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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, et Mme Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version finale

Le mardi 20 avril 2021, 10 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures quarante-sept minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour. Bonjour, tout le monde. Accompagnée, donc, de ma collègue Marie Montpetit. Plusieurs sujets que je vais vouloir aborder avec vous ce matin.

D'abord, j'aimerais reparler des demandes que nous avons faites la semaine dernière au gouvernement, celles que le renouvellement du décret d'urgence sanitaire reçoive l'assentiment de l'Assemblée nationale et d'annoncer que le gouvernement tiendrait une commission d'enquête publique indépendante sur la gestion de la pandémie. Je rappelle que le décret d'urgence donne des pouvoirs sans égal au premier ministre, et ces pouvoirs extraordinaires sont presque sans limites.

Le premier ministre a qualifié nos requêtes d'ésotériques. Ce que les Québécois trouvent ésotérique présentement, c'est surtout le manque de cohérence et de transparence dans la gestion de la pandémie par le gouvernement et la confusion qu'il génère sur le terrain. Le gouvernement de François Legault semble avoir quelque part perdu ses repères puis tente de jeter le discrédit sur les autres, mais il est plus qu'urgent que le gouvernement fasse preuve de bonne volonté en acceptant de soumettre le renouvellement du décret d'urgence et les décrets d'application des mesures à l'assentiment des parlementaires élus par l'ensemble des Québécois et des Québécoises. Ça ne peut plus sans cesse être la faute des autres, comme réponse du gouvernement, et tout cela rappelle que la gestion de la pandémie devra faire l'objet d'une véritable enquête publique indépendante.

Nous avons eu hier le dépôt du budget fédéral. La première chose que je mentionnerais par rapport au budget fédéral, c'est qu'il soulève des questions quant aux champs de compétence des provinces et aux ententes asymétriques que le Québec devra conclure et pour lesquelles il est impératif de recevoir une compensation pleine et entière, à laquelle les Québécois sont en droit de s'attendre. On aurait également aimé que le gouvernement fédéral augmente les transferts vers les provinces plutôt que de venir jouer dans les compétences des provinces. On aurait également vu, à ce moment-là, une véritable volonté de la part du gouvernement fédéral d'augmenter les transferts en santé, ce qui aurait été extrêmement salutaire.

Toutefois, outre ces questions, le budget de Mme Freeland rappelle à quel point le budget du gouvernement de François Legault était plutôt de la vieille école. Le budget fédéral, bien qu'imparfait, je le souligne, bien qu'imparfait, a néanmoins une volonté d'amoindrir les effets de la crise sur les femmes, de réduire les inégalités, de favoriser l'inclusion et une véritable relance économique verte, ce que l'on aurait pu espérer voir dans le budget de François Legault.

Autre sujet que j'aimerais aborder avec vous aujourd'hui, la question de la pénurie de main-d'oeuvre et la question de l'immigration. Voici ce que le premier ministre déclarait à propos de la pénurie de main-d'oeuvre en 2018 : «Quand on me dit que le plus grand défi économique est la pénurie d'employés, je ne suis pas d'accord.» Le 14 août 2019, alors qu'il rencontrait le Québec inc., le gouvernement trouvait que la solution pour régler le problème n'était pas l'augmentation de l'immigration. Il y avait beaucoup d'autres manières de le faire, c'est vrai, mais le premier ministre avait répondu à l'ensemble des chefs d'entreprise, à ce moment-là, qu'il fallait améliorer leurs conditions de travail. Aujourd'hui, on lit que le ministre Boulet dit la chose suivante, promet que le Québec va accueillir plus d'immigrants pour essayer de résoudre l'enjeu de la pénurie de main-d'oeuvre.

La réalité, c'est que, pour des raisons purement électoralistes, le premier ministre Legault avait pris la décision de nier l'enjeu de la pénurie de main-d'oeuvre en 2018. Comble de l'incurie, aujourd'hui, on regarde sur Radio-Canada et on nous apprend que les travailleurs venus d'ailleurs pour venir vivre ici et travailler ici en français ont dû quitter à cause du désastre qui a été laissé au ministère de l'Immigration par Simon Jolin-Barrette, alors que nous sommes en plein besoin important de main-d'oeuvre.

