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Point de presse de M. André Fortin, leader parlementaire de l’opposition officielle, et Mme Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version finale

Le mercredi 10 mars 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-deux minutes)

La Modératrice : Bienvenue à ce point de presse de l'opposition officielle. Notre porte-parole en santé, députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, prendra la parole. Ensuite, nous prendrons vos questions.

Mme Montpetit : Bonjour, tout le monde. Bon matin. Alors, ce matin, on vient vous parler notamment de vaccination. On voit que la campagne de vaccination commence à prendre un certain rythme, c'est une bonne nouvelle. On le sait, la vaccination, c'est le Saint-Graal pour nous sortir de cette crise sanitaire, et on croit que c'est le moment justement pour le gouvernement de commencer à réfléchir aussi pour bonifier sa stratégie de vaccination. Maintenant que le fédéral, entre autres, a confirmé l'arrivée de milliers de doses, c'est bien confirmé, donc, je pense que c'est très à propos, à l'heure actuelle, de venir réviser certains éléments.

On a trois demandes que l'on fait au gouvernement de la CAQ aujourd'hui, notamment, entre autres, premièrement, de mandater le Comité d'immunisation du Québec pour revoir sa stratégie afin d'y inclure... de reprioriser davantage, dans le fond, les gens qui ont ce qu'on appelle une pathologie à haut risque, j'entends par ça notamment la fibrose kystique. On l'a vu dans les médias, les cris du coeur, entre autres, de la jeune fille, Camille, qui a la fibrose kystique, qui a dû aller, à cause de sa condition, quatre fois... qui a été hospitalisée quatre fois durant la dernière année.

Donc, c'est des gens qui ont des pathologies qui les mettent extrêmement... qui les rendent très vulnérables, entre autres d'être hospitalisés s'ils attrapent la COVID. Donc, il est très à propos de venir revoir la stratégie pour prioriser ces gens-là maintenant qu'il y a davantage non seulement de vaccins qui vont arriver, mais également que la vaccination avance à bon train chez les aînés. Donc, fibrose kystique, entre autres, les gens qui ont des traitements de chimiothérapie, les personnes handicapées aussi. On a vu le cri du coeur des familles au cours des derniers jours. Et on voit aussi que plusieurs juridictions, notamment au Canada, ont révisé, dans les dernières semaines, leurs priorités pour permettre d'inclure ces personnes-là. Donc, il serait très à propos que le comité d'immunisation se penche sur cette question.

Dans un deuxième temps, la deuxième demande que l'on fait, on demande au ministre de la Santé puis à la ministre des Aînés de déployer des efforts pour s'assurer de favoriser la vaccination chez les travailleurs de la santé. On l'a vu au cours des derniers jours, entre autres un cas — mon collègue pourra sûrement vous en reparler — le CHSLD Lionel-Émond, qui est en Outaouais, dans lequel il y a une éclosion depuis maintenant deux semaines, plus de 40 résidents qui sont atteints de la COVID, 16 employés, un cinquième décès qui a été annoncé hier. Et on apprend que seulement 40 % des employés dans le CHSLD sont vaccinés. Et ça, c'est un exemple parmi tant d'autres parce qu'il y a plusieurs CIUSSS... Il y a des données parcellaires qui sont sorties, qui ont circulé un peu partout, plusieurs CIUSSS nous ont informés qu'effectivement le taux de vaccination pouvait tourner autour de 45 %, 50 % dans certains cas.

