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Point de presse de Mme Méganne Perry Mélançon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de PME

Version finale

Le mercredi 14 avril 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-sept minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Alors, ce matin, notre porte-parole en économie, relance et pour les PME, Mme Méganne Perry Mélançon, qui sera suivie du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon.

Mme Perry Mélançon : Merci. Bon matin à tous. Ça fait déjà un certain temps que je rapporte ici, en point de presse, des cas bien précis de fournisseurs locaux québécois qui produisent soit des équipements de protection individuelle ou d'autres types de matériel médical et qui ont malheureusement beaucoup de difficulté de communication et de collaboration avec l'État même.

Alors, je veux faire écho encore ce matin au vice-président de Medtech Canada, dans les technologies, là, médicales, qui faisait état des mêmes demandes, des mêmes constats aussi qu'on fait au Parti québécois depuis un certain temps à l'effet que, malgré l'engagement du gouvernement qui dit qu'il veut intensifier ses efforts d'approvisionnement local, on ne voit aucun résultat concret auprès des engagements et dans l'attribution des contrats d'approvisionnement par l'État.

Alors, moi, je trouve ça excessivement dommage. Je tends la main, peut-être, à la nouvelle ministre déléguée à l'Économie, Lucie Lecours, qui pourra nous dire quelle est sa réflexion sur le sujet. Moi, je pense qu'il faut que le gouvernement honore son engagement d'augmenter et d'intensifier ses approvisionnements ici, au Québec, parce qu'on peut prioriser nos distributeurs locaux, nos fournisseurs. Et il faut le faire pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement, mais également c'est une question de sécurité nationale, là.

Alors, moi, je veux réitérer ma volonté de déposer prochainement un projet de loi qui va dans le sens de finalement tirer le meilleur parti des accords internationaux et de pouvoir... toujours dans la meilleure optique finalement et le meilleur intérêt de nos compagnies québécoises, qui se sont... vraiment, qui ont développé une expertise dans le domaine. Et donc, quand il y a cette fameuse clause du plus bas soumissionnaire, bien, ça leur nuit, ça leur nuit carrément parce qu'ils ont d'autres critères très intéressants à faire valoir. Et malheureusement le gouvernement a décidé de centraliser ses achats via le Centre d'acquisitions gouvernementales, et ce qu'on voit, bien, c'est ça, c'est que ça ne permet pas... il n'y a comme pas de volonté de travailler individuellement avec chacune des compagnies pour voir de quelle manière on peut leur venir en aide et venir en aide, je le rappelle, à un paquet, disons, d'instances publiques, comme les CPE, comme les écoles, qui bénéficieraient, finalement, de ces équipements-là qui sont de grande qualité, qui sont toujours soumis à des tests de qualité. Et des fois, bien, on l'a souvent mentionné, mon chef aussi, il y a eu de l'octroi de contrats dans des compagnies ou des entreprises fantômes à New York, et donc des millions de dollars perdus ou même des commandes qui arrivent contaminées, qu'il faut encore faire un processus pour les rendre utilisables.

Alors, ce qu'on demande encore une fois, c'est que le gouvernement s'engage à favoriser l'approvisionnement local en matière de matériel médical et qu'il s'assure qu'on puisse sécuriser la chaîne de valeur au Québec. Voilà.

La Modératrice : Le chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bonjour, tout le monde. Ce matin, je veux revenir sur l'Université Laurentienne de Sudbury. Comme on l'a vu hier, on parle de l'abolition de 28 programmes en français à cette université-là. Et malheureusement c'est un problème récurrent au Canada, ça nous arrive aux six mois, en fait. Des fois, c'est des écoles primaires ou secondaires, que ce soit en Colombie-Britannique ou dans d'autres provinces. Des fois, c'est une université. Ça peut être la GRC qui abolit la formation en français. Ça peut être les diplomates francophones qui n'accèdent pas aux hautes fonctions, des cas de discrimination. Mais c'est ça, le Canada. Le Canada, ce sont des francophones qui sont sur le déclin sur le plan démographique parce que les politiques canadiennes, la politique de bilinguisme institutionnel mène au déclin linguistique et culturel des francophones, et c'est pour ça que je pense que l'indépendance du Québec, elle est nécessaire.

