Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Conférence de presse de M. Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Conférence de presse de M. Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation

Version finale

Le mercredi 31 mars 2021, 8 h 15

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Huit heures quatorze minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à tous et à toutes. Bienvenue à cette mêlée de presse du ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge. M. Roberge, sans tarder, je vous cède la parole.

M. Roberge : Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde. Ça me fait plaisir d'être ici avec vous ce matin. Ce matin, c'est le début d'un important forum de deux jours, un forum important pour notre réseau éducatif, les Rendez-vous de la réussite éducative : l'éducation au-delà de la pandémie. Ça fait quelques semaines qu'on prépare ce forum-là. On a déposé un cahier de consultation, invité près de 70 participants. J'ai très hâte, dans quelques minutes, de commencer ces rencontres.

Mais avant, avant, j'aimerais prendre une petite minute avec vous pour faire un bilan provisoire de la stratégie d'entraide éducative qu'on a rendue publique au début de l'année. Dans la stratégie d'entraide éducative, il y avait des partenariats importants avec des acteurs nationaux, Allô prof, Tel-Jeunes, et il y avait le fameux programme de tutorat, programme national, qu'on est les premiers à implanter ici, au Québec. Donc, je vais vous donner quelques informations à jour, quelques statistiques.

D'abord, Allô prof, qui est un partenaire national, qui a fait ses preuves depuis longtemps, nous a montré qu'il y a une hausse de 63 % depuis cette entente, depuis ce partenariat, et ce financement supplémentaire qu'on leur a donné, il y a une augmentation de 63 % des sessions d'aide qui sont offertes un à un entre des enseignants et des élèves. Je pense que c'est exceptionnel, en quelques mois, en quelques semaines, une augmentation de 63 %. Donc, jusqu'à présent, il y a plus de 1 274 000 sessions d'aide de plus grâce au partenariat qu'on a fait. Allô prof a embauché plus de personnes, a augmenté son temps de disponibilité, rajouté une plage de disponibilité le dimanche. Et on le voit, ça répond à des besoins, les élèves peuvent obtenir du tutorat un à un, enseignant-élève, grâce à ça.

Tel-Jeunes, eux, ont augmenté leurs ressources, augmenté leurs disponibilités et ils ont une augmentation, eux, de 76 % depuis quelques semaines, une augmentation de 76 % de visites sur leur site Internet et de soutien professionnel. Tel-Jeunes, c'est extrêmement important pour venir en aide, pour faire de la prévention et du soutien pour les jeunes qui ont des besoins en santé mentale. Donc, jusqu'à présent, c'est 153 000 visites additionnelles et ressources qui ont été données de plus pour des jeunes qui en avaient besoin, qui vivaient un moment difficile.

Donc, je pense que c'est extrêmement important de montrer que ces deux partenariats-là répondaient à un besoin et sont efficaces. Et encore une fois, c'est en déploiement, donc, dans les prochaines semaines, il y en aura encore plus, autant pour Allô prof que pour Tel-Jeunes.

Sur le programme de tutorat maintenant. On a maintenant embauché près de 9 500 tuteurs qui ont levé la main, qui ont accepté de devenir tuteurs, d'être importants dans la vie des jeunes. C'est important de voir que c'est un service de grande qualité, hein? Ce sont très, très, très souvent des gens du réseau scolaire, des gens qui sont déjà des enseignants, des professionnels, donc qui sont à l'emploi de nos écoles, qui ont accepté d'en faire plus et d'être rémunérés pour suivre en continu, des fois en individuel, des fois en petit groupe, des élèves plus qu'une fois par semaine, pendant plusieurs semaines. Donc, le programme de tutorat qui est suivi et appliqué en fonction des meilleures pratiques et des résultats de la recherche, donc, 9 500 tuteurs qui soutiennent 76 188 élèves, au moment où on se parle, et ça continue de se développer, de se déployer. C'est 9 % des élèves du réseau public qui reçoivent de l'aide de tutorat.

Donc, c'est excellent et ça va continuer, parce que j'annonce ce matin que je double le budget pour le tutorat cette année. Initialement, il y avait 11 millions de dollars qui étaient alloués au tutorat. Les centres de services scolaires sont maintenant en vitesse de croisière, sont capables d'embaucher encore plus de tuteurs, d'aider encore plus d'élèves et de donner du service sur plus de semaines pour se rendre jusqu'à la fin de l'année. Donc, on ajoute 11 millions aux 11 millions qui étaient déjà là pour cette année, là, pour finir l'année en force.

