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Point de presse de M. Pascal Bérubé, chef du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le mardi 13 avril 2021, 10 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures trois minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Alors, ce matin, le chef parlementaire, M. Pascal Bérubé, qui sera suivi du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. Bérubé : Bonjour, tout le monde. Ça faisait un petit bout de temps qu'on ne s'était pas rencontrés ici. D'abord, je veux saluer le fait que le gouvernement de la CAQ a répondu favorablement à une proposition qu'on a faite d'honorer la mémoire de Léo Major, un militaire québécois d'exception qui maintenant verra une route importante qui mène à Valcartier porter son nom. Donc, on avait fait une motion, lors du jour du Souvenir, que la toponymie s'intéresse à l'oeuvre de Léo Major. On est très heureux du résultat.

Je veux revenir sur les conférences de presse du premier ministre. Il y en aurait une à 13 heures aujourd'hui. On a réalisé, la semaine dernière, que pendant 20 minutes avec le premier ministre, si on ajoute le Dr Dubé, des éléments importants n'ont pas été abordés. Est-ce une omission volontaire? Est-ce qu'on a manqué de temps? Dans tous les cas, je propose au gouvernement du Québec qu'il parle d'abord des enjeux qui touchent les Québécois, concrètement, puis qu'il s'arrête là après pour répondre à vos questions.

Je donne l'exemple du port du masque, à l'intérieur comme à l'extérieur, je pense au passage des gens d'une région rouge ou orange en zone jaune, je pense au retour au cégep, je pense aux arts de la scène, quatre éléments très importants. Et on a appris ces mesures-là après la conférence de presse. Lorsqu'on dispose d'une tribune aussi importante sur deux canaux télévisés d'information continue, à la radio, sur le Web, dans la couverture, la moindre des choses, c'est d'informer correctement et de donner toute l'information. Je suis d'avis qu'il faut revoir cette formule pour cibler l'essentiel. Sinon, ça devient une tribune politique, et je suis convaincu que certains d'entre vous font la même remarque que moi.

J'ajoute l'élément suivant : au moins une heure avant, pour l'ensemble des secteurs que je vous ai donnés, prenons l'exemple de mardi dernier, bien, par communiqué, toute l'information s'y trouve, vous pouvez en prendre connaissance, le public aussi. Et là, lors des points de presse, une véritable reddition de comptes, vous pouvez poser des questions sur ce qui a été annoncé. Ça ne va pas bouleverser l'organisation de la cellule de crise. C'est une mesure qui est souhaitable pour vraiment informer la population.

J'ajoute qu'une autre formule qui doit changer, c'est celle de tenir les points de presse simultanément avec le premier ministre et avec le directeur de la santé publique. Alors, aujourd'hui, on va présenter la motion «libérez Horacio». Et cette motion essentiellement vise, comme on l'avait indiqué au printemps 2020, à ce que les points de presse se tiennent de façon distincte, que la Santé publique puisse expliquer, au plan scientifique, qu'est-ce qui en est, sans avoir constamment le regard de côté du premier ministre qui observe les réponses du directeur de la santé publique, qui lui expose publiquement ses attentes sur quelles mesures ou qui lui en fait le blâme. On a vu qu'il y a de la tension, mais ce n'est pas d'hier. Donc, «libérez Horacio», vous allez voir ça dans notre motion, tout à l'heure, des points de presse distincts, comme il se fait ailleurs.

Et enfin, brièvement, juste avant que le chef du Parti québécois s'adresse à vous, au plan de l'éthique, la CAQ est prise dans un coin et ça continue, là. Alors, avec l'affaire Thouin, avec l'affaire Fitzgibbon, j'aimerais bien, moi, que la CAQ indique c'est quoi, sa considération des règles qui nous gouvernent à l'Assemblée nationale. Et, on le sait que le rapport de M. Fitzgibbon va venir, tôt ou tard, le quatrième rapport.

Donc, sur les enjeux éthiques et les enjeux de transparence, aujourd'hui, je pense qu'on a à y gagner, que ça soit pour l'adhésion aux mesures de santé publique, que ça soit pour l'adhésion au gouvernement, qui nous demande des efforts considérables, la moindre des choses, c'est qu'il donne l'exemple, notamment au plan éthique. Maintenant, le chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon. Je ne serai pas loin.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Pascal. Retour à l'Assemblée nationale aujourd'hui, donc je ne peux passer sous silence ce qui s'est passé à Montréal, avant-hier et hier. Je veux formellement condamner des gestes de violence et de débordement comme on a vu. Je pense que c'est important de le faire, parce que ce sont des commerçants qui sont victimes de ces comportements-là qui ne sont pas représentatifs de l'ensemble des Québécois, et surtout c'est parce qu'il y a d'autres moyens, beaucoup plus efficaces, de canaliser des insatisfactions dans la population, qui sont compréhensibles, qui sont peut-être légitimes. Mais ce n'est pas en cassant des vitrines qu'on va avancer. Ce n'est pas non plus en larguant les consignes de santé publique qu'on va avancer.

