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Point de presse de M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’économie et d’innovation

Version finale

Le vendredi 26 mars 2021, 9 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures quarante minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bonjour à tous. Bienvenue à ce point de presse du porte-parole pour Québec solidaire en matière de finances, Vincent Marissal. On va commencer par une petite déclaration puis on va prendre les questions par la suite. À noter que M. Marissal doit quitter à 9 h 55 pour aller au salon bleu pour l'interpellation. M. Marissal, la parole est à vous.

M. Marissal : Merci beaucoup, Sandrine. Je vais essayer de faire ça vite parce qu'effectivement je suis attendu au salon bleu.

Bonjour. D'abord, merci d'être là. J'allais dire «deux sujets». En fait, il y en a un, c'est le budget. Puis je vais faire juste deux interventions là-dessus, sinon on va y passer la journée.

D'abord, plus on décante ce budget-là, plus on lit les analyses, on relit les chiffres, on voit le calendrier aussi — parce que, vous savez, un budget, c'est beaucoup de chiffres, mais moi, j'ai toujours dit que le meilleur outil pour comprendre un budget, c'est un calendrier — et puis effectivement, quand on regarde le calendrier, on se rend compte de plus en plus que ce budget est en fait beaucoup plus une carte routière vers les prochaines élections. Le report de cinq à sept ans est une bonne chose pour l'atteinte de l'équilibre budgétaire, mais ne soyons pas dupes, le ministre nous annonce d'ores et déjà des compressions peut-être de l'ordre de 1,3 milliard, peut-être plus dans les années subséquentes, pour résorber le déficit structurel et les nouvelles dépenses qui pourraient venir parce que ce n'est pas terminé. Ça tombe bien parce que les élections, comme vous le savez, c'est en 2022, alors, c'est après que ça se passera.

Le gouvernement souhaite aussi flatter une certaine partie de sa base électorale en nous annonçant la suppression de 5 000 postes d'administrateurs et administratrices dans la fonction publique. La croissance prévue par le ministre des Finances est plus basse que ce que tous ses amis économistes et banquiers disent. Ça, c'est le plus vieux truc dans le livre de tous les ministres des Finances, parce que, devinez quoi, il va y avoir plus de croissance, donc plus de revenus. Ça tombe juste avant les élections, ça aussi. C'est parfait. C'est comme ça que ça fonctionne dans le merveilleux monde des prévisions budgétaires.

Et ensuite, bien, le gouvernement s'est doté du projet de loi n° 66 avec 180 projets, 55 milliards de dollars, donc beaucoup, beaucoup de pelletées de terre, de coupage de rubans, probablement, d'ailleurs, beaucoup dans les comtés de la CAQ ou ceux qu'ils veulent prendre au cours des prochains mois, des 18 prochains mois. Ça aussi, ça tombe vraiment bien.

Deuxième sujet, je vous passe le micro après, je veux vous parler de cette improvisation qui continue dans les politiques gouvernementales quant à la lutte à la violence faite aux femmes. Puis là j'ai le coeur un peu serré parce que, juste, juste avant de venir ici, on voit les nouvelles qui arrivent, qu'il y aurait eu un autre cas en Gaspésie, un autre cas horrible, qui est même difficile à décrire, ce que je ne ferai pas. Mais je ne sais pas ce que le gouvernement n'a pas compris, là, dans l'appel à l'aide des femmes et des groupes qui s'occupent des femmes et qui veulent lutter contre la violence faite aux femmes. Le gouvernement nous arrive avec 4,5 millions, sur cinq ans, ça fait 22 millions sur cinq ans. Les maisons d'hébergement demandaient 30 millions chaque année, récurrents. Alors, on est loin du compte. Puis, encore une fois, le ministre sort un chiffre, là, comme un lapin d'un chapeau, en nous disant : Bien, si ce n'est pas assez, après, on en remettra. Alors, je constate qu'avec ce gouvernement le «si», c'est la suite logique du «on verra» du premier ministre. On verra s'il y a un problème, on verra s'il faut mettre de l'argent, puis, si ce n'est pas assez, on en remettra.

Alors, ce que je demande, au-delà de la demande qui a été faite par ma cheffe parlementaire Manon Massé de la création d'un secrétariat à la coordination et à l'intégration des actions en matière de violences sexuelles et conjugales, donc, au-delà de la création rapide, d'une personne responsable de ce nouveau secrétariat, nous demandons qu'il y ait une rencontre au sommet avec cette personne responsable du secrétariat et le premier ministre afin d'arrêter d'improviser sur des mesures incomplètes et qu'on trouve, finalement, un programme et une politique réelle pour qu'on fasse réellement la différence dans la lutte qui est faite dans les violences faites aux femmes.

Alors, voilà, je suis prêt à prendre vos questions.

