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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, et Mme Isabelle Melançon, porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine

Version finale

Le mardi 9 mars 2021, 10 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures quarante-neuf minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour. Bonjour, tout le monde. Bien contente de vous revoir après une relâche de deux semaines, relâche parlementaire de deux semaines, et contente d'être accompagnée aujourd'hui de ma collègue, Isabelle Melançon.

D'entrée de jeu, aujourd'hui, je pense qu'il est important de faire un retour sur ce qui s'est passé pendant les deux dernières semaines, qui ont débuté, en fait, avec la publication, un vendredi après-midi, on s'en souviendra, des avis de la Santé publique qui nous ont offert un nouvel éclairage sur les communications et les politiques du gouvernement Legault. Ces avis, qu'on demandait depuis déjà un certain temps, ont révélé certaines informations, notamment que le gouvernement ne suivait pas les recommandations de la Santé publique de manière systématique.

Chaque jour, lors de son point de presse quotidien, le premier ministre nous disait appliquer les recommandations de la Santé publique. Et je me rappelle même le premier ministre avoir dit la seule fois où il n'a pas suivi une recommandation de la Santé publique, c'est lors de l'annulation du contrat moral. J'ai même entendu le premier ministre nous dire en Chambre que, sur les questions des oppositions par rapport aux mesures mises en place, ça sous-entendait parfois que nous doutions des avis de la Santé publique. Et le premier ministre a tenté d'utiliser son ricochet en disant qu'il était très à l'aise d'aller plus loin que ce que lui recommandait la Santé publique.

Alors, je dirais la chose suivante. La première, c'est que le problème, ce ne soit pas que François Legault décide d'aller plus loin. Le problème, c'est qu'il s'est toujours défendu en disant qu'il suivait les recommandations de la Santé publique, comme l'ensemble de ses ministres, d'ailleurs. Et je me permets de poser la question suivante : Est-il toujours allé plus loin que ce que recommandait la Santé publique? Une chose est certaine, le premier ministre a changé son discours le jour où les avis ont été publiés.

Alors, que le premier ministre décide que son gouvernement ne suive pas les avis de la Santé publique, c'est une chose, mais toutes les mesures que son gouvernement met en place étaient des recommandations de la Santé publique, c'est ce qu'il soutenait. Alors, le premier ministre peut se défendre autant qu'il le souhaite en disant qu'il n'a pas de regret d'être allé plus loin, c'est son choix, il lui appartient d'assumer et de défendre ses décisions. Mais une chose est certaine, un fait demeure, ils n'ont pas suivi les avis de la Santé publique contrairement à ce qu'ils ont toujours dit.

Lors d'une crise comme celle que nous vivons présentement au Québec, on doit avoir la certitude que le gouvernement dit rigoureusement ce qui est vrai, c'est une question de confiance. Le premier ministre avait-il peur d'assumer sa décision? Pourquoi ne pas avoir simplement dit... à vouloir aller plus loin que les recommandations de la Santé publique lors des annonces qu'il faisait? Est-ce qu'il s'est faufilé derrière le Dr Arruda de peur de subir les préjudices électoraux des décisions? Ce sont des questions qui se posent.

Le premier ministre affirmait aussi en entrevue ne pas savoir ce qu'il aurait pu faire de plus. La seule façon de connaître la réponse à cette question, c'est de faire la lumière sur la gestion de la pandémie dans son ensemble avec une commission d'enquête publique indépendante.

D'ailleurs, le journaliste Alec Castonguay a publié un ouvrage très intéressant sur la première vague de la pandémie qui soulève aussi de nombreuses questions auxquelles nous n'avons pas de réponse. Et, dans un premier temps, je dirais que M. Castonguay a pu poser des questions aux acteurs de la première vague beaucoup plus facilement que les parlementaires. Alors, je suis très contente et très heureuse pour M. Castonguay, mais je suis aussi un peu désolée pour les parlementaires que nous sommes.

Et certains constats émergent de son livre. D'abord, la communication entre les différents paliers administratifs et politiques semble avoir quand même fait défaut.

