.

Mais, en fait, le problème de la CAQ, c'est qu'ils mettent en oeuvre exactement la même doctrine que les libéraux. Ils ont du temps et de l'argent pour accélérer les infrastructures lorsque ce sont des infrastructures de routes et de béton, mais ils n'ont pas de temps ni d'argent lorsque ces infrastructures-là sont des logements sociaux dans le cadre d'une crise qui frappe de plein fouet plusieurs familles. C'est très insensible et c'est très problématique.

Sur ce, je vais prendre vos questions.

La Modératrice : Une question, une sous-question, s'il vous plaît.

M. Laforest (Alain) : J'aimerais ça, vous entendre, M. Plamondon, sur le logement, là. Hier, vous avez été un peu… plus vitriolique sur les réseaux sociaux, là. Là, vous semblez être plus politique. Qu'est-ce que vous pensez de tout ça, là, de la réaction du premier ministre puis du fait qu'il dise : On va construire, on va atteindre l'objectif de 15 000 logements? Qui laisse entendre qu'il n'y en a pas, de véritable de crise de logement à Montréal?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il faut dire à la population qu'il y a du travail parlementaire qui se fait sur ces questions-là depuis des mois. Un parti comme le Parti québécois dit : 5 000 logements sociaux par année et ça urge. On le dit depuis longtemps. Puis ensuite le gouvernement arrive, puis il a le beau jeu de faire ses communications puis son marketing en disant : Ah oui! si jamais on a besoin, on va accélérer. Je pense qu'il y a vraiment, dans un premier temps, un déni de la part du gouvernement de la gravité de la situation et, dans un deuxième temps, il n'y a pas de mesure conséquente avec la gravité de la situation. La mesure dont on a besoin, ce n'est pas moins de 5 000 logements sociaux par année. On a détaillé ces budgets-là dans notre plan, et ça urge. Tant que le gouvernement ne fera pas ça, tout le reste, c'est de la poudre aux yeux, puis on n'avance pas.

M. Larin (Vincent) : Mais vous dites : La seule solution possible, c'est la construction de 5 000 logements sociaux.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'ai pas dit que c'est la seule, c'est une des propositions qu'on a mises de l'avant.

M. Larin (Vincent) : Mais vous avez dit la seule, mais… Donc, votre solution pour régler l'enjeu, en ce moment, qui est vécu à Montréal, de surchauffe immobilière, c'est la construction de logements sociaux?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'en est une, puis on va présenter un plan complet, sur lequel on travaille, basé sur une étude notamment de ce qui se fait à l'étranger. Puis il y a deux côtés à ça, là, il y a le logement social et il y a la surchauffe du marché immobilier. Puis les deux, évidemment, communiquent ensemble.

M. Larin (Vincent) : …c'est possible de nous donner quelques…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non.

M. Larin (Vincent) : Ah! mais…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On n'a pas fini, honnêtement. C'est parce qu'on a vu d'autres partis se dépêcher puis arriver avec des solutions qui, en fait, ont été rabrouées le lendemain par des experts, là. Il y a des questions économiques d'offres et demandes très complexes.

M. Laforest (Alain) : …cet été, on fait quoi des tentes qui s'installent à Montréal? Qu'est-ce qu'on fait cet été?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je m'en viens avec ça sous peu. On va arriver avec un plan…

M. Laforest (Alain) : En fin de semaine, ils sont là, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, oui.

M. Laforest (Alain) : Au mois de juillet, ils vont être là. On fait quoi là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je constate votre appétit. Là, je vous dis : Allez voir notre plan de relance économique, on avait prévu cette problématique-là, puis un gros morceau, c'est les logements sociaux.

