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Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de transports

Version finale

Le vendredi 23 avril 2021, 9 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf neures deux minutes)

M. Arseneau : Merci beaucoup. Merci d'être là ce matin. Aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle une interpellation. C'est comme une période de questions, et surtout c'est un moment pour s'assurer que le gouvernement rende des comptes. Et, s'il y a un dossier sur lequel le gouvernement ne rend absolument des comptes à personne, c'est bien le dossier du transport en commun dans la région de Montréal. Et on parle évidemment du Réseau express métropolitain, où le gouvernement a essentiellement abdiqué ses responsabilités en matière de planification, et de développement, et de financement de transport. Quoique, pour le financement, on va certainement passer à la caisse, comme Québécois et Montréalais.

Alors, cet exercice-là est fort important, parce que, nous, ce qu'on craint, au Parti québécois, c'est qu'à un moment donné il se développe, dans la culture populaire, une expression : On s'est fait passer un REM, dans la mesure où, aujourd'hui, là, on n'a aucune idée de la façon dont les Québécois vont finalement payer pour des décisions qui ont été prises en vase clos par la Caisse de dépôt et de placement, Infra, qui est maître d'oeuvre du projet et qui a essentiellement reçu les clés de la ville par le gouvernement libéral, avec la bénédiction maintenant du gouvernement de la CAQ, et ça, c'est inquiétant.

C'est inquiétant parce que ça se fait en toute opacité. Ça se fait aussi à une vitesse grand V. Le premier REM, le REM initial, n'est pas encore complété qu'on a annoncé un deuxième, un troisième et un quatrième REM. On a vu, dans le dépôt du dernier budget, que les chiffres ne correspondaient pas aux annonces qui ont été faites. On a posé des questions. On a dit : Bien, effectivement, il y a un 2 milliards, 2 milliards de dollars, qu'on ne sait pas trop, trop, là, à quoi il va servir, mais il est inscrit au PQI.

Donc, il est important qu'on s'intéresse à la question. Il n'y a jamais des projets d'infrastructure en transport public, puis des projets d'infrastructure en général, d'une telle ampleur qui ont passé outre à tout examen public, et ça, c'est particulièrement inquiétant.

Le dernier élément, c'est que le transport en commun, évidemment, là, c'est d'abord et avant tout pour desservir une population, et cette population-là, là, elle n'est pas au courant du projet qu'on leur propose. Elle n'est pas mise à contribution. On ne sait pas encore si sa voix pourra être entendue. Et le projet de REM… et on va se concentrer aujourd'hui sur la portion de l'est de Montréal, où la population, actuellement, a de grandes inquiétudes sur, bon, le tracé, sur le mode de transport qu'on a choisi, par exemple le mode aérien, sur la cicatrice qu'il va créer dans la portion est de la ville, le long de la rue Notre-Dame, notamment là où les gens habitent. C'est leur milieu de vie qu'on va transpercer et leur coeur, également, qu'on va atteindre, et ça, il faut en tenir compte. Et, visiblement, ce n'est pas l'intention du gouvernement à l'heure actuelle, et encore moins de la CDPQ.

Donc, on a des questions à poser sur la gouvernance, sur le financement, sur l'intégration du REM dans l'environnement urbain, le tracé, la technologie utilisée et, bien entendu, la participation populaire à un projet qu'on voudrait positif, qu'on voudrait voir se réaliser, oui, dans les délais les plus courts, mais avec des objectifs qui soient… qui correspondent aux besoins et aux attentes de la population. Alors, c'est l'exercice auquel on va se prêter tout à l'heure.

Si vous avez des questions, je suis prêt à les entendre et à y répondre.

M. Bergeron (Patrice) : …sur, donc, l'interpellation de ce matin, bon, on sait qu'il existe déjà un modèle d'affaires, pour la caisse, pour ce qui est de la première phase du REM, celle qui est en réalisation actuellement. Pour les autres phases, là, qui sont encore en voie d'exploration, on ne sait toujours pas quel sera le niveau de redevances qui sera versé, par exemple, par le gouvernement. Est-ce qu'il ne serait pas le temps, par exemple, puisqu'on veut plus de transparence, de convoquer en commission parlementaire le président de CDPQ Infra, par exemple, et non pas le grand patron de la caisse, mais plutôt le président de CDPQ Infra?