Une chose est sûre, c'est que la lumière devra être faite sur la gestion gouvernementale de la pandémie. En ce moment, François Legault décide lui-même de ce qu'il souhaite ou non éclairer. Ce n'est pas normal. Et comme disait ma collègue Monique Sauvé, en ce moment, le gouvernement éclaire avec une lampe de poche ce qu'il souhaite pertinent, mais il serait franchement temps d'allumer les lumières. Le premier ministre nous a vanté sa grande transparence, maintenant il devrait le prouver.

J'aimerais également aborder la question... évidemment, aujourd'hui, nous sommes au lendemain du 8 mars, je suis accompagnée d'Isabelle Melançon sur cet enjeu. Hier, le Secrétariat à la condition féminine publiait son plan d'action pour contrer les impacts sur les femmes en contexte de pandémie. Il confirmait que, pendant la pandémie, les femmes ont été particulièrement affectées et à plusieurs niveaux. Et ce que ça a fait, c'est que ça a aggravé évidemment les inégalités qui existaient déjà entre les hommes et les femmes.

Quelques statistiques qui m'apparaissent pertinentes : 65 % des femmes affirment qu'elles vivent plus de stress qu'avant la pandémie, 63 % affirment se sentir plus isolées. Mais un chiffre qui est encore plus parlant, à mon avis, puis que les gens doivent vivre évidemment dans leur quotidien, ce n'est pas le cas de toutes les familles mais certainement de la majorité d'entre elles, le temps consacré par semaine aux soins aux enfants a augmenté de 27 heures pour les mères, pour atteindre un total de 95, comparativement à une augmentation de 13 heures pour les pères, pour atteindre un total de 46 heures par semaine. Alors, on peut constater l'impact réel, tangible sur la condition des femmes dans les constats qui sont formulés.

Mais devant de tels constats, je ne comprends pas ce qui a été annoncé hier par la ministre responsable de la Condition féminine. Je ne m'explique pas que les mesures qui aient été choisies soient des mesures de court terme. On a l'impression qu'on a un document qui a été fait sur le coin d'une table pour dire : Ah bien, oui, il faut peut-être penser aux femmes. Cet enjeu-là, c'est un enjeu qui a été soulevé à plusieurs reprises, ce n'est pas seulement parce que c'est le 8 mars, il a été soulevé auparavant à plusieurs reprises par mes collègues. Et là ce que l'on a en avant de nous, ce n'est certainement pas un plan d'action. On nous dit, par exemple, qu'on devrait utiliser l'analyse différenciée selon les sexes, mais peut-être pas de manière systématique, dépendant des cas, alors que ce sont des pratiques qui sont... qui devraient être mises en place depuis déjà des années. Or, tous les milieux s'entendent pour dire que la sortie de crise va être longue et qu'il faudra plusieurs années pour s'en sortir. Et, avec ce qui a été présenté hier, je pense que c'est une vision bien limitée de la question de la place des femmes dans la relance post-COVID.

Julia Posca, chercheure de l'IRIS, confirme d'ailleurs les constats du plan d'action, mais juge que les actions sont extrêmement timides et surtout pas à la hauteur des besoins. Alors, pourquoi le premier ministre ne s'est-il pas assuré que sa ministre agirait de manière significative en présentant un plan d'action qui propose des mesures qui soient pérennes? Ça, c'est la question qui est sur toutes les lèvres.

Finalement, un enjeu sur l'éthique. Parce que pendant que les députés de l'Assemblée nationale rentraient dans leur comté, le Conseil des ministres, solidaire du ministre de l'Économie, ont mis en oeuvre un stratagème afin de lui permettre de se soustraire au code d'éthique des députés. Je rappelle que le code d'éthique a été voté à l'unanimité. Le Conseil des ministres a d'ailleurs désigné, le 3 février dernier, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, pour examiner les demandes qui proviendraient des entreprises dans lesquelles il est impliqué. Ce qu'ils viennent de faire, c'est de tenter de jeter le discrédit sur la Commissaire à l'éthique.

Alors, respecter les règles qui encadrent la vie de la société, c'est essentiel pour la cohésion sociale, et on demande aux Québécois, depuis le début de cette crise notamment, de respecter les règles, l'importance du respect des règles. Or, on vient encore une fois dire, dans le cas du ministre Fitzgibbon, que ce n'est pas important de respecter les règles, qu'on peut y contrevenir puis qu'on va s'arranger, et puis que, de toute façon, la loi devrait être modifiée. Le premier ministre invoque une hypothétique modernisation du code d'éthique afin de l'adapter à la situation de son ministre.