Alors, résultat des courses, on a une position qui a été prise par la CAQ qui est non seulement antiéconomique, antidémographique, qui a un impact réel sur les services à la population, les besoins de la population, un impact sur des PME, qui sont aux abois, et finalement une volte-face, mais une volte-face de la part du ministre Boulet véritablement trois ans trop tard.

Autre sujet, évidemment, à aborder, le jugement... la loi n° 21. Le jugement vient à peine de sortir, donc nous allons quand même prendre le temps de l'analyser en profondeur, on parle de plus de 200 pages. Notre position sur cette question est connue, on est en faveur de la laïcité de l'État québécois. Nous avons dit que nous souhaitions que la loi n° 21 du gouvernement Legault passe le test des tribunaux sans présumer de la suite des choses. Alors, je ne crois pas me tromper en disant que le jugement d'aujourd'hui est une étape judiciaire d'un processus qui pourrait certainement culminer en Cour suprême, mais nous allons respecter les institutions judiciaires. Voilà.

Mme Côté (Claudie) : Mme Anglade, sur le budget fédéral, bon, là, on comprend qu'il va y avoir négociation pour le montant d'argent. Québec est confiant d'aller chercher les sommes au fédéral. Est-ce que le montant d'argent, le 6 milliards sur cinq ans doit absolument être investi dans les réseaux de garderie pour créer plus de places ou on pourrait l'utiliser ailleurs?

Mme Anglade : Bien, moi, je vous répondrais que, lorsque vous regardez l'urgence sur le terrain... Et là je ne parle pas de... Le gouvernement du Québec est entièrement responsable de la manière dont il veut gérer cet argent-là, qu'on soit bien clair là-dessus, je veux juste envoyer un message très clair sur l'indépendance de nos provinces et le fait que nous ayons pleine juridiction sur cet enjeu-là, premièrement.

Deuxièmement, lorsque je regarde la situation des garderies, c'est vraiment une situation qui est critique. On a un ministre qui ne s'est vraiment pas occupé de cet enjeu-là dans les dernières années, puis on a vu... dans toutes les régions, là, on entend parler d'une chose : le manque de soutien en garderie. Alors, si l'argent ne va pas là, je me pose la question : Où il irait?

M. Robitaille (Antoine) : Sur la loi n° 21, vous avez déjà dit que, lorsque vous arriverez au pouvoir, si vous y arrivez, vous élimineriez la clause dérogatoire, vous ne la reconduiriez pas. Est-ce qu'après lecture de quelques éléments du jugement c'est toujours votre position?

Mme Anglade : Oui, la position n'a pas changé là-dessus.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Il y a quand même des choses... dans ce jugement-là, on crée, à quelque part, deux catégories de Québécois, là, on fait une distinction entre les anglophones et les francophones. Est-ce que ça ne vous met pas mal à l'aise, vous?

Mme Anglade : Pour être très honnête, je vais vouloir lire en détail le jugement. C'est plus de 200 pages, puis, avant de commenter plus en détail, il va falloir qu'on prenne le temps de bien faire la lecture de ce jugement-là.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Oui, mais vous avez bien vu que les commissions scolaires anglophones sont exonérées. C'était votre mandat presque de départ, là, que de réunir les francophones et les anglophones. Est-ce que ça ne vous inquiète pas?

Mme Anglade : Bien, c'est sûr qu'il y a des inquiétudes qui peuvent être soulevées par rapport au jugement, mais, avant de me prononcer de manière très ferme par rapport à ça, j'aimerais prendre connaissance pleinement du jugement.

