Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, et M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances publiques

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, et M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances publiques

Version finale

Le jeudi 15 avril 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-cinq minutes)

La Modératrice : Bonjour à tous. Bienvenue au point de presse de l'opposition officielle. Ce matin, Mme Anglade est accompagnée de M. Fortin.

Mme Anglade : Alors, bonjour à tous. Comme vous pouvez le constater, je suis accompagnée du député de Pontiac. J'aimerais que vous remarquiez qu'il est en pleine forme et qu'il est habillé.

Alors, ce matin, je voulais vous parler de la demande que nous avons faite hier au gouvernement, celle que le renouvellement du décret d'urgence sanitaire reçoive l'assentiment de l'Assemblée nationale.

Alors, avant de commenter les propos ou plutôt les non-réponses que nous avons reçues du gouvernement, je voulais juste rappeler à tous les Québécois que le décret d'urgence donne des pouvoirs sans égal au premier ministre. Je parlais, hier, du décret 177-2020 qui a été adopté la première fois le 13 mars 2020 et qui a été renouvelé et multiplié, en fait, modifié unilatéralement pendant 55 fois. Et, en vertu de la Loi de la santé publique, le gouvernement peut, par décret, avoir énormément de pouvoirs : ordonner la fermeture des établissements, assurer de conclure des contrats sans formalité, des contrats qu'il juge nécessaires pour acquérir des fournitures, des équipements, des médicaments et procéder à des travaux de construction. J'en passe. Vous constatez que ces pouvoirs sont extraordinaires et presque sans limites.

Quand, hier, j'ai questionné la vice-première ministre en Chambre par rapport au fait qu'on aimerait être consultés pour le renouvellement du décret, elle a répondu qu'il fallait vraiment être déconnecté pour nous parler de ça. Puis même les proches du premier ministre, les proches conseillers du premier ministre, ont tenu des propos et des attaques similaires.

Je veux régler une chose de manière très claire. Dire que ma formation politique remet en question l'urgence sanitaire, ce n'est plus du «spin», c'est vraiment de la pure désinformation. Si le gouvernement refuse de venir débattre au Parlement, c'est une chose, mais qu'il se justifie en répandant des propos qui sont trompeurs, ça en est une autre.

Sur cette question, j'aimerais juste citer un certain nombre d'organisations et de personnes. Je vais commencer par le Barreau du Québec, qui disait que «ces larges pouvoirs doivent être un contrepoids qui permet de mettre en balance les règles habituelles prévues aux lois avec des mesures exceptionnelles que le gouvernement pourrait imposer en temps de pandémie. L'inconvénient pour le gouvernement de devoir renouveler l'état d'urgence aux 10 jours est relativement faible, je dirais même insignifiant, comparativement aux risques d'affaiblissement des contre-pouvoirs d'un état de droit tel que nous le voyons.»

Je cite également le bâtonnier du Québec, qui disait que «dans la Loi sur la santé publique, quand on demande de très, très larges pouvoirs, il faut qu'il y ait un rempart à ces très larges pouvoirs.»

Je cite également le Pr Lampron : «Que l'Assemblée nationale n'ait même pas à être consultée [sur] l'état d'urgence, c'est très problématique[...] Ça m'apparaît urgent d'en parler.»

Alors, ma question et la question que je pose à la CAQ : Est-ce que ces personnes-là sont irresponsables? Est-ce que les propos qui sont tenus par ces personnes-là sont irresponsables? Je ne pense pas. Ce n'est pas vrai que le gouvernement va traiter tous ceux qui posent des questions légitimes comme des négationnistes sanitaires. Je refuse que le gouvernement mette dans le même panier ceux qui ont le rôle de poser des questions et les partisans de la théorie complotiste. Le gouvernement ne peut pas systématiquement mettre en échec les contre-pouvoirs ou chercher à occulter les débats fondamentaux au nom d'une, et j'insiste sur le mot, pseudo-efficacité — j'insiste sur le mot pseudo.