Je veux donc revenir maintenant sur les rendez-vous sur la réussite éducative, qui vont commencer dans un petit peu plus d'une demi-heure, qui sont nécessaires, ces rencontres-là qu'on va faire dans les deux prochains jours, parce que la dernière année a été difficile, difficile pour les élèves, pour les parents, pour les membres du personnel, c'est sûr. Ça a occasionné des retards d'apprentissage ou des écarts d'apprentissage entre différents élèves. Je vous dirais que ça a occasionné aussi, évidemment, beaucoup de stress, d'anxiété, des enjeux de santé mentale. On le sait.

Il y a aussi des bons coups qui ont été faits. Il faut se le dire, dans la dernière année, avec tous les défis qu'on a dû relever, il y a beaucoup d'enseignants, d'enseignantes, de professionnels, d'équipes-écoles qui se sont relevé les manches, qui ont pris des initiatives exceptionnelles. Il y a eu de l'innovation pédagogique. Donc, il y a vraiment eu des enjeux très graves, des problèmes, mais il y a eu aussi des solutions qui ont été trouvées. Et, avec ces rendez-vous de la réussite, eh bien, on veut faire un bilan de ce qui s'est fait puis regarder en avant.

Au terme des deux jours de consultations, on va parler de retard d'apprentissage et d'écart d'apprentissage. On va parle de santé mentale. On va parler de tout ce qu'on peut faire d'un point de vue logistique pour aider les écoles pour qu'ensuite, avec cette concertation-là, le gouvernement puisse, dès le mois d'avril, donner un plan crédible, avec une série de mesures pédagogiques, pour l'été et l'automne.

Donc, on a consultations, mobilisation, planification. Avec cette écoute-là, on va être capables de voir que chaque personne a une partie de la solution puis on va être capables, de manière complémentaire, de se donner un plan qui va donner de la prévisibilité au réseau. Je pense que, quand je parle aux parents, aux élèves, aux dirigeants du réseau, tout le monde a besoin de stabilité, tout le monde a besoin de voir venir, et c'est ce qu'on va faire avec cette consultation et le plan qui s'en vient d'ici quelques semaines, d'ici la fin du mois d'avril. Donc, on va avoir de la confiance et de la résilience. Et j'ai très, très hâte d'entendre les experts et les partenaires dans les prochaines heures. Merci.

Le Modérateur : Des questions? Vous pouvez y aller en mêlée de presse. Donc, je donnerai la parole seulement s'il y a de la cacophonie.

M. Bossé (Olivier) : M. Roberge, est-ce que vous êtes en discussion avec les associations de camps de jour ou de colonies de vacances pour avoir des éléments pédagogiques avec les enfants qu'ils accueillent?

M. Roberge : Ça fait partie des choses qui vont être discutées dans le cadre des rendez-vous de la réussite. C'est quelque chose qui a été soulevé par plusieurs personnes. C'est important de préciser que les rendez-vous de la réussite vont être dirigés et menés à la fois par moi et ma collègue Isabelle Charest, ministre déléguée à l'Éducation, mais qui supervise aussi Loisirs et Sports. Et nous sommes en contact, mais particulièrement Isabelle Charest, avec Affaires municipales. Donc, il n'y a rien qui est exclu pour l'été. On va faire les consultations de deux jours, mais il est possible qu'il y ait des services, des partenariats qui soient faits pour aider nos élèves pendant l'été.

M. Pilon-Larose (Hugo) : La réussite éducative, c'est aussi un chantier que la pandémie va devoir nous forcer à avoir sur plusieurs années, hein? Ce n'est pas juste pour la prochaine rentrée qu'il va falloir se soucier des conséquences de la pandémie. Est-ce qu'on est mûrs, au Québec, pour un changement de paradigme par rapport à la composition de la classe? Je m'explique. C'est-u normal que le gouvernement finance des écoles privées qui n'accueillent pas d'élèves handicapés, d'élèves à problèmes ou, pire, quand ces élèves-là échouent, les renvoient pour les mettre dans le public? Est-ce qu'on est dus pour que les écoles privées fassent leur part?

