Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour la famille

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour la famille

Version finale

Le vendredi 12 mars 2021, 12 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Douze heures trois minutes)

La Modératrice : Alors, bonjour et bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. S'adressera à vous Mme Véronique Hivon, porte-parole en matière de famille. Mme Hivon, c'est à vous.

Mme Hivon : Oui, bonjour. Alors, je voulais simplement m'adresser à vous pour faire le point sur l'interpellation que nous venons de terminer avec le ministre de la Famille au sujet du bilan du gouvernement de la CAQ et de son bilan, bien sûr, comme ministre de la Famille, qui est désastreux, en lien avec le nombre de places en service de garde qui continue à diminuer, alors qu'il avait pris l'engagement de créer 13 500 places.

Le fait est que ça continue à diminuer parce que non seulement il n'a pas du tout livré son engagement, à peine 2 500 places, mais, de surcroît, il y a une perte nette de dizaines de milliers de places en milieu familial. Juste dans la dernière année, c'est plus de 837 responsables en milieu familial qui ont quitté, donc, la profession avec six à huit places par milieu. Déjà, ça fait un nombre important. Donc, en ce moment, on a plus de 24 000 places en milieu familial qui existent, mais qui ne peuvent pas être occupées par des enfants faute d'éducatrices.

Alors, malheureusement, je ressors de cet exercice-là en n'ayant pas plus de réponses que j'en avais avant de commencer l'exercice. On n'a pas été capables d'avoir aucun engagement ferme du ministre quant à savoir le nombre de places à la fin du gouvernement... de leur mandat de gouvernement, combien de plus il y aurait de places. Il n'a même pas pris l'engagement à savoir s'il y aurait plus de places que moins à la fin du mandat.

Donc, on est face à un ministre de la Famille qui a refusé de s'engager à dire s'il y aurait plus de places à la fin de son mandat qu'au début de son mandat. Donc, c'est quand même assez spectaculaire de voir un ministre qui n'est même pas capable de prendre cet engagement-là, alors que, ce matin, il voulait laisser entendre, avec son annonce de révision du processus administratif, combien en soi tout cela allait changer les choses. Alors, vous voyez le décalage qui existe dans les propos et les enlignements du ministre. Même chose, aucun engagement sur le nombre réel de places qui vont être créées.

Je vous rappelle qu'avant la dernière élection la CAQ avait dit qu'il créerait, en un seul mandat, 26 000 places en services de garde éducatifs. Quand il a commencé, le ministre a dit, en deux ans, qu'il allait en créer 13 500. Je viens d'indiquer qu'il n'en a créé que 2 500, donc on est vraiment loin du compte. Et, pendant ce temps-là, ce sont les familles du Québec, les 51 000 familles qui sont sur la liste d'attente du guichet unique qui se demandent : À quand des actions qui vont faire toute la différence? À quand un programme qui va valoriser la profession d'éducatrice, qui va faire qu'on va s'éloigner de la pénurie actuelle? À quand des bourses? À quand un programme qui pourrait, donc, concilier travail et études, travail et formation avec des incitatifs financiers? À quand des sommes pour partir un milieu familial, pour encourager la profession?

Donc, c'est ça, les questions qu'on a posées au ministre, au nom des familles du Québec, au nom de ces dizaines de milliers, 50 000 familles et plus qui attendent toujours une place en service de garde. Donc, c'est ça, les questions auxquelles on souhaitait avoir des réponses ce matin, et malheureusement on n'a eu aucune réponse, aucun engagement.

Et, au-delà de l'annonce qu'il a faite, parce qu'il y avait une interpellation, ce matin, puis il se disait : Je ne peux pas arriver là les mains complètement vides, sur la révision des 17 étapes du processus administratif, bien, on n'a toujours pas d'engagement sur la question de la pénurie des éducatrices, sur les besoins des milieux, sur la souplesse pour les petits milieux, notamment en région. Alors, franchement, je ressors de cet exercice-là encore plus perplexe et inquiète que je m'y suis présentée ce matin face à l'absence complète d'engagement et de réponse du ministre.

