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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, et Mme Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version finale

Le mardi 13 avril 2021, 10 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures quarante-huit minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour. Bonjour à tous. Alors, bien contente d'être accompagnée de Marie Montpetit ce matin.

Depuis la volte-face qui a été faite par le gouvernement il y a deux semaines, nous sommes passés de tout était sous contrôle à la situation est grave en moins de 24 heures. On a senti un certain désengagement inquiétant de la population. Nous sommes collectivement à un moment charnière de la crise, et, en conséquence, le gouvernement doit s'assurer de mettre tout en oeuvre pour ne pas éroder le lien de confiance entre les Québécois et le gouvernement.

Les événements qui ont eu lieu dans la métropole depuis deux jours sont certainement l'incarnation la plus extrême et, j'espère, la plus marginale de ce désengagement. Les événements qui se sont produits sont hautement condamnables parce que ce sont des potentiels vecteurs qui favorisent la prolifération du virus et qui pourraient avoir des conséquences qui sont graves.

Toutefois, on le voit un peu partout au Québec, l'incompréhension des Québécois mélangée à la lassitude due à une longue année de confinement a eu un effet négatif sur les concitoyens. Mais je nous encourage tous à ne pas lâcher et à tenir bon, parce qu'on a besoin de se serrer les coudes dans cette période-ci.

Et, si les Québécois doivent continuer à fournir un effort soutenu, le gouvernement doit aussi se poser des questions rapidement quant à la cohérence de ses messages et à la transparence dont il fait preuve. Depuis le début de la crise sanitaire, on a dû composer avec des mesures qui ont été parfois incompréhensibles ou qui ont été perçues comme étant contradictoires. Les conséquences de ça, c'est que les gens, de moins en moins, sentent ce que le gouvernement cherche réellement à faire.

J'invite évidemment, et je le réitère, comme je le fais chaque fois... à toutes les Québécoises et tous les Québécois, la nécessité de respecter les règles de la Santé publique. Et j'aimerais d'ailleurs dire que nous sommes en grande majorité dans le respect de ces règles sanitaires. Les Québécois sont résilients et veulent faire leur part pour mettre un terme, finalement, à la crise. En échange, ils demandent aussi à leur gouvernement de faire preuve de cohérence, de faire preuve de transparence, de faire preuve de compétence. Si les circonstances imposent de prendre des actions musclées pour endiguer le virus, rien ne justifie des messages qui sont contradictoires ou, encore une fois, le manque de transparence dans l'information qui est divulguée. Nous en sommes à la troisième vague, et l'information dont dispose le gouvernement, ce n'est pas tout le monde qui y a accès.

Je crois, encore une fois, qu'il est temps pour le gouvernement de François Legault de prendre un pas de recul et d'évaluer la gestion de la pandémie. Est-ce normal qu'un ministre soit pris en flagrant délit de mensonge dans les journaux en prétendant mettre en oeuvre des recommandations de la Santé publique? Est-ce normal que des mesures soient annoncées dans des communiqués de presse plutôt que dans les points de presse du gouvernement? On a vu la confusion que ça a engendré, notamment dans la question des masques. Lorsque les masques devaient être portés en entreprise, ça n'a pas été partagé de manière claire lors des points de presse. On l'a vu également pour le port du masque à l'extérieur.

Est-ce normal, encore une fois, qu'on refuse aujourd'hui une enquête publique sur l'ensemble de la gestion de la pandémie et l'entêtement du gouvernement, qui est réellement difficile à comprendre? Le gouvernement ne peut plus continuer à s'engouffrer dans cette voie, et le premier ministre doit rétablir la confiance pour entreprendre ce qu'on souhaite tous voir comme étant le dernier droit dans la crise de la COVID.

Nous avons des préoccupations importantes par rapport à l'adhésion de la population mais aussi sur le délestage dans différentes régions du Québec. Le premier ministre disait qu'il ne peut pas pelleter de la neige parce qu'elle n'est pas... avant qu'elle soit tombée. Bien, je pense quand même qu'on peut se préparer à la bordée de neige qui s'en vient puis à celle qui est présentement en train de tomber.