Nous, on pense, au Parti québécois, qu'une façon d'avancer, c'est d'amener le gouvernement à promettre une commission d'enquête publique et indépendante, en temps voulu. Parce que, oui, la gestion de crise, elle soulève des questions légitimes. Mais, si on désobéit puis on fait reculer les mesures sanitaires, bien, tout ce qu'on fait, c'est on allonge la crise. Donc, je pense que, oui, il y aura un moment pour un examen complet. Et je pense que, de toute évidence, le travail fait par la Commissaire à la santé manque d'indépendance, manque de rigueur. Je suis très inquiet d'une enquête dans le cadre de laquelle, avant même d'avoir terminé d'entendre les témoins, on a déjà conclu à l'exonération du gouvernement ou la responsabilité de gouvernements précédents. Je trouve que ça manque de rigueur. Ça manque d'indépendance, parce qu'il s'agit d'une employée du gouvernement. Donc, ce n'est rien contre Mme Castonguay elle-même, mais il y a clairement un enjeu avec l'institution qu'elle représente, le manque d'autonomie et le manque de rigueur, là, dans la manière de conduire un examen qui, on le rappelle, porte sur plus de 10 000 morts.

Je vous rappelle que pour le viaduc de la Concorde, il y avait eu trois décès, et on s'était doté d'une commission d'enquête publique et indépendante complète. Donc, quand on est passé le 10 000 morts, je pense que les Québécois ont droit à des réponses. On n'est pas obligé de le faire tout de suite, là, on va le faire en temps opportun, mais faisons comme en Ontario et n'ayons pas peur d'un vrai examen en temps et lieu de manière à tirer des conclusions et se permettre à l'avenir, là, de ne pas répéter certaines erreurs ou améliorer les processus.

Sur une note plus positive, je remercie et je me réjouis du nombre de Québécois qui se font vacciner. Merci aux Québécois d'y aller. Regardons ce qui se passe dans certaines régions du monde où les taux de vaccination sont déjà à 50 %, 60 %. Ils reprennent graduellement leur vie normale. En ce moment, au Québec, nous sommes à 23 %, mais, chaque fois qu'on se fait vacciner, on augmente ce pourcentage-là et on se rapproche d'une vie normale. Donc, merci à tous les Québécois qui posent ce geste-là. J'encourage les Québécois à faire partie de la solution et, eux aussi, à aller se faire vacciner lorsqu'ils sont éligibles. Et on remercie évidemment tout le monde qui donne du temps, là, dans les milieux professionnels, dans les milieux de la santé, pour rendre cette opération-là possible.

Dernier commentaire, je ne peux pas passer sous silence ce qui se passe à l'Université Laurentienne. Je trouve ça complètement inacceptable, mais tellement symptomatique de comment la minorité francophone est traitée dans le reste du Canada. Le gouvernement du Parti québécois ne demeurerait pas insensible devant une situation comme celle-là, et on tendrait la main aux minorités francophones, qui voient leurs services comme une université, des programmes, être abolis, notamment par exemple en les invitant à venir faire leurs études au Québec dans des paramètres financiers qui sont abordables, accessibles pour eux. Mais un gouvernement du Parti québécois ne demeurerait pas insensible devant un comportement qui, malheureusement, là… Ce n'est pas la première fois que Doug Ford démontre peu de sensibilité envers les francophones. François Legault, qui est un bon ami de Doug Ford, pourrait peut-être intervenir. Mais moi, je vous pose la question : Est-ce que c'est vraiment différent au Québec? Est-ce qu'au Québec, lorsqu'on finance Dawson en priorité puis quand on surfinance les universités anglophones par rapport aux universités francophones, est-ce qu'on ne suit pas, au sein du gouvernement de la CAQ, la même logique que, l'éducation en français, c'est une éducation de deuxième ordre qu'on peut sous-financer, abolir? Bref, ça soulève plusieurs questions. Mais, si on obtient un jour une chance d'intervenir en soutien aux francophones hors Québec, un gouvernement du Parti québécois va le faire sans aucun doute. Là-dessus, je vais prendre vos questions.

La Modératrice : Une question et une sous-question. Merci.

M. Laforest (Alain) : Deux petites questions rapides. Vous venez d'envoyer Mme Castonguay sous l'autobus, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est-à-dire que, comme plusieurs observateurs, je constate que c'est un processus qui manque de rigueur, qui n'a aucune indépendance ni objectivité. Et, lorsque je vois le ministre de la Santé, à Tout le monde en parle, dire : Mme Castonguay fait un excellent travail, attendez, là. On veut une enquête complète, rigoureuse, objective, et il y a un mécanisme pour ça, ça s'appelle une commission d'enquête publique et indépendante. Je ne compte plus le nombre d'analystes, d'observateurs d'allégeances politiques différentes qui sont en faveur de cette commission-là. Et je ne pense pas que le gouvernement va pouvoir nier l'évidence encore longtemps. Il va devoir s'engager à le faire en temps et lieu.

