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Point de presse de M. André Fortin, leader parlementaire de l’opposition officielle, et Mme Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version finale

Le mercredi 17 février 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trente-deux minutes)

La Modératrice : Alors, bienvenue à ce point de presse de l'opposition officielle. Première prise de parole, le leader parlementaire, ensuite, notre porte-parole en santé, Marie Montpetit.

M. Fortin : Oui, bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. D'abord, évidemment, là, comme tout le monde, on se réjouit de l'arrivée annoncée aujourd'hui, au pays, de doses supplémentaires de vaccin. Je pense que, pour beaucoup de familles, c'est un signe d'espoir et même de soulagement, là, pour les aînés et leurs proches.

Ce matin, on veut réitérer notre demande pour une commission d'enquête publique et indépendante sur la gestion de la pandémie de la part du gouvernement. Les échanges courriel à propos de la fermeture potentielle de bars cet été mettent en lumière toute l'étendue des décisions qui devaient être prises par le gouvernement, la rapidité avec laquelle celles-ci devaient être prises, l'information qui était disponible à différents paliers de gouvernement, à quel moment. Ce sont des choses qui devront être analysées pour s'assurer que, dans le futur, ces façons de faire là pourront être améliorées.

Alors, pour nous, c'est un exemple supplémentaire de la nécessité d'une commission d'enquête large, publique, indépendante, où des gens peuvent comprendre et voir ce qui s'est passé, et où le gouvernement peut prendre acte de ça pour s'améliorer dans le futur. C'est ce qu'on retire de cette publication-là ce matin. Ma collègue a des informations supplémentaires quant aux différentes mesures qui ont été annoncées hier par le gouvernement.

Mme Montpetit : Bonjour, tout le monde. Alors, concernant l'annonce qui a été faite hier, dans un premier temps, c'est sûr que les familles, les Québécois doivent se réjouir d'avoir des… du fait qu'ils pourront faire des activités supplémentaires durant la semaine de relâche. Cependant, je pense qu'il faut demeurer très prudents. On l'a vu, il y a plusieurs experts qui se sont prononcés sur le fait que c'est quand même un pari risqué compte tenu du nombre de variants qui pourraient, à l'heure actuelle, être en train de circuler.

On n'a toujours pas le portrait exact du nombre de variants. On ne sait toujours pas le niveau de criblage qui est fait. On a vu le ministre parler de 100 % la semaine dernière, 75 % là. Ce serait 25 %, 30 % dans la région de Montréal. Donc, on voit qu'on n'a pas un portrait très précis du nombre de variants. On verra les projections qui seront fournies cet après-midi. On se serait attendu à ce que ces projections-là soient fournies avant les annonces pour qu'on ait une meilleure visibilité de la suite des choses.

On se serait aussi attendu hier à ce que le gouvernement présente des mesures additionnelles. Vous nous avez entendus à plusieurs reprises, depuis l'automne dernier, souligner le fait qu'on vit avec une stratégie de dépistage, entre autres, qui date du printemps dernier, qui n'a pas été mise à jour. Donc, on réitère, on redemande au ministre de la Santé, au gouvernement de venir renforcer cette stratégie de dépistage, de venir la diversifier, entre autres, notamment, par l'utilisation des tests rapides sur le terrain. On voit que les gens se font de moins en moins tester ou attendent plus longtemps aussi pour aller se faire tester. Donc, ça démontre, entre autres, la nécessité d'aller directement sur le terrain faire ces tests-là. C'est des démarches qui ont été prises par plusieurs juridictions.

On lui demande aussi d'ajuster la stratégie de dépistage pour venir dépister aussi les asymptomatiques. Plusieurs juridictions ont pris cette voie-là depuis de nombreux mois. Mais, avec la présence des variants qui seraient transmissibles davantage que le virus de souche, je pense que ça devient encore plus nécessaire. Aussi... Puis, j'en profite, j'ai adressé une lettre au ministre à cet effet-là ce matin, où on lui demande différents... on lui demande de mettre en place différentes mesures, justement, pour, des mesures barrières, là, venir renforcer, certaines mesures barrières pour protéger davantage la population et se prémunir d'une nouvelle hausse, renforcer aussi toute la question d'identification des variants. On le sait, le séquençage a augmenté, mais le séquençage, c'est sept à 10 jours avant d'avoir des résultats.

