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Point de presse de M. Alexandre Leduc, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de travail

Version finale

Le vendredi 16 avril 2021, 9 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures vingt et une minutes)

M. Leduc : Bonjour, tout le monde, j'espère que vous allez bien. Bon vendredi matin.

Je veux attirer votre attention sur un problème grave qui pourrait nous éclater en pleine face dans quelques semaines, c'est celui de l'industrie de la construction. Vous le savez, il y a des votes de grève qui s'accumulent de plus en plus dans différents syndicats de la construction, et, visiblement, on se dirige tout droit vers un conflit de travail. Et, si rien n'est fait, moi, j'ai la crainte que ce conflit-là éclate dans les prochains mois, dans les prochaines semaines, et qu'on se ramasse avec une loi spéciale de retour forcé au travail, comme ça a été le cas dans les deux précédentes négociations du secteur de la construction.

Je pense qu'on ne peut pas se permettre ça au Québec, particulièrement en ce moment, alors qu'il y a un plan de relance économique qui est basé beaucoup sur l'industrie de la construction. Alors, cette idée-là de savoir qu'un conflit s'en vient, qu'une potentielle grève et donc peut-être une loi spéciale du gouvernement s'en vient, moi, c'est quelque chose qui ne me plaît pas du tout.

Et, en toute conséquence de chose, j'ai déposé hier un projet de loi pour rééquilibrer le rapport de force dans l'industrie de la construction, parce qu'il y a deux grandes aberrations dans la façon de fonctionner, dans les relations de travail de la construction, qui sont distinctes des relations de travail générales, du Code du travail général. Ces deux grosses aberrations là, elles sont très simples, c'est, d'abord, la permission d'avoir des briseurs de grève quand il y a un conflit de travail dans la construction, seul secteur sous juridiction québécoise qui peut faire ça, et l'autre, la plus grosse aberration, c'est l'impossibilité légale de faire de la rétro salariale.

Donc, la convention collective se termine là, dans les prochaines semaines, à la fin avril, et, si on la signe ou s'il y a une loi spéciale plus tard, en juin ou en juillet, tout le temps qui se sera passé entre avril et juin, juillet, ça va tomber dans le dalot. Il ne sera pas possible de faire une rétroactivité salariale. Alors qu'à peu près toutes les autres conventions collectives du Québec ont ce type de clause, bien, pas l'industrie de la construction. Ils vont donc avoir un beau petit cadeau de probablement plusieurs millions de dollars, signé CAQ, si c'est, malheureusement, ce scénario-là qui advient. Et moi, je n'ai vraiment pas envie de me ramasser ici, en plein mois de juillet, avec une convocation pour une loi spéciale de retour forcé du travail dans l'industrie de la construction. En toute conséquence de chose aussi, je vais profiter tantôt de l'interpellation du ministre M. Boulet, pour, dans mon petit cinq minutes, aborder, entre autres, cet enjeu-là de la construction.

Un autre enjeu que je vous vous parler avant de répondre à vos questions, hier s'est terminé un important chapitre du projet de loi 59 sur la réforme de la santé et sécurité du travail. Nous avons fermé le Règlement sur les maladies professionnelles, un très, très gros morceau. C'est dans cette section-là que se retrouvaient les plus gros reculs, les plus gros dangers pour les travailleurs et travailleuses du Québec.

Grâce à un travail soutenu et à une belle collaboration avec plusieurs acteurs du dossier, on a réussi à faire reculer le ministre à plusieurs endroits, notamment les six mois de connaissance, là. C'est assez important, là. Si vous aviez un diagnostic de… un cancer lié à l'amiante, votre possibilité de pouvoir aller chercher une indemnité ou une reconnaissance, il y avait un délai de six mois qui commençait à partir du diagnostic. Ça, c'était nouveau, parce que, normalement, c'était la connaissance, quand vous aviez connaissance que vous aviez une relation entre votre milieu de travail et votre diagnostic.

Donc, par exemple, dans le cas de l'amiante, vous avez un diagnostic de cancer pulmonaire, mais vous découvrez, par exemple huit mois, un an plus tard, 10 ans plus tard, que finalement... bien, peut-être pas 10 ans dans leur cas mais, en tout cas, plusieurs mois plus tard, que c'était lié à l'amiante puis qu'il y en avait à votre travail. Bien, vous étiez hors circuit dans la nouvelle version du ministre, et c'était inacceptable. On l'a fait bouger là-dessus. C'est une bonne nouvelle.