Donc, dans un premier temps, je pense que le gouvernement... le ministre devrait s'assurer d'avoir un portrait clair, d'avoir un portrait juste des niveaux de vaccination non seulement par région, mais aussi par installation, s'assurer que, dans les CHSLD notamment, les gens qui sont en contact avec les personnes les plus vulnérables... Le gouvernement a pris la décision de prioriser la vaccination chez ces personnes pour les protéger. Encore faut-il qu'il s'assure que les travailleurs qui sont en contact avec eux soient aussi vaccinés. Donc, on demande au gouvernement vraiment d'aller investiguer sur quelles sont les réticences, quelles sont les préoccupations des travailleurs de la santé, et de venir déboulonner, si on veut, ces préoccupations-là pour augmenter le taux de vaccination. On voit dans d'autres provinces, par exemple la Colombie-Britannique, ils sont déjà, depuis un mois, à 90 % des travailleurs en CHSLD qui sont vaccinés. L'Ontario est à 70 %. Alors, on aimerait que le ministre, déjà, s'informe sur le niveau exact du taux de vaccination, parce que jusqu'à maintenant il réfère à des sondages qui disent que... bien, il réfère à des sondages, donc il n'a pas de données brutes entre les mains. Et il faut qu'il s'assure aussi de mettre des campagnes de sensibilisation et non seulement, comme on a entendu Marguerite Blais hier matin à la radio, juste dire aux employés d'un CHSLD : Bien, allez vous faire vacciner. Ça, ce n'est pas une stratégie sérieuse, comme on s'y attend.

Et troisième élément, au niveau de la vaccination aussi, on souhaite que le gouvernement porte une attention particulière aux communautés allophones. Ça fait partie des éléments qui ont été soulevés hier pendant le point de presse. On est très conscients effectivement qu'il y a un travail qui a été fait au niveau du ministère de la Santé de venir traduire en plusieurs langues des documents. Mais ces documents-là, les gens les reçoivent une fois qu'ils arrivent au site de vaccination, alors que l'enjeu, il est justement de les amener au site de vaccination, de les informer, de faire de l'information sur le terrain. Donc, il faut que ça passe, entre autres, par plus de communication, que ce soit dans les médias des communautés culturelles entre autres, mais aussi par les organismes communautaires qui sont directement sur le terrain pour qu'ils puissent aller sensibiliser les gens et les informer de la campagne de vaccination. Merci.

M. Bergeron (Patrice) : ...selon votre estimation, est-ce que ça pourrait aller plus vite?

Mme Montpetit : Bien, on souhaiterait tous que ça aille plus vite. Il y avait vraiment un enjeu, jusqu'à maintenant, de doses. Donc là, on pourra voir, à partir du moment où les doses vont arriver plus massivement, si la machine va suivre, si les promesses du ministre vont être au rendez-vous. Mais on le souhaite tous, là.

Mme Prince (Véronique) : Qu'est-ce que vous avez pensé de ce qu'il a dit hier, là, que les leaders dans notre société doivent suivre les recommandations de la Santé publique, sinon, ça veut dire qu'ils sont contre la science? Il visait, entre autres, les partis d'opposition.

M. Fortin : Bien, de façon générale, les leaders, comme tous les Québécois, doivent suivre les recommandations de la Santé publique. Cependant, moi, j'ai entendu une citation de M. Legault hier, qui était quand même très claire, il nous a dit : La Santé publique travaille sur le retour des secondaires III, IV, V, travaille sur les lieux de culte, les salles de spectacle, et ils ont de la pression notamment de moi-même. Le premier ministre dit qu'il met lui-même de la pression sur la Santé publique.

Alors, à partir du moment où le premier ministre du Québec dit : Moi, je mets de la pression sur la Santé publique pour tous ces dossiers-là, il ne peut pas se revirer de bord et dire aux autres formations politiques, aux chroniqueurs, aux gens qui manifestent qu'eux ne peuvent pas le faire, qu'eux ne peuvent pas poser de question, que c'est contre-productif. Le premier ministre du Québec ne peut pas faire de la petite politique en disant quelque chose comme ça. Ce n'est pas à la hauteur d'un chef d'État, d'un premier ministre de dire que seul lui peut poser des questions à la Santé publique, seul lui peut mettre de la pression. Tout le monde a le droit de poser des questions dans ce contexte-là.

M. Laforest (Alain) : Pourquoi il fait ça?

M. Fortin :Honnêtement, c'est à lui à répondre à cette question-là. Il a le choix...

M. Laforest (Alain) : ...parce qu'on l'a compris, il attaquait votre collègue Marwah Rizqy hier, entre autres. Pourquoi il fait ça?