M. Laforest (Alain) : Il va y avoir une grève demain qui va toucher 73 000 enfants. Les centres de services ne veulent pas donner les services de garde, transport scolaire, alors qu'il va y avoir une grève. Est-ce que les parents sont encore pris en otage? Parce qu'on a changé les commissions scolaires, ça ne devait plus arriver.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça arrive régulièrement depuis le début de la crise parce qu'on est avec un gouvernement qui est 100 % communication, zéro planification. Et qui en fait les frais? Qui fait les frais des 50 000 places en garderie manquantes? Qui fait les frais de programmes d'aide aux entreprises qui ne se rendent pas? C'est des jeunes familles, c'est des familles dont la situation est devenue précaire à cause de la crise. Mais le gouvernement met ses efforts sur les communications et non pas sur la planification et les résultats. Puis c'est toujours la même histoire qui se répète.

M. Lacroix (Louis) : M. Bérubé, vous avez dit tout à l'heure… Vous pouvez aller au micro, s'il vous plaît?

M. Bérubé : Ça dépend de la question.

M. Lacroix (Louis) : Non, non, mais c'est parce que… Vous avez dit tout à l'heure, vous avez fait référence aux informations qui ne sont pas divulguées pendant les conférences de presse, là. On a eu quelques exemples au cours des dernières semaines. Est-ce que vous pensez que c'est un oubli ou c'est une omission? Est-ce que vous pensez que c'est volontaire de la part du premier ministre?

M. Bérubé : C'est une stratégie. Où réside l'intérêt? Bien, de ne pas associer ni le premier ministre ni le ministre de la Santé à des mesures impopulaires devant un ou 2 millions de personnes. Je veux dire, qu'est ce qu'il avait de plus important à dire que le port du masque obligatoire à l'intérieur et à l'extérieur, la question des régions jaunes, la question… Et ensuite, deux autres secteurs très importants : le monde collégial et les arts de la scène. D'ailleurs, je veux rendre hommage notamment à l'émission Tout un matin, de Radio-Canada Montréal, qui a fait une démonstration exceptionnelle de ce qui aurait dû être annoncé la veille. C'est à ça que ça sert, les points de presse. Quand LCN  et RDI accordent du temps d'antenne en direct, c'est un grand privilège, puis on comprend pourquoi.

Moi, je dis : Changez la formule, dites ce qui est essentiel en priorité, parce que, là, vous avez l'attention des gens, vous avez une force. Sinon, on est obligé d'interpréter, tant vous que nous, les députés, que les citoyens, c'est quoi, les mesures. Ça ne peut plus continuer comme ça.

Des voix :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Juste ajouter quelque chose sur ça. Que ce soit une omission ou que ce soit par inadvertance, c'est un manque de transparence, d'honnêteté et de compétence de la part du gouvernement dans tous les cas. Et ça a un impact sur la confiance que peut avoir la population envers le gouvernement. Donc, le gouvernement ne peut pas abuser de ce format-là. Un autre comportement, manifestement involontaire, c'est cette manie de couler toute l'information avant le point de presse. Dites-moi pas que c'est par inadvertance que c'est un hasard. C'est que si on donne au gouvernement autant de pouvoir et de visibilité dans le cadre d'un point de presse sur la santé publique, on est en droit de s'attendre que ce soit honnête et transparent et que ce soit également sur la santé publique et non pas sur des promesses électorales ou des slogans pour faire bien paraître le gouvernement. Il y a un problème de rigueur dans ce qui se passe en ce moment, et ce n'est pas un petit problème, parce que ça touche le fonctionnement de notre démocratie. Puis la possibilité pour les journalistes de poser des questions sur des sujets qu'on ne leur a pas donnés, c'est complètement inacceptable.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que le fait que le directeur national de la santé publique soit là, est-ce que ça ne devrait pas justement être une occasion pour lui de, quand il constate qu'effectivement les décisions qui sont prises par le gouvernement, sous la suggestion, en fait, la... j'allais dire directive, là, de la Santé publique, est-ce qu'il ne devrait pas, lui, lever sa main puis dire : Bien, je pense que M. le premier ministre a oublié de dire telle ou telle chose?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Quand on lance «libérez Horacio», là, c'est parce qu'en fait, ce qu'on dit, c'est qu'Horacio Arruda n'a pas cette liberté-là, puis on le voit dans la dynamique, là. Puis c'est pour ça que depuis le début... Ça fait combien de mois qu'on dit... Six mois qu'on dit qu'Horacio Arruda devrait pouvoir s'exprimer librement, dans un premier temps, puis ensuite le gouvernement nous dit quelles politiques publiques vont être mises en place. Mais, de toute évidence, Horacio Arruda a cette information-là et ne se sent pas confortable de dire : En passant, là, vous venez de mettre trois informations majeures que la population doit savoir si elle veut respecter les règles de santé publique, on a oublié de les expliquer. Pourquoi ça n'a pas été fait de la part d'Horacio Arruda? Moi, je pense que poser la question, c'est y répondre. A-t-il véritablement la liberté de s'exprimer comme il le voudrait? Ça me semble assez évident comme réponse.

