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Point de presse de Mme Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

Version finale

Le mardi 27 avril 2021, 11 h 35

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures trente-neuf minutes)

Mme McCann : Alors, bonjour, tout le monde. Je suis très contente de vous parler aujourd'hui de nos étudiants, de nos étudiantes et de leur santé mentale. Alors ça a été une année très difficile pour tout le monde et pour les étudiants, les étudiantes, et je m'adresse à eux particulièrement aujourd'hui.

La pandémie, on le sait, a eu beaucoup d'impacts en enseignement supérieur. Notamment, on a dû passer en enseignement à distance, ça a été un gros, gros défi d'adaptation pour tout le monde. Alors, on a grandement diminué les contacts en personne avec les professeurs, le soutien des pairs, la vie sociale, la camaraderie en personne, et tout ça c'est à une époque charnière pour le développement des jeunes adultes. Donc, une année très difficile. Alors, on a écouté nos étudiants et nos étudiantes qui nous ont parlé de leurs différents problèmes, leurs défis.

Les investissements du gouvernement, depuis le printemps 2020, ont permis d'élargir l'offre de services psychosociaux, de prévention et d'intervention dans les réseaux collégiaux et universitaires.

Alors, en 2020‑2021, c'est 14 millions qui ont été alloués à la bonification du soutien psychosocial pour les membres de la communauté étudiante. Il y a eu 5,2 millions pour le réseau collégial public, 370 000 $ pour le réseau collégial privé et 8,4 millions dans le réseau universitaire. 10 millions supplémentaires, dont 3 millions dès 2020‑2021, ont été annoncés lors de la mise à jour économique en novembre 2020. On a voulu réduire les listes et le temps d'attente nécessaires à l'obtention de services spécialisés en santé mentale pour les étudiants.

Alors, les résultats sont probants. Depuis l'automne, 15 000 étudiants et étudiantes ont pu recevoir des services de psychothérapie dans leur établissement d'enseignement ou dans le réseau privé. Près de 6 000 d'entre eux ont obtenu une évaluation pour des troubles mentaux, ce qui facilite l'accès aux interventions et aux traitements adaptés de même qu'aux accommodements réservés aux étudiants et aux étudiantes en situation de handicap.

Il y a plus de 125 000 professionnels en psychothérapie qui ont été embauchés depuis l'automne. Les inscriptions sur les listes d'attente dans le réseau collégial public ont diminué de 27 % entre le 31 décembre 2020 et le 1er mars 2021. Depuis le 1er septembre 2020, les membres de la population étudiante ont bénéficié de près de 69 000 heures de service d'évaluation et de psychothérapie, dont 91 % ont été offertes par des ressources professionnelles dans les collèges et dans les universités. C'est un bilan très positif.

Le dernier budget démontre aussi que notre gouvernement va poser davantage de gestes concrets au cours de la prochaine année. Alors, c'est 60 millions sur cinq ans qui ont été annoncés pour améliorer la santé et le bien-être des étudiants et du personnel, dont presque la totalité va être utilisée pour la mise en oeuvre prochaine du Plan d'action sur la santé mentale. Comme je le disais, la santé et le bien-être des étudiants, des étudiantes et du personnel sont une priorité pour nous.

Aujourd'hui, on continue d'avancer, le Plan d'action sur la santé mentale va être déployé dès l'automne 2021. Alors, ce plan, il prévoit des ressources additionnelles, le développement d'outils et de programmes en matière de santé mentale, le développement d'activités de formation en matière de prévention et de sensibilisation. Ce plan d'action va s'articuler autour de quatre grands axes d'intervention répondant chacun à un objectif précis.

D'abord, une concertation nationale au bénéfice des populations étudiantes pour contribuer à un changement de culture en matière de santé mentale au Québec. Notre objectif, c'est que l'approche globale en santé mentale soit la même d'un établissement à l'autre à travers le Québec.

Deuxièmement, des campus favorables à une santé mentale florissante pour permettre aux populations étudiantes de s'épanouir dans des milieux sains, sécuritaires et propices à une santé psychologique positive. On veut que les milieux étudiants favorisent une saine santé mentale et en fassent la promotion.

