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Conférence de presse de M. Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Allègements administratifs majeurs pour la construction des centres de la petite enfance

Version finale

Le vendredi 12 mars 2021, 9 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Neuf heures cinq minutes)

Le Modérateur : Bonjour et bienvenue à cette conférence de presse, à la salle Evelyn-Dumas, en compagnie du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe. M. Lacombe, je vous cède la parole.

M. Lacombe : Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde. Merci beaucoup d'être avec nous ici. Merci aussi aux gens qui se joignent à nous sur les réseaux sociaux.

D'abord, peut-être une petite parenthèse. Vous me permettrez de vous dire que je trouve ça particulier, particulièrement spécial d'être assis ici avec vous, dans cette salle-là, pratiquement un an, jour pour jour... Ça va faire un an le 13 mars, donc demain, plus exactement, qu'on a fermé complètement le réseau des services de garde éducatifs à l'enfance. Donc, hier, bien sûr, il y a eu une magnifique cérémonie de commémoration. Mais je vais vous dire que, dans les prochaines heures, je vais aussi avoir une pensée pour tous les artisans du réseau des services de garde éducatifs à l'enfance, qui ne l'ont pas eu facile dans la dernière année. C'était la première fois de l'histoire du Québec qu'on faisait ça, fermer le réseau, mais le réouvrir aussi. Ça, ça n'a pas été beaucoup plus facile.

Quand je pense à tous les emplois, les milliers d'emplois d'éducatrice qu'on a réussi à sauver pendant la pandémie, les garderies non subventionnées aussi, qui sont des entreprises, qu'on a réussi à sauver, et quand je vois qu'on a fait tout ça en équipe avec les gens sur le terrain, les éducatrices, les directrices, je veux vraiment leur lever mon chapeau puis leur dire que je leur suis très, très reconnaissant, que je le serai toujours puis que je sais que les parents du Québec partagent aussi mon avis.

Maintenant, j'ai envie de commencer en vous disant que c'est une belle journée pour le développement des services de garde éducatifs à l'enfance au Québec. Il y a trois semaines, rappelez-vous, quand la liste d'attente pour une place en service de garde est passée à 51 000 enfants, bien sûr, j'ai été questionné par certains d'entre vous dans la salle, et, à ce moment-là, le constat que j'ai fait, c'est que la façon dont on développait le réseau ne fonctionnait plus. Je l'ai dit clairement, je l'ai dit honnêtement, sans détour, que ça prenait des changements profonds, donc des changements à la loi, qui sont plus complexes, qu'on fera cet automne, mais que ça prenait aussi, à très court terme, je l'ai dit dès le départ, des changements pour alléger tout le processus administratif, des changements rapides pour qu'on soit capables de construire des CPE beaucoup plus rapidement.

Aujourd'hui, je vous annonce, donc, que les 17 longues et parfois interminables étapes pour construire un CPE au Québec, c'est terminé. Ça fait maintenant presque 25 ans que le réseau se développe, et, au fil des années, ce qui est arrivé, c'est qu'il y a de plus en plus de mesures de contrôle qui se sont ajoutées, qui se sont empilées les unes sur les autres et qui, nécessairement, ont eu comme résultat d'alourdir la tâche des gens qui veulent développer. Bref, autant les employés du ministère, qui veulent que ça avance, que les gens sur le terrain, qui veulent construire des CPE, étaient freinés par toute la paperasse et toute la bureaucratie qui leur était imposée.

Quand je suis arrivé comme ministre, vous le savez, je trouvais ça inacceptable qu'il y ait déjà 11 000 places qui dorment sur des tablettes, qui étaient annoncées mais qui n'aient jamais vu le jour. Je pense qu'il n'y a personne, au Québec, qui peut trouver ça normal que ça prenne sept ans, sept années pour construire un CPE du moment qu'on donne des places.

À ce moment-là, j'avais donc annoncé des premiers pas, donc des premières mesures, qui ont quand même eu un effet, il faut le dire honnêtement. Le délai moyen de réalisation de places, depuis qu'on est arrivés en poste, est quand même passé de 48 mois à 36 mois. Donc, il y a eu un premier pas de fait. Et, résultat de cette amélioration, bien, il y a eu des mises sous permis de ces 11 000 places là. Il y en a eu autour de 2 500 qui accueillent déjà des enfants, et, cette année, on pourrait en avoir de 5 000 à 7 000 supplémentaires, seulement cette année, qui pourraient ouvrir leurs portes. Sans la COVID, d'ailleurs, je veux vous mentionner qu'il y a beaucoup de ces places-là qui seraient probablement, fort probablement déjà accessibles pour les tout-petits. Donc, on a amélioré la situation.

48 mois jusqu'à 36 mois, c'est bien, mais je pense qu'on peut faire encore mieux. En fait, je suis persuadé, je sais qu'on peut faire encore mieux. Je veux qu'on puisse aller plus rapidement. Aujourd'hui, on passe donc de 17 à neuf étapes de construction pour rendre le processus beaucoup, beaucoup plus efficace. Avec ces allègements-là, on devrait pouvoir construire nos CPE une année plus rapidement, donc faire passer le fameux 36 mois à un véritable 24 mois, deux ans. Ce n'est pas vrai qu'au Québec c'est la paperasse et la bureaucratie qui vont empêcher notre monde, au ministère de la Famille, puis les gens sur le terrain, qui veulent construire des CPE, d'empêcher les... qui vont nous empêcher, donc, de construire des CPE pour être capables d'offrir des places aux parents puis aux tout-petits.