M. Fortin : Bien, j'y reviens, là. D'un côté, le premier ministre admet lui-même qu'il met de la pression sur la Santé publique sur exactement les mêmes enjeux qu'il entend de la société civile, des gens qui manifestent, des leaders politiques, des gens qui veulent voir, qui veulent comprendre exactement ce sur quoi se base la Santé publique. Le premier ministre, là, c'est un chef d'État, il se doit d'agir en tant que tel. Il y en a eu, des grands chefs d'État au Québec, des gens comme Lucien Bouchard, Bernard Landry. Je demande au premier ministre du Québec, ces jours-ci, de se lever à leur niveau.

M. Larin (Vincent) : ...qu'il mentionne la possibilité qu'on puisse se rassembler à nouveau à l'intérieur d'ici deux mois, quand les 65 ans et plus seront vaccinés? Est-ce que c'est imprudent? Est-ce que c'est prématuré?

Mme Montpetit : Bien, je pense qu'hier... Je vais me permettre un commentaire aussi sur le point de presse qui a été fait par le premier ministre, ça a été souligné par plusieurs chroniqueurs, puis je partage cette opinion-là que c'était un point de presse de trop. Le premier ministre doit se présenter en point de presse quand il a quelque chose à annoncer. Et là les éléments qu'il mettait de l'avant, hier, la question, c'est, bon, est-ce qu'il crée de l'espoir ou c'est vraiment fondé sur des projections qui sont faites par la Santé publique? Est-ce qu'on peut... Il faut qu'il... Je comprends qu'il y a un juste équilibre à faire, mais, si c'est pour alimenter de l'espoir qui ne sera pas au rendez-vous en bout de ligne, ce n'est certainement pas la bonne chose à faire.

Je pense qu'à l'heure actuelle il faut faire... On est tous impatients. C'est un enthousiasme, je pense, qui est normal, mais il faut avoir un enthousiasme qui est prudent. On n'a pas encore... La semaine de relâche vient de se terminer. Les experts, on les a vus se prononcer dans les derniers jours, le disent : Prudence, prudence, prudence. Il faut voir les effets de la semaine de relâche avant de pouvoir voir la suite des choses, voir comment les variants vont se propager. Puis je pense que, dans une semaine ou deux, on aura une meilleure lecture pour la suite des choses. Mais je pense que le premier ministre, à l'heure actuelle, n'a pas ces éléments-là pour répondre.

M. Larin (Vincent) : ...c'était trop tôt pour mentionner ça?

Mme Montpetit : Bien, encore là, je pense que c'est à lui de... S'il a des données de la Santé publique qui lui indiquent ça, qu'il les communique. Mais l'enjeu, c'est qu'on revient toujours sur un peu du mou dans ce genre de déclaration là qu'il fait.

Mme Prince (Véronique) : Je voudrais vous entendre aussi sur la nomination d'Alexandre Cloutier à la tête du comité des sages pour la liberté d'expression dans les universités, là. Donc, c'est un ancien péquiste qui est nommé par la Coalition avenir Québec. Est-ce que vous commencez à trouver que ça fait plusieurs péquistes qui se joignent au rang de la coalition?

M. Fortin : Bien, il y en a énormément, des péquistes, dans les rangs de la Coalition avenir Québec. Je crois que c'est évident depuis le début. Le premier ministre en est le chef, de ce parti-là, et il a amené beaucoup de gens du Parti québécois avec lui. Maintenant, moi, je pense qu'Alexandre Cloutier, c'est quelqu'un qui est tout à fait qualifié pour cette nomination-là, cette position-là. Il occupe un poste qui lui apporte une expérience certaine. Alors, je n'ai aucun enjeu avec la nomination d'Alexandre Cloutier.

M. Laforest (Alain) : Vous attendez quoi de lui?

M. Fortin : Honnêtement, je vais attendre d'entendre ses propres propos, de voir ce que lui veut mettre de l'avant, mais...

M. Laforest (Alain) : ...quoi du comité?

M. Fortin : Mais du comité, on s'attend... Bien honnêtement, là, sur la question de la liberté d'expression dans un contexte académique, je crois qu'on a été clairs depuis le début, la liberté d'expression doit primer. Donc, on s'attend du comité à ce qu'il formule des recommandations claires, mais qu'il mette bien les préoccupations du milieu académique sur la place publique et qu'il identifie des façons de bien coordonner le tout pour que tout le monde se sente confortable dans ce milieu.

