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Conférence de presse de Mme Geneviève Guilbault, vice-première ministre, et Mme Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation

Version finale

Le mercredi 24 mars 2021, 9 h 40

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Neuf heures quarante-trois minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à cette mêlée de presse de la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, et de la ministre déléguée à l'Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest. Mmes les ministres, la parole est à vous.

Mme Guilbault : Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde. Donc, je vais commencer aujourd'hui. Vous voyez, je suis accompagnée de ma collègue ministre responsable de la Condition féminine, et elle et moi allons commencer aujourd'hui avec un mot d'ouverture sur évidemment tout ce qui se passe par rapport à la violence conjugale.

Il y a eu sept féminicides, sept morts tragiques en sept semaines, au Québec, sept morts de trop. Évidemment, chaque décès est toujours un décès de trop, mais donc sept tragédies qu'on ne peut pas accepter. On ne peut pas accepter ça, comme gouvernement, comme femmes, comme société. Et je pense que tout le monde est d'accord là-dessus, on ne peut pas accepter ça, et ça doit cesser, cette violence envers les femmes.

Mon premier message, évidemment, va être pour les femmes qui sont les victimes, la majorité, la grande majorité, de cette violence, les femmes qui ont peur, les femmes qui sont dans des situations à risque et qui se retrouvent dans des contextes… en plus en pandémie, où ça peut devenir très, très difficile. Sachez que le contexte de la pandémie, et les mesures, et tout l'environnement de restrictions actuelles ne doivent jamais, jamais, jamais vous empêcher de demander de l'aide, de quitter un foyer ou un milieu qui est à risque pour vous ou pour vos enfants.

C'est très important de rappeler que toutes les ressources qui sont en place pour les femmes, que ce soit de l'hébergement, des organismes d'aide en tous genres, sont actuellement disponibles, en fonction, et qu'à aucun moment, ça peut paraître bizarre à dire, là, mais je veux juste être claire là-dessus, à aucun moment, une femme qui fuit avec ses enfants un foyer familial violent ne sera inquiétée par des policiers ou par des règles du couvre-feu, ou par les règles sanitaires, ou la Santé publique, etc., là. Il n'y a aucune restriction qui existe pour une femme qui doit quitter un milieu violent et il n'y a aucune entrave qui existe pour l'accès à l'aide disponible pour les femmes actuellement.

Donc, je trouvais ça important de le rappeler. Et ma collègue va, tout à l'heure, revenir sur tout ce qui existe en termes de ressources, et tout ce qu'on a mis en place, et tout ce qu'on déploie comme actions, comme gouvernement, pour venir en aide aux femmes qui, malheureusement, sont trop souvent les victimes.

Un autre message qui, celui-là, s'adressera aux hommes, et je suis aussi ministre de la Sécurité publique, comme vous le savez. Donc, il y a un volet important de cette problématique-là qui est la prévention, s'assurer que l'aide est disponible à la fois pour les hommes et pour les femmes, mais il y a aussi le volet de la répression.

Et je veux revenir sur toute la question que vous avez vue dans les journaux. On a parlé, entre autres, du nombre d'accusations en matière de violence conjugale qui a énormément augmenté dans les dernières statistiques. On parlait de 45 %. De fait, il y a environ, et ce sont des statistiques très préliminaires, donc ça pourrait changer… mais il y a effectivement environ 45 % plus d'accusations qui sont portées en matière de violence conjugale, pour environ 12 % de plus de signalements de situations de violence conjugale auprès des corps de police.

Donc, ça, ce que ça veut dire, c'est qu'il y a effectivement plus de situations qui sont signalées, 12 % plus de situations qui seraient signalées à nos corps de police. Donc, ça, possiblement, ça découle de cette conscientisation qui fait qu'on en parle de plus en plus, et que c'est un sujet qui est devenu incontournable comme société. Alors, plus de dénonciations et plus d'accusations veut dire qu'il y a plus, effectivement, d'enquêtes qui se font, de travail policier qui se fait pour mener justement à ces accusations.

Donc, dans l'ensemble, il y a plus de répression qui se fait et il y a donc plus de procès, etc. Il y a plus de répression qui se fait autour de la violence conjugale. Donc, ça, c'est un pas dans la bonne direction dans le sens où c'est important que les gens comprennent que cette violence-là n'est pas impunie au Québec et ne peut pas se faire impunément. Et un homme violent, que ce soit violent physiquement, violent psychologiquement, contrôlant ou toute la déclinaison des formes que peut prendre la violence, ne peut pas vivre tranquillement au Québec sans être, comment dire, inquiété, là, par le système, par les policiers, par le système judiciaire. Donc, ça, c'est mon message aux hommes.