Le gouvernement ne peut pas non plus perpétuellement demander aux oppositions de collaborer puis nous refuser de répondre à nos questions. Il a une manière inutilement arrogante qui ne sert pas le débat public et qui est contre-productive à un moment ou, en fait, le gouvernement devrait donner l'exemple. Je l'ai dit hier, le gouvernement gère une situation qui est extraordinaire et donc a des pouvoirs extraordinaires. C'est pourquoi, encore une fois, je demande au gouvernement de M. Legault de consulter les parlementaires de l'ensemble des partis lorsqu'il renouvellera le décret. Pouvoirs extraordinaires devraient aller de pair avec une transparence extraordinaire.

Peut-être revenir un peu sur toute la confusion par rapport aux masques et l'annonce, hier, sur Facebook du premier ministre. C'était un peu le jour de la marmotte parce qu'on semble avoir perdu les repères. En plus de refuser de débattre d'enjeux importants avec les parlementaires, le premier ministre se soustrait aux questions des médias, hier, sur un recul majeur de son gouvernement. La grande confusion dans les messages du gouvernement n'aide pas à susciter l'adhésion présentement dans la population. Nous sommes à une période charnière de la crise, et, si la population ne doit pas lâcher, bien, le gouvernement, lui, doit, quelque part, se ressaisir, et il est grand temps que le gouvernement fasse le ménage dans ses communications.

Je vais céder la parole au député de Pontiac quelques instants également.

Merci.

M. Fortin : Oui, bonjour. Rapidement. La demande qu'on fait aujourd'hui, là, ça s'inscrit dans une série de demandes de collaboration qu'on a formulées au gouvernement et qui nous ont été refusées depuis plusieurs mois.

À son arrivée à la tête du Parti libéral, la cheffe a demandé très ouvertement au premier ministre des rencontres régulières avec tous les chefs de parti, ce qui lui a été refusé pendant plusieurs mois.

Nous avons demandé la tenue d'une enquête publique afin d'avoir une plus grande transparence, afin de pouvoir aiguiller les décisions gouvernementales.

On a demandé des avis publics. Ça a tout pris pour que le directeur national de la santé publique, du bout des lèvres, accepte, et ça a pris des mois par la suite pour les avoir.

On nous a refusé, il y a deux semaines, un débat d'urgence sur la situation sanitaire. Et, si ce débat-là avait été accepté, bien, peut-être qu'on n'en serait pas là aujourd'hui. Au minimum, il y aurait eu un débat sur la situation sanitaire à l'Assemblée nationale.

Le refus du gouvernement et son attitude dans ce dossier, ça illustre bien son rapport très questionnable avec les contre-pouvoirs : la Régie de l'énergie, la Commissaire à l'éthique, la concentration des achats, la gestion du Fonds vert, l'autonomie municipale. Et aujourd'hui le refus de simplement avoir un débat sur la situation sanitaire à l'état d'urgence au Québec, ça démontre toute la mauvaise foi du gouvernement par rapport à simplement expliquer son point de vue, expliquer les raisons pour ses actions.

Alors, c'est pour ça qu'on demande aujourd'hui quelque chose de plus formel, c'est-à-dire, au moment du renouvellement, d'avoir un débat de la part des parlementaires à l'Assemblée nationale. Merci.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que c'est une demande politique, ça, ou c'est... vous estimez que le gouvernement fait entorse à la Loi sur la santé publique en ne demandant pas l'assentiment de l'Assemblée nationale...

Mme Anglade : Bien, c'est clair que le gouvernement, avec la manière de fonctionner, ne respecte pas l'esprit de la loi. Techniquement parlant, quand on regarde la loi, ça te permet de renouveler éternellement, ça te permet d'éviter ad vitam aeternam l'urgence sanitaire, mais ça ne respecte pas l'esprit, qui te dit qu'après 30 jours tu es supposé venir consulter l'Assemblée nationale. Mais, si tu mets ton décret sur 10 jours ou sur sept jours, tu n'es pas obligé de le faire.

Quand ça fait un an que tu es en pandémie, il est évident que, dans la philosophie du législateur, celui qui a pensé cette loi, il faudrait aller consulter l'Assemblée nationale.

M. Lacroix (Louis) : Mais est-ce que vous ne pourriez pas... Excuse-moi, vas-y.

M. Bergeron (Patrice) : Vous citez d'éminents juristes, et votre demande a été écartée hier. Est-ce que vous ne devriez pas demander à de grands juristes, justement, de venir à votre renfort et de faire une sortie publique officielle pour que ça renforce votre propos? Parce que, là, c'est uniquement récupéré à des fins partisanes, on dirait.

