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Conférence de presse de M. Eric Girard, ministre des Finances

Réaction au budget du gouvernement fédéral

Version finale

Le mardi 20 avril 2021, 9 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Neuf heures)

M. Girard (Groulx) : Alors, bonjour à tous et merci d'être présents.

Alors, d'abord, j'aimerais souligner plusieurs éléments positifs du budget fédéral, notamment la prolongation des mesures de soutien jusqu'à la fin septembre, la subvention salariale d'urgence, l'aide d'urgence pour les loyers commerciaux, la Prestation canadienne de relance économique. Tout ça totalise 12 milliards, et nous sommes toujours en pandémie, et c'est pertinent.

Au niveau des mesures de relance, il y a 30 milliards pour, notamment, la formation de la main-d'oeuvre, accroître la croissance, le potentiel de l'économie et des entreprises. Et ces initiatives sont cohérentes avec ce qu'on fait au Québec, et c'est donc positif, ces mesures-là, pour les entreprises, formation de main-d'oeuvre.

Ensuite, je suis très heureux qu'on souligne le leadership du Québec au niveau des services de garde. Et il y a 30 milliards sur cinq ans, et le Québec aura pleine compensation financière avec droit de retrait. Et tout ça devra être négocié. Mais nous sommes très heureux qu'on reconnaisse le leadership du Québec. Et c'est démontré économiquement que le taux de participation des femmes au marché du travail a bénéficié de cette initiative du Québec et de son développement, et c'est donc positif.

Et finalement, il faut le dire, avec tous les engagements financiers que le gouvernement fédéral a pris, nous aurions apprécié une augmentation du transfert canadien en santé. C'est une demande qui ne vient pas seulement du Québec, c'est une demande unanime des provinces et des territoires pour une augmentation du financement en santé à 35 %. Et il n'y a aucune somme pour cela. Et nous avons fait les calculs plusieurs fois, qu'on le regarde rétrospectivement ou prospectivement, c'est indéniable que le gouvernement fédéral doit en faire plus pour le financement de la santé au Canada et c'est donc une opportunité manquée.

Alors, je m'arrête ici, puis ça me fait plaisir de prendre vos questions.

Le Modérateur : Alors, Marie-Michèle Sioui, Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Est-ce que vous vous inquiétez… Bien, bonjour, d'abord, pardon. Est-ce que vous vous inquiétez de l'empiétement d'Ottawa dans certaines compétences du Québec?

M. Girard (Groulx) : Bien, je pense qu'au Québec on est habitués de réagir à ça, et, dans tous les cas, il y aura des négociations pour des ententes asymétriques et le plein respect des compétences du Québec. Et la reddition de comptes se fait aux Québécois dans les champs de compétence du Québec. Et donc les sommes additionnelles sont bienvenues, et nous allons nous assurer, comme tous les gouvernements qui nous ont précédés, là, du respect des compétences du Québec.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Vous n'avez pas parlé de l'environnement qui est une nouvelle priorité de votre gouvernement. Pourtant, qu'est-ce que vous pensez des investissements dans ce champ-là?

M. Girard (Groulx) : Bien, écoutez, c'est une très bonne question. Au niveau des entreprises, là, j'ai compté près de 7 milliards et 43 initiatives. Il y a un autre 9 milliards pour l'environnement, qui n'est pas relié aux entreprises. Alors, si on compare avec l'effort du Québec, là, qui est de 6,7 milliards sur cinq ans, c'est moindre, mais ça va aider. Mais il faut aller dans les détails, là, et j'avoue qu'avec un document de plus de 800 pages, c'était le premier budget en deux ans, je ne pourrais pas juger de la pertinence de l'ensemble des mesures qui est proposé. Mais les sommes sont les bienvenues.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Vous le dites, les garderies, ça va se négocier. Donc, est-ce que vous vous attendez à ce que ce soit quand même sans condition?