Mais ce n'est pas tout. En plus de couper, donc, dans la paperasse puis dans la bureaucratie, on va aussi donner un coup de pouce de plus aux gens qui veulent, sur le terrain, construire, bâtir des CPE. On va leur envoyer de l'argent avec une avance de fonds, dès la première étape du projet, pour les aider à démarrer, parce que, bon, ça coûte quelque chose, là, démarrer un projet. On va leur donner plus de flexibilité aussi dans leurs appels d'offres, notamment. On va arrêter, en fait, d'être plus sévères avec eux qu'on l'est, notamment, envers nous-mêmes au gouvernement. On va simplifier le processus de signature du ministère pour éviter que ce soient les gens ici, à Québec, à toutes les fois, dans chacun des cas, qui signent, par exemple, les autorisations pour les dépenses. On va plutôt permettre aux gens, dans la majorité des cas, sur le terrain d'autoriser ces dépenses-là.

Bref, j'ai envie de dire : On n'abolit pas les contrôles, parce qu'il demeure qu'on gère des fonds publics, mais on met les contrôles aux bons endroits et aux bons moments pour qu'on puisse enfin être plus efficaces.

Je sais que ce que je vous dis, bon, ça peut sembler technique. J'ai l'impression qu'il y a peut-être des gens, à la maison, qui se demandent quel effet ça va véritablement avoir, mais je sais aussi qu'il y a des promoteurs qui connaissent bien ça et qui en ce moment, dans leur salon, font probablement une petite gigue de la victoire parce qu'ils attendaient cette journée-là depuis bien, bien longtemps. Parce que, comme vous le savez, la construction d'un CPE, c'est une coconstruction. C'est un travail d'équipe, en d'autres mots. C'est un travail d'équipe entre le ministère de la Famille et le promoteur, les gens qui sont sur le terrain.

Avec l'annonce d'aujourd'hui, ce que nous, on fait, c'est qu'on va aussi loin que la loi actuelle nous permet d'aller. Mon ministère a fait un bon travail pour qu'on soit capables de rendre la vie plus facile aux gens qui veulent construire des CPE. Maintenant, bien, ce sera aussi aux gens sur le terrain à prendre ce ballon qu'on leur donne et puis à partir à courir avec. S'ils sont motivés et organisés, et je sais qu'ils le sont, bien, ils pourront être en mesure de réaliser leurs projets, donc d'ouvrir le CPE en 24 mois.

L'économie de temps, bien sûr, elle va être particulièrement avantageuse pour les projets qui sont en tout début de processus parce qu'ils vont pouvoir bénéficier de cet allègement-là tout au long du processus, mais, quand même, on parle de 80 % des places actuellement en réalisation qui vont pouvoir se concrétiser plus rapidement, à une étape ou l'autre, là, qui vont pouvoir bénéficier des allègements en plus de toutes les nouvelles places aussi qui vont commencer à se concrétiser, donc les places pour l'avenir.

En conclusion, ce que je vous présente aujourd'hui, c'est donc un bouquet de mesures pour faciliter la vie du monde qui veulent que ça avance. Mais on ne s'arrêtera pas là non plus. Au-delà de la construction en tant que telle, là, des édifices, de la brique et du mortier, comme on dit parfois dans le milieu des affaires, je veux aussi qu'on change plus profondément la façon dont on planifie, dont on réfléchit le réseau, la façon dont on le développe. Si on veut construire plus de CPE, si on veut construire plus de garderies, si on veut favoriser l'ouverture de plus de milieux familiaux au Québec, on doit faire aussi des changements qui sont plus profonds.

On aura l'occasion d'y revenir dans les prochains mois, mais c'est vraiment le prochain chantier sur lequel je vais m'aventurer. Mais je sais que ce sera un chantier qui sera productif parce que les gens, partout au Québec, comme nous, veulent que ça avance. Au fond, on a tous, le même objectif : créer plus de places en services de garde éducatifs pour que les parents puissent aller travailler l'esprit tranquille et pour que les enfants puissent développer leur plein potentiel. Merci, tout le monde.

Le Modérateur : Merci. Nous en sommes maintenant à la période de questions. Vincent Larin, QMI.

M. Larin (Vincent) : Donc, on comprend, M. Lacombe, que les 13 500 places qui avaient été promises ne pourront pas être construites dans les délais qui étaient avancés en premier.

M. Lacombe : Ce que je vous dis, c'est qu'actuellement on a déjà 2 000 places qui ont été mises sous permis et qu'avec ce qu'on annonce aujourd'hui on sera capable d'en mettre de 5 000 à 7 000 nouvelles, cette année, sous permis, ce qui ferait de cette année, une excellente année en termes de mise sous permis, si vous regardez l'historique. Il faut comprendre qu'à l'intérieur des places que vous mentionnez il y en a qu'on a reprises aussi parce que les promoteurs n'étaient plus intéressés à les développer. Donc, au total, le bilan sera bon, là.