M. Roberge : Je comprends qu'il y a beaucoup de questions qui peuvent se poser sur la structure du réseau scolaire. Mais moi, je vous dirais qu'à ce moment-ci les questions sur lesquelles on va se pencher, là, c'est la sortie de crise, sortie de crise en santé mentale, en retard d'apprentissage, crise sanitaire aussi, évidemment. Donc, les deux jours de consultations du rendez-vous de la réussite, là, vont se concerter sur les choses qu'on peut faire cet été et pour la prochaine année scolaire pour passer à travers la crise.

M. Bossé (Olivier) : Ceux qui sont finissants, sixième année, secondaire V, est-ce qu'il y a une attention particulière qui va être portée à ces cohortes-là?

M. Roberge : C'est fort possible. D'ailleurs, aujourd'hui, il y a des gens qui s'intéressent particulièrement à ces questions-là, parce que plusieurs des partenaires, on comprend évidemment qu'ils font partie des rencontres, sont des partenaires avec qui je discute très, très, très fréquemment, qui nous ont déjà fait part de leur inquiétude, de quelques propositions qu'ils veulent apporter pour aider les jeunes qui font des transitions. Donc, j'ai hâte de voir, là, la réception de ces idées-là par l'ensemble des partenaires. C'est ça qu'il y a d'intéressant. On va avoir dans nos forums à la fois des enseignants du terrain, là, des gens qui, normalement, sont dans les classes à tous les jours, des représentants des syndicats, des chercheurs universitaires, des cadres, puis on va voir, là, le test de la réalité pour chacune des solutions proposées.

M. Carabin (François) : M. Roberge, pour la décision de faire ces rencontres-là à huis clos, oui, évidemment, il y a une députée de l'opposition qui a décidé de ne pas y participer, aux rencontres, est-ce que vous ne vous dressez pas vous-même des obstacles en décidant de faire cette rencontre à huis clos plutôt que d'ouvrir, là, vraiment à la participation de tout le monde?

M. Roberge : Bien, je ne pense pas qu'il y a de liens entre la participation des gens et le fait que les discussions vont se faire, là, en groupes fermés. On a près de 70 personnes qui ont été invitées, là, à participer à ces discussions-là. Les citoyens ou d'autres groupes peuvent soumettre leurs réflexions et leur mémoire après avoir consulté le cahier de consultation qui est en ligne.

Et j'ai reçu, hier, puis encore ça continue, des commentaires de beaucoup de personnes qui participent à ces rendez-vous-là, qui nous remercient de la formule, qui voient bien que moi-même… Plusieurs partenaires font des points de presse, envoient des communiqués, utilisent les médias sociaux pour faire passer leurs messages. C'est normal. Mais, dans le cadre des rendez-vous, les gens veulent être certains de pouvoir y aller en tempête d'idées, réagir d'un côté à l'autre sans nécessairement, là, qu'un clip soit utilisé dans un média ou dans l'autre. Et, je vous le dis, j'ai plusieurs partenaires qui nous ont remerciés de cette formule-là. C'est la façon la plus efficace de travailler, m'ont-ils dit.

Mme Lajoie (Geneviève) : Quels partenaires?

M. Roberge : Je vais les inviter à se nommer eux-mêmes, s'ils veulent le dire, parce que vous comprenez qu'un partenaire qui souhaite discuter à huis clos ne veut peut-être pas le dire dans l'espace public. Ça leur appartient. Mais je peux vous dire qu'il y en plus d'une dizaine au moins qui nous ont remerciés de cette formule-là.

Mme Lajoie (Geneviève) : Est-ce que c'était votre souhait aussi? Vous, est-ce que c'est la formule que vous privilégiez?

M. Roberge : Pas nécessairement. Moi, je n'ai pas d'enjeu à discuter, évidemment, dans les médias. Quand on est ministre, bon, au salon bleu, dans les médias, points de presse, c'est normal de faire les choses devant les médias. Mais je comprends que certaines discussions peuvent se faire de manière plus productive, puis c'est pour ça que j'ai accepté la formule, lorsque micros et caméras sont fermés l'espace de, quoi, 1 h 30, deux heures, pour faire des tempêtes d'idées.

Mme Lajoie (Geneviève) : M. Roberge, hier, le premier ministre a parlé de scénarios qu'il avait en main pour des restrictions supplémentaires dans certaines régions. Est-ce que les écoles pourraient être touchées par ces restrictions-là? C'est-à-dire : Est-ce qu'il y a des élèves qui pourraient avoir de l'école à distance à nouveau? Est-ce que c'est dans ces scénarios-là?