Mme Côté (Claudie) : Sur la pandémie, bon, on est dans la vaccination. J'aimerais savoir : Est-ce qu'on devrait devancer ou commencer à vacciner plus rapidement avec la deuxième dose les personnes qui sont en résidence pour aînés ou encore en CHSLD? On atteint, là, le quatre mois sous peu, si ce n'est pas déjà fait.

Mme Anglade : En fait, depuis le mois de janvier, ma collègue ici présente, Marie Montpetit, avait demandé à ce que, justement, on ait un plan pour accélérer les deuxièmes doses pour les CHSLD. Donc, la réponse, c'est oui pour les RPA, mais surtout pour les CHSLD, où on voit qu'il y a une augmentation extrêmement rapide des cas. Donc, oui.

Mme Prince (Véronique) : Est-ce que vous trouvez que le gouvernement est trop rigide par rapport aux priorités qui ont été énoncées par le comité d'immunisation? Est-ce qu'on veut les suivre à tout prix ou on devrait faire preuve de flexibilité?

Mme Anglade : Bien, ce n'est pas tant qu'il soit rigide qu'il ne soit pas nécessairement clair, le gouvernement, dans des... On l'a vu, par exemple, avec les maladies chroniques, où on a dit que les personnes qui avaient une maladie chronique devaient pouvoir être vaccinées rapidement, pour apprendre, finalement… un peu en catimini, pour apprendre, finalement, que ce ne sont pas toutes les personnes qui ont des maladies chroniques, mais celles qui ont besoin de soins hospitaliers.

Alors, ce qu'on a demandé au gouvernement, c'est de dire à l'ensemble de la population, tous ceux qui ont une maladie chronique, qu'ils puissent être vaccinés. C'est une demande que l'on a depuis la semaine passée et on a eu beaucoup d'appels à ce sujet-là, en passant, de personnes qui ne comprenaient pas les directives. Donc, moi, c'est davantage dans la clarté que toute autre chose.

M. Bergeron (Patrice) : Sur la pénurie de main-d'oeuvre, Mme Anglade, j'avais déjà posé la question à M. Côté… pardon, M. Fortin, André Fortin, qui avait dit : Oui, c'est peut-être le moment au Québec d'avoir un débat sur la hausse des seuils d'immigration.

La semaine dernière, M. Derraji, en interpellation, en conférence de presse, avant l'interpellation, lui, a dit, à ce moment-là : Il y a beaucoup de choses à faire avant de parler de hausser les seuils d'immigration. Bon, là, il faudrait peut-être que le tout monde ajuste son violon au Parti libéral. On les hausse? On ne les hausse pas? On fait un débat là-dessus?

Mme Anglade : On a fait… on a toujours fait… on a toujours dit, deux choses. La première, c'est que l'enjeu de la pénurie de main-d'oeuvre, ce qu'on a dit, c'est qu'il était là depuis longtemps et qu'il fallait qu'il y ait tout un plan de match par rapport à ça. C'est un enjeu qui a été nié par la CAQ. C'est un enjeu qui a été nié par François Legault, au premier chef, qui encore, pas plus tard qu'il y a quelques semaines, disait : Bien, ce n'est pas vraiment… l'enjeu, c'est de créer les emplois payants. L'enjeu, là, présentement, c'est véritablement la pénurie de main-d'oeuvre et tout le monde vous le dira.

Il y a plusieurs alternatives pour régler l'enjeu de la pénurie de main-d'oeuvre en matière de formation, en matière d'éducation. Il y a plusieurs éléments qui avaient été soumis, notamment lorsqu'on avait fait tout un sommet sur la question de la pénurie de main-d'œuvre, juste avant 2017-2018, tout un plan de match avait été mis de l'avant. Et, ce qu'on avait dit, à ce moment-là, c'est qu'on devrait maintenir les seuils en matière d'immigration.

Maintenant, ce que l'on apprend, c'est que le ministre Boulet dit, lui : Ah! bien non, il va falloir que l'on augmente à nouveau les seuils d'immigration. On aimerait comprendre quelle est la stratégie de la CAQ.