Je l'ai dit et je le redis, on ne demande pas au gouvernement d'avoir 100 % raison puis 100 % des résultats avec les mesures qu'il met de l'avant. On comprend que, le gouvernement, ils ne sont pas des devins, mais ça fait un an que nous sommes dans cette gestion de la pandémie. Les Québécois veulent aussi avoir un portrait juste de la situation et ils souhaitent comprendre les scénarios qui sont des scénarios pessimistes, les scénarios optimistes, et qu'on ait plus de visibilité pour la suite des choses. Maintenant, la balle est dans le camp du gouvernement et dans le camp du premier ministre pour la suite des choses.

Autre point que je souhaitais aborder avec vous aujourd'hui, évidemment, on doit déplorer un neuvième féminicide avec la disparition de Carolyne Labonté. Et je souhaite offrir toutes mes condoléances à la famille de Mme Labonté, toutes les condoléances à ses proches.

On le sait, la pandémie exacerbe évidemment les tensions, la violence conjugale. On le voit, on le vit. C'en est un autre exemple, un autre exemple de trop. Et je demande au gouvernement de vraiment agir et de vraiment transférer davantage de sommes aux organismes qui accompagnent les personnes qui sont en situation de vulnérabilité et qui vivent des moments de violence. Encore une fois, ce sont des cas extrêmes lorsque l'on voit ces meurtres qui sont commis. Ce sont des cas extrêmes, mais ça reflète vraiment la tension qui existe au sein de la population, puis je pense qu'on a besoin d'agir avec beaucoup plus de proactivité sur ces enjeux-là. Voilà.

La Modératrice : Merci. On va passer aux questions.

Mme Prince (Véronique) : Bien, vous dites que vous vous inquiétez de l'adhésion des Québécois. Est-ce que les dernières mesures qui ont été annoncées, comme le masque à l'extérieur, et tout ça, ce sont des mesures réalistement applicables?

Mme Anglade : Est-ce que ce sont des mesures réalistement applicables, vous avez dit?

Mme Prince (Véronique) : ...masque à l'extérieur dans certaines conditions, alors que d'autres...

Mme Anglade : Bien, je pense qu'on doit... Malgré tout, il va falloir se fier toujours à la Santé publique puis aux recommandations des règles sanitaires. Et je pense qu'au-delà de ce qui est applicable ou pas, ce qui est important, c'est le message qui est envoyé de la part du gouvernement. Il faut que le message du gouvernement soit cohérent. Il faut que toutes les mesures sanitaires... qu'elles soient présentées par des points de presse. Il y a des points de presse, c'est justement pour faire ça. Ce n'est pas pour qu'on découvre ça le lendemain ou dans des communications qui suivent les points de presse. On a besoin d'avoir l'information en amont.

M. Lacroix (Louis) : Mais il y a beaucoup de règles, là, qui deviennent très complexes à suivre pour les gens, là. Le masque en est une assez éloquente en ce sens que, bon, on... Là, est-ce que, dans telle circonstance à l'extérieur, je le porte, je ne le porte pas, etc.? Est-ce qu'on n'aurait pas été mieux de faire comme certains pays et certaines provinces, de dire : Écoutez, le masque, là, c'est en tout temps? Vous allez à l'extérieur, vous portez le masque. Dans une décision comme celle-là, il n'y a pas d'ambiguïté, dans le fond, c'est qu'on le porterait d'emblée à l'extérieur, puis ça enlèverait toute ambiguïté. Est-ce qu'on n'aurait pas été mieux de faire ça?