Troisièmement, le soutien à la population étudiante dans la diversité de ses besoins et de ses caractéristiques. Pour prévenir l'apparition des symptômes de détresse psychologique et de troubles de santé mentale, il est très important que le dépistage et la prévention soient implantés plus largement.

Quatrièmement, l'accessibilité aux services de santé mentale pour les membres de la communauté étudiante, pour accroître l'accessibilité aux services et réduire les délais de prise en charge. C'est incontournable, il faut que l'offre de services soit bonifiée.

Alors, l'enseignement supérieur demeure une priorité de notre gouvernement, et, en enseignement supérieur, la santé mentale et le bien-être de nos étudiants et étudiantes ainsi que leur réussite éducative sont au coeur de nos priorités.

Je vais ajouter, pour finir, que prendre soin de nos étudiants et de nos étudiantes, c'est prendre soin d'un secteur névralgique au Québec pour l'avenir du Québec. Il est important de se rappeler que l'enseignement supérieur contribue depuis toujours à la vitalité et à la prospérité du Québec. Il va aussi contribuer grandement à la relance économique du Québec en postpandémie. Merci.

La Modératrice : Merci, Mme McCann. On va passer à la période de questions. Qui veut commencer? Alex Boissonneault, Radio-Canada.

M. Boissonneault (Alex) : Oui. Il y a des gens qui ont dit que la rentrée qui avait été ordonnée, le fait qu'on pouvait retourner dans les campus en présentiel, dans les cégeps puis les universités, qu'il y a eu un... que ça n'a pas toujours bien fonctionné, qu'il y avait moins d'étudiants que prévu, que certaines universités ou certains établissements étaient plus frileux à recevoir des étudiants comme ça puis que finalement ça n'a pas changé grand-chose dans la vie des étudiants, qui ont été confrontés aux mêmes problèmes malgré l'annonce que vous aviez faite. Est-ce que vous avez perçu ça, vous aussi? Est-ce qu'il y a lieu d'aller plus loin à ce niveau-là?

Mme McCann : Bien, nous, on a demandé une reddition de comptes aux établissements, et je suis en mesure de vous dire qu'en février, quand on a fait l'annonce, là, puis que les gens sont retournés, on avait demandé que les étudiants retournent au moins une journée par semaine, et 80 %, même plus que ça, plus de 80 % des établissements nous ont dit qu'ils avaient offert à plus de 80 % de leurs étudiants de venir sur les campus au moins une fois par semaine.

Bon, alors, pour certains établissements, ça s'est avéré qu'il y a beaucoup d'étudiants qui sont revenus. Dans d'autres établissements, notamment ceux du Grand Montréal, il y a des étudiants qui avaient des réticences à venir, par exemple prendre le transport en commun. Alors, ça a été à géométrie variable, mais l'offre de tous les établissements du Québec ou la majorité, ça a été fait à la majorité des étudiants au Québec. Et vous voyez, on a dû refermer, évidemment, à cause des zones rouges, de la situation pandémique.

Et là, aujourd'hui, on est en mesure de vous dire, on a envoyé une communication à nos établissements, que, pour l'automne prochain, en 2021, l'automne 2021, les étudiants vont pouvoir revenir sur les campus de façon encore plus importante. Ce que la Santé publique nous autorise à faire, c'est d'avoir une distance d'un mètre entre chaque étudiant, au lieu de 1,5 mètre, ce qui augmente la capacité dans nos classes. On va devoir garder le masque, évidemment, mais ça va augmenter la capacité. Et on pense que nos établissements, à ce moment-là, vont pouvoir accueillir pas loin de 60 % du temps étudiant sur les campus, alors, ça, c'est vraiment une très bonne nouvelle, évidemment, en respectant les mesures sanitaires, le masque et la distance d'un mètre.

M. Boissonneault (Alex) : J'imagine que vous avez des projections pour l'avenir aussi quand vous établissez un plan comme ça. Donc, les cégeps, les universités où on a des étudiants dans les corridors qui discutent, un peu comme on le voyait avant la pandémie, quand est-ce que vous pensez que ça va revenir, ça?