M. Girard (Groulx) : Ah! c'est sûr que ça sera sans condition. J'ai parlé à la ministre Freeland, avant son budget, nous sommes l'inspiration de leur programme. Mais il y a des étapes : le budget doit être approuvé, les montants, ce n'est pas des montants égaux, là, c'est des montants qui augmentent dans le temps, et il doit y avoir une négociation avec le fédéral pour qu'il y ait le retrait avec la pleine compensation financière. Mais c'est certain que c'est non négociable. C'est déjà entendu que nous sommes l'inspiration de ce qu'ils veulent faire et que ce sera un transfert sans condition.

M. Bossé (Olivier) : Et évidemment vous dites que ça va se négocier. Mais combien vous comptez récupérer pour ce programme?

M. Girard (Groulx) : 6 milliards sur cinq ans.

M. Bossé (Olivier) : Pour les garderies?

M. Girard (Groulx) : Oui.

Le Modérateur : Claudie Côté, TVA.

M. Girard (Groulx) : C'est des montants... ce ne sont pas des montants égaux. Là, il y a une progression : c'est moins d'un milliard la première année, et c'est plus d'un milliard la cinquième année donc.

Mme Côté (Claudie) : Bonjour.

M. Girard (Groulx) : Bonjour.

Mme Côté (Claudie) : Concernant justement le 6 milliards que vous comptez récupérer, auquel le Québec aura droit, est-ce que vous garantissez que ça va être investi dans le réseau des garderies actuel et, sinon, où vous comptez l'investir?

M. Girard (Groulx) : Bien, le Québec, nous sommes déjà en action. Nous sommes l'inspiration de ce programme. Dans notre dernier budget, là, le budget du Québec, nous avons attaqué directement le principal problème présentement dans les services de garde, c'est la pénurie de main-d'oeuvre. Et il y a des mesures avec le ministre Boulet, et la ministre McCann, et le ministre Lacombe qui travaillent pour... Si nous annonçons des places, puis qu'il n'y a pas de personnel supplémentaire, il y aura un enjeu. Ensuite, la pandémie a directement touché les garderies en milieu familial. C'est là que nous avons perdu des places. Et il y a plus de 100 millions dans le budget, et le ministre Lacombe fera une annonce bientôt sur les garderies en milieu familial, visant à stimuler le nombre de places et, au moins, le retour des places qu'on a perdues.

Et finalement il y a les places qui sont annoncées, financées, mais non livrées, sur lesquelles le ministre Lacombe s'est déjà engagé.

Alors, nous, on est déjà en mouvement. Là, pour les sommes du fédéral, il faut d'abord que le budget soit approuvé. Il faut que l'entente soit négociée. Alors, pour le bien des services de garde au Québec, là, nous sommes déjà en action puis on n'attend pas l'argent du fédéral.

Mme Côté (Claudie) : Donc, je repose ma question. Je comprends que ces sommes‑là, une fois qu'elles seront négociées, vous espérez qu'elles le soient sans condition, il y a peu de chance qu'elles se retrouvent dans le réseau des services de garde, là. Vous comptez l'utiliser ailleurs, donc où?

M. Girard (Groulx) : Ce n'est pas ce que j'ai dit. D'abord, je ne compte pas négocier que ce soit sans condition. Ce sera un transfert sans condition. Il n'y a pas de négociation à faire là‑dessus, là. On est dans un champ de compétence du Québec, et nous sommes l'inspiration du programme national. Ce que je vous suggère, c'est que, dans notre dernier budget, on reconnaissait qu'il fallait faire des investissements supplémentaires. Nous les faisons. Et c'est certain qu'on va vouloir utiliser des sommes supplémentaires pour aider à générer des places supplémentaires. Mais tout ça… Il va falloir d'abord que le budget soit adopté, que l'entente soit négociée et que le ministre Lacombe étudie. C'est toujours une question, où pouvons-nous avoir le plus d'impact rapidement?

Le Modérateur : Louis Lacroix.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. le ministre.