M. Larin (Vincent) : Mais donc, vous nous avez promis, en février 2019, 13 500 places d'ici deux ans, on comprend que ça ne pourra pas être réalisé.

M. Lacombe : Bien, faisons un pas de recul, faisons un pas de recul. Ce que je vous ai expliqué, c'est qu'en février 2019, quand j'ai mentionné clairement que je souhaitais que ces places-là se développent en 24 mois, deux choses : d'abord, il fallait faire le ménage parce que du moment où on dit : Êtes-vous intéressés à garder vos places, vous aurez deux ans pour les développer, il a fallu attendre, dans beaucoup de cas, que les CPE se rencontrent, qu'ils réfléchissent, à savoir est-ce qu'on veut ou pas garder ces places-là, qu'ils nous envoient une résolution de leur conseil d'administration. Je vous épargne les détails, mais du moment où ils se sont engagés, le 24 mois est parti. Et vous avez raison, et ça, ce n'est pas nouveau, ça date de, maintenant, trois semaines ou un mois, à ce moment-là, il y a eu des délais parce qu'il y a eu aussi la COVID qui est arrivée dans le portrait. Donc, j'ai déjà eu l'occasion de dire : Effectivement, il y a des retards. Mais je pense que les gens, à la maison, comprennent, là, que ces retards-là sont normaux ou, en tout cas, sont justifiés dans les circonstances.

M. Larin (Vincent) : Puis est-ce que vous comptez mettre de l'argent supplémentaire pour l'embauche de nouvelles ressources pour traiter les demandes pour…

M. Lacombe : Ce qu'on annonce aujourd'hui, ce sont des allègements administratifs. Donc, en théorie, on n'a pas besoin de nouveau personnel. Ce qu'on vient faire, c'est alléger la tâche du personnel qui est déjà en place. Donc, ce qu'on leur dit, c'est : Vous aurez plus de temps pour vous concentrer à faire avancer les dossiers plutôt qu'à compter le nombre de formulaires que vous devez remplir. Les gens au ministère de la Famille, là, veulent que ça avance. Ils sont bien contents de l'annonce, tout comme les gens sur le terrain. Donc, au-delà des embauches supplémentaires, là, l'important en ce moment, ce qui était réclamé par tout le monde, c'était des assouplissements, puis c'est ce qu'on livre aujourd'hui.

Le Modérateur : Véronique Prince, Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : J'ai trois questions. Je peux commencer par deux, si tu veux, Patrice. Puis...

Le Modérateur : ...bon.

Mme Prince (Véronique) : Bien, justement, pour continuer sur le nombre de places, là. Je pensais que c'était 10 000 qui étaient en cours de réalisation ou qui allaient se concrétiser cette année.

M. Lacombe : En ce moment, au Québec, on a 15 000 places qui sont en réalisation ou en voie de l'être. Ce que ça veut dire, c'est qu'on a des places qui sont actuellement, là, entre les mains de promoteurs déjà, donc, ça, c'est 11 000, autour de 11 000 places qui sont déjà attribuées au CPE la petite licorne, par exemple, au CPE ballon-balai. Et ces gens-là ont les places, et là, ce qu'ils doivent faire maintenant, c'est les concrétiser. Donc, ça, c'est les... il y en a 11 000 actuellement.

La différence, de 11 000 à 15 000, c'est notamment l'appel de projets que j'ai lancé il y a déjà quelques mois, où là, on analyse, on est en train d'analyser les dossiers et on va bientôt offrir ces places-là aux gens qui les auront... qui pourront les développer. Donc, ce sont les places qui sont en voie de réalisation.

Donc, 15 000 au total, concrètement en ce moment ou en voie de l'être, puis 11 000 qui sont déjà, là, à l'intérieur de ce 15 000-là, 11 000 qui sont déjà dans les mains de promoteurs.

Mme Prince (Véronique) : Parce que j'ai de la misère à me démêler entre, justement, les places qui sont en cours de réalisation cette année, donc 11 000, mais là, en même temps, vous dites : Les allègements administratifs vont nous permettre de mettre sous permis 5 000 à 7 000 de plus. Donc, c'est 11 000 plus... tu sais, comment on...

M. Lacombe : C'est inclus à l'intérieur du 11 000.

Mme Prince (Véronique) : O.K.

M. Lacombe : Donc, dans les 11 000 qui sont actuellement entre les mains, là, le ballon, là, comme je disais tantôt, il est dans les mains des promoteurs pour 11 000 places. Dans ces 11 000-là, il y en a beaucoup qui datent encore de 2011, de 2013. Bien, ces places-là, on va être capables de les concrétiser, pour la plupart, là, au cours de la prochaine année. C'est pour ça qu'on vous dit qu'entre 5 000 et 7 000 de ces places-là vont pouvoir être mises sous permis cette année.

Mme Prince (Véronique) : O.K. Ensuite, ma deuxième question, c'est concernant l'avance de fonds. J'aimerais ça avoir des détails là-dessus parce qu'il y a certains directeurs de CPE qui nous disaient : Des fois, le temps que, justement, le tout se concrétise, ça peut prendre, mettons, deux ans, puis pendant ce temps-là, le promoteur... ou plus que deux ans, là, mais pendant ce temps-là, le promoteur, lui, a besoin d'avoir l'argent pour le loyer ou a besoin d'avoir de l'argent.