M. Roberge : Bien, vous savez, depuis le début, on fait tout ce qu'on peut pour garder nos écoles ouvertes, pour garder les élèves à l'école. Je pense qu'il y a un constat qui est... C'est unanime, là. Il y a des risques à fréquenter l'école en temps de pandémie, ces risques-là sont énormément amenuisés par l'ensemble des mesures sanitaires, mais il y a beaucoup de risques aussi à ne pas fréquenter l'école. On le voit, quand les jeunes ne sont pas à l'école, les signalements à la DPJ chutent dramatiquement, donc il y a des jeunes qui en paient les prix. Et il y a des problèmes de santé mentale, des problèmes d'apprentissage. Donc, on fait le choix de garder nos écoles le plus possible en étant très agressifs pour... très prompts, je vous dirais, là, pour fermer des classes, fermer des écoles quand on soupçonne des variants.

Mme Lajoie (Geneviève) : Donc, c'est totalement exclu de refermer des classes ou, en tout cas, de remettre, par exemple, les élèves du secondaire III, IV, V à distance, en partie? Ça, c'est totalement exclu? C'est ce qu'on comprend de vos propos?

M. Roberge : Si d'autres propositions nous arrivent de la Santé publique parce que d'autres développements de la pandémie surviennent, on les étudiera, mais je n'ai pas ça, là, en ce moment, sur ma table de travail.

Mme Crête (Mylène) : Avez-vous mesuré l'impact de l'alternance des classes au secondaire sur justement les retards et les écarts d'apprentissage, et, si oui, quel est-il?

M. Roberge : Bien, il est trop tôt, on est au milieu de l'année, évidemment, on ne peut pas avoir une étude, là, qui fait le bilan des apprentissages. Ce qu'on a vu, c'est qu'au premier bulletin il y avait peu d'écart entre la réussite de cette année et l'an passé, sinon secondaire, je dirais, IV et V, en mathématiques. Mais en même temps, à chaque fois que je dis ça, je mets des bémols aussi parce qu'on sait bien que les enseignants peuvent avoir évalué différemment.

Donc, l'écho qu'on a, quand on parle directement à des enseignants, comme je le fais, avec des directions d'école, c'est que ce n'est pas pareil. C'est que, oui, certains élèves s'en tirent remarquablement bien avec la formule hybride, mais que d'autres ont de graves problèmes de motivation. Donc, pour moi, l'école à distance, c'est un bon plan b, mais ce ne sera jamais un plan a. Le plan a, c'est nos élèves à l'école.

M. Carabin (François) : ...ramener les élèves du secondaire III, IV, V, est-ce que vous auriez pu tenir plus longtemps, si on veut?

M. Roberge : Bien, écoutez, moi, j'aurais voulu ne jamais aller en école en alternance, d'accord? J'aurais voulu ne jamais aller là, mais est venu un moment, l'automne dernier, où il a fallu faire ça pour garder nos écoles ouvertes. Alors, évidemment, j'ai préféré opter pour l'école en alternance par rapport aux écoles fermées. Mais depuis qu'il y a des jeunes qui vont à l'école un jour sur deux, moi, je pose la question à chaque semaine à la Santé publique : Quand est-ce qu'on les ramène à temps plein? Je suis content qu'ils y soient à temps plein, mais on surveille les indicateurs, fébrilement.

Mme Prince (Véronique) : M. Roberge, j'aimerais vous entendre sur Pfizer qui a publié ses études, en fait, des résultats comme quoi le vaccin serait sécuritaire et efficace chez les adolescents, même à partir de l'âge de 12 ans, là. Donc, eux, ils prétendent que ce vaccin-là, pour la rentrée scolaire, pourrait être donné aux jeunes. Est-ce que vous avez des discussions là-dessus? Est-ce que ça peut faire partie des scénarios si effectivement vous étudiez, à la Santé publique ici, cette possibilité-là?

M. Roberge : J'ai déjà préalablement posé des questions à la Santé publique pour savoir, d'abord, est-ce que les moins de 18 ans, est-ce que les moins de 16 ans peuvent être vaccinés, si oui, quand, sinon, pourquoi. On m'avait répondu qu'il n'y avait pas d'étude, là, qui le permettait. Là, ce que vous me dites, c'est que certains vaccins semblent avoir des études qui vont dans le sens d'une vaccination des plus jeunes. Je vais quand même me fier au comité immunisation Québec pour prendre ces décisions-là, mais c'est certain que c'est les vaccins qui vont nous aider à combattre la pandémie puis à gagner contre la pandémie. Donc, on va attendre l'avis du comité d'immunisation du Québec, mais c'est sûr que, quand ce sera possible de mieux protéger l'ensemble de la population, bien, je pense qu'on pourra le faire.