M. Girard (Groulx) : Bonjour.

M. Lacroix (Louis) : Je comprends qu'il n'y a pas de sommes, après avoir consulté le budget, également, comme vous, hier, pour les transferts en santé. Est-ce que ça complique votre vie à vous dans, par exemple, l'atteinte de l'équilibre budgétaire que vous avez déjà annoncé dans votre budget à vous, là? Le fait qu'il n'y ait pas de sommes supplémentaires, je comprends que vous ne les aviez pas budgétisées dans votre budget, mais est-ce que ça complique votre vie à vous?

M. Girard (Groulx) : Bien, dans les faits, le budget d'hier est positif pour le cadre financier du gouvernement, là. Si on regarde l'argent qui sera attaché aux garderies, nous dépensons déjà près de 3 milliards par année dans les services de garde. Alors, l'argent supplémentaire va aider le cadre financier. Les mesures pour la déductibilité des taux d'intérêt, là, des prix de transfert au niveau des grandes entreprises, nous allons étudier ça. Normalement, la fiscalité des entreprises québécoises est harmonisée avec le fédéral. Alors, le budget d'hier améliore le cadre financier du gouvernement québécois, et leurs hypothèses de croissance sont beaucoup plus élevées que les nôtres, pour 2021, alors c'est intéressant.

Pour ce qui est de la santé, là, je tiens à vous dire que, nous, les calculs, on les a faits. Et, lorsqu'on regarde ça rétrospectivement, c'est indéniable que l'apport du gouvernement fédéral a diminué significativement. Et, lorsqu'on regarde prospectivement, c'est indéniable que la capacité fiscale du fédéral est supérieure à celle des provinces et des territoires, et c'est la demande unanime numéro un des provinces et des territoires. Donc, le temps va nous donner raison, nous allons continuer à exiger une augmentation du transfert canadien en santé.

Et les discussions qui ont lieu au niveau des comités des arrangements fiscaux — ça, c'est au niveau sous-ministre des Finances du Canada — vont montrer… les chiffres vont nous donner raison.

M. Lacroix (Louis) : Mais je vais vous poser ma question autrement. Parce que, bon, je comprends, là, qu'il y a des nouvelles sommes qui arrivent pour le Québec, je comprends ce que vous dites lorsque vous affirmez que le budget fédéral améliore la situation du Québec. Il reste que de faire passer les transferts en santé de 23 % à 35 %, ça amenait 6 milliards de dollars dans l'économie du Québec, si je ne me trompe pas.

M. Girard (Groulx) : Oui.

M. Lacroix (Louis) : Alors, qu'est-ce que vous pourriez faire avec ce 6 milliards là? Ce serait quand même une entrée d'argent extrêmement intéressante pour le Québec et qui ne remet pas en question ce qui est déjà dans le budget, là. Or, cet argent-là n'arrive pas.

M. Girard (Groulx) : Oui. Bon, alors, je vais vous donner le contexte, parce que, moi, c'est peut-être le sujet que je discute le plus souvent avec la ministre Freeland, là. Eux, ils ont dit : Nous ne voulons pas discuter de ça pendant la pandémie, mais on est prêts à faire des travaux pour s'entendre sur les chiffres et comprendre l'historique et la capacité fiscale.

Alors, ce que je vous confirme, c'est que nous allons continuer, c'est une demande unanime des provinces et territoires, nous allons continuer à demander une augmentation des transferts en santé. Et les chiffres, les travaux qui se font au niveau sous-ministre des ministères des Finances de l'ensemble des provinces et territoires, sont indéniables, ils vont démontrer que l'apport du gouvernement fédéral a diminué extrêmement... très significativement depuis les années 80, et donc le gouvernement fédéral n'aura pas le choix. Ils avaient dit que, tant que nous étions en pandémie, il n'y aurait pas d'augmentation du transfert en santé. Pour nous, c'est une opportunité manquée. Mais est-ce que je suis surpris qu'il n'y avait pas de sommes hier? Non.

