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Point de presse de Mme Méganne Perry Mélançon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’économie et de relance

Version finale

Le mercredi 24 mars 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures deux minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Alors, ce matin, Mme Méganne Perry Mélançon, notre porte-parole en matière de condition féminine ainsi que d'économie, qui sera suivie du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon.

Mme Perry Mélançon : Merci. Bon matin, tout le monde. Hier, on apprenait encore le décès... le meurtre, en fait, d'une septième femme au Québec, qui a succombé à ses blessures à LaSalle. Comme tous les Québécois, c'est certain que j'ai encore cette boule dans la gorge. J'ai peur à chaque fois que j'ouvre mon cellulaire pour voir s'il y a la notification d'une nouvelle qui va rapporter encore un féminicide ou une tentative de meurtre. On parle de sept féminicides en six semaines depuis janvier. C'est beaucoup plus que la moyenne, qui était déjà beaucoup trop élevée, d'un meurtre, un féminicide par mois.

Alors, je veux, au nom du Parti québécois, adresser mes plus sincères condoléances à toutes les familles qui ont été et qui sont en deuil. C'est vraiment un moment très triste qu'on vit au Québec. Et on se doit de rappeler, en fait, toutes les recommandations qui sont faites par les intervenants du milieu depuis plusieurs années, qui sont maintenant dans un rapport, avec 190 recommandations qui viennent du milieu, qui viennent des experts. Il faut trouver une façon de sécuriser les personnes victimes. Il y a tout un chapitre qui en parle.

Vous savez que, dans nos attentes budgétaires, on a fait les demandes au gouvernement déjà pour qu'il y ait un 70 millions qui soit ajouté dans la mission des centres d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. C'est une demande du milieu pour simplement assurer une place à toutes les femmes qui cognent à la porte. Et évidemment il faudra aussi ajouter une création de places additionnelles.

Alors, moi, je veux que ce soit pris au sérieux, là, par le gouvernement. Nos demandes sont laissées pour compte jusqu'à maintenant pour ce qui est du 70 millions de dollars. Mais là à ça s'ajoute tout le pan aussi de… Quand on parle de sécuriser les personnes victimes, oui, il faut avoir des sous quand elles cognent à la porte pour aller chercher de l'aide et s'isoler, se protéger, mais il faut aussi qu'on s'occupe de cet homme-là, cet homme-là qui cherche toutes les façons possibles de trouver le moment où est-ce que la victime, elle est vulnérable, elle est seule puis qu'il peut encore faire un coup. C'est des hommes, on l'a vu, là, bacaisses, de 200 livres et plus, qui viennent s'attaquer à une femme.

Donc, je suis très émotive ce matin, mais il va falloir que ce plan-là, le comité transpartisan qui a parlé de 190 recommandations là… que toutes les recommandations soient prises dans leur ensemble. Là, je ne ferai pas l'énumération de toutes les recommandations, puis lesquelles sont les plus importantes. Oui, il va falloir qu'on ait quelqu'un qui chapeaute ces recommandations-là, qui s'assure qu'elles soient mises en place. Mais il faut aussi qu'on ait des cellules de crise partout au Québec. Il faut qu'on ait vraiment des façons concertées de s'assurer que les hommes, par l'évaluation des conjoints violents, notamment, quand il s'agit de l'enquête sur la remise en liberté, bien, qu'elles soient appliquées de façon continue, tout le temps. Et ça, bien, il va falloir que ça se fasse le plus rapidement possible.

Alors là, on ne peut plus attendre. Et notre message, ce matin, il s'ajoute à toutes les lois qui le disent depuis des années. Le gouvernement doit agir et doit donner suite à ces 190 recommandations là maintenant.

Alors, je cède la parole à mon chef, Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Méganne. Deux sujets. Un premier parce que l'affaire Attaran continue à prendre beaucoup de place, et surtout parce que, dans tous les paliers de gouvernement, finalement, on a, à l'unisson, une condamnation de l'inaction de l'Université d'Ottawa.

