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Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Le jeudi 18 mars 2021, 11 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures quinze minutes)

M. Arseneau : Bienvenue. Merci d'être là. En fait, aujourd'hui, ce matin, ce qu'on veut lancer comme message, c'est de demander au ministre Dubé d'intervenir rapidement pour dénouer l'impasse et clarifier, là, la confusion actuellement dans le processus de vaccination.

En fait, on est devant une situation absolument incohérente et hautement anxiogène pour un nombre élevé de familles québécoises. Je parle ici, là, des familles qui s'occupent d'adultes vivant avec un handicap, une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme.

Suite à nos interventions de la semaine dernière, le gouvernement a accepté de revoir sa liste de priorisation dans la vaccination, sauf que, mardi soir, ce qu'on a annoncé, c'est qu'il le ferait uniquement pour ceux qui résident dans les ressources intermédiaires et de type familial, là, les RIRTF. C'est une demi-mesure, c'est une demi-bonne décision. Et, en fait, c'est incompréhensible parce que ces personnes qui vivent à domicile sont tout autant vulnérables face au virus et ils devront malheureusement attendre encore.

On demande donc au gouvernement, et au ministre Dubé, et au ministre Carmant d'arrimer leurs violons et... d'accorder leurs violons, plutôt, et de régler rapidement cette incohérence, et permettre la vaccination à toutes ces personnes, hébergées ou non. On sait maintenant que le nombre de vaccins le permet, de prioriser ce groupe de personnes vulnérables.

La situation, vous le savez, pour les proches, est extrêmement difficile depuis un an. Lorsqu'on s'occupe de personnes vulnérables et à risque comme celles-là, il y a des sacrifices qui ont dû être faits. Par exemple, des parents ont dû abandonner leur emploi, cesser d'avoir de l'aide à domicile, cesser de faire des activités extérieures, aussi, avec leurs enfants. Les témoignages sont nombreux. Les familles sont épuisées et n'ont pas besoin de ce stress supplémentaire. Ils manquent d'information, se sentent abandonnés. Ils ont besoin d'espoir, et ce, rapidement. Nous, on a besoin de clarté.

D'autres juridictions ont priorisé ces groupes, qu'on parle du Royaume-Uni, qu'on parle de la Colombie-Britannique. On demande au gouvernement de s'inspirer des meilleures pratiques et de faire preuve d'humanité envers ces groupes qui actuellement, là, sont abandonnés.

J'aimerais aussi en terminant parler de façon plus large de la vaccination et de transparence. Bien sûr, on a pris note de l'objectif du gouvernement de vacciner tous les Québécois avec une première dose d'ici le 24 juin prochain. On souhaite que le gouvernement atteigne ses objectifs, mais ce qu'on souhaite, c'est que le gouvernement nous permette, permette aux Québécois de suivre au jour le jour la progression de cette campagne massive de vaccination.

On veut pouvoir suivre, donc, les progrès de la campagne en temps réel avec des indicateurs qui montrent le degré d'avancement de la vaccination pour chaque région, pour chaque catégorie d'âge en fonction, donc, du sexe ou encore des catégories d'âge, comme je le mentionnais. Ça se fait ailleurs. En France, notamment, on peut consulter sur le Web des tableaux département par département, donc région par région, avec le pourcentage atteint, et par catégorie de citoyens. On souhaite que le gouvernement puisse mettre cette information-là à jour et disponible pour, justement, nous permettre non seulement de suivre la vaccination, mais à chaque jour d'avoir un peu plus d'espoir que la campagne aboutisse et qu'on puisse vaincre, essentiellement, la pandémie de cette façon-là.

Alors, là-dessus, je suis prêt à répondre à vos questions.

Mme Prince (Véronique) : En fait, est-ce que vous trouvez que c'est un manque de sensibilité de la part du gouvernement? Comment vous qualifiez cette résistance-là, finalement?

M. Arseneau : Bien, en fait, moi, je présumais de la bonne foi et de la bonne volonté du ministre. J'ai posé la question jeudi dernier en sachant qu'il était sensible à la question, et j'avais compris lors d'une réunion, d'un breffage technique mardi, que les bonnes nouvelles s'en venaient, on nous avait dit : Attendez encore quelques heures, au point de presse du premier ministre. Et le premier ministre n'en a pas soufflé mot pendant le point de presse, ce qui est dommage parce que les familles s'attendaient à avoir de la considération, effectivement, et à entendre parler d'elles et de bonnes nouvelles.