À court terme, par contre, aujourd'hui, on dépose une motion pour envoyer le message fort que l'Assemblée nationale condamne le traitement réservé aux institutions francophones minoritaires à travers le Canada. Et avec un poids démographique qui diminue, c'est sûr qu'on ne peut pas, nous, au Parti québécois, demeurer insensible au sort des Canadiens d'expression française, des Canadiens français partout à travers le Canada. Et c'est une tragédie, donc il faut, je pense, s'exprimer haut et fort. J'espère avoir l'unanimité de tous les partis là-dessus.

Un mot également sur le programme de garderie pancanadien. Donc, on est encore dans une situation où sciemment nos impôts sont utilisés pour dédoubler ce que le Québec fait déjà. Ça coûte une fortune. Le but, c'est toujours d'accroître le pouvoir du fédéral dans des champs de compétence qui ne sont pas les siens, exactement comme en matière de santé lorsque Justin Trudeau évoquait la possibilité d'imposer des normes pancanadiennes, en matière, par exemple, de CHSLD, en échange du financement.

Et là, regardez bien ce que Justin Trudeau répond : Vous aurez un droit de vous retirer avec une compensation. Mais dans les faits, là, vous regarderez, c'est toujours la même gamique, c'est qu'on dit : Vous aurez droit à une compensation, mais ce n'est pas une pleine compensation, et ça devient un outil de négociation dans le cadre duquel on va peut-être obtenir une fraction de la valeur de ce qui aurait dû être dépensé si le gouvernement fédéral ne s'entêtait pas à dédoubler tout ce que le Québec fait déjà. Ce dédoublement-là nous coûte des centaines de millions, mais surtout, il nous impose, comme par le passé et pour l'avenir, il nous impose de quémander au Canada pour notre propre argent, nous imposent le statut de mendiant pour nos propres impôts. Et le Canada sait très bien qu'il dédouble ce qu'on fait déjà dans nos champs de compétence. Et ça, c'est dysfonctionnel, et on n'a pas à accepter ça.

Donc, moi, je refuse de penser que le destin du Québec, c'est ça, quémander le fédéral pour obtenir une fraction de nos impôts qu'on a remis à ce gouvernement-là. Et je pense que l'indépendance du Québec est à nouveau la solution pour faire des économies essentiellement et décider pour nous-mêmes. Là-dessus, je vais prendre vos questions.

La Modératrice : Une question, une sous-question.

Mme Gamache (Valérie) : ...à l'Université Laurentienne, hier, la ministre LeBel a dit : Je parle régulièrement avec la ministre Mulroney en Ontario. Il y a une espèce, quand même, d'appui moral au sein du gouvernement de la CAQ. Outre la motion qui est aussi un appui moral, qu'est-ce que vous vous attendez à ce que le gouvernement fasse exactement face à cette situation-là ou autres situations face aux francophones hors Québec?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, je pense que François Legault semble avoir une belle amitié avec Doug Ford, mais je m'attends à ce qu'il y ait des pressions politiques formelles pour que cette décision-là soit revue. Il s'agit d'une décision en Ontario, mais je pense qu'une motion comme celle-là, des pressions politiques formelles peuvent faire une différence. Donc, je pense qu'on a l'obligation, là, de solidarité envers le sort réservé aux francophones hors Québec. Parce qu'on vit nous-mêmes cette dynamique-là, on a les mêmes enjeux, donc soyons le plus proactifs possible, et je pense que ça commence par des signaux politiques diplomatiques de la part du gouvernement du Québec.