Alors, dans une période où le gouvernement de François Legault demande aux Québécois de suivre les règles avec assiduité, il vient de dire aux citoyens du Québec que les règles ne s'appliquent pas à eux directement, et surtout pas au ministre Fitzgibbon.

M. Lacroix (Louis) : Mme Anglade, M. Girard annonce un budget pour le 25 mars. Quelle devrait être la priorité du gouvernement, à votre avis, dans ce budget-là?

Mme Anglade : Alors, on va certainement revenir avec le plan qu'on va présenter puis les demandes budgétaires spécifiques qu'on leur a présentées, mais d'entrée de jeu, on s'attend à ce qu'il y ait une vision de long terme sur la relance de l'économie et comment toutes les parties vont être impliquées, comment les femmes vont être impliquées dans cette relance, comment les... que ce soit vraiment une relance qui soit à la fois inclusive, qui soit durable. C'est ce qu'on va vouloir souhaiter voir dans le budget qui va être présenté et nous allons revenir avec les demandes, mais pas seulement les demandes budgétaires, revenir aussi avec la vision que l'on souhaite voir pour le Québec après la période de la COVID.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Concernant la nomination des juges, est-ce que tous les juges qui sont nommés à la Cour du Québec dans le Grand Montréal doivent être bilingues, là?

Mme Anglade : Alors, la première chose que je dirais là-dessus, c'est : la question peut se poser, mais je pense qu'il faut réellement diviser le rôle de l'exécutif puis le rôle de la magistrature. Je pense que la juge a été très claire à ce sujet-là. Elle aurait... Elle souhaite pouvoir formuler ses demandes, et je pense qu'il faut être prudent dans ce dossier-là, il faut être prudent. Est-ce que tous les juges doivent être nécessairement bilingues à la grandeur du Québec? La question se pose, mais à ce moment-là, elle se pose avec la magistrature. Et là je pense que le ministre essaie d'intervenir, alors qu'on aimerait avoir une indépendance entre les deux.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Et donc quand la juge en chef formulait la demande d'avoir un nouveau poste, un juge bilingue, ce n'est pas le rôle du ministre de la Justice de négocier avec avec elle? Il doit juste obtempérer à cette demande?

Mme Anglade : Ce n'est pas qu'il doit... S'il y a une question à se poser... puis j'aimerais rappeler que, pour la question de la langue française, là, je ne suis pas sûre que ça passe nécessairement par là directement, tous les enjeux. Mais s'il y a une question à se poser sur la question du bilinguisme des juges, qu'il la pose à la magistrature de manière générale. Mais lorsque la magistrature vous dit : Elle a besoin d'un juge bilingue, je pense que l'importance de l'indépendance des rôles, elle devrait être préservée. Encore une fois, si la question se pose, qu'il la pose à ce moment-là à la magistrature puis de dire : Est-ce qu'il y a des juges dans certaines régions du Québec qui n'auraient pas besoin d'être bilingues? Bien, ayez la conversation. Mais attention à la ligne d'indépendance. C'est ça qui est important, cette indépendance de la magistrature par rapport au pouvoir exécutif. Moi, je pense que c'est important de le resouligner.

M. Bergeron (Patrice) : Qu'est-ce que le plan d'action sur les femmes va changer, celui qui a été présenté hier?

Mme Anglade : Honnêtement, je ne pourrais pas vous dire. Je ne pourrais pas vous dire ce qui va changer concrètement parce qu'on parle de moyens qui sont extrêmement faibles par rapport à l'ampleur de la tâche. Je rappelle que les femmes ont été frappées trois fois plutôt qu'une dans le contexte de la pandémie parce qu'elles ont été affectées d'abord dans les secteurs où elles étaient très présentes, que ce soit la restauration, que ce soit l'hébergement; deuxièmement, elles ont été particulièrement frappées parce qu'elles étaient au front, hein : c'étaient nos PAB, nos infirmières, les personnes qui.. les enseignantes en majorité; et, troisièmement, parce qu'avec la charge mentale, comme on a vu les chiffres, là, la charge mentale, la charge de travail avec les enfants à la maison, qui a augmenté pour les gens... pour les femmes à la maison. Donc, le plan qui est proposé, c'est... je ne sais même pas si on peut qualifier ça d'un plan. Je pense qu'on dit : On va ramener à droite et à gauche des mesures puis des programmes. Ce n'est pas une vision d'une relance économique qui inclut les femmes, certainement pas.