Puis ensuite il y a toute une autre question par rapport à ce qui se passe présentement dans le secteur immobilier. Ma famille en souffre présentement parce que, comme vous le savez, je voulais acheter dans la grande région de Québec, c'est complètement délirant ce qui se passe en ce moment. Puis, au Parti québécois, bien, on veut faire du travail de qualité rigoureux, on vous revient avec un plan qui est complet sous peu. Mais, à court terme, on constate qu'on avait déjà parlé de ça, le gouvernement a ignoré nos signaux d'alarme, et malheureusement on se retrouve avec…

M. Lacroix (Louis) : Donc, vous êtes à loyer, M. St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui.

M. Lacroix (Louis) : Ça vous coûte combien pour le fun? 500 $?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça me regarde, je pense, le coût de mon loyer, là. Mais ce n'est pas 500 $ ou 600 $. Puis je ne pourrais pas, je ne pourrais absolument pas…

M. Lacroix (Louis) : Non, mais la question, je comprends que c'est personnel, mais, si vous aviez… avec votre famille, vous avez une belle petite famille, là, vous vouliez aller vivre en logement, là, à 500 $, 600 $ ou à 700 $, 800 $, est-ce qu'à votre avis c'est possible de le faire dans des conditions décentes?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça causerait une détresse familiale et psychologique très forte si on devait être jetés à la rue dans le cadre d'une rénoviction pour ensuite tenter de se trouver un logement avec 500 $, 600 $ seulement. Tu sais, on est aussi en contexte de COVID, rappelons-le, dans le cadre duquel certaines familles ont des enjeux financiers, leurs entreprises ont eu des difficultés.

L'insensibilité du gouvernement, l'incompréhension du gouvernement de cet enjeu-là, manque d'empathie envers des familles qui, clairement, vont ressentir énormément de pression. Parce que ta famille, il faut que tu la loges quelque part, puis ce n'est pas vrai que le marché actuel fonctionne dans les budgets qui ont été suggérés par le gouvernement.

M. Lacroix (Louis) : On comprend que c'est un piège vieux comme le monde, là, de demander à un politicien combien…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, bien, ça ressemble au 75 $.

M. Lacroix (Louis) : Exactement.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Mais, en même temps, ça donne l'heure juste sur combien d'énergie a été mise par ce gouvernement-là sur cet enjeu-là. Si c'était vraiment un enjeu prioritaire, jamais la réponse n'aurait été celle qui a été donnée. Ça veut dire que ça n'a pas été étudié sérieusement. Puis on le sait parce qu'on leur a demandé, il y a un mois, dans le cadre de notre plan de relance économique, de prendre au sérieux les problèmes de logements sociaux, puis il n'y a eu aucune réponse puis il y a eu un refus formel dans le salon bleu de reconnaître l'existence d'une crise du logement.

Donc, de toute évidence, oui, il y a une insensibilité.

M. Carabin (François) : …M. St-Pierre Plamondon, vous parlez de 5 000 logements par année, là. Ça a pris deux ans à la CAQ à en construire 3 000. Est-ce que c'est réaliste, avec l'urgence de la situation qui était mentionnée plus tôt par votre collègue, de dire : On va construire des logements d'urgence…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est complètement réaliste. La preuve, c'est le p.l. n° 66 et leur dernier budget. Regardez comme il faut leur dernier budget, l'argent qui est investi en infrastructures l'an prochain, qui, à mon avis, pose de sérieux risques d'inflation, parce que ce qu'on va faire, là, on va mettre tout l'argent dans des projets de construction, d'infrastructures gouvernementales ou routiers. Qu'est-ce que ça va faire sur les matériaux? Qu'est-ce que ça va faire sur les travailleurs? Ça va créer une rareté. Donc, ça va accentuer, peut-être, les problèmes qu'on a déjà avec l'habitation. Et ça démontre que, lorsqu'un gouvernement décide de construire quelque chose, il n'y a pas de limite à son action.

C'est qu'il n'y a pas de volonté. On veut mettre le paquet à coups de milliards dans des infrastructures de type routier, par exemple, mais on ne veut pas mettre l'argent dans les infrastructures sociales. Mais ça, c'est un choix politique, ce n'est pas un manque de capacité de faire atterrir des logements sociaux. On pourrait en faire plus que 5 000, si vraiment c'était ça, le plan de relance. Et ça pourrait être le plan de relance du gouvernement puisque c'est de l'infrastructure qui a le potentiel de relancer l'économie, et, du même coup, on arriverait à solutionner certains problèmes sociaux qui sont vraiment aigus en ce moment.