M. Larin (Vincent) : Sur le port du masque à l'extérieur, est-ce que vous diriez que le Dr Arruda vous a convaincu quant aux fondements scientifiques du resserrement, là, de l'obligation du port du masque à l'extérieur, entre autres, là, pour les couples, pour les gens qui n'habitent pas à la même adresse?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Est-ce qu'il m'a convaincu?

M. Larin (Vincent) : Oui. Est-ce que vous êtes convaincu qu'il existe des fondements scientifiques pour cette…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je vais volontairement m'abstenir de répondre à cette question, parce qu'ultimement il faut favoriser l'adhésion la plus grande possible aux mesures. Et ne sachant pas, de manière transparente, quelles sont les données scientifiques, les avis de santé publique qui mènent aux décisions du gouvernement, là, je ne veux pas revenir là-dessus, mais vous le savez que c'est ça qu'on demande, ne sachant pas sur quelles données ils se sont basés, je ne peux pas vraiment commenter. Tout ce que je peux constater, c'est qu'on a des enjeux, en ce moment, d'adhésion aux mesures. Et moi, comme parti d'opposition, je me pose beaucoup de questions, mais je vais quand même maintenir une ligne pour favoriser l'adhésion. Et en temps et lieu, je le répète, il y aura une enquête complète, indépendante et publique sur ce processus-là.

Mme Côté (Claudie) : Mais avez-vous compris, hier, l'explication? Au-delà de l'adhésion, est-ce que vous avez compris ce qui était demandé aux Québécois?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, moi, ce que je comprends, là, c'est quand on est dehors, désormais, à part quelques exceptions très, très précises, là, on est désormais avec un masque, on porte un masque. Donc, on va essayer de simplifier ça, là, pour que le port du masque…

Mme Côté (Claudie) : …est-ce que les Québécois ont compris? C'est ça, la question, en fait.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Peut-être il y a lieu de recommencer une deuxième fois pour être certain que le message passe partout, passe dans toutes les régions, dans tous les groupes d'âge. Mais je pense que, comme parti d'opposition, on doit quand même dire à la population : Adhérons, là, parce que ça demeure quand même la meilleure manière, avec la vaccination, de se sortir de la troisième vague. On a besoin de se sortir de cette vague-là. Donc, il y aura un moment, là, pour comprendre le processus décisionnel, comprendre la science derrière toutes ces décisions-là, mais pas en ce moment.

M. Larin (Vincent) : Vous dites : C'est la meilleure façon de se sortir de cette troisième vague-là. Est-ce que le gouvernement a fait la démonstration, selon vous, qu'il s'agissait vraiment de la meilleure façon de se sortir de la troisième vague, le port du masque à l'extérieur?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Nous, ce qu'on dit, c'est que la meilleure façon de se sortir de la troisième vague, c'est de maintenir l'adhésion aux mesures. Puis, pour maintenir l'adhésion aux mesures, il faut que les règles soient claires, clairement annoncées, il ne faut qu'elles soient cachées. C'est pour ça qu'on dit : Faites simplement un communiqué avec ce que vous annoncez comme mesures, expliquez-les par écrit. Laissez les journalistes, sur cette base-là, faire leur travail, poser des questions. L'information va se rendre, dans ce cas-là. Mais là, ce qui explique toutes vos questions, là, c'est essentiellement qu'on a omis plusieurs mesures importantes en point de presse.

M. Larin (Vincent) : C'est plutôt qu'il n'y a pas eu d'étude fournie, entre autres, pour expliquer le port du masque. Ma question, elle vient de là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, mais rappelez-vous que la confusion initiale provient d'un manque d'explications, on n'a juste pas mentionné la mesure en premier temps. Puis là, bien, la mesure demande de plus en plus d'explications. On pense que, si tout est bien ficelé par écrit puis vous est fourni, vous serez mieux en mesure de décrire ce qui est la décision du gouvernement, mieux en mesure de poser les bonnes questions, de sorte que, s'il y a des zones grises, tout de suite la précision soit donnée. Alors que là on est dans un processus qui dure cinq, six jours pour tenter d'identifier c'est quoi, la politique mise en place par le gouvernement. Donc, oui, on pense vraiment que, s'il y a un communiqué avec des mesures claires par écrit, ça va aider.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que vous croyez la version de M. Legault, quand il dit : Bien, je n'étais pas attentif, là, sur les masques, là, c'est pour ça que je n'en ai pas parlé dans la conférence de presse quand j'ai fait mon briefing avant, là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense qu'il dit : Je n'étais pas au courant, ou : Je ne le savais pas, mais peut-être qu'on me l'a dit. C'est ça qui était la réponse, hein?