M. Bergeron (Patrice) : Concernant M. Fitzgibbon et la Commissaire à l'éthique... D'ailleurs, votre collègue, hier, s'est levé, M. Barrette, sur ce qui a été passé au Conseil des ministres, là, qui fait que, maintenant, c'est Mme LeBel qui est responsable des entreprises de M. Fitzgibbon. Je ne sais pas si cet arrangement-là vous convient. Et est-ce que Mme LeBel ne se trouve pas à être ainsi complice dans cette espèce de stratagème là?

M. Fortin : C'est une question qui se pose. Deux fois, la Commissaire à l'éthique est sortie pour réprimander M. Fitzgibbon, pour lui demander de remettre ses choses en ordre. De dire que c'est la présidente du Conseil du trésor qui va maintenant s'occuper de ce dossier-là, ce n'est pas remettre les choses en ordre. La situation avec M. Fitzgibbon, elle demeure la même, il y a eu un rapport, deux rapports, il n'a toujours pas agi. Une prise, deux prises, est-ce qu'on attend trois prises pour le retirer à la Coalition avenir Québec?

M. Bergeron (Patrice) : Mme LeBel est censée être la caution éthique du gouvernement. Elle avait aussi avalisé un projet de loi qui était le projet de loi sur l'accélération des infrastructures où est-ce qu'on a vu aussi qu'il y avait des problèmes. Est-ce qu'elle n'est pas en train de… il n'y a pas un pattern, là, elle est en train de servir de caution pour des choses qui, au fond, ne l'avantagent pas nécessairement?

M. Fortin : Tu sais, en politique, on a tous un choix, à savoir est-ce qu'on est prêts à travailler sur un certain dossier, est-ce que, réellement, on veut… on est confortables à occuper une certaine fonction. Mme LeBel a ce choix-là, c'est quelqu'un qui a toujours eu une éthique irréprochable. Maintenant qu'on lui donne le mandat, parce qu'elle a une éthique irréprochable, de s'occuper des problèmes d'un collègue pour contourner les avis qui ont été donnés par la Commissaire à l'éthique, pour ne pas se plier aux recommandations de la Commissaire à l'éthique, elle doit se tenir à un micro, comme celui-là, et dire si elle est confortable avec ça. Moi, j'aurais un enjeu.

M. Larin (Vincent) : …concernant le prêt pardonnable/subvention annoncé hier, 56 millions, est-ce que c'était vraiment nécessaire de la part du gouvernement...

M. Fortin : Nous, on a toujours appuyé l'usine de La Pocatière, parce qu'on a toujours voulu appuyer les travailleurs de La Pocatière. Et je pense que, si on regarde ce qui a été fait par les gouvernements libéraux pour cette usine-là, je pense que notre appui, il est indéniable. Il y a eu des projets de loi qui ont été présentés ici pour s'assurer qu'ils puissent avoir les contrats des trains Azur et que les travailleurs puissent demeurer en emploi.

Maintenant, ce qu'on veut savoir, c'est : Est-ce que toutes les avenues ont été explorées pour l'usine? Est-ce qu'il y a un prêt potentiellement pardonnable à la hauteur qui est avancée? C'est vraiment la seule avenue possible à ce moment-ci. Et qu'est-ce qui arrive par la suite? Le ministre Fitzgibbon a dit hier, essentiellement : Bien, nous, on ne dirigera pas un appel d'offres vers cette usine-là. Parfait. Comment on va s'assurer que cette usine-là va pouvoir fonctionner à l'avenir si, aujourd'hui, on fait un prêt potentiellement non remboursable à la hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars? Il faudra quand même s'assurer qu'en bout de ligne cette usine-là demeure en fonction. Alors, c'est quoi, le plan du gouvernement après que cette modernisation-là va avoir eu lieu?