Aujourd'hui, nous allons présenter une motion qui se lit comme suit :

«Que l'Assemblée nationale souligne que les contribuables québécois financent, par le biais du programme d'aide financière aux études, une partie des activités de l'Université d'Ottawa, fréquentée par environ 5 500 étudiants québécois;

«Qu'elle dénonce les fréquentes attaques haineuses, discriminatoires et francophobes dont fait régulièrement l'objet la nation québécoise au sein du Canada et qui, trop souvent, sont tolérées et laissées sans conséquence;

«Qu'elle condamne les institutions canadiennes qui refusent d'intervenir pour que cessent ces agressions envers la nation québécoise.»

Donc, c'est ce qu'on va déposer aujourd'hui. Et on s'attend à ce que l'Assemblée nationale parle à l'unisson.

Deuxième sujet, GNL Québec. C'est une journée importante, là, on a le dépôt du rapport sur GNL Québec, rapport du BAPE. On a très hâte de le voir. Mais je veux rappeler qu'en une seule année, si jamais on fait le projet GNL Québec, on va détruire tous nos efforts de réduction des gaz à effet de serre depuis 1990. C'est absurde à ce point-là, sur le plan environnemental, ce projet-là. Donc, on est très intéressés à lire ce que le BAPE va avoir à écrire et à dire là-dessus. Le seul parti qui appuie ce projet-là, c'est la CAQ. Et j'espère que, si le rapport est clair aujourd'hui sur les conséquences environnementales et le non-sens économique de ce projet-là, la CAQ va tout de suite fermer le dossier.

Et j'en profite pour rendre hommage à mon collègue Sylvain Gaudreault. Je veux rappeler qu'à l'élection de 2018 il a été le premier à dire que ça prenait un BAPE, et que sa position a été constante. Notamment, en janvier 2019, quand on a eu l'analyse du cycle de vie, Sylvain a à nouveau pris position. Et, localement, tout cet effort-là se traduit par le plan de transition pour une économie verte et juste, qu'on a déposé la semaine dernière dans le cadre de nos attentes budgétaires.

On ne dit pas, au Parti québécois, qu'on bloque GNL Québec parce qu'on veut bloquer des projets. On dit que ce projet-là ne donne pas de résultat sur le plan économique, coûte une fortune, donne peu d'emplois, des emplois qui ne sont pas durables, et, au final, saccage tous nos efforts en matière de lutte aux changements climatiques.

Donc, nous, ce qu'on dit, c'est : On va investir massivement dans des entreprises québécoises qui ont un potentiel de développement dans le domaine des énergies renouvelables et de la nouvelle économie. Donc, en concret, le plan du Parti québécois générera, dans une région comme le Saguenay—Lac-Saint-Jean, beaucoup plus d'emplois, et des emplois durables.

Donc, c'est également une question économique. Et je salue la ténacité, la persistance de mon collègue Sylvain. Et on est de tout coeur, au Parti québécois, dans ce virage qui doit être pris. Les projets dinosaures, là, du siècle dernier, il faut en sortir, puis il faut que la CAQ ouvre les yeux. Et j'espère que le rapport du BAPE sera l'occasion de le faire.

La Modératrice : On va prendre les questions, une question, une sous-question.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...le Tribunal administratif du travail, sous la plume du juge Philippe Bouvier, écrit que les employés de CHSLD, y compris le personnel d'entretien, devraient pouvoir porter des masques N95 en tout temps lorsqu'il y a des cas de confirmés ou de suspectés de COVID-19 en CHSLD. C'est un jugement qui est tombé hier.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est un jugement qui remet également en question le témoignage de l'expert de l'INSPQ. C'est un jugement également qui semble très troublé. Le juge a été réellement troublé d'entendre la situation dans laquelle les employés se retrouvaient. Donc, le gouvernement ne peut absolument pas faire fi de ce jugement-là et doit s'assurer que le niveau de protection est à la hauteur des normes qui auraient dû s'appliquer. Et ce n'est pas ce que le gouvernement, rappelez-vous, a communiqué à l'époque.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...l'INSPQ, ça, justement?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense que l'INSPQ nous doit des explications quant à ce jugement-là, parce que, si on a mis en jeu, comme le juge l'a conclu, la santé et la sécurité de nos travailleurs en toute connaissance de cause, en présumant qu'un masque chirurgical avait la même valeur de protection qu'un N95, puis que c'est ça qu'on a communiqué aux travailleurs, mais que ce n'était pas vrai, il y a des réponses qui vont devoir être fournies par l'INSPQ, là, ça, c'est certain.