M. Bergeron (Patrice) : Mais la question que je pose, c'est que… c'est parce qu'on a deux porte-parole qui ne nous donnent pas exactement la même réponse au Parti libéral, à l'opposition officielle. On les augmente? On fait un débat là-dessus?

Mme Anglade : On maintenait les chiffres au seuil où ils étaient lorsque l'on était au gouvernement. C'est ça qu'on avait dit depuis le départ.

M. Robitaille (Antoine) : Je suis surpris de votre réaction face au budget fédéral. Il y a quand même une intrusion massive dans les compétences du Québec, là, sur les garderies. Il n'y a pas d'argent pour la santé, qui est aussi une compétence québécoise, provinciale. Donc, je suis surpris, ça ne vous fait pas tiquer, ça, vous, comme fédéraliste? Est-ce que ce n'est pas la fin du fédéralisme canadien à quelque part?

Mme Anglade : Ah! non, non, non. Vous m'avez aussi entendue dire... j'espère que vous m'avez entendue dire que... La première chose que j'ai dite, c'était que le gouvernement fédéral avait décidé de rentrer dans des champs de compétence provinciale et que l'on aurait de loin préféré avoir des transferts plutôt que d'avoir une intrusion du fédéral dans les champs de compétence provinciale, que ce soit pour les garderies, que ce soit pour les transferts, la question des CHSLD. Absolument. Sans équivoque, M. Robitaille, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure.

M. Robitaille (Antoine) : Donc, on va avoir un combat pour les services de garde comme on a un combat continuel pour avoir des sous pour la santé. C'est ce qui nous attend, là?

Mme Anglade : Bien, nous, ce qu'on pense, c'est que les transferts... on aurait souhaité voir des transferts en matière de santé. On l'a demandé initialement, on l'a répété, et aujourd'hui encore je le dis : On aurait aimé voir que le gouvernement fédéral décide d'investir avec des transferts en santé, de la même manière que l'on estime que c'est une intrusion du fédéral en matière de garderies. Maintenant, si c'est le choix du gouvernement fédéral, on demande une pleine compensation, compensation pleine et entière pour pouvoir récupérer cet argent-là.

M. Lacroix (Louis) : Mais quand vous voyez la réaction de M. Girard, ce matin, comment vous réagissez à ça? Parce que M. Girard, ce matin, a dit... Bon, oui, effectivement que sa déception, c'est qu'il n'y avait rien pour les transferts en santé. Sur la compensation pour des services de garde, lui, il dit, bon, que ça va se faire sans aucune condition. Il a l'air certain de ça. Donc, il n'a pas condamné en tant que tel le budget fédéral. Il a certaines déceptions, mais pour lui... il n'a pas parlé d'intrusion nécessairement dans les compétences, à part peut-être pour les CHSLD, etc. Il n'a pas semblé vindicatif à l'égard de ce budget-là.

Mme Anglade : Bien, moi, je vous dirais qu'il faut être très clair avec le gouvernement fédéral quant aux compétences du provincial, très clair par rapport aux compétences du Québec. Alors, oui, il y a intrusion, je veux dire, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas intrusion, il y a intrusion. Et on ne pense pas que ce soit la bonne manière de faire affaire. On ne pense pas que ce soit la bonne chose à faire avec l'argent, au fédéral, on pense qu'il devrait y avoir des transferts plutôt que de rentrer... l'intrusion des compétences des provinces.

M. Bergeron (Patrice) : Mais vous, un gouvernement Anglade, là... il s'y prendrait comment dans sa stratégie, là, justement pour empêcher cette intrusion-là, pour obtenir l'argent, par exemple, dans les transferts en santé? Est-ce que vous seriez plus efficace? Puis comment vous vous y prendriez pour être plus efficace?