Donc, je le répète, on n'a pas de portrait à l'heure actuelle. Le gouvernement du Québec est en retard. Il ne s'est pas donné les moyens d'avoir un portrait juste de la situation quant à la circulation des variants, alors que c'est une... tu sais, on sait que les variants sont présents dans plusieurs pays en Europe depuis déjà plusieurs mois et on savait qu'il y avait un risque qu'ils arrivent à nos portes.

Donc, je le répète, on s'attend, on souhaite et on réitère qu'on souhaite que le gouvernement ajoute des mesures, renforce ses mesures barrières, diversifie sa stratégie de dépistage pour s'assurer, justement, qu'on puisse se maintenir dans une situation... C'est une bonne nouvelle, là, les cas sont à la baisse. On souhaite que ça demeure de cette façon-là si on veut éviter, justement, là... s'il y a des contacts sociaux qui augmentent durant la semaine de relâche, on souhaite éviter une nouvelle flambée des cas. Donc, on souhaite que le gouvernement mette tout en place pour s'assurer de maintenir la situation au beau fixe. Merci.

M. Bergeron (Patrice) : Mme Montpetit, donc, on offre quelques allègements, même s'il y a encore beaucoup de menaces qui planent, notamment concernant les variants. Mais est-ce que, donc, d'offrir des allègements, c'est une bonne décision ou ce n'est pas une bonne décision?

Mme Montpetit : Bien, écoutez, c'est une décision qui est prise, on comprend, par la Santé publique. J'en profite aussi pour vous réitérer le fait qu'on n'a toujours pas les avis et les recommandations de la Santé publique qu'on demande depuis plusieurs mois. On espère qu'on les aura dans les prochaines semaines. Mais, à partir du moment où c'est des recommandations qui sont faites par la Santé publique, on juge qu'elles ont été évaluées de la bonne façon. Et je réitère le fait que, par contre, il manque certainement l'ajout d'un filet de protection, comme je le disais, au niveau du dépistage, notamment, là.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que c'est réaliste, le... Parce que, là, tu sais, hier, ils n'ont pas annoncé de contrôles interrégionaux ni entre les provinces pour essayer de limiter, si on veut, les déplacements entre les régions, et là on dit : Les policiers vont faire des vérifications, vont aller dans les hôtels, vont aller dans les chalets. Est-ce que c'est réaliste, vous pensez, ce type de contrôle là qu'on pellette dans la cour des policiers, finalement?

M. Fortin : Bien, sur la question des barrages, on avait été clairs. Notre position avait été émise par notre cheffe il y a quelque temps déjà, là. Nous, on croyait que, pour protéger les zones orange, ce serait utile, ce serait approprié de mettre en place des barrages. Pour la situation spécifique de l'Outaouais, on avait demandé un certain arrimage pour éviter que les gens se déplacent d'une zone à l'autre pour profiter des activités qui ne sont pas permises. Ce n'est pas parfait, mais ça se rapproche, disons, ce qui a été annoncé hier.

Pour la question de la meilleure utilisation des effectifs policiers, ça reste à prouver. Ça reste à prouver que l'impact sera plus grand à travers une vérification supplémentaire plutôt que des barrages. Nous, ça nous apparaissait une façon simple, disons, pour certaines régions qui sont en zone orange, de protéger leur population.

M. Lacroix (Louis) : Bien, c'est parce que, là, je comprends que, si on a, par exemple, des chalets locatifs qui sont identifiés à la SEPAQ ou à des organismes... Mais les gens qui louent leurs chalets sans être dans des plateformes reconnues de location touristique, comment on va faire pour contrôler ces gens-là? Il y en a beaucoup, de chalets qui sont loués de cette façon-là, un peu clandestinement, si on veut.