Donc, vous êtes prêt à faire une avance de fonds jusqu'à combien puis pour quelle période?

M. Lacombe : Bien, ce qu'on va faire, c'est, dès la première étape, là, on va donner une avance de fonds de 50 000 $ au promoteur. Cette avance de fonds là, ce qu'elle va permettre de faire, c'est démarrer le dossier, donc, par exemple, tout de suite embaucher un chargé de projet ou un architecte. Ce seront vraiment les CPE ou les promoteurs, là, qui feront les choix qu'ils voudront bien faire pour démarrer le projet de la façon qu'ils veulent. Mais on leur donnera, nous, cette avance de fonds là. C'est une avance sur les sommes qu'ils vont de toute façon recevoir plus tard.

Donc, ce qu'on fait, c'est qu'on se donne plus de flexibilité. On leur dit : On vous donne tout de suite une partie, vous pouvez commencer la course, allez-y, bien, c'était réclamé, d'ailleurs, et, comme ça, bien, on sera en mesure de développer plus rapidement. Parce qu'effectivement c'était difficile, dans certains cas, pour des promoteurs de démarrer le projet, d'embaucher un chargé de projet, alors qu'ils n'avaient pas encore reçu un sou du ministère.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : ...sur les chiffres, parce qu'en fait tantôt le ministère disait : Au-delà des 2 500 qui ont déjà été créées, là... Donc, d'ici le 31 mars 2022, c'est environ 17 500 places supplémentaires qui se concrétiseront. Là, vous, vous parlez entre 5 000 et 7 000. Là, il y a...

M. Lacombe : 17 500?

M. Chouinard (Tommy) : Non, entre... Excusez-moi, j'ai dit 17 000. Je me suis trompé. Je reprends, d'accord?

M. Lacombe : J'ai eu une petite chaleur.

M. Chouinard (Tommy) : C'est parce que c'était un beau débat tantôt, là. O.K. Je reprends. Le ministère disait : Environ 7 500 places supplémentaires vont se concrétiser d'ici le 31 mars 2022. À partir d'aujourd'hui, là, en date d'aujourd'hui, jusqu'au 31 mars 2022, 7 500. Là, vous, vous dites entre 5 000 et 7 000. Bon, il y a quand même une marge d'erreur, là.

M. Lacombe : ...cette année, là, on va mettre sous permis, si tout va bien avec les promoteurs sur le terrain, parce que, je vous le disais, c'est une responsabilité partagée... Moi, je pense qu'avec ce qu'on annonce aujourd'hui, cette année, on sera capables de mettre sous permis entre 5 000 et 7 000 places en plus de celles qu'on a déjà faites depuis le début du mandat.

M. Chouinard (Tommy) : Donc, en 2021‑2022, là, donc d'ici le 31 mars 2022 O.K. Très bien. Pour le reste, donc, ça...

M. Lacombe : Bien, pour le reste, les projets vont suivre leur cours, là. L'important pour moi, là, c'est de vider l'inventaire. Une fois pour toutes, là, 2011, 2013, il faut que ça sorte. Je veux dire, ça n'a aucun bon sens.

Là, nous, on a fait des choses quand on est arrivés en plein coeur de l'opération, là. Le patient était encore sur la table. Je regarde ça, je dis : Ça ne va pas assez vite. On annonce ce qu'on a préparé dans les derniers mois aujourd'hui, on fait cette annonce-là, et, avec ça, moi, je veux, là, qu'on sorte tout ça, là, 2011, 2013, que cette mauvaise histoire là soit derrière nous.

Parce que je vous dirais que les appels de projets récents, ça va bien. Par exemple, là, toutes les places qu'on a annoncées en 2019, on a signé déjà les opportunités avec les promoteurs. En d'autres mots, ce que ça veut dire, là, c'est que, pour l'appel de projets 2019, on est rendus plus loin, dans certains cas, que 2011 puis 2013, imaginez-vous, parce que ça, ça n'a pas traîné. Ça ne s'est pas sali. Comme on dit, tout ce qui traîne se salit. Donc, ces projets-là qui sont plus récents, ça va bien. Donc, ils vont suivre leur cours puis ils vont se réaliser. Ils vont profiter de ce qu'on a annoncé aujourd'hui. Mais la priorité, c'est 2011, 2013, là. Il faut qu'on sorte ça.

M. Chouinard (Tommy) : ...il reste que, comme dans plusieurs secteurs, il y a une pénurie de personnel. On manque d'éducatrices. Donc là, on le sait, là, il y a des enfants sur des listes d'attente. Il faut créer des places. Mais est-ce qu'on a les éducatrices pour s'occuper de ces enfants-là? Est-ce que, ça, il y a des changements qui s'en viennent à ce sujet-là? Est-ce que les cohortes augmentent dans nos cégeps qui offrent le programme de technique, là, d'éducation à l'enfance ou je ne sais trop, là? Bon. Est-ce que, ça, il y a des améliorations qui vont être faites pour corriger la situation?