M. Bergeron (Patrice) : Oui, ou : Je n'étais pas attentif. En tout cas, le mot «pas attentif» faisait partie aussi, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Deux observations. Si le premier ministre n'était pas informé d'une mesure comme les masques à l'extérieur, ça soulève énormément d'interrogations. Mais moi, l'interrogation qui m'intéresse le plus, c'est : Pourquoi la Santé publique, pourquoi Horacio Arruda n'a-t-il pas réagi en disant : Un instant, là! C'est moi, la Santé publique, puis on a décidé de mettre une mesure importante, celle des masques à l'extérieur, et d'interdire les voyages entre les zones de couleur différente, là, un instant, j'aimerais prendre la parole pour informer la population de cette recommandation. Ça n'a pas été fait non plus.

Donc, ça soulève la question fondamentale de la liberté de la Santé publique vis-à-vis le politique, parce que, nous, on constate que, de plus en plus, ces points de presse là sont chorégraphiés, ressemblent parfois à des infopubs où le gouvernement a le temps de faire son autopromotion puis d'envoyer ses messages plus de nature politique, mais oublie certaines mesures de santé publique qui devraient faire l'objet du point de presse. Donc, moi, je pense que c'est une question de liberté et d'indépendance de la Santé publique vis-à-vis du politique. C'est un message qu'on martèle depuis maintenant six mois.

Mme Gamache (Valérie) : M. St-Pierre Plamondon, vous serez en conseil national en fin de semaine. Les jeunes péquistes veulent ramener cette proposition, là, d'imposer la loi 101 au cégep. C'est quoi, votre position? Êtes-vous quand même ouvert, là, à la proposition des jeunes? Est-ce qu'ils pourraient vous faire changer d'avis?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On est un parti démocratique. Évidemment que je suis ouvert. C'est un débat qui a lieu non seulement au Parti québécois, mais qui a lieu partout dans la société québécoise. On a déjà travaillé sur un projet de loi qui comporte plusieurs mesures, là, donc, la langue au travail est renforcée pour les entreprises de 25 à 49 employés, les exigences d'anglais à l'embauche. On a des mesures en matière d'immigration pour que l'immigration soit francophone, un test uniforme en français. On a plusieurs mesures. Est-ce que la loi 101 au cégep doit s'ajouter au bouquet de mesures qu'on a déjà considérées pour s'assurer de renverser la tendance? La question mérite d'être posée. C'est le rôle également des jeunes du Parti québécois de soumettre à l'ordre du jour des propositions comme celle-là.

Donc, on est ouverts. Je pense que ça va susciter de bonnes discussions cette semaine au sein de l'aile parlementaire. On va voir si ça peut déboucher vers une position commune des députés. Mais ce qui est certain, c'est qu'il y aura vraisemblablement un vote sur cette question-là, en fin de semaine, au conseil national. Et on est un parti démocratique dans le cadre duquel, moi, comme chef, j'accueille une initiative comme celle-là parce que ça découle de leur congrès à eux. Ils ont tenu leur instance. Ils arrivent avec des mesures puis ils nous disent : La mesure la plus importante pour nous, jeunes péquistes, c'est l'application de la loi 101 au cégep. Bien, on va les entendre puis on va en débattre démocratiquement.

