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Point de presse de Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de finances

Version finale

Le jeudi 29 avril 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-sept minutes)

Mme Massé : Bonjour, tout le monde. Hier, j'ai réalisé quelque chose. J'ai enfin compris pourquoi le premier ministre semblait ne pas s'intéresser à la crise du logement. En fait, c'est parce qu'il ne connaît pas ça. Il est déconnecté, ce n'est pas une réalité qu'il connaît, puis il n'a pas encore pris conscience de ce que la population, elle, sait depuis longtemps, c'est-à-dire qu'il y a une crise du logement au Québec.

À Québec solidaire, ça fait des années qu'on en parle, qu'on propose des solutions pour ralentir cette crise-là. Parlez-en à mon collègue Fontecilla, ça fait longtemps qu'il en parle. Dans l'autre législature, on en parlait aussi. On voyait que Mme Laforest était indifférente, elle aussi, à la question de la crise du logement. Bien là, aujourd'hui on comprend, on comprend pourquoi, parce qu'en fait la directive vient de plus haut, du plus haut poste de l'État, c'est-à-dire le patron de Mme Laforest, M. Legault.

Ça fait des mois, des années maintenant que mon collègue Fontecilla sonne l'alarme, fait des propositions. Rien, nada, pas de réponse au numéro que vous venez de composer. Mme Laforest, M. Legault n'ont rien fait parce qu'eux, leurs amis ou les enfants de leurs amis n'ont pas de problème de logement. Alors, ils pensent que c'est tout le monde, c'est de même pour tout le monde. Eh bien, j'ai des petites nouvelles pour eux, l'entourage du premier ministre n'est pas représentatif de la population en général. Alors, je lui propose deux choses, ce matin, pour qu'il puisse faire amende honorable.

Première chose, je lui propose d'aller sur le terrain avec moi. On va aller dans la rue, sur les campus, dans les files d'attente pour visiter les appartements, dans les assemblées de gens qui ont été évincés par des promoteurs prédateurs. On va parler avec du monde, on va leur demander : Comment ça se passe vos recherches de logement? Puis, ça, ça peut être n'importe où au Québec. Comment ça se passe vos recherches de logement? C'est quoi, l'impact du prix de votre logement sur vos revenus? Qu'est-ce qui vous reste dans vos poches, dans les poches de votre famille? Comment vous faites après ça pour payer la bouffe, les vêtements, les bills, le compte d'Hydro, de téléphone, d'internet? Bref, est-ce qu'il vous en reste? Puis, comment vous jonglez avec tout ça? Ça va peut-être le reconnecter un tant soit peu avec la réalité des travailleurs et travailleuses de la classe moyenne, parce que c'est eux et elles qui vivent ça.

Puis, la deuxième chose, bien, je vais lui dire : M. le premier ministre, si vous ne voulez pas vous faire huer tout le long de notre visite, là, bien, je vous suggère d'agir d'avant qu'on aille à la rencontre des gens. Puis, là-dessus, bien, les propositions sont sur la table, et certaines demandent juste une volonté politique. Première chose : un moratoire sur les évictions. Il l'a fait, l'année passée, il serait capable de le faire cette année. On est en pleine crise du logement. Deuxième : un registre des baux, un registre des loyers. Pourquoi? Bien, pour qu'on sache, parce que c'est de même que ça se passe, combien payait la personne qui a loué avant nous. Un gel des loyers pour l'année 2021. Le projet de loi est d'ailleurs tout écrit, mon collègue Andrés l'a déposé, c'est le projet de loi n° 696. Puis il aime ça se comparer à l'Ontario, alors l'Ontario a déjà fait ça pour 2021.

Puis, finalement, parce que cette crise-là était prévisible depuis longtemps et elle va avoir des impacts encore pour très longtemps, bien, je lui demande aussi de s'activer pour le long terme. Pour relancer le Québec, là, la façon de relancer le Québec pour être vraiment au service de la population, bien, c'est qu'il parte un vaste chantier de logement social partout sur le territoire du Québec. Et ça, ça n'aura peut-être pas d'impact à court terme, là, mais, dans les années à venir, ça aurait un réel impact, et la relance du Québec passerait par un des besoins essentiels de la population, c'est-à-dire d'être capable de se payer un toit sur la tête.