Et, sur une note plus préventive, j'encourage les hommes à continuer à demander de l'aide. Nous nous sommes entretenus cette semaine avec des représentants des organismes qui viennent en aide aux hommes violents et nous avons su... ils nous ont communiqué le fait qu'il y a plus de demandes d'aide de la part des hommes, dans les dernières semaines, possiblement liées à la pandémie, possiblement liées... Vous savez qu'on a une campagne, aussi, de communication qui est en cours et qui vise spécifiquement les hommes qui sont violents ou à risque de devenir violents. Le premier ministre aussi a lancé à plusieurs reprises un message aux hommes. Alors, plus de demandes d'aide de la part des hommes, donc ça, c'est une bonne chose, parce qu'il faut se rappeler qu'à chaque fois qu'un homme violent ou potentiellement violent demande de l'aide, c'est un drame qui est potentiellement évité. Alors, ça, c'est une bonne chose.

Donc, à tous les hommes, n'hésitez pas à demander de l'aide. L'aide est disponible. Et on ne peut tolérer que des hommes continuent d'être violents ou deviennent violents. Que ce soit de la violence physique ou psychologique, ce ne sera pas sans conséquence. Vous le voyez, nos policiers sont à l'oeuvre, continueront d'être à l'oeuvre. C'est la même chose pour le système judiciaire. Alors, j'encourage tout le monde à utiliser l'aide qui est disponible. Si vous mettez en péril la sécurité de votre conjointe, d'une femme, de vos enfants, vous êtes à risque d'être, bien sûr, exposés aux conséquences judiciaires de vos actes.

Donc, sur ce, je vais terminer et laisser la parole à ma collègue en faisant un appel plus général à la société, parce que, oui, notre gouvernement prend la chose très au sérieux. Vous le voyez, moi, je suis ici comme vice-première ministre, comme ministre de la Sécurité publique. Ma collègue fait un travail extraordinaire depuis des mois, je travaille de près avec elle, comme ministre de la Condition féminine.

Mais c'est une responsabilité qu'on a comme société aussi, les 125 élus, tous les membres de la société. Si vous connaissez ou vous voyez une personne qui est à risque ou une personne qui est à risque soit de devenir violente ou soit de devenir une victime, n'hésitez pas à dénoncer. N'hésitez pas à secourir ces personnes-là, à les inviter à prendre refuge chez vous, à les diriger vers les organismes, vers l'aide qui est disponible, parce qu'on doit tous, comme société, je pense, prendre une part de cette responsabilité dans l'élimination de cette violence aux femmes.

Mme Charest : Oui, merci, Geneviève. Bonjour à tout le monde.

Bien, je vais commencer par dire moi aussi, à mon tour, que la série de féminicides qu'on a vus dans les dernières semaines au Québec, c'est inacceptable, et qu'on doit agir, on doit continuer d'agir. Ce n'est définitivement pas le Québec qu'on veut léguer à nos filles et à nos garçons.

Je veux aussi offrir mes condoléances aux familles et aux proches des femmes assassinées. Toutes mes pensées sont avec vous. J'ai évidemment une pensée pour toutes ces femmes qui vivent depuis des années avec la violence. Puis on sait qu'en ce moment, et, encore, j'ai été en discussion avec SOS Violence conjugale en début de semaine, c'est que la violence... Quand on dit que le phénomène est exacerbé, c'est que la violence est plus grave. Et là ce qu'on voit présentement, là, c'est des cas qui arrivaient par le passé, mais que, là, les conséquences sont plus graves, les actes sont plus violents. Et c'est ça qu'on constate présentement.

Ma collègue Geneviève... Mme Guilbault, pardon, l'a dit, si vous avez besoin d'aide, il y a des ressources qui sont disponibles. Si vous craignez votre conjoint, si vous n'êtes pas certaine que vous êtes en sécurité, appelez SOS Violence conjugale. Il y a des ressources, il y a de l'aide, il y a de l'information aussi qui va vous dire où est-ce que vous êtes rendue dans votre cheminement. Parce qu'on sait, un contexte de rupture est un contexte qui va faire en sorte que ça peut dégénérer. Puis ça peut être un cas de violence. Et on sait, dans une pandémie, il y en a beaucoup, de ruptures. Et là on est dans un déconfinement, on craint aussi ce que le déconfinement va faire parce qu'on sait qu'une perte de contrôle de l'homme violent va peut-être faire en sorte que ça va dégénérer.