M. Arseneau : Votre question est exactement dans le sens de la proposition que j'allais faire tout à l'heure à la ministre Rouleau, qui sera présente lors de l'interpellation. En fait, je voulais me réserver le punch pour tout à l'heure. Mais je pense que le temps est venu, en termes de reddition de comptes, de faire asseoir le dirigeant de CDPQ Infra pour pouvoir aller au fond des choses, parce que, je l'ai dit, l'ampleur des investissements et les impacts que ça va avoir à court, moyen et long terme… On parle de contrats, à la CDPQ, pour 198 ans. On est pieds et mains liés à ce que la CDPQ va vouloir faire au cours des deux prochains siècles. Est-ce qu'on peut en parler un petit peu devant les élus de l'Assemblée nationale? Je pense que c'est... On a beaucoup trop attendu pour le faire. Nous, on en fera la demande aujourd'hui.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que, dans une hypothèse où on verserait le même niveau de redevances pour le gouvernement, par exemple, au kilomètre ou au nombre de passagers, que ce qui est déjà versé pour la première phase, pour ce qui est des autres phases, qu'on reporte le même modèle, ça serait acceptable? Il s'agit quand même de milliards de dollars, sur des dizaines d'années, en redevances pour que la caisse arrive à atteindre son niveau de rentabilité.

M. Arseneau : Bien, c'est ça, le modèle d'affaires de la CDPQ, c'est de faire un rendement de 8 %. Et, pour s'en assurer, on a multiplié par quatre les redevances par passager par kilomètre parcouru, si on compare avec le projet de Vancouver, par exemple. Et, si, dans les phases II, III et IV qu'on veut développer, on va encore augmenter la redevance, bien, évidemment, il y a quelqu'un qui va payer pour ça, ça va être, d'une part, le passager, bien entendu, d'autre part, le gouvernement du Québec. Et, plus généralement, l'ensemble de la planification du transport collectif, transport en commun, à Montréal, va certainement écoper, parce qu'on va avoir un effet de drainage de toutes les sommes vers la CDPQ. C'est, du moins, ce qu'on craint.

Alors, il faut qu'on nous démontre le contraire. Si toutes les sommes qui sont disponibles pour le transport en commun à Montréal sont drainées vers les axes du REM, mais comment on va développer des réseaux d'autobus, comment est-ce qu'on va prolonger le métro, comment est-ce qu'on va s'assurer que les zones qui ne sont pas desservies par le REM soient quand même desservies en matière de transport en commun? Ça, c'est une inquiétude qui a été exprimée dans l'espace public à plusieurs reprises, à laquelle on n'a pas pu répondre, et ça, c'est préoccupant.

Donc, si vous me dites : Le modèle actuel, à 0,72 $ du kilomètre par passager par jour, est-ce qu'il devrait augmenter… En fait, moi, je me pose même la question si, aujourd'hui, là, ce montant-là qui est venu de nulle part, qui a été imposé par la CDPQ, est-ce que c'est assez, est-ce que c'est trop? Est-ce qu'effectivement ça va créer ce qu'on craint, c'est-à-dire une absence de revenus ou de ressources financières pour tout autre projet? C'est le genre de question qu'on voudrait poser, effectivement, à la fois au gouvernement... mais j'espère qu'il s'est posé les questions. Mais, s'il a posé des questions et obtenu des réponses de la part de la CDPQ, nous, on n'en a aucune idée, et ça, c'est inquiétant, c'est troublant.

M. Bergeron (Patrice) : Si vous me permettez, en matière de vaccination, puisque vous êtes aussi porte-parole en matière de santé, il y a eu une annonce hier, là, pour ce qui est d'enfin débloquer la vaccination pour les personnes vulnérables, malades, maladies chroniques, etc. Et aussi on a eu quelques indications en ce qui a trait à la vaccination de masse. Quelle est votre évaluation du plan qui a été ébauché et exposé hier par le gouvernement?

M. Arseneau : Bien, je vous dirais que l'annonce d'ouverture de la vaccination aux personnes les plus vulnérables, j'entends ici les personnes vivant avec un handicap, avec un trouble du spectre de l'autisme ou avec une déficience intellectuelle, est en retard d'au moins six semaines. Ça, c'est un fait. On avait demandé au ministre Dubé, dès le départ, de considérer les personnes les plus vulnérables. Il nous avait dit : Je suis pris, là, avec une liste qui a été déposée par la Santé publique, l'INSPQ, si je me souviens bien. Il parlait de la liste de décembre dernier, et c'était le carcan duquel il ne pouvait s'extirper, mais il avait beaucoup d'empathie, disait-il, pour ces personnes. Et finalement, dans les jours qui ont suivi, on a ouvert la vaccination à ces personnes-là, mais seulement celles qui vivent en institution, en ressources intermédiaires, et ça a pris six semaines pour l'annonce d'hier.

Donc, l'annonce d'hier, elle était attendue. C'est une décision qui est la bonne. Simplement, selon nous, elle est venue beaucoup trop tard, même chose pour les personnes vivant avec une maladie chronique, où, encore une fois, pour revenir à la liste, on a dit : On a cette liste et il faut s'y conformer. Et, quand on est arrivés à la catégorie 8, mais on a décidé de la segmenter, une partie des personnes que j'ai nommées tout à l'heure, des personnes vulnérables, une partie des personnes vivant avec une maladie chronique, mais seulement celles qui sont hospitalisées ou qui ont un rendez-vous avec leur médecin, et selon une certaine liste qui était plus restreinte.