Le Modérateur : Valérie Gamache, Radio-Canada.

Mme Gamache (Valérie) : Donc, je comprends que, de votre côté, je veux dire, d'un point de vue théorique, là, vous dénoncez qu'il n'y ait pas de transferts, mais il y a des négociations qui se font. Vous dites : Je parle à Mme Freeland régulièrement, et vous pensez que le gouvernement va finir par céder sur cette demande-là.

M. Girard (Groulx) : Bien, je veux faire une distinction. Je n'ai pas dit qu'il y avait des négociations.

Mme Gamache (Valérie) : Non, moi non plus, j'ai dit «discussions».

M. Girard (Groulx) : J'ai dit qu'il y avait des comités qui travaillent pour établir les faits. Or, le Québec, au niveau des arrangements fiscaux des transferts fédéraux, on a déjà tout fait ces calculs-là. On a... Le Conseil de la fédération a déjà mandaté le Conference Board pour faire des études. Les chiffres, on les connaît. Mais le fédéral a demandé un processus, via le Comité des arrangements fiscaux, qui va confirmer ce que nous savons tous, que la part du fédéral a diminué dans le temps et que leur capacité fiscale... Alors, rétrospectivement, prospectivement, les chiffres vont nous donner raison.

Mme Gamache (Valérie) : Je reviens sur les garderies. Est-ce que ce 6 milliards sur cinq ans, éventuellement, pourrait vous permettre de remplir cette fameuse promesse que vous aviez faite aux Québécois, du nombre de places en garderie?

M. Girard (Groulx) : Bien, je pense qu'on va utiliser de ces sommes pour améliorer le réseau. C'est certain, là, qu'il y a une part de ces sommes qui va être utilisée, mais on ne sait pas quand ces sommes vont arriver. Nous sommes l'inspiration du programme fédéral. Alors, nous sommes déjà en mouvement. Dans le dernier budget, pénurie de main-d'oeuvre, livraison des places existantes déjà annoncée. Et la pandémie nous a coûté près de 3 000 places de garderie en milieu familial. Et donc il faut d'abord récupérer ce que nous avons perdu. Il y aura des améliorations dans le réseau. L'argent supplémentaire est bienvenu.

Le Modérateur : Maxime Denis, Noovo.

M. Denis (Maxime) : Concernant le train à grande fréquence, il y avait une somme de 500 millions sur six ans. La chambre de commerce de Québec dit que ce n'est pas assez, ce n'est pas assez rapide, surtout quand on parle d'un contexte de relance économique. Vous en pensez quoi?

M. Girard (Groulx) : Bien, d'abord, je dois vous avouer, là, que cet élément-là, je ne me suis pas concentré, là… On est... Je ne sais pas à quelle page vous êtes du... mais, vous, vous êtes dans la section qui s'appelle probablement «Entreprises» ou «Croître et réussir». Il faudrait que je vérifie, mais c'est certain que, le montant que vous me donnez, ça va prendre plus que ça.

M. Denis (Maxime) : Et, dans les prévisions de croissance, justement, dans la reprise, est-ce que, Mme Freeland, son budget est trop optimiste? On entendait ça chez certains économistes hier.

M. Girard (Groulx) : Bon, je vous dirais que c'est quand même particulier, les prévisions économiques, cette année, là, parce qu'on parle de prévisions annuelles, là. Québec a prédit 4,2 %, en 2021, et le fédéral est à 5,8 % pour l'ensemble du Canada. Nous, nous avions 4,4 % pour le Canada. Alors, si le fédéral... la prévision du fédéral est juste, on va avoir plus de croissance au Québec, puis ça va être bénéfique pour les revenus.