Mme Prince (Véronique) : Mais vous ne trouvez pas que c'est un problème qui se répète d'un gouvernement à l'autre? En fait, ce n'est pas un problème qui est nouveau, là...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est un problème qui se répète entre la CAQ et les libéraux parce que leurs politiques se ressemblent à plusieurs égards, tout simplement. Mais il ne faut pas présumer que tous les gouvernements, tous les partis politiques seraient insensibles à cette question-là. Nous, on l'a dans notre plan économique, on l'a dans nos sorties depuis longtemps. On parle de logement social parce qu'on considère que c'est une question fondamentale dans une société. C'est la pyramide de Maslow. Si tu ne t'occupes pas du premier étage de ta population, à savoir se vêtir, se nourrir et se loger, si, comme gouvernement, tu n'as même pas cette sensibilité-là, mais quelles valeurs as-tu vis-à-vis ta population?

Pour nous, c'est une priorité, ce l'est depuis longtemps, c'est dans nos plans économiques. Donc, ne présumons pas que tous les gouvernements et tous les partis politiques seraient insensibles. Mais c'est le cas, en effet, des libéraux et de la CAQ, qui se ressemblent énormément sur le plan des politiques publiques.

M. Larin (Vincent) : Quelles solutions qui ont été proposées par d'autres partis qui ne sont pas adaptées, qui ont été rabrouées, comme vous avez dit, là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Pardon?

M. Larin (Vincent) : Vous avez dit qu'il y a des partis qui sont arrivés avec d'autres solutions qui ont été rabrouées par les experts. Desquelles parlez-vous? Quelle solution est proposée qui n'est pas adaptée?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est que, là, on change, on n'est plus dans le logement social, mais on est dans les surenchères, par exemple. Si un parti politique propose de rendre le processus de surenchère sur le prix d'une maison publique, puis qu'ensuite des économistes viennent dire : En fait, ça pourrait exacerber le problème, bien, ça veut dire qu'on a besoin d'étudier peut-être plus longuement ces solutions-là.

Puis là on revient à la base. C'est que les partis politiques travaillent avec des ressources limitées notamment parce que le gouvernement refuse de reconnaître le problème. Puis, s'il le reconnaissait, on pourrait faire une commission politique, on pourrait amener des experts à l'Assemblée nationale dire : Nous, là, comme gouvernement puis comme partis d'opposition, on est tous ensemble dans la recherche d'une solution pour ces familles-là, venez nous éclairer, s'il vous plaît. Mais là, dans la mesure où le gouvernement nie complètement le problème, bien, les partis politiques travaillent avec les moyens qu'ils ont. Et au Parti québécois, on a fait le choix de mettre beaucoup, beaucoup de temps pour élaborer un plan, là, qui soit confirmé.

M. Laforest (Alain) : Pensez-vous que les dernières 24 heures ont fait réfléchir le premier ministre avec ce qui s'est passé sur les réseaux sociaux, les chroniqueurs ce matin, la sortie des oppositions, puis qu'il va reconnaître la crise du logement?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, je le souhaite. Puis, en fait, on va continuer de parler de ça tant qu'on n'aura pas reconnu la problématique. Donc, en fait...

En même temps, je vous dirais que le vrai enjeu avec le gouvernement Legault, ce n'est pas la déclaration publique qu'il pourrait faire dans les prochaines 24 heures, où finalement il va dire : Je vous entends, puis on ressent quelque chose, c'est important. Le problème, c'est : Est-ce que les bottines suivent les babines, à savoir est-ce que le gouvernement va véritablement agir? Parce qu'on l'a vu en matière de langue française, on l'a vu en matière de plan vert, de transition économique vers l'environnement, vers... on l'a vu... les violences envers les femmes, on l'a vu en matière de violence dans les CHSLD, maltraitance des aînés, on l'a vu à plein de niveaux, c'est un gouvernement qui fait des déclarations — j'espère qu'ils vont au moins en faire une pour reconnaître qu'il y a une crise du logement, là, c'est gros un éléphant — mais qui ensuite n'agit pas en conséquence ou en cohérence avec la déclaration qu'il a faite. On l'a vu tellement de fois dans la gestion de la pandémie également.