Et ce que je lui demande, au nom des familles du Québec, c'est de vraiment prendre cet enjeu-là très au sérieux, parce qu'honnêtement je ne sais pas comment le gouvernement peut penser qu'on va bâtir la relance économique du Québec, postpandémie, si on doit se priver de dizaines de milliers de femmes qui doivent rester à la maison et ne pas pouvoir retourner au travail, y compris des travailleuses essentielles, faute de places en service de garde. C'est une complète aberration de penser qu'on n'a pas pu voir venir mieux que ça et qu'en 2021, c'est ça, la réalité au Québec, alors que notre système de services de garde éducatifs à l'enfance, nos CPE, sont un véritable joyau dont on est tous très fiers, mais qui est en train d'aller à la dérive faute de proactivité et de volonté politique du ministre et de son gouvernement.

Donc, on espère qu'au laisser-aller des deux ans et demi qui viennent de passer on va remplacer ce laisser-aller par de la proactivité et, enfin, de l'action pour les familles du Québec qui sont désespérées. Et je peux vous le dire parce qu'en 10 ans de vie politique je n'ai jamais vu autant de parents m'interpeller au quotidien, de Joliette et de partout au Québec, à cause de mon rôle de porte-parole en famille, sur la situation dramatique et qui leur empoisonne la vie, sans compter qu'elle les prive souvent de revenus et de développement économique pour des communautés entières.

Et je me permettrai, en terminant, de dire que ça prend aussi de l'argent.

Il va falloir que le gouvernement investisse de l'argent pour accélérer le développement des places et pour contrer la pénurie d'éducatrices. Et je veux juste prendre un exemple pour illustrer le désinvestissement dans les CPE et les services de garde, c'est le PQI d'investissement pour les CPE. Alors, vous voyez ici, de 2013 à 2023, c'était plus de 1 milliard qui était prévu. Et où en est-on rendu pour le dernier PIQ, de 2020-2030? À moins de 400 millions pour le développement, sur 10 ans, des places en CPE.

Alors, quand le ministre dit qu'il est plein de bonnes intentions puis qu'il dit qu'il va revoir les processus administratifs, bien, je m'excuse, mais un tableau comme celui-là montre très clairement que, malheureusement, l'argent n'est pas au rendez-vous, qu'il y a une baisse des investissements, et ça, c'est très inquiétant quand on fait face à une crise aussi grave que celle qu'on vit présentement dans les services de garde.

Sur un autre sujet, je voulais revenir sur la nouvelle de ce matin concernant la saga qui se poursuit des purificateurs d'air dans nos écoles : Peuvent-ils ou non être installés? Eh bien, écoutez, je pense que le mot juste est véritablement kafkaïen. On est dans une tour de Babel, on est dans une situation complètement abracadabrante où on voit que… on dit, d'un côté, que, pour avoir une installation de purificateurs d'air dans les écoles, il faut se référer à un comité. Quand on demande aux autorités, on nous dit que le comité n'existe pas. Après, on nous dit : Le comité existe, mais il n'a pas encore mis en place les balises, donc on ne peut pas se déplacer pour voir si ça fonctionne bien. Et pendant ce temps-là, dans le secteur privé, dans le réseau anglophone, il y a des purificateurs d'air, et ils restent en place, on ne les débranche pas.

Donc, écoutez, cette saga-là n'a juste aucun sens. On demande au ministre de l'Éducation de se resaisir, d'envoyer un message clair de permettre, comme ça existe dans les lieux publics et les lieux anglophones, ces purificateurs d'air là de pouvoir être installés et d'arrêter d'essayer de construire un édifice qui fait en sorte que, pour gagner du temps… Parce qu'il est pris face à ses propres contradictions et ses études sur la qualité de l'air qui ne tiennent pas la route, ses exercices qui sont faits à moitié. Et donc il essaie de balayer cette question-là du revers de la main. Or, ça n'a aucun sens.

Les parents du Québec, les élèves du Québec, le personnel scolaire du Québec ont droit à des enlignements clairs et à savoir où on s'en va dans ce dossier-là, et arrêter cette comédie complètement absurde, on penserait être dans une pièce d'Ionesco, de ce renvoi de balle et qui fait en sorte qu'on n'est toujours pas capable d'avoir un purificateur d'air branché dans une école francophone au Québec. Merci.

La Modératrice : Alors, il n'y a pas de question? Merci et bonne journée.

(Fin à 12 h 12)

Participants


Document(s) associé(s)