Mme Anglade : Bien, écoutez, je pense qu'il y a des gens, justement, qui sortent... M. Lampron n'est pas un libéral connu, notoire, ou le Barreau du Québec non plus; pourtant, c'est des propos qu'ils ont tenus. Et, s'ils considèrent que c'est important, effectivement, ils devraient sortir, ça pourrait être une bonne chose.

M. Lacroix (Louis) : Mais vous ne pourriez pas, je ne sais pas, engager une procédure à l'Assemblée nationale pour démontrer, justement… pour qu'il y ait un débat là-dessus, à savoir est-ce qu'on respecte ou non la loi? Si on ne respecte pas... C'est une loi adoptée par l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale doit la faire respecter.

Mme Anglade : J'aimerais... Hier, on a posé la question puis on a eu une réponse déconnectée de la réalité de la vice-première ministre. On va revenir à la charge aujourd'hui. Moi, j'ose espérer que le premier ministre se rende compte que l'esprit de la loi n'est pas respecté aujourd'hui et qu'au lieu de renouveler décret par décret, on va avoir une manière de travailler avec les oppositions.

M. Lacroix (Louis) : Mais, si ce n'est pas le cas, Mme Anglade, qu'est-ce que vous allez faire? Est-ce que vous avez un recours devant l'Assemblée nationale? Est-ce que vous pourriez...

Mme Anglade : Je... On n'est pas rendus à parler de recours à l'Assemblée nationale, on est vraiment rendus à poser la question au premier ministre. Puis moi, je veux l'entendre nous dire s'il pense qu'il respecte l'esprit de la loi. Et ce qu'on a constaté depuis le début, puis mon collègue André Fortin en a cité plusieurs exemples, c'est que, systématiquement, ils disent qu'ils sont transparents, mais ce n'est pas le cas. Ils refusent le débat. Et, dès que l'on pose des questions par rapport aux décisions qui sont prises, on dit : Ah! bien non, vous refusez... vous ne voyez même pas l'importance du débat; alors que nous sommes la formation politique qui avons demandé, il y a deux semaines, d'avoir un débat d'urgence sur la pandémie. On va revenir à la charge et on verra pour la suite des choses.

Des voix : ...

Mme Anglade : Oui, bien sûr.

M. Bélair-Cirino (Marco) : ...contesté devant les tribunaux par les avocats. Puis la Cour supérieure, la semaine dernière, disait... en fait, notait qu'il n'y avait aucune tentative qui avait été faite par l'Assemblée nationale pour désavouer les décrets de renouvellement ou encore pour censurer le gouvernement. Je vais citer le juge : «La preuve ne révèle aucune telle motion qui aurait été proposée à date. Le tribunal ne peut s'empêcher de comprendre ça comme une sorte d'assentiment indirect des décrets.»

Est-ce que vous en avez fait assez ou vous auriez pu entamer des procédures plus rapidement, désavouer, censurer le gouvernement?

Mme Anglade : Bien, écoutez, on a fait... depuis mai, juin, on a parlé de ces décrets-là et de la manière dont ils étaient renouvelés, et qu'ils ne venaient pas consulter l'Assemblée nationale, et qu'il y avait des pouvoirs extraordinaires qui étaient octroyés, et que ça ne pouvait pas... tu sais, dans tout le cadre du projet de loi n° 61. On a demandé d'avoir une enquête publique. On a demandé d'avoir des... on a demandé des débats d'urgence. On utilise beaucoup la procédure parlementaire pour essayer d'avoir de l'information. On a demandé à rencontrer le Dr Arruda puis d'avoir des informations, les avis publics. Il est grand temps que le gouvernement constate que cette manière de fonctionner fait en sorte que les... Quand on parle de problèmes d'adhésion dans la population, c'est aussi parce que les gens disent : Bien, comment les décisions sont prises, comment ils remettent ça en question?

La décision qui a été prise par rapport aux masques, si on avait fait le débat d'urgence il y a deux semaines, si on avait réellement fait ce débat pour dire : Qu'est-ce qu'il faut qu'on change? Quelles sont les données? Comment est-ce que vous prenez vos décisions?, peut-être qu'on ne serait pas rendus là aujourd'hui. Puis j'espère qu'il va avoir une prise de conscience de la part du gouvernement parce que l'adhésion est importante dans la population.