Donc, nous, notre rôle dans l'opposition, c'est de continuer à défendre l'intérêt de la population en exigeant des solutions. Puis l'une d'entre elles, c'est d'accélérer les logements sociaux dans le cadre du p.l. n° 66.

La Modératrice : Dernière question en français, s'il vous plaît.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que le premier ministre, par exemple, ou quelqu'un qui aspire à gouverner le Québec doit savoir c'est quoi, le prix de la pinte de lait, doit savoir c'est quoi, le prix d'un logement à Montréal, doit savoir… tous les indices qu'on peut leur donner, là, je veux dire, qui peuvent ressembler à la vie commune moyenne, là, d'un citoyen québécois?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je pense que les politiciens ont droit à l'erreur sur des questions quiz de chiffres, de PIB, de... Le rôle du politicien, c'est d'aller chercher l'information et de proposer des solutions à la population lorsqu'il y a un problème.

L'enjeu qu'on a en ce moment, ce n'est pas que le chiffre donné par le premier ministre n'est pas exactement le bon, c'est que ça témoigne, après des semaines et des semaines de crise du logement, c'est que ce n'est pas du tout sur le radar du gouvernement, ça ne les intéresse pas. Parce que, si on est le moindrement intéressé à la situation locative dans les grandes villes québécoises et la situation de surchauffe immobilière, c'est impossible de répondre ce chiffre-là.

Mais il ne faut pas non plus... Parce que je sais que c'est amusant pour vous, là, mais... Bien, je ne présume pas que c'est amusant pour vous. Mais, je veux dire, comme le disait M. Lacroix, là, c'est un classique quand même, là, de demander à un politicien... c'était arrivé à la dernière campagne électorale, si je me souviens bien, là, sur les langues officielles au Nouveau-Brunswick. Mais je pense qu'il faut donner le droit à l'erreur aux politiciens, ne pas demeurer sur le chiffre donné par le premier ministre, se tourner de côté puis plutôt se poser la question : Est-ce que ça l'air d'être une priorité pour le gouvernement? Si ce ne l'est pas, qu'est-ce qu'on va faire, nous, comme partis d'opposition, pour s'assurer que ça le devienne rapidement? Parce que, clairement, le gouvernement ne prend pas la mesure de ce qui se passe.

M. Carabin (François) : …sur la langue française, M. St-Pierre Plamondon, parce qu'hier M. Legault a fait allusion à une possibilité d'utiliser la clause dérogatoire pour l'affichage en français dans sa réforme de la loi 101. C'est une bonne idée, selon vous?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Mais la clause dérogatoire, c'est un outil qui découle d'un régime qui nous a été imposé sans notre consentement en 1982. Puis là, bien, c'est difficile de commenter si la clause dérogatoire est appropriée puisqu'on ne connaît pas les mesures, on est encore en attente. Ce serait probablement une huitième, neuvième déclaration sur le plan de la CAQ en matière de langue française sans qu'on n'obtienne quoi que ce soit de concret. Donc, c'est sûr qu'on va attendre que finalement ils nous présentent un plan pour pouvoir commenter. Cette clause dérogatoire là, par exemple, s'appliquerait à quelles mesures, dans quel contexte par rapport à l'affichage? Là, on n'a rien de concret, et ça dure depuis maintenant plus deux ans, des déclarations qui ne mènent à rien parce que le travail n'est pas présenté, alors que, pourtant, le gouvernement nous avait dit que leur plan était prêt. Donc, c'est très mystérieux, tout ça.