M. Bergeron (Patrice) : Depuis au moins Pierre Curzi, là, que le parti joue avec cette patate chaude là puis il n'accouche pas. Là, qu'est-ce qui ferait que, tout à coup, ça deviendrait pertinent, là, d'adopter un principe comme celui-là, là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est parce que le Parti québécois prépare un projet de loi. Puis on voit également des tendances démographiques confirmées par Statistique Canada qui sont on ne peut plus claires sur le déclin du français. Ça suscite une réaction puis ça suscite des débats normaux sur quelle est la bonne réponse, la réponse proportionnée, mais également efficace par rapport au déclin de la langue française au Québec. Moi, je pense que c'est un débat qui est légitime. Puis on est en train de travailler notre projet de loi. Et en fait il est très, très avancé, mais il n'est pas trop tard pour avoir ce débat-là. Et le conseil national, rappelons-le, pour le Parti québécois, c'est une de nos instances démocratiques, ça sert à ça, donc je n'empêcherai pas les jeunes péquistes d'amener une proposition comme celle-là. Au contraire, je la reçois avec ouverture. Et ça va générer plusieurs discussions. Et ça va générer de vrais débats lors du conseil national. Et on va voir l'issue de ce débat-là, mais ayons ce débat-là dans l'ouverture.

Mme Gamache (Valérie) : Mais vous n'êtes pas fermé. Vous pourriez modifier votre position à ce sujet-là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je ne suis pas fermé. C'est vraiment... L'enjeu qu'on a au Québec, c'est que, tant qu'on n'est pas indépendant, on est sous pression. Sur le plan de la langue française, il y a une pression exercée par les institutions fédérales. Ça donne donc une tendance à réglementer toujours davantage pour protéger la langue française. Mon opinion personnelle, c'est qu'il y a seulement l'indépendance du Québec qui va donner une pérennité culturelle et linguistique à la langue française au Québec. La loi 101 peut créer un faux sentiment de sécurité. Mais j'entends l'argument des jeunes péquistes qui constatent que, dans l'intervalle, là, à court terme, le déclin est tellement réel qu'on n'a pas le choix de réagir. Et si la loi 101, au cégep, de leur expérience, est nécessaire... Parce que moi, ça fait 25 ans que j'ai fait mon cégep, je ne le sais pas, ce qui se passe, autant qu'eux. Si eux nous disent, nos jeunes nous disent : On a besoin de cette mesure-là à court terme, c'est urgent, si on veut freiner une tendance qui a lieu maintenant... Évidemment, l'indépendance du Québec, ils sont d'accord, mais si, à court terme, ils jugent que c'est nécessaire, c'est clair qu'on va tendre l'oreille à ce que nos jeunes ont à nous dire, là.

Mais je maintiens la position que j'ai mise par écrit dans mon livre puis, en fait, qui a rapport aussi avec la motion qu'on présente aujourd'hui sur l'Université Laurentienne : tant que nous demeurerons dans le Canada, les institutions canadiennes et la pression du gouvernement canadien, qui standardise tout autour de son modèle de bilinguisme institutionnel, d'imposition de l'anglais, comme on le voit dans la fonction publique fédérale, tant qu'on est dans ce cadre-là, le français sera menacé et sera en déclin, parce que c'est ce qu'on voit dans toutes les autres provinces canadiennes, et c'est très malheureux.

Donc, moi, je pense qu'il ne faut pas perdre de vue que c'est l'indépendance du Québec qui va amener une pérennité linguistique et culturelle. À court terme, dans l'intervalle, si certaines mesures de renforcement sont nécessaires, on est le Parti québécois, là, c'est clair qu'on va tendre l'oreille sur des débats sur la langue française.

M. Chouinard (Tommy) : Ça fait des semaines, M. St-Pierre Plamondon, que vous reprochez au gouvernement, en particulier au ministre Jolin-Barrette, de tarder à présenter sa réforme, de dire que ça s'en vient, et tout ça, puis de ne pas mettre les choses au clair. Puis aujourd'hui, sur une mesure aussi fondamentale qui fait l'objet de débats depuis de nombreuses années, vous n'êtes pas capable de dire c'est quoi, exactement, la position...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ah non! Au contraire.