Mme Lajoie (Geneviève) : Les professeurs, eux, est-ce que vous pouvez les rassurer à savoir s'ils vont être vaccinés bientôt?

M. Roberge : Écoutez, je le souhaite un peu comme les adolescents, mais, je dirais, encore plus que les adolescents. J'ai eu plusieurs conversations avec la Santé publique en disant : Bien sûr qu'on va se fier à l'avis des médecins, des épidémiologistes, des docteurs sur cette décision-là. Encore une fois, je respecte le fait que c'est le comité d'immunisation du Québec qui prenne la décision. Mais je leur ai quand même fait valoir à plusieurs reprises, aux gens de la Santé publique, l'importance de la vaccination des enseignants, mais de tout le personnel scolaire. Ce qu'il faut comprendre, c'est que ça s'en vient, hein? Ils sont au groupe 9, et, ce que je comprends, c'est que, dans plusieurs régions du Québec, on est en train de vacciner le groupe 7. On va bientôt basculer au groupe 8. Donc, j'ai confiance que ça va être bientôt. J'aurais aimé que ça soit déjà fait. C'est certain que j'aurais aimé que ça soit déjà fait.

Mme Lajoie (Geneviève) : …dans les écoles, savez-vous, ou… comment ça va être fait?

M. Roberge : Écoutez, on n'est pas rendus à ce groupe-là. Donc, je ne peux pas vous dire la façon dont ça sera fait et quand ça se fera, là.

M. Carabin (François) : …sur combien de temps ça prendrait de vacciner tous les professeurs, tous les enseignants du…

M. Roberge : Honnêtement, c'est des questions qui relèvent davantage de la Santé et de la Santé publique, là.

Le Modérateur : Mylène Crête.

Mme Crête (Mylène) : J'allais dire : Le groupe 7, les gens sont quand même assez nombreux, là, dans ce groupe-là. On parle d'au-dessus de 1 million de personnes, là…

Une voix :

Mme Crête (Mylène) : …oui, de vaccination, là, ce n'est peut-être pas... Le groupe prioritaire de vaccination...

M. Roberge : Oui, le groupe 7, c'est le groupe prioritaire de vaccination.

Mme Crête (Mylène) : Donc, ça m'apparaît comme ce n'est pas demain la veille, là, que…

M. Roberge : C'est 60-65 ans, là, je pense bien que c'est ce groupe-là. Mais il y a quand même plusieurs régions qui sont déjà en train de vacciner les gens du groupe 7 depuis un certain temps. Donc, ça progresse. Écoutez, on a très, très hâte. On espère, en réalité, de recevoir les nombres de vaccins prévus, et encore plus, parce que mon collègue à la Santé l'a dit souvent, là, au Québec, on est capables de vacciner davantage, hein? Ce qui nous empêche de vacciner, ce n'est pas notre capacité à vacciner, là. On est prêts. D'un point de vue logistique, le gouvernement a fait ses devoirs. On attend que les doses arrivent, et ça va en augmentation. Donc, on ne peut pas juste regarder combien de personnes on a vaccinées dans le dernier mois puis prévoir le mois qui vient. On sait qu'on a une courbe ascendante, là, et ça, c'est motivant. Quand même, chaque semaine, on vaccine plus que la semaine précédente.

Mme Lajoie (Geneviève) : Richard Massé avait dit que c'était peut-être fin mars, début avril qu'on pensait pouvoir vacciner les profs et les éducatrices. On ne respectera visiblement pas ça, là.

M. Roberge : Écoutez, je ne peux pas me prononcer sur le calendrier de vaccination. Je n'ai pas les informations détaillées, là, région par région, groupe par groupe. Encore une fois, c'est davantage...

Mme Lajoie (Geneviève) : Il y a combien de profs dans le réseau, combien d'enseignants?

M. Roberge : Il y a à peu près… un peu moins de 100 000 enseignants dans le réseau scolaire. Quand on compte l'ensemble du personnel, on monte à plus de 200 000 personnes qui sont plus ou moins rapprochées des élèves. On comprend que ce n'est pas tous les mêmes personnels, là-dedans, je pense qu'il y a des gens des centres de services scolaires, qui sont extrêmement importants, mais qui sont moins en contact avec les élèves.