M. Carabin (François) : Mais vous pensez quoi de l'idée de repartir le débat sur l'affichage? Est-ce que c'est le débat numéro un sur lequel le gouvernement devrait se...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, pour nous, ce n'est pas l'aspect sur lequel on a insisté le plus dans le plan qu'on a travaillé puis sur lequel on travaille dans le cadre d'un projet de loi. Pour autant, ça dépend. Ça dépend s'il y a un aspect de l'affichage qui peut être amélioré. Donc, il ne faut jamais... C'est tellement difficile. Je demanderais simplement à la CAQ de remplir une fois, là, son engagement de déposer son plan. Ils l'ont annoncé sept, huit fois? Après, ils ont toujours failli à leur engagement. Demandons à la CAQ de déposer quelque chose de concret, puis on aura une discussion beaucoup plus éclairée sur ce qui en est. Parce que, là, ce n'est que des spéculations très difficiles à comprendre, là.

La Modératrice : Dernière.

M. Larin (Vincent) : Allez-vous être candidat dans Marie-Victorin?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ah! Je pensais que vous alliez me demander si j'allais être candidat à la mairie de Longueuil parce que, là, tout le monde... tout le monde semble vouloir être maire à Longueuil.

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, mais je pensais que c'était ça, votre question. Moi, par rapport à la situation à Longueuil, ce qu'on voit, c'est une situation qui est changeante constamment. Il semble y avoir beaucoup d'intérêt pour cette mairie-là ou cette ville-là. Et tant qu'il n'y aura rien de concret par rapport à l'existence d'une partielle, l'existence d'une date de partielle, c'est clair que je ne me prononcerai pas.

M. Larin (Vincent) : ...je veux dire, à partir de quand est-ce qu'il... Juste qu'on s'entende. Est-ce qu'il faut que ce soit...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, tant qu'on est dans l'hypothèse, c'est sûr que je ne me prononcerai pas.

M. Larin (Vincent) : Est-ce qu'il que Mme Fournier mette son nom sur un bulletin ou est-ce qu'il faut que le gouvernement appelle la partielle?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, il faut minimalement qu'il y ait une partielle puis qu'elle soit appelée, oui, minimalement, là. Parce que, sinon, il peut se passer tellement de choses, notamment ce qu'on vient de voir dans la dernière semaine, c'est quand même des retournements de situation. Est-ce qu'il y a d'autres candidats à la mairie de Longueuil qui se préparent? Bref, la politique étant ce qu'elle est, on peut faire plein d'hypothèses, mais c'est très changeant.

La Modératrice : On va passer en anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Good morning.

Mme Senay (Cathy) : Yesterday, it was not about… the exchange between Mme Massé and Mr. Legault, it was about Premier not being sensitive enough to know the reality of the cost of rent in Montréal and giving his sons as examples because it… too much. What can be the backlash of having the Premier not knowing the stress of families looking for an apartment right now?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think it's one thing not to know the figures for renting an apartment in Montréal. What's more important and much more problematic is not to do anything about it. So, what it tells is that it's not on the radar of the Government. If you have such an answer, it's because it's not a priority for you. You didn't look into it. But what's even more problematic, I think, is the Government doesn't recognize there's a crisis, doesn't have any plan. And we have a plan, in our economic plan that was released a month ago, saying you need as soon as possible as much as 5,000 social apartments a year because we've been doing nothing for so many years. That's part of the problem right now.

And there is a will from the Government to accelerate infrastructure projects, except for that sector. Everything that is social is not very a priority, whereas there is money and political will for all sorts of projects that are much more expensive than social, affordable apartments.

So, I think that's the issue. Can the Government recognize there's a crisis first? Because we can't have a conversation about what's the solution if there's not even a recognition that there is a problem. And, second part, can the Government listen to what opposition parties have been saying for months? That is : We need more affordable housing. And when he's talking about $500 and $600, the closest to that is «logement social», and we need to build more of that. And even then, it's more expensive than that. But, at least, there would be some political will and some action, some concrete projects going on to solve the crisis. And, right now, we're just looking at nothing.