Mme Prince (Véronique) : Sur ces mesures-là, là, en tant que telles, là, par exemple les déplacements entre les régions puis le masque à l'extérieur, est-ce que vous trouvez que c'est logique? Est-ce que vous comprenez les raisons derrière ça?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, mais j'insiste sur l'adhésion aux mesures de santé publique. C'est là, la difficulté pour les partis d'opposition. Jamais, comme parti, on va faire des commentaires qui ont pour intention d'affaiblir l'adhésion aux mesures.

Une voix : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Mais, attends, je veux juste finir cette réponse-là parce qu'elle est superimportante. Ce que je dis, c'est qu'il y a beaucoup de questions à se poser sur les plus récentes mesures, sur l'incohérence, quand on regarde sur deux, trois mois. Mais le forum pour ça, c'est une commission d'enquête publique et indépendante après coup. Pendant qu'on est dans la tornade...

Mme Prince (Véronique) : Oui, mais ça s'applique là, les mesures, là. Est-ce que vous trouvez que c'est logique qu'on demande aux gens, quand ils sont assis, ils sont obligés de porter le masque à deux mètres, quand ils sont debout, il faut qu'ils le portent...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est difficile à suivre.

Mme Prince (Véronique) : ...dans une région, pas dans l'autre...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est difficile à suivre, mais ça vient de la Santé publique. En principe, ça...

Mme Prince (Véronique) : On ne peut pas questionner la Santé publique?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On ne peut pas questionner la Santé publique, mais je maintiens qu'on devrait tout faire pour maintenir l'adhésion, pour favoriser l'adhésion de la population, même si c'est difficile à suivre, parce que notre but, en ce moment, c'est de se sortir de la troisième vague. Puis après, il y aura plusieurs questions, en effet, à se poser.

M. Lacroix (Louis) : Comme c'est difficile à suivre, là... Puis Véronique l'illustre très bien, là, puis il y a d'autres exemples, on pourrait en citer jusqu'à demain matin, là. Est-ce qu'on n'aurait pas dû dire, finalement, pour que ce soit facile à comprendre : Bien, aussitôt que vous êtes dehors, portez le masque, le masque est obligatoire aussitôt que vous êtes à l'extérieur, là, on respecte les directives de la Santé publique, puis il n'y a plus d'ambiguïté, je suis-tu assis, je suis-tu debout, je suis-tu en vélo, je suis-tu à plus d'un mètre? Est-ce qu'on n'aurait pas dû dire ça?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'irais pas jusque-là. Je me contenterais simplement de le mentionner au point de presse de Santé publique qui portait sur ce sujet-là. Ils ne l'ont pas mentionné. lls ont oublié — là, je mets «oublié» entre guillemets, là — ils ont oublié de dire qu'il fallait porter des masques à l'extérieur. Comment voulez-vous ensuite que la population comprenne bien ce qui est attendu d'eux?

Une fois que c'est dit, moi, je vous dis, je demande à la population québécoise : Reportons cet examen-là en temps et lieu dans une vraie enquête publique indépendante. À court terme, on va travailler dans ces paramètres-là puis on va essayer le mieux possible de respecter les mesures sanitaires, parce que notre but, c'est de sortir de la troisième vague. Mais un coup sorti de la troisième vague, regardez-moi bien dans les yeux, là, ces questions-là vont obtenir des réponses dans un processus qui va être crédible, public et indépendant, pas dans un simulacre d'enquête pour faire des relations publiques. Mais pour l'instant...

Mme Prince (Véronique) : ...vous ne trouvez pas que ça risque de miner l'adhésion, puis après ça on a une manif, là, dans le Vieux-Port, là. Est-ce que...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça ne donne rien de faire de la casse, des débordements. Les frustrations que peuvent avoir certains citoyens, on les entendra dans un processus qui s'appelle une commission d'enquête, lorsque ce sera le temps. Mais ce n'est pas en plein variants qu'on va dire aux gens : C'est correct d'aller casser des vitres dans le Vieux-Montréal. Ça n'a aucun sens. Mais il faut donner justice, il faut donner raison aux questions que vous posez puis à la population qui a des insatisfactions en leur promettant qu'en temps et lieu il y aura un véritable examen de ce qui se passe. Là, on ne leur donne même pas, ce n'est que des relations publiques. Moi, je pense qu'il faut canaliser ce qu'on constate en ce moment, là, vers une enquête publique et indépendante, comme l'Ontario l'a fait.