M. Marissal : Oui, bonjour. Merci d'être là. À moi de continuer dans la thématique que semble ne pas comprendre le gouvernement. Il paraît que la pédagogie, c'est l'art de la répétition, ça fait qu'on va continuer, on va répéter, on va répéter.

Il y a une crise du logement et puis non seulement le gouvernement nie cette crise du logement... On a essayé autant comme autant de le faire dire au premier ministre, pour ma part, au ministre des Finances, qui refuse de dire ça, à la ministre de l'Habitation. Bref, ces gens-là, soit se rentent la tête dans le sable, soit vivent chez Alice au pays des merveilles, mais considèrent qu'il n'y a pas de crise du logement. Alors, non seulement le gouvernement nie cette crise, mais il a pris des décisions, depuis qu'il est au pouvoir, qui ont accentué la crise et qui favorisent aussi les plus riches au détriment des familles moins nanties, très souvent locataires.

Alors, j'ai amené une photo aérienne ici pour vous illustrer mon propos. Vous pourrez la voir de plus proche tout à l'heure, je comprends que ça prend des bons yeux d'où vous êtes pour la voir, mais essentiellement, là, il y a deux quartiers de Montréal ici. Ça, c'est le boulevard l'Acadie. C'est fou ce que 100 mètres peuvent faire de différence dans la vie de quelqu'un. Ça, c'est ville Mont-Royal. Des maisons multimillionnaires pour lesquelles les propriétaires ont bénéficié de baisses de taxes scolaires, le fameux projet de loi n° 3, là, qu'on a adopté au début de mandat et qui fait exactement ce qu'on a dit qu'il ferait : ces gens, propriétaires de maisons multimillionnaires, bénéficient de baisses de taxes scolaires à hauteur de plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de dollars par année. Traversez le boulevard de l'Acadie, là, 100 mètres à l'est, Parc-Extension. Des gens qui vivent dans des appartements souvent assez glauques, décrépits, en mauvais état, et qui... tout ce dont ils bénéficient, c'est une hausse moyenne de loyer de 4 % à 6 % dans l'Île de Montréal, en ce moment, avec la surchauffe.

On l'avait dit, au ministre des Finances, que c'est ça qui arriverait. Et qu'est-ce qu'il nous avait dit, le ministre des Finances? Il nous avait dit... je vais sortir mes lunettes : Nous visons un effet indirect via les loyers, moins de hausses de loyer ou même des baisses de loyers. Bien, savez-vous quoi? Surprise, surprise, ce n'est pas arrivé. Les loyers continuent d'augmenter, puis le gouvernement a contribué à ça.

J'ai pas mal d'autres exemples de conglomérats immobiliers, notamment Capreit, qui est un géant ontarien qui possède notamment des tours ici, sur la Grande Allée, qui possède les trois tours olympiques, qui fait des centaines de milliers de dollars de profits de plus grâce à la baisse de taxes scolaires du gouvernement Legault. Les locataires de Capreit ne bénéficient pas de baisses de loyer substantielles comparables.

Alors, on l'avait dit que ça arriverait. Là, ça arrive, ça contribue à la crise. Alors, on a compris que M. Legault vit dans un monde imaginaire où il y a des logements à 500 $ par mois à Montréal. Bien, son ministre des Finances vit aussi dans un monde imaginaire où les locataires vont bénéficier de baisses de taxes données aux propriétaires. Savez-vous quoi? Les deux sont soit dans le déni, soit dans un monde imaginaire ou, plus probable, ont un parti pris féroce pour les mieux nantis au détriment des familles du Québec. Merci.

M. Laforest (Alain) : À la lumière des dernières 24 heures, Mme Massé, est-ce que vous avez l'impression que le premier ministre va reconnaître qu'il y a une crise du logement, avec tout le battage que ça fait, là, depuis hier?

Mme Massé : Bien, écoutez, s'il ne le reconnaît pas, j'ai envie de dire : Je ne sais pas dans quel monde il vit, là. Je ne sais pas dans quel monde il vit. Les exemples ont été amenés, ça fait des semaines, ça fait des mois, on prend tous les angles.