M. Carabin (François) : On parlait du budget. Avez-vous des demandes pour les organismes notamment qui viennent en aide aux femmes?

Mme Anglade : C'est certain que nous allons formuler les demandes par rapport aux organismes qui sont impliqués là-dedans parce que la relance, elle se doit d'être inclusive, elle doit impliquer l'ensemble des Québécois, et particulièrement ceux qui ont été touchés par la pandémie. Alors, absolument.

M. Carabin (François) : Si on parle des violences envers les femmes, les maisons d'hébergement, vous le savez, considèrent qu'elles n'ont reçu que le quart des sommes nécessaires au dernier budget. Déjà, de quadrupler ces sommes-là, est-ce que ça serait une demande?

Mme Anglade : Et d'ailleurs, je sais que ma collègue était en discussion... Je ne sais pas si tu veux dire deux mots, parce qu'elle était en discussion à ce sujet-là. Isabelle, je t'en prie.

Mme Melançon : Bien, comme vous le savez, pas plus tard qu'hier, les différentes oppositions ont fait un point de presse avec la Fédération des maisons d'hébergement, et il y a eu des demandes. Et c'est en deçà... Vous savez, l'an passé, là, il y a un an, il y avait de l'aide d'urgence qui était annoncée pour les centres d'hébergement. Un an plus tard, ils n'ont toujours pas vu la couleur de cet argent-là. Et pendant ce temps-là, là, la violence conjugale est exponentielle. On l'avait dit, c'est une bombe à retardement. Lorsqu'on parle de confinement, lorsqu'on parle des femmes qui sont prisonnières de leur maison avec leur conjoint ou ex-conjoint violent, c'est là qu'on avait besoin de l'argent.

Les demandes, là, on y reviendra, Mme Anglade vous l'a mentionné tout à l'heure, on va revenir avec des demandes. Une chose est certaine, ça va prendre de l'argent, puis beaucoup d'argent. On est en pleine pandémie, en pleine pandémie, puis il y a des femmes qui, malheureusement, vont chercher de l'aide et se font dire : On est désolés, on n'a plus de place pour vous recevoir, et ces femmes-là doivent repartir avec leurs enfants dans le milieu qui est violent. Ça, c'est inacceptable.

Le Modérateur : En anglais.

M. Larin (Vincent) : Mme Anglade, est-ce que vous appuyez la démarche des parents qui s'opposent au port du masque chez les élèves du primaire?

Mme Anglade : Bien là, on ne peut pas appuyer une démarche qui irait à l'encontre des avis de la Santé publique. On comprend, je comprends qu'il y a des parents...

M. Larin (Vincent) : ...Mme Rizqy a dit appuyer l'initiative, là, de centaines de parents qui vont garder leurs enfants à la maison.

Mme Anglade : Non, non. Ce que la députée Marwah Rizqy a dit, c'est qu'elle comprend très bien la situation, mais qu'il faut respecter les règles de la Santé publique.

M. Larin (Vincent) : O.K. Donc, c'est les organisateurs de ce mouvement-là qui ont mal interprété les paroles de Mme Rizqy? Eux, ils disent avoir reçu de très bons appuis.

Mme Anglade : Ah bien, qu'ils aient reçu de très bons appuis, ça, c'est quelque chose qu'ils peuvent discuter sur la place publique, mais ce que je vous dis, c'est que notre position est extrêmement claire. Notre position : on doit respecter les règles de la santé publique. Maintenant, est-ce qu'on comprend les parents qui sont pris de court ou qui sentent qu'il y a des enjeux? On les comprend, mais il faut encourager tout le monde à respecter les enjeux de la Santé publique, c'est très clair.