M. Fortin : Bien, je pense que le gouvernement doit nous donner ces réponses-là. Les réponses à vos questions doivent venir du gouvernement. C'est-à-dire, si le gouvernement privilégie une avenue en particulier, demander aux policiers de faire des vérifications additionnelles dans les chalets, dans les lieux de villégiature, on doit savoir comment ils vont être en mesure de le faire, comment ils vont s'y prendre pour identifier les chalets où il y a potentiellement des gens qui viennent de l'extérieur de la région. On ne peut pas uniquement se baser sur la dénonciation de voisins, ou de gens du voisinage, ou de la communauté. Le gouvernement doit faire la démonstration, à travers... en collaboration avec les corps policiers, là, de comment ils vont s'y prendre. Il reste encore une semaine et demie d'ici à la semaine de relâche. Bien, moi, j'ai hâte d'entendre cette information-là qui va nous permettre d'avoir confiance en la stratégie qui est choisie par le gouvernement.

M. Lavallée (Hugo) : De façon globale, est-ce que vous diriez que les mesures qui sont annoncées pour la semaine de relâche sont suffisamment strictes ou il aurait fallu, au contraire, donner plus de liberté? Comment vous jaugez, là, l'équilibre qu'on a trouvé?

M. Fortin :À partir du moment où le gouvernement choisit de procéder avec la semaine de relâche... On voit, l'Ontario a pris une stratégie complètement différente. Mais, à partir du moment où le gouvernement du Québec choisit de maintenir la semaine de relâche, il se doit de trouver certaines activités supplémentaires pour occuper les enfants, pour s'assurer que ce soit fait avec un certain cadre, mais il doit aussi y avoir des mesures, comme celles qui ont été mises de l'avant par ma collègue, pour s'assurer que l'augmentation des contacts qui est liée à ces activités-là puisse être mitigée par des actions supplémentaires de la part du gouvernement. Parce que c'est une chose d'avoir une hausse de cas liés à une augmentation de contacts, mais, si on peut diminuer le nombre de cas avec davantage de dépistage, davantage de tests chez les asymptomatiques, davantage de criblage pour s'assurer que les variants ne se répandent pas encore davantage, c'est là où le gouvernement a peut-être erré dans sa stratégie.

M. Bergeron (Patrice) : ...on a eu une grosse annonce hier. Vous allez donc tomber en zone orange. Mais est-ce qu'il n'y a pas un risque que l'Outaouais devienne une porte d'entrée du variant qui viendrait de l'Ontario? Parce que, là, il va peut-être y avoir plus de circulation d'Ontariens qui viendraient, qui seraient tentés de venir en Outaouais.

M. Fortin : Bien, en fait, l'argument contraire peut être fait également. L'Ontario avait déjà pris sa décision. La Santé publique, à Ottawa, d'ailleurs, avait déjà pris sa décision d'ouvrir les restaurants, d'ouvrir les gyms. Donc, à partir de ce moment-là, il y avait un risque réel que les Québécois se déplacent vers l'Ontario et ramènent le variant avec eux. Donc, avec un certain arrimage qui, encore là, n'est pas parfait, il y a certaines différences entre les deux régions, bien, déjà là, les gens ont moins, disons, de raisons de se déplacer d'une province à l'autre.

M. Larin (Vincent) : …est-ce que c'est normal que ce soit le chef de cabinet du premier ministre qui, un dimanche matin, en lisant ses journaux, constate une situation problématique et lui-même informe la Santé publique? Ça ne devrait pas plutôt être le contraire dans un monde idéal?

M. Fortin :Bien, c'est, en fait, une très bonne question. Et il est là, tout l'enjeu. C'est qu'il ne semble pas, à travers… à chaque fois qu'on apprend une information, il ne semble pas y avoir de protocole précis qui est en place. De savoir que le chef de cabinet du premier ministre apprend des mesures qui sont annoncées grand public par la Santé publique de Montréal dans le journal, c'est problématique. De voir la chaîne qui mène à la décision, une semaine plus tard, de la part du gouvernement, du premier ministre, de maintenir les bars ouverts, c'est problématique. Mais, surtout, ce que ça démontre, c'est qu'il y en a des tonnes, de situations comme celles-là, qui se sont produites au cours des derniers mois, et on n'a pas nécessairement, là, cette vision-là encore, ce portrait-là de l'ensemble de ces enjeux-là. Et la seule chose qui peut nous mener à bien comprendre ce qui s'est passé et comment l'améliorer, c'est une commission d'enquête.