Et je trouve que mon collègue Marissal arrive ce matin avec, disons, un exemple de plus pour dire que, lorsqu'on ne veut pas voir la réalité comme elle est, là, lorsqu'on ne veut pas reconnaître qu'il y a une crise du logement, on fait ce type de… on prend ce type de décision, comme a pris la CAQ dès le début de son mandat, c'est-à-dire de réduire les taxes scolaires.

Bien sûr, on était plutôt en faveur pour une certaine uniformisation, mais on l'avait déjà dit, à ce moment-là, l'importance, que ça allait mettre de l'argent dans les poches des grands propriétaires puis que ça n'allait pas ruisseler, comme la théorie du ruissellement, sur le prix des loyers des locataires. Bien voilà, l'exemple est fait.

Alors, je ne sais pas qu'est-ce que ça va y prendre de plus, mais il y a une chose qui est sûre, M. Laforest, c'est, tant et aussi longtemps qu'il ne va pas le reconnaître, il va nous trouver sur son chemin.

Mme Prince (Véronique) : Mais, Mme Massé, vous ne trouvez pas que c'est un problème de tous les temps? Je veux dire, c'est quand, le dernier gouvernement qui s'est attaqué à la crise du logement… Ce n'est pas un problème de tous les temps?

Mme Massé : C'est définitivement à partir du moment où on a décidé que le logement, c'était une marchandise comme les autres, qu'on pouvait faire de l'argent avec ça, hein... Les promoteurs, aïe! moi, j'en ai dans mon comté, là, ils ont été capables d'acheter pour 125 millions de propriétés dans les quelques dernières années. Pourquoi? Bien, parce qu'ils savent qu'ils vont faire de l'argent avec ça. Alors, vous avez raison. Depuis ce temps-là, là, c'est la folie furieuse.

Mais ceci étant dit, puis là-dessus, je vais m'indigner un petit peu sur la question des libéraux, là, les libéraux, pendant 15 ans, là, qu'est-ce qu'ils ont fait en matière de développement, un, de logement social, puis pour s'assurer que la surchauffe… bien, pas la surchauffe parce qu'à ce moment-là, on ne parlait pas de surchauffe, mais la financiarisation et la spéculation — voilà, c'est ça, le mot que je cherchais — spéculation immobilière soient freinées. Ils n'en ont pas fait... ils n'en ont pas posé, de geste.

Alors, oui, c'est un problème d'il y a longtemps. Il faut agir. Mais maintenant, c'est que là, on est rendus qu'on s'en va dans le même sens que Toronto puis Vancouver. Puis ça, ça veut dire quoi? Ça veut dire du monde qui ne sont plus capables de se loger dans les grands centres. Ça veut dire des familles qui travaillent… des travailleurs, travailleuses qui travaillent, de la classe moyenne, des 40, 50 heures par semaine, qui ne sont pas capables de se loger adéquatement. Soit qu'ils se retrouvent dans des plus petits logements avec les besoins qu'ils ont dans leur famille ou ils s'étouffent et paient des 50 %, 60 % de leurs revenus.

Ça fait que, oui, mais on peut agir là-dessus. Et moi, je vous dis, aActuellement, il faut agir. Ça prend un moratoire sur les évictions parce que, ça, ça entretient le cercle vicieux. Les propriétaires spéculateurs, prédateurs achètent, sortent le monde, rénovent un peu et rehaussent les loyers de façon importante. Ça, il faut que ça arrête maintenant.

M. Larin (Vincent) : Mais je pense que le premier ministre… je ne pense pas, là, M. Legault profite du fait que vous avez une définition un peu floue de qu'est-ce qu'est une crise du logement, pour se défiler. C'est un peu ça qu'il a fait, hier, pendant l'étude des crédits. Ça fait que, là, je vous... quelle est votre définition précise d'une crise du logement, Mme Massé?

Mme Massé : M. Legault, c'est drôle, hein, c'est la deuxième crise du logement qu'il vit pendant qu'il est assis du côté la banquette du gouvernement. La dernière fois, une crise aussi importante, au tournant du XXIe siècle, 2001 de mémoire, et ça se définit toujours pareil : manque de disponibilité, donc le taux d'inoccupation est bas.