Mais ce qui est particulier, c'est qu'une part importante de cette croissance est dans le dernier six mois de l'année, là. C'est lorsque nous serons vaccinés et qu'il y aura ouverture de l'entièreté de l'économie, qu'il y aura un rebond naturel. Et donc il faut d'abord vaincre la pandémie, vacciner les citoyens. Et, oui, avec les sommes du budget québécois, les sommes... les initiatives du gouvernement américain, les initiatives du gouvernement canadien, il y a tout lieu d'être positif pour la deuxième moitié de l'année.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, LaPresse Plus.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Bonjour, M. Girard. Considérez-vous avoir la parole de la ministre Freeland à l'effet que le transfert pour les services de garde sera sans condition?

M. Girard (Groulx) : Est-ce que je considère avoir la parole? Bien, vraiment, mes relations avec la ministre Freeland sont excellentes. J'ai confiance en elle. Mme Freeland s'est inspirée des services de garde québécois, a vu les données... Tu sais, c'est plus qu'une inspiration, là, il y a des données économiques, des études économétriques qui montrent que les services de garde ont augmenté le taux de participation des femmes depuis leur introduction au Québec. Et donc, oui, j'ai confiance que le... j'ai plus que confiance, là, c'est une exigence, le transfert pour les services de garde sera sans condition.

M. Chouinard (Tommy) : Mais là vous parlez de... Tantôt, vous avez dit : Mme Freeland, elle me l'a dit, là, en gros, là, que ça va être sans condition. Est-ce qu'elle vous a vraiment dit ça ou est-ce que c'est une exigence de votre part que ça soit sans condition, là?

M. Girard (Groulx) : Écoutez, mes discussions avec Mme Freeland, là, sont fréquentes et sont privées. Je vous confirme que l'esprit de ce qui est fait, c'est de s'inspirer du Québec, de respecter le Québec. Nous avons déjà des services de garde subventionnés, au Québec, à un tarif inférieur à ce qu'ils visent au fédéral. Alors, oui, ce sera un transfert sans condition, là.

M. Chouinard (Tommy) : ...faudrait créer quand même des places supplémentaires, là, avec cet argent-là, là.

M. Girard (Groulx) : Bien, le préférerais ne pas avoir une discussion avec vous, là, sur ce qu'elle m'a dit à quel moment, dans quelles circonstances, là. Je vous donne l'esprit de nos discussions. Elle s'est inspirée du programme du Québec, et nous aurons un transfert sans condition.

M. Chouinard (Tommy) : Vous avez dit...

Le Modérateur : Non, Tommy, là, c'est parce que j'ai pas mal de monde à passer, là, puis il nous reste la partie anglaise, là.

M. Chouinard (Tommy) : ...

Le Modérateur : Tommy, non. O.K. J'ai une question de Charles Lecavalier. Est-ce que le Québec peut empêcher la mise en service de casinos qui ont des liens avec le crime organisé, et craignez-vous que ces casinos nuisent à la rentabilité des établissements de Loto-Québec?

M. Girard (Groulx) : Bien, je pense que ce n'est pas une question qui est vraiment liée au gouvernement fédéral... au budget fédéral. Écoutez, je m'en remets à la Sécurité publique et au Secrétariat aux affaires autochtones pour ces discussions. Les casinos autochtones existent à plusieurs endroits au Canada, ils sont différents des casinos de notre société d'État. Nous avons des règles extrêmement strictes sur le blanchiment d'argent, la sécurité dans les lieux, la consommation d'alcool, l'autoexclusion, et nous allons continuer d'offrir du jeu dans des conditions optimales aux Québécois.

Le Modérateur : Deuxième question. Le fédéral augmente à 15 $ de l'heure le salaire minimum pour les entreprises sous juridiction fédérale. Comptez-vous emboîter le pas?

M. Girard (Groulx) : Nous, ce que nous faisons, c'est que nous avons dit que nous voulons être à 50 % du salaire horaire moyen, et, pour le Québec, ça donne 13,50 $. Alors, pour atteindre le 15 $, il faudra atteindre le 30 $, et ça viendra dans le temps, mais pour l'instant nous ne sommes pas là, au Québec.

