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Point de presse de Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour la famille

Version finale

Le vendredi 12 mars 2021, 8 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-trois minutes)

La Modératrice : Alors, bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. S'adressera à vous aujourd'hui Mme Véronique Hivon, porte-parole en matière de famille. Mme Hivon, c'est à vous.

Mme Hivon : Oui, bonjour. Merci beaucoup de votre présence. Je sais qu'il y a au même moment, donc, une autre activité avec un briefing technique, donc je vous remercie d'être ici.

En fait, ce matin, on fait une interpellation du ministre de la Famille sur le bilan désastreux du gouvernement de la CAQ en matière de service de garde, de places en service de garde éducatif à l'enfance pour les familles du Québec. Alors, je veux juste vous rappeler quelques données qui parlent d'elles-mêmes sur ce bilan désastreux qui nous mène carrément dans une crise en ce moment pour les familles du Québec.

Quand la CAQ est arrivée, la situation était déjà difficile, il y avait 42 000 familles qui attendaient une place sur le guichet 0-5 ans. C'est passé, un an après, à 46 000, et maintenant on en est à 51 000 familles qui attendent une place. Et ça, ce n'est pas le chiffre à jour, donc j'espère aujourd'hui que le ministre va nous donner le chiffre à jour. Donc, 51 000 familles qui attendent une place.

Par ailleurs, un an après leur arrivée au pouvoir, il y avait 8 000 places en milieu familial qui n'étaient pas comblées. C'est-à-dire que, faute d'éducatrices, compte tenu de la pénurie d'éducatrices, il y avait 8 000 places qui, en théorie, existent, sont budgétées, mais n'étaient pas occupées.

Où on en est? En août dernier, le nouveau chiffre du ministre, c'étaient 24 000 places. Donc, on a 24 000 places qu'on appelle des places fantômes, qui pourraient être occupées par des enfants, qui pourraient aider les familles, mais faute d'éducatrices et faute de plan adéquat du ministre pour valoriser et recruter des éducatrices, bien, on a 24 000 places, et ça, c'est le chiffre d'août dernier.

Alors, on s'imagine qu'aujourd'hui on doit être rendus près du 30 000 places en milieu familial qui existent, mais qui, compte tenu de toutes les éducatrices qui désertent la profession, ne sont carrément pas occupées. Et donc, dans la dernière année, là, pour vous donner un exemple, c'est 837 éducatrices en milieu familial qui ont fermé leurs portes. Et donc, le chiffre, en ce moment même, du manque minimal d'éducatrices pour cette année, ce serait 3 000 éducatrices de plus qu'on doit trouver. Et la projection d'ici 2024, c'est qu'il va manquer 10 000 éducatrices au Québec.

Et pendant ce temps, le ministre n'a rien fait, posé aucune action ni pour contrer la pénurie de places en elle-même ni pour contrer, évidemment, la pénurie d'éducatrices, qui est directement reliée au fait qu'on n'est pas capable de pouvoir occuper les places en service de garde.

Et là, aujourd'hui, il y a quelque chose d'absolument hallucinant qui se produit. Le ministre, donc, nous a annoncé, en toute fin de journée hier, qu'il allait faire une conférence de presse à 9 heures, juste avant l'interpellation. D'ailleurs, on est très heureux qu'il y ait des interpellations parce que, si ce n'était que de notre interpellation, j'imagine que le ministre n'aurait toujours rien annoncé aujourd'hui malgré la crise. Mais donc, au moment où on se parle, il y a un briefing technique suivi ensuite d'un point de presse du ministre.

Il y a quelque chose d'un peu surréaliste que le ministre, aujourd'hui, prenne une heure de conférence de presse pour annuler des étapes. J'imagine, il dit qu'il va resserrer le processus, donc on va voir. Est-ce qu'il va passer de 17 étapes, à huit étapes, à 10 étapes, à cinq étapes? C'est un processus administratif, purement et simplement, dont personne n'avait entendu parler avant que, le mois dernier, le ministre lui-même se réfugie derrière ce processus-là pour essayer de justifier son échec, sa promesse brisée, pour essayer de justifier qu'il n'était pas arrivé à livrer les 13 500 places qu'il s'était engagé à livrer, la main sur le coeur, il y a deux ans presque jour pour jour.

Donc, aujourd'hui, grande nouvelle, il va nous annoncer qu'il peut changer le processus administratif, comme ce qu'on s'évertuait à lui dire, ce que ça fait deux ans et demi qu'il aurait pu changer. Donc, c'est un aveu non seulement d'échec, mais c'est un aveu qu'il, en fait, n'a pas donné l'heure juste aux Québécois quand il a essayé de rejeter le blâme, le mois dernier, sur son ministère, sur le réseau, pour dire que c'était inefficace et que c'est à cause de ça qu'il n'avait pas pu créer les 13 500 places qu'il s'était engagé à créer.