Mme Anglade : Ça aurait pu... Bien, par souci... Bien, en fait, ce que je demande au gouvernement, justement, c'est de revoir sa gestion de la pandémie, actuellement, puis la manière dont il communique les informations, notamment. Donc, ça pourrait très bien être une mesure qui dise : Bien, nous, on va simplifier la manière de communiquer les choses, puis voici ce que l'on va dire à la population, plutôt que de dire...

On a eu une approche beaucoup plus yoyo avec le gouvernement, puis ce qui a donné des messages à la fois contradictoires, puis les gens qui les suivent moins. Alors, simplifier les communications, ça pourrait être une des recommandations que l'on fasse au gouvernement.

M. Lacroix (Louis) : ...vous ne seriez pas contre le fait qu'on dise, par exemple : Tout le monde, vous allez à l'extérieur, vous portez votre maque, puis ça finit là.

Mme Anglade : Pourvu que ça respecte les règles de la Santé publique, pourvu qu'on aille dans une direction qui soit cohérente. Je pense que le message qu'on veut envoyer au gouvernement, c'est qu'on ne peut pas avoir des points de presse où l'information n'est pas partagée à l'ensemble de la population puis qu'on découvre des choses le lendemain. Il y a des entreprises qui découvrent que finalement les gens doivent porter le masque, ne pas porter le masque, etc.

M. Laforest (Alain) : Mais comment vous qualifiez ça, alors que le gouvernement et la Santé publique tiennent un point de presse à heure de grande écoute et qu'on apprend par communiqué, dans les heures suivantes, des mesures très importantes?

Mme Anglade : Ah! c'est une mauvaise gestion, c'est une mauvaise gestion de la pandémie, là. Et je reviens avec la question de toute l'enquête publique indépendante dont on a besoin, qui devrait évaluer cette gestion-là. Mais c'est une mauvaise gestion des communications et...

M. Laforest (Alain) : ...vous qualifiez, tu sais, un point de presse, on tient un point de presse...

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que c'était délibéré?

Mme Anglade : Ah! c'est à eux de déterminer si c'était délibéré. Mais ce n'est pas la première fois que ça se produit. C'est arrivé à un certain nombre d'occasions. C'est arrivé dans le cas des piscines qui ont été fermées à la dernière minute dans les hôtels. Vous vous rappelez, c'était juste avant les vacances, puis les hôteliers apprennent ça un vendredi après-midi puis ils ont besoin de se dépatouiller après pour trouver des solutions. C'est arrivé à plusieurs reprises. Alors, est-ce que c'est délibéré, vous poserez la question au gouvernement, mais, en tout cas, ce n'est clairement pas transparent, ça, c'est clair.

M. Lacroix (Louis) : ...importantes, là, tu sais, le port du masque à l'extérieur. Tu sais, il y a eu aussi l'interdiction d'aller dans des zones jaunes.

Mme Anglade : Oui, l'interdiction d'aller d'une région à l'autre également.

M. Lacroix (Louis) : Et ça, le premier ministre n'y a fait aucunement référence durant la conférence de presse. Comment est-ce qu'on peut oublier des mesures aussi importantes?

Mme Anglade : Ça me paraît assez inconcevable qu'on puisse oublier ce type de mesures là. Et ce sont plusieurs occasions ratées. Je rappelle aussi que ce sont plusieurs occasions ratées dans un contexte où le gouvernement a soufflé le chaud et le froid. Le gouvernement est allé dire : Il n'y a pas de problème, tout est planifié, on peut tolérer jusqu'à 2 000 cas au Québec, on n'a pas besoin de trop... d'envoyer un mouvement de panique quand, 24 heures plus tard, on apprend que finalement il y a un problème, quand, 24 heures plus tard qui ont suivi, on apprend qu'il y a des mesures qui sont beaucoup plus fortes. Donc, je pense que...

M. Lacroix (Louis) : Donc, si c'est assez inconcevable que le premier ministre ait oublié des mesures comme celles-là, est-ce que c'est volontaire dans ce cas-là? Si c'est inconcevable...

Mme Anglade : Je vais lui laisser répondre à cette question-là, mais, honnêtement, ça soulève la question, M. Lacroix.