M. Lacroix (Louis) : ...hier, là, votre courriel, Mme Montpetit, que vous avez présenté, c'était quoi, l'histoire derrière ce courriel-là en Chambre hier? Parce que vous avez présenté un courriel qui provenait du bureau du ministre...

Mme Montpetit : Le courriel, c'est un échange au ministère, c'est un courriel qui a circulé. Je l'ai rendu public. Je vous ferai suivre une copie. Je pense, ça a été distribué aux journalistes de la Tribune aussi. C'est un courriel qui a été adressé, entre autres, à la sous-ministre adjointe du ministre et au Dr Arruda, qui vient mentionner le fait qu'il n'est pas prévu que, lorsqu'il y aura des cas de variants identifiés, l'information sera communiquée aux établissements. Vous avez vu que le ministre hier, en Chambre, n'avait même pas un début de réponse. Donc, je ne sais pas s'il n'était pas au courant ou s'il ne souhaitait pas répondre à l'information, mais je pense qu'il est de sa responsabilité… moi, je lui redemande de le faire.

M. Lacroix (Louis) : ...il venait de lui, ce courriel-là, c'est ça?

Mme Montpetit : Le courriel était adressé par une médecin-conseil de la Santé publique au ministère... qui était adressé au Dr Arruda, qui était adressé à la sous-ministre adjointe, notamment, là, il y a quatre, cinq personnes à qui c'est adressé, et qui soulevait le fait que ça pouvait avoir des enjeux, justement, au niveau de la responsabilité des établissements. Donc, en gros, c'est vraiment ça, là, c'est… Ce qui est mentionné, c'est que les établissements, en cas de présence de variant chez un des patients, ils ne seront pas informés. Donc, comment on peut s'attendre à ce que le terrain soit capable de contenir des éclosions? Comment on peut s'attendre à ce que le terrain soit capable de s'assurer, bien, de relever le niveau de vigilance s'ils ne sont pas au courant qu'ils ont un cas de variant britannique ou variant sud-africain dans leur hôpital, là?

M. Lacroix (Louis) : Mais hier, M. Dubé, en conférence de presse, a bel et bien dit qu'il rendrait publics les cas. Donc, ça vient contredire un peu ce qu'il y avait dans ce courriel-là, non?

Mme Montpetit : Bien, ce qu'il a dit, dans sa conférence de presse, c'est ce qui est fait à l'heure actuelle, là. Les cas qui sont identifiés par le séquençage sont publiés depuis quelques jours sur le site de l'INSPQ. Donc, ce n'est pas les cas par le criblage, c'est seulement les cas par le séquençage. Donc, déjà, ça, ce n'est pas un portrait complet non plus. Mais ce n'est pas la même chose. Ce n'est pas parce que c'est rendu public d'une façon statistique que, sur le terrain, les gens sont informés de la présence dans un... Un médecin traitant sera...

M. Lacroix (Louis) : ...le courriel venait du ministre, alors qu'il ne venait pas du ministre. C'est ce que je comprends, là.

Mme Montpetit : Ce que j'ai posé dans ma question principale, c'est que c'était à l'équipe du ministre, c'était au ministère. C'est ça, l'élément. Je vous invite à aller voir l'information. Là, je comprends qu'après ça... C'était très, très clair sur le fait que ça vient... au niveau de l'équipe du ministère. Et c'est choquant, c'est choquant, comme information, de voir qu'il y a une décision qui est prise à l'heure actuelle et qui n'a toujours pas été rectifiée, à ma connaissance, par le ministre de ne pas informer ni les médecins traitants ni les établissements.