Donc, ce matin, le ministre fait la propre démonstration de ce qu'on lui disait, qu'il était le responsable et qu'il n'en tenait qu'à lui de changer, depuis son arrivée en poste, les éléments du processus qui pouvaient amener de l'inefficacité. Et, comme je lui ai souligné il y a quelques semaines, il n'a qu'à revenir au processus qui était en place lorsque le gouvernement du Parti québécois était en place, à partir de 1997, où c'était très fluide, très efficace, ça se développait rapidement et on en faisait 10 000 places par année à ce moment-là, des places en CPE, et la loi était la même. Donc, comment le ministre a-t-il pu nous dire, le mois dernier, que ça prenait des changements législatifs, que ça prenait un livre blanc, alors que ce matin même il va faire la démonstration qu'il n'en tenait qu'à lui, du moins pour l'aspect du processus administratif, de le changer?

Alors, ce matin, ce qu'on espère de l'interpellation, c'est que le ministre va, un, nous donner l'heure juste, qu'il va accepter ses responsabilités et son inaction et qu'il va la reconnaître, qu'il va, bien sûr, admettre qu'on a perdu deux ans et demi face à son inaction et à son manque de volonté de changer les choses, mais surtout, j'espère qu'il ne va pas juste annoncer des petits changements au processus administratif, mais qu'il va nous annoncer un plan de match clair pour l'accélération du développement des places, qu'il va nous annoncer des budgets supplémentaires, parce que si, pour les maternelles quatre ans, le gouvernement n'arrête pas de répéter que ça coûtera ce que ça coûtera, on aimerait ça avoir le même engagement que, pour les CPE et la crise que ça provoque, ça coûtera ce que ça coûtera aussi pour le gouvernement et les familles du Québec.

prévalente lorsqu'on était au gouvernement, c'est-à-dire qu'il n'y avait aucune mise de fonds qui était demandée, donc, au milieu, quand il développait des places — c'est toujours 25 % qui est exigé, ça, c'est un frein énorme — qu'il va accepter tous les projets qui lui sont soumis, qu'il va mettre les cartes pour évaluer les besoins à jour. Parce que vous avez peut-être vu cette semaine qu'alors que la zone de Longueuil est vue comme une zone à faibles besoins, bien, il y a eu près de 1 000 parents qui ont levé la main pour un nouveau CPE de 80 places dans une zone qui, selon ses propres cartes, serait donc à faibles besoins. Donc, ça, c'est un autre élément.

Puis finalement ce qui est vraiment, vraiment urgent, au-delà de l'injection de fonds supplémentaires, d'avoir un plan d'accélération, c'est d'avoir enfin un vrai programme de valorisation, de formation et de recrutement des éducatrices, parce qu'en ce moment on fonce dans le mur tout droit, comme le gouvernement a foncé dans le mur pour la question de la pénurie de préposés aux patients, aux bénéficiaires dans les CHSLD. Ça fait des mois, ça fait des années qu'on alerte toutes les lumières, qu'on allume les lumières, qu'on agite les drapeaux face au ministre pour lui dire qu'on s'en va dans le mur avec la pénurie d'éducatrices. Il n'y a toujours rien de mis en branle. Pourtant, l'AQCPE a dit publiquement qu'elle lui avait remis un plan de formation et de recrutement d'éducatrices dès le mois de septembre dernier. Il y a des tonnes de partenaires autour de ce plan-là, et le ministre n'a toujours rien annoncé. Donc, on espère que, ce matin, ce n'est pas juste une annonce de révision d'un processus administratif, mais qu'il va avoir des budgets supplémentaires et un vrai programme de valorisation et de recrutement d'éducatrices.

Mme Gamache (Valérie) : Donc, lorsque, ce matin, M. Lacombe dit : Bon, ma réforme, là, de limiter les étapes, tout ça, pour l'obtention de CPE, ça fait en sorte qu'on va être capable rapidement de créer quelque 4 359 places supplémentaires à l'été 2021, ça devient automatiquement des places fantômes? Parce qu'on n'a pas les éducatrices. Est-ce que c'est un peu…

Mme Hivon : Bien, en fait, c'est à voir. C'est sûr qu'on a besoin des deux. On a besoin des éducatrices. Dans le réseau des CPE, il en manque plus de 1 000, puis dans le réseau du milieu familial, il en manque encore beaucoup plus que ça puisqu'on en était, aux derniers chiffres, à 24 000 places. Ça fait que mettez, à peu près, six enfants par éducatrice, ça veut dire qu'il vous en manque plus de 10 000, si on se fie à ça, O.K.? Donc, c'est excessivement costaud, le problème de la pénurie des éducatrices.