M. Lacombe : Il y a des améliorations qui vont être faites pour corriger la situation. En même temps, je dois vous dire, et je le pense profondément : on ne peut pas se concentrer seulement sur un ou l'autre des problèmes. On doit régler ces deux problèmes-là en même temps, en parallèle. Parce que, imaginez, si on se disait, du jour au lendemain : on arrête de construire des CPE parce qu'on a un enjeu de main-d'oeuvre, et là, on s'occupe juste de la main-d'oeuvre. Écoutez, ça n'aurait pas de bon sens, là, parce qu'au moment où on aura les éducatrices nécessaires, on n'aura pas de CPE pour leur permettre de travailler parce que... Bon, là, aujourd'hui, on souhaite que ça prenne 24 mois à se construire. Ça prend un délai, là.

Donc moi, je pense que... et je suis intimement persuadé qu'il faut mener ces deux projets là de front. Donc, je comprends, parfois, là, que ça donne l'impression que c'est contradictoire, mais si on ne fait pas ça en même temps, on aura un problème. Donc, aujourd'hui, bonne nouvelle, on vous annonce ça, mais dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, pour être un peu plus prudent, on sera aussi en mesure de faire une annonce pour la main-d'oeuvre pour stimuler notamment ce dont vous parlez, les inscriptions au programme d'éducation... de technique d'éducation à l'enfance.

M. Chouinard (Tommy) : ...stimuler, là. On stimule comment?

M. Lacombe : Ah! Bien, il y a plein de façons de le faire. Mais là, je vais me garder...

M. Chouinard (Tommy) : Bien, c'est...

M. Lacombe : Je vais me garder des éléments d'information, bien sûr, pour l'annonce qu'on est en train de ficeler, dont on a... pour laquelle on a beaucoup travaillé aussi avec les partenaires sur le terrain, les associations qui nous ont partagé beaucoup de choses. Moi, je l'ai dit, d'ici la fin du mandat, la main-d'oeuvre, j'en fais ma priorité. La création de places aussi, bien sûr. Ça, c'est une évidence, là. Mais outre la création de places, le projet prioritaire pour moi, c'est la main-d'oeuvre. Donc, dans les prochaines semaines, on aura l'occasion de présenter un plan de match.

Le Modérateur : Je prends deux questions d'une collègue qui est à l'extérieur de la salle, Jocelyne Richer de LaPresse canadienne. Est-ce que l'accélération du processus et l'assouplissement des règles ne risquent pas d'ouvrir la porte à des dérapages dans la réalisation des travaux?

M. Lacombe : Non. Non, je ne pense pas. Vous savez, par exemple, là, pour les appels d'offres, on était plus sévère, imaginez, avec les CPE qu'on l'est nous-mêmes... qu'on l'est envers nous-mêmes au gouvernement. Pourquoi? Est-ce que quelqu'un a une bonne réponse à ça?

Moi, en tout cas, il n'y a personne qui m'a convaincu qu'il y avait une bonne réponse à ça. Donc, on a travaillé là-dessus et, aujourd'hui, ça fait partie de l'annonce. Donc, il y aura plus de flexibilité au niveau des appels d'offres. En fait, on aura les mêmes contraintes, par exemple, qu'au gouvernement. Donc, ça, c'est un exemple qui dit qu'on n'élimine pas les mesures de contrôle, mais on les met aux bons endroits pour nous assurer que les fonds publics soient bien dépensés, là. Ça, c'est clair, il faut le faire, mais que ça soit efficace, là, parce que, là, ce n'était pas efficace.

Le Modérateur : Deuxième question : Au terme du mandat, en octobre 2022, vous n'aurez pas réussi à respecter votre engagement en matière de création de places en garderie. Pourquoi les parents devraient-ils croire à vos nouvelles promesses?

M. Lacombe : C'est une question hypothétique. Moi, je pense qu'on fera le bilan à la fin du mandat. Mais, vous savez, les choses bougent rapidement parfois.

Le Modérateur : Est-ce qu'on a encore un petit peu de temps pour... O.K. Bon, M. Larin.

M. Larin (Vincent) : ...est-ce qu'on peut avoir un engagement ferme dans ce cas-ci, M. Lacombe? Tu sais, parce que vous nous dites : On verra. Bien, est-ce qu'il y a possibilité qu'il y ait 13 500 places qui soient créées d'ici...

M. Lacombe : Je ne vous ai pas dit : On verra. Donc, je choisis les mots que j'utilise. Ce que je vous ai dit, c'est : C'est une question hypothétique. Donc, on se posera cette question-là à la fin du mandat quand on fera notre bilan. Mais je vous dis, par ailleurs, que les choses bougent rapidement, et que, cette année, ça pourrait être une très belle année en termes de création de places, puis qu'on n'aura pas du tout à être gênés, du tout à être gênés du bilan qu'on va présenter à la fin du mandat.

M. Larin (Vincent) : Est-ce qu'il va pouvoir y avoir 13 500 places de créées à la fin du mandat de la Coalition avenir Québec, en octobre 2022?

M. Lacombe : On fera le bilan à ce moment-là. Le calcul, il est complexe. Il s'appuie aussi sur, par exemple, les places qui sont libérées par les maternelles quatre ans, sur les places de 2011, de 2013 qu'on va réussir à concrétiser, parce qu'elles traînaient sur les tablettes, aux nouveaux appels de projets qu'on a lancés.