M. Lacroix (Louis) : Comment vous qualifiez la gestion de la question des masques depuis le début de la pandémie, là? On sait que ça a pris une éternité avant que, dans la population, on décide de dire : Bien oui, ça pourrait être utile. Au début, non, ce n'était pas utile.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je vous rappelle que c'est le Parti québécois qui proposait fortement, là, l'utilisation des masques en mai dernier, puis on s'était fait... Il y avait eu des moqueries comme quoi ce n'était pas une bonne proposition, parce qu'au début la position de la Santé publique, c'est que ce n'était pas... que la science ne le recommandait pas. Finalement, on a changé, mais prenons un pas de recul, là. Combien de fois, dans cette crise-là, on n'a pas réussi à y voir clair sur ce qui est scientifique puis ce qui est politique? Prenez encore aujourd'hui, là, l'exemple...

M. Lacroix (Louis) : Vous pensez que la politique a teinté...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On ne le sait pas. Je ne peux pas...

M. Lacroix (Louis) : Bien, c'est ce que vous laissez entendre?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, ce n'est pas ça que je laisse entendre. Je laisse entendre que c'est impossible, dans tous ces dossiers-là, de démêler la science du politique parce que c'est un choix gouvernemental de maintenir cette confusion-là. Puis, dans des sujets comme le masque, comme dans d'autres sujets, puis on s'en est parlé, là, ça fait des mois qu'on parle de ce sujet-là, malheureusement, on n'a pas été transparents sur ce qu'était la part de scientifique et la part de politique, mais je ne suis pas capable de vous expliquer… mais l'INSPQ, elle, nous doit des explications suivant le jugement qui est quand même très sévère.

M. Larin (Vincent) : L'INSPQ peut se tromper?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien sûr, mais, à ce moment-là, elle nous fournira des explications en ce sens-là, sur ce qui a changé. C'est parce que, là, on met la... on parle de la santé et de la sécurité des travailleurs qui, eux, se fient, de bonne foi, à des indications comme quoi le masque chirurgical fait le travail au même titre qu'un N95. Il y a vraiment des réponses à aller chercher, ça me semble évident.

M. Larin (Vincent) : À partir du moment où, depuis des mois, on base toutes les décisions gouvernementales sur les recommandations de l'INSPQ, puis là on admet qu'elle peut se tromper…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Elle nous doit des explications.

M. Larin (Vincent) : Oui?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça dépend des explications qui nous seront fournies, mais l'INSPQ nous doit des explications.

M. Lavallée (Hugo) : …je comprends que vous avez fait état de l'attente, là, ces derniers jours, mais, si vous nous résumez ça, qu'est-ce que vous… à quoi vous vous attendez demain, précisément?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est un budget extrêmement important demain. Pourquoi? Parce qu'on est devant une fenêtre historique où notre économie est à rebâtir et où, au Sud, nos voisins américains sont en train d'investir 2 000 milliards de dollars pour une transition vers une économie verte puis vers la nouvelle économie. Et on a un gouvernement caquiste qui ne comprend pas cet enjeu-là et qui s'entête dans des modèles économiques comme GNL Québec puis d'autres modèles des années 90.

On ne peut pas rater le bateau ni sur le plan environnemental ni sur le plan des inégalités sociales, parce qu'on le voit là, il y a plusieurs symptômes des conséquences de la crise sur l'équité sociale. Et on ne peut pas non plus continuer à faire de la créativité comptable comme ce qui avait été fait lors de la dernière mise à jour, où est-ce qu'on inventait 6 milliards du fédéral qui, en fait, ne viendront pas, de ce qu'on comprend.