M. Laforest (Alain) : Le cassage de vitres, vous faites un lien direct avec la pandémie, là, alors qu'on en a vu avec le défilé de la coupe Stanley, on en a vu en 2011, on en voit à chaque année avec la brutalité policière.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ce n'est pas que le cassage de vitres. On sent un véritable problème d'adhésion. Puis on ne peut pas se permettre une adhésion en chute libre. Dans les facteurs qui expliquent la troisième vague, moi, j'en vois trois, là, importants. Il y a le variant. Puis malheureusement, quand c'était le temps de contrôler les aéroports, à Noël dernier, vous vous souviendrez qu'on a laissé rentrer le variant. Il y a la vaccination. Ça avance, mais on n'est pas au taux des États-Unis. À 23 %, on est en retard sur les États-Unis qui sont à 50 quelques pour cent. Puis, le troisième, c'est l'adhésion. Donc, ce n'est pas que le cassage de vitres, c'est : Est-ce qu'on maintient en ce moment l'adhésion? J'aurais plusieurs critiques à formuler, mais ce n'est pas le temps parce que je veux absolument que les Québécois, d'ici à l'été, maintiennent l'adhésion, le temps qu'on vaccine tout le monde. Mais, en temps et lieu, je vous promets qu'un vrai examen de ce qui vient de se produire aura lieu. Mais chaque chose en son temps. On ne peut pas mettre des vies à risque parce qu'on fait l'examen maintenant de questions légitimes qui se posent.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que cette manif-là n'est pas représentative d'un ras-le-bol qui est beaucoup plus important qu'on le pense dans la population?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je ne sais pas. Je ne pense pas que le comportement qu'on a vu hier et avant-hier à Montréal est représentatif de comment les Québécois agissent. Mais moi, ce qui m'inquiète surtout, c'est l'adhésion. Et je demande aux Québécois de maintenir le plus haut taux d'adhésion possible, dans l'intervalle, et viendra une autre étape avec des examens… un examen sérieux de comment ces décisions-là ont été prises.

Mme Crête (Mylène) : Qu'est-ce que vous pensez de la marge de 15 % que les cliniques privées ont réussi à se négocier avec le gouvernement pour délester... en tout cas, faire les chirurgies qui étaient délestées?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est complètement inacceptable. Parce qu'en fait, ce qu'on a fait à travers le virage vers la santé privée, initié par les libéraux et amplifié maintenant par la CAQ, qui gonfle les marges de profit, c'est qu'au lieu d'être dans un système public où ces ressources-là sont octroyées à des ressources supplémentaires, donc des médecins, ou des infirmières, ou du personnel pour répondre à la demande, bien, ce qu'on fait, c'est on augmente les marges de profit d'entreprises privées. Et même Gaétan Barrette, qui est l'auteur de ce marasme-là, dit : À 15 %, c'est indécent. Donc, dans quel univers est-ce qu'on doit accepter comme société non seulement une privatisation de la santé qui ne sert pas nos intérêts, mais en plus que nos fonds publics soient octroyés à des profits d'entreprises privées alors que nos ressources dans le système public, là, sont trop limitées, on doit réinvestir, embaucher? Il y a un choix de société là-dedans que, moi, je n'accepte pas.

M. Pilon-Larose (Hugo) : On apprenait aussi ce matin que des dizaines de milliers d'images de pornographie juvénile sont détectées chaque année sur des serveurs informatiques d'entreprises basées au Québec. Est-ce que le gouvernement doit modifier les lois pour que ces entreprises-là aient la responsabilité de vérifier de façon proactive ce qui se trouve sur leurs serveurs?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Définitivement. Et ça a été décrié dans le cas de Pornhub. Il faut qu'il y ait une responsabilité civile, voire criminelle, lorsque ces entreprises-là ne font pas le ménage et ne font pas de surveillance, parce qu'ultimement c'est eux qui projettent ces produits-là dans… qui envoient ces produits-là dans l'espace public. Donc, ils ont l'entière responsabilité de ce qu'ils émettent comme émetteurs. L'excuse qu'on ne sait pas ce qu'il y a sur nos serveurs, bien, c'est non seulement inacceptable, mais c'est comme ça qu'on se retrouve avec un problème qui perdure au niveau de la pornographie juvénile. Et je ne pense pas, comme société, qu'on peut avoir une quelconque forme de tolérance envers ça. Notre ligne, au Québec, ça doit être tolérance zéro. Ce qui veut dire que les entreprises qui ne se conforment pas à une responsabilité que ce soit tolérance zéro sur leurs serveurs, bien, devront avoir des sanctions tellement sévères qu'ils comprennent qu'il n'y a pas de survie s'ils ne se conforment pas à ces principes de base là.