C'est une coconstruction. C'est un travail d'équipe. Vous le savez, là, c'est à moi que vous posez la question, et c'est bien correct, c'est mon travail, mais il reste que ce n'est pas moi et ce n'est pas nécessairement non plus le gouvernement qui a l'entièreté, là, des boutons à sa disposition. On travaille aussi avec les gens sur le terrain.

Donc, on se garde une certaine prudence, mais je me suis déjà avancé, pour cette année, entre 5 000 et 7 000. C'est mon souhait. C'est l'objectif qu'on se fixe. Puis, pour la fin du mandat, bien, on fera le bilan à ce moment-là, mais on ne sera pas gênés. On ne sera pas du tout gênés.

Le Modérateur : Véronique Prince.

Mme Prince (Véronique) : Quand vous dites que vous simplifiez les critères, est-ce que ça va permettre aussi de faire en sorte que les budgets vont davantage être collés sur la réalité? Parce qu'il y a aussi beaucoup de directeurs de CPE qui nous disent : On est obligés de couper dans le nombre de salles de bain, la grandeur de la cour.

M. Lacombe : Ça, c'est une excellente question. Oui, c'est une excellente question qui me permet de dire qu'aujourd'hui, là, ce qu'on fait, c'est un pas de géant. Par contre, je disais, on ne s'arrêtera pas là. Il y a des changements plus en profondeur qui s'en viennent dans un projet de loi, c'est clair. Mais, en termes d'allègements administratifs, on va continuer.

Dans les derniers mois, là, on a créé pour la première fois, au ministère de la Famille, une direction du développement. On n'avait pas ça avant. Donc là, maintenant, il y a une direction qui s'occupe du développement. On embauche un conseiller spécial d'expérience, en termes de développement du réseau, qui va être en mesure de nous conseiller sur comment on peut continuer d'améliorer nos processus pour gagner du temps.

Et, notamment, puis là je réponds précisément à votre question, un des éléments sur lequel on va se pencher, c'est la création d'un plan fonctionnel et technique type, qui va être fait dans les prochains mois, donc les mandats sont donnés, pour, justement, qu'on puisse arriver, là, à la fin, à éviter ces allers-retours-là puis qu'on arrête, au Québec, là, de s'obstiner sur le nombre de toilettes que ça prend dans un CPE. Écoutez, là, moi, là, c'est la dernière chose sur laquelle je souhaite qu'on s'obstine, le nombre de toilettes.

Mme Prince (Véronique) : …il faut augmenter les budgets. Parce que le problème des coupures, justement, dans les toilettes, puis dans la cour, puis tout ça, c'est parce que le budget n'est pas collé sur l'inflation ou sur la réalité de ce que ça coûte aujourd'hui.

M. Lacombe : Oui, vous avez raison. Il y a une indexation qui est faite à chaque année. Donc, bon, cette année, je ne présumerai pas de la décision du Conseil du trésor, mais on a bon espoir que les dossiers cheminent bien.

Mais, au-delà de l'indexation, il faut aussi — je vais essayer d'utiliser une image claire, là — réfléchir à un contrat, une entente, là, un document — c'est ce que c'est, un plan fonctionnel et technique — qui va nous dire : Bien, voici ce que ça prend dans un CPE. Et un coup qu'on l'aura fixé, bien, on pourra ensuite… évidemment, le financement va suivre en conséquence de ce qu'on aura défini, bien, on pourra arrêter de s'obstiner, là, à chaque fois sur le nombre de toilettes, le nombre de lavabos puis sur le nombre de pieds carrés qu'un local doit avoir, là. On a d'autres choses à faire que de s'obstiner là-dessus.

Donc oui, c'est quelque chose sur quoi on se penche, ça, pour l'amélioration continue dans les prochaines semaines, les prochains mois.

Le Modérateur : Avant de passer à l'anglais, est-ce qu'il y a une petite dernière en français de M. Chouinard ou ça va?

M. Chouinard (Tommy) : Non, c'est juste que j'essaie de voir… Parce que vous dites : Au terme du mandat, on verra, c'est une question… Bien, vous ne dites pas : On verra…

M. Lacombe : Non, je n'ai pas dit : On verra.

M. Chouinard (Tommy) : C'est une question hypothétique, dites-vous. Mais, comprenez-vous qu'en appliquant ça à l'ensemble des actions et des promesses d'un gouvernement, ça manque de… ça manque de tonus?

M. Lacombe : Non. Je vais faire un pas de recul, là, parce que c'est important, pour moi, de bien choisir les mots que j'utilise et de remettre cette question-là en contexte, là. On m'a demandé si on allait respecter l'engagement qu'on avait pris en campagne électorale et que, visiblement, on n'était pas pour l'atteindre. Moi, ce que je vous dis, c'est : Regardez-nous aller, on fera le bilan à la fin, et à ce moment-là les gens pourront tirer leurs conclusions, si, oui ou non, on a respecté nos engagements.

Mais moi, je vous dis qu'avec les mesures qu'on met en place on risque de créer des belles surprises. Et les gens, je ne suis pas certain qu'ils nous attendent là, mais on risque d'avoir un bilan pas mal meilleur que ce qu'ils attendent.