Puis l'autre chose qui ne fonctionne pas, s'il vous dit qu'il va en créer 4 300 d'ici l'été, c'est que, un, je vous rappelle que c'était 13 500 qu'il devait livrer pour maintenant. En deux ans, là, à l'hiver, on devait en avoir 13 500 de plus. Donc, ce n'est pas des farces, ils font pire que les libéraux dans leur dernier mandat. Les libéraux, en deux ans et demi de leur premier mandat, en avaient créé 4 000. Puis on sait que ce n'étaient pas les champions des CPE et les plus grands fans des CPE. Bien là, il en a créé 2 000 à peine en deux ans et puis là il nous annonce que, cet été, il réussirait, avec son gros plan puis ses changements, à en créer peut-être 4 000, alors que son engagement, c'était 13 500.

Ça ne tient juste pas la route, là, je ne sais pas comment il peut essayer de se présenter puis essayer d'être crédible aujourd'hui, là.

Mme Gamache (Valérie) : Puis l'allègement, quand même, des processus administratifs, est-ce que c'est quelque chose que vous saluez? De passer de 17 à neuf étapes, réduire de 12 mois, toutes les étapes administratives...

Mme Hivon : C'est sûr que nous, ce qu'on espérait, c'est qu'il revienne au processus qui était en place quand on était là, qui était très simple, qui avait beaucoup moins d'étapes. Donc, ça, c'est un pas dans la bonne direction. Mais la question qui se pose, c'est : Pourquoi, si c'était si simple puis qu'il n'en revenait qu'au ministre, comme on lui disait depuis des mois, de changer le processus... comment se fait-il qu'il a attendu deux ans et demi pour le changer puis qu'il a attendu qu'on en soit rendu à 51 000 familles qui attendent une place?

Aujourd'hui, il a vraiment des comptes à rendre, le ministre de la Famille. Comment se fait-il qu'il n'ait pas bougé? C'est juste la pression de son propre aveu d'échec d'il y a un mois, et toutes les conséquences négatives que ça a créé, et la pression supplémentaire qu'il a ressentie, parce que tout le monde a dit que ça n'avait aucun sens d'essayer de se dédouaner en disant que c'était la faute de son ministère, quand c'était lui qui était le responsable? C'est quand même hallucinant, là.

Mme Gamache (Valérie) : ...dû être fait dans les six premiers mois...

Mme Hivon : Bien, tout à fait. Quand il s'est présenté devant vous en février 2019 puis qu'il a dit : Aïe! Moi, là, ça ne sera pas comme les libéraux, puis moi, là, toutes les places qui dorment, on va les créer, puis il va y en avoir 13 500 en deux ans, puis je vous dis que ça va être efficace, bien, s'il est venu vous dire ça solennellement que, lui, il allait les créer, ces places-là, puis qu'il prenait l'engagement, comment se fait-il qu'il ne savait pas ce que ça prenait pour les créer? Puis comment se fait-il qu'il n'ait pas agi pendant tout ce temps-là pour rendre le processus plus efficace? Puis comment se fait-il qu'il ait osé venir dire le mois dernier que c'était la faute du processus, alors qu'aujourd'hui il nous montre que ce processus-là, il n'en tenait qu'à lui de le changer?

Donc, je pense que là, à un moment donné, il faut qu'il assume ses responsabilités puis surtout il faut qu'il nous dise qu'est-ce qu'il va faire pour la suite, parce que, là, la confiance n'est pas vraiment là, et la crise, elle est réelle, puis les conséquences sont énormes.

C'est quoi, les conséquences? C'est que c'est des milliers de femmes, très majoritairement, qui restent à la maison faute de pouvoir retourner travailler. Et ce que ça fait, c'est un déséquilibre, évidemment, dans les ménages, un déséquilibre social, des conséquences économiques très sérieuses.

Quand c'est rendu que la fédération de l'entreprise indépendante sort conjointement avec l'AQCPE pour dire qu'il y a urgence en la matière, c'est parce que les conséquences économiques sont réelles. Quand c'est rendu que les maires, que les fédérations municipales sortent pour dire : Ça nuit au développement de nos régions de ne pas avoir un nombre suffisant de places en CPE parce que les familles ne viennent pas s'installer chez nous, c'est que l'heure est grave.