M. Carabin (François) : Bien là, hier, on nous parlait justement des enseignantes puis des éducatrices en garderie. Là, je comprends que vous regardez la possibilité de vacciner aussi, bon, les concierges, bon, les préposés à l'entretien, etc., les directions d'écoles aussi. C'est ce que je comprends de vos...

M. Roberge : Ce n'est pas moi qui décide de l'ordre de vaccination, là.

M. Carabin (François) : Bien, dans vos discussions avec la Santé publique, est-ce que c'est ça que vous avez évoqué?

M. Roberge : Bien, j'ai fait valoir que, quand on arrivera au groupe 9... Groupe 9, là, c'est les personnes qui sont dans des emplois qu'on appelle prioritaires et qui sont en contact notamment avec des élèves. Ce que j'ai fait valoir, c'est que le personnel des écoles circule dans les corridors, croise des élèves. Il n'y a pas seulement que les enseignants qui sont en contact régulier avec les élèves. Par exemple, les directions d'écoles aussi, très souvent, là, même le matin, il y a beaucoup de directions d'écoles qui sont là, à l'accueil des élèves et qui donnent du gel sanitaire à chaque élève.

Donc, de penser que le psychologue est dans son bureau ou l'orthophoniste dans son bureau, puis la direction d'école est dans son bureau, puis qu'on ne côtoie pas les élèves, ce que j'ai dit, c'est que ce n'est pas le cas, là. Les gens, quand ils sont dans les écoles, font partie des équipes-écoles puis ils côtoient beaucoup d'élèves. Il y a les groupes-classes, bien sûr, mais dans les corridors. Donc, je pense qu'il faut tenir compte de ça.

En fait, je sais pertinemment que les gens du comité d'immunisation, les gens de la Santé publique sont au courant de la situation parce que je leur ai exposé à plusieurs reprises. Donc, maintenant, une fois qu'on leur a donné toutes ces informations-là, moi, je fais confiance à ces personnes-là, qui sont des scientifiques, pour prendre les meilleures décisions.

Mme Lajoie (Geneviève) : Vous avez parlé tout à l'heure de 9 500 tuteurs que vous avez embauchés, mais qu'en est-il des enseignants? Il en manque combien en ce moment?

M. Roberge : Vous ne me parlez pas pour le tutorat, mais vous me parlez, disons...

Mme Lajoie (Geneviève) : En général.

M. Roberge : Dans le réseau. Il faudrait que je regarde. Au début de l'année, on était à environ 300 enseignants, là, qui manquaient à temps plein, mais ça a décru depuis, là, de semaine en semaine. On n'était plus là déjà à la fin du mois de septembre.

D'ailleurs, c'était quand même particulier, mais on était dans une meilleure position cette année que l'an passé, par quelques dizaines d'enseignants. Il n'y avait pas un gros écart, mais, quand même, c'était rassurant qu'en temps de pandémie, là, on n'avait pas passé à travers la pénurie, loin de là, on était quand même en meilleure posture que l'année précédente. Maintenant, là, le chiffre actuel, là, il faudrait que je regarde. Vous pourrez peut-être parler avec mon équipe, là, pour avoir cette donnée-là.

M. Authier (Philip) : Many teachers are very anxious to get vaccinated. Are you able to say today how soon this will happen and will you be able to do all the teachers and all the support workers?

M. Roberge : Well, I hope it will be the earliest possible. But it's really important to say that it's the comité d'immunisation du Québec who makes these decisions. I have some discussions with Dr. Arruda, Dr. Massé and I explain them what's the reality in a school. Support staff, teachers, principals, they're not in their own office. They work through the kids. They are discussing with everybody. So I think it's important they have contact, it's important to consider all the school staff as one. But I'm not the one who will make this decision. It's important…

M. Authier (Philip) :

M. Roberge : Excuse me?

M. Authier (Philip) : You're putting pressure on Public Health?

M. Roberge : No, I don't put some pressure, I give them some information.

Mme Senay (Cathy) : It's just that, as a former teacher, you understand the anxiety of teachers wanting to be vaccinated as soon as possible?

M. Roberge : Of course, I can understand them really well because I've been there and I have a lot of friends, a lot of contacts who are teaching today, as we speak, or they became principals through the years. So I'm really aware of what's going on in schools.