On l'a fait bouger aussi sur les pertes de présomption, sur les surdités professionnelles. Il reste encore beaucoup de travail là‑dessus, parce qu'il veut exclure des gens qui ont seulement une oreille, des pertes... dans seulement une oreille. C'est une aberration. On en a plein, des cas qu'on a reçus de gens qui sont à côté d'une machine, par exemple, et qui ont une perte auditive forte dans une oreille mais pas vraiment forte dans l'autre. Le ministre, lui, veut les exclure, ne veut même pas avoir le temps de les entendre, qu'ils puissent plaider devant un arbitre ou un juge du TAT. Moi, ça me semble une aberration. Donc, ça aussi, c'est encore en discussion.

Mais, le reste du règlement, on l'a fait reculer à plusieurs endroits qui sont importants pour la défense des travailleurs et travailleuses. Dernier exemple, la question de la cigarette. Il voulait exclure plein de personnes de plusieurs cancers s'ils avaient fumé une seule cigarette dans les dernières 10 années. Il présupposait que c'était un cancer personnel plutôt qu'un cancer lié au travail. Alors, on a proposé des amendements. Finalement, on a dit que c'était un fumeur. Alors, ça laisse de l'espace pour une personne d'aller plaider. C'est quand même des gros morceaux.

Mais il reste des gros morceaux dans le reste du projet de loi, notamment la question de la prévention. Vous le savez, c'est un de mes dadas. Le ministre a fait déjà deux mauvaises présentations là‑dessus. Il y avait les fameux niveaux de risque, vous en rappellerez. Sa deuxième présentation était tout aussi mauvaise. Et là, dans le fond, moi, je suis en train de travailler à une troisième tentative, parce que je veux que ça soit la bonne, qu'on ait un bon système de prévention qui fasse en sorte, en effet, de réellement baisser le nombre d'accidents de travail et de maladies professionnelles au Québec. Le temps commence à manquer, la fin des travaux s'en vient, mais je suis confiant qu'avec cette proposition‑là que je vais travailler, avec l'ouverture du ministre, on va être capables d'avoir une bonne loi d'ici la fin de la session parlementaire. Merci beaucoup.

Mme Gamache (Valérie) : Vous parlez un peu de cette interpellation qui s'en vient. En fait, il y a toute la question de la vaccination qui est au centre de la gestion. À votre avis, est-ce que ça va bien, l'opération de vaccination actuellement, au Québec, avec, tout près de chez vous d'ailleurs, des plages qui restent disponibles, puis ailleurs des gens qui font la file? Comment vous l'évaluez, jusqu'à maintenant, cette opération‑là?

M. Leduc : De manière générale, je pense que ça fonctionne plutôt bien. Il y a beaucoup d'efforts qui sont mis de l'avant pour que ça progresse. Je pense que le système essaie le plus possible d'être flexible.

Maintenant, on a fait une proposition cette semaine puis on la remet au jeu, c'est de permettre de prendre une pause de quatre heures pour aller se faire vacciner, un peu comme on peut avoir une pause de quatre heures pour aller voter. Et c'est quelque chose qui, on l'espère, permettrait, donc, à plus de personnes de se libérer du travail, un après-midi, une matinée, et de rapidement aller se faire vacciner. C'est une piste de solution. Ce n'est pas la seule, bien sûr.

Est-ce qu'on est rendus à évaluer, là, l'idée d'élargir plus ouvertement? C'est certain qu'il faut l'évaluer. Évidemment qu'on attend, on laisse la prépondérance de cette décision‑là à la Santé publique, bien sûr, mais je pense qu'on est rendus peut-être à l'évaluer. Moi, dans ma circonscription, j'ai la chance d'avoir le Stade olympique qui est un mégacentre de vaccination massive, et, à tous les jours que je passe à côté, il y a du monde qui se présente, puis ils sont contents de pouvoir y aller.

M. Laforest (Alain) : …justement, là, les groupes 8 et 9, là, je pense, là, c'est 7 et 8 ou 8 et 9 qu'on est rendus, là, on parle de maladies chroniques, mais ce que la Santé publique recommande, puis les gens qui ont le droit au vaccin, ce sont les gens qui sont traités dans les centres hospitaliers, alors qu'il y a plein de gens, à l'extérieur, là, qui ont des cancers, des maladies, qui retournent chez eux, puis ils ne sont pas couverts, qui sont à risque. Est-ce que ça, ce n'est pas... ça n'a pas... un non-sens, là, du fait que ces gens-là ne sont pas priorisés actuellement? C'est le premier volet de ma question.

Puis le deuxième volet, c'est : Compte tenu, là, que, du AstraZeneca, il y en a amplement actuellement, là, est-ce qu'on ne devrait pas l'ouvrir, justement, à l'ensemble de la population, là, compte tenu qu'il reste des doses qui sont indonnées, là, à plusieurs endroits?