Alors, comment se fait-il que le ministre ait attendu tout ce temps-là? Puis là la pandémie a le dos vraiment large, là, mais la pandémie, là, elle n'existait pas de 2019 au printemps 2020. Or, quand il a pris son engagement la main sur le coeur de 13 500 places en deux ans, bien, on était en février 2019. Il avait tout un an pour rendre les choses beaucoup plus efficaces, créer ces places, accélérer les processus, développer des budgets, obtenir des budgets, enlever le 25 % d'exigence des milieux.

Donc, le ministre, en ce moment, il est responsable de la crise que l'on vit, qui s'aggrave jour après jour à cause de son inaction. Puis aujourd'hui j'espère qu'on va sentir que le ministre a réalisé que c'était lui, le responsable du ministère de la Famille, qu'il n'en tenait qu'à lui à changer les choses et qu'il ne va pas juste annoncer des changements administratifs, mais qu'il va nous annoncer un programme de recrutement massif, de formation d'éducatrices, des budgets supplémentaires et une facilitation réelle avec un vrai plan de match accéléré.

La Modératrice : D'autres questions?

M. Grillo (Matthew) : Juste en anglais, s'il vous plaît.

La Modératrice : Oui, en anglais, allez-y.

M. Grillo (Matthew) :Good morning.

Mme Hivon : Good morning.

M. Grillo (Matthew) : Do you think these administrative changes will actually make a difference?

Mme Hivon : I think they can make a difference. It's one thing that can make a difference. The problem is that the crisis is so big right now because those changes weren't brought when they came into power, when the Minister arrived at the Ministry, even if he said, you know, hand on the heart, that he would change things and that there would be 13,500 new places created in two years, and we are facing... 2,000 places that were created.

So, the question today for the Minister is : How come, if today he's announcing this, because he's under a lot of pressure and that the crisis is really growing and growing, and the parents… I've never seen this in 10 years, so many parents calling, you know, the office of their Member of the National Assembly, in despair, to say : How can we get help? We cannot go back to work. So, how come he had to face such pressure? How come he had to face such a failure to finally start to do something, which he was able to do by himself for the last two and a half years, you know?

So, this is why today he has to answer that. How come, if today he is in front of journalists saying : Oh! You know, we're changing the administrative process that nobody had heard about before he, himself, talked about that last month, how come he wasn't able to do that in the last two and a half years? And it's one thing, but there needs to be a lot more action. We need to have a real program of valorisation, and formation, and recruitment of workers, of «éducatrices» in the domain, because there are 1,000, at least, that left in the… about 15 last months. And there are more than 3,000 that are needed just right now. And we don't see, although we have been asking this for two years now, we don't see any plan from the Minister to tackle this issue.

M. Verville (Jean-Vincent) : …that the CAQ and the Liberals are the same thing. Why?

Mme Hivon : Oh! The CAQ is worst. No, but I have to say that. And it's quite astonishing, because everybody was feeling that the Liberals didn't care at all about the CPE, because they were not doing enough. And, you know, when we were there, we were creating 10,000 places per year. And in the last Liberal mandate, in two and a half years, they created the double of what the CAQ created in their first two years. So, for the same period, the Liberals, which were seen as the worst for creating CPE places, well, the CAQ is doing worse.

So, you know, this is why today we say that it is just disastrous, and we are facing a crisis, because there was no leadership and because they put all their eggs in the four-year-old kindergarten. All their eggs were put there, and they didn't care about the rest, and we see the results today.

M. Verville (Jean-Vincent) : What would you do differently if you were at the place of M. Lacombe?

Mme Hivon : Well, I mean, first of all, you need to really have a program to value and recruit new day care workers. It's an emergency. And you have to accelerate the process of creating places. You have to increase the budget. You know, it's weird to hear and it's quite disconcerting to hear the Prime Minister saying : You know, for four-year-old kindergarten, it's going to cost what it's going to cost, and when it comes to places in the day care centers, all we hear is : Ah! well, you know, your plan is going to cost 10,000 more than what was budgeted for, so, go back to your table, draw something new, come back.

So, it's super strict, you know, there's no money, they don't budget enough. They still ask for 25% of financing from the «milieu», which doesn't make any sense. When we were there, we didn't ask any of that. The Liberals asked for 50%. The CAQ is asking for 25%. They have to abolish that. They have to make it easier like it was when we were there. They have to have a real plan for the workers. And they have to increase the budgets. So, this is what they need to do. Thank you.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 9 h 3)

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