Alors, de grâce, si vous avez des inquiétudes, appelez à l'aide. Puis, encore une fois, Geneviève l'a dit aussi, il n'y a aucune mesure sanitaire, il n'y a aucun couvre-feu, il n'y a aucune contrainte qui va faire en sorte que vous devez rester dans votre milieu violent. Si vous avez besoin d'aide, allez chez un proche, chez un ami, mais il n'y a personne qui va vous contraindre à rester dans un milieu violent.

Il y a beaucoup de choses qui ont été faites. Il y en a énormément qui restent à faire. Et je pense que le message qu'on veut donner aujourd'hui, c'est qu'on va travailler, on va continuer de travailler d'arrache-pied. Cette situation-là est, encore une fois, inacceptable. Si ça prend plus de moyens, on va mettre plus de moyens. Et là on est en train de mettre en oeuvre le plan d'action qui a été dévoilé au mois de décembre. Plusieurs choses qui sont en place, mais encore beaucoup qui reste à faire. Et, évidemment, j'ai la collaboration de tous mes collègues pour le mettre en place. J'ai la collaboration et l'oreille attentive du premier ministre qui l'a mentionné hier. Et, si on a besoin de plus d'argent, on va en mettre.

Alors, c'est sûr qu'il faut agir sur les hommes violents, mais aussi il faut sensibiliser, il faut changer les comportements. Et, ça aussi, ça fait partie du plan d'action spécifique sur la violence conjugale qu'on a dévoilé en décembre dernier. Il y a une campagne publicitaire qui joue ces temps-ci, puis ça a une incidence effectivement sur les demandes à l'aide, sur le fait que les ressources sont submergées d'appels aussi. Mais je vous le dis, on continue de travailler dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, dans les prochaines années parce que c'est quand même un fléau qui est vaste, qui est large, qui est complexe. Mais on est là. On est en action. Puis on va continuer de le faire.

M. Laforest (Alain) : Est-ce qu'il n'y a pas un constat, Mme Charest, à l'effet que le déploiement des ressources en santé mentale ont tardé, ce qui fait qu'il y a beaucoup des gens qui ne savaient pas où se tourner parce qu'il n'y en avait pas, de ressources?

Mme Charest : Bien, en fait, il y a deux éléments. Puis on parle de... je vais vous parler davantage des ressources en violence conjugale, là. D'une part, il y a eu un fonds d'urgence qui a été déployé, puis qu'il y a eu des fonds aussi qui sont venus du fédéral. Donc, il y a 19,9 millions d'urgence pour contrer les effets de la COVID qui ont été distribués sur le terrain.

Maintenant, il y en a un autre, là, le 180 millions, là, du plan d'action qu'on a dévoilé en décembre, qui vient appuyer, mais, en fait, qui vient renforcir de façon substantielle. Parce que l'ancien plan de violence conjugale avait 89 millions. Donc, nous, on vient ajouter 180 millions, dont un financement, un rehaussement de financement des maisons d'hébergement de 30 %, là. Ça, ça fait 15, 20 ans que c'est demandé. Les maisons d'hébergement demandent un rehaussement de financement. On l'a fait.

Oui, il y a eu des délais, il y a eu des ajustements. Il y a eu, en fait, une table de concertation qui a été faite avec les différents regroupements pour voir comment on va octroyer ces sommes, comment on va les... comment on va consolider les services. Donc, d'une part, les fonds COVID, pour contrer la situation problématique de la pandémie, ça a été versé. Ça, ça a déjà été distribué. Le haussement du financement, il reste deux régions qui n'ont pas eu leur financement de ce rehaussement de financement là qui date... qui aurait dû être fait il y a bien, bien des années, mais on est en train de finaliser ça.

M. Laforest (Alain) : Mais les sept en sept, Mme Charest, est-ce que ça ne démontre pas qu'il faut...

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : ...violents, dans les dernières semaines, qui avaient des antécédents criminels. Il y a plusieurs des conjoints qui sont passés à l'acte, dans les dernières semaines, qui avaient des antécédents criminels. Il existe un outil pour évaluer leur dangerosité, là, au moment de les remettre en liberté. Pourquoi on n'utilise pas cet outil-là? Parce qu'il n'a pas été utilisé du tout à Montréal. Qu'est-ce qui vous empêche de le rendre obligatoire, cet outil-là?