Et la question que ça soulève, c'est : Est-ce que les patients vont être informés? Est-ce qu'ils vont seulement être informés qu'ils sont COVID positifs ou ils vont être informés qu'ils sont porteurs également d'un variant? Et c'est tout ça que ça soulève, comme questions, et hier on n'a pas eu de réponse. Donc, je vous invite à aller questionner le ministre à cet effet-là parce que c'est sous son égide, sous sa responsabilité.

M. Larin (Vincent) : Juste une petite question, un petit ajout à tout à l'heure. Mais ce serait quoi, justement, la solution? Vous dites : Il n'y a pas de protocole précis en place. C'est quoi... Comment on règle ça, ces situations d'improvisation là de la Santé publique? Comment on s'en sort, tu sais?

Mme Montpetit : Bien, je pense que mon...

M. Larin (Vincent) : ...Dr Arruda? Est-ce qu'il...

Mme Montpetit : Mon collègue le mentionnait bien, l'enjeu, c'est aussi de savoir exactement ce qui s'est passé pour apprendre de nos erreurs puis ne pas les reproduire. Puis la série de courriels qui a été communiquée, ce qu'elle vient démontrer, c'est qu'il n'y a pas de protocole en place. Ça vient souligner un paquet de problèmes, entre autres le fait... ce qui avait été souligné par Dre Drouin, qu'il n'y avait pas de cellule de crise à Montréal, que les décisions ont été prises à 250 kilomètres de l'épicentre, que ça a pris je ne sais plus combien de semaines avant que le premier ministre se rende sur place. Ça vient dénoter, justement, une certaine improvisation à ce niveau-là.

Donc, la question, c'est de venir élucider non seulement comment les communications ont été faites, mais aussi comment les décisions ont été prises. Et là on l'apprend de façon parcellaire. Et le premier ministre aura beau nous répondre qu'à l'heure actuelle il y a une enquête qui est faite par Mme Castonguay , cette enquête-là ne prévoit pas justement d'étudier ce genre d'exemple là. Et, ce que l'on souhaite, nous, et on le réitère, il faut une enquête publique indépendante qui va venir faire la lumière sur l'ensemble du processus, sur tous les angles, justement, de la crise pour s'assurer qu'on puisse savoir exactement ce qui a marché et ce qui n'a pas marché.

M. Larin (Vincent) : ...les résultats arriveraient, tu sais, dans une couple de mois, d'années peut-être même. Là, présentement, y a-tu quelque chose à faire pour s'assurer qu'une situation comme ça, où c'est le politique qui informe la Santé publique d'une situation, ne se reproduise pas?

Mme Montpetit : Bien, déjà, si on finit par avoir les avis puis les recommandations de la Santé publique, ça va nous donner une idée de ce qui a été suggéré. Parce que ça aussi, ça fait partie des enjeux, depuis le début, de voir qu'est-ce qui est pris comme décision par la Santé publique, qu'est-ce qui est pris comme décision par le politique. On l'a demandé à plusieurs reprises, la dépolitisation des décisions.

On est encore dans une juridiction où il y a des points de presse qui sont faits avec Dr Arruda, le directeur de la santé publique, et le premier ministre. Je pense que ce serait certainement de bon aloi d'avoir des points de presse très clairs de voici ce que recommande la Santé publique, et, après ça, d'avoir une décision politique. Mais, tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas les avis et les recommandations, on va rester dans le flou sur la partie qui n'est pas politique, là.

La Modératrice : Une dernière en français. Non?

M. Lavallée (Hugo) : Oui. Concernant le projet de loi du gouvernement Trudeau sur les armes à feu, je ne sais pas qui veut répondre, est-ce que vous jugez que c'est satisfaisant?