Le Modérateur : Passons maintenant à l'anglais. Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Bon matin. I have a number of questions, but I just want to start with one thing that you said, that this can all seem very technical. I think that that's what the people at home are also saying. So, can you try to explain for our viewers in English what you're announcing today, just in plain language, not getting into the technical stuff?

M. Lacombe : Yes, I can. I can try to do it in English. What I am announcing today is a set of administrative reductions to go faster. We will go from 17 to nine steps of construction and, with this, we should be able to save, on average, one year of construction. So, it's clear, on average, one year less of construction. And, if I can say, parents who are waiting for a place in a daycare center for a child want, in my opinion, only one thing, to get a place. So, this is what the measures I am announcing today will help to achieve.

Mme Fletcher (Raquel) : So, in plain language, you're cutting down the red tape?

M. Lacombe : Yes, we're cutting down red tape to make sure that people from my Ministry and people on the field will be able to construct daycares faster for the parents waiting for a place for their kids.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. Now, I want to get into some of the technical stuff, because you said the places that you… the deals that you made for 2019, for those places, went faster than what happened in 2011, 2012, 2013.

M. Lacombe : Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : How is that possible?

M. Lacombe : In English?

Mme Fletcher (Raquel) : Sorry.

M. Lacombe : That would be difficult for me to explain this in English, but…

Mme Fletcher (Raquel) : …what is the main issue here?

M. Lacombe : The main issue is that the old, very old projects were sometimes forgotten by people on the field. So, it was hard, at the first time, to find sometimes the place to build because it was an old project. So, with the years, the places on the field… les terrains disponibles… Je vais vous répondre en français, là, parce que c'est très, très technique, et je veux être certain de ne pas faire d'erreur. Mais les projets qui dataient de 2011 et de 2014 dataient d'il y a tellement longtemps, tellement d'eau avait coulé sous les ponts que, parfois, quand on appelait le promoteur pour lui dire : Bien là, tu dois te remettre en marche, sinon on va reprendre les places, il se retournait puis il ne savait même plus où il pourrait construire son CPE.  Donc, l'étape de trouver un endroit, ce qu'on appelle l'opportunité, c'est une étape qui est très difficile pour ces vieux projets là.

Dans le cadre des nouveaux projets, par exemple ceux de 2019, toutes ces étapes-là ont été franchies dans le cadre de… pour tous les projets, parce que, bien, c'est des projets qui sont récents, les gens ont déposé en ayant déjà une idée d'où ils voulaient construire, donc, ça nous a beaucoup aidés. Puis là, avec les mesures allégées qu'on annonce, ça va aller beaucoup plus vite. Mais là, l'important, là, c'est de faire le ménage, là, du début des années 2010.

Mme Fletcher (Raquel) : OK, back in…

Le Modérateur : …CTV.

Mme Fletcher (Raquel) : …a last one?

Le Modérateur : OK. Go ahead, yes.

Mme Fletcher (Raquel) : Because… OK. So, going back in English, were those old projects… are you now in a process to take that money back, or what is happening to that money that was allotted for those places, where you are saying that it isn't a place to be build, so they can't find a place to built?

M. Lacombe : Yes. Some people, some projects, decided to give us back the places. So, we have 2,000 places… we took back 2,000 places like this. But for the rest of the places, we think that we will be able, this year, to inaugurate something like between 5,000 and 7,000 places on the field.

Le Modérateur :Maintenant, Matt Grillo, CTV.

M. Grillo (Matthew) : Good morning.

M. Lacombe : Good morning.

M. Grillo (Matthew) :  I'm just wondering why it took… why do you think it took two and a half years to make these changes?

M. Lacombe : Because, when we arrived in 2018, the priority was to make sure the old project could go further, could be achieved. So, we took decision at this time to increase, for instance, the amount of money we were giving to those projects, because that was the problem in the main… dans la presque totalité des cas. And after, at the same time, I asked the Ministry of… le ministère de la Famille to work a project to reduce the administration, to cut into the red tape, like we said before, and just after the pandemic arrived.

So, it is sure that we could… on aurait pu faire ça plus rapidement s'il n'y avait pas eu de pandémie, c'est clair, parce que la commande avait été donnée déjà, il y a longtemps, là, et je l'avais même affirmé publiquement. On a commencé à faire ce travail-là, la pandémie est arrivée, ça nous a tous mobilisés, mais là ça fait en sorte qu'aujourd'hui on est quand même capables de livrer ça parce qu'on y travaille depuis plusieurs mois.

Donc, moi, je pense que, quand vous regardez la ligne du temps, là, on n'a pas perdu notre temps. On n'était pas assis sur nos mains, on a travaillé fort, puis ça fait en sorte qu'aujourd'hui on peut faire cette annonce-là. Sinon, ça aurait pris encore plusieurs mois si on était parti de zéro.

M. Grillo (Matthew) : The educators, that's an important aspect of this. The PQ was saying earlier this morning that there is a lack of educators. But what is the Government going to do to sort of fill those positions? Because, if there are missing educators, but you create places, they may not… you know, it may not work out the way you are hoping.