Mme Senay (Cathy) : What do you think about EMSB, Lester B. Pearson, Sir-Wilfrid-Laurier School Boards having Secondary III, IV and V students going back to class, but still, in alternating days? They're not going back in present full-time as we speak. They're not doing it the way, probably, you want it. So, what do you think about this? And why don't you give the same flexibility to school service centers?

M. Roberge : Well, no, they will have to come to participate every day. They will have to come back to school every day. We had to make some tough decisions because of the pandemic. After we had some recommendations from «la Santé publique», we had to go with some «décret». I don't know how to say it in English.

Mme Senay (Cathy) : Decree.

M. Roberge : Decree? We have to make some decree to allow some kids to go, in a way, in alternate schools. But, with the new decree, this is not allowed anymore. So, we have to come back to a normal situation. And this is, in fact, mandatory and it doesn't depend on a school board, or a school service center, or a private school. Each kid has the right to go to school every day.

Mme Senay (Cathy) : ...those three school boards. What do you say to them?

M. Roberge : The Government sent them a letter yesterday afternoon, and we were pretty clear that each kid has the right to go to school everyday.

Mme Fletcher (Raquel) : Why not allow the decentralization of school boards or, in the case of the French system, the school service centres? Why not allow them to make that decision for their jurisdiction on their own, depending on what is happening, you know, in their region? Like, we see, in Bas-Saint-Laurent, in the Capitale-Nationale, Outaouais, it's a different situation than elsewhere. So why not let the school boards make their own decisions?

M. Roberge : It's true that, in some regions, we don't have the same reality than in other regions, but we are not  talking about education matters, we're talking about health matters. And we have to put our confidence in our «directions régionales de la santé publique». So, «les directions régionales de la santé publique» have some…

Mme Fletcher (Raquel) : Regional public health.

M. Roberge : The regional public health has all the information for the regions. They have some discussions with national public health and they make those calls for stores, for working places and for schools. So it's a health decision, it's not an educational decision, and we have to follow the recommendations of our health specialists.

Mme Fletcher (Raquel) : But, for instance, we saw yesterday, and I believe there will be more protests today, high school students protesting in Montréal against coming back full-time because they say that they don't feel safe. What do you say to them?

M. Roberge : Well, I can understand them, you know, because it's a pandemic. I can understand that some parents, some teachers, some students, they have some fear, they have some anxiety. I think it's normal, because we are not in a normal situation, of course. But it's really important to say that decisions are not taken easily. We made our decisions after discussions with our specialists and we have to follow the guidelines of the national health authorities.

M. Pouliot (Samuel) : Mr. Roberge, teachers are demonstrating today in Québec and in Montréal, saying contract negotiations have been solved for over a year. They are frustrated over being at the front lines of the pandemic. They say they want more support, better working conditions. What do you have to say to them?

M. Roberge : Well, I can understand that they want to sign a new contract, I want it too, of course, and I'm pretty confident that we will come to an agreement pretty soon.

Le Modérateur : On va mettre fin au point de presse.

Journaliste : Moi, j'aimerais ça, peut-être, qu'il dise la même chose en français sur les...

Le Modérateur : Rapidement, en français puis...

M. Roberge : Oui, rapidement, parce que ça va commencer, les rendez-vous sur la réussite. Il faudrait que je sois là, quand même.

Le Modérateur : Oui, mais c'était très court. Vous pouvez y aller, M Roberge, en français, pour les enseignants.

M. Roberge : Oui, je vais être très, très court. Je suis pleinement confiant que... Je suis pleinement conscient que beaucoup d'enseignants, beaucoup de corps d'emploi sont très impatients… Ils ont très, très hâte, je dirais plutôt, qu'on en arrive à une signature d'une entente, hein, pour les conventions collectives. Ça fait un peu longtemps que ça traîne.

Maintenant, j'ai eu des conversations avec la présidente du Conseil du trésor. Je pense qu'il y a des gestes qui sont posés cette semaine pour bien répondre aux besoins des gens qui sont dans nos écoles, pour valoriser la profession enseignante, améliorer les conditions d'emploi, et donc améliorer les services aux élèves. Donc, moi, j'ai confiance qu'on va en venir à une entente prochainement. Merci.

Le Modérateur : Merci. Bonne journée.

(Fin à 8 h 43)

Participants


Document(s) associé(s)