Mme Anglade : Bien, c'est une bonne question que vous posez. Je pense que... rien de mieux que de montrer et de faire l'alliance avec les autres gouvernements des autres provinces. Moi, je pense que c'est extrêmement important de faire front commun avec l'ensemble des provinces sur ces enjeux qui touchent le gouvernement. Et je vous dirais qu'il faut aussi avoir la crédibilité pour aller négocier avec les autres provinces puis qu'on se dise qu'on est tous en droit d'avoir le montant d'argent du fédéral. Alors, c'est aussi une question de posture par rapport aux autres provinces, mais ce front commun là est extrêmement important. Vous allez me dire qu'il y en a un aujourd'hui, front commun, au niveau des provinces. Je pense qu'il pourrait être encore plus fort et assumé comme leadership.

Quand on voit, la semaine dernière, par exemple, toute la question du français sur la question des francophones dans le reste du pays et que je n'ai pas beaucoup entendu la CAQ s'insurger, bien, ça aussi, ça relève du gouvernement provincial. Ça, c'est un exemple concret aussi de travailler au Québec, mais aussi d'avoir un rôle important pour défendre les communautés francophones dans le reste du Canada, exemple très concret.

M. Robitaille (Antoine) : Ça ne serait pas une bonne idée de contester devant les tribunaux un programme de garderies pancanadien comme on a contesté… comme même le Québec s'est joint à la contestation sur la taxe carbone?

Mme Anglade : Bien, moi, ce que j'aimerais d'abord et avant tout, parce que le gouvernement… Le Québec a fait des choix, a fait des choix de société par rapport à ces garderies-là. Il y a des décennies qu'on a fait ces choix-là. Et ce qui m'apparaît essentiel présentement, c'est de savoir que, si le gouvernement décide d'aller là, nous, qu'on ait entière compensation financière par rapport à ce qui s'est passé et qu'en aucun cas le gouvernement fédéral ne devrait nous dicter comment cet argent-là devrait être dépensé, en aucun cas, et pour les CHSLD, bien que je pense qu'on a plein de travail à faire.

M. Robitaille (Antoine) : …sur la contestation devant les tribunaux.

Mme Anglade : Je ne sais pas si on a besoin d'aller en contestation des tribunaux, honnêtement.

M. Robitaille (Antoine) : Parce qu'à un moment donné, c'est le régime, là, c'est la constitution qui est constamment… par le fédéral. Ça ne vous fatigue pas, vous, comme fédéraliste?

Mme Anglade : Moi, ce que je retiens, encore une fois, c'est que, dans ce genre de situation là, on veut avoir une pleine compensation. C'est ça qu'il faut miser et, évidemment, le transfert des montants en santé.

M. Lacroix (Louis) : Donc, s'il y a une compensation sans condition, vous considérez que ce n'est pas une intrusion…

Mme Anglade : Non. Je considérerai toujours que, lorsque le fédéral décide d'intervenir dans des champs de compétence provinciale, qu'il y a une intrusion. Je considérerai toujours ça.

M. Lacroix (Louis) : Mais vous n'êtes pas au point…

Mme Anglade : Est-ce qu'on veut la contester légalement devant les tribunaux? C'était la question de M. Robitaille. Je dis, ça, c'est une question qui mérite d'être posée certainement, mais je ne suis pas rendue là, si c'est ça la question.

M. Robitaille (Antoine) : Sur les universités, vous avez dit, donc : La CAQ aurait dû s'insurger davantage. Là, ce qui est clair, c'est que le Québec traite sa minorité anglophone beaucoup mieux, et on peut le dire, là, que les minorités francophones sont traitées un peu partout. Les universités sont carrément poussées à la faillite. Qu'est-ce qu'on fait? Est-ce que nous, on baisse, finalement, les contributions aux universités anglophones ici ou on réclame l'équivalent pour les minorités francophones...

Mme Anglade : Bien, j'espère qu'on va s'inspirer... j'espère que, nous, on va continuer à traiter nos minorités de la bonne façon. Parce que ce que je regarde à l'extérieur du Québec présentement, ce n'est pas de la bonne façon dont elles sont traitées. Et je regarde la manière dont les francophones sont traités en Ontario — j'ai été moi-même manifester quand il y a eu des enjeux en Ontario, il y a, ma foi, un an et demi, deux ans peut-être, ma mémoire me fait défaut, peut-être deux ans — je pense que c'est extrêmement important de condamner la manière dont les choses se font présentement en Ontario. Et c'est pour ça que j'étais surprise de voir que la CAQ n'avait pas réagi à ça. Nous, je ne pense pas...