M. Chouinard (Tommy) : ...en disant : Bien là, on est ouverts, on va voir...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On compare des pommes avec des oranges. Ça fait plus d'un an que la CAQ nous promet quelque chose et change d'échéance. Moi, ce matin, je constate que les jeunes du Parti québécois ont décidé d'amener au conseil national cet ajout-là. Et moi, je vous dis, là, il y a un vote là-dessus en fin de semaine. Donc, je ne laisserai pas traîner ça pendant des mois et des mois comme le fait la CAQ, là. Puis dans le cadre d'un parti démocratique, souvenez-vous qu'au Parti québécois, comme chef, quand les membres veulent parler, il faut que je les laisse parler également, là. Ce n'est pas une dictature.

Mais moi, contrairement à ce que la CAQ fait, là, c'est-à-dire vous donner une échéance pour ensuite complètement l'ignorer puis vous en donner une nouvelle, là, ça fait sept fois qu'ils font ça, moi, je vous le dis, là, il y a un vote, puis il y a des discussions qui viennent, qui vont s'accélérer, ici comme au parti, et ça va donner un résultat très concret lors du conseil national. C'est à ça que ça sert, nos instances. Donc, je pense que c'est deux situations très différentes.

M. Chouinard (Tommy) : Je crois que Pauline Marois avait utilisé son autorité pour renverser une décision qui avait été prise lors d'un vote, là. Je pense que c'était… ça fait quelques années de ça. Je pense qu'on remontait à l'époque de Pierre Curzi tantôt, là. Vous, vous parlez de respect de la démocratie, de dictature, sans juger ce que Mme Marois a fait à l'époque, mais vous, comme chef, là, est-ce que votre position est telle que vous dites : Moi, je vais m'assurer que le parti n'embarque pas dans cette histoire-là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien honnêtement, en effet, si, comme chef, je ne pourrais pas vivre avec l'éventualité de cette mesure-là, je le dirais aujourd'hui. Ce n'est pas le cas. J'ai une ouverture, mais je pense qu'il faut regarder l'ensemble des mesures proposées. Ce n'est pas que la loi 101 au cégep, là, on en propose déjà sept. Donc là, il faut peser aussi, là, où est-ce que c'est important d'agir, où est-ce que ce l'est moins. Il faut que ce débat-là se fasse dans l'ensemble de ce que le Parti québécois propose pour renforcer la loi 101. Mais c'est vrai que si j'avais un inconfort, une allergie à cette mesure-là, je le dirais aujourd'hui. Ce n'est pas le cas. J'ai une ouverture. Ce n'était pas ma position durant la course à la chefferie, mais j'ai toujours mentionné qu'il fallait être ouvert à ce qui est la bonne mesure, la mesure proportionnelle. Puis là, j'ai des jeunes de mon parti qui nous disent : Nous, on est au cégep, là, puis on vous dit que ça, c'est essentiel. Je ne fermerai pas la porte, je vais les laisser s'exprimer, puis on va trancher dans le cadre de la tradition du parti, c'est-à-dire un vote démocratique.

M. Carabin (François) : Mme Perry Mélançon, début mars, vous avez participé à une manifestation ici, à Québec, pour la reprise du sport organisé. Comment vous justifiez cette position, cette prise de position là aujourd'hui, alors que notamment une salle d'entraînement est derrière plus de 500 cas à Québec et les variants courent, là?