Et là je ne vous parle pas du taux général d'inoccupation. Le premier ministre m'en parlait hier Oui, oui, mais le 2 %, là, est-ce qu'il est allé voir c'est quoi, les logements inoccupés, l'état de ces logements-là? Alors, ou bien les logements sont... moisissures, fenêtres qui ne ferment pas, etc., ou bien, à l'autre opposé, c'est un trois et demie à 2 000 $. C'est sûr que ce n'est pas occupé. Alors, il y a ça.

D'autres signes. Quand on voit l'augmentation de l'itinérance, le développement des campements. Ça aussi, c'est un autre signe. Puis, après ça, bien, M. Legault, hier, disait : Oui, mais, au Québec, on a une loi avec le Tribunal administratif qui fixe les taux de l'augmentation des logements, puis c'est de 0,08. Encore là, il est tellement déconnecté. C'est vrai que le tribunal fait ça. Mais est-ce qu'il sait que les propriétaires ne le respectent pas? Est-ce qu'il sait que, pour faire respecter nos droits, les locataires, on doit nous-mêmes aller au tribunal, cogner à la porte, dire : Mon propriétaire me demande 20 %, 25 % d'augmentation, puis que le propriétaire, lui, il envoie sa firme d'avocats défendre son... Est-ce qu'il le sait, ça?

Alors, moi, je pense que, là, je viens de vous donner quelques indications. Mais, je vous le dis, s'il n'y croit pas encore, je l'invite à venir avec moi, à aller dans la rue, à aller parler aux gens. Puis il va voir que 500 $, c'est rien.

M. Bergeron (Patrice) : ...par exemple, vous proposez un gel de loyers.

Mme Massé : Oui.

M. Bergeron (Patrice) : Il y a quand même aussi des propriétaires honnêtes, là. Je veux dire, il y en a qui ont investi peut-être pour changer des fenêtres, qui ont isolé un appartement. Ça donne un montant x. Ça met à peu près entre 3 $ et 5 $ par mois pour chaque tranche de 1 000 $, là, O.K.? Ça aussi, ça veut dire que c'est gelé, le propriétaire, il n'a pas le droit d'augmenter son logement pour ça aussi, genre?

Mme Massé : Nous, ce qu'on vous dit : 2021, année exceptionnelle. O.K.? Actuellement, là, moi, mon propriétaire, là, il n'a pas attendu le gouvernement du Québec. Mon propriétaire, à Montréal, là, il m'en a fait, un gel de loyer, O.K.? Puis pourtant je ne suis pas dans la rue, là, O.K.? Mais, pour lui, dans ses valeurs à lui, là, il se disait : Moi, là, mais que je vende mon bloc, là, je vais faire des centaines de milliers de dollars. Ça fait que, oui, je suis capable de prendre un break pendant un an. On ne dit pas un gel des loyers pour tout le temps. La Colombie-Britannique l'a fait, l'Ontario l'a fait. M. Legault aime ça se comparer avec l'Ontario de ce temps-là.

M. Bergeron (Patrice) : Mais vous le savez que, si vous changez les fenêtres cette année, vous ne pouvez pas augmenter l'année prochaine pour les fenêtres que vous avez changées l'année d'avant.

Mme Massé : Oui, oui, oui. C'est-à-dire vous répartissez, oui, oui, oui, vous...

M. Bergeron (Patrice) : Bien, non. Non, non. Non, parce que ça, je connais ça, là. Mais vous ne pouvez pas... pour des dépenses que vous avez faites l'année d'avant, vous ne pouvez pas augmenter deux ans après, là. Vous ne pouvez pas arriver à la régie du loyer : Voici, j'ai changé les fenêtres il y a deux ans...

Mme Massé : Bien, écoutez, M. Bergeron.

M. Bergeron (Patrice) : Ça ne marche pas comme ça.

Mme Massé : Si c'est ça, le problème, là... Je ne le sais pas, moi, propriétaire, changrt des fenêtres, avoir des locataires, je n'ai pas joué dans ce film-là. Mais si c'est ça, l'enjeu, là, ça s'écrit dans le décret. Vous pourrez l'année prochaine faire l'augmentation selon, selon ce que le tribunal aura déterminé comme étant le possible.