M. Larin (Vincent) : Vous avez dit hier : Ils vont renouveler pour la 56e fois. On peut présumer, là. Vous faites quoi à partir du moment où il l'est?

Mme Anglade : Je vais, au moins, poser la question au premier ministre aujourd'hui, minimalement, puis j'aimerais vraiment l'entendre sur cet enjeu-là, parce que ce n'est pas simplement un enjeu de formation politique du Parti libéral, je pense que ça concerne l'ensemble des Québécois.

M. Larin (Vincent) : Vous pensez vraiment que M., Mme Tout-le-monde qui est confiné depuis un an, tatati, ta ta ta, bref, je vous pose un peu la question que Mme Guilbault vous a posée hier, là, mais vous pensez vraiment que ces gens-là se sentent concernés par la façon dont les décrets sont…

Mme Anglade : Non, je pense qu'ils se sentent concernés par le manque de la transparence puis la manière dont les informations sont communiquées, oui. Je pense qu'il y a des gens qui se disent : Bien, comment les décisions sont prises? Sur quoi c'est basé? Comment est-ce que les… Pourquoi on décide de faire une chose plutôt qu'une autre? Comment les décisions sont prises? Moi, je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui se posent ces questions-là. Ce n'est pas une histoire des oppositions, là, c'est une histoire de la population, en général. Et, quand on voit la question de l'adhésion au Québec aujourd'hui, personne ne peut questionner le fait qu'il y a de plus en plus de personnes qui se posent la question sur l'adhésion aux règles. Bien, la responsabilité du gouvernement, c'est de fournir ces informations-là de manière transparente alors qu'ils ne le font pas. À chaque fois qu'on pose des questions là-dessus, ils disent… bien, ils se réfugient, en disant : On est en période sanitaire et puis on gouverne. Ça doit aller plus loin que ça.

M. Bergeron (Patrice) : Quand vous dites : Il est grand temps que le gouvernement fasse le ménage dans ses communications, faire le ménage, c'est quoi? C'est remercier le directeur des comms? C'est changer le chef de cabinet? C'est quoi, faire le ménage au gouvernement?

Mme Anglade : Bien, faire le ménage, ça veut dire communiquer de manière beaucoup plus efficace, ça veut dire envoyer des informations en amont, ça veut dire faire de la pédagogie quand il y a des changements importants qui sont amenés en point de presse, amener l'ensemble des changements en point de presse, ça veut dire éviter de faire des communications sur Facebook puis de les faire comme ils l'ont fait en point de presse. Ça veut dire aussi… Depuis le début, on dit : Séparer ce qui est politique du scientifique. Quelles sont les décisions qui relèvent du scientifique? Quelles sont les décisions qui relèvent du politique?

M. Bélair-Cirino (Marco) : À quel moment doit cesser l'état d'urgence sanitaire selon vous? M. Legault parlait, cette semaine, qu'on pourrait peut-être évoquer une certaine normalité à compter du 24 juin. Est-ce qu'à ce moment-là on devrait également retirer les pouvoirs exceptionnels octroyés au gouvernement ou est-ce qu'on doit attendre une certaine… Est-ce que c'est la Santé publique qui doit le justifier? Parce que, là, vous ne contestez pas l'état d'urgence…

Mme Anglade : Non, non, on ne conteste…

M. Bélair-Cirino (Marco) : …des informations… Mais, à un moment donné, il va y avoir une période assez floue où… est-ce que ça va être justifié ou pas?

Mme Anglade : Bien, écoutez, vous avez raison de soulever la question. Là, je pense qu'on est en état d'urgence sanitaire, puis on en est tous très conscients de ça. Mais état d'urgence sanitaire ne veut pas dire que tu peux faire tout ce que tu veux sans aucune reddition de comptes. Je rappelle que, dans la loi, il est même dit qu'après un état d'urgence de 10 jours vous êtes supposés revenir à l'Assemblée nationale et présenter comment vous avez opéré dans les 10 derniers jours, pour expliquer ce que vous avez fait en détail. Il y a une reddition de comptes prévue par la loi. Alors, imaginez qu'on mette fin à l'état d'urgence, il y a toute une reddition de comptes, d'où l'importance d'une enquête publique indépendante.