Mme Côté (Claudie) : Mme Anglade, Marwah Rizqy demande le retour en classe des secondaires III, IV, V à temps plein. En même temps, on apprend qu'elle a appuyé ou pas appuyé, bon, ce collectif de parents. Mais depuis des mois, vous dites : Il faut ajouter de la ventilation dans les écoles. Ce n'est pas un peu contradictoire, ce matin, ce que vous nous dites, là?

Mme Anglade : Mais non, parce qu'en fait tout ce que l'on dit, c'est qu'on a eu — je vous ramène il y a deux semaines — on a eu les avis de la Santé publique puis... tandis que la Santé publique nous dise quelque chose. Ce que l'on dit au gouvernement, c'est : Est-ce que toutes les options ont été regardées? Ça fait des semaines que l'on martèle pour le secondaire, notamment, secondaire III, IV, V, les camps qu'on aimerait avoir pour avoir de la récupération. Ça fait des semaines que l'on martèle que l'on veut avoir davantage de tutorat. Ça fait des semaines qu'on martèle qu'on veut avoir plus d'argent pour accompagner les élèves. Est-ce qu'il y a d'autres choses qui devraient être considérées en lien avec la Santé publique? Tout ça doit se faire avec la Santé publique.

Et ce que l'on demande au gouvernement, c'est : Est-ce que les options que nous avons soumises, pour lesquelles nous n'avons pas encore eu de réponse, elles ont été envisagées? On n'a pas eu de réponse là-dessus. Est-ce que le retour des élèves en classe peut être considéré? Est-ce que ça a été envisagé, oui ou non? Voilà les questions qui sont posées, et ça doit se faire évidemment avec la Santé publique.

M. Bergeron (Patrice) : Sur l'affaire Fitzgibbon, vous en avez parlé tout à l'heure, ou les affaires Fitzgibbon...

Mme Anglade : Les affaires, avec un s.

M. Bergeron (Patrice) : Donc, le gouvernement, donc, se trouve à remettre maintenant les dossiers à Mme LeBel, qui est un peu comme la caution éthique, la shérif du gouvernement. Est-ce que cette caution-là, selon vous, suffit, et est-ce que Mme LeBel peut encore porter cette espèce de titre de caution éthique?

Mme Anglade : Écoutez, on est en face d'un ministre qui, à deux reprises, n'a pas respecté les règles de la commissaire à l'éthique. Et ce que le premier ministre nous dit, c'est que c'est acceptable pour une personne de ne pas respecter les règles, parce que, dans le fond, les règles, là, elles devraient être revues.

Mais depuis quand, au Québec, on dit aux gens : Bien, ne respectez pas la loi parce que ce n'est pas... il faudrait qu'on la modifie? La première chose que le ministre doit faire et que le premier ministre devrait faire, c'est faire en sorte que le code d'éthique soit respecté. S'ils veulent changer le code d'éthique par la suite, ils feront leurs propositions. Mais aller trouver un stratagème pendant qu'on est en période de relâche parlementaire pour essayer de trouver un mécanisme pour sauver le ministre Fitzgibbon qui contrevient deux fois plutôt qu'une au Commissaire à l'éthique, c'est franchement problématique.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous considérez que le Dr Arruda a déjà dit des sottises antiscientifiques? Par exemple, le masque est inutile ou le masque est dangereux. Est-ce que vous considérez que c'est des sottises antiscientifiques?

Mme Anglade : Alors, vous faites référence au commentaire qui a été formulé par M. Déry. Alors, ce que je vous dirais là-dessus, c'est que les gens ont droit à avoir leurs opinions. Mais je pense que M. Déry apprend les rouages des communications. Ce n'est pas les mots que j'utiliserais.

M. Larin (Vincent) : Donc, est-ce que c'est des sottises antiscientifiques...

Mme Anglade : Vous ne m'avez jamais entendu dire ça et vous ne m'entendrez pas le dire non plus. Je pense qu'il arrive dans une formation politique et il apprend les rouages.

Mme Fletcher (Raquel) : The AstraZeneca vaccine that we heard Mr. Dubé announced... Sorry.

Mme Anglade : I'm sorry, Raquel.