Le Modérateur : Question de ma collègue, Jocelyne Richer, de LaPresse canadienne : Quelles conditions le Québec est prêt à accepter pour ce qui est, donc, du versement, là, des sommes concernant les garderies?

M. Girard (Groulx) : Bien, aucune. J'ai été assez clair là-dessus. Nous avons déjà un service de garde qui développé et nous investissons dans notre réseau, nous connaissons ses forces, ses faiblesses. On sait qu'on a un enjeu de pénurie de main-d'oeuvre, on sait qu'on doit retrouver les places en services de garde, on sait qu'on doit accélérer la livraison des places déjà annoncées et financées. Alors, on est déjà au travail.

Le Modérateur : Est-ce que vous voyez quand même que c'est une intrusion dans les compétences provinciales?

M. Girard (Groulx) : C'est-à-dire qu'au Québec ce n'est pas la première fois, là, qu'on voit le gouvernement fédéral intervenir dans les champs de compétence des provinces et territoires. Alors, on a des mécanismes pour se protéger, faire respecter nos compétences, ça s'appelle des ententes asymétriques, avec une reddition de comptes à la population québécoise. Et on a des équipes de fonctionnaires de grande qualité qui vont nous aider à négocier des ententes qui respectent les compétences du Québec.

Le Modérateur : Passons maintenant à l'anglais.

Une voix :

Le Modérateur : Ah! François, c'est vrai. François Carabin — excusez — le Métro.

M. Carabin (François) : Bonjour, M. Girard. François Carabin, Métro. Le fait qu'il y ait encore dans ce budget… que les normes nationales en CHSLD ou en soins de longue durée soient inscrites et qu'en parallèle, justement, il n'y ait pas d'augmentation des frais… des transferts en santé, qu'est-ce que ça vous génère comme réaction?

M. Girard (Groulx) : Bien, en fait, moi, ma première réaction, quand j'ai vu les sommes pour les soins de longue durée, c'est tellement petit que ça ne vaut pas la peine d'en parler. C'est 3 milliards $ sur cinq ans pour l'ensemble du Canada. Alors, ce qui va se passer, c'est comme l'entente de 2017 sur la santé mentale et les soins à domicile, le Québec va avoir une entente asymétrique, se retirer, avec une reddition de comptes aux Québécois. Mais je tiens à vous dire, là, que c'est vraiment petit lorsqu'on compare ça à l'ampleur... Juste dans le dernier budget québécois, il y avait 2 milliards $ supplémentaires pour les soins aux aînés sur cinq ans.

M. Carabin (François) : Vous avez à nouveau parlé de vos discussions régulières avec Mme Freeland. Évidemment, M. Legault avait fait plusieurs annonces, dans les dernières semaines, avec le premier ministre Trudeau. En quoi est-ce que le budget d'hier puis le refus du fédéral d'augmenter encore les transferts en santé affectent vos relations avec Ottawa?

M. Girard (Groulx) : Bien, nos relations… C'est-à-dire que c'était un budget fédéral hier. C'est eux qui prennent leurs décisions, c'est leur premier budget en deux ans. Ils ont certainement des considérations électorales. C'est leur budget. Moi, là où je suis confiant, c'est que, peu importe la façon que nous regardons les chiffres, rétrospectivement ou prospectivement, les chiffres vont nous donner raison. L'apport de la contribution du fédéral dans les soins de santé au Canada est insuffisant. Et donc on va continuer à leur faire valoir ce point, et, au moment qu'ils décideront, ils vont reconnaître la justesse de cette demande qui est unanime des provinces et territoires.

Le Modérateur : Passons maintenant à l'anglais. Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good morning, Mr. Girard. This federal budget gives money to everybody for everything. It's a massive budget. And, even seniors, the FADOQ was saying that it would create two kinds, two categories of seniors, and the FADOQ was saying : Well, why the federal Government didn't give, like, money into health transfers? You're saying the same thing this morning. What will it take?