On est en état d'urgence aujourd'hui, il n'y a pas de doute dans la tête de qui que ce soit. Cela dit, quelles sont les décisions qui sont prises? Comment elles sont prises? Encore une fois, on a encore beaucoup de questionnements par rapport à ça.

Mme Gamache (Valérie) : Sur un autre sujet, Mme Anglade, concernant la ventilation dans les écoles, on se rend compte que, bon, les tests présentent des irrégularités dans bien des cas. Qu'est-ce que M. Roberge doit faire à partir de maintenant pour rassurer les parents?

Mme Anglade : Bien, nous, on a déjà décrété qu'il n'était plus l'homme de la situation, on va commencer par ça, parce que M. Roberge nous a dit des choses qui étaient fausses. Il a menti. Il a menti à la population du Québec et il nous a dit qu'il avait suivi des protocoles qui avaient été entérinés par la Santé publique alors que ce n'était pas le cas.

Aujourd'hui, on apprend… on continue dans le festival de… on nage dans l'absurdité. Depuis le mois d'août dernier, on dit qu'il y a des enjeux en matière de ventilation, ce qui a été nié par le ministre. Quand il a fini de nier toutes ces histoires de ventilation, il a trouvé des manières, des échappatoires pour essayer de dire que, finalement, les résultats étaient bons en prenant la Santé publique comme caution morale, alors que ce n'était pas le cas.

Je ne pense pas que ce soit l'homme de la situation aujourd'hui. Quand vous me dites : Qu'est-ce qu'il devrait faire? Honnêtement, là, il faut qu'un grand ménage soit fait dans la manière dont il pense l'éducation.

Mme Lévesque (Fanny) : Juste une dernière. Sur la vaccination, on voit que ça tourne au ralenti à Montréal. Est-ce qu'on doit revoir la stratégie pour Montréal? Qu'est-ce qu'on doit faire?

Mme Anglade : Bien, c'est sûr qu'il faut qu'il y ait le plus de personnes vaccinées possible. Puis, s'il y a des espaces vacants ou des moments vacants, il faut trouver un moyen de combler ça au maximum. Parce que ce qu'on veut, c'est vacciner la population le plus rapidement possible, dans un premier temps; dans un deuxième temps, continuer la sensibilisation, faire des vidéos auprès de la population, aller sensibiliser les gens pour qu'ils aillent se faire vacciner. Il reste encore beaucoup de personnes de 55 ans et plus qui ne sont pas vaccinées, donc, on veut les sensibiliser. Mais, en même temps, on ne veut pas perdre les places, donc encourager d'autres personnes à venir se faire vacciner.

Des voix :

M. Bergeron (Patrice) : Si, à Montréal, il n'y a pas d'engouement, pourquoi est-ce qu'on n'envoie pas les doses en région, où est-ce que les gens attendent désespérément de se faire piquer, là?

Mme Anglade : Ah! bien, ça, on l'a mentionné, qu'il fallait aussi soutenir les endroits où il y avait des demandes puis créer l'agilité nécessaire pour ne pas… Ce qu'on ne veut pas, dans le fond, là, c'est qu'on perde des opportunités de vaccination. Alors, si ça veut dire à trouver de l'agilité pour aller vacciner des gens dans d'autres régions qui en ont besoin alors qu'il y a moins de besoins à Montréal, je n'ai pas de problème. L'important, c'est qu'on vaccine puis qu'on vaccine rapidement.

M. Carabin (François) : Que dites-vous de l'idée de devancer les deuxièmes doses? On a 2 millions de Québécois qui ont déjà reçu une première dose, qui la voulaient, là. Est-ce que c'est une bonne idée?

Mme Anglade : Oui. Bien, je pense qu'il faut d'abord se concentrer sur toutes celles qui n'ont pas encore eu la première dose de manière importante. Tous les malades chroniques qui n'ont pas encore reçu leur première dose également, ça aussi, c'est un enjeu, parce que le gouvernement s'était engagé à ce que les personnes avec les maladies chroniques puissent avoir accès au vaccin.

M. Larin (Vincent) : …une personne avec une maladie chronique en ce moment? Pensez-vous qu'il y a un flou à dissiper ici?

