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Point de presse de M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances publiques

Version finale

Le vendredi 26 mars 2021, 9 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures vingt et une minutes)

M. Fortin : Oui. Bonjour. Merci d'être là ce matin. Ce matin, évidemment, là, on a l'occasion de parler davantage lors de l'interpellation du budget qui a été présenté hier par le gouvernement — budget qui, selon nous, est réellement une opportunité manquée — c'est-à-dire de répondre aux besoins qui ont été créés par la pandémie.

Au niveau économique, celles qui ont souffert le plus de la pandémie, ce sont les femmes. Oui, au niveau économique, aussi au niveau personnel, au niveau de la charge familiale, de la charge mentale. Mais, au niveau économique, les secteurs qui ont particulièrement souffert et qui ont été affectés davantage, la première ligne, le secteur des services, ce sont des secteurs où travaillent des femmes. Et, malheureusement, la réponse qui a été donnée par le gouvernement, elle ne pourra pas aider en ce sens-là. D'investir dans l'industrie de la construction, qui est une industrie où les emplois sont à majorité occupés par les hommes, c'est la réponse qu'on a toujours faite, c'est la façon de faire qu'on a toujours faite au gouvernement et que tous les gouvernements ont faite depuis des années qui, à certains moments, nous a bien servis, mais, en ce moment, qui ne répond pas aux besoins. Alors, malheureusement, la réponse du gouvernement, au niveau de la relance économique, manque de vision, manque de réflexion, et c'est réellement une solution à un problème qui n'est pas celui qui est devant nous.

L'autre aspect malheureux de ce plan de relance, c'est qu'en investissant davantage dans la construction à ce moment-ci, le gouvernement risque de créer une surchauffe qui pourrait affecter encore davantage les jeunes familles qui, par exemple, veulent acheter une première maison, veulent apporter des rénovations à leur demeure. Si le gouvernement fait le choix d'investir dans un secteur qui est déjà, disons, au plein emploi, où les prix ont déjà augmenté, bien, il risque de créer encore davantage… d'accentuer encore davantage ce problème-là.

Une des questions qu'on aura pour le gouvernement aujourd'hui, et je lui dis d'entrée de jeu, c'est sa piètre réponse par rapport à toute la question des féminicides, à la question du financement des maisons d'hébergement pour les femmes. C'est un enjeu qui a mobilisé toute la société, un enjeu qui continue de le faire, qui continue de préoccuper et pour lequel la réponse était malheureusement inadéquate hier.

Enfin, on voudra s'assurer, et on va continuer de mettre cette question-là de l'avant, on voudra s'assurer qu'il y aura, même si ce n'était pas dans le budget d'hier, mais qu'il y aura une préoccupation pour en faire davantage au niveau des services à la population. Le gouvernement a choisi de ne pas mettre de l'avant un fonds dédié pour la relance des chirurgies. Il y a 130 000 Québécois, c'est du monde, 130 000 Québécois qui se sont… qui ont vu leur chirurgie reportée au cours de la dernière année, qui s'attendaient à avoir à une chirurgie à un certain moment au cours de la pandémie et qui n'ont pas pu l'avoir. Alors qu'on espère que, bientôt, la pandémie sera derrière nous, il y a nécessité d'avoir un plan de reprise, de relance, parce qu'avec des investissements normaux tout ce qu'on va pouvoir faire, c'est le même volume de chirurgie qu'on a toujours fait, et tous ces gens-là qui sont à la maison, qui souffrent, que leur hanche, leur genou ou toute autre partie de leur corps leur fait mal en ce moment, qui attendent cette chirurgie-là, bien, ils doivent avoir espoir que le gouvernement ne va pas simplement faire le volume normal, mais pourra rattraper toutes ces chirurgies-là qu'on n'a pas pu avoir, pu faire au cours de la dernière année.