M. Girard (Groulx) : I think, the way I look at it is their net debt-to-GDP is stable over five years. And I would have liked to see it decline in order for them to have more capacity to face the next economic downturn. Usually, during good times, you decline your debt level, and that gives you firepower for tough times in the future. So it is true that there are lot of initiatives in this budget, and some of these initiatives are good. Extending the emergency wage subsidy, commercial rent program, SUB, these are good measures. The day care money is going to be welcome, but we are disappointed that there's no more money for a Health Canada transfer.

Mme Senay (Cathy) : The $30 billion program for child care, to create a national child care system, there are parents, this morning, that maybe are listening to you and would say : We're so disappointed that Québec is not promising to be up to its reputation and improve the system itself, we are on a waiting list for years, we're not going to get a place, like a spot in a CPE, at all. So what do you say to parents that are frustrated, like, listening to you right now?

M. Girard (Groulx) : OK, so, first of all, we've already addressed the number one issue in our budget, which is labor shortage, but it's going to take time. I mean, people need to register in these programs and graduate. And a labor shortage in day care is not going to be resolved with an announcement of money. So we've already identified the number one source of the problem, which is labor shortage.

The second source of the problem is that the pandemic has impacted home care, at-home day care, and the Minister has the funds and will make an announcement. And I've noticed that the Opposition were proposing something this weekend. Well, we've already committed funds for those improvements in our budget, so... And then there is the issue of delivering the spots, the places that were announced, but that haven't been delivered, and Minister Lacombe is also addressing this.

So we're already in movement with respect to the money from the federal Government. I mean, there is a process for that. First, their budget needs to be debated, adopted. Second, we need to sign the agreement that respects Québec jurisdiction, and then we will get the money. The money sounds like a lot of money. It starts small, and then it increases over time. So we will make the necessary improvement in our day care network. And we understand the urgency. That's why there were measures in the budget prior to the announcement of the federal Government.

Le Modérateur : Angela MacKenzie, CTV.

Mme MacKenzie (Angela) : Considering the situation we're in with the pandemic and what we've seen with long-term care homes, what are your thoughts in the amount of money being invested into long-term care?

M. Girard (Groulx) : Well, it's negligible. We're talking $3 billion over five years for the whole of Canada. Just in our last budget, the Québec Government budget, we've increased… we have an initiative of $2 billion over five years, for Québec, in terms of homecare, more orderlies, homecare, «crédits d'impôt», «maintien à domicile». So these amounts are a signal or a gesture, but they're small.

Mme MacKenzie (Angela) : What danger does that pose, do you think, in Québec, due to the situation we're in with the long-term care?

M. Girard (Groulx) : Well, in long-term care, we know what we have to do. We're already at it. We need more personnel. That's why the Premier announced the program for the 10,000 orderlies. We know that labor movement was an issue, and that's why we want part-time employees to become full-time. We know we need managers in every institution, and that's why it's in motion. It was in the budget. We need more resources to prevent infection, disease control. That was also in our budget. So we already know what we need to do. And with «les maisons des aînés», so we need better infrastructure, more personnel, more financial resources, and we're doing that. What the federal Government announced yesterday is really small.

Le Modérateur : Maintenant, une dernière question en anglais de Raquel Fletcher, de Global. What is your reaction to the fact that the Trudeau Government did not commit to the health transfers the provinces were asking for? You say there are positive things in yesterday's budget, but you must be frustrated.

M. Girard (Groulx) : Frustrated is a strong word. I try not to get too emotional with numbers because I spend my days with numbers. We're disappointed. It was the number one ask of all provincial… and territories, unanimous, number one, top of the list, and they did not address it. So I'm saying that it's a missed opportunity, and it's quite clear, and we will keep working at it. Our demand was legitimate, it is… The pandemic has proven that we need to invest more in health care. Health care is the most important budget item of all provinces and territories, and it's also the one that is growing the fastest, and, therefore, the need for a larger federal contribution.

Le Modérateur : Merci. C'est ce qui met fin à cette conférence de presse.

M. Girard (Groulx) : Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 31)


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