Mme Anglade : Bien, je pense que, lorsqu'une personne est atteinte de diabète, lorsqu'une personne souffre d'asthme… en fait, il y a plusieurs maladies qui sont des maladies chroniques qui sont… donc, je pense que c'est assez clair, en effet. Si la Santé publique…

M. Larin (Vincent) : …présentement, ils ne sont pas considérés dans le…

Mme Anglade : Bien, c'est ça, l'enjeu. C'est parce que ce sont des maladies chroniques qui existent, qui ne nécessitent pas une hospitalisation en tout temps, mais ce sont des personnes qui sont des malades chroniques, néanmoins.

M. Larin (Vincent) : …il y en a beaucoup qui se disent déçus, entre autres, là, par… le gouvernement leur a promis.

Mme Anglade : Ils ont raison.

M. Larin (Vincent) : Ils ont raison…

Mme Anglade : Ils ont raison de se dire déçus parce que ce sont des maladies… Quand tu es diabétique, c'est une maladie chronique. Parfois, tu souffres d'asthme, non, tu n'es pas hospitalisé, mais c'est une maladie chronique. Et donc il faut que ces personnes-là soient considérées dans les personnes qui devraient être vaccinées. Pourquoi? Tout simplement parce qu'elles ont un risque accru par rapport à une personne qui n'a pas cette maladie-là. C'est vraiment comme ça qu'il faut le voir.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

Mme Anglade : Good morning.

Mme Senay (Cathy) : The Education Minister is about to come to your place to explain that everything is alright with school ventilation and the protocols have been followed, everything is fine. What do we think is the consequence of having another article investigation on school ventilation and putting… doubts in people's mind and having the Minister, again, say: No, no, everything is fine?

Mme Anglade : It's pure nonsense, what's going on right now with the Ministry of Education. It's nonsense. You have a minister that lied, that lied to the population, that lied at the National Assembly. He said that he had the support of Public Health. It was not true. It wasn't true. And we're talking about the health of our children, that's what we're talking about, and the fact that, for months, he denied that there was an issue with ventilation, that it was not a problem, that he had experts that he was consulting. We wasted so much time. In reality, we wasted a year, we wasted a full year in school because of his incapacity of seeing a problem and fixing it. It is really unacceptable, what's going on.

Mme Senay (Cathy) : …for months, it started with aerosols, airborne like…

Mme Anglade : Airborne contamination.

Mme Senay (Cathy) : Exactly. And then Public Health said: No, no, there is no need for air purifiers. And then we did some quality of air testing, and the results are supposed to be fine. Shall we trust the Education Minister?

Mme Anglade : I think he lost our trust. He lost our trust. I mean, he… said things that were wrong, that were false. He lost our trust. There's no… I was clear on that. I was clear on that.

M. Grillo (Matthew) : …just hear you on the masks. I mean, do you think this hurts the credibility of the Government and Public Health, this sort of flip-flop back and forth...

Mme Anglade : I have a hard time... like, can you just come...

M. Grillo (Matthew) : Yes. Do you think this hurts the credibility of the Government and Public Health being seen as though they are kind of flip-flopping back and forth over the last week?

Mme Anglade : Yes. People have a hard time... Not everybody. Everybody wants to follow the rules, and I think it's important to follow the rules. Some people have a hard time understanding where the Government is going, and it's rightfully so, because they haven't been explaining the decisions that they're making. Sending a communiqué is not enough to explain a situation regarding masks, where we've be used to a certain way of using those masks for months.

And yesterday the communication of the Facebook page of the Premier, I don't think it's... I think people are happy that the Government is backing up on this, because they realised it didn't make any sense. On the other hand, I think it adds to the confusion. It definitely adds to the confusion.

M. Grillo (Matthew) : Do you think it's a bit contradictory, though? Because we hear the Government say they're listening to the Public Health, but, in this Facebook message, he says he asked specifically for the decree to be changed.

Mme Anglade : That's the issue around the way the decisions are being made. It very hard to tell whether those decisions are political or whether they're based on scientific evidence. And the issue we're facing, again, it's the way the Government has decided to conduct this pandemic, to combine political decisions with those scientific decisions and not being clear as to what is what. I think it adds to the confusion, and we're seeing a very, very good example here.

M. Grillo (Matthew) : Thank you.

Mme Anglade :Thank you.

Des voix : Merci.

(Fin à 9 h 17)

Participants


Document(s) associé(s)