Donc, ça prend de la rigueur puis ça prend de la vision. Et ce budget-là est particulièrement important dans la mesure où il y a une fenêtre. On doit rebâtir notre économie de toute façon. Donc, tant qu'à la rebâtir, pourquoi ne pas la rebâtir sur des assises durables et solides plutôt que de maintenir des vieux modèles des années 80, 90, qui sont complètement dépassés en termes de ce que la croissance économique devrait vouloir dire? Il faut y aller vers les modèles durables et verts comme les États-Unis le font en ce moment sous Joe Biden.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant le stade de baseball, hier, M. Legault a ouvert un peu la porte en disant : Ah! ça pourrait être rentable si des joueurs viennent payer des impôts au Québec. Croyez-vous à ça, ce modèle-là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Normalement, là, quand le secteur privé, dans le domaine sportif, demande qu'on paie de notre poche des installations sportives comme un stade, c'est qu'ils ont eux-mêmes calculé qu'ils ne feraient pas beaucoup de profits comme investisseurs s'ils le faisaient eux-mêmes. Ce que j'ai soulevé hier comme problème, c'est qu'on nous demande des sommes importantes en fonds publics, alors qu'il y a des dizaines de milliers de places en garderie qui sont toujours manquantes, puis que nos systèmes publics qui sont toujours en défaillance importante. Ça demande un réinvestissement.

Je vous parle d'un virage vert. Méganne vient de vous parler du sous-investissement des organismes communautaires qui protègent les femmes de violence et d'homicides. Comment pourrions-nous mettre de l'argent dans un stade de baseball pendant que la sécurité des femmes au Québec n'est pas assurée parce qu'on sous-finance les organismes puis pendant qu'on n'a pas de place en garderie? Il y a quelque chose qui ne tient pas.

M. Lacroix (Louis) : L'argument de M. Legault, c'est de dire : Si on n'investit pas, l'équipe ne vient pas, si l'équipe ne vient pas, on n'a pas les retombées fiscales amenées par les salaires mirobolants des joueurs de baseball, et l'investissement doit être inférieur à ce que ça rapporte en revenu fiscal. Donc, si on se fie à son raisonnement, normalement, il devrait y avoir plus d'argent qui va rentrer pour payer ce que vous dites, si on suit son raisonnement.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Mais, aux dernières nouvelles, il n'y a pas 50 joueurs de baseball sur un terrain, hein? Donc, je comprends qu'ils gagnent cher, là, mais, de dire que le financement du stade serait compensé par les impôts qu'on prélève sur les joueurs de baseball, ça reste à démontrer. Donc, si, vraiment, il y a un plan d'affaires rigoureux qui démontre la rentabilité d'un investissement comme celui-là pour le gouvernement, je suis prêt à l'étudier, mais j'en doute sérieusement, parce que, lorsque le privé, comme ça, veut transférer au public le problème puis nous demande un investissement, mais pas à titre d'actionnaire, là, ce serait un autre de ces prêts pardonnables ou de ces subventions-là, quand c'est ça qui est demandé, je regrette, là, c'est des fonds publics qu'on ne reverra jamais. Et, de prétendre... En tout cas, je serais très curieux qu'on arrive avec des chiffres rigoureux pour m'expliquer que les quelques joueurs sur le terrain compensent pour les centaines de millions de dollars qu'on va engloutir dans un stade, là. Je suis très curieux.

M. Bergeron (Patrice) : ...au gouvernement qu'on finance de l'argent qui aurait pu aller en santé puis en éducation, à ce moment-là, on aurait refusé toutes les subventions à Rio Tinto Alcan, ou à Bombardier, ou à d'autres grandes entreprises, parce que, sinon, effectivement, on pourrait mettre tout l'argent en santé puis en éducation puis ne jamais donner une cent à une entreprise.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, vous me posez une bonne question. Bombardier, là, c'est quoi le bilan du 1 milliard quelque qu'on a englouti là-dedans? Qu'est-ce qu'il reste de ça? Il y a un problème dans notre façon de concevoir les priorités du gouvernement. Les gens paient leurs taxes... Hein?