M. Larin (Vincent) : ...que le gouvernement présente des preuves, par exemple, du fonctionnement du couvre-feu, tu sais, de l'impact que ça a sur la réduction des contacts?

Mme Anglade : Ah! bien, ça, tout à fait, je veux dire... Mais ça, on le dit depuis le début. Toutes les mesures qui sont prises, est-ce que vous pouvez expliquer à la population d'où elles viennent, s'assurer qu'il y ait des études qui le démontrent?

La seule chose que je vais dire, par contre, c'est qu'on ne peut pas demander au gouvernement de s'assurer que toutes les mesures soient bonnes à 100 %. Je veux dire, ils ne sont pas devins, et je le conçois, mais ça fait un an qu'on est dans la pandémie. Un an. Alors, oublier des mesures, quand vous les présentez en point de presse, qui sont importantes, c'est assez inconcevable, merci, en termes de gestion de pandémie.

M. Larin (Vincent) : ...couvre-feu, il faudrait qu'on soit sûr que ça ait un impact pour qu'il soit imposé?

Mme Anglade : Je conçois qu'on peut ne pas être sûr à 100 % parce qu'il n'y a pas de certitude à 100 %. Mais est-ce qu'ils peuvent présenter des informations? Je sais que le ministre Dubé a présenté un rapport sur la mobilité par rapport à ça. À un moment donné, il faut qu'on continue de faire confiance à nos experts, il faut qu'on continue de faire confiance. On n'a pas le choix dans le dernier droit.

M. Bergeron (Patrice) : ...désengagement inquiétant de la population à l'égard des mesures, est-ce que vous estimez que c'est le gouvernement qui est responsable ou... Comment vous l'expliquez?

Mme Anglade : Je vais être très claire. Ce qui s'est passé, là, dans les rues du Vieux-Montréal, là, je le condamne, là, je condamne ce qui s'est passé. Puis je pense que c'est l'illustration la plus extrême du désengagement, O.K., et j'espère qu'elle est marginale. J'espère que cette illustration-là est marginale.

Par contre, le gouvernement a une responsabilité de communiquer une information qui soit claire pour éviter d'alimenter ce genre de comportement là. Alors, il doit communiquer une information qui soit claire, que tout le monde comprenne, et il doit revoir la manière de faire leurs points de presse. Je veux dire, visiblement, le point de presse qu'il a donné, si on n'a pas toutes les informations, à quoi ça sert et à quoi bon?

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...Mme Anglade, que des dizaines de milliers d'images de pornographie juvénile se retrouvent sur des serveurs d'entreprises qui sont hébergées au Québec, basées, donc, ici. Est-ce que le gouvernement doit faire quelque chose pour que ces entreprises-là aient, par exemple, je ne sais pas, l'obligation de faire... d'être proactives pour trouver ces contenus-là plutôt que d'attendre que ça leur soit signalé?

Mme Anglade : Moi, je crois qu'il y a un nécessaire besoin de proactivité. On ne peut pas tolérer ce genre de chose là. Regardez ce qui se passe, tout le message qu'on envoie présentement. Après tous les événements qui se sont produits avec #metoo, etc., avec ce qu'on voit en termes de violence conjugale, je veux dire, on ne peut pas cautionner ça, d'aucune manière, et je pense qu'il faut être beaucoup plus proactif que d'attendre simplement qu'il y ait des plaintes qui soient formulées. Et il y a une responsabilité également de l'entreprise par rapport à ça.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...la F1, on fait quoi avec ça? Est-ce que le gouvernement doit se plier aux demandes et sortir de l'argent...

Mme Anglade : Je pense surtout que la F1... qu'il doit y avoir une approche globale par rapport à tout ce qui se passe, parce qu'il n'y a pas juste la F1, il y a le festival de jazz, il y a le Festival d'été de Québec, il y a le Festival western de Saint-Tite, il y a énormément de festivals, d'ailleurs, parmi ces festivals-là, certains qui ont plus d'impacts économiques que celui de la F1. Moi, je pense qu'il faut avoir une approche globale par rapport à ça.