Une voix : ...

Mme Massé : Bien, oui, oui, c'est vrai. Non, non, bien oui..

M. Marissal : J'ai toujours un crayon à la main. C'est une arme offensive. Ce que je veux dire, c'est qu'un propriétaire... Vous savez qu'un crayon, c'est une arme offensive, hein, les journalistes... Blague à part, vous savez que les propriétaires qui font des rénovations, qui engagent des coûts, c'est déductible d'impôt, là. Ils peuvent passer ça dans leurs dépenses. Alors, ce n'est pas pure perte, là.

Ce qu'on dit, c'est que cette année, c'est vraiment une année exceptionnelle. Les propriétaires ont bénéficié en plus de baisses de taxes scolaires. Je pense qu'ils peuvent se permettre de donner un gel cette année. Quelques-uns l'ont fait, mais c'est de la pensée magique de penser que tous les propriétaires vont le faire, en particulier les conglomérats qui sont propriétaires de milliers de logements. Ils s'en foutent de ça. Ils s'en foutent de ça. C'est une règle mathématique : si tu n'es plus capable de payer ton loyer, va-t-en.

Juste dans mon comté, dans Rosemont, il y a 18 cas de rénoviction en ce moment, 18. Sur Saint-Zotique, coin Saint-Michel, 24 familles. Ils viennent de recevoir leur avis, là : Vous devez sortir pour le 1er juillet. Qu'est-ce qu'on fait avec ces gens-là? Elle est là, la crise. Alors, si M. Legault ne la voit pas, là, quand il viendra avec Manon, là, il pourrait venir dans Rosemont aussi, on va lui montrer. On va lui montrer quelques cas. Il y a un cas patent, aussi sur la rue Papineau, les tours Lafontaine. Alors, s'il ne le voit pas encore, c'est parce qu'il ne veut pas le voir.

M. Bossé (Olivier) : Vous parlez surtout de Montréal. Tantôt, vous avez dit : Il pourrait venir avec moi n'importe où. Est-ce que vous... Il n'y a pas de tente ou de campement à Trois-Rivières ou à Sherbrooke, à ce qu'on sache. Est-ce que ça se produit...

Mme Massé : Oh! Oh! Oh! On a fait...

Une voix :

Mme Massé : Oui, c'est ça. L'Outaouais a eu longtemps un des plus grands campements au Québec. On a fait une assemblée des personnes évincées, mon collègue Fontecilla et moi, en fin de semaine. Il y avait des gens de Sherbrooke, il y avait des gens de Rimouski, il y avait des gens de Chicoutimi. Puis là, ça, c'est ceux qui me viennent en tête. Et notamment les gens de Sherbrooke, là, c'était aussi une éviction déguisée, et ces gens-là ont participé à l'assemblée des évincés, à travers leur chambre d'hôtel, et ils se demandaient quand est-ce que quelqu'un allait parler pour leur voix. Ces gens-là sont des travailleurs, travailleuses de la classe moyenne.

Ça aussi. Ce matin, d'ailleurs, je vais redéposer une motion pour m'assurer que le premier ministre a bien compris l'impact de notre échange d'hier, une motion sur la question de la reconnaissance de la crise du logement. Et, s'il a besoin, ça me fera plaisir d'aller visiter... — ah! il y avait des gens de Québec aussi, il y a des gens de Québec aussi — d'aller visiter ailleurs.

La Modératrice : Dernière question en français, s'il vous plaît.

M. Carabin (François) : ...pour revenir à la crise, Mme Massé. L'année dernière, il y a eu des... bien, c'est-à-dire, en 2019, il y a eu les taux les pires en 15 ans à Montréal. C'est vrai que cette année, ça va mieux. Est-ce qu'on est au même niveau que l'année passée en termes de crise du logement, là, à l'approche du 1er mai?

Mme Massé : Écoutez, ça va mieux. Et là, je réitère, allez voir les... Quand on dit «un taux d'inoccupation», là, ce n'est pas juste un chiffre. Il y a du monde, en arrière de ça, qui sont soit assez respectueux d'eux-mêmes pour dire : Je ne vais pas aller vivre dans ce taudis-là où est-ce qu'il y a de la moisissure sur tous les murs, je ne vais pas faire ça à mes enfants... Il ne sera pas occupé, il va faire partie du taux d'inoccupation. À même titre qu'un logement avec lequel je pourrais aller avec mes enfants, mettons un deux chambres, mais qui est à 2 500 $, 2 000 $, je ne pourrai pas payer ça. Ou, si je le fais, bien là, je vais passer 70 % de mon revenu pour le faire.