M. Lacroix (Louis) : Ça, c'étaient les libéraux, en passant.

Une voix :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est ça, mais…

M. Lacroix (Louis) : Non, mais je parle de Bombardier, c'étaient les libéraux.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, oui, mais c'est un exemple qui démontre que la philosophie du gouvernement sous la CAQ n'a pas tellement changé nécessairement. Moi, ce que je vous dis, c'est que les gens consentent à payer des taxes et des impôts qui sont relativement élevés, là, par rapport à d'autres endroits dans le monde, comme les États-Unis, en échange de services.

Donc, on va commencer par assurer des services de base comme l'hôpital, l'éducation, la garderie puis la protection de la sécurité des femmes et des enfants. Il me semble que, dans l'ordre des priorités d'un gouvernement, ça devrait être par-dessus la construction pour une équipe de baseball qui viendrait jouer la moitié du temps parce que l'autre moitié, ils sont les Rays de Tampa Bay. Qu'ils mettent ça par écrit, là, ce plan-là, puis, si jamais il y a une démonstration rigoureuse que c'est rentable pour le gouvernement du Québec, ça me fera plaisir de me prononcer là-dessus.

M. Bergeron (Patrice) : ...parce que les études du ministère des Finances sur ce sujet-là soient publiées puisque M. Legault va peut-être les brandir aussi.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il faut à tout le moins que tous les chiffres qui sont proposés par les promoteurs de ce projet-là soient transparents, et que l'analyse qu'on en fera, en termes de retombées économiques, surtout les impôts, là, comme vous dites, soit mise sur papier pour que des partis d'opposition puis d'autres experts puissent se prononcer sur une base objective. Ça me semble la première étape. Puis un autre point... Méganne a raison. Veux-tu prendre la parole? C'est important.

Mme Perry Mélançon : Bien, rapidement dire aussi que j'aimerais voir le ministre de l'Économie avoir autant de considération puis mettre autant d'efforts et d'énergie dans la sauvegarde de nos PME, parce que ça représente 99,8 % des entreprises au Québec, puis, bien, lui, il se concentre sur le 0,2 %. Et on arrive avec toutes sortes d'idées, là, pour leur prêter de l'argent, alors que c'est des gens qui en ont déjà plein les poches, puis, bien, à côté, on a des entreprises qui se meurent, oui, parce que le contexte COVID est difficile, mais aussi parce que le gouvernement n'est pas au rendez-vous pour leur accorder des prêts puis des aides gouvernementales qui ont de l'allure. Donc, moi, c'est ça qui me fatigue aussi, de toutes les intentions du gouvernement d'aider dans des projets qui les emballent chacun, le premier ministre, le ministre de l'Économie, mais qu'on n'a pas le retour de la balance aussi pour nos PME. Donc, oui?

M. Larin (Vincent) : Qu'est-ce que vous pensez du fait que ces aides d'entreprises-là soient prises en compte dans le calcul des rendements pour les bonis des vice-présidents et des P.D.G. d'Investissement Québec?

Mme Perry Mélançon :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Répétez la question, s'il vous plaît, je n'ai pas...

M. Larin (Vincent) : Concernant les aides aux entreprises, on apprenait ce matin, dans une entrevue avec M. LeBlanc, que l'argent qui est donné par le MCE est pris en compte dans le calcul des bonis pour le rendement, là, des P.D.G. et vice-présidents d'Investissement Québec. Ce n'est pas un peu questionnable?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, ça soulève des questions sur quel genre de décision ça va donner. Le problème avec les bonus, c'est toujours que ça oriente les décisions vers l'atteinte des bonus et non pas vers l'intérêt public puis d'autres considérations sociétales. Donc, je ne suis pas contre les bonus en général, là, mais ça pose, ça soulève cette question-là.

L'autre élément, c'est surtout qu'on est en train d'envoyer un signal que la rémunération de certains organismes parapublics va se détacher complètement de la grille salariale applicable à tous les autres organismes parapublics au nom des meilleurs résultats que ça va permettre d'obtenir. Et ça, il y a plusieurs études qui démontrent qu'en fait augmenter de manière astronomique la rémunération des P.D.G. d'entreprises ou des dirigeants, augmenter les bonus n'augmente pas nécessairement de manière très claire leur rendement obtenu.