M. Lacroix (Louis) : ...ça implique de déplacer 2 000 personnes, là, les mécaniciens puis tout l'entourage du grand cirque de la F1, qui vont être je ne sais pas où, en Azerbaïdjan ou je ne sais pas trop, là, une semaine avant, pour un Grand Prix, puis là qu'on les amène à Montréal, qu'ils ne respectent pas les deux semaines de quarantaine parce que c'est impossible pour eux puisqu'une semaine plus tôt ils sont... Alors, est-ce que ça, ce serait acceptable que le gouvernement dise : Bien, on va faire une exception pour 2 000 personnes, puis eux autres... tout le monde est obligé de se conformer aux deux semaines, sauf la F1? Est-ce que ça serait acceptable?

Mme Anglade : Non, non, non. Le message par rapport à la F1, là, c'est que... Regardez l'état de la situation actuelle, là. Est-ce qu'on pense que c'est réaliste que ça se produise? Moi, je pense que ça va devenir extrêmement difficile de dire que ça va pouvoir être tenu. On attendra les... mais ça va être extrêmement difficile, puis je me demande même le message que ça va envoyer, comme vous le dites, à la population.

M. Lacroix (Louis) : ...vous feriez quoi si vous étiez dans le poste de pilotage? Analogie, hein? Non, non, mais attention.

Mme Anglade : Il est tout là, hein? Vous êtes tout là, Louis Lacroix. Je ferais très attention au message qu'on envoie à la population. Je ferais très attention au message que l'on envoie à l'ensemble de nos festivals au Québec, parce qu'encore une fois il n'y a pas que la F1, il y a de grands festivals. Il y avait plus de 400 festivals au Québec. Alors, j'aurais une approche globale sur comment est-ce qu'on va se gouverner à partir du mois de juin, parce qu'on a commencé à avoir des festivals pendant tout l'été, par rapport aux festivals. C'est ça que j'aurais.

J'aurais également, pour tous les festivals, toute l'approche des tests rapides, comment est-ce que ça va être intégré là-dedans. Il y aurait beaucoup de choses à considérer pour regarder ça, mais je le ferais de manière globale.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Mais le Festival d'été de Québec, il ne peut pas partir dans un autre pays, là. Il est un peu pogné ici. La F1, il peut déménager. Est-ce que c'est un risque qu'on est prêts à prendre?

Mme Anglade : Moi, je pense qu'on veut qu'à terme il reste, mais je pense qu'il faut faire attention aussi aux discussions qui sont... J'ai pu voir moi-même de visu, bien avant la politique, tout ce qui se passait avec le Grand Prix, puis je pense qu'il y a moyen de gérer ça pour que la F1 reste.

M. Laforest (Alain) : ...Octane, vous, quand vous étiez...

Mme Anglade : Pardon?

M. Laforest (Alain) : Avez-vous déjà négocié avec Octane quand vous étiez ministre de l'Économie?

Mme Anglade : Non.

M. Laforest (Alain) : Avez-vous déjà vu les chiffres que ça rapporte, la F1?

Mme Anglade : Oui, j'ai déjà vu les chiffres que ça rapporte, la F1, oui, oui, puis j'ai vu la liste de tous les festivals et leurs retombées économiques, oui, absolument.

M. Lacroix (Louis) : ...en termes de santé publique, est-ce que ce serait acceptable de déplacer 2 000 personnes?

Mme Anglade : Bien, je pense que ce serait un gros problème. Je pense que ce serait un gros problème.

M. Lacroix (Louis) : ...c'est un risque qui est gérable, oui?

Mme Anglade : Je pense que ce serait un énorme problème que de déplacer 2 000 personnes. Je pense que ça enverrait un message assez particulier à la population. Cela dit, on va laisser le débat... on va laisser les autorités répondre, mais moi... Ils vont devoir répondre à beaucoup de questions si on décide d'aller dans cette voie-là.