Mme Richer (Jocelyne) :

M. Marissal : En général, ce gouvernement-là a du mal avec tout ce qui est social : on le voit, là, notamment avec l'aide sociale, on le voit avec le logement social. Mais avec les femmes, c'est particulier parce que les femmes, c'est 50 % de la population et c'est un groupe qui est systématiquement discriminé. Et ici, en plus, on a une crise, une crise publique de sécurité publique et de santé publique, de violence faite aux femmes. Alors, comment se fait-il que le message ne se rende pas, que ce gouvernement-là ne semble pas prendre cette question au sérieux?

C'est pour ça que, moi, je redemande la création du secrétariat, mais je redemande surtout une rencontre au sommet pour que ces groupes-là soient capables, enfin, de se faire entendre et qu'on en fasse une priorité nationale.

Mme Richer (Jocelyne) : Selon vous, est-ce qu'on ne prend pas la ministre de la Condition féminine au sérieux dans sa demande ou si c'est elle qui ne prend pas assez le dossier…

M. Marissal : Visiblement, le pouvoir de persuasion de la ministre de la Condition féminine auprès du ministre des Finances n'aura pas suffi. Visiblement, elle n'a pas réussi à aller chercher des sommes suffisantes et significatives. Et c'est malheureux et c'est surtout malheureux d'entendre le ministre des Finances nous redire que, si ce n'est pas assez, on remettra de l'argent.

Je l'ai dit hier, je le redis : Ce n'est pas «si», là, c'est «combien», puis ce n'est pas «quand», c'est «maintenant».

Mme Prince (Véronique) : Pourquoi vous demandez, en fait, qu'une personne soit nommée au Conseil exécutif plutôt que de demander de remplacer, en fait, la… Est-ce que vous ne pensez pas que, peut-être, Isabelle Charest devrait être remplacée par un autre membre du gouvernement qui est plus influent? Pourquoi vous demandez une personne de plus, tant qu'à ça?

M. Marissal : Je laisserai M. Legault faire ses remaniements, là. En ce moment, ça prend une personne spécialement dédiée à ça pour envoyer un message très, très fort et pour aller chercher l'oreille du premier ministre, directement, avec ce dossier de la violence faite aux femmes et du manque de ressources, notamment en hébergement.

Mme Prince (Véronique) : Il n'y a pas un autre ministre, d'après vous, qui serait capable de le faire mieux? Est-ce que vous demandez, par exemple, la démission, le remplacement d'Isabelle Charest? Est-ce que c'est quelque chose qui est aussi revendiqué?

M. Marissal : Bien, Mme Charest n'a pas fait la preuve, à ce jour, qu'elle est capable de porter ce dossier-là avec efficacité puis de livrer, comme on dit… un mauvais anglicisme.

Cela dit, pour le moment, il est plus important, dans l'urgence, là, dans l'urgence, de créer ce secrétariat, de convoquer une rencontre au sommet et d'avoir une porteuse, je dirais, de ce dossier-là capable d'aller directement au premier ministre pour, enfin, qu'on soit capables d'avoir des politiques cohérentes. Pas des «si». Ce n'est plus le temps des «si», là.

Mme Richer (Jocelyne) : ...avec Mme Charest, non? Il y a comme deux ministres de la Condition féminine?

M. Marissal : Non, il y aurait une secrétaire responsable de la lutte à la violence faite aux femmes, c'est différent.

M. Bergeron (Patrice) : Ce budget a fait ressortir, encore une fois, les problèmes de pénurie de main-d'oeuvre. Il y a des mesures qui ont été mises en place notamment pour former des éducatrices en CPE puis, bon, pour la construction aussi. Et d'ailleurs le ministre des Finances fait du plein-emploi et de la main-d'oeuvre une des conditions pour revenir à la prospérité.        Est-ce qu'il ne serait pas, maintenant, l'occasion d'avoir un nouveau débat sur augmenter les seuils migratoires? Parce qu'on manque de monde de façon désespérée dans un paquet de secteurs au Québec.

M. Marissal : Bien, le niveau d'immigration a baissé de façon significative dans la dernière année pour les raisons que l'on sait, la fameuse pandémie qui, évidemment, a eu un impact. Évidemment, on souhaite qu'une fois qu'on sera passé à travers on va pouvoir reprendre, minimalement, les seuils qu'on avait. Mais ce gouvernement, vous l'avez vu depuis deux ans, deux ans et demi, prend plutôt la tangente inverse et puis veut diminuer le nombre d'immigrants ici. Nous, on pense que ce n'est pas une bonne solution.

Cela dit, les immigrants, ce n'est pas juste de la chair à PIB, c'est des gens qui veulent venir s'établir ici. Il y a toutes sortes de problèmes récurrents au ministère de l'Immigration. Il y a des enquêtes en cours, notamment de la Protectrice du citoyen. Ce ministère-là ne fonctionne pas bien. Et puis, en ce moment, je ne suis même pas convaincu qu'ils sont capables d'avoir le seuil prépandémie. Mais il faut y revenir, effectivement.