M. Lacombe : But you know what? We have to deal with theses two issues at the same time. We cannot just focus on one of those issues, because what will you do if you have, in two, three years, enough educators to work but no day cares to work in? So, we need to address those two issues at the same time, and this is what we do. So, today, it's a good new. And, in the next weeks... in the next months, to be maybe more careful, we will be able to announce some measures to recruit more educators.

Le Modérateur : ...in English?

Mme Fletcher (Raquel) : ...question? Because you seemed irritated about this issue of how many toilets or how many sinks… in the CPEs. Can you explain that point in English for us?

M. Lacombe : You know, when it's coming on my desk, I don't want to talk about toilets, I don't want to talk about how many toilets we need in a day care, I just want the day care to open. I just want parents to be able to go to work. I just want the kids to receive a great service in our day-care centers.

So, we will work. This is a continue work. So, we will continue to work on this to improve the process, and this is something we will work on. Because, honestly, I think it's not my job to talk about toilets.

Mme Fletcher (Raquel) : Is there a rule, though, that there has to be so many toilets per...

M. Lacombe : No, and that's the problem. That's the problem. Actually, we do not have a document with all the specifications. So, every time, it's a challenge for the architects and the people on the ground to negotiate something, to be able to work within the amount of money they have. If we have already a deal on what we need, we will not be obliged to negotiate about the number of toilets, you know? That's not my priority. My priority is to open more day-care centers.

Journaliste : Une petite clarification pour terminer, si vous permettez, M. le ministre. Si les assouplissements administratifs annoncés aujourd'hui suffisent pour accélérer le processus, pourquoi annoncer une nouvelle loi?

M. Lacombe : Bien là, ça, c'est une excellente question, là. Je voudrais vous en parler pendant une demi-heure parce que ça me passionne beaucoup. Mais là aujourd'hui, là, on parle d'une petite partie de l'histoire, qui est très importante, là, puis je pense que les réactions aujourd'hui vont être très, très bonnes, parce qu'on a écouté nos partenaires, mais on parle vraiment de la construction, là, des édifices, du moment que les gens reçoivent leurs places sur le terrain, là, qu'est-ce qu'on leur impose comme contraintes, puis comment on les aide à bâtir les CPE. Là, c'est juste de ça dont je vous parle, là.

Mais prenons un pas de recul. Dans le Pontiac, dans ma région, en Outaouais, on a un besoin, il y a des parents qui n'ont pas de place, une des régions les plus pauvres au Québec. On vient de lancer un appel de projets. Il n'y a pas de projet qui nous est déposé. Donc, la communauté ne nous dépose pas de projet. Qu'est-ce qu'on fait?

Moi, ça me dérange. Ça me dérange parce que les parents ne peuvent pas aller travailler, parce que ces enfants-là, c'est des enfants qui vont arriver avec la maternelle, c'est écrit dans le ciel, avec des problèmes de développement. Et moi, comme ministre, je ne peux pas accepter ça.

Donc, cette question-là, il faut se la poser. Et ça, ça ne passe pas un allègement administratif, ça, ça passe par des modifications législatives. Parce que le réseau, il est pensé actuellement de telle sorte qu'il faut vraiment que ça soit la communauté qui dépose les projets. Est-ce qu'on peut se poser la question à savoir comment on pourrait faire les choses autrement?

Bien, moi, je suis persuadé que oui. Donc, ça, c'est des questions qu'on va se poser dans le cadre des consultations qui s'en viennent, puis du projet de loi qu'on va déposer. Quand je vous parle d'enjeux davantage de fond, là, puis de changement de structure, c'est de ça dont je parle, entre autres.

M. Chouinard (Tommy) : ...précision là-dessus, parce que vous dites... là on parlait de livre blanc, projet de loi, vous savez qu'un livre blanc n'implique pas nécessairement tout de suite un projet de loi?

M. Lacombe : Non, mais ça peut.

M. Chouinard (Tommy) : Ça peut. Mais c'est ça, donc ça peut, mais ce n'était pas clair dans mon esprit...

M. Lacombe : Oui, oui, oui.

M. Chouinard (Tommy) : Donc, c'est un projet de loi, là.

M. Lacombe : Bien, je pense qu'en fait, l'idée, là, d'un livre blanc, on peut un peu faire ce qu'on veut avec ça, tant que ça démontre la vision du gouvernement. Mais moi, je vais résumer en disant très clairement, là : l'objectif, pour cet automne, c'est de déposer un projet de loi pour faire des changements davantage de structure, pour être plus efficaces et être plus accessibles pour nos tout-petits puis leurs parents. Et ce sera accompagné d'un document, là, qui va permettre aussi de... parce que le projet de loi, c'est l'outil, mais je pense que ça prend aussi un document pour que les gens comprennent où est-ce qu'on s'en va avec tout ça, puis c'est quoi, nous, l'histoire, là, que la CAQ veut raconter au sujet des services de garde, c'est quoi notre vision des services de garde éducatifs à l'enfance au Québec. Donc, moins de parlage, plus de «faisage», comme on dit, c'est vraiment là-dessus qu'on va plancher. Mais je pense que c'est important aussi d'expliquer aux gens où on s'en va.

Le Modérateur : C'est ce qui met fin à cette conférence de presse. Merci, M. le ministre.

M. Lacombe : Merci, tout le monde.

(Fin à 9 h 41)

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