Parce que, quand je pense au Québec aujourd'hui, les gens sont préoccupés par quoi? Il y a des enfants qui ne vont pas à l'école aujourd'hui. Il y a des gens qui sont confinés chez eux de manière... Ça fait un an qu'ils sont confinés chez eux. Je pense que la priorité des Québécois, là, c'est de regarder ce qui se passe présentement au Québec puis de voir comment on va passer, nous, à travers la crise.

Mme Crête (Mylène) : Sur les cliniques privées, qu'est-ce que vous pensez de la marge de 15 % qu'elles se sont négociées avec le gouvernement?

Mme Anglade : Je ne la comprends pas. Je ne la comprends pas, la marge de 15 %, pour vous dire franchement. C'était à 10 %. Je ne comprends pas pourquoi c'est monté à 15 % dans le contexte actuel. Je ne le comprends pas.

Mme Crête (Mylène) :Mais le risque qu'elles doivent assumer... Elles disent que le contrat est plus court, donc...

Mme Anglade : Je ne vous entends pas bien, avancez un petit peu. Est-ce que le risque...

Mme Crête (Mylène) : Elles disent que le risque est plus grand parce que le contrat est plus court.

Mme Anglade : Écoutez, tout est plus complexe. On est en période de pandémie, tout est plus complexe. Je ne vois pas ce qui justifie une augmentation à 15 %.

M. Laforest (Alain) : Il y aura grève dans les écoles demain, les centres de services. Certains ne vont pas offrir garde et autobus. Vous en pensez quoi?

Mme Anglade : Bien, moi, je vais vous dire, comme maman, je regardais ça attentivement. Moi, je pense d'abord aux parents, là, qui sont affectés par ça, parce que c'est un vrai casse-tête, cette histoire-là, un autre casse-tête qui s'ajoute à celui que les parents ont déjà à vivre. Et je pense que, le plus rapidement possible, il faut un règlement avec le gouvernement pour éviter ces situations-là.

M. Laforest (Alain) : ...le gouvernement n'a pas dit, il y a un an, que sa priorité serait...

Mme Anglade : L'éducation?

M. Laforest (Alain) : ...les infirmières et l'éducation?

Mme Anglade : Est-ce que vous trouvez que ça reflète, là, les décisions gouvernementales reflètent cette priorité-là? Poser la question, c'est y répondre, M. Lacroix.

M. Larin (Vincent) : ...au sujet de Louis-Charles Thouin, il y a des nouvelles informations à l'effet qu'il y a des ministères... des ministres qui auraient donné des sommes, là. Est-ce que c'était une erreur de la part de M. Fitzgibbon, Mme Proulx, de donner ces sommes discrétionnaires? Est-ce qu'on devrait récupérer l'argent?

Mme Anglade : Écoutez, dans le cas du ministre Fitzgibbon, on n'est pas... les premières suppositions, là, on est en face d'un ministre qui a déjà deux plaintes de la Commissaire à l'éthique, quatre enquêtes à son actif, quelque chose d'inédit, au Québec, que d'avoir un ministre en poste qui contrevient directement aux règles d'éthique. Je répète que c'est une première.

Maintenant, ce qu'il savait et ce qu'il ne savait pas, il faudrait poser la question au ministre Fitzgibbon, mais c'est très particulier.

M. Laforest (Alain) : ...qui retourne au caucus, ça envoie quel message?

Mme Anglade : Bien, c'est particulier, cette semaine, je vous dirais. Avec tout ce que l'on vit par rapport aux règles sanitaires, le message que ça envoie est pour le moins particulier. Je ne suis pas sûre que j'aurais envoyé ce message-là cette semaine-ci, alors que l'on vient de vivre des événements très difficiles dans les rues de Montréal.