Alors, on nous dit aujourd'hui : Bien, c'est parce qu'on n'avait pas suffisamment de vaccins, alors qu'il y a six semaines on nous disait : C'est parce que la liste est telle qu'on ne peut pas la modifier, et, encore une fois, je dirais, des décisions qui sont prises sur le plan politique, parfois sous couvert de directives de la Santé publique, puis c'est encore confus. Puis ce n'est surtout pas suffisamment clair pour les populations qui, elles, sont en attente de ces décisions-là puis qui vivent une anxiété depuis plus d'un an.

Alors, juste le fait qu'on reporte d'une semaine la prise de rendez-vous pour les personnes vivant avec un handicap, un TSA ou une déficience intellectuelle, c'est une semaine de plus à attendre, une semaine de trop. Bien évidemment, c'est facilité aujourd'hui par l'arrivée des vaccins Pfizer, qui augmenteront, ça, on en convient, mais on pense que, de ce côté-là, on n'a pas été à l'écoute. Puis, quand on utilise le mot «empathie» à toutes les trois phrases aujourd'hui, bien, on aurait pu le faire il y a six semaines.

La Modératrice : On va passer en anglais.

M. Verville (Jean-Vincent) : …the vaccination, quickly, M. Paré yesterday said to Quebeckers that they'll get their second dose of vaccines during summer that it's a privilege. I mean, don't you think it's a lack of empathy for those people, those workers that have only two weeks, for example, of vacation, and they will have maybe to not go on vacation because they have to specially take their dose at that moment? Is that a lack of empathy from M. Paré?

M. Arseneau : I don't know if I would call it a lack of empathy, but it certainly causes a problem. After the year that we've all gone through, and, especially, you know, the workers, vulnerable people, now, to put one more burden upon them, saying that, you know : Not only have you sacrificed part of your year, and your social contacts, and whatever, but you'll have to sacrifice your holidays in order to get your shot, that is a bit much to ask.

So what we asked… I think, it's two weeks ago, I talked to Mr. Paré and said : You know, people need to take a holiday, people need some kind of flexibility, and will you allow these appointments to be changed in order to accommodate the people who have given a lot in the past year? I didn't get any answer at that point. The answer that you were given yesterday is insufficient and disappointing.

M. Verville (Jean-Vincent) : Mme Anglade will be… this morning. I think she's putting out 27 propositions on the French language. What do you think about that?

M. Arseneau : Well, we'll wait and see. It's about time that the Liberal Party, you know, takes good care of the French language and Bill 101. They've always resisted any of our proposals. So we're eager to look at what proposals they have. And, if they have evolved in that file, you know, to come up with proposals, we'll certainly work together if some of their proposals meet our own. So it looks like, you know, we're building a consensus in Québec society that things need to be done. So now the burden will be upon the CAQ Government to make a move after two and a half year of making all of Québec wait for these strong measures that they say they will take, and we still have no idea what they're going to be.

M. Verville (Jean-Vincent) : One more, last question. What are you hoping to hear from the announcement this afternoon? I think, it's preventing violence against women.

M. Arseneau : Well, they've already leaked some of the information, more than $200 million towards the cause. It's about time. We were asking for strong measures in the last budget. We saw the reaction. People were outraged that, you know, basically, the money didn't come with the words. So they changed their mind days after the budget, added more money. Today, we'll see what it is and where it's going to go, how it's going to be distributed.

So it's certainly good to know that, finally, voices of all these women, all these community groups and all of us have finally been heard. And people will appreciate the announcement today. And, hopefully, the Government will not only announce a certain number of measures and money, but, hopefully, the money will trickle down to the organizations quickly, because, the last time, there was an announcement when it came to helping women's shelters, it took months and months to get that money and get things going. So, hopefully, today, not only will we be announcing money, but we will be announcing quick action on the ground.

M. Verville (Jean-Vincent) : Quickly, on the interpellation, M. Arseneau, what are you going to say, ask, propose today?

M. Arseneau : Well, we want answers, people want answers. People from the East of Montréal are eager to find out what exactly they're up against, will there be a community transit system that will meet their needs without taking out away some parts of their environment or quality of life, how much it's going to cost to not only to the commuters, but also to Québec in the long run, how they're going to go about, you know, putting together this project with other organizations that seemed to be, you know, put away in the process. It seems like the Caisse de dépôt et de placement has the keys of the city to decide what they want, at what cost, in, you know, what way, and this is worrisome.

So today is basically asking the Government to be transparent. And, if they don't have the answers, that's going to be even more worrisome, because, you know, we need to know where the money goes, and to what means, and with what effect. And I think the population should not only be informed, but their point of view should be taken into account, and we still don't know if it will be that way.

M. Verville (Jean-Vincent) : Merci beaucoup.

M. Arseneau : Merci.

(Fin à 9 h 18)

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