Mme Charest : Bien, en fait, cet outil-là était un projet pilote. Maintenant, il est déployé. C'est un outil qui est relativement nouveau. Puis, quand je disais que la mise en place des recommandations ou la mise en place des actions... bien, ça prend un certain temps. Donc là, on est à le mettre en place. Maintenant, peut-être que, si ça avait été fait il y a 10 ans, bien, peut-être qu'on serait déjà...

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Bien, ça remonte à 2018. Je veux dire, il est utilisé ici, dans la Capitale-Nationale.

Mme Charest : Bien oui, mais... Voilà. Il a été utilisé en projet pilote. Maintenant, c'est à se mettre en place. Puis il y a différentes mesures, mais il faut que ça descende sur le terrain, puis malheureusement, ça ne se fait pas de façon instantanée.

M. Bergeron (Patrice) : ...les maisons d'hébergement, et les maisons d'hébergement disent que...

Mme Guilbault : ...Mme Sioui. Juste en complément sur cet outil-là, il faut comprendre que c'est des conditions de liberté provisoire, donc en attendant le procès, et non une libération conditionnelle à la suite d'une détention. Donc, quand on parle de gens qui ont des antécédents, ça se peut qu'au moment de sa première liberté provisoire il n'ait pas forcément déjà ces antécédents, là. Mais effectivement, il y a un travail à faire pour développer ce réflexe-là, pour faire en sorte que les deux parties… parce qu'on voyait, notamment dans votre article ou l'article de votre média, que les deux parties doivent offrir leur consentement. Donc, il y a un travail, certainement, de communication, et de vulgarisation, et d'explication peut-être de ce programme-là à faire pour qu'il soit plus répandu, comme dit Isabelle. C'est un travail en progrès.

M. Bergeron (Patrice) : Vous dites aux femmes d'aller voir les maisons d'hébergement, et les maisons d'hébergement, il n'y a pas plus tard qu'une semaine et demie, deux semaines, disent : Bien oui, mais on n'a pas de place pour eux, on les refuse. Pourquoi vous les envoyez là alors qu'on ne peut même pas les héberger?

Mme Charest : En fait, on dit de… Ce ne sont pas toutes les femmes qui veulent aller dans des maisons d'hébergement, et on dit qu'il y a des ressources. Il y a SOS Violence conjugale qui peut aussi référer à différentes ressources. Il n'y a pas juste les maisons d'hébergement qui peuvent offrir de l'aide.

Maintenant, encore une fois, on le dit, il y a encore beaucoup de travail à faire. On a rehaussé le financement des maisons d'hébergement. Le premier ministre l'a dit, et je l'ai dit dans mon allocution tantôt, s'il faut mettre des sommes additionnelles, on va le faire. Mais, dans un premier temps, on a rehaussé ce financement de 30 %, et ce qu'il fallait faire, c'est un travail avec les maisons d'hébergement pour consolider l'offre, parce que c'est ce que… Le travail qu'on a fait avec elles, là, pour voir comment on va déployer ces sommes-là, là, c'était de consolider l'offre. Alors, c'est un travail qui a été fait avait les maisons d'hébergement. Il reste encore des besoins, mais on y travaille.

Mme Prince (Véronique) : Vous avez des projets que vous avez annoncés conjointement. On ne sait où c'en est rendu présentement. Par exemple, le bracelet électronique, il devait y avoir un projet pilote. Les cellules d'intervention comme il y a à Laval, avec la police, ça devait être déployé dans d'autres régions du Québec. On en est rendus où dans ces projets-là?

Mme Guilbault : Bien, sur le bracelet, on n'a pas parlé de projet pilote, mais bien d'étude de faisabilité de l'implanter ici. Ce qu'on a annoncé en décembre, c'est qu'on aurait un rapport sur la possibilité d'implanter cet outil-là ici, dans notre système juridique, à la lumière de ce qui s'est fait ailleurs, des succès et des ratés de ce qui s'est fait ailleurs. Et on devait, à l'origine, avoir ce rapport-là en mars 2022, et maintenant on l'aura cette année. Donc, cette année, on aura ce rapport-là plutôt que l'an prochain parce qu'on veut l'avoir au plus vite pour, par la suite, pouvoir savoir si, oui ou non, c'est possible de l'implanter et aller de l'avant avec l'implantation dès que ça sera possible de le faire. Mais il faut commencer quelque part, et c'est effectivement commencé au moment où on se parle.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'il y aura des sommes nouvelles demain dans le budget? Est-ce qu'il y aura des sommes nouvelles demain dans le budget, compte tenu de la situation? Sept en sept, c'est inacceptable. Est-ce qu'il y aura des nouvelles sommes demain?