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On va répondre à tout le monde.

M. Larin (Vincent) : Parce que vous en avez parlé en introduction, sur Louis-Charles Thouin, est-ce que le ministre Fitzgibbon, ministre Proulx, est-ce qu'ils ont fait une erreur, les ministres, en prêtant des sommes? Est-ce qu'elles doivent être rendues, ces sommes-là?

M. Bérubé : Écoutez, j'ai lu 11 000 $ pour discrétionnaire. C'est du jamais vu, là. Les députés qui font des demandes discrétionnaires au ministre ont rarement des montants de cette envergure-là. Et pour une entreprise, c'est à peu près impossible, ça prend un OSBL habituellement. Donc, je ne sais pas comment ils ont réussi ça, j'ai pris des notes, mais c'est clairement un transfert d'argent à un proche du député, donc ça s'ajoute. Puis là il y a des fonds publics.

Alors, qu'est-ce que les deux ministres qui sont visés, Mme Proulx, M. Fitzgibbon, savaient? Est-ce qu'on leur a dit : C'est pour servir un de mes proches? Il y a une façon de le savoir, c'est... la demande écrite, elle existe dans les ministères. Moi, je vous demande d'en faire peut-être une, demande d'accès, parce que c'est toujours sur une page 8½ X 11 qu'on fait des demandes, puis ça s'appelle Support à l'action bénévole, c'est un programme qui existe, mais il y a les discrétionnaires ministériels aussi. Donc, ça, là-dessus, il faudrait obtenir les documents. Mais je suis surpris qu'une entreprise ait pu obtenir du financement, ce n'est pas possible habituellement, sous réserve, de voir ça.

Louis-Charles Thouin, ça s'accumule. Quelqu'un qui était au Parti libéral du Canada, qui, tout de suite après, est devenu candidat de la CAQ, déjà on trouvait ça étrange, mais là on le trouve encore plus étrange. Alors, nos militants de Lanaudière observent ça en se disant : O.K., le premier ministre choisit lui-même ses candidats, dans son ancien comté, puis il ne savait pas qu'il était comme ça? Spécial.

Quant à la F1, il se trouve que j'ai été négociateur du gouvernement du Québec sur le dossier de la F1 de 2012 à 2014 avec la ville de Montréal, avec le gouvernement fédéral, avec Bernie Ecclestone. À l'époque, ce qu'on avait obtenu comme entente, c'était sur le hangar, c'était sur l'aéroport de piste. Il y avait des enjeux très précis puis il y avait une entente qui assurait le Grand Prix pour des années.

Là, l'enjeu, au même titre que le gouvernement du Québec reçoit les investisseurs pour un nouveau stade, j'imagine qu'il a des représentations de François Dumontier, de l'entreprise qui est promoteur. Le choix qu'ils auront à faire, c'est de financer, avec la balance des inconvénients, ce qu'il est possible de faire. L'image de Montréal, c'est important. Le nombre de nuitées, ça va circuler partout dans le monde, mais ils ne feront pas leurs frais.

Alors, je ne prends pas position là-dessus, je vous dis que c'est très complexe. Moi, je sais de source pas mal sûre que, si ça n'a pas lieu cette année, c'est en danger, c'est sûr. Il y a des gens qui peuvent se réjouir de ça, il y a beaucoup de fans de la F1 aussi, mais des événements de cette envergure-là à Montréal, ça vaut la peine de se pencher sur l'offre qui a été faite. Alors, ce n'est pas une position, mais je vous dis qu'il y a beaucoup d'argent, pas juste pour la F1. Tous les hôteliers de Montréal, c'est un enjeu. Tu sais, on parle de relancer Montréal, on veut être présent à Montréal, ça fait partie de ce qu'il faut considérer.

Mme Prince (Véronique) : …entre les lignes.

M. Bérubé : Non, non, on n'a pas les chiffres, on n'a pas les chiffres, on n'a pas... C'est comme, des fois, vous nous posez des questions sur la pandémie, on devrait vous dire : Comme on n'a pas accès aux données, c'est embêtant. Je vous dis juste qu'il y a quatre paliers là-dedans, il y a... En fait, il y a trois paliers, la ville de Montréal, le gouvernement fédéral et Québec. Et je ne sais pas qu'est-ce qui va arriver s'ils ne le font pas. Alors, je présume qu'au même titre que pour le nouveau stade, il y aura une rencontre, et le gouvernement va statuer là-dessus, sur le coût d'opportunité de faire ça.

M. Bergeron (Patrice) : ...Denis Tardif est réintégré dans le caucus. Il a admis qu'il a eu une erreur de jugement, mais il est réintégré pareil, on passe l'éponge.