M. Bergeron (Patrice) : ...vous ne l'auriez pas réintégré finalement?

Mme Anglade : En tout cas, je peux vous dire une chose, il ne serait pas réintégré cette semaine. Ça, je peux vous dire ça.

M. Bossé (Olivier) : ...après 8 heures sans casser des vitres, vous leur dites quoi?

Mme Anglade : Je leur dis qu'il faut respecter les règles sanitaires. Je leur dis qu'il va falloir se serrer les coudes. Je leur dis qu'on va tout faire, nous, dans notre rôle, pour faire en sorte que le gouvernement envoie des messages puis des balises claires à la population.

M. Laforest (Alain) : M. Arcand, comment est-ce qu'il va?

Mme Anglade : Il va bien, M. Arcand. Merci de prendre de ses nouvelles.

M. Laforest (Alain) : ...

Mme Anglade : Non, mais il va bien, M. Arcand, au sein de notre caucus.

La Modératrice : On va prendre une question en anglais.

Mme Senay (Cathy) : There is a Radio-Canada reporter, Jean-Patrick Balleux, he filmed, in Hochelaga-Maisonneuve last night, at 8:00 p.m., people, basically… «leurs casseroles», as it was the case in 2012, to, basically, condemn the curfew at 8:00 p.m. Then you have the protest where you had also peaceful demonstrators. Is it going… Is it the start of a movement right now, and we might…

Mme Anglade : I hope it's not the start of a movement. I hope that this is an extreme demonstration of the frustration that the Quebeckers have. I know people are fed up, I know people are tired, but we have to follow the rules in order to get through this. But again it's an extreme demonstration, but I also think that it illustrates the level of tiredness that the people have. And the responsibility of the Governmentis really to provide a clear message around the rules and not share critical information when they're holding a press conference. And I think this is… They have to realize that they need to change the strategy that they have, the Government.

Mme Senay (Cathy) : …a difference if they would have explained…

Mme Anglade : I think it would have made a difference if they would have been more transparent since the beginning. Last week, it was an extreme example where you had key measures that were not shared in a press conference, but it was not the first time. It happened before. So, in order for people to really feel that they can believe the Government, that they can follow the Government, they really need to understand, and this has not been demonstrated with the Government.

Mme Senay (Cathy) : …in outdoor spaces, when you are two and not from the same bubble, this is, like, a basic one that should have been explained…

Mme Anglade : It should have been explained. It should have been presented. It's not the first time. And I said earlier that it's not conceivable for me not to explain this. People ask me the question whether it was deliberate from the Government. I don't know… it was deliberate, but it was certainly not conceivable that they decided to go down this path.

Mme Senay (Cathy) : …and this is my last clarification, Premier Legault should speak more directly to young people, the ones that had to protect everybody from the start.

Mme Anglade : Yes, in a transparent way. Absolutely, yes. We need to talk to all… as many Quebeckers as we can in order to getthrough this. So, if this is one way of doing it, sure.

M. Verville (Jean-Vincent) : What does the Government need to do to calm down the protesters in Montréal?

Mme Anglade : Clarify the communications and be… Again, I go back to the transparency. If they know that they are going to be changing some of the measures, then they need to explain what those measures are, and not mention even the measures, and later on we find out, and he lets people interpret those measures. So, it has to be very clear at the beginning. And they haven't been transparent enough. We've been seeing this for weeks now, for months.

M. Verville (Jean-Vincent) : And that will be enough to calm down the protesters in Montréal?

Mme Anglade : I mean, I really hope that this is an extreme case. I really, really hope that it is. But the Government has to review the way they're communicating right now in order to make sure that the population is following. Because what we've seen last week is that people are disconnected. They don't follow the rules anymore because they're really fed up. And I understand the level of fatigue that the population has, but, again, that's why we're asking the Government to really review their strategy in terms of communication. Transparency, share the… be consistent, avoid the yo-yo strategy, I think that would help.

Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 11)

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