Mme Fletcher (Raquel) : ...the plan now is to use AstraZeneca to vaccinate people at their home... There is some concern about people over 65 being vaccinated. What is your reaction to what the Government announced last night?

Mme Anglade : Well, we want to make sure that there is a clear plan for vaccination and that we expedite it as much as we can. So, if we can ensure that there is vaccination for these people at home, we think it's a good thing. But we want to make sure that it's a sound plan. And that is what... So, we will be looking at it. We will be following up on this quite tightly.

Mme Fletcher (Raquel) : ...are you concerned that they are vaccinating people over 65 when there seems to be some discrepancy in the science there?

Mme Anglade : Well, it could be. But I think the question has been... the question is being raised. And it's not the first time that we have... questions are being raised around the vaccines, the delays around the doses were... the same questions that were being asked. And I think it needs to be... We need to be... close attention to what is going on. There is... I understand that people are concerned about this approach, but again, there is also a need to expedite vaccination.

Mme Senay (Cathy) : How do you see the budget 2021‑2022 that will be tabled on March 25th? Since last year, on March 10th... the budget, there were just a few lines about the pandemic. So, we know the rest of the story. So, what are your expectations to this budget and also with the Finance Minister?

Mme Anglade : I expect to see a vision of what Québec is going to look like post pandemic with the budget. I also expect a budget that will be at the same time sustainable and inclusive, which means that we're going to have, clearly, a vision of what Québec is going to look like post pandemic from a climate change perspective, but also the impact on families. And when I talk about inclusion, I'm expecting that women will be... we're not going to be looking at what was presented yesterday, we're going to be looking at a sound plan to include women in the relaunch of the economy, make sure that vulnerable communities are going to be considered and not left behind. So, we have a lot of expectations in terms of inclusion in the budget.

Mme Senay (Cathy) : ...on March 11th, there's this Remembrance Day for victims of COVID-19. Do you think, emotionally, it will make a difference for the loved ones that will be the Premier Legault on Thursday, the ones who lost loved ones because of the pandemic, that emotionally it would make a difference if Premier Legault announced a public and independent commission on his management of the crisis?

Mme Anglade : I think it would. I think it would because it would show the level of transparency that we're supposed to see in Québec. And I think it would be a perfect timing to tell the people that have lost... like over 10 000 people, that we really care, and we really believe that we're going to do everything we can in order for this not to ever happen again. But in order to do this, you need an independent commission, you need a public inquiry to do this. It would be great, and I would be the first one to command the Premier if he were to decide to do this.

Mme Senay (Cathy) : …the judge in chief of the Court of Québec, judge in chief, Mrs. Rondeau, will give an interview at Midi info in a few minutes about this article in La Presse. What is the first problem you see in the Minister of Justice basically asking for judges to not necessarily be bilingual in Montréal?

Mme Anglade : So, first of all, the first word is «independence». The independence of the judges, I think, it is critical. And if the Minister wants to question the qualifications of the judges, he can very well do so and sit down with the judge and say : You know, these are the things that we should consider in certain areas where people don't necessarily need to have services in English. But this is a conversation they need to have. It's not something that you do on a specific case, on one specific judge, one specific nomination. And the judge clearly stated that as well. So, I think there is a level of independence that needs to be kept. And there are ways to ask questions, there are ways to question the way things are being done. But that's not the approach that Simon Jolin-Barrette has taken.

Journaliste : What are your thoughts, though? Do you think judges should be bilingual, especially if there's a unilingual anglophone who's before the judge?

Mme Anglade : Of course, of course, anybody has the right to be… not only to be served but to be in front of a court and be able to express themselves in their language, in the English language, in particular, in that case. So, of course, it is something that… And that's the reason why probably the judge asked for a bilingual judge in this case. Now, Simon Jolin-Barrette decided to take one specific nomination and make a big statement out of it. I think we need to be very, very cautious about this. There is a level of independence that needs to be kept between the executive and the judge, first of all. And second of all, if he wants to raise the question, well, he can raise the question, but that's certainly not the approach that I would take. Is it clear?

Journaliste : Yes. Thank you.

Des voix : Merci beaucoup.

Mme Anglade : Merci. Merci.

(Fin à 11 h 13)

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