M. Bérubé : Pas d'amende.

M. Bergeron (Patrice) : On ne sait pas sous quelles conditions, on ne sait pas pourquoi. Est-ce que, selon vous, ça envoie un bon message à la population?

M. Bérubé : Bien, écoutez, ce qui s'est passé avant Noël a choqué bien des gens, d'autant plus qu'il n'y a pas eu de pénalité, hein, il n'y a pas d'amendes, à ma connaissance, qui ont été payées. Suspendu par son caucus pour des raisons qui appartiennent au caucus et réintégré pour des raisons qui apparaissent au caucus, je veux dire, ça va être entre les citoyens et lui, la question de confiance.

Tout comme on a eu, vendredi dernier, la ministre responsable de la région qui devait passer devant le Tribunal administratif et qui finalement... ça n'aura pas lieu, parce qu'il y a une entente hors cour. C'est ça? Alors, je présume que, s'il y a une entente, il y a de l'argent en jeu. Moi, ma question, c'est : Qui paie ça, cet argent-là? Est-ce que c'est la ministre? Est-ce que c'est l'Assemblée nationale? Est-ce que c'est un fonds d'indemnisation? C'est une vraie question. Parce que s'il y a une entente, ce n'est manifestement pas pour des excuses publiques, on ne les a pas eues. Donc, il y a probablement de l'argent impliqué, puis je veux savoir qui paie pour ce cas de harcèlement psychologique présumé avec la ministre Proulx.

M. Laforest (Alain) : Mais dans le cas de Denis Tardif, là, son dossier a été transféré au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

M. Bérubé : Ah oui?

M. Laforest (Alain) : Ça, je vous le confirme.

M. Bérubé : Ah! bien, je n'avais pas cette information-là.

M. Laforest (Alain) : Moi, ça m'a été confirmé, le dossier a été transféré au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

M. Bérubé : Il n'y a pas eu de suite.

M. Laforest (Alain) : Bien, lui, il n'est pas... Il est sur le processus... l'ancien processus, pas le constat d'infraction, il faut que ça passe par le système judiciaire. Ça vous surprend de le ramener...

M. Bérubé : Bien, ce n'est pas la première fois que ça arrive dans Rivière-du-Loup. Jean D'Amour avait été suspendu, il y a quelques années, pendant un certain temps. Ça, on hésite toujours à intervenir, puis c'est de la régie interne des partis, donc on ne veut pas porter de jugement là-dessus.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : ...

M. Bérubé : Oui, vas-y, Paul.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je vais quand même me permettre, même si c'est de la régie interne puis il y a certaines... Vous me corrigerez si je me trompe, là, on était bel et bien devant un député qui, en pleine pandémie, était en train de prendre une bière pas de masque à moins de…

M. Bérubé : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : …un certain nombre de bières pas de masque à moins de 15 centimètres de ses acolytes, là. Ce n'est pas rien, là. On est en pleine crise de troisième vague. Je viens de vous parler pendant cinq minutes d'adhésion, et la CAQ, comme symbole, qu'est-ce qu'elle trouve? La réintégration de quelqu'un qui, en plein coeur de la première vague, ignorait complètement les règles de santé publique et prenait une bière à ça de distance d'autres personnes dans un bar. La question est bonne : Quel signal est-ce que ça envoie à la population alors qu'on a besoin de maintenir l'adhésion de la population? Moi, je trouve que ça manque de jugement de la part du gouvernement.

La Modératrice : Dernière question en français, s'il vous plaît.

M. Bossé (Olivier) : ...M. St-Pierre Plamondon, ceux qui veulent manifester ce soir, qu'est-ce que vous leur dites?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je leur dis qu'on est dans une démocratie…

Une voix :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, oui. On est dans une démocratie. La liberté d'expression fait en sorte qu'ils ont le droit de s'exprimer, dans les règles qui sont applicables, parce qu'on est dans une société de droit. La règle de droit dans une démocratie leur permet amplement de s'exprimer, et ils le font, ils ont le droit de continuer à le faire, il n'y a pas de problème à ce niveau-là. Mais, dans une société de règle de droit, la règle s'applique à tous en tout temps. Et il y a des élections, si on n'est pas satisfait de ce qu'on a vécu pendant quatre ans, mais, dans l'intervalle, on ne reculera pas sur le principe de la règle de droit : lorsqu'une loi s'applique, elle s'applique à tous et en tout temps.

La Modératrice : Les questions en anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) :Good morning.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Good morning.

Mme Senay (Cathy) : Last night, at around 8:00 p.m., for 20 minutes, you had people in Hochelaga-Maisonneuve that took the same «casseroles» and were… for 20 minutes to condemn the curfew at 8:00 p.m.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes.

Mme Senay (Cathy) : So, this is happening in Montréal.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes.

Mme Senay (Cathy) : How do you see the situation? Is the Legault Government losing it right now?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think the real issue is whether the Government is able to maintain adhesion… Can you say «adhesion»?