Et moi, je pense que le comparable par rapport à Investissement Québec en termes de rémunération, ça devrait être les autres organismes parapublics, et on devrait garder les rémunérations dans ces balises-là. Si on ouvre la porte à des augmentations sans cesse de la rémunération des gens qui travaillent pour l'État, je pense qu'on est devant des questions sociales, quelque chose de choquant, là, dans l'ordre de priorité.

Ça parle beaucoup de comment pense le gouvernement actuel. Quand on compare le traitement des PME avec le traitement des grandes entreprises, quand on compare le traitement de la rémunération de certains hauts dirigeants par rapport à la lenteur avec laquelle on règle des problèmes comme les places en CPE, les conventions collectives du secteur public, ça en dit long sur on a affaire à qui.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : J'aimerais poser des questions sur deux sujets. Je vais aller vite, Cathy.

Les CPE, justement, vous étiez là ce matin, est-ce que vous croyez les explications du ministre? Est-ce que c'est plus compliqué maintenant de créer des places que ça l'était quand le PQ était au pouvoir?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : La nouvelle explication, c'est quoi? Je vous écoute.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : ...plus compliqué désormais d'en créer, des places, qu'auparavant?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense que, là, il faut vraiment que le ministre et le gouvernement dans son ensemble cessent de trouver des slogans de communication, là, puis passent à l'action. L'action, c'est investir, recruter et réagir, parce que le phénomène de la fermeture des garderies et des places vacantes en CPE est connu depuis des années. Et d'autres gouvernements, dont le gouvernement du Parti québécois, ont été capables de créer des milliers de places, là. Il y a un décalage énorme entre l'effort qui est mis, dans ce gouvernement-là, pour faire des communications et l'effort qui est réellement mis pour faire atterrir des résultats. Là, il n'y a plus d'excuse possible. Ça fait des années que ça traîne. On veut des résultats, puis c'est tout ce qui compte, ce n'est pas les excuses. On va juger ce gouvernement-là aux résultats et non pas à ses communications.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Sur Joliette, encore une fois, il y a trois nouvelles femmes qui dénoncent, dont une qui s'est fait traiter de droguée, d'alcoolique pendant qu'elle faisait un AVC. Qu'est-ce qu'on fait, là, avec ça? Est-ce qu'on va les mettre dehors une après l'autre? C'est quoi, la solution?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je vous répète ce que j'ai rappelé il y a deux semaines. Il y a eu une motion qui instaurait, reconnaissait le principe de sécurisation culturelle. Dans la motion, c'était marqué qu'il faut modifier la loi, ce qui permettra un mécanisme de plainte. Là, en ce moment, le mécanisme de plainte, ce sont les médias, là. Vers qui ces bénéficiaires-là, qui ont été mal servies, mal traitées, selon les allégations qu'on peut lire ce matin, là, doivent-elles se tourner? Elles doivent pouvoir compter sur une loi qui imbrique le processus, le principe de sécurisation culturelle, qui évalue que la qualité des services est au rendez-vous, et, si ce n'est pas le cas, qui leur donne un processus pour se plaindre puis pour qu'il y ait enquête. En ce moment, il n'y a rien. On a un gouvernement qui, malgré le fait qu'il a voté pour la motion, refuse de changer la loi. Donc, on n'avance pas.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : …un processus. Il y a des commissaires aux plaintes dans chaque CISSS et CIUSSS.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, sauf que, si le principe de sécurisation culturelle, qui offre des garanties beaucoup plus élevées puis qui offre, donc, des obligations de résultat sur des nouveaux accommodements pour s'assurer que ça n'arrive plus, si c'est dans la loi, bien, ça va faire l'objet également d'un mécanisme pour lequel on peut faire des suivis.

Mme Perry Mélançon : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est ça. Vas-y, vas-y, vas-y.

Mme Perry Mélançon : Bien, rapidement, mais c'est vraiment un petit point, là, bien, que chaque personne autochtone qui se présente à l'hôpital puisse être accompagnée d'un agent qui va s'assurer qu'elle n'est pas victime de... que la personne n'est pas victime de discrimination. Et ça, ça fait partie justement de tout le principe de sécurisation culturelle et des mécanismes qu'on pourrait mettre en place.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Est-ce qu'on peut imaginer un processus de plainte à part ou différent?