M. Bossé (Olivier) : ...curieux de savoir si vous avez déterré quelques pépites depuis hier. Des fois, plus on cherche, plus on trouve.

M. Marissal : Quelques pépites de?

M. Bossé (Olivier) : Dans le budget... qu'on voyait moins.

M. Marissal : Bien, des pépites, ça brille puis ça a une valeur. Blague à part...

M. Bossé (Olivier) : ...valeur... pour l'opposition, des fois.

M. Marissal : Oui. Blague à part, je m'inquiète de quelques passages dans le budget sur la ligne bleue. Je ne sais pas si on est en train de passer la ligne bleue aussi à CDPQ Infra. En tout cas, chose certaine, j'ai l'impression qu'on est en train de nous refaire le coup de la ligne bleue. Ça devient une joke plate, là, la ligne bleue à Montréal, là. Est-ce qu'on va, encore une fois, nous repousser ça?

Comme député de Rosemont et responsable du caucus de Québec solidaire pour les affaires de Montréal, l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, toujours à l'étude, toujours à l'étude, cet hôpital qui tient avec de la broche, là, qui est en train de s'effondrer littéralement, ça, ça n'a pas grand bon sens.

Il y a d'autres aspects du budget... puis je veux insister là-dessus, on n'a pas eu beaucoup de temps, hein, hier, au huis clos, là. On a eu quelques heures à peine. Ça a été... C'est toujours un exercice de gavage, là, les budgets. Il faut avaler ça, là, très, très rapidement puis digérer ça après pendant quelques jours. Mais on n'a pas eu beaucoup de temps. Il y a énormément de chiffres. On va finir l'analyse fine, mais c'est sûr qu'on va vous revenir avec certaines craintes qui étaient déjà là ou qui sont nées de la publication du budget hier.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais.

M. Giroux (Stéphane) : Good morning, Mr. Marissal. I'm going to pick up on this very last comment you made. You've been doing politics for a long time as a journalist, so you know how budgets are dumped on us. We have a couple of hours to go trough them. Do you think the devil is in the details? We still have to go through the whole brick to understand what might be hidden and may… very important shifts in projects or policies, like you just mentioned?

M. Marissal : Yes. I used to say, as a joke, that the budget lock-up should not last a few hours, but a few days, maybe a retreat for a weekend, studying the budget with experts, of course. That's always been a problem. And the cycle of the news doesn't help in that matter because we step to one news to another, that's the way it works. And I'm not complaining about it, that's the way it works. But, sure, we have to dig deeper, and we have to… You know, la devise du Québec is Je me souviens.  We have to remember what is in this budget and follow-up on this, especially on social programs like social housing, women shelters, and others.

M. Giroux (Stéphane) : OK. You also mentioned something very… Isabelle Charest, do you think she is still capable of doing her job if she cannot… the argument of…

M. Marissal : I don't want to personalize the debate here, it's too important for this. And we have probably another case of violence against a woman this morning in Gaspésie, if I understand well. So, I don't want to personalize on this, except to say that, obviously, Mme Charest missed the point and she was not successful to convince the Minister of Finance, because that's the way it works. She could have teamed up with Sonia LeBel, la présidente du Conseil du trésor. Obviously, they have failed to raise the alarm and to make sure that her colleague at the finance get it and act accordingly, that's hard to say, accordingly. Thank you.

Mme Fletcher (Raquel) : …Mr. Girard and other members of the Government. It shouldn't be up to Mme Charest... seven women have been killed in seven weeks. You would think that everyone in the Government would be... No?

M. Marissal : I don't get it, sorry. With the mask, you know, it's very difficult.

Mme Fletcher (Raquel) : It shouldn't just be up to Mme Charest to convince the Finance Minister. l mean, we've seen the level of the crisis, seven women being killed in seven weeks. So, do you think that the Government, in general, everyone in the Government will be more responsive to that, no?

M. Marissal : Beginning with the Premier. Beginning with the Premier. I mean, we have a national crisis right now. It's been evolving towards a national crisis. Many people were raising the alarms. Apparently, nobody got it in the Government. So, yes, it's more than time to put some real measures. I mean, where is the beef? The amount of money is not sufficient, the actions are not there. So, it's time for the Government to smell the coffee and wake up. We have a national crisis on our hands.

Mme Fletcher (Raquel) : What are you hoping to discover or to get of out this «interpellation, the «interpellation» this morning?

M. Marissal : Oh yes. Well, I was hoping to be able to speak with Minister Girard, which is not the case, obviously, this morning. We want to dig further on some issues, some social programs, social housing and also women, of course, and also the timing of some decisions leading to the next elections, so… because, for me, this is not a budget, this is a road map to the next election, and I want to dig deeper in this.

La Modératrice : Merci. Bonne journée.

(Fin à 9 h 56)

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