Alors, le taux d'inoccupation est un des indicateurs. Mais moi, je vous en donne un autre. Le Tribunal administratif a décrété l'an dernier que, pour 2021, l'augmentation acceptable, bon, dans un certain nombre de conditions, c'est 0,8 %. Le premier ministre m'en a parlé hier. Ceci étant dit, le taux effectif d'augmentation,  je pense que là, c'est sur Montréal, par exemple, ce n'est pas l'ensemble du Québec, c'est de 4 % et plus.

Alors, moi, je veux bien, là, mais ce que je veux surtout, c'est d'arrêter de vivre dans des chiffres et dans des dimensions abstraites de la chose et qu'on aille se brancher sur le monde. Parce que quand le monde... et ça aussi je l'ai dit au premier ministre hier, quand les gens ne sont plus capables de payer, quand les gens considèrent que payer 70 % de leurs revenus pour se mettre un toit sur la tête, besoin de base de pyramide de Maslow... puis qu'ils se disent : Bien, dans le fond, j'aime mieux peut-être aller vivre dans la rue, allez vivre dans une tente, bien, on a un sérieux problème social, là, un sérieux problème social. Ça fait que ça aussi, pour moi, c'est une autre indication.

La Modératrice : On va passer en anglais...

Mme Prince (Véronique) : ...juste vous entendre sur la vaccination, juste avant de passer à l'anglais. Parce qu'aujourd'hui c'est une annonce quand même importante, d'après ce que je comprends, là. Est-ce qu'il est temps, effectivement, qu'on ouvre à des nouvelles tranches d'âge et qu'on accélère encore plus la vaccination?

Mme Massé : Bien, écoutez, vous le savez, nous, on va continuer toujours à suivre la Santé publique, mais je vais attendre... En fait, mon collègue Gabriel-Nadeau Dubois va répondre à toutes vos questions quand officiellement l'annonce sera faite. Et donc on aura une vision complète de ce qui est l'annonce de cet après-midi.

M. Gagnon (Marc-André) : Mais est-ce que vous estimez qu'il est temps d'ouvrir à la population générale, là, compte tenu des doses dont on dispose?

Mme Massé : Écoutez, vaccination, là, il faut se donner tous les moyens possibles pour que le plus de gens possible soient vaccinés. C'est d'ailleurs pourquoi on ne cesse de marteler depuis deux semaines la question de la pause vaccin parce que les travailleurs, travailleuses ont besoin d'avoir cette assurance, surtout avec les prix des loyers, que leur chèque de paie ne sera pas diminué parce qu'ils vont se faire vacciner. Mais, pour ce qui est de l'annonce cet après-midi, je vais laisser Gabriel vous revenir lorsque l'annonce sera faite.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. Mrs. Massé, you won this debate, you destabilized the Premier on basic questions on housing. What are your expectations today? What do you want them to do?

Mme Massé : I want the CAQ to recognize the housing crisis, and that means that I want them to agree with the motion that I will table this morning in the Assembly. This is the most important because, if you do not recognize the problem, you don't do what's needed to do to correct the situation. And so that's why I hope for this morning.

Mme Senay (Cathy) : Your asking to... you're asking the Premier to come with you and...

Mme Massé : Yes. Let's say, if he does not recognize... and already if he recognizes too, I invite him to reconnect with the people and come with me on the street where people waiting to... hope that they will be able to have an apartment, meet people who've been kicked out, by eviction, of their apartment, and talk with them, and maybe ask questions as : How much... What's the impact of the rent of your apartment in your family budget? Are you able to... What's the proportion that the price of the rent have on your family budget? How much money stays in your pocket to pay the bill, to pay the food, to pay transportation? You know, let people to teach to Mr. Legault what it seems that he don't know : it's when you are a middle-class worker, it's very hard, now, to have a place to stay at 30 % of your family budget.