Mme Prince (Véronique) : Mais en même temps, le problème de ça, c'est aussi un problème de main-d'oeuvre. Donc, est-ce qu'il y a suffisamment de mesures pour…

M. Fortin : Bien, il est là, le grand enjeu. Le gouvernement a choisi de faire certaines mesures pour augmenter la main-d'oeuvre dans certains secteurs bien précis. Le grand gagnant au niveau de la main-d'oeuvre, c'est les technologies de l'information. Mais quand vous regardez toutes les études, tous les rapports sur la main-d'oeuvre, ils vous disent… ils vont vous dire : le secteur où il y a le plus grand manque de main-d'oeuvre en ce moment, c'est le secteur public. Il manque d'infirmières, il manque de professionnels de la santé et les investissements en ce sens-là, ils sont minimes de la part du gouvernement et le problème va s'accentuer.

Juste en Montérégie-Ouest, il manque 500 infirmières. Ça, c'est dans une sous-région du Québec, il manque 500 infirmières et le gouvernement a annoncé 7 millions par année pour combler le besoin à travers la province. Alors, si le gouvernement ne fait pas les investissements nécessaires au niveau de la main-d'oeuvre, au niveau de la formation dans le secteur public, notamment dans le secteur de la santé, c'est tout son château de cartes qui va s'écrouler. Il ne pourra pas donner ces services-là.

Alors, il aurait beau investir des millions et des millions dans la santé, s'il n'attire pas davantage, s'il ne retient pas davantage ses professionnels, il ne pourra pas donner les services aux Québécois.

Mme Prince (Véronique) : ...il faut dire que les négociations, non plus, ne sont pas terminées. Donc, c'est peut-être pour cette raison-là aussi qu'on ne voit pas ça dans le budget, là. Est-ce qu'à ce moment-là vous avez un message à faire par rapport aux négos?

M. Fortin : Les négociations peuvent aider au niveau de la rétention. C'est une chose, mais il faut également attirer des nouveaux professionnels, il faut intéresser les gens qui ne sont pas dans ces professions-là, en ce moment, à s'y intéresser, à vouloir travailler dans le secteur de la santé.

Je l'ai dit, d'entrée de jeu, il y a des femmes qui ont été affectées par la pandémie, les femmes sont intéressées souvent par le réseau de la santé. De façon majoritaire, c'est des emplois qui sont occupés par des femmes, alors il y a une opportunité là. Il y a une opportunité de requalifier, d'offrir de la formation à ce niveau-là pour intéresser des nouvelles personnes au réseau de la santé. Malheureusement, cet investissement-là, il n'a pas été fait hier.

Alors, oui, les négociations, c'en est une partie, et je pense qu'il faut, au minimum, avoir des offres qui respectent le travail qui a été fait par les professionnels de la santé au cours de la dernière année, mais également, là, il faut s'assurer qu'il y ait des nouvelles personnes qui sont intéressées par le réseau, sinon on ne pourra pas offrir les services en santé mentale, en chirurgie et dans tous les autres aspects du réseau de la santé.

Mme Richer (Jocelyne) : M. Fortin, à la lecture de ce budget, qu'est-ce que ça vous dit, de façon plus générale, de la préoccupation du gouvernement pour les femmes, la situation des femmes, leurs besoins, leurs problèmes particuliers?

M. Fortin : Bien, le gouvernement a clairement oublié les femmes dans ce budget-là. Et pourtant, les femmes, c'est la moitié de la population du Québec. Les femmes, c'est un secteur auquel on avait l'opportunité de réellement présenter des mesures pour envoyer un signal fort. Il y a une opportunité en ce moment pour requalifier certaines femmes, pour leur offrir des nouvelles opportunités, pour les intégrer dans certains secteurs, notamment les services publics, où on a réellement besoin de leur apport en ce moment. Mais quand je regarde le fait que, dans la relance économique, on n'a pas su répondre à leurs préoccupations, à leurs besoins, quand je regarde au niveau des féminicides où on ne sent pas un certain empressement qui semble être partagé par l'ensemble de la société, je me préoccupe de l'importance que le gouvernement attache... l'importance... je recommence. Je me préoccupe de l'importance que le gouvernement a par rapport à la question des femmes et je me préoccupe par rapport à l'influence que la ministre de la Condition féminine a à l'intérieur de ce gouvernement-là.

Mme Richer (Jocelyne) : Qu'est-ce que ça vous dit...Ce que vous dites, c'est que ... la ministre de la Condition féminine pour faire valoir ses demandes sur ce budget ...