Mme McCann : Ah! ça, c'est une très bonne question. Écoutez, moi, je pense que... on pense tout le monde que la vaccination, c'est la clé. Et évidemment, comme la santé publique du Canada... l'Agence de santé publique du Canada nous disait récemment, si 75 % de la population est vaccinée et 20 % doublement vaccinée avec les deux doses, bien là, on va pouvoir commencer à revenir à la normale, d'où l'automne, où on ouvre sur les campus.

Revenir à la normale comme avant la pandémie, ça va être au moins en 2022, mais je ne suis pas bien placée, je ne suis pas l'experte pour vous le dire. Mais, si vous me parlez des établissements en enseignement supérieur, moi, je présume que ce ne sera pas avant 2022, quelque part en 2022, si évidemment la situation progresse positivement.

M. Denis (Maxime) : Vous parliez de réticence. Justement, les gens qui sont entrés au cégep à distance, qui n'ont jamais connu le présentiel, comment vous allez vous assurer de ne pas échapper personne, que vous allez les accompagner, vous allez les aider, les motiver à lutter, peut-être, leurs peurs, leurs angoisses, pour retourner à l'école, retourner à la vie normale, éventuellement? Comment vous allez vous assurer que ces jeunes-là soient bien accompagnés?

Mme McCann : Bien, je pense que les établissements d'enseignement supérieur ont beaucoup d'expérience, maintenant, après un an de pandémie. Ils ont mis en place des mesures, plusieurs d'entre eux ont même téléphoné à tous les étudiants de leur établissement. On a aussi investi beaucoup de budget, d'argent pour engager des ressources additionnelles de support aux professeurs, de support aux étudiants. Alors, ces ressources-là ont été mises à profit pour offrir de l'accompagnement aux étudiants.

Mais je pense que l'information, c'est ce qui compte, et il faut évidemment que les établissements communiquent bien avec leurs populations étudiantes, avec leurs associations étudiantes, comme nous, nous communiquons avec les associations étudiantes nationales, qui jouent un rôle important. Et je pense que, si la situation pandémique évolue positivement à cause des vaccins, là, évidemment, prioritairement, l'anxiété de nos étudiants va diminuer.

M. Denis (Maxime) : Justement, quel message vous aimeriez envoyer aux étudiants qui, en ce moment… Bon, le beau temps s'en vient, on est tanné des mesures, c'est difficile, ça fait plus d'un an qu'on est en télétravail, tout ça, télé-école, quel message vous enverriez pour dire : Ne lâchez pas, on continue?

Mme McCann : Ah! non, ne lâchez pas parce qu'on est dans le dernier droit. Puis d'ailleurs le beau temps, ça nous permet à tous de sortir à l'extérieur davantage, tout en suivant les mesures sanitaires, là, qui nous sont données. Alors, moi, ce que je dirais aux étudiants : Vous êtes presque à la ligne de la fin, là. Alors, voyez-vous, l'automne, là, ça va s'améliorer beaucoup. Ne lâchez pas.

Ce qui est très intéressant de vous dire, c'est qu'avec ce qu'on a recueilli, comme informations, des établissements il n'y a pas eu une hausse des abandons. Alors, moi, je veux féliciter les étudiants aujourd'hui d'avoir réussi dans ce sens-là. Et il y a une augmentation d'inscriptions dans nos établissements d'enseignement supérieur, là, qu'on a eue à l'hiver et qu'on a eue à l'automne dernier. Alors, félicitations!

Nos étudiants sont au rendez-vous, et ils savent... vous savez, d'ailleurs, les étudiants, que c'est votre avenir, qui est en jeu. Alors, sachez que, nous, comme gouvernement, on va mettre toutes les ressources nécessaires. On en a mis beaucoup, l'an passé, et on va en mettre encore, on en a annoncé, pour vous aider, et pour que vous finissiez votre parcours, et que vous réussissiez. C'est très important pour les étudiants, très important pour le Québec.

La Modératrice : Merci. On va passer en anglais avec Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good day, Mrs. McCann. I was speaking to a mom last week. She was explaining to me that her daughter, who is studying first year of CEGEP, basically, she wakes up at 5 to 8 a.m., for her first class, following her first class of the day in her bed with her laptop, then going to bed again, going back, waking up again for her second class. And she does that back and forth. And then she doesn't sleep until 3 o'clock in the morning. And then, when I said to this mother : We have to break this cycle, and she said : Well, all the students right now are doing this because they are following their classes online. A lot of students are doing this. Clearly, there is a problem. So, even though you have a plan of $60 million, what do you say to students who don't even realize that they are having a problem, that they have to seek for mental health, they have to seek for help?