M. Robitaille (Antoine) : ...acceptable, à part manifester?

Mme Anglade : À part manifester, à part revendiquer, à part aller soutenir, je pense que c'était déjà un bon message à envoyer de la part du gouvernement du Québec.

M. Robitaille (Antoine) : ...

Mme Anglade : Bien, je n'ai pas entendu la voix du gouvernement sur cet enjeu-là. Est-ce que vous l'avez entendue?

M. Robitaille (Antoine) : Non. Je vous demande ce que vous feriez...

Mme Anglade : Vous m'auriez entendue sur cet enjeu-là parce que c'est de la responsabilité du Québec d'aller défendre les francophones dans le reste du Canada, et c'est de la responsabilité du Québec de défendre le fait français ici, chez nous, les deux, et on peut faire les deux.

La Modératrice : Merci. On va prendre les questions en anglais maintenant.

Mme MacKenzie (Angela) :Hi. I just want to, first of all, know your reaction to the judgment on Bill 21.

Mme Anglade : So, first of all, I'd like to say that it's a long judgement, it's over 200 pages. So, we'll take the time to really look at it in details. But again, it doesn't change the position that we have. We said from the beginning we are in favor of «laïcité». However, we want to make sure that it can be… it can go in front of the court and get the judgment of the court. So, we are in that process.

Mme MacKenzie (Angela) : ...but we do know that they have struck down the law itself for English school boards and these are your voters. Your thoughts on that.

Mme Anglade : So, you said they struck down the…

Mme MacKenzie (Angela) : …law will not apply to the English school boards in Québec. But it will apply to French school boards and the public services.

Mme Anglade : Yes. So, I understand that there is a difference between the two. But I'm not in a position right now to answer the question, like the impacts of that. Again, I want to make sure that we read the judgment. But it doesn't change our position on Bill 21.

M. Verville (Jean-Vincent) : Your reaction on the federal budget and what's good in it and what's not good in it.

Mme Anglade : So, the first thing I said about the federal budget, what is… We'll start with what is not so good about it, it's the fact that they are really getting into the competences of the provincial jurisdiction regarding day care, regarding health care as well, if you consider CHSLD, of course, part of health care. And this is supposed to be a competence of the provincial Government. That's the first thing.

The second thing is we were hoping to get health transfers from the federal and we didn't get any. And they said : We are going to wait after the pandemic. It's a long time, after the pandemic, when you see the situation of health care in Québec today. We would have hoped to see the Federal Government being a lot more proactive in providing those transfers. Beside all this, there are elements around supporting inequalities, supporting women, supporting transformation of the economy towards a green economy. There are positive elements that we should highlight as well.

M. Verville (Jean-Vincent) : ...that there are more people under 60 that are hospitalized than during the first wave. Does that worry you?

Mme Anglade : Well, the situation is always worrisome because we have a number of hospitalizations that are going up, the number is going up. But again, I think we really have to focus on a couple of things : vaccine, campaign towards vaccination, focussing also on… I understand that those are not the people where we see hospitalizations, but we need to focus on people in CHSLDs so they can get their second dose, and encourage everybody to get the vaccine, and get clear indications regarding the measures that are in place from the Québec Government.

M. Verville (Jean-Vincent) : Should we loosen up the rules now, like…

Mme Anglade : To vaccine?

M. Verville (Jean-Vincent) : No, in general, because the numbers are going down…

Mme Anglade : I wouldn't say this at this point. It's really for Public Health to say that. At this point, we have to be extremely cautious about what's going on and the increase that we see. We still see again hospitalizations that are going up. So, I would be extremely cautious.

Une voix : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 8)

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