M. Fortin : L'exercice budgétaire, là, c'est un exercice où les ministres doivent apporter leurs préoccupations au ministre des Finances, au président ou à la présidente du Conseil du trésor et ils doivent... ils et elles doivent aller se battre pour chacun de leurs enjeux. La ministre de la Condition féminine, quand on regarde la réponse que le gouvernement a donnée à la place des femmes dans la relance économique, quand on regarde la réponse que le gouvernement a donnée par rapport aux maisons d'hébergement pour les femmes, la ministre de la Condition féminine a échoué à sa tâche. Elle n'a pas mis de l'avant, elle n'a pas souligné l'importance capitale de s'attaquer à ces enjeux-là lors du budget, et, malheureusement, c'est ce qui se reflète dans les documents qui nous ont été présentés hier. Je crois honnêtement qu'elle aurait pu faire un bien meilleur travail, et j'espère qu'elle va le faire mieux.

M. Bossé (Olivier) : Depuis hier après-midi, qu'est-ce que vous avez, entre guillemets, découvert de plus dans ce budget-là, parce qu'évidemment il y a la réaction plus à chaud, mais après 12, 20 heures?

M. Fortin : Bien, je vous dirais que la question de la main-d'oeuvre prend encore davantage sa place. La réaction des groupes économiques, bien évidemment, là, c'est certain qu'il y a des mesures qui sont des mesures ciblées qui peuvent être intéressantes, à un certain point, et on a vu leur réaction qui est tout à fait comprenable, mais tout le monde nous parle, tout le monde semble mettre de l'avant la question de la main-d'oeuvre, la question de l'importance de la main-d'oeuvre. Il y a des entreprises qui disent, aujourd'hui : Nous, on va considérer déménager notre secteur manufacturier ou nos nouveaux investissements aux États-Unis parce qu'on manque de main-d'oeuvre au Québec. Le secteur des services publics qui dit : Si on n'améliore pas nos conditions de travail, si on n'améliore pas, si on ne trouve pas moyen de former davantage de gens, on ne pourra pas donner des services nécessaires aux Québécois en matière de santé, en matière de garderie ou autres.

Alors, dans les dernières heures, je crois que c'est devenu encore plus évident que ce l'était pour nous, mais j'espère que le gouvernement a pris la pleine mesure du problème au niveau de la main-d'oeuvre. Si on ne règle pas ce problème-là au niveau du service public, on ne pourra pas donner les services dont on a besoin, et si on ne le règle pas au niveau de l'industrie privée, il y a toutes sortes d'investissements qui ne se feront pas au Québec, malheureusement.

M. Bergeron (Patrice) : Parce que, justement, sur le plan de l'immigration qui a été longtemps une solution au problème de main-d'oeuvre, on ne devrait pas envoyer le signal, là, il faut revenir au seuil qu'on avait, vous savez, autrefois — puis il y a tout un débat au Québec autour de ça — dire : Là, là, ça suffit, il faut lâcher les positions dogmatiques et augmenter les seuils migratoires parce qu'on a besoin de monde.

M. Fortin : Mais je pense qu'on se rend compte de l'impact des positions dogmatiques des dernières années de la Coalition avenir Québec en matière de seuil d'immigration. La réduction des seuils d'immigration a eu un impact sur la possibilité d'offrir des services publics, a eu un impact sur la possibilité, pour nos entrepreneurs, de trouver la main-d'oeuvre dont ils ont besoin. Et il y a nécessité aujourd'hui de s'asseoir, avec le milieu économique, pour bien mesurer l'ampleur de leurs besoins et regarder les seuils d'immigration. C'est une des solutions et c'est une des solutions qui doivent être mises sur la table en ce moment.

La Modératrice : S'il n'y a plus de question en français, on passe en anglais.

M. Giroux (Stéphane) : Good morning.

M. Fortin : …all right.

M. Giroux (Stéphane) : All right. Yesterday … you focused very much on the fact that there was more promises of concrete…

M. Fortin : I know what you mean.

M. Giroux (Stéphane) : …concrete budget. You are saying this morning that we should really focus on the fact that women have been forgotten?