Mme McCann : Yes. Well, call and enquire about the help that is available in your institution, in your CEGEP, in your university. Right now, there is hardly any waiting list. And, if it's especially in CEGEP, you're going to get help, if it's not urgent, in five days in average. So, I really encourage you to call and you will have help. Because we have given a lot of resources. And it's good to talk about what's going on in your life. And this is the time to do it because you want to finish your session and you want to start again, if you're in the first year, in the fall. So, don't hesitate to call so you can have help from your CEGEP or your university.

Mme Senay (Cathy) : Excellent. And then, CBC did some stories about the fact that, if you take CEGEPs Dawson and Vanier, in Montréal, two anglophone CEGEPs, they have 200 fewer spaces, 200 fewer spaces for incoming students this year because hundreds of students took more time, because of COVID, to finish their studies. This mean that it will be even harder for anglo students to get in, even though they have very high averages. So, are you considering making an exception, this year, for those CEGEPs, Dawson and Vanier, to increase the number of students so to accept… so that we can accept more students, because of the students that are still there and it makes the competitiveness very high to get…

Mme McCann : Yes. Well, what you are talking about is some students have registered incomplete for instance, and they to take again their course or they took longer for other reasons.

Mme Senay (Cathy) : …others are trying to get in and they have like very, very... excellent averages, and they can't because there is no space. So, is there some exceptions for CEGEPs to increase number of spaces?

Mme McCann : Well, it's a general phenomenon. It's not only the Vanier and Dawson we're experiencing that, it's also the other CEGEPs. So, we are discussing, with the establishments, what kind of measures we can take to provide for that number of students that will come back, that did not finish some of the courses. And the discussions are being very active right now with the Ministry, and we'll have some provisions. You know, it can be of different styles, it could be location of additional places or it could be some courses at a distance, not the general courses because we want people to come back on the campus, but it could be some courses given at a distance. So, we are discussing this with the establishments. But I cannot give you a more precise answer because the work is not finished right now.

M. Verville (Jean-Vincent) : Mme McCann, just a couple of questions. Bonjour. Can you summarize your announcement today for our viewers in English, please?

Mme McCann : Yes, certainly. So, today, we're first of all talking about what we've done with the announcement we made last November, we invested $10 million for mental health, $3million for this year. And we see already a decrease in the waiting list for mental health services for our students and also an increase of services, a great increase of services. 15 000 students have been able to get services since December 2020. And we're also talking about what we're going to do for mental health for our students. For the next five years, we have an investment of $60 million.

And these measures will be included in a plan of action... or an action plan for mental health for our students, and this will be across Québec. We want mental health to be a great priority, as we know that this is a problem that has increased during the pandemic. But it was present, mental health problems, before the pandemic. So, we want to do something long-term in prevention, and also adapting our services, and that everywhere in Québec we can provide and increase services in mental health. And we'll make some announcements more specific in the near future.

M. Verville (Jean-Vincent) : OK. Why make this announcement today, considering the fact that students are done with their studies for this semester? Isn't it too late?

Mme McCann : Well, no, because we want to encourage them to register for next fall. And we want to tell them that we are present for them, and that they will have services, even now, they can have services in mental health in the CEGEP and universities, and that in the fall they will have those services also, and that we will take measures for them to have a good transition from this session to the other in the fall.

So what we want to do today is to say to our students that we are thinking about their well-being, we are acting also for their well-being, and that we want them to continue studying, and that, if they need help, please, call your CEGEP or your university, and we will provide help. We want them to pursue, and to succeed, their studies.

M. Verville (Jean-Vincent) : So it's not too late? You shouldn't have done that a month ago, two months ago?

Mme McCann : Well, two months... three months ago, we announced the budget to increase mental health services, so today we're giving a sort of a report on that. So it's about three months since the announcement. And also we are giving already a preview of what our action plan in mental health, for the next five years, will be : $60 million. So it's a good timing, I think, to announce that.

M. Verville (Jean-Vincent) : Thank you, madame.

Mme McCann : Thank you.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 59)

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