M. Leduc : Bien, sur les personnes à risque, force est de constater que le message, ce n'est pas un grand succès, là. Il y a eu confusion dans le message.

Maintenant, c'est sûr qu'il faut essayer d'élargir. Nous, on est ouverts à cette discussion-là et puis on espère que la Santé publique aussi le considère en ce moment. Mais, oui, il faut élargir peut-être potentiellement s'il y a des… Ce qu'il faut absolument éviter, c'est de perdre des doses, hein? On le sait, à quel point on a eu de la misère à en obtenir en début de campagne de vaccination. Donc, il faut à tout prix éviter de perdre des doses. Si ça passe par une ouverture un peu plus large à des nouveaux secteurs, à des nouveaux groupes de risque, bien, qu'on l'évalue puis qu'on passe à la deuxième vitesse.

M. Laforest (Alain) : Mais le fait qu'il y ait des gens qui soient atteints de cancer, qu'on leur dit : Comme vous n'êtes pas traités par un médecin, vous ne pouvez pas être piqués là, trouvez-vous que c'est logique de mettre ces personnes-là qui sont déjà fragilisées à risque?

M. Leduc : Il y a toute une procédure, hein, à la Santé publique, avec des comités d'éthique pour s'assurer de qui va être vacciné, dans quel ordre. Je serais bien mal placé pour commencer à dire que ce travail-là a été mal fait ou quelque critique de ce cas-là. Ce que j'aimerais m'assurer, c'est, en effet, qu'on puisse… s'il y a des doses qui dorment, qu'on puisse peut-être élargir le plus possible rapidement pour ne pas perdre de doses. Est-ce que ça peut inclure les gens dont vous faites référence? Si c'est le cas, tant mieux.

Je pense qu'il y a du monde, il y a beaucoup de monde qui veulent se faire vacciner. Il y a toute une campagne, là, en ce moment, pour s'assurer que, par exemple, l'AstraZeneca ne soit pas mal perçu par le grand public. Je sais que c'est un enjeu, mais il y a beaucoup de monde qui veulent se faire vacciner. Alors, si on est capables d'élargir un peu plus, puis si la Santé publique pense qu'on y est prêts, bien, allons-y, allons de l'avant.

Mme Gamache (Valérie) : Puis concernant l'AstraZeneca ou… est-ce qu'on doit l'ouvrir à une autre clientèle que les 55 ans et plus?

M. Leduc : Je suis mal placé pour vous donner une opinion scientifique sur cet aspect pointu là. Moi, je fais confiance à la Santé publique. Ce que j'entends, c'est qu'il y a plus d'avantages que de dangers ou d'inconvénients. À ce moment-ci, je me fie là-dessus.

M. Laforest (Alain) : 27 avril, nouvelle grève des enseignants, là, une grève de fin de journée. Vous en pensez quoi?

M. Leduc : Je suis un ancien syndicaliste, donc vous devinez un petit peu ma réponse. Cela dit, être syndicaliste, ce n'est pas nécessairement être un amoureux des grèves. Moi, je le disais tout le temps, dans mon ancien métier, que la grève, c'est vraiment l'ultime recours. Ma collègue Christine Labrie l'a dit également cette semaine. C'est l'ultime recours. C'est des gens qui n'ont plus rien, qui n'ont plus d'autres moyens pour se faire entendre, qui utilisent celui-là.

Je suis content d'avoir vu, moi, cette semaine un important pan, j'ose imaginer, la majorité de la population, qui était derrière les enseignants, derrière la grève des enseignants. J'espère que le message a été entendu, du côté du gouvernement, et qu'on se dépêche à trouver une entente pour aller de l'avant.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais.

M. Grillo (Matthew) : Good morning.

M. Leduc : Hi.

M. Grillo (Matthew) : I just want to hear you on the vaccination campaign. I mean, what are your thoughts? How do you think it's progressing? Do you think it should be sped up? Could it include more people? I just wanted to hear you on that.

M. Leduc : I think that, globally, it's going well. I live in Hochelaga-Maisonneuve, near the biggest massive vaccination center, the Olympic Stadium, and I see everyday hundreds of people going there. Obviously, there're some things that could be bettered… going more better, in a better way. Can we check if we can enlarge the vaccination groups? Of course, we should. Of course, we should. I'm particularly interested in not losing AstraZeneca doses or any other vaccine doses. That's why I'm worried about that. So, if the solution is to think about opening on other groups, let's think about it.