M. Fortin : This pandemic affected women disproportionally. The sectors of our economy, of our industry in which they worked were affected more so than sectors which are mainly occupied by men. And unfortunately, the one reaction that the Government had, the one plan that they have to relaunch our economy is based on sectors, sectors of industry where jobs are mainly occupied by men. We lost jobs in frontline services, we lost jobs in retail, we lost jobs in the restaurant industry. And the Government's response is to create jobs in construction where prices have already gone way up, where… I don't know if you've tried to get a company to come and do renovations at your house recently, but they are hard to come by and the prices are completely out of whack right now.

So, if Government decides to invest even more in that sector, it's going to have an impact, not only will it not answer the needs of the job market right now, but it is also going to have an impact on the prices that you paid as a consumer and the prices that Government pays for the projects they want done.

M. Giroux (Stéphane) : You also ... point about the money that will be spent in the public sector while, at same time, it should... will not be able to match the job demands, for example, the nursing...

M. Fortin : The Government came out and it seems to realize that there was a labor shortage in one sector, IT, and they put forth a plan to requalify people for the IT sector. And, while that's all necessary and good, if you look at most labor markets analysis, they will say right now that where you need the most workers is in the public service sector.

There are 500 nurses missing just in the Montérégie-Ouest. That's just in Vaudreuil, Valleyfield and Châteauguay, there's 500 nurses missing. And the Government's answer to that is to invest 7 million per year to train additional nurses. 7 million per year is not going to answer the needs of an entire province.

And furthermore, if Government doesn't invest to have enough nurses, whether it's by better working conditions or by training new people to become nurses, it will not be able to give Quebeckers the services that they need and that they deserve. If we don't have additional nurses and health care professionals, Government can invest anything they want, any amount of money that they want in terms of the health care budget, that money will not be able to meet the needs of Quebeckers if they don't have anybody to give their services. The whole system is dependent on nurses, doctors and health care professionals. If we don't have that, we can't give services to people.

Mme Fletcher (Raquel) : I would like to hear you about violence against women and the money, the 4.5 million dollars a year that is going to, amongst other things, at shelters. And Mr. Girard's response actually was that if you need more money, we will give more money. What is your reaction to that ...?

M. Fortin : That's the problem. That is the crunch of the issue here, when Minister Girard says «If we need more money». The whole budgetary process is based on ministers coming to see the Finance Minister and telling them what they need in the budget. And, when Minister Girard says : If we need more money, he's basically telling us that Minister Charest did not do her job and did not come an advocate for her... for women and women shelters. So...

Mme Fletcher (Raquel) : Of course, she did, and she was enough...

M. Fortin : Which is... In both cases, it's symptomatic of the fact that Government did not respond to the needs that are out there. We've been talking about this issue here at the National Assembly for weeks. I was listening to parliamentary debate this week in Ottawa and they were talking about it. It's an issue that has mobilized society, that has scandalized society. The government's response so far has been anemic, the sums that were promised last year did not make it to women's shelters and the $4.5 million investment they're promising this year is vastly underestimating the needs that are out there.

Mme Fletcher (Raquel) : Did you inquire Julie Massé as she ... the Government about where that ... 180 million dollars that is somewhere. It's supposed to be invested in women shelters or in other additions, but it hasn't got there yet or got lost. What happens to the money?

M. Fortin : The number of explanations the government has given so far is «abracadabrant», is astonishing.

Initially, they came out and said… The deputy premier had a press conference on Wednesday, when she said that that money has already been allocated to 15 of the 17 regions. Yesterday, the President of the Treasury Board came out and said : Oh! That money's now been allocated to every region. Well, if you ask women's shelters in all those regions, they'll tell you they still don't have that money. And today, the Associate Minister for Health, minister Carmant, went on the radio to say : Oh! well, we expect that money to be given out shortly. It was an IT issue and we're sorry about it.

The number of different excuses and answers they've given over the last week is astonishing and that's why we're asking them not  just to give the amount that was needed last year, that was scheduled for last year but to give the amounts that were scheduled for this year. Now, I think it's the least we can do so that women's shelters can start planning their project. Not give additional space tomorrow, start planning their projects. Thank you.

La Modératrice : Merci, bonne journée!

(Fin à 9 h 38)

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