M. Larin (Vincent) : Donc, est-ce que ce serait justement cette solution-là pour que l'usine reste en fonction?

M. Fortin : Bien, nous, déjà, là, il y a eu des projets de loi que, nous, on a présentés. Il faudra que le gouvernement voie à quel moment et quels projets sont prêts à ce moment-là. Mais cette usine-là, ces travailleurs-là, pour le développement régional, elle est essentielle, mais ça prend un plan. On ne peut pas juste dire : Aujourd'hui, on met des dizaines de millions de dollars puis on ne sait pas ce qui se passera avec cette usine-là une fois que ce travail-là va être terminé dans six mois, huit mois, un an. Le gouvernement doit avoir une certaine vision et doit s'engager auprès de ces travailleurs-là pour dire : Bien, voici ce qui s'en vient après la modernisation.

Mme Prince (Véronique) : J'aimerais vous entendre aussi sur la progression de l'anglais à Montréal. On a fait un reportage encore hier pour démontrer que non seulement il y a une progression dans les commerces, mais aussi dans la langue de travail. Est-ce que le gouvernement doit s'attaquer à la langue de travail?

M. Fortin : Bien, l'anglais à Montréal, là, c'est une préoccupation. Et l'anglais partout à travers le Québec, c'est une préoccupation. En même temps, on entend à certains niveaux qu'il y a une amélioration de la part des anglophones à parler français. Et, pour nous, ça, c'est une grande priorité, c'est de s'assurer que la population anglophone du Québec, la population allophone du Québec comprenne, parle, s'exprime, puisse travailler en français. Elle est là, la préoccupation.

Est-ce qu'il y a une place importante de l'anglais à Montréal, que ce soit par le tourisme, que ce soit par la langue parlée par les anglophones entre eux? Bien sûr. Mais notre préoccupation, nous, elle est que tout le monde au Québec puisse s'épanouir en français, puisse avoir des milieux communs en français. Et je pense qu'elle est là, la préoccupation pour plusieurs régions et pour Montréal.

La Modératrice : On va passer en anglais.

M. Grillo (Matthew) : Hi. Good morning. I just want to hear you on what the Premier said yesterday about indoor gatherings for 65 and older once they've received the vaccine. Is this a projection too far into the future? We know the way this pandemic works. It's hard to really predict anything, even two weeks in advance.

M. Fortin : The Premier is prone to throwing ideas out there without knowing exactly what's going to happen down the line. And I think that's inevitable. Nobody knows exactly what's going to happen down the line. We do have a situation where there are a lot of variants that are still going around, especially in Montréal, but now in many other regions of the province. So, I think maybe, on the one hand, he's trying to give hope to people, but we've seen him have to backtrack before on these ideas. And that's really what is disheartening to a lot of people, when the Government comes out with a glimmer of hope and then has to backtrack later on. So, at this point, we hope that he takes the cautious approach when he makes such statements.

Mme Fletcher (Raquel) : ...in the next few weeks, which makes it seem like by the end of the month, all of Québec seniors will have been vaccinated. Is that a little bit too optimistic?

M. Fortin : Well, his own staff told you it was too optimistic. He said within the next month… he called it a big month, but within the next month, and then his staff had to call reporters afterwards and say : Well, it might be a little longer than that, it might be mid-May, it might be more like two months.

So, really, there's a lot of people who are hanging on his lips and who are listening to every word and taking to heart what he is saying. He has a responsibility to be cautious and to give us proper and correct information. And really, that's what we hope, that he doesn't have to backtrack on his statements later on. We all want to get out of it, we all want to see our close ones, our loved ones. But from our Government, we expect to get correct information.

Mme Fletcher (Raquel) : And you feel like he's maybe taking liberties.

M. Fortin : I think he himself, and just like anybody else, wants this to happen as quickly as possible. And it's normal, when you want something to happen as quickly as possible, to say… to be optimistic in your projections. But he is the Government, he represents the Government, he is the one who has the factual information. So, I expect, when he comes out with dates, with scenarios, that they are validated by Public Health, that they are realistic, that they are based on proper projections and that they don't have to be corrected by his own staff later on.

La Modératrice : Merci.

M. Fortin : Thank you.

(Fin à 9 h 10)

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