Une voix : ...

Mme Massé : Yes, revenue.

M. Verville (Jean-Vincent) : What were you thinking at that precise moment when Mr. Legault said : $500 for a rent in Montréal? What were you… Because we saw with your expression in your face, but what were you thinking inside?

Mme Massé : How he's so disconnected of the people of the middle class, workers, of the people... poor people. He don't know the reality of these people. So, I think, you know, inside of me, I was, first of all, very shocked. I mean, how can he… We're not in 1985, 1994, we are in 2021. And the second point is, to explain how he's connected, he told me that he knows what he's talking about because he's talking with the friend of his son. They live in an apartment. I don't know, maybe. I don't know who pays for this apartment, but I can say something, the students I'm talking about with… with whom I'm talking about, the middle-class family I'm talking about, they all said to me : I cannot afford this price for my living.

M. Verville (Jean-Vincent) : What are the responsibilities of all politicians? Because this crisis does not… it's not only the fault of the CAQ. What are the responsibilities of all the governments, of all the politicians before?

Mme Massé : Let's say that you're right. Let's say that the Parti libéral have been at the Government for 15 years. They didn't vote for a rent register… Not a rent, «un bail»?

Une voix : Lease.

Mme Massé : Lease, oh yes. So, they didn't vote for a lease register. They say that they want to build 15 social housing, but never put enough money to be able to construct this kind of housing. So, you're right. You're right that the previous Government haven't act to prevent this crisis.

But now, we are in the middle of that. So, why, when we told to the CAQ that the… «les taxes scolaires» will have an impact, not a good one, on the rent… not on the people renting apartment, he did it anyway. And now, we are asking for months to have… to stop the eviction, because of the crisis, and he didn't do that. So, he makes choice now. But, you're right, the past Government forgot the rent people too.

La Modératrice : Dernière question.

M. Verville (Jean-Vincent) : …were disconnected also?

Mme Massé : Of course, totally disconnected. Let's say, remember when Mr. Couillard said that to make the grocery, it's $75? Who? I remember that point, I said : Oh, my God! he haven't done that for a while. So, yes, it's the same thing. Totally disconnected.

M. Grillo (Matthew) : Do you think there should be more… harsher sanctions and penalties against owners or landlords who break the rules? There's all sorts of good ideas that are being thrown on the table : rent freeze, you know, register of leases. But, if landlords are not following that and are not being sanctioned accordingly, is there much of a purpose? Do you think the penalties against the landlords should be more strict and the fines as well?

Mme Massé : Yes, I can tell you something. You know, in my riding, as Vincent said, there was an eviction of 70 «locataires», and the owner of the building, Shiller and Kornbluth, have been punished by the tribunal du logement because they have… «Harcèlement»? Ouf!

Une voix : Harassment.

Mme Massé : Harassment, thank you. So, they've been… «ils ont été reconnus» for harassment to another place. And you know what? They received a $1,000 penalty for that. We're talking about harassment. So, the tribunal du logement recognized the harassment. In my book, harassment, it's criminal, is it?

Une voix : Yes.

Mme Massé : Yes. And they receive $1,000. So, you're right. And another point. For the moment, it's the people… the rent who have to make the proof that the increase of the rent is too much, you know? Tribunal administratif du logement decides — Oh my God! it's so hard — yes, a basic price, that the owner is not supposed to go up that. We know that a lot of owners go on top of that. And the rent have to go to the tribunal and say, against the owner — and let me tell you that the owner is represented by a lawyer — ...to say it's not right.

So, we think, in Québec solidaire, a way to change the thing is to inverse. I mean, if the owner wants to go more than the level that the tribunal says for that here, we think that the owner have to go the court and say : I want to go more than 0.8%, let's say, for 2021, and prove why he's asking for, let's say, 2% of augmentation. So, this is way.

So, if I resume myself, yes, the tribunal have to… we have to change the law to put the responsibility in the shoulders of the owner to prove that he can go more than the level that the tribunal fixed. On the other hand, we think harassment have to be punished more than, let's say, $1,000.

Une voix : Merci beaucoup.

La Modératrice : Merci.

Mme Massé : Bienvenue.

(Fin à 9 h 29)

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