Mme Senay (Cathy) : What can be the consequences of wasting time? Because obviously, yesterday afternoon, he said that the word crisis was too strong. So, what can be the consequences of wasting all this time to act promptly?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : The consequence is psychological and financial distress on families. So, it lacks empathy to not do anything about that. They know it's happening, and they deny the existence of the situation. And the consequence is very direct, it's families who are victims of «rénoviction» who are left with nowhere to go. And they have a budget that doesn't allow them to find something suitable, and that's an amount of stress for the children, for the family as a whole. That is very hard to understand, how the Government doesn't feel anything about that, doesn't feel it's a priority to do something about it.

M. Grillo (Matthew) : Social housing is an option. It's been brought up by a lot of… people. But what can be done about the existing apartments that are on the market? Because, even if you build social housing, there's still all these apartments that are still charging a lot of rent. So, I mean, what can be done in that…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, it's offer and demand. It's supply and demand. So, if you put more supply on the market, there are more option for families, then, the demand will be met and the pressure on prices may be a bit lesser than what we have currently.

But there is another topic that we need to work on that is : What do we do if the prices of housing for purchase are off the charts? And that's another topic that we need to work on, we're currently working on something, and they're connected. But at least, we know for sure right now that, if you put more social housing on the market, it will ease a bit the pressure on the few apartments left in terms of price. It will have an impact and it will help families who right now have no solutions. And we've been saying that for months, it was part of our economic plan, post-COVID economic plan. It was never considered by the Government. And now we're dealing with the crisis, and the more we wait, the bigger the crisis is, and it doesn't make any sense.

M. Grillo (Matthew) : Can we just hear you on vaccination? It's expected that, you know, for a pretty big… There's supposed to be a pretty big announcement today in terms of vaccination, we're going to hear from Dubé on that. We're just wondering what your expectations are in regard to that.

M. Arseneau : As far as the vaccination plan, we hope the Government will state the plan to meet their objectives for the National Holiday. And what we understand is, you know, we will have a plan, so each category will know when they can sign up and have an appointment to get their shot. But what we also expect is that, in terms of the second doses, that we also know what to expect and when it's going to be done for the more vulnerable people, such as people living in CHSLD, and private housing, and so on, because the first dose is only one part of the equation. We need to know what is expected for the second dose, when it's going to go… Is it throughout the summer? Is it until September, October? And so on. Thank you very much. Merci.

La Modératrice : Une dernière en français, sans relance, s'il vous plaît.

Mme Prince (Véronique) : Merci. J'ai un collègue qui fait un reportage sur les dossiers d'immigration, en fait les dossiers qui sont non traités. Et Ottawa et Québec se renvoient la balle, donc, il n'y a jamais eu autant d'immigrants qui étaient en attente. Qu'est-ce que vous pensez de ça? Est-ce qu'on va s'attaquer à ce problème-là? Est-ce qu'il y a du laxisme?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est-à-dire qu'il y a une obligation de résultat, là. On peut augmenter les seuils, on peut les baisser, les seuils. Mais, une fois qu'on s'engage dans un processus où on a une obligation de respect des individus, qui, engagés dans le processus, ont droit à des réponses, peu importe, là, le processus suivi puis la réponse envisagée par les différents paliers de gouvernement, il y a une obligation parce que les gens se retrouvent, donc, sans les droits pour pleinement prendre leur place dans notre société, mais sans réponse non plus, donc ils ne peuvent plus quitter.

Donc, il y a un aspect de responsabilité morale, je dirais, de répondre convenablement à des gens qui sont engagés dans le processus. Puis ça, ça n'a rien à voir avec la discussion annuelle sur la gestion des seuils, sur des questions macros. Une fois qu'on s'engage avec un individu ou une famille, on a une obligation morale de répondre dans des délais qui font en sorte que c'est vivable puis c'est respectueux de ces gens-là et de ces familles-là. Merci.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 8 h 30)


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