Mme Perry Mélançon : Bien, je pense que, là, vous amenez un cas qui est très particulier, là, qu'il y avait aussi, dans l'application des mesures, une certaine confusion qui a mené à ce triste record là d'éclosions qui viennent d'un certain milieu. Puis c'est un milieu sportif, c'est bien dommage pour la communauté sportive. Moi, je réitère que les fédérations sportives avaient déjà élaboré des plans qui étaient approuvés par la Santé publique, alors moi, je m'en suis toujours tenue à ces plans-là, les protocoles stricts. Et il y a encore, là, des équipes de différentes disciplines qui sont en mesure de pratiquer leur sport sans qu'il y ait d'éclosion. C'est sûr que là, moi, je me situe en zone jaune, mais il y a un retour du sport qui se passe pratiquement bien, sans aucun cas rapporté. Alors, je pense que c'est toujours dans la question de l'application des mesures, le renforcement des mesures, les fédérations sportives sont prêtes à faire leur bout de chemin et à vraiment avoir des protocoles de plus en plus stricts, et que le sport doit être considéré comme une mesure de santé comme d'autres pour ce qui est de la santé mentale des jeunes. Alors, c'est dans cette optique-là que j'avais prêté ma voix.

M. Carabin (François) : Donc, c'est toujours un secteur que vous invitez le gouvernement du Québec à garder ouvert.

Mme Perry Mélançon : Bien là, on regarde tout le contexte actuel aussi, là. Présentement, ce n'est pas… Le milieu est conscient aussi de ce qui nous attend. Puis moi, je me fie toujours au discours de la Santé publique, mais j'ai aussi une oreille attentive à ce qui est proposé par les fédérations et tous les intervenants sportifs. Moi, je pense, c'est dans la confiance qu'on a auprès de ces gens-là comme dans d'autres milieux qui ont réussi à ouvrir, les boutiques, les centres d'achats. Je veux dire, il faut comparer aussi ce qui est ouvert et ce qui ne l'est pas. Ce qui est accessible pour moi, pour les jeunes, le sport, ça fait partie des mesures qui peuvent leur venir en aide sur le plan de la santé. Alors, j'ai toujours eu le même discours et je l'ai encore aujourd'hui.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Just regarding CEGEPs and what young PQ… are proposing, CBC did a story yesterday showing Secondary V students having an average of like 90% and not…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I didn't hear the… Who's having an average of 90%?

Mme Senay (Cathy) : Like, anglophone students in Secondary V, they cannot get in an anglophone CEGEP with their first choice because there are too many Francophones and Allophones that are having higher marks. So, how is it possible…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It doesn't make any sense. I mean, my point of view, and it has always been that, Anglophones should be able to go to CEGEP in English. And that's where, like, the current system is not working well. So, we're going to debate about the extension of Bill 101 to CEGEPs. But obviously, if such a measure or another measure more connected to how we finance the system… If measures are put in place in CEGEP, they should aim at making sure that, if you're an English-speaking student in the secondary and you want to go in an English-speaking CEGEP, you should be allowed, you should have a right to do that. And so, that's why right now the system doesn't work, and we need to consider what's the best approach. And I agree.

Mme Senay (Cathy) : The PQ had a bill that was defeated that was protecting anglophone students, well, in the past, and the CAQ didn't vote for it.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, my stance is still the same. If you're an English-speaking student in high school and you want to go to an English-speaking CEGEP, you have the right to do so. And if our system right now gives priority to French-speaking students who want to go and have slightly a better grade, it doesn't make any sense. That's not the purpose of our system, that is to give to each community the right to pursue their education in their mother tongue. And then, it's all an issue of how you fix the situation. We're going to debate about this during the weekend, but that has always been my stance.

Mme Senay (Cathy) : And the Liberals are asking for a debate every month when the health emergency act is renewed. We're asking you your comments, your reaction with this new rule of people wearing masks outside even though they are forming a couple. How hard the pandemic is making your job?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Good question. Good question because the truth is, let's say, I'm allowed to vote every 10 days on the measures, how useful is my vote if I don't have any information from a scientific basis, from a scientific standpoint? If I'm not given any information that the Government is using to come up with those measures, what good is it going to make if I vote every 10 days? I'm going to be bound to vote with the Government, not knowing what's going on. And so, it becomes a kind of blank check. The real issue, and that's why we've been pushing for that, the real issue is that public health belongs to the public. So, the information should be transparent.