Mme Senay (Cathy) :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Exactly. The real issue right now is whether the Government is able to convince the population to continue to follow their rules after a sequence where, obviously, it's hard to follow. It's hard to understand where it's going. It's hard to see how it's constant. But we think that we ought to continue to respect those rules. Even though it's sometimes difficult to follow, we need to respect those rules to get out of the crisis as soon as possible. What we will do is have a complete inquiry that is public and independent on how that crisis was managed by our Government, exactly like Ontario decided to do, not right now, but to promise that such an inquiry will be put in place. That is what, I think, we need to focus on, because on the short term, the priority is to respect the rules as much as we can, because we want to get out of that crisis and avoid deaths that we can avoid if we are disciplined.

Mme Senay (Cathy) : You had two protests in a row in Montréal. You have protests planned for this evening. In these protests, you have peaceful demonstrators, young people. Do you have the impression that Premier Legault should speak directly to young people aged between 20 and 45 years old, the ones that will be vaccinated at the last minute in June?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Your question is whether the Government Legault should talk to youth in Québec?

Mme Senay (Cathy) : Yes. The ones that had to protect everybody from the start.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : My answer is : The Legault Government should start by explaining the measures in a transparent and understandable manner. They didn't even mention that, from now on, masks were required outside and during sports, they didn't even mention it. So we can't be surprised that certain groups in our society are not satisfied with how it's being managed.

Now, of course, if the Government Legault can enhance the respect of the measures in a younger group, that is a good thing. But we should start from the start. The beginning of all this is that those measures were not even mentioned in the press conference of last Tuesday. So we should start by transparency and by explaining in a way that we can understand the measures, and then we'll see. I think we'll see that there is less dissatisfaction if that is done.

Mme Senay (Cathy) : But one last clarification. Protests have started. Now, people are also using «casseroles» to condemn the curfew. Do you have some fears of where this is going?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : No. I think the vaccination will accelerate. And as the vaccination...

Mme Senay (Cathy) : ...people do have anger, they are on the streets. Do you have some fears that we may lose the control?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : No. I'm calling on those people to remain respectful of the rules and the laws. We hear that there is dissatisfaction, and there will be a time where we will go through those decisions, and we will make a real examination of what just happened. But I'm confident that Quebeckers will stay focused on getting out of that crisis, and the best way to do that is to respect the rules and get vaccinated as soon as possible. And once this is done, we see it in the United States, we see it in the UK, when your percentage… your population is at 60% or more in terms of vaccination, a normal life comes back. We need to focus on that.

M. Verville (Jean-Vincent) : What do you have to say to protestors who destroy windows and stores?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It's totally unacceptable, and it's, more importantly, very counterproductive. We need to… There might be dissatisfactions, genuine questions to be asked to the Government, now is not the time, especially if it's through breaking windows. There will be a time for a proper public and independent inquiry, and we will be asking questions regarding those dissatisfactions, but right now we need to get out of the sanitary crisis.

M. Verville (Jean-Vincent) : What is your message to them? I mean, they don't see the end of this, it seems it's their only way to protest against that. What is your message?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : My message to them is : Keep on expressing your disagreement, we are in a democracy, and you are totally in a right to do so, but please respect the rules and the laws, and if you're not happy with those rules and those laws, there will be an election soon.

La Modératrice : Dernière question.

M. Grillo (Matthew) : Could we just hear you on the press conferences, maybe M. Bérubé as well? Clearly, you don't like the style of it. What would you like to see different than what the Government is doing right now?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : We need transparency and we need to separate science from politics. We've been asking that for six months. And it's very easy to do. Send the press release, or many press releases, that sums up all the measures, send it in advance, so that journalists like you are prepared and can ask questions when it's time.

What we saw Tuesday is very troubling. Important measures, such as a ban on travelling from regions to another or such as the mask outside, outdoor or when doing sports, those measures were not even mentioned in the press conference. We learned it the next day. So, there's a lack of transparency that is very harmful for our society. It's very easy to fix, send a press release with all your measures in advance, an hour or two, so that the journalists prepare, and come up to the press conference and answer the questions of journalists. That's how it's supposed to be done, and it needs to change now.

M. Grillo (Matthew) : The Legault Government took a different style in their press conference. Measures like the mask outdoors, I mean, if you went to any park in Montréal over the weekend, you saw there were a lot of people that were not respecting that. Perhaps they didn't even know about it. That's pretty important.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think they didn't know. And, I mean, the Government needs to take responsibility of this. They didn't mention it. But they had time last week to mention how extraordinary their work is with regards to vaccination and how they are so good that other provinces are asking them what is the magic recipe in Québec. It doesn't make any sense. Announce your measures, explain it the best as possible, and stop making self-promotion and self-marketing. It's very easy to do. They need to change their approach, it's urgent. Thank you.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 10 h 40)

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