On a émis un communiqué de presse par la suite avec, comme je le mentionnais, une demi-bonne nouvelle. Alors, moi, je ne présume pas que le gouvernement n'a pas la sensibilité nécessaire, mais qu'il n'a pas mis en place les moyens pour la démontrer, cette humanité, cette sensibilité dont il veut faire preuve. Mais on dirait que ça bloque quelque part dans la machine parce que même le message du bureau du premier ministre par rapport à celui du ministre des Services sociaux, par exemple, n'est pas le même, et cette confusion-là, évidemment, là, entraîne encore davantage d'anxiété. Et c'est des conséquences fâcheuses qu'on peut éviter dans un contexte de pandémie encore davantage lorsqu'on s'occupe de personnes vulnérables.

Mme Prince (Véronique) : Je voudrais aussi vous poser une question sur le Nouveau-Brunswick, en fait. Parce qu'on a vu que, par exemple, les Acadiens, hein, pour cet été, voudraient pouvoir recevoir des Québécois, là, tu sais? Alors, est-ce qu'on est rendu à un point où il faut vraiment que les gouvernements se parlent et trouvent un débouché pour cet été, là?

M. Arseneau : J'aime beaucoup votre question, parce qu'en fait on débat de cette question-là depuis le mois de mars dernier. On souhaite effectivement que le gouvernement du Québec entame des pourparlers sérieux, rigoureux, avec des objectifs à atteindre pour favoriser, en fait, le déplacement sécuritaire des personnes, notamment du Québec, vers les Îles-de-la-Madeleine et, évidemment, à partir des Îles-de-la-Madeleine vers le Québec continental, que les provinces puissent arrimer leurs mesures.

On avait même demandé qu'une partie du Québec qui est attenante au Nouveau-Brunswick puisse avoir des relations particulières. On a créé, au cours de l'été dernier, une bulle où les gens pouvaient aller d'un côté de la frontière à l'autre. On avait demandé aussi que les Îles-de-la-Madeleine puissent faire partie de la bulle atlantique, à un certain moment donné, devant l'impasse de la situation. Mais je ne suis pas convaincu que le gouvernement du Québec a déployé tout son arsenal diplomatique pour pouvoir régler la situation, faire des propositions constructives qui protègent la juridiction et la souveraineté des provinces de l'Atlantique sur leur territoire, mais qui puissent aussi trouver un terrain d'entente qui favorise, donc, surtout les déplacements.

On sait que le printemps arrive. Chez nous, il y a de nombreux travailleurs qui vont devoir converger vers les Îles-de-la-Madeleine, les travailleurs de l'industrie de la pêche notamment. On va avoir également le tourisme qui s'en vient bientôt. Beaucoup, beaucoup de gens ont fait les réservations pour l'été prochain. Et ce qu'on se demande, c'est dans quelles conditions ils vont pouvoir atteindre leur destination. Le premier ministre du Nouveau-Brunswick a même ouvert la porte à la proposition que j'avais faite de désigner des hôtels où les Québécois puissent au moins s'arrêter se reposer pour une nuit. On n'a pas eu d'écho de cette proposition-là ou de cette ouverture encore. Je ne suis pas convaincu que le gouvernement du Québec a déposé cette demande formellement.

Et maintenant, dernier élément, on sait que la province du Nouveau-Brunswick, et l'Île-du-Prince-Édouard, et la Nouvelle-Écosse sont sur le point d'annoncer la création d'une nouvelle bulle atlantique. Alors, moi, ce que je me demande, c'est est-ce que le gouvernement du Québec a fait les représentations nécessaires pour faire partie non pas de la bulle Atlantique, mais de pouvoir s'assurer que les intérêts de ses commettants soient respectés dans les contours de la bulle, qu'on ne veut pas, là, aussi étanche que l'an dernier... oui, que la dernière année, effectivement.

Donc, il y a des pistes d'amélioration, mais ce n'est pas le gouvernement du Nouveau-Brunswick ou l'Île-du-Prince-Édouard qui vont considérer, évidemment, les besoins et les attentes des Québécois. Seul le gouvernement du Québec peut le faire, et on souhaite qu'il le fasse de façon active le plus rapidement possible. Merci beaucoup.

Mme Prince (Véronique) : Merci.

La Modératrice : Merci. Et bonne journée.

(Fin à 11 h 24)

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