Mme Perry Mélançon : Pour qu'il y ait des sanctions, qu'il y ait vraiment une application de sanction qui est légale, qui est obligatoire, là, parce que c'est ça, c'est fait aléatoirement présentement, les sanctions ne sont pas appliquées, puis c'est ça, le problème.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Une fois qu'on définit objectivement le processus, les livrables et l'obligation de résultat de l'État en matière de sécurisation culturelle, bien, on pourra, en effet, avoir un processus spécifique, puis les critères suivant lesquels on doit évaluer la prestation de services, la qualité des services vont être clarifiés. Mais, tant qu'on ne met pas ça dans la loi puis que tout ce qu'on a, c'est une motion, comme l'a dit Méganne, là, c'est très, très flou, c'est très aléatoire, ce n'est pas suffisant.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Good morning.

Mme Senay (Cathy) : I don't know if you had the time to read the judge's decision on N95 masks, but, basically, it's a very long decision explaining that zones were not well qualified, masks, N95, should have been used way more. Does that tell you that… how much a public commission, independent commission on the management of the crisis...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : You stole my... I was just about to answer that. If we needed a clear signal, something that is crystal clear about the fact that we need, absolutely need, a public inquiry on how that crisis was managed, here we have it, a judgement where the judge is more than surprised by the witnesses he heard. So, if we need another proof that it's urgent that we have that commission and that we look into the decisions we made from on an objective standpoint in a public matter, in an independent matter, there we have another evidence that is crystal clear.

Mme Senay (Cathy) : …the appropriate masks. This is basic.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, according to the expertise, we needed, in order to protect our workers, to have the N95 masks. But that's not what the Government communicated at the time. And I think it's another signal that we need to look into how the decision-making process was working or not working during that period and how Public Health and political power arranged those decisions, because it doesn't make sense. For the judge, at least, clearly it doesn't make sense.

Mme Senay (Cathy) : How much this upcoming budget tomorrow is a turning point for you to the relaunch of the economy? Why this one and not the one in 2022?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It's a historical moment where, right now, in the U.S., under Joe Biden, we have $2,000 billion invested for a transition to a greener, to a new economy. We need to rebuild our economy no matter what. We have a lot of work to make sure that our economy starts again. Why not build it the correct and durable way? Why not do things correctly if we have to rebuild anyway? Why not choose the new economy, a clean economy, a green economy, while the U.S. are really committed to that objective, which means business opportunities for Québec businesses that are supported and that are on top of their game with regards to new energies and greener technologies?

So we need to jump into that transition, to jump on this opportunity for all Quebeckers. I do not understand why the CAQ Government is staying with models that are typical of the 80s and the 90s, like GNL Québec, a genuine dinosaur project. It doesn't make any sense. We need to look at what's going on all over the world and make sure that we're part of this.

Mme Fletcher (Raquel) : I have a question, madame... You were talking about the seventh murder of a woman in six weeks, I think, something like that. What would you like to see the Government do in terms of an action plan to address this issue?

Mme Perry Mélançon : One thing, the major thing is to apply every single recommendation of the transpartisan report… committee. It is all there. It's to secure the victims, to invest in organisms, the lodging centers, to protect the victims, but also to have some measures that control the violent «conjoint», the violent partner. So it is all there. I would say it's a national priority, so we have to invest major... to do major investments.

I will not give you all my personal recommendations, what is the best of it. They are all very, very important, and we have to apply them right now, right now. So the budget has to take in consideration our demand of $70 million for the lodging centers, but also have more money to create more places and also to control all the part of the violent partner that has to be «surveillé», that has to be under surveillance at all times.

Mme Fletcher (Raquel) : In terms of the budget which is coming up tomorrow, what would you like to see… in that budget?

Mme Perry Mélançon : For that part, we didn't put a number on it, but, if we compare to the… Well, we have $70 million for the lodging centers for violented women, and it is just the… It's a base because we need a lot more. So I don't know how much it will cost to put in place that plan, the report, the whole of it, but it has to be there. OK? Thank you.

La Modératrice : Merci. Bonne journée.

(Fin à 8 h 31)

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