And then, as an Opposition party, we could be more useful. We could propose measures or modifications, reactions that would be very useful and coherent. We don't have any information. And that's the problem in that management of the crisis, Public health and politics are really tied together, it's impossible to tell. And in that context, I'm not really sure how this vote every 10 days would be that useful from the Opposition party standpoint, because I'm going to vote on the basis of what? I'm going to vote on the basis of zero information. So, it is problematic that we are not given public health data because we know it's public. It's financed by the public and it should be public. We've been saying that for six months and more.

M. Grillo (Matthew) : What do you think about the Premier saying yesterday that maybe he was told but he wasn't aware of the mask rule last week when it came out? I mean, what are your thoughts on that?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, I'm a bit worried that the Premier would not be aware of a measure like this one, that is so fundamental. Does it mean that he was never informed by anyone about what was going on? Or does it mean that he was informed and then he forgot? It seems to me very curious. The other thing that is very curious is that the Public Health itself... Horacio Arruda himself, he is present at this press conference, so he knows that a few important measures such as wearing the mask outside and not travelling from a region to another, he knows that those measures were not mentioned. Why is it that the Public Health didn't mention anything? It is very, very, very curious. And it raises issues that we've been talking about for months : how independent, how free is Public Health with regards to the Government? Public Health should be about public health, about public data, about transparency, about telling the population what's the scientific data. And we're seeing those dynamics, you see when they look at each other, the Premier and Horacio Arruda, it's not a very autonomous or free relationship and it triggers situations such as this one. Neither the Premier nor the Public Health representant raised any question when those very, very important information were forgotten.

M. Grillo (Matthew) : ...sort of be undone, though, if they're able to stress the message going forward? I mean, if you don't bring it up when it's supposed to be announced, and then to kind of backtrack and try, you know, maybe push it on to Quebeckers, do you think that that can be, you know, sort of undone, and the message can be brought and applied in the population?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think every time you create expectations, or you communicate something and it's not the case, it hinders the respect of sanitary measures. So, we need to stop hiding things, we need to stop messages that create expectations that might not be true in the future, because it has an impact on how the population will perceive the health measures. So, we ask the Government to be as transparent and coherent as possible, and the more they do that, the better the results, I think.

M. Verville (Jean-Vincent) : The role of the Opposition is to challenge the Government when they take decisions. You do that everyday in the salon bleu. Why is it so difficult for Opposition — this morning it was the same thing for Québec Solidaire — why is it so difficult to challenge Public Health and the Government in terms of wearing a mask outside when it's based on no facts? Even Arruda says there's no scientific facts. How can you just say that : Well, I'm not going to take the decision, I'm not going to speak about that, when you challenge the Government on everything else? That is something very important for the population.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Two things. The first is that the Public Health says it's a recommendation from experts at the Public Health, so it has a scientific weight. I'm not a scientific. That's what they say. And second, if I go all in, saying : I don't agree or I don't understand, we would have major issues in terms of our population respecting the health measures. So, we are placed in a difficult situation as an Opposition party, because we want to be critical but we're not given the facts, we're not given the scientific data, we don't understand the process through which such a decision has been made and, on top of that, we know we have issues, right in the middle of a third wave, that will make people very sick or even make people die.

So, for the time being, I'm going to respect measures that are told by the Public Health based on their experts. But what I say, and I will keep on saying it, once this is over, I want a real inquiry, an inquiry that is public, objective and independent, not what we have in place right now. We want something like in Ontario, something like in France, a real inquiry so that we can have answers to those very relevant questions. But we have ethical issues to weigh when we intervene and, unfortunately, we've been asking for more than six months for the scientific data, the reasoning, the Public Health opinions, we never got them and that's a major issue.

La Modératrice : Merci. Bonne journée.

(Fin à 9 h 19)

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