M. Fortin : Bien, je pense que c'est légitime de se poser des questions par rapport à est-ce qu'on va assez loin dans ce dossier-là, est-ce qu'on en fait assez. Nous, ce qu'on a, c'est la préoccupation qui nous est véhiculée par les différents organismes communautaires, entre autres à Montréal, qui vivent des situations troublantes, préoccupantes ces jours-ci. Si on choisit d'aller plus loin, et ce serait notre droit, au Québec, de choisir d'aller encore plus loin, ce qu'on veut s'assurer, c'est qu'il y ait une uniformité dans les mesures, que ce ne soit pas laissé aux municipalités d'avoir différentes réglementations par rapport à ça. Il nous apparaît légitime d'avoir un cadre pour l'encadrement des armes, de telles armes au Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : ...une question peut-être pour l'ex-ministre des Transports concernant le tramway à Québec. Vous avez vu le sondage ce matin. Il y a quand même une majorité de gens, malgré tout ce qui s'est dit, toute la mauvaise presse qu'il a pu y avoir au cours des dernières semaines, des derniers mois, qui souhaitent encore que le projet se réalise. Êtes-vous surpris de ça? J'aimerais savoir votre réaction...

M. Fortin : Je ne suis pas surpris. Disons qu'il y aurait eu plusieurs raisons qui auraient pu militer en défaveur d'un tel appui, notamment, justement, la presse au cours des derniers mois, le fait que les gens sont en télétravail et qu'en ce moment il y a peut-être moins d'enjeux de congestion, moins d'enjeux de transport en commun également.

Cependant, ce qu'on voit, c'est : l'appui de la population est réitéré, est toujours aussi fort qu'il l'a été. Et, pour nous, ça nous apparaît normal que les gens de Québec soient d'accord à ce qu'ils ne soient plus la seule ville au Canada, la seule ville en Amérique du Nord, à ma compréhension, à ne pas avoir un réseau structurant de transport en commun. Les gens de Québec ont clairement, à travers les données du sondage, le même point de vue que nous sur cet enjeu-là, que les gens de Québec méritent un tel système, au même titre que les gens de Montréal et des autres grandes villes à travers l'Amérique du Nord.

M. Gagnon (Marc-André) : En même temps, l'envers de la médaille, c'est qu'il reste pas mal de monde qui sont en désaccord avec le projet, et ce, malgré tous les milliers de dollars qui ont été investis, là, plus massivement en publicité, notamment, avec l'embauche d'un humoriste au cours des derniers mois. Reconnaissez-vous qu'il y a encore du travail à faire? Ce n'est pas pour rien que la CAQ dit qu'ils entendent qu'il y a des gens qui se posent des questions. C'est ce qu'on voit aussi, là.

M. Fortin :Bien, ça, c'est normal. Dans tout projet public, là, peu importe que ce soit en transport, en santé, dans n'importe quel domaine, il y a toujours des gens qui sont moins chauds à l'idée initialement. Mais ce que je vois, c'est un appui soutenu, un appui soutenu dans le temps, un appui soutenu, même à travers une situation qui fait en sorte qu'il y a moins de pression sur le réseau de transport en ce moment.

Alors, pour nous, ça nous apparaît évident que les gens de Québec veulent un réseau de transport structurant ici, dans la capitale. Nous, c'est ce qu'on souhaite. C'est ce que la ville souhaite. On espère que les gens du gouvernement ont la même vision que nous, là. Ce qui nous apparaît clair, c'est qu'il y a de moins en moins de gens qui sont d'accord avec Éric Caire quand il dit : «No way, tramway».

La Modératrice : En anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. There are still many questions about what's allowed, what's not allowed with the announcement yesterday. For example, it's possible for a coach to be with a kid in an indoor skating rink or a pool or it's possible to be with the family bubble outside too. So, what… I mean, like, how come it was… all those details were not explained in a certain logic yesterday?

M. Fortin : Sometimes, it feels like you need a degree in public health to really follow all the recommendations of the Government, to understand how it evolves over time. You used the example of the coach. For a while, it was possible to have a ski instructor, after that, it wasn't possible anymore and now it's possible again. The Government does need to do a better job of clarifying. And even for us here, sometimes, it's challenging. So, I can only imagine what it is for people who try to follow it through the news and through secondhand information that they get from other sources of information. But the Government does need to do a better job of clarifying, of making sure the people understand, because it does come with hefty fines to go against the public health measures that are in place.