M. Grillo (Matthew) : I just wanted to hear you on the housing crisis motion that was brought up yesterday. You live in… You represent an area that is… you know, duplex, triplex. There's probably renovictions going on… In mean, what are your thoughts on all of this? And the motion was ultimately refused by CAQ.

M. Leduc : Well, I think it's a shame that they refused this motion. It was very simple, a simple phrase. I see the situation deteriorate in the last two years. At the beginning, it was people calling at our office, saying : It's difficult to find places. I saw with my own eyes lines of dozens of people just to go see one place. I never saw that in my neighborhood for a dozen of years. That was pretty new.

But now it's moving a step forward, and we are receiving calls, in my office, saying that owners are seeing that there's money to be made, are proceeding more and more to expulsions, renovictions, as we explain that, and it's very worrying. I want this Government to act. I don't understand why they don't take this crisis seriously.

We have proposed things. We were wanting for more budget for social housing, for example. In the last budget, there were none. So, it's very worrying. And I keep fighting. My colleague Andrés Fontecilla is on the front fight for that, and I support him.

M. Grillo (Matthew) : Thank you. Merci.

M. Leduc : Merci à vous. Bonne journée, tout le monde.

La Modératrice : On a une autre question d'Alain Laforest.

M. Laforest (Alain) : Juste une petite dernière.

M. Leduc : Oui, oui, bien sûr.

M. Laforest (Alain) : Comme vous êtes un parti indépendantiste, n'est-ce pas, qu'est-ce que vous pensez de la proposition des jeunes, concernant la loi 101, du Parti québécois?

M. Leduc : La loi 101 au cégep, vous voulez dire?

M. Laforest (Alain) : Oui.

M. Leduc : La loi 101 au cégep, c'est intéressant. C'est un débat intéressant. On l'a déjà eu à Québec solidaire dans le passé. C'est parce qu'il y a plein d'autres choses qui pourraient être plus efficaces que la loi 101 au cégep. On parle de la francisation en entreprise, notamment. C'est... bien, en fait, c'est le... je pense que c'est un des plus gros morceaux, de la façon dont le gouvernement se comporte quand il parle à ses... aux différentes entreprises du Québec. Il communique très facilement en anglais. L'indépendance du Québec serait aussi un signal très fort sur le fait que ça se passe ici en français, le droit de travailler en français. Il y a eu des très bons reportages, dans les derniers mois, sur des commerces, particulièrement au centre-ville de Montréal, qui ne se soucient guère de ça.

Alors, est-ce que la loi 101 au cégep, c'est la meilleure solution pour gagner la bataille du français? À Québec solidaire, on ne pense pas que c'est la meilleure solution. On n'est pas fermés au débat alentour de ça. C'est un débat important, l'avenir de la langue. Mais, lorsqu'on arrive au cégep, il y a aussi une chose qui arrive en ligne de compte, c'est le libre arbitre. C'est parfois des adultes, hein, rendus au cégep, ou tout près d'être un adulte. Donc, c'est un peu là où est-ce qu'on a tracé une certaine ligne. Mais on est toujours ouverts à la discussion, là. Ce n'est pas... on ne jette pas ça aux poubelles puis on ne veut plus jamais entendre parler.

M. Laforest (Alain) : Donc, les jeunes peuvent aller à l'école en anglais quand ils sont rendus au cégep. C'est ce que vous dites, là.

M. Leduc : Dans l'état actuel des choses, oui. Puis, nous, ce n'est pas la solution la plus efficace qu'on mettrait de l'avant, si on formait un gouvernement, pour renforcer le français

M. Laforest (Alain) : Mais on l'autorise ou on ne l'autorise pas, à Québec solidaire, le fait qu'on puisse s'inscrire dans les cégeps en anglais?

M. Leduc : À Québec solidaire, par rapport à la situation actuelle sur le pouvoir de s'inscrire en cégep en anglais, ce n'est pas la solution qu'on va proposer pour gagner la bataille sur le français.

M. Laforest (Alain) : Mais vous êtes favorables ou pas favorables? Trouvez-vous que c'est une bonne idée d'aller au cégep en anglais ou...

M. Leduc : Moi, je ne suis pas allé au cégep en anglais. Je suis allé au cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil.

M. Laforest (Alain) : ...pas vous, là. Demain matin, un jeune veut aller au cégep...

M. Leduc : Si ma fille, qui a trois ans et demi en ce moment, m'arrive, à 17 ans, puis dit : Maman, je veux... papa, je veux aller à Dawson, on va avoir une très bonne discussion.

M. Laforest (Alain) : Merci.

M. Leduc : Merci.

(Fin à 9 h 35)

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