Mme Guilbault : On ne peut pas, évidemment, répondre sur le budget avant demain. Vous verrez le budget demain. Mais le message qu'on dit aujourd'hui, il y a déjà eu 180 millions dans le dernier budget qui est actuellement réparti entre diverses mesures de prévention et de répression, entre autres les maisons d'hébergement, et, si on doit mettre plus d'argent, nous mettrons plus d'argent. Je suis entre autres, moi, en train de travailler sur quelque chose que je ne suis pas prête à annoncer pour le moment, mais qui va être très intéressant et qui est au carrefour de la prévention et de la répression. Donc, dans ce sens-là, c'est très, très intéressant. Et je pourrai vous revenir là-dessus en temps et lieu.

Mme Fletcher (Raquel) : Seven murders in seven weeks, Mme Guilbault. What is your government doing about this right now?

Mme Guilbault : This is a situation that is very... We cannot accept as a government, as women, as a society this situation where we have seven women who died in the last seven weeks because of situations of violence, domestic violence. So, we are in action. We already announced 180 million last December, my colleague and I, for a lot of measures in prevention and in repression to make sure that we fight against this domestic violence, this violence against women in general that we have to fight against. And another message...

Mme Fletcher (Raquel) :

Mme Guilbault : Pardon me.

Mme Fletcher (Raquel) : It doesn't seem to be enough.

Mme Guilbault : Well, if we need more money, we will put more money. But what we are saying today is that those measures are in place. And this a work in progress, we have to repeat the message that, yes, this is a responsibility for the Government. And we have to put money, we have to put measures in place. And those are already in place. But we have as a society to fight all together against the violence, and we have to repeat the message towards men. Men who want to ask for help must ask for help. Whenever a man asks for help, this a potential drama that is avoided. And we have to repeat the message more importantly to women that you have to know that you can flee from a violent household whenever you want. And measures and rules that are in place from the Public Health cannot prevent you from fleeing domestic violence situations. So, all women can flee a domestic violence situation and ask for help whenever they have to.

Mme Senay (Cathy) : What I would like to ask you, to both of you : Beyond those millions, beyond saying : We are doing something, we are in action, we have measures, what do you say to those kids who have lost their mothers? There are many of them just in the last seven weeks. What do you tell them today, this morning?

16885 17845 Mme Charest : We tell them that we are working and we're continuing on working. And we're not going to give up, we're not going to surrender because we need to work together. And that's what we're doing today.

Mme Senay (Cathy) : Do you think this is enough? They're going through traumatized hours and they need, like, a big change. Do you think that telling them there are measures in place or about to be in place, this is enough?

Mme Guilbault : We can always do more. That's what we are saying today. If we need more money, we will put more money, if we need more actions, we will put more actions. But we already put in place a lot of actions and a lot of money. And the implementing of those measures is a work in progress. But what we are saying is that there is money on the table. There are actions that have been taken earlier. Last December we announced them. But we have to remind every woman that she doesn't have to settle for a violent situation. There are organisms, there are resources, there are shelters that exist for them, and the pandemic mustn't be an obstacle for them to go ask for help for themselves, for their children.

And, about men, you cannot be violent without having to... without being held accountable for what you are doing, and there are consequences to violence. And what we want is for men to ask for help, to prevent domestic violence. And we all have this responsibility, as a society, as citizens, to make sure that we have a careful eye around ourselves… is : Are there women who are suffering that kind of situation? We can help them. We can refer them to organisms. We can invite them over «chez nous, là, tu sais». We cannot gather in private homes. I want to be clear on that. But, in a very urgent situation, you can help someone and go with her, accompany a woman that is desperate towards an organism or a shelter. That's what I'm saying today. We have to be very protective of our women around us.

Le Modérateur : C'est ce qui met fin à cette mêlée de presse. Merci à toutes et à tous.

(Fin à 10 h 5)

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