So, before we get to that, I think the Government has the responsibility to inform people and to make sure the rules are clear. And hopefully they don't have to go back and forth all the time. When they do put measures in, like the ones that they announced yesterday, hopefully, it means that they are certain to a degree that they won't have to go back on them at some point.

Mme Senay (Cathy) : And also police enforcement, the role of police officers surrounding touristic areas, what Premier Legault said yesterday, is it something that is clear for you, how they'll do their job, for cottages, for example?

M. Fortin : …and Dominique Anglade stood here, at this podium, and made it clear that we were in favor to protect residents of orange zones, to have police checkpoints when you enter those regions. Because there are people who do go for legitimate reasons.

However, the Government is choosing a different approach. They're choosing not to have any checkpoint. They're saying that police resources are better used to go check in on hotels, to go check in on cottages to make sure that people are following the rules. I would like to know how that is more effective, how the police people are thinking: This is a more effective way of reducing the risk of spreading the virus, and just how effective they think they will be in identifying all those people who are not following the rules.

At the same time, that responsibility falls on the Government. They have to come to this podium and explain to you why they think this is a better alternative. And it's the same thing for everything else that they're proposing. We have been asking for months to have public documents, from the Public Health Department, showing why they think this measure is better than another measure. Yesterday, they announced a slew of measures and still they did it without making public those documents, those recommendations. So, we have no way of knowing which one is more effective, which one is more risky and which one is less.

Mme Senay (Cathy) : ...just my last clarification. Yesterday, you were at question period, and Premier Legault said: As of now, Public Health advisors will…

M. Fortin : They made big decisions yesterday. They reduced the restrictions on a number of areas, some which… and we could stand here all day and debate which one is a good one, which one we think is a bad one, but, at the end of the day, we're just speculating because we don't know which one poses a higher risk. We can speculate. We could say: We think outdoor activities are less risky, we think movie theaters are more risky than outdoor activities, but, unless Public Health tells us: This is why we recommend this measure and not that one, we're just talking.

Mme Fletcher (Raquel) : You guys have been talking for a long time now about rapid testing. Now, with these announcements that cinemas are going to open, arenas, would this, in your mind, be an ideal place to start or to…

M. Fortin : Where is this? Sorry, what would be the ideal place?

Mme Fletcher (Raquel) : Like cinemas, arenas, you know, like… places where they are going to be expecting a lot of people. Would this be an ideal place to start doing that rapid testing?

M. Fortin : I think rapid tests need to be used more widely across the board, whether it's in schools, whether it's in places of work. It just needs to be used more. I saw a graph, yesterday, that showed me that B.C. had used about 20% of the rapid tests available in Canada, and Québec had used 1%. Every time you use a rapid test, you can identify someone who's carrying the virus and reduce the risk for everybody else…

(Interruption)

M. Fortin : I'll say that again, yes, of course. I saw a graph, yesterday, that showed me that British Columbia had used about 20% of the rapid tests available in Canada, and Québec had used 1%. That means that we are permitting more people to go about our community, to go about workspaces like this, and carry the virus, and potentially spread it. Every time we use a rapid test, we have the potential of identifying somebody who is carrying the virus, and potentially isolating that people. That's what we should be doing here, just like everywhere else in the country.

Mme Johnson (Maya) : Good morning. Speaking of movie theaters, popcorn has become a very contentious issue.

M. Fortin : Never thought that would be the case.

Mme Johnson (Maya) : Yeah, exactly. It took all of us by surprise. But, more seriously speaking, do you think it's fair to impose those kinds of restrictions on movie theater operators, who are obviously struggling financially?

M. Fortin : What I think is unfair is that the movie theaters association learned it in the media yesterday. They reacted at 5:30 p.m., after the Premier's announcement, saying : Wo! We had no idea this was the case. We're not sure if we're going to open or not. We now have to evaluate our options. I think that the fact that… should popcorn be allowed or not is a discussion that needs to happen between Government, Public Health and the movie theaters association, but that discussion should have happened before the Government put it out in public.

La Modératrice : Merci.

(Fin à 8 h 59)

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